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La Fed aime le mot « crédit ». Il se digère mieux que le mot « dette ». La dette des consommateurs américains a augmenté de 19,3 milliards de dollars en septembre, pour un total de 3,71 trillions, un nouveau record qui ne cesse d’être battu mois après mois depuis ces cinq dernières années, d’après les données du Conseil des Gouverneurs de la Federal Reserve, publiées ce lundi.

Tout ceci est fidèle au principe d’emprunter toujours plus pour produire des gains de moins en moins importants, au niveau de la consommation et de la croissance économique. Ce qui est, selon la Fed, un modèle économique extrêmement durable, doté d’un potentiel futur énorme.

La dette des consommateurs, que la Fed appelle crédit à la consommation (ce qui équivaut à la même chose, mais avec une formulation plus digeste), inclut les crédits étudiants, les crédits auto, ainsi que le crédit renouvelable comme les cartes de crédit ou encore les lignes de crédit. Mais cela n’inclut pas les crédits hypothécaires. Voici à quoi ressemble cette orgie d’emprunts :

Crédit à la consommation aux USA au T3 2016 graphe

Lorsqu’on plonge dans ses composantes, on constate que les crédits en cours pour l’achat de véhicules neufs ou d’occasion ont bondi de 22,6 milliards depuis le second trimestre pour un total de 1 098 trillions, nouveau record d’une succession de records, depuis 4 ans.

Les crédits auto ont augmenté de 38% depuis le 3ème trimestre 2012, période à laquelle ils ont de nouveau atteint le record de la « période dorée », datant de la bulle de Greenspan d’avant la crise financière :

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Les crédits auto en cours ont augmenté car les gens ont acheté davantage de voitures. Les ventes de voitures neuves ont atteint un record historique l’année dernière, même si elles ont commencé à se tasser ou même à baisser durant ces derniers mois. Les crédits en cours augmentent également parce que les échéances sont toujours plus longues alors que les voitures sont toujours plus chères :

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Passons désormais aux esclaves de la dette de la génération à venir, dont certains n’ont aucune idée de ce qui les attend étant donné qu’ils n’ont pas encore remboursé le moindre centime de leur dette.

Le montant total des crédits étudiants, dus au gouvernement américain et au secteur privé, s’élevait à 1 396 trillions à la fin du mois de septembre. Durant le troisième trimestre, la quote-part du secteur privé a baissé de 4,8 milliards pour un total de 357,6 milliards, alors qu’il se retire de ce marché.

Mais les crédits étudiants dus au gouvernement ont grimpé de 14,2 milliards rien qu’en septembre, et de 37,5 milliards au 3ème trimestre 2016, pour atteindre un nouveau record de 1,039 trillion. Voici ce qui attend ces malheureux débiteurs :

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Les cartes de crédit sont la méthode la plus chère pour se mettre dans le rouge. Des taux largement à deux chiffres ne sont pas rares. Il y a d’énormes frais pour ceux qui tardent à payer. En échange, les banques empruntent aux épargnants à des taux qui sont étrangement proches de zéro.

Les cartes de crédit sont la plus grosse source de profit des banques. Si les gens ne payent pas rapidement ce qu’ils doivent, c’est une véritable arnaque. Cela mine les personnes les plus fragiles financièrement, notamment ceux qui sont surendettés. Plus le besoin d’argent est urgent (pour avoir de quoi manger, par exemple), plus les intérêts et les frais sont élevés. Les banques savent qu’elles les tiennent par les parties intimes (sic).

Mais comment leur en vouloir ? Elles ne forcent pas les consommateurs à utiliser les cartes de crédit. Durant la crise financière, les consommateurs se sont retrouvés coincés. Ils ont décidé d’annuler la dette de leurs cartes de crédit d’une façon ou d’une autre, parfois en faisant défaut. C’est à ce moment-là que les banques se retrouvent coincées à leur tour.

Un an ou deux après cet épisode, les consommateurs ont été prudents, au grand dam de la Fed. Mais en 2014, ils ont oublié les leçons apprises. Dès 2015, ils se sont remis à acheter des tas de choses au-delà de leurs moyens. Aujourd’hui, les cartes de crédit et autres types de crédit renouvelable crèvent à nouveau les plafonds. Ils sont bien partis pour atteindre la barre du trillion de dollars, même s’il faudra encore faire un petit effort pour atteindre le record, lorsque les choses ont ensuite dégénéré bien comme il faut :

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Voici le portrait de l’esclave américain de la dette qui essaye de faire marcher tant bien que mal l’économie, en achetant des choses dont il n’a pas besoin et pour lesquelles il n’a pas les moyens, avec de l’argent qu’il n’a pas et qu’il devra rembourser le jour où il en aura encore moins. Mais ne vous tracassez pas, tout ira bien… jusqu’au jour où.

Article de Wolf Richter, publié sur WoflStreet.com le 8 novembre 2016

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pays émergents

Les marchés des capitaux et des devises de la Chine se télescoperont inévitablement avec ceux des États-Unis et par extension avec ceux du monde entier. Les économistes se plaisent à marteler que quelque chose qui ne peut durer s’arrêtera. Ce truisme s’applique à la Chine.

L’idée même de tensions économiques en Chine peut paraître étrange. La Chine a émergé du chaos de la Révolution Culturelle pour devenir la première économie du monde en termes de parité de pouvoir d’achat, tout cela en seulement 35 ans. Même sur base du PIB nominal, mon indicateur favori, il s’agit de la seconde économie de la planète.

La croissance annuelle chinoise fut de 12% entre 2006 et 2008. Cette performance fut encore atteinte en 2010. Même au pire de la crise financière, en 2009, la croissance chinoise était encore supérieure à 6%. Elle a oscillé entre 6,7 et 8% entre 2011 et 2016. Ces taux de croissance sont extraordinaires par rapport aux 0-2% de croissance des économies développées, enregistrés depuis 2007.

Mais au-delà des apparences aguichantes, tout est loin d’être rose. La majorité de la croissance chinoise fut complètement artificielle. On n’en parlerait pas si la Chine utilisait des normes comptables plus rigoureuses.

Investissements en Chine : pour quel retour ?

Les investissements ont représenté environ 45% de la croissance chinoise. Dans les économies développées, ce chiffre est de 30%. Ce n’est pas un problème si les investissements ont des retours positifs et ne sont pas financés avec des excès de dette. Or la Chine ne remplit aucune de ces 2 conditions.

Une partie importante des investissements chinois ont été gaspillés dans la construction de villes fantômes. Ou encore engloutis dans des projets pharaoniques de prestige comme la gare sud de Nankin, qui a coûté des milliards de dollars et dont les 128 escalators ne sont presque jamais utilisés. En supposant que la moitié des investissements chinois sont du gaspillage, cela signifie que le PIB devrait être réduit de 22,5%. Une croissance de 6,7% correspondrait ainsi à une croissance de 5,2%, au mieux.

C’est encore pire si on prend en compte la quantité de dettes utilisée pour financer ce gaspillage. Les actifs des banques chinoises sont passés de 2,5 trillions à 40 trillions de dollars durant les 10 dernières années, soit une augmentation de 1500%. Et ce n’est que la partie visible de l’iceberg.

La plupart de la dette chinoise est hors bilan, comptabilisée dans des produits financiers similaires aux CDO qui ont fait couler Lehman Brothers en 2008, et dans des produits dérivés. Il existe un énorme secteur bancaire de l’ombre en Chine (garanties provinciales, crédits inter-sociétés et plans de transfert offshore, etc). Lorsque toute cette dette est comptabilisée, la Chine ressemble au plus grand Ponzi de l’histoire.

Dévaluation continue du yuan

Si la situation est si instable et gérée avec des effets de levier à outrance, pourquoi l’effondrement n’a-t-il pas déjà eu lieu ? La réponse est la suivante : la Chine est le plus grand manipulateur de devise de l’histoire. La Chine a exploité une méga dévaluation du yuan en 1994 pour rendre sa monnaie compétitive et doper ses exportations. Sa banque centrale est ensuite intervenue entre 1994 et 2006 pour faire perdurer la faiblesse de sa monnaie.

Ces manipulations de devises, longues de 12 ans, ont permis à la Chine de construire ses usines, de créer de l’emploi, d’accumuler des réserves de dollars et de développer son système bancaire. Bien sûr, la majorité de cette croissance s’est faite aux dépens de l’emploi manufacturier aux États-Unis, des millions de postes ayant été perdus durant cette période. Ce n’est qu’après 2007, et des pressions politiques américaines intenses, que la Chine a permis l’appréciation du yuan à des niveaux plus raisonnables, conformes à sa production et aux accords commerciaux en vigueur.

Mais aujourd’hui, la Chine a recours à ses vieilles tactiques. Depuis 2014, elle a favorisé la dévaluation du yuan, de 6 yuan pour un dollar à 6,9. Aujourd’hui, le yuan se prépare à franchir la barre clés de 7 yuans pour un dollar.

La différence entre 1994 et aujourd’hui, c’est qu’aujourd’hui les États-Unis suivent la situation. En particulier, le président élu Trump a menacé la Chine de la qualifier de « manipulatrice de devises » le premier jour de son investiture, le 20 janvier 2017.

Cette escalade de la tension de la guerre des devises arrive dans un contexte de risque accru d’un conflit armé avec la Chine. Peu de temps après son élection, Trump a reçu un appel téléphonique de félicitations de la part du président de Taïwan. Cela peut sembler comme une formalité de courtoisie, mais pas pour le parti communiste chinois.

Pékin considère Taïwan comme une « province dissidente », et non une nation souveraine. Les politiciens américains ont pris l’habitude d’esquiver ce dossier, mais pas Trump. Non seulement il a discuté avec le président de Taïwan, mais il a même remis en question la politique d’une seule Chine dans un tweet.

Les actions de Trump ont fait retentir la sonnette d’alarme à Pékin. Les dirigeants ont donc décidé d’envoyer un message à Trump en volant l’un des drones sous-marins de la Navy qui opèrent dans les eaux des Philippines, bien loin des eaux de la mer de Chine du Sud revendiquées par Pékin.

Le drone a été restitué, mais l’avertissement a été lancé. Les tensions géopolitiques entre la Chine et les États-Unis sont très clairement en recrudescence (note : on vient d’apprendre qu’une « flottille » chinoise, avec porte-avions, vient de se balader dans des eaux contestées, au large de Taïwan).

Une nouvelle méga dévaluation à venir ?

Alors que la Chine se dirige vers une crise du crédit, et que les relations politiques sino-américaines se détériorent, quid du futur du yuan et de la guerre des devises ?

La première chose à noter, c’est qu’une nouvelle méga dévaluation chinoise a déjà commencé. Bien sûr, ils ne vont pas agir d’un coup, comme ils l’ont fait en 1994. Ils le font au fur et à mesure. Néanmoins, la simple dévaluation de 3% du 10 août 2015 fut suffisante pour faire baisser les marchés américains de 11% dans les trois semaines suivantes.

Une méga dévaluation de 10% aujourd’hui, moins d’un tiers de ce qu’avait fait la Chine en 1994, ferait chuter en quelques jours la bourse américaine de 30%, en raison des perspectives de guerre commerciale ouverte avec la Chine.

Quelles sont les chances d’assister à une telle dévaluation ? Cela pourrait être une question de semaines. La baisse récente du yuan n’est pas due à des manipulations du gouvernement, mais à la fuite des capitaux chinois. Les Chinois fortunés tentent de sortir leur argent du pays aussi vite que possible car ils craignent l’émergence de cette méga dévaluation (note : voir le cours de Bitcoin).

Des réserves chinoises qui fondent comme neige au soleil

La Chine a consommé un trillion de dollars de réserves durant les deux dernières années afin de satisfaire la demande en dollars émanant de cette fuite des capitaux. Les obligations américaines dans le portefeuille de la Chine ont baissé de 1 265 trillions de dollars en novembre 2015 à 1 115 trillions de dollars en octobre 2016, d’après les statistiques du Trésor.

Globalement, les réserves de la Chine sont passées d’environ 4 trillions de dollars en 2014 à 3 trillions aujourd’hui. De ces 3 trillions, environ 1 trillion n’est pas liquide, tandis qu »un trillion de dollars sera nécessaire pour renflouer les banques chinoises durant la crise du crédit à venir. Cela ne laisse qu’un trillion de dollars à disposition pour défendre le yuan. La fuite des capitaux se poursuit en Chine au rythme de 100 milliards de dollars par mois. Cela signifie que la Chine sera à sec d’ici un an.

Si la Chine veut éviter la banqueroute, elle n’a que 3 options, selon la « trinité impossible » de Mundell. Elle peut relever ses taux pour défendre sa monnaie, mettre en place des contrôles des capitaux ou encore dévaluer le yuan.

Relever les taux tuera l’économie et accélérera la crise du crédit. Les contrôles des capitaux étrangleront les investissements directs étrangers et forceront la fuite des capitaux à travers des canaux illégaux, sans pour autant l’arrêter. La méga dévaluation est la solution la plus simple.

Pourquoi la Chine n’a-t-elle pas encore agi ? Notamment pour éviter d’être qualifiée de manipulatrice des devises par les États-Unis. Cela pourrait entraîner des représailles, par exemple sur les droits de douane. C’est pourquoi la Chine agit progressivement, sans faire de vagues.

Mais voilà que Donald Trump affirme qu’il qualifiera la Chine de manipulatrice quoi qu’il arrive. Peut-être par l’un des décrets présidentiels qu’il signera le jour de son investiture. Si Trump devait le faire, et il en est capable, la Chine n’aurait plus de raison de reporter sa méga dévaluation.

Les conséquences d’un tel scénario feraient de la correction de 2015 de 11% une balade en forêt. Les marchés mondiaux seront affectés. Les États-Unis souffriront, mais la Chine encore plus.

Article de Jim Rickards, publié le 22 décembre 2016 sur DailyReckoning.com

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Donald Trump en campagne

Ce n’est pas encore officiel au moment d’écrire ces lignes, mais l’issue ne fait plus aucun doute : à la « surprise générale », c’est Donald Trump qui succédera à Barack Obama à la tête des Etats-Unis.

Les sondages des médias dominants ne laissaient pas de place au suspense, annonçant qu’Hillary Clinton, à nouveau blanchie par le FBI malgré des preuves accablantes, serait la première femme à devenir président des Etats-Unis. Peu nombreux étaient ceux qui voyaient Trump gagnant, si ce n’est Jim Rickards (après avoir prédit l’issue du Brexit, chapeau !) ou encore, dans un autre registre, Michael Moore, qui sentait bien, malgré ses sympathies démocrates, la colère du peuple américain monter.

Il pourrait y avoir des recours pour exiger le recompte des votes ici et là, mais c’est bien le magnat de l’immobilier qui devrait devenir le futur pensionnaire de la Maison Blanche. Va-t-il bouleverser la politique américaine sur le fond ? Nous en doutons. Après l’imposture Obama, il fallait trouver un nouvel artifice pour maintenir pendant quelques années encore une relative stabilité, dans un pays où les classes moyennes sont massacrées. Un milliardaire présentateur de télé-réalité est-il la solution pour refaire de l’Amérique la puissance qu’elle était ? Permettez-nous d’en douter. Et à vrai dire, au vu de la montée en puissance de la Chine, du retour aux affaires de la Russie et des émergents qui veulent, de manière générale, leur part du gâteau de la mondialisation, seul un magicien serait en mesure d’inverser la conjoncture.

Cela dit, Trump c’est toujours mieux que Clinton, ne fut-ce que pour le facteur d’incertitude qui va planer sur la politique des Etats-Unis ; incertitude qui profite en ce moment à l’or.

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crédit

Article de Nomi Prins, publié le 30 août 2016 sur DailyReckoning.com :

Les crises sont basées sur des paris composés (ou dettes) qui ont mal tourné. Cependant tout comme la foudre, les crises ne frappent généralement pas le même endroit à deux reprises, ou en tout cas pas à deux reprises consécutives.

Au cours des deux dernières décennies, nous avons vu l’effondrement des marchés émergents à la fin des années 1990, le scandale Enron en 2001-2002 et, enfin, la crise financière de 2008. Depuis cette dernière crise, la politique de « l’argent bon marché » menée par la Fed a aidé les grandes banques et corporations, mais la plupart des gens ordinaires ne s’en sont pas complètement remis.

Indépendamment du fait que la Fed relève ses taux ou véhicule de manière téméraire l’idée qu’elle le fera à travers les médias financiers, cette politique relative à la dette peut écraser l’économie à nouveau. Ici, nous allons tracer la façon dont la politique en question peut nous replonger en plein dans une nouvelle crise. La compréhension de la politique d’endettement vous permettra par conséquent de survivre à l’implosion imminente.

1.) Commençons par les prêts pour étudiants

La bombe de la dette relative aux prêts pour étudiants est en pleine explosion, et il y a peu de moyens pour y remédier. Notons que les prêts étudiants ne sont pas annulables via la faillite personnelle, ce qui signifie qu’il n’y a aucun moyen de s’en débarrasser en vue d’un éventuel « nettoyage ». Le secteur financier a fait pression pour s’assurer de cela, notamment lorsque la Convention de prévention contre l’abus de faillite et pour la protection des consommateurs (Bankruptcy Abuse Prevention and Consumer Protection Act (BAPCPA)) a été adoptée en 2005.

En raison de cette loi, les banques privées se sont entassées dans le secteur des prêts (même si elles ont fait, depuis, marche arrière). Cela a alimenté, à son tour, les frais d’enseignement supérieur, ce qui a entraîné une dette étudiante encore plus consistante.

Les chiffres actuels sont impressionnants. Les Américains doivent environ 1,3 trillion de dollars en matière de prêts d’étudiants. Qui plus est, 43 millions d’emprunteurs en sont directement concernés. Il s’agit réellement d’une augmentation énorme, surtout si l’on compare la dette actuelle à celle de 2004, qui était de 260 milliards de dollars. La classe moyenne des diplômés en 2016 a une dette de 37 172 dollars due aux prêts étudiants, ce qui représente une hausse de 6 % par rapport à 2015 et de 12 % à par rapport à 2014. Le taux de délinquance des prêts étudiants a atteint un pic de 11,6 %, et continue d’être en hausse.

L’impact de cette réalité sociale est vaste, et le fait est que moins d’étudiants achètent des maisons, démarrent des entreprises, investissent et consomment. Tout cela nuit bien évidemment à l’économie à court et à long terme. Notons aussi que ce surplomb concerne de plus en plus d’Américains. La part de la dette étudiante « transmise » aux personnes âgées de plus de 60 ans, a grimpé en flèche de 8 milliards de dollars à 43 milliards, notamment à travers une déduction de 5 % des paiements de prêts de la sécurité sociale.

2.) Voyons en deuxième lieu les crédits automobiles à risque (subprime)

Vous avez peut-être entendu parler du montant record des ventes d’automobiles actuelles aux États-Unis – ce montant avoisine la somme impressionnante d’un trillion de dollars. Jamais les Américains n’avaient acheté plus de voitures neuves qu’en 2015. Fitch Ratings a imputé ce boom des ventes aux normes d’emprunt laxistes, en particulier en ce qui concerne les emprunts à risque (subprime). En effet, le taux des prêts automobiles à risque en retard de paiements planait au-dessus de 5 % en février – le plus haut niveau en 20 ans.

La chute des prix du pétrole représente également un des facteurs principaux de cette hausse des valeurs par défaut. Les compagnies du secteur pétrolier et gazier ont été durement touchées. En conséquence, elles ont procédé à des licenciements de personnel considérables, ce qui signifie que certains ne peuvent plus se permettre de payer leurs factures. Mais la baisse des prix du pétrole n’est pas le seul facteur responsable de l’augmentation des valeurs par défaut.

Le 23 mai, S&P Global Ratings a mis l’accent sur certains problèmes liés aux transactions des actifs de prêts auto à risque et à titres adossés. Rappelez-vous la règle de la foudre valable pour les crises économiques : elles ne frappent jamais deux fois consécutives au même endroit.

Les banques n’émettent pas autant de titres adossés d’hypothèques et des dérivés complexes liés que lors de la dernière crise. Au lieu de cela, elles ont mis au point de nouveaux services – à l’instar des prêts automobiles – dans le cadre du marché. Avec des taux à zéro et des investisseurs qui recherchent un rendement de partout, les banques ont alimenté une bulle de prêt dans le secteur automobile, en concoctant notamment les crédits auto à risque.

3.) Penchons-nous à présent sur les cartes de crédit

Le débit des cartes de crédit américaines va dépasser 1 trillion de dollars cette année, ce qui est, notons-le, un chiffre très proche du pic observé en 2008… En 2008, le taux d’épargne personnelle des Américains a été de 4,4 %, ce qui s’inscrivait dans le cadre d’un niveau historique s’élevant à 1,02 de trillion de dollars en matière de dette relative aux cartes de crédit. Ce taux a atteint 11 % en décembre 2012, mais a depuis redescendu à 5,4 %, tandis que la dette des cartes de crédit a augmenté. Cela signifie que la liquidité des Américains a chuté aux niveaux de la dernière crise. Ils ne disposent pas de la liquidité nécessaire pour surmonter les problèmes de la dette ainsi que pour surmonter les mauvais moments financiers, en général.

Selon Equifax, « les prêteurs ont émis 10,6 millions de nouvelles cartes de crédit à des emprunteurs à risque en 2015, ce qui représente une augmentation de 25% par rapport à l’année de 2014 ». Ainsi, il s’avère que les personnes les moins bien placées tirent le plus d’avantage(s) de la dette. Cela dit, les retombées ne se limeront pas seulement à ces personnes. Elles auront un impact sur la disponibilité du crédit vis-à-vis de tout le monde.

Pourtant, les banques continuent à émettre des cartes. Les émetteurs de cartes haussent les limites de crédit des clients, distribuent encore davantage de cartes et en tirent les avantages inhérents. Au cours du premier trimestre de 2016, les soldes de cartes de crédit de Citigroup ont fait montre de leur première hausse en glissement annuel depuis 2008. Les soldes ont également augmenté chez Discover Financial Services et J.P. Morgan Chase, à savoir le plus grand prêteur du pays, et pas seulement d’ailleurs.

4.) Un fait : 99% des ratios de trésorerie/dette des entreprises sont « pauvres »

Si les problèmes de liquidité n’avaient frappé que les consommateurs, la situation financière aurait été différente. Mais cela n’est pas le cas. Les 25 plus grandes sociétés américaines non financières, soit 1 % des sociétés, contrôlent 51 % du total des espèces détenues par toutes les sociétés américaines non financières, selon les données de S&P Global Ratings. Cela représente une hausse de 38 % par rapport à la même période il y a cinq ans maintenant.

Entretemps, notons que 99 % de ces entreprises ajoutent en réalité de la dette. Leurs ratios de trésorerie/dette ont chuté à 15 %, soit le niveau le plus bas de la dernière décennie. Cela signifie qu’ils ont 15 cents en espèces en moyenne pour chaque dollar qu’ils doivent. C’est une baisse si l’on compare ce chiffre au pic de 23 % en 2010. C’est également en dessous du ratio de 16 % en 2008.

Ce phénomène reflète l’appétit que les investisseurs affamés ont vis-à-vis de la dette des entreprises. Les entreprises utilisent cette dette pour réaliser des acquisitions ou pour rendre l’argent aux actionnaires sous forme de dividendes ou de rachats d’actions. Mais il s’agit là de mesures temporaires en matière de stabilité ainsi que de stratégies avec des rendements décroissants.

Le top 1 % des entreprises compte des liquidités accumulées s’élevant à la somme de 945 milliards de dollars, ce qui est plus que suffisant pour rembourser leurs dettes qui s’élèvent à 620 milliards de dollars. Elles ont également un ratio de trésorerie/dette de 153 %, soit un chiffre 10 fois supérieur à celui des 99 % d’entreprises restantes. Voici là une disparité qui éclipse en un coup d’œil celle de la récente crise financière.

Si la Fed relève ses taux, ces entreprises feront face à la probabilité d’acheter la dette à un coût plus élevé. Cela dit, même si la Fed ne soulève pas les taux, l’horloge tourne toujours vers le bas. Les entreprises qui ne disposent pas de suffisamment d’argent pour répondre à leurs dettes seront en difficulté.

Ces quatre chevaux de la dette, galopant vers nous simultanément à partir de différents secteurs, ne montrent aucun signe de ralentissement.

Ils déclencheront une dette apocalyptique aux États-Unis, et apporteront davantage des défauts, de vastes suppressions d’emplois et des retombées économiques, que la Grande récession elle-même.

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Article de Jim Clinton, CEO de Gallup, publié sur le site de l’institut de sondage américain le 20 septembre 2016 :

« Je lis beaucoup de choses à propos de l’économie « qui se redresse ». Cette nouvelle fut même annoncée en fanfare sur la première page du New York Times et du Financial Times la semaine dernière. Je ne pense pas que ce soit vrai.

Le nombre d’Américains qui se considèrent comme faisant partie des classes moyennes et supérieures est tombé de 10 %, d’une moyenne de 61 % entre 2000 et 2008 à 51 % aujourd’hui.

10 % d’une population totale de 250 millions, celle des États-Unis, cela signifie que 25 millions d’Américains ont vu leur vie économique s’effondrer.

Les médias passent à côté du fait que ces 25 millions d’Américains ne sont pas pris en compte dans le taux de chômage officiel de 4,9 %, souvent mentionné.

Prenons l’exemple fictif d’un salarié de la classe moyenne jouissant d’un bon salaire, disons 65.000 $ par an. Son emploi disparaît dans notre monde en constante mutation ; son nouvel emploi lui rapporte 14 $ de l’heure, soit environ 28.000 $ par an. Cet Américain anéanti reste comptabilisé en tant que travailleur à temps plein vu qu’il occupe toujours un tel emploi, même si son salaire a fortement chuté, tout comme ses avantages. Il s’est fait évincer de la classe moyenne sans que cela puisse se voir dans les rapports et statistiques actuels.

Le coût émotionnel sur cette personne est encore plus désastreux ; la perte subite d’une partie importante des revenus du ménage peut faire chuter l’estime de soi et la dignité de cette personne pour déboucher sur un environnement de désespoir que l’on n’a plus vu depuis la Grande Dépression.

Des millions d’Américains, même s’ils touchent encore de bons salaires, sont à un cheveu de ceux qui sont au chômage, sous-employés ou qui ont vu leurs revenus chuter. Nous connaissons tous de telles personnes.

3 indicateurs doivent être renversés au risque de perdre l’ensemble de la classe moyenne.

  1. D’après le U.S. Bureau of Labor Statistics, le pourcentage d’Américains adultes occupant un emploi à temps plein oscille autour des 48 % depuis 2010 ; il s’agit du chiffre le plus bas depuis 1983.
  2. Le nombre de sociétés cotées en Bourse a presque été divisé par 2 durant ces 20 dernières années, passant d’environ 7.300 à 3.700. Tout cela parce que les sociétés ne peuvent plus croître de façon organique, soit augmenter leur chiffre d’affaires grâce à de nouveaux clients ou à leurs clients existants. Ils ont abandonné cette stratégie pour acheter à prix d’or leurs concurrents, ce qui a fait chuter le nombre de sociétés cotées en Bourse. Cela contribue sérieusement aux pertes massives d’emplois pour les classes moyennes.
  3. La création d’entreprise a atteint un plus bas historique. Les Américains ne se lancent plus dans la création d’activité. Et ceux qui démarrent une société connaissent l’une des croissances les plus faibles de l’histoire.

L’entrepreneuriat est en chute libre, mais cela n’est pas une fatalité. Les PME peuvent sauver l’Amérique ainsi que les classes moyennes.»

Gallup estime que ce sont les petites entreprises (…) qui sont le moteur de la nouvelle économie. D’après la U.S. Small Business Administration, 65 % des nouveaux emplois sont créés par de petites entreprises, et non par les grandes sociétés.

« Voici le problème : la mort des petites entreprises a récemment surpassé leur création. Le U.S. Census Bureau rapporte que le différentiel entre la création et la mort d’entreprise s’est inversé pour la première fois en 2008. Durant presque les 3 dernières décennies, il y avait aux États-Unis en moyenne une différence positive de 120.000 entre les créations et les fermetures d’entreprises. Mais entre 2008 et 2011, 420.000 sociétés ont été créées en moyenne alors que 450.000 disparaissaient.

En bref, les 2 institutions les plus dignes de confiance sont l’Armée et les petites entreprises. La plupart des gens connaissent l’importance de notre armée, mais ils sont bien moins nombreux à comprendre le rôle des petites entreprises dans la création de la majorité des nouveaux emplois, ainsi que dans la sécurité nationale en elle-même.

Les États-Unis ont besoin des PME pour connaître à nouveau la prospérité. Elles sont notre meilleure chance pour générer cette croissance tant nécessaire, fournir de bons emplois et en fin de compte accélérer le développement humain. Si nous y parvenons, nous pouvons sauver l’Amérique, restaurer la classe moyenne et redevenir la première puissance mondiale.»

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Le graphique ci-dessus est éloquent, plusieurs constats peuvent être faits. Cela dit, tous mènent à la même conclusion, à savoir le fait que 2016 est une année où les Etats-Unis sont bel et bien en récession économique, et ce malgré les déclarations du gouvernement américain, qui affirme le contraire. Voyons cela en détail (article de David Haggith, publié le 4 août 2016 sur SafeHaven.com).

Les évolutions du PIB américain indiquent, sur base des tendances historiques, que nous sommes déjà en récession

La ligne rouge sur le graphique représente le PIB actuel des Etats-Unis (1,2 %), tel qu’il est estimé par le Bureau of Economic Analysis (BEA). A ce propos, il est intéressant de noter qu’à peu près à chaque fois que le PIB des Etats-Unis a atteint ce niveau durant les soixante-dix dernières années, l’Etat est entré en récession (voir les zones bleues). En effet, lorsque l’Etat nord-américain n’était pas sur le point d’entrer en récession à ce moment précis – c’est-à-dire lorsque le PIB atteignait 1,2 % –, il l’était déjà, et ce à chaque fois à part dans trois cas exceptionnels. Deux de ces cas s’avèrent être des « exceptions qui confirment la règle générale » :

A seulement deux reprises depuis la Grande récession, les Etats-Unis ne sont pas entrés en récession lorsque leur PIB a été aussi bas. La raison à cela est que, dans les deux cas, la Réserve fédérale a immédiatement – et massivement – injecté des « doses » d’assouplissement quantitatif. Cela étant dit, la Réserve fédérale ne fera pas autant cette fois-ci, si l’on en croit à son discours qui tourne autour d’une augmentation des taux d’intérêt. Un assouplissement quantitatif prouverait en effet que le gouvernement fédéral est inapte à augmenter ces mêmes taux d’intérêt.

Qui plus est, le graphique nous rappelle quelque chose dont nous sommes tous conscients : si l’on se fie à la fréquence moyenne entre les récessions, les Etats-Unis sont voués à entrer en récession en 2016.

Une observation encore plus intéressante à noter concerne le déclin général sur le long terme de la croissance économique des Etats-Unis. Soixante-dix années plus tôt, ils sont sortis de la récession avec un taux de 12 % de croissance en termes de PIB. Durant les trente années suivantes, ils sont sortis des récessions avec une croissance qui tourne autour de 8 %. Lors des vingt années après cela, le mieux que les Etats-Unis pouvaient espérer était une croissance autour de 4 %. Enfin, concernant la dernière décennie, les plus hauts pics que l’Etat nord-américain a pu atteindre en termes de croissance économique, furent autour de 3 %.

Le déclin de la croissance du PIB pourrait être expliqué, du moins partie, par le fait qu’il est difficile d’arriver à un pourcentage dont la croissance augmente aussi vite que le PIB en soi. En guise d’exemple, il est plus facile de doubler votre vitesse sur un laps de dix kilomètres par heure que sur un laps de cinquante kilomètres par heure.

Toutefois, en voyant comment la dette nationale américaine s’est accumulée, tout cela reflète aussi comment la capacité des Etats-Unis à générer de la croissance a diminué significativement, en raison notamment de toute la charge économique que l’Etat doit transporter.

L’on pourrait également blâmer les régulations ascendantes, mais il y a une chose particulière que vous ne pourriez pas blâmer… et il s’agit des impôts. Le fait est que nous avons atteint des taux de croissance bien plus élevés par le passé, et ce lorsque les impôts entrants (en particulier les impôts sur les gains en capital) étaient, eux aussi, bien plus élevés (qu’il s’agisse des impôts corporatifs ou individuels). En ce sens, le déclin de la croissance ne peut certainement pas être imputé aux impôts élevés, juste parce qu’ils sont élevés.

Constater que la diminution des taxes et impôts n’a pas fait grand-chose pour booster la croissance des Etats-Unis, c’est certainement quelque chose qui va irriter bon nombre d’entre nous. Cela dit, l’on peut clairement affirmer que diminuer ou tout simplement supprimer les impôts, ne va pas sauver l’économie américaine. Il y a d’autres problèmes sérieux qui ne peuvent pas être résolus avec une simple diminution – ou suppression – des impôts.

L’on ne pourrait pas non plus blâmer le libre-échange pour les problèmes de croissance, car les pires déclins en termes de croissance sont arrivés bien avant l’avènement du libre-échange. Toutefois, en retournant la question, certains pourraient très bien dire que le libre-échange n’a pas réellement boosté le taux de croissance américain, tout comme les impôts bas ne l’ont pas fait non plus.

Tout cela étant dit, la chose la plus cohérente que l’on peut blâmer pour le déclin de la croissance, c’est bel et bien le gouffre de la dette nationale qui a miné l’économie américaine. En effet, l’Etat et les entreprises ont tenté de faire croître la croissance économique sans avoir à payer pour cela. En d’autres termes, ils ont élargi la dette aux mauvais moments pour créer un stimulus de croissance, mais ils n’ont jamais remboursé cette dette aux bons moments.

Indépendamment de la cause de ce déclin, nous sommes arrivés à un moment où la croissance des Etats-Unis est tellement basse, que nous avons besoin d’un stimulus extraordinaire pour garder la tête au-dessus de l’eau. Et même si les Etats-Unis ne sont pas entrés en récession à chaque fois qu’ils ont atteint un niveau du PIB aussi bas (nous avons mentionné les trois exceptions, dans deux d’entre elles la récession ayant été évitée avec des mesures draconiennes), chaque récession des Etats-Unis lors des soixante-dix dernières années a eu lieu au moment – ou juste avant – que son PIB arrive au niveau actuel. Et il est bien question de toutes les récessions !

La récession de 2016 se déploie

Les récessions ne deviennent officielles que lorsqu’elles sont annoncées comme telles, et non pas quand elles commencent. Par définition, une récession ne devient officielle qu’à l’issue de deux trimestres consécutifs de déclin du PIB. Qui plus est, les récessions ne sont habituellement pas déclarées avant que les chiffres ne soient révisés, et, en règle générale, tous les gouvernements semblent optimistes avant cette révision.

Par conséquent, les récessions sont reconnues à peu sept mois après leurs débuts. Souvent même, elles ne sont reconnues qu’un an après ceux-ci. Dans l’imaginaire commun, nous ne sommes pas en récession tant que celle-ci n’a pas été officiellement annoncée.

Néanmoins, l’on peut dire que nous sommes actuellement en récession, et il s’agit d’une grande récession. Et même si le graphique montre clairement que la première période d’assouplissement quantitatif a sorti les Etats-Unis du ventre de la Grande récession, et donc de la ligne rouge de la récession, il montre également que l’Etat nord-américain est retourné en dessous de la ligne rouge dès que le tour d’assouplissement quantitatif (AQ) a pris fin. L’économie américaine a par conséquent besoin d’une autre injection d’assouplissement. En d’autres termes, cette dernière a atteint le niveau critique à chaque fois que le stimulus économique a pris fin. L’on peut dire que sans stimulus, l’économie américaine végète dans un état de perpétuelle récession : elle est, en réalité, un mort-vivant.

Notez comment la ligne de croissance titube vers le haut au cours de la dernière période d’AQ. C’est parce que cette période a été une injection d’argent frais (une nouvelle injection tous les mois pour une période de deux ans).

Remarquez aussi comment les Etats-Unis ont maintenu un mouvement descendant et stable vers la ligne rouge après que le dernier cycle d’assouplissement quantitatif continu (AQ3) ait pris fin à l’automne 2014.

L’économie américaine a été maintenue marginalement en vie seulement grâce à une série de stimulus, dont elle est devenue tout simplement dépendante. Ce graphique le démontre d’ailleurs très bien.

Cette même économie a fait l’objet de doses de stimulus répétées au travers de la plus grande impression d’argent dans l’histoire du monde, et ce aux taux d’intérêt les plus bas jamais connus, applicables et appliqués par les banques centrales à travers le monde entier, juste pour maintenir artificiellement le patient en vie depuis la Grande récession.

Une fois ce traitement fini, nous découvrirons en réalité à quel point le patient est mort, tout en s’enfonçant en direction du ventre de la Grande récession. Ce graphique montre clairement qu’à chaque fois que l’AQ prend fin, nous sombrons aussi vite vers les niveaux de croissance que l’on associe aux récessions. Mais cette fois-ci, il n’y aura pas d’assouplissement quantitatif pour nous sauver.

Cela ne veut pas dire pour autant que, une fois de retour en dessous de la ligne rouge, comme c’est le cas actuellement, la Réserve fédérale ne lancera pas un programme massif de relance, juste pour garder le patient un tant soit peu en vie ; mais il faut dire que la prochaine période d’AQ viendra trop tard et qu’aucun montant ne sera suffisant pour faire le travail.

Les économistes contemporains : les dinosaures les plus bêtes à avoir parcouru la Terre

Les économistes contemporains ne sont pas capables de voir une récession qui arrive, et ce même quand elle leur saute aux yeux.

En effet, ils [on inclut ici les économistes de la Réserve fédérale et du gouvernement, bien évidemment]ont arrêté de croire dans les lois économiques, et ce depuis de longues années. Ils vivent dans des mondes imaginaires et, en ce faisant, ils créent des économies de merveilles qui fonctionnent à l’envers.

Dans l’histoire du monde, il n’y a jamais eu un nombre aussi conséquent de personnes intelligentes, qui restent pourtant constamment muettes dans le domaine de leur propre expertise, et qui sont en plus constamment récompensées pour ce faire.

Ce graphique est une illustration claire de la faillite totale ayant résulté de la croyance économique moderne en une économie basée sur la dette. L’on peut même dire que c’est un témoignage de l’échec ayant résulté de la foi religieuse des économistes de relance en la banque centrale, ainsi que de leur refus de croire en l’ancienne loi éprouvée des rendements décroissants.

La vitesse à laquelle les bénéfices des relances ont diminué au cours des dernières décennies, alors même que l’ampleur du stimulus a augmenté de façon exponentielle, montre clairement que la prochaine injection (d’argent à des taux d’intérêt négatifs) sera en réalité l’injection la plus massive que le monde ait connue. Pourtant, elle ne sera suffisante que pour envoyer le patient dans un état comateux au bord de la ligne rouge. La prochaine dose de stimulus pourrait peut-être remuer brièvement le rythme cardiaque du patient, mais, en réalité, elle le tuera définitivement.

2016, l’année de l’« Apocalypse économique »

Voilà pourquoi nous pouvons appeler 2016 l’année de l’« Apocalypse économique » : cette année où nous sombrerons de nouveau dans le ventre de la Grande dépression. Ce sera l’année où les plus grandes injections de relance ne nous permettront que de garder la tête au-dessus de l’eau, et ce juste le temps de voir les prochaines élections arriver.

Tout le monde au sein du gouvernement (démocrates et républicains … ainsi que le jeton socialiste) fera tout pour « réparer » brièvement l’économie, afin de s’assurer que Donald Trump ne sera pas élu.

Si Trump se fait élire, les sorciers des fausses finances abandonneront la bataille le lendemain de l’élection, et alors tout l’enfer atterrira sur l’économie américaine. Cela dit, ce sera peut-être une bonne chose pour certains de ces économistes, car ils vont essayer d’utiliser Trump comme boucé missaire, afin d’imputer leur échec à la panique que son élection aura causée. Dans le pire des cas, le gouvernement perdra tout contrôle sur l’économie avant même l’élection, car même les pires sorcelleries pourraient ne pas maintenir la marche de l’économie de zombies actuelle.

Au risque de nous répéter, ce graphique est une preuve très cohérente de la baisse des rendements, pourtant dans un contexte d’efforts exceptionnels. Qui plus est, il démontre malheureusement que l’économie américaine se dirige sans relâche vers le ventre du deuxième tour de la Grande récession.

« Le rétablissement » du gouvernement et de la Réserve fédérale est entièrement artificiel et insoutenable. Tout économiste qui manifeste un tel mépris flamboyant pour les vrais économiques (c’est-à-dire tout économiste qui croit en une économie basée sur la dette) a une courge en guise de tête. En effet, ce graphique témoigne clairement de la faillite d’une économie dont les fondations reposent sur la dette. Malheureusement, nombreux sont ceux et celles qui détournent les yeux face à cette réalité.

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Article de Martin Feldstein, professeur d’économie à Harvard, publié le 25 juillet 2016 sur ProjectSyndicate.org : 

« Deux nouvelles concernant le budget sonnent comme un triste rappel de l’état périlleux de la politique fiscale des États-Unis. L’Office of Management and Budget du président Obama a annoncé que le déficit du gouvernement fédéral serait cette année d’environ 600 milliards de dollars, en hausse de 162 milliards par rapport à 2015, soit une augmentation d’environ 35 %. Et les prévisions à long terme du Congressional Budget Office (CBO) anticipent, si cette politique fiscale se poursuit, que la dette fédérale augmentera de 75 à 86 % du PIB dans la décennie à venir pour ensuite atteindre 141 % d’ici 2046, soit à des niveaux proches de l’Italie, du Portugal et de la Grèce.

Même si le ratio dette/PIB a doublé durant la dernière décennie, l’administration Obama et le congrès ont ignoré le problème, préférant se focaliser sur le déclin du déficit annuel depuis 2012 ainsi que la relative stabilité du déficit en tant que le pourcentage du PIB. Ce progrès temporaire reflétait la reprise économique et les votes du Congrès visant à limiter les dépenses militaires et d’autres programmes « discrétionnaires ».

Mais le creusement à long terme des déficits annuels dû au vieillissement de la population, aux progrès médicaux et à la hausse des taux signifie que l’augmentation du ratio dette/PIB est inévitable (il est d’ailleurs attendu par le CBO et d’autres). Le nombre grandissant d’Américains âgés susceptibles de bénéficier d’allocations sociales augmentera les coûts de ce programme de 4,9 % du PIB cette année à 6,3 % du PIB dans les 30 années à venir. La moitié de l’augmentation des coûts des programmes fédéraux de santé, de 5,5 % du PIB aujourd’hui à 8,9 % en 2046, sera le fait de l’augmentation du nombre de bénéficiaires, tandis que l’autre moitié sera due aux coûts additionnels engendrés par l’utilisation de technologies plus coûteuses.

Les politiques monétaires non conventionnelles de la Fed ont poussé le service de la dette à seulement 1,4 % du PIB malgré l’augmentation de son poids. Mais lorsque les taux d’intérêt se normaliseront alors que la dette augmente, le coût du service de la dette nationale pourrait augmenter jusqu’à 5,8 % du PIB. (…)

Le fait que plus de la moitié de la dette publique américaine est désormais dans les mains d’investisseurs étrangers signifie que les taux pourraient être encore plus sensibles au montant total de la dette. Les investisseurs pourraient craindre l’adoption de politiques visant à réduire la valeur réelle de leurs actifs. Même si le gouvernement américain ne fera jamais défaut de façon explicite, il pourrait adopter des politiques telles que la déduction de l’impôt sur le revenu sur le paiement des intérêts, ce qui désavantagerait les porteurs étrangers et ferait baisser la valeur des obligations. De plus, un haut niveau de dette pourrait faire craindre l’adoption de politiques monétaires inflationnistes visant à faire baisser la valeur du dollar, et donc la valeur réelle de leur obligation.

La sécurité sociale et le service de la dette devraient engloutir 100 % des rentrées fiscales des États-Unis d’ici 2046

Voici une conséquence incroyable et inquiétante du CBO à propos de tout ceci : d’ici 2046, les projections concernant les programmes sociaux principaux et le service de la dette prédisent que ces 2 postes devraient engloutir plus de 100 % des rentrées fiscales des États-Unis, dans le scénario d’une fiscalité inchangée. Un petit déficit, d’1,6 % du PIB, émergerait sans avoir même dépensé un centime pour la défense ou d’autres programmes « discrétionnaires ». Il sera impossible de compenser la hausse des programmes sociaux par la baisse des budgets des autres postes de dépenses, comme la défense. (…)

Aucun des candidats à la présidentielle n’a évoqué un plan de bataille ou son souhait d’inverser l’augmentation projetée de la dette nationale. Ce devrait pourtant être l’une des premières priorités du futur pensionnaire de la Maison-Blanche, qui qu’il soit. Vu l’urgence afin d’éviter le pire scénario, il n’y a pas d’excuses pour attendre. »

Crédit illustration : Chris Potter (http://www.stockmonkeys.com/) via Flickr

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argent cours lingot pièce

Article de SRSroccoReport.com, publié le 20 juin 2016 :

D’après les chiffres de la World Silver Survey de 2016, les Américains arrivent désormais en tête du classement des investisseurs qui achètent le plus d’argent. Il s’agit d’une évolution intéressante vu que l’Inde détenait cette première position depuis plusieurs années déjà.

Par exemple, les Indiens ont acheté plus de 100 millions d’onces de lingots d’argent en 2008 alors que ce marché mondial représentait à l’époque 125 millions d’onces. Il faut cependant noter que la demande de lingots d’argent n’est qu’un segment de la demande d’argent à des fins d’investissement. Il y a aussi la demande pour les pièces des monnaies officielles.

demande-argent-mondiale

Si nous observons les statistiques de 2015, l’Inde conserve sa première place au classement mondial des plus gros acheteurs de lingots d’argent à des fins d’investissement (ci-dessus).

En 2015, l’Inde a acheté 82,5 millions d’onces de lingots d’argent tandis que les États-Unis, en seconde position, on fait l’acquisition de 51,8 millions d’onces de lingots. L’Europe arrive en 3e position avec 12,7 millions d’onces et la Chine à la 4e place avec 3,8 millions d’onces.

Une grosse progression des achats d’argent a été enregistrée aux États-Unis depuis l’inclusion, dans la demande de lingots d’argent, des pièces et lingotins privés. Désormais, tous ces produits sont inclus dans la catégorie « lingots d’argent ».

Ce qui signifie que toutes catégories confondues, les États-Unis sont désormais le pays qui achète le plus d’argent à des fins d’investissement dans le monde, notamment en incluant les pièces d’argent American Eagle :

demande-argent-2015

(…)

Il n’est cependant pas possible de savoir combien d’American Eagle ont été achetés par des investisseurs étrangers, ainsi que l’inverse (par exemple, combien de Philarmoniques en argent, ou de Maple Leaf, ont été achetées par des investisseurs américains ?). Néanmoins, je pense que cette demande de 100,4 millions d’onces est un chiffre plutôt conservateur. Pourquoi ? Parce que je pense que les Américains achètent beaucoup plus de pièces étrangères que les étrangers achètent des pièces américaines. N’oubliez pas que les Américains ne paient pas de TVA lorsqu’ils achètent des pièces d’argent.

Il est également intéressant de noter que la Chine se trouve derrière l’Europe au classement des plus gros acheteurs d’argent. En admettant que les Chinois aient acheté toutes les pièces d’argent produites par la monnaie officielle, cela signifie que la demande globale d’argent à des fins d’investissement n’y serait que de 14,5 millions d’onces. Les Chinois sont les plus gros acheteurs d’or du monde, mais il semble qu’ils n’aient pas encore pris le train de l’argent métal, comme c’est le cas aux États-Unis ou en Inde.

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tempête qui approche

Article de Michael Snyder, publié le 15 juin 2016 sur The Economic Collapse Blog : 

« Vous allez voir des preuves irréfutables montrant que l’économie américaine ralentit depuis un certain temps. Il est très important de se concentrer sur les faits au lieu de considérer des opinions, nombreuses sur Internet, qui tentent de brosser le portrait de l’économie  : (…)

  1. La production industrielle est désormais en déclin depuis 9 mois d’affilée. Cet événement ne s’est jamais produit aux États-Unis en dehors d’une récession.
  2. Les faillites augmentent, sur base annuelle, depuis 7 mois d’affilée. Depuis septembre, elles sont en hausse de 51 %.
  3. Le taux d’impayés sur les crédits commerciaux et industriels ne cesse d’augmenter depuis janvier 2015.
  4. Les ventes globales des entreprises américaines (total business sales) baissent continuellement depuis la mi-2014. Non, je n’ai pas dit 2015. Ces ventes baissent depuis presque 2 ans maintenant, et nous venons juste d’apprendre qu’elles ont connu un nouveau déclin de 2,9 %, par rapport au même mois de l’année précédant, pour atteindre les niveaux d’avril 2013.
  5. Les commandes dans l’industrie sont en baisse depuis 18 mois d’affilée.
  6. Le Cass Shipping Index est en baisse, sur base annuelle, depuis 14 mois d’affilée.
  7. La production de charbon américaine a atteint un plus bas de 35 ans.
  8. L’outil maison de Goldman Sachs qui jauge la santé de l’économie américaine a atteint son plus bas niveau depuis la dernière récession.
  9. Les « indicateurs de récession » de la JP Morgan sont à leurs niveaux les plus élevés depuis la dernière récession.
  10. Les rentrées fiscales fédérales et régionales diminuent traditionnellement à l’aube d’une récession, et c’est exactement ce qui a lieu en ce moment.
  11. Le Federal Reserve’s Labor Market Conditions Index est en baisse depuis 5 mois d’affilée (santé du marché du travail).
  12. Les chiffres de l’emploi du mois dernier sont les pires chiffres publiés par le gouvernement américain durant ces 6 dernières années.
  13. D’après Challenger, Gray & Christmas, les annonces de plans de licenciements des grandes entreprises sont en hausse de 24 % par rapport à la même époque de l’année dernière.
  14. Les publications d’offres d’emploi sur LinkedIn ne cessent de baisser depuis février après une augmentation de 73 mois consécutifs.
  15. Le nombre de travailleurs temporaires aux États-Unis a atteint un pic pour ensuite tomber précipitamment avant le début de la récession de 2001. La même chose s’est également passée juste avant le début de la récession de 2008. Serez-vous surpris d’apprendre que le nombre de travailleurs temporaires et d’intérimaires aux États-Unis a atteint un pic en décembre dernier et baisse précipitamment depuis ?

Il y a aussi la nouvelle du plan de licenciement de Bank of America, qui pourrait remercier jusqu’à 8000 travailleurs. (…) Wal-Mart a annoncé qu’il allait licencier dans ses divisions comptables dans environ 500 points de vente. Jour après jour, des nouvelles de ce genre accumulent. Comment est-il possible si l’économie est vraiment en phase de redressement ? (…)

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chomeurs après la crise de 29

Nous démontons régulièrement le mensonge du taux de chômage officiel américain à +- 5 % via des articles factuels ; aujourd’hui, nous vous proposons de plonger dans la réalité concrète du marché du travail au pays de l’oncle Sam via cet article d’Andrew Soergel d’UsNews.com, publié le 9 juin 2016, et sous-titré :

Un taux de chômage de 4,7 % semble génial en surface. Mais les apparences peuvent être trompeuses

Sur papier, John Fugazzie avait fait tout ce qu’il fallait avant ses longues périodes de chômage, la plus récente ayant commencé en 2012, environ 3 ans après la fin officielle de la Grande Récession.

Il avait empoché un diplôme d’enseignement supérieur pour ensuite poursuivre et décrocher une maîtrise en Administration des Affaires de l’université Rutgers. Il a ensuite accumulé des décennies d’expérience en tant que cadre dans les secteurs de la grande distribution et de l’alimentaire. Il a occupé des postes tels que manager senior du merchandising, directeur des ventes et du marketing et même vice-président exécutif. Il avait même lancé sa propre société de conseil afin de percevoir des revenus supplémentaires susceptibles de lui offrir un filet de sécurité si les choses devaient mal tourner.

Mais pendant 2 périodes d’environ 18 mois sur les 6 dernières années, Fugazzie a connu un nouveau titre : chômeur.

« Mon histoire est marquée du sceau de la malchance. J’ai connu le pire dans tout. J’ai perdu ma maison. J’ai perdu mon assurance-vie, » a-t-il déclaré. « Ma carrière était couronnée de succès. J’ai passé beaucoup de temps dans le secteur alimentaire, grimpant les échelons. À chaque fois que je devais changer de job, c’était facile… Je ne comprenais pas ce qui se passe. »

Si l’économie américaine a continué d’éliminer des postes bien après la fin de la Grande Récession en 2009, le pays a créé plus de 14 millions d’emplois nouveaux durant le redressement du marché du travail. Il y a plus d’Américains qui travaillent que jamais, le taux de chômage a baissé à 4,7 %, un plus bas de plusieurs années.

Mais Fugazzie sera le premier à vous dire que ces chiffres du gouvernement ne révèlent pas la situation globale de l’économie.

« Il ne s’agit pas d’un reflet exact du marché, cela fait des années que c’est le cas, » a-t-il déclaré. « Dans le dialogue national, ils affirment que l’on peut créer des emplois. La réalité est que nous avons besoin d’en créer beaucoup plus qu’il n’y en a actuellement. » (…)

(L’article évoque la baisse continuelle de la population active qui fait baisser artificiellement le taux de chômage, sujet que nous avons couvert à de maintes reprises.)

« Je pense que l’économie est en état d’hémorragie, le drainage se passe lentement. C’est comme un cancer secret dont personne ne s’occupe. »

Un sondage récent Harris permet de découvrir la dure réalité du chômage à long terme aux États-Unis. Environ 51 % des plus de 1500 chômeurs interrogés affirment ne plus avoir travaillé depuis 2014, ce qui signifie que ces chômeurs ne sont probablement plus comptabilisés dans les chiffres mensuels du chômage.

43 % de tous ces chômeurs, et 59 % de ceux qui n’ont plus travaillé depuis plus de 2 ans ont déclaré « avoir abandonné leur recherche d’emploi ». En général, l’enquête suggère que des millions d’Américains sont mis sur la touche, en dehors du champ de comptabilisation des statistiques du gouvernement et sans aucun espoir de revenir dans la partie.

« C’est l’histoire d’une économie à 2 vitesses, » a déclaré Bob Funk, CEO de la société de recrutement  Express Employment Professionals, dans un commentaire accompagnant le rapport. « Il est effrayant de voir le nombre de gens qui pourraient travailler et qui affirment avoir abandonné. Le pays ne peut se permettre de laisser tomber autant de gens. »

Lorsque le taux de chômage prend en compte ceux qui n’ont plus cherché un emploi durant l’année précédente, on atteint déjà le chiffre officiel de 9,7 % selon le mode de calcul officiel U-6, qui n’est pourtant pas parfait. Mais celui-ci offre déjà une vision plus réaliste du chômage aux États-Unis. (…)

« Je suis toujours déçu de constater que les politiciens ne creusent pas davantage. Ils ne veulent pas donner l’impression aux gens que nous sommes dans de sales draps, » a déclaré Fugazzie. « Trump affirme qu’il peut rapatrier les emplois, mais il n’explique jamais comment. Obama, de son côté, ne cesse de se vanter des chiffres, qui sont bons. » (…)

En 2011, Fugazzie a créé l’association Neighbors-helping-Neighbors USA qui tient régulièrement de petites réunions de groupe afin de peaufiner les CV des chercheurs d’emploi, leur stratégie de réseau ainsi  qu’échanger des conseils. Fugazzie le compare à Weight Watchers et à l’athlétisme : c’est rigoureux, personnalisé et exige un engagement prolongé pour obtenir des résultats : « pour moi, c’est comme un entraînement sportif. Nous sommes tous des sportifs de la recherche d’emploi que nous faisons en équipe. Aujourd’hui, retrouver du travail est une véritable compétition sportive. Il faut étoffer ses compétences, de la pratique, savoir se vendre et développer comme un fou son réseau. »

Fugazzie a fini par retomber sur ses pieds. Il est aujourd’hui directeur du Hudson County Workforce Development Board et professeur à l’université Fairleigh Dickinson. Il poursuit néanmoins son combat contre le chômage avec son association. (…)

Ce qui explique le succès de ses efforts, ainsi que la raison pour laquelle il est resté aussi longtemps sans emploi, est à chercher du côté de la transformation du marché du travail. Les jobs à bas salaire dans les services et les emplois de haut niveau technique semblent être les seules opportunités nombreuses aujourd’hui, affirme-t-il, tandis que ceux qui ont des compétences moyennes, donc historiquement ceux qui font partie des classes moyennes, doivent se battre pour saisir les maigres opportunités. (…)

« La reprise a bouleversé l’emploi. Les opportunités qui reviennent proposent des salaires beaucoup moins élevés, » affirme Fugazzie. « Je travaille actuellement à un salaire bien inférieure à ma moyenne depuis le début de ma carrière. Beaucoup de gens sont dans la même situation que moi. »

Il y a aussi beaucoup de chômeurs qui sont beaucoup moins qualifiés que Fugazzie et qui sont embourbés dans le chômage. S’il est parvenu à s’en extirper à 2 reprises, d’autres n’auront pas cette chance.

« Ceux qui ont des compétences et un emploi perçoivent une lente amélioration, mais continue, depuis la Grande Récession, » a déclaré Funk. « Mais ils sont beaucoup trop nombreux à être laissés au bord du chemin, un fait souvent masqué par la baisse du taux de chômage et le faible taux de participation à la population active. »