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Faillite

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employés d'Abengoa

Article d’El Pais.com, publié le 26 novembre 2015 : 

« La société espagnole  Abengoa (énergies renouvelables) a demandé le moratoire de ses créances en se déclarant en cessation de paiement. Elle a demandé le début des négociations avec ses créditeurs afin de mettre en place un échéancier qui permettrait d’éviter la suspension définitive des remboursements.

D’après le droit espagnol qui régit les faillites, la société dispose de quatre mois pour obtenir un arrangement à l’amiable avec ses créditeurs.

Abengoa est en passe de devenir la plus grosse faillite de l’histoire de l’Espagne soit un cas encore plus grave que la chute du géant de l’immobilier Martinsa-Fadesa.

Tandis que la société basée à Séville tente désespérément de trouver un nouvel accord avec ses créditeurs ou un nouvel investisseur pour l’aider à prendre en charge sa dette de 8,9 milliards d’euros, elle demande également à ses actionnaires de se regrouper en comité pour renégocier la dette. (…)

Simultanément, les actions du géant des énergies renouvelables et de l’ingénierie continuent de plonger ayant perdu 25 % rien que durant la séance de jeudi soit le dernier jour de cotation avant le retrait d’Abengoa de l’index Ibex 35.

« De nombreux porteurs d’obligations vendent le titre » a confirmé Stuart Stanley, d’Invesco Asset Management. « Si personne ne souhaite renforcer sa position, qui va aider Abengoa ? En ce moment, la société a besoin de l’aide d’un chevalier blanc. » (…)

Abengoa, qui chapeaute un groupe de 650 sociétés, a annoncé  mercredi à la SEC le départ de son responsable américain sans fournir aucune explication.

Les créditeurs se retrouvent désormais face à un choix cornélien : vendre à perte ou attendre les négociations qui pourraient déboucher sur la liquidation.

De son côté, le ministre de l’Industrie espagnol José Manuel Soria a déclaré ce jeudi espérer que la société puisse se sauver d’elle-même tout en notant qu’il s’agit d’une société privée :

« Le gouvernement suit attentivement ce dossier mais celui-ci concerne le secteur privé. L’État ne peut pas injecter des fonds dans ce genre de structure » a-t-il déclaré à la chaîne publique TVE.

Soria a qualifié Abengoa de « société de référence en Espagne » dans le secteur des énergies renouvelables. La société emploie 27.000 personnes tandis que son chiffre d’affaires est réalisé à 75 % à l’étranger. (…) »

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Article publié sur NotQuant.com le 11 juin 2015 :

« Avec le recul, l’effondrement de Lehman Brothers en 2008 s’est déroulé à une vitesse surprenante. À la surface, quelques signes annonciateurs se déclarèrent mais la réelle étendue du désastre n’a fini par apparaître que dans les derniers instants, lorsqu’il était devenu évident que Lehman était condamné.

Afin de dresser le parallèle avec la Deutsche Bank, récapitulons les événements de 2007 et 2008 :

Malgré le peu d’indicateurs concernant le destin de Lehman, les initiés furent par contre au courant assez tôt : à la fin 2008 Goldman Sachs paria en son nom des montants énormes contre Lehman, une position qui fut appelée en interne « le gros short » (Big Short), un pari qui allait rapporter gros durant la crise.

À l’été 2007, les crédits subprimes commençaient à battre de l’aile sur les marchés. À partir du mois d’août, la liquidité commença à s’évaporer rapidement tandis que les fonds derrière les titres adossés à des créances s’asséchaient. Malgré tout, même jusqu’à la fin 2007, peu de gens suspectaient ce qui allait arriver à Lehman.

La première indication publique date probablement du 9 juin 2008, lorsque Fitch abaissa la note de Lehman à AA- avec perspective négative et ironie du sort à la même date jour pour jour ce fut l’abaissement de la note de Deutsche Bank par Standard & Poor’s en 2015, 7 ans plus tard. La « perspective négative » indique qu’une nouvelle baisse de la note est probable. Dans le cas de Lehman, ce fut un euphémisme.

À peine 3 mois plus tard dans le courant d’une seule semaine, Lehman annonçait une énorme perte de 3,9 milliards et déclarait faillite (entre le 10 et le 15 septembre). Le reste, vous le connaissez. (…)

Chronologie des difficultés de la Deutsche Bank

Voyons maintenant ce qu’il s’est passé avec la Deutsche Bank durant les 15 derniers mois :

  1. En avril 2014, Deutsche Bank est forcée de lever du capital de tiers 1 pour 1,5 milliard afin de renforcer son bilan. Pourquoi ?
  2. Un mois plus tard, en mai 2014, la recherche effrénée de liquidités continue alors que la DB annonce la vente d’actions pour 8 milliards de dollars, bradées de 30 %. De nouveau, pourquoi ? La nouvelle étonna les médias financiers. L’image de géant tranquille de la Deutsche Bank était écornée par ses efforts pressés pour trouver de l’argent frais. Quelque chose devait se tramer en coulisse.
  3. Mars 2015, la Deutsche Bank ne passe pas les stress tests, on lui demande de renfoncer sur-le-champ sa structure en capital.
  4. En avril, la Deutsche Bank confirme son accord de règlement à l’amiable avec les États-Unis et le Royaume-Uni concernant la manipulation du LIBOR. La banque se retrouve avec une amende énorme de 2,1 milliards à payer à la justice américaine.
  5. En mai, l’un des CEO de Deutsche Bank, Anshu Jain, reçoit de la part du Directoire de la banque des pouvoirs étendus ce qui ressemble furieusement à une décision de résolution de crise, le pouvoir exécutif étant souvent renforcé durant les périodes difficiles.
  6. Le 5 juin 2015, la Grèce ne rembourse pas le FMI. Le risque du défaut du pays sur sa dette est désormais élevé ce qui aurait d’énormes implications pour la DB.
  7. Week-end du 6 et 7 juin : les 2 CEO de Deutsche Bank annoncent à la surprise générale leur départ. Soit un mois seulement après que l’un d’entre eux ait reçu des « pouvoirs spéciaux ». Anshu Jain sera le premier à partir à la fin de ce mois de juin tandis que Jürgen Fitschen suivra en mai prochain.
  8. 9 juin 2015 : Standard & Poor’s abaisse la note de Deutsche Bank à BBB+ soit seulement 3 crans au-dessus de « junk » (actif pourri). Soit une note inférieure à celle accordée par Fitch à Lehman il y a 7 ans alors que la banque avait mordu la poussière à l’époque dans les 3 mois.

Voici ce que nous savons. Quelle est la gravité de la situation ? Nous l’ignorons car nous n’avons pas le droit de savoir. Mais ces nouvelles n’émanent pas d’une société saine.

Quelle est l’exposition de la Deutsche Bank ?

Le problème de la Deutsche Bank, c’est que son secteur bancaire conventionnel (agences) ne génère pas de bénéfice significatif. Pour conserver ses marges, elle a dû prendre plus de risques que ses pairs.

Deutsche Bank repose sur 75 trillions de dollars de paris sur les produits dérivés ce qui représente 20 fois le PIB allemand. La DB fait même mieux de 5 trillions que la JP Morgan.

Avec une telle exposition, des mouvements relativement limités peuvent engendrer des pertes catastrophiques. La Grèce est au bord du défaut, l’annonce de faillites n’est pas de l’ordre de l’impossible. (…) L’histoire ne se répète pas mais elle rime et sur les marchés, cela a tendance à se passer tous les 7 ans.

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Via son journaliste L. Tood Wood, le grand public américain qui lit The Washintgon Times ne pourra pas dire « qu’il ne savait pas ». Dans son dernier article intitulé « la Russie accumule de l’or, vous devriez vous inquiéter », les choses sont dites de façon claire et limpide (même si certains passages sont fortement discutables).

Il reprend certaines idées de Rotislav Ishchenko développées dans cet article très intéressant qui a été traduit par le Comité Valmy, les 2 papiers ayant évidemment un certain biais national (Ishchenko qui voit une bataille Russie-USA sans reconnaître à la Chine le statut qu’elle mérite, Tood Wood voyant toujours en son pays le chevalier blanc de la planète) :

« La banque centrale de la Russie a annoncé cette semaine sur son site que la Russie a acheté environ 30 tonnes d’or en mars portant ainsi ses réserves à 1238 tonnes. La Russie est désormais la 5e nation au classement des plus grosses réserves d’or d’après le FMI. Et il s’agit de l’or que la Russie souhaite exposer au monde ! À l’instar de la Chine, il se peut que la Russie ne rapporte pas l’intégralité de ses réserves au FMI une institution dominée par les États-Unis. L’Occident devrait aussi se faire du mouron à propos des réserves d’or de la Chine mais ce sera le sujet d’un autre article.

En quoi est-ce un problème pour l’Occident ? Cela peut sembler anodin mais ça ne l’est pas au vu des circonstances géopolitiques récentes. L’accumulation de métal de la Russie est un signe de ce qui nous attend. Elle permet de comprendre ce que Poutine anticipe.

Il suffit de contempler la folie fiscale et monétaire de l’administration actuelle pour comprendre que notre énorme dette, nos dépenses prodigieuses et la vulnérabilité lancinante de notre monnaie finiront par nous mener au désastre. Tout observateur objectif peut voir que nos adversaires lorgnent vers le futur et essayent d’exploiter nos faiblesses. Dans le jargon militaire on appelle ça la guerre asymétrique. Je parlerai plutôt de stratégie intelligente à long terme.

La Russie, malgré sa xénophobie et son autoritarisme est dotée d’une qualité cruciale : elle fait ce qui est bon pour le pays. Le Kremlin agit pour augmenter la puissance nationale. Les décisions ne sont pas prises pour satisfaire un agenda politique politiquement correct ou idéaliste. Ils ont déjà donné au temps de l’URSS et cela n’a pas marché. Pourquoi l’Occident n’a pas tiré les leçons de cet échec me dépasse car nous suivons le même chemin.

La Russie n’est pas socialiste ou communiste, elle est nationaliste. D’une certaine façon, on pourrait dire que le capitalisme de type « laissez-faire » y est plus présent qu’en Occident. Il n’y a aucun filet de sécurité, les oligarques dirigent le pays. J’ai toujours dit que la Russie est à de nombreux points de vue, 150 ans en arrière par rapport à l’Occident. Ils sont dans leur phase de bourgeoisie prédatrice (note : l’auteur ignore peut-être que l’écart de revenu entre les plus pauvres et les plus riches est à nouveau à son pic) avec tous les problèmes que cela engendre sur la société.

La Russie accumule de l’or car elle estime que cela augmentera la valeur du rouble et sa stabilité. Comme la Chine, la Russie est engagée dans une stratégie à long terme. Elle contemple le déclin de la puissance économique de l’Occident et se prépare à occuper un siège lorsque la musique s’arrêtera.

À Wall Street, on a coutume de dire que les « taux d’intérêt sont bas jusqu’à ce qu’ils remontent ». Actuellement, le taux directeur russe est supérieur à 10 %. La banque centrale de Russie a augmenté ses taux malgré les conséquences néfastes pour son économie afin de sauver sa monnaie. Cela a marché. Cependant, la Russie a l’avantage de n’avoir quasiment pas de dette. Aux États-Unis, nous ne payons presque pas d’intérêts sur une dette proche des 20 trillions de dollars. La Fed politisée est intervenue pour maintenir les taux à des niveaux artificiellement bas. Même une augmentation de 1 % des taux coûterait aux États-Unis des centaines de milliards en service de la dette, un coût que nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre. C’est à ce moment-là que le rouble adossé à l’or entre en scène.

La Russie le sait. Le monde entier le sait. Couplée à notre manque actuel de leadership cette faiblesse économique s’est muée en faiblesse militaire et géopolitique mondiale. Regardez ce qui se passe. Les « méchants » (sic) n’ont plus peur de la réaction des États-Unis car nous sommes ruinés. Et cela ne fait que commencer. Machiavel a dit qu’il est préférable d’être craint que d’être aimé. J’ai bien peur que dans le cas des États-Unis, ce ne soit ni l’un ni l’autre.

Il y aura des conséquences mortelles à notre irresponsabilité qui est le fruit du manque de discipline fiscale de nos deux partis. Je parle d’une génération perdue, sérieusement, les jeunes générations américaines vont devoir réapprendre quelques dures leçons du passé. Elles pourraient ne pas survivre aux épreuves qui les attendent.

Nous avons offert à nos ennemis économiques et potentiellement militaires une arme économique. Il s’agit d’une bombe à retardement. Tôt ou tard, la Fed perdra le contrôle du marché obligataire. Notre monnaie fiduciaire verra sa valeur tomber au prix du papier sur lequel elle est imprimée. Les grands pays socialistes occidentaux s’effondreront sous le poids de leur lourdeur.

La Russie attend le jour où l’Amérique se réveillera pour réaliser qu’elle possède une monnaie adossée à l’or. Leurs problèmes économiques mis de côté et malgré ce que notre président dit à propos de la maîtrise de la Russie sur l’échiquier géopolitique, ce pays attend d’avoir la main économique pour renverser les États-Unis. Si nous continuons de la sorte, il ne s’agit pas de savoir si cela aura lieu, mais quand. »

Vous l’avez remarqué, les médias dominants ne parlent plus de la Grèce depuis quelques jours. La raison de ce black-out est simple : Athènes est au bord du défaut de paiement comme l’a expliqué James Turk durant son dernier passage chez KWN du 31 mars.

« En Grèce, la situation se détériore rapidement et les conséquences sont loin de se limiter à l’euro. Vos lecteurs doivent se préparer en cas de mauvaise surprise sur les marchés dans les semaines à venir.

La Grèce a disparu des écrans radars, des médias dominants, ils ne portent que très peu d’attention au fait que les caisses du gouvernement se vident rapidement. Les gros problèmes ont démarré le 31 mars.

La Grèce est en faillite

Athènes ne trouvera peut-être pas l’argent nécessaire pour faire face à ses obligations du mois. Mais même si elle y parvenait, un remboursement de 450 millions d’euros est dû au FMI pour le 9 avril. Mais ce n’est que le début, la Grèce devra ensuite franchir 2 obstacles qui semblent insurmontables.

2 émissions obligataires pour un total de 2,4 milliards d’euros arrivent à échéance le 14 et le 17 avril. La plupart de cette dette est détenue par les banques grecques qui préfèrent faire rouler ces obligations avec les fonds d’urgence obtenus auprès de la BCE plutôt que de demander le remboursement par l’État grec. Mais ces 2 émissions obligataires sont différentes, parce qu’au moins 500 millions d’euros sont dus à des investisseurs étrangers qui exigeront d’être payés.

Si la Grèce ne trouve pas l’argent ce serait le défaut, ce qui pourrait déclencher des clauses d’accélération de remboursement sur d’autres émissions obligataires. Ce scénario pourrait faire exploser le pays en plein vol et envoyer des ondes de choc à travers le globe. La BCE serait alors particulièrement ébranlée ainsi que ceux qui ont encore des dépôts dans les banques grecques. Mais je pense que la Grèce explosera avant le 14 avril.

La BCE a acheté aux banques européennes la quasi-totalité des émissions obligataires grecques qu’elles possédaient. Autrement dit, comme cela s’est passé après l’effondrement de Lehmann, il y aura une grande opération de sauvetage bancaire mais avec une nuance. Chypre est en fait une comparaison plus judicieuse parce que les pertes seront prises en charge par les épargnants et pas par l’ensemble des contribuables. Cette fois, les détenteurs d’obligations corporate des banques grecques pourraient devoir enregistrer des pertes, un scénario qui aurait des répercussions globales.

De nombreux gestionnaires de fonds ont acheté de la dette grecque à la recherche de rendement. Ce rendement élevé est évidemment assorti à un risque élevé. Ces gens ont pris le pari que la BCE empêchera l’effondrement de la Grèce mais aujourd’hui il semble que la BCE, le FMI et l’UE poussent la Grèce vers la faillite, un message que les Grecs perçoivent de plus en plus.

Accélération du Bank Run en Grèce

Le Bank Run que vit la Grèce est conséquent. Du pic des dépôts d’il y a 6 ans qui s’élevaient à presque 240 milliards d’euros, il n’y en a plus que 130 milliards aujourd’hui. Et environ 30 milliards ont quitté le système bancaire rien que durant ces trois derniers mois. Autrement dit environ 20 % des dépôts grecs ont quitté les banques durant le premier trimestre de l’année, preuve que ce Bank Run progressif n’est pas loin de se transformer en panique.

Les banques grecques dans la tourmente

Pendant des années, le gouvernement grec a gardé la tête hors de l’eau grâce à ses banques. Le gouvernement émettait des obligations à court terme qui étaient achetées par les banques grecques. Cet argent était dépensé aussi vite qu’il était reçu. De leur côté, les banques grecques utilisaient ces obligations en tant que garantie pour emprunter de l’argent à la BCE. Pour vous donner une idée de l’ampleur de ces emprunts, ils ont augmenté de plus de 10 milliards rien que le mois dernier pour atteindre aujourd’hui 70 milliards d’euros.

Les banques grecques n’ont pas emprunté cet argent à la BCE par choix mais plutôt par désespoir. Ils sont dans un cercle vicieux perdant des dépôts et chargés avec de la dette pourrie qui ne pourra être remboursée alors que l’économie grecque se désintègre, ce qui oblige la BCE à réagir.

La BCE va voler l’argent des épargnants

La seule méthode pour la BCE de se rembourser consiste à voler l’argent des épargnants, comme ce fut le cas à Chypre. Pour se protéger, la BCE ne laissera pas le montant des dépôts sur les comptes grecs fondre à des montants inférieurs à ce qui lui est dû. Et vu que les emprunts auprès de la BCE ne cessent d’augmenter et que les dépôts ne cessent de baisser, nous nous rapprochons rapidement du moment fatidique.

La BCE va débrancher la Grèce dans les 2 semaines

En conséquence, je m’attends à ce que la BCE débranche la Grèce dans les 2 semaines. Elle ne quittera pas l’euroà l’instar de Chypre mais Athènes va vivre un remake de ce qui s’est passé sur l’île d’Aphrodite.

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Agriculteurs, retraités ou chômeurs, ils ont fait confiance à leur banque et investi l’épargne de toute une vie. Aujourd’hui, ces anciens clients de Banco Espirito Santo (BES), dont la chute a fait trembler le secteur financier portugais, risquent de tout perdre.

Battue par les vents, la plantation de laitues d’Albino Gomes, à Silveira, une bourgade au nord de Lisbonne, tombe en décrépitude, faute d’argent. « Ma conseillère bancaire m’a assuré que c’était un placement sans risque, à rendement garanti. Maintenant, je n’ai quasiment plus rien », dit-il.

A leur insu, environ 5.000 clients de BES ont troqué leur épargne contre des créances toxiques de Rioforte et Espirito Santo International, deux holdings luxembourgeoises du groupe Espirito Santo qui ont entre-temps fait faillite. En tout, ils ont placé plus de 500 millions d’euros.

Bâches plastiques déchirées, routes de terre défoncées, la parcelle agricole de deux hectares d’Albino Gomes manque d’argent frais pour semer des engrais. « Je ne dors plus, j’y pense en permanence », confie l’exploitant, 73 ans, la voix étranglée par l’émotion.

Pour entretenir ses serres, le maraîcher, qui n’a qu’une maigre retraite de 410 euros par mois, a besoin d’un emprunt. Ironie du sort, il compte faire la requête auprès de Novo Banco, né des décombres de Banco Espirito Santo.

L’histoire commence le 3 août, le jour où l’Etat portugais sauve de la faillite Banco Espirito Santo, en y injectant 3,9 milliards d’euros, montant auquel les banques ajoutent un milliard. Les actifs jugés sains sont regroupés au sein de Novo Banco.

Placements à haut risque

Les petits porteurs sont les premiers à se voir appliquer le nouveau système de sauvetage des banques adopté par l’Union européenne. Idée principale: faire payer les actionnaires et créanciers non prioritaires, pour éviter aux contribuables de mettre la main à la poche.

Ils ont tous investi entre 50.000 et 100.000 euros, parfois plus, à des taux d’intérêt oscillant entre 3 et 4%. Le placement d’Albino Gomes est arrivé à échéance le 31 octobre. Depuis, pas de nouvelles. Son extrait de compte bancaire reste désespérément vide, tout a été remis à zéro.

La garantie de remboursement par l’Etat de 100.000 euros, valable pour des comptes bancaires en Europe, ne joue pas dans son cas, car il a investi dans un produit financier à haut risque.

Inquiète, la Banque du Portugal avait obligé BES l’an dernier à inscrire dans ses comptes une provision de 1,25 milliard d’euros pour protéger les petits détenteurs de titres. Mais aujourd’hui, elle assure que cette réserve « ne constitue pas une garantie de remboursement ».

Si Novo Banco s’était dans un premier temps engagé à racheter les mauvaises créances, son patron Eduardo Stock da Cunha botte désormais en touche. « Il ne revient pas à Novo Banco de payer », mais « on travaille à une solution ».

Lire la suite sur Boursorama (article AFP)

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Sans surprise, la grande réunion cruciale entre la Grèce et l’Europe a tourné court, preuve que le fossé entre les 2 parties est toujours aussi large. Sans liquidités d’urgence pour ses banques, sans possibilité de se financer, la Grèce est plus que jamais au bord de la faillite.

Dès que la délégation grecque a pris connaissance du brouillon du communiqué préparé par l’Eurogroupe, les « négociations » ont pris fin. Les ministres des finances européens, souffrant manifestement de problèmes cognitifs prononcés, avaient mentionné dans leurs propositions la poursuite de la politique de renflouement alors que Syriza ne cesse de répéter depuis son accession au pouvoir que la Grèce n’accumulera pas de dettes supplémentaires.

Comme nous l’avons relevé précédemment, tant que l’Europe n’acceptera pas cet état de fait il ne pourra y avoir d’accord. Le problème c’est que le temps manque, les banques grecques qui n’ont plus accès aux liquidités d’urgence de la BCE et qui font face à un bank run sont au bord de la faillite, tandis que le l’État grec sera lui aussi bientôt à court d’argent.

Les Européens jouent aux idiots en pensant que mettre simplement la pression sur la Grèce et les menacer suffira pour les faire obtempérer comme ce fut le cas par le passé. C’est ce qui a fait dire à un officiel grec que « l’insistance de certaines personnes à vouloir forcer le gouvernement grec d’accepter le renflouement n’est pas raisonnable et ne peut être acceptée. Ceux qui ne cessent de ramener cet élément sur le tapis gaspillent leur temps. Vu ces circonstances, il ne peut y avoir d’accord aujourd’hui. »

Les Allemands sont perplexes… que faire de ces Grecs qui ne veulent rien savoir ? Un homme politique du parti de Merkel a une idée : il a suggéré le remplacement du ministre des Finances Yanis Varoufakis par le premier ministre Tsipras, affirmant que les politiciens allemands ne parviennent pas à comprendre Varoufakis, qui créerait de la confusion. Joachim Ross a écrit par e-mail à ses collègues du SPD (source) :

« Le ministre grec des Finances Varoufakis a montré de par sa performance jusqu’à présent, qu’il n’a pas l’étoffe d’un tel poste. Dans l’intérêt du peuple grec et au vu de la situation difficile, le premier ministre Tsipras devrait penser à remplacer Mr Varoufakis par un homme politique expérimenté et réaliste. »

Cette déclaration montre à nouveau à quel point les Allemands et les Européens sont déstabilisés. Clairement, ils ne comprennent pas ce qui leur arrive : ils sont face à des gens déterminés qui ne se couchent pas à la première menace financière ou ultimatum lancé. Pas étonnant qu’ils ne comprennent pas Varoufakis et demandent son remplacement par un « homme politique expérimenté et réaliste », soit un caniche qui obéira au doigt et à l’œil. De plus, la Grèce a déjà affirmé qu’elle ne recevrait plus d’ordres par email. Une mauvaise habitude dont l’Europe a toute la peine du monde à se débarrasser.

Cela fait quelques semaines qu’Espirito Santo est dans le purgatoire, après que les holdings de la banque soient tombés les uns après les autres. Le jour du Jugement Dernier est désormais arrivé : la banque est officiellement au tapis et va être nationalisée par le Portugal. Un événement bien loin du discours des autorités européennes, qui avaient déclaré la crise bancaire terminée. Article de Bloomberg :

 

« La banque centrale du Portugal a pris le contrôle de Banco Espirito Santo SA, l’une des plus grosses banques du Portugal au niveau de sa capitalisation boursière en injectant 4,9 milliards, certains possesseurs d’obligation de la banque allant devoir essuyer des pertes.

Le fonds de résolution de la banque centrale du Portugal va désormais transférer les dépôts et la plupart des actifs de la société dans une nouvelle banque, Novo Banco, qui lui appartiendra. Les fonds injectés représentent un crédit qui sera remboursé par l’éventuelle revente de Novo Banco. »

Les actionnaires et certains détenteurs d’obligations risquent d’être dans de sales draps, à savoir de perdre tout pour les premiers, et une grosse partie de leurs investissements pour les seconds. Le ministre des Finances portugais a expliqué que les actionnaires et les détenteurs d’obligations, ainsi que la direction de la banque, devront endosser la responsabilité des pertes, et non les contribuables.

Après avoir découvert de grosses pertes potentielles sur des prêts alloués à d’autres sociétés dans le giron de la famille Espirito Santo, la banque centrale du Portugal a cherché des investisseurs privés pour injecter les liquidités nécessaires, l’argent public devant être une solution de dernier recours.

La semaine dernière, l’action Espirito Santo s’est écroulée de 73 % à Lisbonne, avant que la cotation du titre soit suspendue vendredi, annonçant l’épilogue de la saga bancaire de l’été qui avait démarré en mai.

Conclusion : depuis 2008, le système bancaire est en sursis. Après les énormes opérations de renflouement public qui ont évité la chute systémique du système financier, celui-ci reste plus que jamais fragile. D’autres suivront, tôt ou tard. Seule chose positive, les dépôts semblent être préservés de cette opération de sauvetage. Mais lorsque les dominos tomberont, cette solution ne sera plus possible, d’où l’importance de garder une partie de ses avoirs en dehors du système bancaire.

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Dette-G7-PIBDans son interview d’hier sur KWN, Egon von Greyerz fait une prévision osée pour l’or : le cours va augmenter lorsque les marchés vont apprendre que la Fed ne diminue pas ses achats de bons du trésor. La nouvelle va tomber dans les heures qui viennent : on sera donc très bientôt fixé.

Egon von Greyerz : « Pour comprendre ce qui va arriver, au monde et à son économie, il suffit de l’observer. Politiquement, financièrement et moralement, nos sociétés sont en faillite. Il s’agit du monde dont l’économie dépend de la dette et de la création monétaire. Il suffit de regarder la situation du G7.

Le G7 est le club des pays les plus industrialisés du monde : États-Unis, Royaume-Uni, France, Italie, Canada, Allemagne et Japon. Vu que la Chine et la Russie n’en font pas parti, on peut questionner la composition du groupe, d’autant plus que toutes ces nations sont en état de faillite virtuelle.

Néanmoins, le G7 représente 50 % du PIB mondial, soit environ 30 trillions de dollars. Mais ces pays totalisent ensemble une dette de 140 trillions de dollars, soit 440 % de leur PIB commun, ce qui est énorme. En 1998, la dette totale du G7 était de 70 trillions de dollars, pour un PIB de 30 trillions. En 15 ans, la dette a doublé, alors que le PIB n’a augmenté que de 10 trillions. Cela signifie donc que pour créer 10 trillions de croissance, le G7 a eu besoin de 70 trillions de dettes.

G7 : 7 dollars de dette pour 1 $ de PIB

Donc, dans les pays les soi-disant les plus riches, il faut 7 $ de dette pour obtenir un dollar de PIB. Le monde est en faillite, les chiffres économiques ne sont que le mirage d’un château bâti sur des fondations en papier. Non seulement la dette est irremboursable, mais même le paiement des intérêts en véritable monnaie est problématique.

Les taux d’intérêt qui augmentent de seulement 1 % représentent 1,4 trillion de dollars de charges supplémentaires. C’est énorme. C’est un peu moins que le PIB du Canada. Si les taux augmentent de 10 %, la charge augmente de la valeur du PIB américain.

Toute personne saine d’esprit en conclut que la situation est intenable, et que cela va mal se finir. Mais la faillite n’est pas que financière, elle est aussi morale et éthique, alors que les tambours de la guerre résonnent, que les gouvernements confisquent nos libertés et entravent la libre entreprise en rendant les gens dépendants de l’aide d’État.

Les riches deviennent encore plus riches et les pauvres plus pauvres, ce qui est également très dangereux. Depuis 2009, les 7 % les plus riches ont vu leur revenu augmenter de 28 %, tandis que les 93 % restants ont vu leur richesse diminuée de 4 %. Les 300 personnes les plus riches du monde possèdent plus que les 3 milliards les plus pauvres de la planète. C’est évidemment très dangereux.

En ce qui concerne l’or, il y a une grosse pénurie d’or physique. Les banques centrales occidentales font tout pour louer ou vendre du métal au marché. C’est pourquoi la Fed hésite beaucoup à propos de sa décision, tandis que les manipulations sur le marché papier se poursuivent.

Je suis convaincu que la relativement petite correction à laquelle nous venons d’assister n’est qu’une manipulation en prévision de l’annonce de la décision de la Fed. Comme vous le savez, cela fait un moment que j’affirme qu’il n’y aura pas de « tapering ». Ils devaient donc massacrer l’or afin d’empêcher son décollage lorsque la Federal Reserve va prendre le marché de revers avec sa décision de ne rien changer à ses achats mensuels.