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Election présidentielle

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Donald Trump en campagne

Ce n’est pas encore officiel au moment d’écrire ces lignes, mais l’issue ne fait plus aucun doute : à la « surprise générale », c’est Donald Trump qui succédera à Barack Obama à la tête des Etats-Unis.

Les sondages des médias dominants ne laissaient pas de place au suspense, annonçant qu’Hillary Clinton, à nouveau blanchie par le FBI malgré des preuves accablantes, serait la première femme à devenir président des Etats-Unis. Peu nombreux étaient ceux qui voyaient Trump gagnant, si ce n’est Jim Rickards (après avoir prédit l’issue du Brexit, chapeau !) ou encore, dans un autre registre, Michael Moore, qui sentait bien, malgré ses sympathies démocrates, la colère du peuple américain monter.

Il pourrait y avoir des recours pour exiger le recompte des votes ici et là, mais c’est bien le magnat de l’immobilier qui devrait devenir le futur pensionnaire de la Maison Blanche. Va-t-il bouleverser la politique américaine sur le fond ? Nous en doutons. Après l’imposture Obama, il fallait trouver un nouvel artifice pour maintenir pendant quelques années encore une relative stabilité, dans un pays où les classes moyennes sont massacrées. Un milliardaire présentateur de télé-réalité est-il la solution pour refaire de l’Amérique la puissance qu’elle était ? Permettez-nous d’en douter. Et à vrai dire, au vu de la montée en puissance de la Chine, du retour aux affaires de la Russie et des émergents qui veulent, de manière générale, leur part du gâteau de la mondialisation, seul un magicien serait en mesure d’inverser la conjoncture.

Cela dit, Trump c’est toujours mieux que Clinton, ne fut-ce que pour le facteur d’incertitude qui va planer sur la politique des Etats-Unis ; incertitude qui profite en ce moment à l’or.

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Janet Yellen

Articles de Jim Rickards, publié le 11 avril 2016 sur Daily Reckoning :

« Hier en soirée, nous avons appris que le président Obama a convoqué aujourd’hui Janet Yellen à la Maison-Blanche.

En soi, un déjeuner entre le président des États-Unis et de la Fed pour discuter de politiques économiques n’a rien d’inhabituel : Bush 43, par exemple, rencontrait souvent Allan Greenspan pour parler de l’économie. Mais cette réunion est différente…

Il ne s’agit pas d’un déjeuner informel. Il s’agit d’une réunion de haut niveau organisé à la dernière minute par Obama. Le dernier précédent similaire date de 1951, lorsque Harry Truman convoqua l’ensemble des gouverneurs de la Fed à la Maison-Blanche. Vu que ce n’est plus arrivé depuis près de 70 ans, la réunion d’aujourd’hui est plutôt extraordinaire. Pourquoi Obama a-t-il convoqué cette réunion ? Plusieurs facteurs peuvent l’expliquer…

Tout d’abord, Obama ne souhaite pas voir la Fed augmenter ses taux. Si la Fed devait suivre son programme de hausse, cela donnerait aux Républicains de bonnes chances aux élections présidentielles de l’automne prochain. Tout simplement car des hausses pourraient entraîner le pays dans la récession, ce qui n’augurerait rien de bon pour les Démocrates.

Obama se soucie également beaucoup de son héritage, que les Républicains voudraient effacer. (..) Janet Yellen elle-même est démocrate, avec un profil d’économiste du travail et de nombreuses années passées à l’université de Berkeley. Elle n’est donc pas nécessairement hostile au message d’Obama.

En la faisant venir à la Maison-Blanche, Obama envoie à Yellen un message public évident : ne relevez pas les taux. Cette réunion est en quelque sorte une menace implicite.

Deux sièges de gouverneur sont vacants à la Fed. Obama pourrait nommer 2 de ses plus fervents opposants s’il souhaitait lui mener la vie dure. Ces 2 critiques pourraient s’opposer à Yellen sur chaque dossier et menacer son autorité. (…)

Un autre facteur pèse de tout son poids : les Démocrates ont aussi peur de Bernie Sanders que les Républicains craignent Donald Trump. Sanders a remporté 7 primaires et caucus d’affilée. Ses meilleures armes sont la critique incessante des grosses banques, de Wall Street et de Clinton qui est leur valet.

Sanders a exigé de Clinton de fournir les textes des 3 discours qu’elle a prononcés devant Goldman Sachs, pour lesquels elle a reçu 675.000 $. Elle a refusé de les fournir. Il s’agit du tendon d’Achille de la campagne de Clinton, que Sanders exploite à fond.

Obama n’a aucun contrôle sur Trump. Par contre, son influence sur Sanders est réelle. Pour faire du tort à Sanders, les Démocrates pourraient miner sa position populiste anti banques. Obama pourrait faire pression sur Yellen afin de s’attaquer à un problème considéré comme crucial par les éléments démocrates les plus à gauche : les salaires exorbitants des cadres dans les banques. Ce qui priverait Sanders de l’un de ses arguments massue.

La Fed exerce une grande influence sur la façon dont les banques sont gérées, même s’ellle ne dispose pas d’une autorité directe. La Fed peut très bien suggérer à une banque que l’un de ses dirigeants gagne trop. Même si elle n’a pas le pouvoir de baisser son salaire, la banque pourrait se voir refuser une future acquisition, ou l’ouverture d’une succursale, si elle ne prend pas en compte la « suggestion » de la Fed. En représailles, elle peut également faire traîner des dossiers en longueur. (…) »