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Traduction condensée de l’article de Nick Barisheff, publié le 25 mai 2016 sur SafeHaven.com, qui explique pourquoi des gens comme George Soros, John Paulson et Stanley Druckenmiller ont tort de miser sur l’or… papier en réaction aux craintes concernant la stabilité des marchés financiers :

« L’ETF est le choix de nombreux investisseurs et de leurs conseillers. Ils sont séduits par la facilité de l’achat de parts, ainsi que par les frais de gestion peu élevés. Cependant, comme pour tout investissement, il est critique de l’examiner sous toutes ses coutures et de le faire personnellement afin de comprendre leurs modes de fonctionnement, ainsi que les risques associés. Un papier de la BRI conclut :

« L’expérience des crises a montré que l’allongement de la chaîne des intermédiaires complique les risques associés aux produits financiers en raison du manque de transparence sur la gestion du risque au niveau de chaque élément de la chaîne. Les ETF, qui sont devenus populaires auprès des investisseurs souhaitant s’exposer un portefeuille diversifié d’actifs, sont dotés de cette caractéristique, surtout lorsqu’ils exploitent des produits dérivés. Alors que la quantité de ces produits augmente, ces stratégies de réplication peuvent contribuer à alimenter le risque systémique dans le système financier. »

(…) La SEC, de son côté, conseille de ne pas investir dans un instrument que vous ne comprenez pas.

Malheureusement, de nombreux investisseurs et leurs conseillers ne lisent pas les prospectus ou les documents décrivant le monde de fonctionnement des ETF, ce qui signifie qu’ils n’en comprennent pas les risques. Dans le cas spécifique des ETF or, il est plus que jamais important de lire attentivement ces conditions. J’ai participé à la rédaction de nombreux prospectus au Canada, avec certains des plus grands cabinets d’avocats.  Durant ces séances de rédaction, les avocats passent un temps fou à peaufiner chaque mot, ce n’est pas innocent.

La plupart des investisseurs pensent que les ETF sont comme une simple société d’investissement à capital variable offrant des frais peu élevés. C’est ce facteur qui les attire, oubliant les différences fondamentales de structure entre un ETF et une société d’investissement. Dans une telle société, les investisseurs fournissent les fonds, le gestionnaire les alloue à des actifs conformément à son mandat et les investisseurs reçoivent des parts du fond à hauteur de leur investissement.

Dans une société d’investissement digne de ce nom, seuls les investisseurs peuvent revendiquer les actifs. Les ETF sont structurés de façon bien différente. Voici ce que dit le prospectus du GLD :

« L’objectif d’investissement du Trust est de permettre aux Actions de refléter la performance du cours de l’or, amputés des frais ».

L’objectif ne mentionne pas la possession d’or. Cet ETF est intéressant pour ceux qui spéculent, pour les investisseurs qui utilisent des options en tant que protection de la valeur de leur or physique ou pour améliorer la performance. Cependant, il ne s’agit pas du meilleur choix pour les investisseurs qui souhaitent bénéficier des avantages de l’or physique. (…)

Comment fonctionne véritablement un ETF ? Les participants autorisés empruntent les actifs à un faible coût, ou inexistant, échangent ces actifs contre la création de parts qui sont ensuite vendues sur le marché tandis qu’ils conservent l’intégralité du produit de cette vente.

Il devrait être clair pour tout le monde que les participants autorisés, à savoir les grandes banques et sociétés de gestion, empochent l’intégralité des sommes investies. Elles utilisent ensuite cet argent pour investir dans des actifs dont le rendement est supérieur au coût de leasing des actifs nécessaires pour émettre les parts d’ETF. (…) Dans le cas de l’or, le métal est souvent emprunté aux banques centrales… qui, malgré tout, se trouve comptabilisé sur leur bilan.

Ce qui signifie qu’en bout de course, même si l’or se trouve dans les coffres de l’ETF, il peut appartenir légalement à une banque centrale. Il se pourrait donc bien qu’un jour, un ETF ou un participant autorisé devienne insolvable tandis que des avocats deviendront riches à déterminer qui est le propriétaire véritable des lingots. En attendant le verdict, les actifs des investisseurs seront gelés. Si la balance penche du côté des banques centrales, ils auront tout perdu. Et dans le cas contraire, ce qui est peu plausible, ils auront perdu l’opportunité de disposer de leur actif comme bon leur semble.

Dans ce contexte, certains milliardaires ont le bon réflexe de diversification mais se trompent dans l’exécution. Les ETF, l’or papier et les contrats à terme ne sont que des dérivés de l’or physique. Quelle est la validité d’une assurance si la société qui l’émet fait faillite ? Pour profiter des avantages offerts par l’or depuis des millénaires, les investisseurs doivent posséder du métal physique, pas un produit financier. (…) »

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demande d'or physique au T1 2016

Article de MarketWatch.com, publié le 12 mai 2016 :

« Luttant contre un environnement économique mondial incertain, les investisseurs semblent ne pas être rassasiés en ce qui concerne l’or, et les signes indiquant une baisse de cet appétit sont très rares.

Il s’agit de l’évaluation faite par le rapport trimestriel du World Gold Council concernant la demande d’or, qui fut publié ce jeudi. Il indique que la demande d’or a augmenté de 21 % pour s’élever à 1290 tonnes durant le premier trimestre 2016 par rapport au même trimestre de l’année précédente. Ce qui fait du T1 2016 le second trimestre le plus robuste de l’histoire.

Cet appétit pour les métaux précieux a été principalement poussé par les énormes acquisitions d’or des ETF, d’après le Council, l’association qui réunit les producteurs d’or les plus importants du monde. Ces acquisitions ont totalisé 364 tonnes durant ce trimestre, soit les achats trimestriels les plus importants depuis les 3 premiers mois de 2009. Durant le même trimestre 2015, ces acquisitions avaient tout juste atteint les 26 tonnes.

L’ETF SPDR Gold Trust (GLD), fonds indiciel coté de l’or parmi les plus populaires, a grimpé de 20 % depuis le début de l’année. Il n’y a pas que les tensions économiques qui ont poussé les investisseurs vers l’or. Les taux négatifs au Japon et en Europe ont également joué un rôle d’après le World Gold Council.

« 2 thèmes majeurs ont émergé durant le premier trimestre 2016. Encouragé par l’incertitude générée par les taux d’intérêt négatifs, le secteur de l’investissement fut l’acteur dominant de la demande d’or, contribuant ainsi à faire grimper les prix de 17 % au cours de ce trimestre alors que les acquisitions des ETF gonflaient, » a écrit dans un communiqué Alistair Hewitt, responsable de l’intelligence du marché au World Gold Council.

Les rendements des actifs liés aux taux augmentent quand les taux grimpent. Vu que l’or ne rapporte rien, son attrait en tant qu’investissement grandit lorsque les taux sont bas ou même négatifs. Des attentes revues à la baisse quant à de nouvelles hausses des taux aux États-Unis ont affaibli le dollar cette année, alors que l’or et le dollar évoluent habituellement en sens opposé. (…)

Goldman Sachs a relevé ses prévisions pour le cours de l’or, tandis que Solita Marcelli de JP Morgan Private Bank a déclaré à CNBC mercredi qu’elle recommande à ses clients de se positionner « pour un nouveau marché haussier, et très long, de l’or. »

Hewitt, abordant les perspectives, a déclaré que « les incertitudes qui règnent sur les marchés et les politiques monétaires non conventionnelles qui perdurent » continueront de soutenir la demande des investisseurs et des banques centrales. Ce trimestre a montré que les banques centrales restent de grandes acheteuses du métal précieux, ayant fait l’acquisition d’environ 109 tonnes durant le T1. Cela fait 21 trimestres d’affilée que les banques centrales sont globalement acheteuses alors qu’elles se diversifient du dollar.

Tandis que les investisseurs se sont rués vers l’or, la demande des bijouteries a vécu un trimestre difficile en raison de la faiblesse de l’économie chinoise et d’une grève de 42 jours des bijoutiers indiens, a précisé Hewitt. Mais selon lui, cette demande indienne n’a été que reportée, les achats devraient augmenter durant la saison des mariages. »

Site d'Allocated Bullion Exchange (ABX)

Andrew Maguire nous revient  sur KWN pour parler des derniers développements du marché de l’or, et notamment du LBMA, dont l’existence même est menacée alors que la bourse londonienne voit ses acteurs la déserter les uns après les autres et qu’un nouveau concurrent prometteur, ABX, vient de démarrer ses opérations.

Durant sa dernière intervention sur King World News du 18 décembre 2015, Andrew Maguire évoquait le marché de moins en moins liquide de la place de Londres, ainsi que les divergences de plus en plus nettes entre le marché de l’or physique et papier. Il poursuit aujourd’hui en illustrant à quel point les marchés de l’or occidentaux sont devenus illiquides :

« Les mouvements vers le plus bas de décembre 2015 furent contre intuitifs sur base des marchés physiques que nous suivons. Sur ceux-ci, nous avons assisté à des achats importants de la part des banques centrales et de fonds souverains, ainsi que d’investisseurs chinois désireux de convertir leur argent papier se dépréciant rapidement en or.

À l’époque, nous avions déjà rapporté ces faits. Aujourd’hui, ils ne sont que confirmés par les statistiques. Sans oublier qu’en décembre on savait déjà très bien que l’Inde et la Chine à elles seules avaient consommé quasi la totalité de la production mondiale d’or en 2015, et ce sans prendre en compte les 300 tonnes d’or de contrebande qui sont entrées en Inde. Simultanément, sur base de la backwardation importantes et d’un cobasis, nous étions arrivés à une valorisation juste de l’or à 1300 $, soit 150 $ de plus que le cours des futures. Une telle déconnexion est impossible dans un marché interconnecté. Il s’agit donc de la preuve que le marché de l’or physique est cassé.

Même le LBMA l’admet

Ce fait a même été reconnu dans un article important publié dans le magazine du LBMA, l’Alchemist. Il s’agit d’un aveu qui ne fait que relayer ce que nous disons depuis longtemps :

« Les marchés physiques de gros (de l’or) sont cassés » (magazine l’Alchemist, édité par le LBMA)

Nous assistons à la fuite des liquidités de Londres vers le marché physique asiatique et les bourses du Moyen-Orient. (…) Les opportunités d’arbitrage sont saisies mais en dehors de Londres, sur ces marchés concurrents. (…)

Les banques de lingots quittent le LBMA

La migration des marchés physiques de l’or qui quittent Londres vers l’Asie, et le lancement d’une bourse indépendante du LBMA, ont semé la pagaille parmi les banques de lingots non préparées à un tel événement alors que la liquidité s’évapore.

Nous avons déjà 2 banques importantes initiées, la Deutsche Bank et Barclays, qui ont quitté le navire. Cet événement devait déjà être suffisant pour nous avertir de la fin du cartel du LBMA tel que nous le connaissons. Durant ces 2 dernières années, Crédit Suisse et Mitsui les ont imités. Soit d’autres signes que le système fractionnaire non alloué du LBMA est désormais cassé.

Le LBMA a désormais une nouvelle menace majeure sur son radar. Comme je vous l’avais annoncé, une nouvelle plate-forme d’échange internationale dédié à l’or physique vient de lancer ses services et est désormais opérationnelle. »

Allocated Bullion Exchange (ABX), un nouveau clou dans le cercueil du LBMA ?

Quelle est cette nouvelle plate-forme ? ABX, pour Allocated Bullion Exchange, la première plate-forme internationale de vente et d’achat d’or physique avec allocation à 100 % de métal. Ce nouveau système devrait faire de l’ombre non seulement au LBMA, mais aussi aux ETF. De MineWeb.com (article du 12 février 2016) :

« Allocated Bullion Exchange (ABX) a aujourd’hui lancé ses services en tant que première bourse d’échange institutionnelle électronique du monde de métaux précieux alloués. (…)

La bourse permettra aux acteurs institutionnels respectant les conditions d’accès d’échanger de l’argent, de l’or et du platine physiques via une plate-forme électronique avec métal disponible dans 11 lieux : Sydney, London, New York, Singapour, Hong Kong, Shanghai (Free Trade Zone), Bangkok, Zurich, Istanbul et Dubai. La bourse s’occupera aussi bien des échanges électroniques que de la garde et de la livraison des métaux.

Le CEO d’ABX, Tom Coughlin, a déclaré :

« Nous intégrons tous les grandes places d’échange de l’or à travers le monde afin de lever les barrières. Vous pouvez donc échanger vos métaux physiques à travers tous ces marchés. Au fil du développement de nos activités, nous nous attendons à ce que les opportunités d’arbitrages régionaux finissent par être mitigées. »

ABX sera également accessible aux producteurs de métaux précieux, raffineurs, grossistes intermédiaires, gestionnaires de fortune, investisseurs institutionnels et privés, fabricants ainsi qu’aux bijoutiers. (..)

Coughlin s’attend à ce que sa bourse soit bien plus économique que des concurrents tels que les ETF. « Nous coûtons environ 3 fois moins cher que les ETF. Au lieu de devenir propriétaire de parts d’un trust, chez nous vous pouvez prendre livraison de votre métal vu que vous détenez un titre de propriété sur celui-ci. »

Pour résumer, ABX propose un système pour lequel chaque titre (or, argent ou platine) représente du métal alloué qui peut être soit livré à son propriétaire, soit échangé sur 11 places financières disséminées aux 4 coins du monde.

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Haruhiko Kuroda

La banque du Japon semblait avoir atteint son maximum après être devenue la championne mondiale incontestée du QE et de l’interventionnisme sur les marchés mais les planificateurs centraux du pays du Soleil-Levant, où on n’hésite pas à évoquer Peter Pan pour maintenir la confiance dans l’économie, ne manquent manifestement pas d’imagination alors qu’ils viennent d’annoncer leur intention d’acheter des ETF… qui n’existent pas.

Si vous voyagez fréquemment vers Tokyo ne soyez pas étonné si dans les mois à venir, vous êtes abordé par un Kuroda vous proposant de racheter votre chemise ou votre paire de chaussures : cela voudra dire que la BoJ a avalé tout le Nikkei et ne sait plus quoi acheter avec sa planche à billets.

Article de Bloomberg :

« Haruhiko Kuroda a concocté un nouveau plan. Il va acheter pour 2,5 milliards de dollars de quelque chose qui n’existe pas.

Les marchés ont été secoués vendredi après que la banque du Japon ait dévoilé un paquet de mesures incluant l’achat d’ETF axés sur les sociétés qui « investissent de façon proactive dans le capital physique et humain ». La banque centrale japonaise dépensera 300 milliards de yens (2,5 milliards de dollars) par an à partir d’avril dans l’achat de tels actifs afin de juguler les impacts sur les marchés lorsqu’elle recommencera à vendre des actions achetées précédemment à des institutions financières.

Le seul souci est que ce genre d’ETF n’existe pas au Japon, du moins pas encore. (…) Les ETF qui sélectionnent les sociétés sur base de la façon dont elles déploient leurs moyens financiers sont rares sur les marchés mondiaux.

« Ce genre d’ETF n’existe pas pour le moment. Prendre en compte les investissements en tant que facteur est assez inhabituel dans ce secteur » a déclaré Koei Imai, qui gère un portefeuille d’ETF de 25 milliards pour Nikko Asset Management Co. à Tokyo. « Je pense que le message de la BoJ nous encourage à les créer. »

La banque centrale est au courant que ce genre de produit n’existe pas pour le moment. Dans l’attente de leur création, elle achètera des ETF suivant les performances du JPX-Nikkei Index 400 (…). La BoJ a déjà acheté des ETF en relation avec les index Nikkei 225 Stock Average et Topix. Elle possède aujourd’hui environ la moitié du marché des ETF au Japon. (… en rouge les ETF japonais, en bleu le portefeuille ETF de la BoJ…)

banque-du-japon-etf

À côté de ces nouveaux achats d’ETF, Kuroda a prolongé la maturité moyenne restante des obligations gouvernementales achetées et augmenté le montant maximum que sa banque peut posséder dans chaque trust d’investissement dans l’immobilier japonais. (…) »

Ingérence dans les marchés

Selon Okasan Online Securities Co., ce programme présente un risque d’ingérence sur les marchés actions. Lorsque ce genre d’ETF sera éventuellement créé, il risque d’avantager certaines actions.

« C’est un peu comme si la banque du Japon achetait des actions spécifiques plutôt que de pousser l’ensemble du marché » a déclaré Yoshihiro Ito, le chef stratégiste de la société. « Ce facteur a également déplu au marché. »

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pièces d'or et d'argent

Article de SRSRoccoReport.com, publié le 24 novembre 2015 :

« La mort de l’or et de l’argent papier se rapproche même si le grand public ne se doute de rien. Ce n’est pourtant plus qu’une question de temps. À l’instar du pauvre bougre qui se nourrit à la malbouffe et qui fume cigarette sur cigarette, seule la prochaine crise cardiaque le sépare de sa mort. Le marché papier des métaux précieux est lui aussi également à une attaque monétaire d’une mort certaine.

Je l’affirme avec conviction car les chiffres le prouvent. Bien sûr il y aura toujours un certain nombre d’analystes et d’individus pour affirmer que la Fed parviendra à maintenir les marchés en lévitation jusqu’à leur retraite.

Malheureusement, ces gens à la courte vue ne comprennent pas à quel point l’énergie joue un rôle vital dans ces marchés financiers surleveragés basés sur la dette. Si l’énergie était supprimée de l’équation je suppose que la Fed et les autres banques centrales pourraient continuer de créer de l’argent et de la croissance du PIB ad vitam aeternam. Ce constat erroné est le revers de la médaille de la spécialisation surtout dans la communauté des analystes. Autrement dit, les aveugles mènent les aveugles au bord du précipice.

Je ne vais néanmoins pas aborder le sujet de l’énergie dans cet article ; je vais la garder pour un autre jour.

La mort de l’or et de l’argent papier

Pour en revenir à nos moutons : si nous examinons les variations des achats d’or et d’argent entre 2006 et 2015, on remarque une tendance intéressante. Voyons les preuves irréfutables présentées par les 2 graphiques suivants :
demande-or-argent-physique-etf

demande-argent-or-physique-etf-2011-2015

On peut constater qu’un changement intéressant s’est produit au niveau de la constitution nette des stocks d’or et d’argent des ETF après 2010. Pour faire bref, elle fut quasi nulle. En ce qui concerne l’or, elle fut même négative.

De 2006 à 2010, les principaux ETF ont accumulé en net 61,4 millions d’onces contre une demande de 122,8 millions d’onces en pièces et lingots. En ce qui concerne l’argent : la constitution nette de métal fut de 569,3 millions d’onces contre une demande de 528,9 millions d’onces de pièces et de lingots d’argent durant la même période.

Comparons maintenant ces chiffres à ceux des cinq années qui ont suivi le pic des métaux précieux de 2011. Non seulement la demande des ETF a décliné entre 2011 et 2015 (pour 2015 il s’agit d’estimations) par rapport aux cinq années précédentes mais elle est même passée en territoire négatif (-21,2 millions d’onces). Il s’agit donc d’un contraste avec l’énorme augmentation de la demande pour les lingots d’or et les pièces durant cette même période qui s’est élevée à 208,8 millions d’onces.

De plus cette tendance se retrouve également sur le marché de l’argent. Les investisseurs ont acheté une quantité record de 994,1 millions d’onces d’argent physique entre 2001 et 2015 alors que les ETF ont accumulé seulement 18,2 millions d’onces.

Lorsqu’on compare les achats d’or et d’argent papier et du marché physique… Il n’y a tout simplement pas photo. Les investisseurs ont acheté des quantités records d’or et d’argent physique tout en se tenant éloignés des marchés papier.

Il n’est pas difficile de deviner l’analyse du pauvre journaliste enterré dans le cimetière des médias dominants : la demande de métal physique des ETF a tout simplement baissé en raison de la chute du cours. Même si cette explication peut sembler aussi logique que 1+1=2, comment expliquer alors ces achats records d’or et d’argent physique ? Posez cette question à un analyste de Wall Street et il vous regardera avec des yeux de merlan frit.

Voyons les choses en face : les investisseurs ont acheté des quantités incroyables de métaux précieux, 208,8 millions d’onces d’or et presque 1 milliard d’onces d’argent entre 2011 et 2015 tandis que la demande des ETF a chuté de façon vertigineuse.

Selon moi, cela signifie la mort de l’or et de l’argent papier. Nous avons juste besoin de l’estocade finale pour mettre à mort ce système financier.

Une dernière note. Je lis souvent les commentaires postés sur les sites alternatifs consacrés aux métaux précieux. On voit désormais fleurir des commentaires accusant certains d’avoir leurré les particuliers en les poussant à acheter des métaux précieux afin de les plumer.

Les gens qui font ces commentaires sont représentatifs de la masse… Les premiers à fanfaronner lorsque tout va bien mais les premiers à critiquer vertement dans les moments plus difficiles. Malheureusement, ces individus comme de nombreux analystes ne comprennent pas les dynamiques énergétiques qui sont en train de détruire tous les aspects de notre économie basée sur la dette. Je pourrais les expliquer en long et en large mais je vais me contenter de cette conclusion : Dieu fera le tri. »

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Article de Dave Kranzler, publié le 6 août 2015 sur Investment Research Dynamics : 

« L’expert renommé de l’or James Turk a déclaré que la backwardation (lorsque le prix actuel est plus élevé que sur le marché des futures) de l’or qui perdure en ce moment n’a jamais eu lieu auparavant (dans de telles proportions). « Non, jamais, et je suis pourtant aussi spécialisé dans l’histoire monétaire. Une telle situation ne s’est jamais présentée auparavant, » a-t-il déclaré à Greg Hunter de USAWatchDog.

Les signes sont visibles partout. Il y a une backwardation extrême de l’or au LBMA. Cette backwardation, ou déport, a lieu lorsque le prix de l’or pour achat immédiat est plus élevé que pour une livraison dans le futur. Ce qui signifie que ceux qui possèdent du métal peuvent le vendre et le racheter immédiatement, moins cher, sur le marché des futures (livraison à 30 jours, à 60 jours, etc.). Le déport signifie que les acheteurs d’or physique doutent de la capacité du marché à pouvoir fournir du métal à l’avenir.

C’est également le signe irréfutable d’une certaine pénurie d’or physique. Il n’est d’ailleurs pas surprenant que le LBMA ait décidé récemment de ne plus publier les données du GOFO (gold forward). Nous pouvons néanmoins obtenir des informations grâce à des participants au marché de Londres, comme James Turk.

Pour appuyer cette thèse, Bill Murphy a rapporté sa dernière conversation avec un trader du LBMA de Londres :

« En gros, j’ai appris que des acteurs puissants achètent à ces niveaux de prix. J’ai également reçu la confirmation qu’il est extrêmement difficile d’acheter de grosses quantités d’argent. Il faut attendre de 2 à 4 semaines pour être livré. L’achat d’or en grande quantité est également plus compliqué, ce qui est par contre une nouveauté. Notre source m’a affirmé qu’il faut désormais attendre 2 semaines pour être livré. »

Mais le signe le plus visible de cette pénurie, c’est probablement les sorties d’or des ETF. Pour que de l’or physique quitte les coffres d’un ETF, une banque participante habilitée doit restituer 100.000 parts d’un coup.

Mais ne vous y trompez pas, les banques de lingots ont souvent l’opportunité d’emprunter des parts du GLD pour atteindre le quota de 100.000 et recevoir des lingots en échange. Elles peuvent également massacrer le cours via les futures et forcer les mains faibles à céder leurs parts. (…)

Le raid en cours sur l’or du GLD est peut-être la preuve la plus claire que les banques centrales et leurs agents, les banques de lingots, ont du mal à trouver le métal qui est demandé en Asie. Il est d’ailleurs intéressant d’observer ce qui se passe au SGE. Durant les 3 derniers jours, 298 tonnes ont été livrées à Shanghai. Tandis que de nombreux experts examinent les retraits d’or du SGE, il est également important de surveiller ce qui y entre. Ces 298 tonnes sont à ma souvenance la plus grosse quantité de métal livrée au SGE (sur un tel laps de temps). (…)

Enfin, pour prouver une fois pour toutes qu’il y a bien pénurie sur le marché physique des métaux précieux, nous pouvons examiner le coût de location de l’or, un indicateur publié chaque jour par Kitco. (…)

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Ce coût augmente lorsque les banques centrales sont désireuses d’emprunter de l’or physique afin de pouvoir en vendre sur le marché ou pour livrer de l’or qu’elles ne possèdent pas et ne peuvent pas acheter sur le marché au comptant (spot) (…)

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Les marchés sont en lévitation uniquement grâce à l’action des banques centrales. Cette affirmation, dans le cas du Japon, est on ne peut plus facile à démontrer : la BoJ, en plus de faciliter l’accès aux liquidités pour les investisseurs intervient directement sur la bourse de Tokyo en procédant à des achats d’ETF.

ZeroHedge rapporte l’article paru dans le Wall Street Journal à propos de l’interventionnisme exacerbé de la BoJ sur la bourse de Tokyo. Limité il y a encore quelques années, la Bank of Japan s’est enhardie pour devenir depuis une acheteuse frénétique. Elle possède aujourd’hui 1,5 % de l’intégralité de la capitalisation boursière de Tokyo pour devenir l’entité qui possède le plus d’actions japonaises devant Nippon Life.

De l’article du Wall Street Journal :

« Les achats agressifs d’ETF actions de la Banque du Japon ont contribué à la hausse de la bourse de Tokyo qui a désormais atteint son plus haut depuis plusieurs années. Mais certains membres de la banque centrale japonaise sont de plus en plus mal à l’aise à propos de la vigueur de la hausse et du rôle joué par la banque dans celle-ci.

Depuis la prise de fonction du gouverneur Kuroda en mars 2013 et l’introduction de mesures d’assouplissement quantitatif qu’il a qualifié de « nouvelle dimension », la banque centrale a augmenté de façon significative ses achats de panier d’actions connues sous le nom d’ETF. En soutenant directement le marché, les responsables de la banque ont tenté d’encourager les investisseurs privés à suivre et à investir en bourse dans l’espoir de stimuler l’économie et d’augmenter l’inflation.

Durant les 2 dernières années, la banque centrale est intervenue sur les marchés actions environ tous les 3 jours en achetant pour 23 milliards de dollars d’ETF concernant les principaux indices actions japonais d’après les statistiques de la BoJ. Elle se distingue de la Fed et de la BCE, ces 2 banques centrales qui achètent des obligations pour doper l’économie mais qui n’ont pas directement acheté des actions (note : « pas directement » en raison de la Plunge Protection Team ?).

Les analystes affirment que les interventions de la banque ont eu un impact significatif sur la hausse des marchés actions durant les derniers mois en combinaison avec les achats massifs de 1,1 trillion du fonds de pension du gouvernement. Leurs achats ont souvent contré les ventes des particuliers et ont compensé la baisse d’activité des investisseurs étrangers. »

ZeroHedge ajoute que la BoJ est surtout intervenue lorsque l’humeur n’était pas au beau fixe. Depuis le 4 avril 2013 elle est intervenue durant 143 jours. Pourquoi ? Voici la raison très poétique avancée par Miyako Suda, un ancien membre du comité de la banque, dans son livre paru en 2014 :

« Nous avons mené les vaches au point d’eau mais elles n’ont pas voulu boire, même si nous leur disions que l’eau était délicieuse. Nous avons donc estimé que nous devrions la boire nous-mêmes pour le leur prouver. »

M. Suda ne précise pas dans son livre quand le troupeau sera mené à l’abattoir. Peut-être dans la suite de son opus qui ne devrait pas tarder à paraître !

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or

Malgré la hausse de l’or jusqu’à 1380 $ à la mi-mars, 2014 ne fut pas une excellente année pour investir dans le métal jaune. Le cours de 1200 $ l’once, en vigueur au début de l’année 2014, correspond au niveau d’aujourd’hui.

Il y a pourtant des raisons d’être optimiste concernant les perspectives de l’or en 2015, d’après les analystes de RBC Capital Markets (source).

Les stocks des ETF

La liquidation des ETF fut l’une des grands motifs de la faiblesse de l’or, alors qu’environ 33 millions d’onces ont été vendues durant les 2 dernières années. La dernière fois que les stocks de métal des ETF furent proches de tels niveaux, c’était en 2009, lorsque l’or était à 1000 $ l’once. Cependant, le rythme des ventes de métal des ETF a ralenti récemment.

Les achats des banques centrales

Durant le 3e trimestre 2014, les banques centrales ont acheté 93 tonnes d’or, pour un total depuis le début de l’année de 335 tonnes, contre 324 l’année dernière. Simultanément, l’offre provenant de l’or de récupération a chuté à 807,2 tonnes, soit le niveau le plus bas depuis 2007 et un chiffre inférieur de 35 % par rapport à la moyenne annuelle de 2009 à 2012. « La vente d’or de récupération (bijoux, etc.) a faibli alors que le marché physique s’est tendu, » note RBC.

La demande saisonnière

La demande en métal de la saison des mariages en Inde et de Diwali a débouché sur une consommation de 100 tonnes par mois durant 2 mois consécutifs. Cette forte demande devrait se poursuivre alors que le nouvel an chinois approche. RBC note que les primes par rapport au cours ont augmenté de 18 $ l’once en Inde et 2 dollars l’once en Chine, après avoir été stables ou négatives durant les derniers mois.

Les actions de la BCE

La BCE envisage d’augmenter la taille de son bilan d’un trillion d’euros. Yves Mersch a suggéré que la banque pourrait acheter de l’or avec cet argent.

La backwardation

Les prix à 1 mois et à 6 mois sont en backwardation depuis la mi-septembre. Autrement dit, les contrats futures sont moins chers que le cours actuel. Les bas taux d’intérêt sont un facteur explicatif, mais RBC estime que les taux GOFO négatifs sont la raison principale de cette backwardation : « il s’agit d’une indication de tensions sur le marché physique de l’or (…) ».

La Russie

Jusqu’à présent, la Russie a accumulé environ 150 tonnes d’or en 2014, soit bien plus que ces achats de 2013, qui avaient totalisé 78 tonnes, et de 75 tonnes en 2012. (…) »

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Les actes ont plus de poids que les mots. Si l’or est (une nouvelle fois) mort, pourquoi quelqu’un comme Soros continue de renforcer son portefeuille d’actions minières, ou Paulson maintient-il ses investissements en or via ETF ? Article de CNBC :

Paulson
Paulson

 

« Le hedge fund Paulson & Co a maintenu durant le second trimestre ses positions sur le plus gros ETF or du monde, le SPDR Gold Trust, tandis que Soros Fund Management LLC a considérablement renforcé son portefeuille d’actions minières.

La légende de la finance George Soros a quasi doublé ses avoirs en ETF d’actions minières or, tout en prenant position dans des sociétés qui produisent de l’or, ce qui suggère que les grands noms du monde des hedge funds ont toujours confiance dans le métal jaune.

Les investisseurs examinent attentivement les positions trimestrielles des grands gestionnaires, car il s’agit du meilleur indicateur pour savoir si « les investisseurs futés » (smart money, l’argent des pros) ont changé leur sentiment à propos de l’or en tant que protection contre l’inflation et les incertitudes de l’économie.

Paulson & Co, de John Paulson, possédait pour 1,31 milliard d’ETF or au 30 juin 2014. (…) « Cela prouve que les acteurs majeurs du monde des investissements ont toujours foi en l’or, » a déclaré Bill O’Neill, partenaire dans la société d’investissement dans les matières premières LOGIC Advisors. (…)

Soros Funds Management a augmenté sa participation dans l’ETF or GDX pour 54 millions de dollars à la fin du second trimestre, ayant augmenté son portefeuille de parts de 1,16 million à 2,05 millions.

« Les actions des sociétés minières qui produisent de l’or sont considérées comme étant relativement bon marché. Cela suggère également que Soros estime que l’or pourrait ne pas être loin de son plus bas, » a ajouté O’Neill. (…)

Soros a également investi dans Allied Nevada Gold Corps, tout en réduisant de 90 % ses investissements dans Barrick Gold Corp. »

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Les médias dominants ont beau proclamer pour la Xième fois la mort de l’or, il est toujours préférable de regarder ce que font les gens au lieu d’écouter ce qu’il se dit. Quand un filou comme Soros investit dans le secteur minier, que Paulson s’accroche à ses investissements, cela doit signifier quelque chose.

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Le hedge fund Paulson & Co n’a pas vendu durant le premier trimestre 2013 ses positions sur le GLD alors qu’il aurait pu engranger des bénéfices, après le rebond intéressant de l’or de ce début d’année. PIMCO, au contraire, s’est débarrassé de ses positions or sur les ETF.

Les investisseurs qui s’intéressent à l’or analysent consciencieusement les positions des hedges fund afin de prendre la température. Mais plus intéressant encore, ce sont les prises de position dans Barrick Gold Corp, ainsi que d’autres ETF basés sur les sociétés minières spécialisées dans les métaux précieux, par ce filou de George Soros, qui sont un excellent signal  pour les investisseurs à long terme de l’or et de l’argent quand à leur mouvement futur.