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Mal conçu au départ, ignorant les spécificités de chaque pays, entraînant l’Europe vers le déclin… L’économiste de renom dresse un portrait très sombre de l’euro, tout en jugeant parfaitement crédible l’hypothèse de sa disparition avant la fin de l’année.

Le prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz a publié le 30 décembre dernier une tribune dans le magazine Fortune dans laquelle il se montre très pessimiste sur l’avenir de l’euro, allant jusqu’à prédire que 2017 pourrait bien être l’année de l’effondrement de la monnaie unique.

L’euro au plus bas depuis janvier 2003 après la dernière annonce de la FED

Déjà, il y a une vingtaine d’années, Joseph Stiglitz avait émis de sérieux doutes sur la viabilité de la devise européenne. En 2016, à nouveau, il a sonné la charge contre la monnaie unique en publiant L’euro : comment la monnaie unique menace l’avenir de l’Europe. Il constate désormais que la zone euro s’est montrée incapable d’absorber le choc de la crise économique de 2008 dont elle subit encore aujourd’hui les conséquences. « Le résultat est que les pays riches s’enrichissent, les pays pauvres s’appauvrissent, et à l’intérieur de chaque pays, les riches s’enrichissent et les pauvres s’appauvrissent », a-t-il déploré.

Rappelant que l’Irlande et l’Espagne étaient en excédent budgétaire avant la crise, il souligne que « c’est donc la crise qui a provoqué l’endettement et non l’inverse ». « L’euro s’est construit sur une croyance : celle selon laquelle si les gouvernements maintenaient leur déficit sous les 3%, leur endettement sous les 60% et leur inflation sous les 2%, le marché garantirait la croissance et la stabilité – or ni ces chiffres ni la logique sur laquelle ils s’appuient n’ont de fondement dans la théorie ou dans la pratique », affirme-t-il. Finalement, l’euro était avant tout un projet politique, mais dépourvu de solidité économique.

Tout s’est fait sur « l’espoir que la discipline fiscale et monétaire permette une convergence ». Or cet espoir était infondé car il ignorait la « convergence intellectuelle » entre les différents pays, leurs différentes traditions et leurs différentes sensibilités. « Ce qui peut être perçu comme une bonne politique en Allemagne ne l’est pas forcément ailleurs, et ces différences sont très anciennes – je ne les ignorais pas moi-même lorsque je travaillais à l’OCDE », a-t-il regretté.

« L’euro était un moyen pour une fin : il est devenu une fin en soi »

Outre les défaillances structurelles et le choc de la crise, les politiques conduites n’ont fait qu’accentuer les difficultés économiques de l’Europe. Joseph Stiglitz n’hésite pas à critiquer de manière assez sévère les politiques de rigueur mises en place dans certains États européens, en tête desquels se trouve l’Allemagne d’Angela Merkel. « L’austérité, dont l’Allemagne pensait qu’elle ramènerait rapidement la croissance, a misérablement échoué dans tous les pays où elle a été tentée : les conséquences étaient prévisibles et avaient été annoncées par la plupart des économistes sérieux du monde entier », note-t-il, dénonçant également l’échec contre-productif des réformes structurelles mises en place ailleurs.

L’austérité a misérablement échoué partout où elle a été tentée : les conséquences étaient prévisibles et avaient été annoncées.

« La conséquence est donc que beaucoup de pays ont vu leur croissance flancher et leur balance commerciale basculer du mauvais côté », indique le prix Nobel, qui met ces piètres résultats en parallèle avec les objectifs initialement annoncés de prospérité et de stabilité grâce à l’euro. Si certains événements sont extérieurs, c’est pourtant bien l’euro qui en a aggravé leurs conséquences. Dernier exemple en date, la crise des réfugiés, qui a augmenté la pression sur des économies « où le taux de chômage est déjà élevé, et qui rechignent donc à voir arriver de nouveaux travailleurs pour des emplois bon marché ».

« L’euro était un moyen pour une fin : il est devenu une fin en soi », conclut Joseph Stiglitz, qui déplore le manque d’ambition et de perspective dans les réformes conduites. S’il émet l’idée que les gouvernements européens puissent se ressaisir et changer de cap, il estime néanmoins que « cela est désormais aussi probable que l’inverse, c’est-à-dire que les politiques décident d’y mettre un terme ». À cela s’ajoute l’essor de forces politiques nouvelles que l’économiste qualifie de « dissidentes » par rapport aux « partis centristes de gauche et de droite » qui dirigent la plupart des États européens.

La conclusion de l’économiste, qui se refuse à faire toute prédiction dans le contexte d’incertitude actuel, n’en demeure pas moins sombre pour la monnaie unique : « Ce n’est sans doute plus qu’une question de temps avant que l’Europe se retourne sur son passé et voie l’euro comme une expérience intéressante et pleine de bonnes intentions, mais ayant échoué – et cela au grand détriment des citoyens et de la démocratie ».

Source : RT

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L’euro « s’effondrera » comme s’il s’agissait d’un « château de cartes », a averti Otmar Issing – le fondateur et créateur de l’euro, dans une interview extraordinaire lundi.

Dans l’interview explosive en question, qui a été accordée à la revue Central Banking, le Professeur Issing a déclaré : « un jour, le château de cartes va s’effondrer ». En ce sens, selon lui, la Banque Centrale Européenne (BCE) s’étend dangereusement et de plus en plus, l’ensemble du projet euro devenant par conséquent tout simplement irréalisable dans sa forme actuelle.

L’architecte fondateur de l’union monétaire a averti que le rêve de Bruxelles relatif à un « super-État » européen finira par être enterré parmi les décombres de la monnaie unique en ruine, que M. Issing a lui-même conçue.

« Si nous devions être réalistes, nous devrions dire qu’une période de débrouillardise nous attend. Les crises vont s’enchaîner les unes après les autres. Il est difficile de prévoir combien de temps cela va durer, mais l’on peut néanmoins affirmer que cela ne peut pas durer indéfiniment », a-t-il commenté à l’attention de la revue Central Banking, lors d’une analyse remarquable du projet européen et de son éventuelle déconstruction.

L’économiste respecté a lancé une attaque cinglante à l’égard des soi-disant eurocrates et aussi à l’égard de la première ministre allemande, Angela Merkel. Il les a effectivement accusés de trahir les principes de l’euro et il a, par la même occasion, démontré leur incompétence scandaleuse vis-à-vis de la gestion de la monnaie unique.

Qui plus est, Otmar Issing s’en est également pris à l’idée d’un gouvernement fédéral des « États-Unis d’Europe », affirmant que la tentative de procéder furtivement à une fédéralisation, c’est-à-dire « par la porte arrière », a transformé les fondements mêmes sur lesquels la monnaie a été bâtie, en créant ainsi un désordre complet dans la législation européenne, où l’euro est en train de couler, et ce rapidement.

Comme c’est souvent le cas lorsque des critiques de fond pointues sont émises à l’égard de l’UE et de la BCE, et ce par des sources respectées et faisant montre d’autorité, l’interview a été traitée d’une manière tout à fait orwellienne. En d’autres termes, elle a été complètement ignorée par la plupart des médias étatiques de l’Irlande, du Royaume-Uni et de l’UE, en général. En effet, la plupart des médias étatiques européens étant majoritairement pro-UE, ils continuent par conséquent d’ignorer les graves problèmes et les risques croissants posés par la monnaie unique et par l’aspect non démocratique de l’UE, notamment vis-à-vis de ses citoyens. L’entretien en question n’a pas été non plus signalé dans la plupart des médias d’affaires de l’UE, qui tendent elles aussi généralement à ignorer toutes les critiques raisonnables vis-à-vis de l’UE, de la BCE et en particulier vis-à-vis de l’euro.

L’entretien explosif a cependant été largement couvert par les médias de droite eurosceptiques, notamment au Royaume-Uni, dans des journaux tels que The Telegraph et The Mail. Cela signifie que la plupart des citoyens de l’UE n’entendront peut-être pas un seul mot au sujet des critiques et des préoccupations tout à fait raisonnables qu’Otmar Issing a émises, quant aux risques croissants encourus par l’euro. Il s’agit pourtant de la monnaie utilisée par ces mêmes citoyens, dans le cadre de leurs modes de vie quotidiens.

L’effondrement imminent de l’euro semble tout simplement inévitable. On doit plutôt se demander quand est-ce que cela va arriver. Sachez toutefois que nous ne prenons aucun plaisir à affirmer cela, d’autant plus quand on sait que l’effondrement de l’euro sera financièrement douloureux pour nos familles, pour nos amis, pour la population européenne en général, ainsi que pour les entreprises de tous les pays de l’UE.

L’euro a devant lui encore plus de défis que la livre sterling, qui s’est effondrée de plus de 43% par rapport à l’or cette année. Ce n’est qu’une question de temps avant que les participants au marché de change, ainsi que les traders, ne focalisent leur attention sur l’euro. Par conséquent, ce dernier fera l’objet d’une dépréciation similaire et d’une dévaluation dans les prochains mois.

L’or sera donc enclin à remplir une fois de plus son rôle principal, qui est de représenter une couverture contre la dévaluation des monnaies. Tout comme il l’a fait aux Royaume-Uni, ainsi que dans de nombreux autres pays, au cours des derniers mois. D’ailleurs, tout comme il l’a fait à une multitude innombrable d’occasions, à travers l’histoire de l’humanité, tout simplement.

Source : GoldCore

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Article de Michael Pento, publié le 12 septembre 2016 sur SafeHaven.com :

« La grande récession de 2008 fut ironique d’un point de vue des marchés : alors que l’économie américaine s’effondrait sous le poids du prix surévalué de son immobilier, les investisseurs se sont curieusement rués sur le dollar en raison de la fameuse « recherche de la sécurité ».

Mais la vérité est différente : les investisseurs ne se sont pas précipités sur le dollar pour sa « sécurité », ils sont simplement sortis de leurs opérations de carry trade (opération spéculative sur écart de rendement) . Dans le cadre d’une opération de carry trade, un investisseur emprunte dans une devise qui se dévalue et qui offre un rendement potentiellement plus élevé que sa dette souveraine ou son marché actions. L’objectif de cette transaction est de profiter de la différence de taux tout en tirant également profit de la monnaie qui s’apprécie par rapport aux fonds empruntés.

Dans les années ayant précédé la crise de 2008, une transaction populaire consistait à shorter le dollar tout en investissant dans les marchés émergents, où les rendements étaient plus élevés, comme le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine (les BRICS). La manipulation des taux par la Fed, au lendemain des attaques du 11 septembre 2001, a poussé les marchés à la recherche désespérée de rendement. Les investisseurs ont trouvé les profits espérés du côté des marchés émergents pour leur rester fidèles pendant des années alors que la Fed se contentait de les talonner au niveau de ses taux. Le taux directeur de la Fed est passé de 1 % en 2004 à 5,25 % 2006 tandis que le dollar s’affaiblissait durant cette période.

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Comme vous pouvez le voir, entre 2002 et 2008, les marchés actions des pays émergents ont progressé tandis que le dollar a baissé alors que les investisseurs tiraient profit du différentiel de taux entre les États-Unis et les émergents.

Mais à partir de la seconde moitié de 2008, l’attention du marché s’est détournée des différentiels de taux et des avantages à tirer sur les taux de change en raison des énormes craintes concernant la contagion des soucis de croissance des États-Unis  au reste du monde en raison de la crise de l’immobilier et de l’insolvabilité du système bancaire. L’opération de carry trade « shorter le dollar/investir en actions des émergents » s’est inversée alors que les investisseurs voulaient, dans la panique, prendre leurs bénéfices sur la hausse des marchés émergents. Ils ont acheté de la dette en dollars pour mettre un terme à cette opération. Cela a permis au billet vert de s’envoler tout en faisant chuter les marchés actions des émergents. Cette situation fut néanmoins curieusement interprétée en tant que recherche de la sécurité du dollar par les investisseurs alors que l’économie américaine et son système financier étaient en chute libre.

Que se passe-t-il maintenant avec le carry trade ?

Aujourd’hui, le scénario est complètement inversé : le dollar index grimpe alors que le yen et l’euro baissent. L’opération de carry trade consiste à emprunter (shorter) le yen et l’euro pour acheter des actifs libellés en dollars qui offrent un rendement supérieur. Donc le prochain revers économique inversera cette opération de carry trade :

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Tout ceci explique véritablement pourquoi le yen grimpe subitement au moindre semblant de remous sur les marchés. Une fois de plus, les analystes interprètent cela comme la recherche d’une valeur refuge. Mais quel est l’investisseur qui chercherait refuge au Japon, pays dont le ratio dette/PIB est tellement énorme que cette nation est insolvable, et dont la banque centrale est déterminée à générer de l’inflation par tous les moyens possible ?

Les investisseurs doivent préparer leur portefeuille à la prochaine récession, qui sera pire que celle de 2008 en raison de l’augmentation massive de la dette mondiale et de l’incapacité des banques centrales à abaisser davantage le coût du crédit. Il faut donc s’attendre à ce que l’euro et le yen soient les prochains bénéficiaires de la prochaine inversion du carry trade, ainsi qu’une réponse bien plus faible du billet vert à l’occasion de la prochaine crise.

Mais comme déjà mentionné, le plus gros souci des investisseurs consiste à savoir ce qui se passera avec l’économie mondiale alors que les banques centrales sont à court de munitions pour nous sauver. Après tout, elles ont déjà repoussé les limites de leurs politiques de création monétaire et de taux zéro. Plus de 90 mois de politiques monétaires expansionnistes sans précédent ont gonflé les bulles et le niveau de la dette à des niveaux historiques. Le dollar sera également sous pression lorsque la Fed, et ses politiques monétaires actuellement divergentes, convergeront avec celles de la BCE et de la BoJ pour s’engager sur la voie du QE et des taux zéro perpétuels.

La prochaine récession sera fort différente de celle de la crise de 2008 aussi bien en intensité qu’en durée et en effets sur le dollar. Bien sûr, cela pourrait être démenti si la crise devait être précipitée par un cycle agressif de relèvement des taux par la Fed. Ce scénario écarté, les investisseurs sages anticiperont ce différentiel et penseront à augmenter leur exposition aux métaux précieux à l’aube de cette nouvelle crise. »

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Selon Jim Rickards (cet article synthétise le sien), la guerre des devises a démarré en 2010 avec la dévaluation du yuan. Jusqu’en 2015, les grands blocs économiques ont profité tour à tour de dévaluations ordonnées, le gagnant d’hier devenant le perdant de demain, jusqu’à ce que la Chine décide de dévaluer sans consulter ses partenaires. Au dernier G20, un nouvel accord a été trouvé pour remettre de l’ordre alors que la dévaluation du yuan avait fait tanguer les marchés.

Jouer sur la dévaluation pour faire repartir une économie, c’est en quelque sorte jouer au jeu des chaises musicales, à la différence que dans cette « version monétaire » il n’y a qu’une chaise sur laquelle s’asseoir lorsque la musique s’arrête.

En 2010, lorsque la Chine a dévalué, son économie a connu une embellie. Selon le principe des vases communicants, la situation économique américaine s’est détériorée. Les États-Unis avaient besoin d’augmenter leurs exportations, d’améliorer l’emploi dans la foulée, en affaiblissant le dollar. Cette dévaluation comporte aussi l’avantage de faire grimper les prix des produits importés, donc de générer de l’inflation. Lorsque vous êtes incapable de créer de la croissance organique, vous dévaluez.

Mais comme l’analogie des chaises musicales le montre, il est impossible que tout le monde profite de la dévaluation en même temps. Les nations doivent donc attendre leur tour. La Chine a pris le sien en 2010, les États-Unis en 2011 (le dollar a atteint un plus bas historique en août 2011, tandis que la croissance du T4 de cette année fut de 4,6 %). Tout allait mieux aux États-Unis, ce qui signifie qu’un autre membre du club souffrait, à savoir le Japon.

En 2012, ce fut donc au tour du Japon de dévaluer avec la mise en place des fameux Abenomics. Le yen chuta rapidement : de 90, il en fallait désormais 124 pour acheter un dollar. L’économie japonaise est donc repartie de l’avant en 2013, tout comme lorsque le dollar faible avait dopé les États-Unis en 2011.

Pendant ces 3 années, l’économie européenne a souffert. En plus de la crise grecque, l’Europe a connu 2 récessions durant cette période. Il fallait donc affaiblir l’euro en 2014, ce qui s’est fait en 2 étapes :

Taux d’intérêt négatifs en juin 2014
QE européen en janvier 2015

Les effets n’ont pas tardé, l’euro tombant à 1,05 $ en janvier 2015 pour ensuite s’approcher de cette limite à plusieurs reprises depuis. Comme durant les autres dévaluations, l’économie européenne a connu un moment de répit. Après l’été 2015, on ne parlait plus de la crise grecque. Ce petit historique montre que les dévaluations entre 2010 et 2015 ont eu lieu de façon ordonnée.

Eté 2015 : La Chine dévalue sans consultation

La guerre des devises avait lieu entre les 5 familles, mais dans le respect. C’est comme ça que cela se passe dans la mafia en temps de paix. L’entente est bonne, même si la méfiance ne disparaît jamais.

Cependant, durant l’été 2015, une nouvelle guerre éclatait parmi ces 5 familles. La Chine, en voyou, décida de dévaluer sans consulter les autres. Le 11 août, la valeur du yuan chuta de 3 % en un jour. Après quoi les marchés américains plongèrent.

La Fed fit immédiatement marche arrière concernant le relèvement de ses taux, ce qui permit aux marchés actions de repartir à la hausse.

La même chose eut lieu entre décembre 2015 et janvier 2016. Cette fois, la Fed releva son taux directeur de 0,25 % le 16 décembre 2015. La Chine a alors utilisé cette couverture pour dévaluer de nouveau le yuan. Non pas d’un coup, mais en douceur, jour après jour. Les marché ont immédiatement vu ce qui se tramait pour anticiper des dévaluations à venir. Les marchés américains chutèrent à nouveau suite à cette dévaluation, connaissant leur pire début d’année en janvier 2016.

La Fed vola à nouveau à leur rescousse avec toute une série de déclarations accommodantes et le statu quo des taux en mars. Les marchés purent ensuite repartir à la hausse.

Mais il fallait trouver une solution. C’est ce qui a été fait à l’occasion du dernier G20. C’est à Shanghai que  la dévaluation du dollar a été décidée, le statu quo en Chine (adossement de la valeur du yen à celle du dollar) et l’appréciation du yen et de l’euro. Pour la Chine, elle retire tout de même un avantage de cet accord vu qu’un euro et un yen plus forts lui sont favorables. Le yen baisse en même temps que le dollar, ce qui ne l’handicape pas dans ses échanges avec les USA. Voilà l’essence des accords de Shanghai.

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Article de John Rubino, publié le 22 octobre 2015 sur SafeHaven.com

« Les politiques monétaires du nouveau millénaire commencent furieusement à prendre la forme de la folie du patient qui ne cesse de suivre le même traitement en espérant un résultat différent. Les taux d’intérêt sont à leur plus bas à travers le monde développé tandis que les banques centrales continuent d’injecter de l’argent fraîchement créé. Malgré cela la croissance est faible, il n’y a pas d’inflation et la dette, sous toutes ses formes, continue d’augmenter. Au lieu de reconnaître qu’il y a quelque chose qui cloche quelque part dans leurs théories, les gouvernements et les banques centrales continuent de surenchérir. Aujourd’hui c’est au tour de l’Europe, où la BCE augmente agressivement la taille de son bilan (par la création monétaire)…

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Tout en poussant les taux d’intérêt à la baisse…

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Sans résultat. L’inflation n’a cessé de baisser cette année en Europe…

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Tandis que la croissance annualisée reste en dessous de 1 %. On est très loin du compte nécessaire pour supporter l’accumulation de dette publique et d’obligations non provisionnées. Le trou dans lequel l’Union européenne s’est retrouvée durant la grande récession ne cesse de se creuser, malgré les taux planchers et les QE.

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Que compte donc faire la BCE ? Faciliter l’avantage d’accès aux liquidités (Guardian):

« Mario Draghi : la BCE prête à baisser ses taux et à étendre son QE

Mario Draghi, président de la BCE, a surpris les marchés en annonçant qu’il était prêt à baisser les taux d’intérêt et à augmenter son QE afin d’écarter le risque d’un nouveau déclin économique dans la zone euro.

La valeur de la monnaie unique a fortement chuté sur les marchés des changes mardi alors que Draghi annonçait que le Conseil des gouverneurs de la BCE avait discuté d’une expansion de son programme d’achat d’obligations de 1,1 trillion d’euros ainsi que de la baisse du taux sur les réserves déposées à la BCE.

Ce taux est déjà négatif (-0,2 %), ce qui signifie que les banques doivent dans les faits payer la BCE pour y avoir des réserves. Cette mesure a pour objectif de faire circuler l’argent dans l’économie.  (…) »

Résultat des courses, le dollar a grimpé et l’euro a chuté, bien entendu, ne faisant que renforcer la tendance qui a provoqué des publications de résultats douloureuses ainsi que les soucis des matières premières et des marchés émergents, 2 motifs justement cités par Draghi pour justifier la croissance anémique en Europe. Pour ceux qui chercheraient la faille fatale des QE, il s’agit d’un bon point de départ. »

Et pour enchaîner sur les taux négatifs, nous pouvons déjà voir les conséquences dans un pays comme le Danemark, dont la banque centrale a instauré des taux directeurs négatifs dès la mi 2012. Zero Hedge nous apprend que depuis cette date, les prix de l’immobilier ont augmenté de 40 à 60 % à Copenhague. Après la crise de 2008, la bulle immobilière danoise avait éclaté. Mais grâce aux largesses des banques centrales, elle a pu reprendre de plus belle. Pour paraphraser le début de l’article et John Rubino : rassurez-vous, cette fois-ci, tout se passera bien !

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Article de RT.com, publié le 1er septembre 2015 :

« Le président russe Vladimir Poutine vient de préparer une loi ayant pour objectif d’éliminer le dollar américain et l’euro des échanges entre les différents pays de la CEE (ex-URSS). Cela signifie la création d’un marché financier unique entre la Russie, l’Arménie, la Biélorussie, le Kazakhstan, le Kirghizstan, le Tadjikistan et d’autres pays de l’ex-URSS.

« Cela favoriserait l’utilisation accrue des devises nationales dans les paiements internationaux et les services financiers. Cela créerait également les préconditions nécessaires à des marchés plus liquides pour ces devises, » affirme un communiqué du Kremlin.

Cette loi a également pour objectif de faciliter les échanges dans la région et d’atteindre une plus grande stabilité macro-économique.

Dans le cadre de l’Union économique eurasienne (UEE) ces pays ont également discuté la possibilité d’utiliser désormais les monnaies nationales. D’après l’accord passé entre la Russie, la Biélorussie, l’Arménie et le Kazakhstan, une transition obligatoire vers des règlements en devises nationales (rouble russe, au rouble biélorusse, dram et tenge respectivement) devra avoir lieu à l’horizon 2025-2030.

Aujourd’hui, environ 50 % des transactions dans l’UEE ont lieu en dollars et en euros, ce qui augmente la dépendance de l’Union envers les pays qui émettent ces devises. En dehors de la CEE et de l’UEE la Chine et la Russie s’attellent également à combattre la domination du dollar.

En août, la banque centrale de Chine a introduit la circulation du rouble dans la ville frontalière de Suifenhe dans le cadre d’un programme pilote à 2 devises (rouble et yuan). Le rouble a été introduit en remplacement du dollar américain.

En 2014, la banque centrale de Russie et la banque centrale de Chine ont signé un accord de swap de devises de 3 ans pour un montant de 150 milliards de yuan (environ 23,5 milliards de dollars), dopant ainsi la coopération financière entre les 2 nations.

Pour que cette proposition de loi soit ratifiée la chambre basse du parlement russe, la Douma, devra voter le texte présidentiel. »

Egon von Greyerz

Interview publiée le 31 juillet 2015 sur KWN :

« Le FMI, l’un des membres importants de la troïka, a clairement affirmé qu’il ne participera pas au plan de sauvetage qui doit permettre à la Grèce de survivre quelques mois de plus. Si le FMI n’apporte pas son support, l’Allemagne ne risque pas de le faire. Ce plan de sauvetage est donc voué à l’échec. (…)

Aux États-Unis, le citoyen lambda peine à survivre

Aux États-Unis, la Fed parle depuis longtemps de relever son taux directeur. Elle en est désormais au point où elle commence presque à croire sa propre rhétorique concernant la reprise économique américaine. Mais nous savons qu’il n’y a que les marchés qui se portent bien grâce à la création monétaire et au crédit. L’économie réelle et le citoyen lambda peinent.

Par exemple, les chiffres de la progression des salaires du second trimestre sont tombés aujourd’hui. Ils sont les plus faibles de l’histoire. En termes réels le niveau de vie du travailleur américain ne s’est plus amélioré depuis les années 80. Mais il a plus de dettes. Les marchés naïfs influencés par la propagande des médias dominants s’attendent à une hausse des taux. Les chiffres des salaires les ont donc surpris ce qui a soutenu le marché obligataire, fait baisser le dollar et a permis à l’or de bondir de 20 $.

BNS : une perte sèche de 50 milliards de francs suisses durant le premier semestre 2015

Permettez-moi de vous donner un autre exemple de l’arrogance des politiciens et des banquiers centraux. En Suisse, la Banque Nationale met en danger le système financier du pays par ses spéculations sur les devises, dont les positions atteignent 80 % du PIB suisse.

Dans le cadre du référendum sur l’or de l’année dernière, j’avais participé à un débat télévisé dans lequel j’avais fait remarquer à un ancien président de la BNS qu’elle risquait de perdre des dizaines de milliards de francs suisses, et peut-être même jusqu’à 100 milliards, sur ses positions FX. Ce banquier central m’avait qualifié de « théoricien du complot » et avait essayé de me ridiculiser durant le débat.

Eh bien, cette semaine la BNS vient d’annoncer qu’elle a perdu 50 milliards de francs suisses rien que durant les 6 premiers mois de l’année. Cela représente plus de 8 % du PIB de la Suisse ! Et vu qu’ils ont toujours des positions long en euro et en dollars, ils pourraient facilement perdre jusqu’à 100 milliards de francs. Cela qui équivaut à une perte de 2,7 trillions de la Fed ! Il n’est cependant pas improbable que la Fed enregistre une telle perte vu que les 4 trillions d’actifs qu’elle détient ne seront jamais remboursés. Une telle perte déstabiliserait grandement le système financier mondial.

Un dernier mot sur l’or d’Egon von Greyerz

En ce qui concerne l’or, il est ouvertement raillé par les médias dominants comme le Financial Times, le Wall Street Journal, le Washington Post ou Bloomberg. Ils disent tous que l’or est condamné. Pourtant, la vérité est qu’il n’y a pas d’autre solution aux problèmes du monde. Ce qui explique pourquoi il est essentiel de posséder des métaux précieux, afin de vous prémunir contre les calamités à venir.

Vous ne devez pas être trompé par la correction temporaire de l’or provoquée par des ventes illimitées de papier que le marché considère comme de l’or. Le marché papier est complètement déconnecté de la valeur réelle du métal. Les ventes d’or papier sont une opération de manipulation des marchés et de répression financière orchestrée par les élites afin de dissimuler l’étendue réelle du désastre qu’est économie mondiale et le système financier. (…) »

En 4 minutes, Nigel Farage résume avec beaucoup d’à-propos pourquoi l’euro est un échec en fustigeant la politique de l’autruche de ses collègues et en exhorant Alexis Tsipras de mener la sortie de la zone euro de son pays pour le bien du peuple grec.

Le texte complet de l’intervention de Nigel Farage au parlement européen en présence d’Alexis Tsipras (8 juillet 2015)

Ce à quoi nous avons assisté dans cette chambre ce matin et en fait à travers toute l’Europe est une différence culturelle insoluble entre la Grèce et l’Allemagne. Un schisme entre le nord et le sud de l’Europe. Le projet européen est en fait en train de mourir. Personne ici ne reconnaîtra que les peuples d’Europe disent qu’on ne leur a jamais demandé leur avis. C’est quelque chose qui leur a été imposé et nous devons comprendre pourquoi l’union monétaire européenne ne fonctionne pas. Kohl et Mitterand, ces monstres qui furent appuyés par le malin mais dangereux Delors pensaient que la mise en place d’une union économique et monétaire engendrerait du jour au lendemain une union politique ainsi que l’adhérence à ce projet, du nord au sud de l’Europe. Que subitement nous commencerions tous à nous aimer les uns les autres et à nous sentir européen, que nous allions tous faire allégeance au drapeau et  à l’hymne.

Bien entendu, ceux qui ont critiqué cette vision ont été qualifiés d’extrémistes, nous manquions de vision. Pourtant, il était clair selon nous que tous les pays européens sont différents et que si vous forcez des gens différents et des économies différentes à s’unir sans le consentement de ces gens, cela avait peu de chances de marcher et ce plan a échoué. Nous ne parlons pas que de la Grèce aujourd’hui, ce sont tous les pays méditerranéens qui utilisent aujourd’hui une monnaie inappropriée. Pourtant, personne dans l’arène politique ou presque n’a le courage de se lever pour l’affirmer.

En fait, j’ai l’impression que le continent est désormais divisé entre le Nord et le Sud, qu’il y a un nouveau mur de Berlin qui s’appelle l’euro. Les vieilles inimitiés sont revenues. Il suffit d’écouter la façon dont le leader allemand du groupe de la CDU a attaqué ce matin M. Tsipras. Son comportement fut dégoûtant mais cela montre comment le Nord et le Sud se perçoivent mutuellement.

Mr Tsipras, votre pays n’aurait jamais dû adopter l’euro, je pense que vous le savez. Mais les grosses banques, les multinationales et les politiciens de carrière vous y ont entraîné. Goldman Sachs, les fabricants d’armes allemands, ils furent tous très contents lorsque les plans de renflouement démarrèrent. Ils ne s’adressaient pas au peuple grec, cet argent est allé aux banques françaises, allemandes et italiennes. Il ne vous a pas du tout aidé. Ces années d’austérité, de chômage élevé et de pauvreté en progression, rien n’a marché. En fait, votre ratio dette/PIB est passé de 100 % au début de la crise à 180 % aujourd’hui.

Monsieur, ce serait de la folie de poursuivre sur cette voie. Vous avez été très courageux. Vous avez organisé ce référendum. Lorsque l’un de vos prédécesseurs essaya de faire la même chose, les petits tyrans de Bruxelles l’ont fait éjecter. Cette fois-ci, ils ont de nouveau fait de leur mieux, M. Juncker affirmant que vous auriez à quitter l’euro et l’union (en cas de non). Même M. Schulz, président du parlement qui est censé être neutre, a déclaré que l’électricité pourrait même être coupée si les Grecs votaient non.

Il y a eu des menaces et des intimidations, mais les Grecs ont tenu bon. Mais Monsieur, vous ne pouvez pas avoir le beurre et l’argent du beurre. Ces gens ne vous donneront rien de plus. Ils ne peuvent pas se le permettre, s’ils vous en donnent plus ils devront aussi en donner aux autres membres de la zone euro. Le moment de vérité est arrivé, et franchement si vous aviez le courage vous devriez mener le peuple grec en dehors de la zone euro le menton levé. Récupérez votre démocratie ; reprenez le contrôle de votre pays. Donnez à votre peuple le leadership et l’espoir dont ils ont tant besoin. Oui, ce sera dur durant les premiers mois mais avec une devise dévaluée et des amis de la Grèce aux 4 coins du monde, vous vous en sortirez.

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Les dés sont jetés… Le gouvernement grec ayant jugé inacceptable la dernière offre de la Troïka, Alexis Tsipras a décidé d’organiser en urgence un référendum pour que le peuple grec décide de l’avenir du pays.

Ekatherimini qui relaie l’information ce samedi matin, écrit que Tsipras a clairement signifié qu’il était contre les termes de la proposition d’accord. Ce samedi, il va demander l’aval du parlement pour organiser un référendum le 5 juillet prochain. Si celui-ci porte sur l’acceptation ou non de l’accord (déblocage d’une aide de 15,5 milliards contre la baisse des pensions l’augmentation des taxes), il s’agit en fait d’un référendum sur l’euro et l’Union Européenne. Tsipras a déclaré :

« Après 5 mois de dures négociations, nos partenaires ont malheureusement eu recours à une proposition assortie d’un ultimatum lancé au peuple grec. Je demande au peuple grec de se prononcer sur cet ultimatum à chantage qui nous demande de nous en tenir à une austérité stricte et humiliante sans aucune perspective d’avenir. »

Nous ignorons si c’est la défense de la démocratie qui a poussé Alexis Tsipras à prendre cette décision. D’un point de vue politicien, le référendum lui permet de dégager sa responsabilité des conséquences néfastes (immédiates en cas de Grexit, à moyen terme en cas d’accord) qui découleront des deux scénarios.

Mais quoi qu’il en soit, il s’agit de la décision la plus sage. S’agissant d’un tournant pour le pays, quoi de plus normal que ce soit le peuple qui se prononce. C’est ça, une véritable démocratie. Cela n’a pas empêché l’opposition de critiquer vertement Tsipras, la palme de l’idiotie revenant au leader du PASOK (socialistes), Fofi Genimmata, qui a déclaré : « vu que M. Tsipras est incapable de prendre des décisions responsables, il devrait démissionner et laisser les citoyens décider de leur futur via des élections. » Selon le PASOK, la démocratie représentative (un oxymore) serait donc plus démocratique de la démocratie directe…

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La énième réunion de la dernière chance de lundi n’a pas abouti mais qu’à cela ne tienne, un nouvel ultimatum de 48 heures a été donné à la Grèce pour parvenir à un accord soit accepter toutes les conditions de la troïka.

Depuis quelques jours, la stratégie de l’Europe est claire : attendre la détérioration de la situation des banques grecques et brandir la menace de stopper l’accès aux liquidités d’urgence du dispositif ELA de la BCE afin de forcer la Grèce, désireuses dans sa majorité de rester dans l’euro malgré tous ses problèmes,  à accepter sans conditions les exigences de la troïka.

En ce qui concerne la détérioration des banques, le processus est plus qu’engagé : la BCE a dû relever à plusieurs reprises le plafond des liquidités d’urgence disponible pour les banques grecques afin que celles-ci puissent continuer d’opérer. Et concernant la menace, celle-ci aurait été brandie par Mario Draghi ce lundi lorsque, selon Bloomberg, il aurait dit à Alexis Tsipras que « la BCE l’aiderait à sauvegarder le système bancaire du pays tant que la Grèce suivrait un programme d’aide ». Soit une façon de dire qu’à défaut d’un accord, il coupera le robinet des liquidités.

Peu de temps après, Alexis Tsipras déclarait que la Grèce acceptait le principe d’une extension du programme d’aide actuel qui expire à la fin du mois. Jusque-là, il y était farouchement opposé. Les possibilités de voir un accord émerger sont désormais élevées mais cela ne signifie pas pour autant que les difficultés aient été balayées. Si un accord devait être trouvé celui-ci devra encore être avalisé par le parlement grec, ce qui est loin d’être gagné. Les membres de Syriza s’étant prononcé il y a peu pour le défaut et la sortie de l’euro, ils ne risquent pas d’accepter cet accord.

Alexis Tsipras se retrouve désormais devant le dilemme suivant : rester fidèle à ses principes et devenir le président qui a provoqué la sortie de la Grèce de l’euro (et devenir donc le responsable des problèmes immédiats qui se présenteraient dans un tel scénario) soit celui qui a cédé aux pressions.