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FMI

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Pshhhh !

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Je ne sais pas pour vous, mais en ce qui me concerne, mon « pifomètre » frétille, que dis-je, il s’affole… Bon, je vous l’accorde bien volontiers, le « pifomètre » n’est pas un instrument très « scientifique », pourtant c’est comme le « louchomètre », c’est parfois très efficace. Bref, et vous, que vous disent vos « pifomètres » ?

Je sens que les marchés ont beaucoup monté, trop monté même. Depuis quelques jours, l’or qui consolidait repart à la hausse avec une belle dynamique… une dynamique trop belle pour être « honnête », et mon « pifomètre » me souffle que quelques « grosses mains » (comprendre « des riches qui ont les bonnes informations parce qu’ils connaissent les bonnes personnes ») sont en train de vendre des actions pour acheter de l’or.

Mon pifomètre me susurre également aux oreilles que le combat de titan qui se joue entre les nationalistes à la Trump et les mondialistes à la Clinton est une bataille à mort et qu’elle ne va pas tarder à dégénérer sur le front économique sans doute lorsque Trump aura été investi et sera le locataire officiel de la Maison Blanche.

Voilà donc ce que me souffle l’instinct, rien de scientifique donc, pourtant les raisons pour une grande secousse ne manquent pas, et aujourd’hui je voulais revenir sur le dernier rapport accablant du FMI concernant la dette mondiale.

Au pays merveilleux du « tout va très bien », vous penserez donc à prendre quelques précautions et à sortir couverts par quelques actifs tangibles et onces de métaux précieux.

Rapport alarmiste du FMI…

Quand je dis à ma femme que le monde croule sous les dettes et que l’épargne, c’est la dette et la contrepartie à l’endettement généralisé – ce qui veut dire peu ou prou que si l’on ne rembourse pas les dettes, on ne rembourse pas l’épargne –, elle a du mal à me croire. Quand c’est le FMI qui le dit, cela va mieux. C’est sérieux le FMI. Ce sont des « zexperts » aux FMI. Tenez, regardez donc leurs résultats en Grèce. C’est brillant n’est-ce pas !

« Le 4 janvier 2017, le rapport semestriel alarmiste du FMI (Fiscal Monitor) fait froid dans le dos : huit ans après la détonation de la bulle immobilière qui avait enfanté la pire crise financière depuis la Grande Dépression du Jeudi Noir 1929, la dette n’a fait que continuer de s’enfler. En effet, la dette du secteur non-financier de l’économie mondiale (dette mondiale) a doublé (à prix courants) et atteint son apogée avec le montant record de 152 000 milliards de dollars, soit plus du double (2,25) de la richesse mondiale.

Ce phénomène a été facilité par les taux d’intérêt très bas, voire négatifs, imposés par plusieurs grandes banques centrales. Beaucoup de gouvernements se sont en effet endettés à travers des programmes de relance via des politiques d’assouplissement monétaire des grandes banques centrales pour tenter de relancer les économies nationales atones.

La plus grande partie de la dette est polarisée dans les pays nantis, mais la Chine demeure le pays qui a le plus emprunté qu’auparavant sur les dernières années. En effet, la dette chinoise a quadruplé depuis 2007 : alimentée par le secteur de l’immobilier et le shadow banking, la dette totale de la Chine est passée de 7 000 milliards de dollars en 2007 à 28 000 milliards de dollars à la mi-2014. À 282 % du PIB, la part de la dette chinoise, par rapport au PIB mondial, est plus importante que peut représenter celle des États-Unis ou de l’Allemagne.

La dette du Japon devrait atteindre 250 % de son PIB, celle de la Grèce 183 % tandis que celle de la France devrait frôler les 100 %, selon les nouveaux pronostics du FMI.

En outre, même si les pays les plus pauvres sont relativement moins endettés, beaucoup ont eu tendance à augmenter fortement leur recours au crédit.

Au niveau de la répartition sectorielle, les deux tiers de cette dette émanent du secteur privé, mais la dette publique de moult pays s’est aussi beaucoup développée depuis la crise financière.

Pour le FMI, cette envolée de l’endettement pose 4 problèmes différents

  • Le premier problème est le remboursement d’une telle dette : Comment rembourser une dette qui est plus de deux fois plus importante que la richesse de l’économie mondiale ?
  • Le deuxième problème est le remboursement, par les pays riches, d’une telle dette au regard d’une croissance économique anémique.
  • Le troisième problème tient au remboursement de la dette par les pays du Sud : pour rembourser leurs dettes, les pays du Sud doivent puiser fortement dans les réserves de change qu’ils ont accumulées au cours des dernières années en raison de la hausse des prix de leurs exportations. Ces réserves menacent de fondre à un rythme plus ou moins rapide (c’était notamment le cas de la République démocratique du Congo, de l’Équateur, du Pakistan, du Sri Lanka, du Bangladesh).
  • Le quatrième problème est le remboursement d’une telle dette au regard du scénario fort probable d’une reprise de la hausse des taux d’intérêt. L’épargne présente dans le secteur bancaire, au lieu de servir à l’investissement productif, que ce soit sous la responsabilité des pouvoirs publics ou celle des acteurs privés, est systématiquement déviée vers un comportement parasitaire de rentier. »

Si vous avez bien suivi jusqu’ici les raisonnements du FMI auxquels j’adhère pour une fois sans trop de réserve, ils peuvent donc se résumer à un seul énorme problème : comment va-t-on rembourser ces dettes. Vous noterez également que l’épargnant est qualifié de « rentier parasite ».

Vous connaissez la suite ?

Vous savez comment on traite les parasites ?

Il y a la méthode écolo, et puis la méthode industrielle. Au FMI, on ne joue pas les danseuses. Alors dans leur esprit, c’est assez simple : c’est toujours cette histoire du grand « reset », le grand « baygonnage » des parasites d’épargnants que vous êtes tous. Pour payer les dettes, il suffit de prendre votre épargne. Cela couinera dans les chaumières, mais les épargnants n’ont jamais fait de révolution.

Il est déjà trop tard. Préparez-vous !

Charles SANNAT

Source : Insolentiae.com

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FMI

Depuis le 30 septembre, le yuan fait désormais partie du panier de devises des droits de tirages spéciaux, la monnaie de réserve émise par le FMI. Quelles seront les conséquences de ce changement sur le dollar, l’or ? Jim Rickards A répondu à ces questions en 7 points dans cet article publié sur DailyReckoning.com le 29 septembre 2016 :

1.) Le dollar est-il officiellement « mort » et remplacé par une nouvelle monnaie internationale ?

Le 30 septembre 2016 fut le jour où le Fonds monétaire international (FMI) a officiellement ajouté le yuan chinois à son panier de monnaies constituant les droits de tirage spéciaux (DTS). Cette décision aura bien évidemment d’énormes implications à long terme pour le dollar américain.

Cela signifie-t-il pour autant que le dollar est devenu une monnaie oubliée et sans valeur ? Bien sûr que non. Il se peut même que la décision du FMI disparaisse très vite du débat public. Vous n’en avez d’ailleurs certainement pas entendu parler dans les journaux télévisés. Et, à ce propos, notons aussi que tout cela ne causera pas le crash du dollar immédiatement. Il est plutôt question ici d’un processus en voie de développement, qui aura des implications à long terme, certes, mais force est de constater que la décision internationale immédiate ne fera pas le buzz en soi. Cela vient d’ailleurs appuyer notre hypothèse : le dollar va effectivement mourir – mais à l’issue d’un long processus, et non pas suite à un « bang » immédiat.

Le dollar a remplacé la livre sterling comme monnaie mondiale dominante durant le siècle dernier. Mais ce fut un processus graduel qui a eu lieu entre 1914 et 1944. Tout cela ne s’est pas produit en une nuit, tout comme les DTS (droits de tirage spéciaux) ne vont pas remplacer le dollar en un seul instant, comme par magie.

En effet, depuis le premier octobre 2016, vous n’avez pas dû remarquer quoi que ce soit de sensiblement différent en cette matière. Vous avez toujours des dollars dans votre portemonnaie, vous êtes encore payé en dollars : cette devise continue effectivement de valoir quelque chose.

Mais le premier octobre fut néanmoins un tournant très important. Notons que le tableau des membres du club des monnaies constituant les droits de tirage spéciaux (DTS), n’a changé qu’une seule fois au cours des 30 dernières années. Les DTS ont été effectivement dominés par le « Big Four » (les États-Unis, le R.-U., le Japon et l’Europe) depuis que le FMI a abandonné les DTS d’or en 1973. Cela explique d’ailleurs pourquoi l’inclusion du yuan chinois dans ce club privé est si importante.

2.) Dois-je me débarrasser de mes dollars, actions et autres investissements, pour tout reconvertir en or ?

Non. Nous croyons que vous devriez posséder de l’or, certes (notons que celui celui-ci vaut actuellement 10.000 de dollars l’once), mais nous ne vous recommandons pas d’investir plus de 10 % de votre argent investissable en or, ou en tout autre actif inhérent. Certaines personnes vous diront que « Jim Rickards recommande de vendre tout et de le convertir en or ». Ce n’est pourtant pas le cas. L’on ne met jamais tous ses œufs dans le même panier, n’est-ce pas ?

Nous vous recommandons plutôt de disposer d’un portefeuille diversifié qui comprend de l’or ; des investissements en objets d’art et dans des biens immobiliers ; de la trésorerie ; des obligations et des actions, ainsi que certaines alternatives stratégiques à l’instar de fonds de couverture et de capitaux-risque au niveau macroéconomique. Vous devez effectivement être agile, d’autant plus dans le cadre macroéconomique contemporain de plus en plus imprévisible. Nous fournissons des conseils en cette matière dans la newsletter « Jim Rickards’ Strategic Intelligence ».

3) Qu’entendez-vous lorsque vous dites que le « nouvel ordre monétaire » est arrivé le premier octobre 2016, alors que les DTS existent depuis 1969 ?

Il est vrai que les DTS ont effectivement été mis en place en 1969. Et, bien évidemment, un certain nombre d’enjeux liés à ces derniers ont vu le jour lors des années 1970. En effet, le FMI a revu le fonctionnement des DTS à trois reprises depuis leur création, il y a maintenant plus de 40 ans de cela. Chacune de ces reprises étaient en réalité liée à une crise de confiance dans le dollar américain…

En 1969, les Français parmi d’autres ont pointé le fait que les États-Unis imprimaient des dollars en trop grande quantité. A l’époque, les étrangers pouvaient encore échanger des dollars contre de l’or et il y avait effectivement une course relative à l’acquisition de l’or. Le FMI a donc créé les DTS afin notamment de lisser les capitaux monétaires bruts, en émettant 9,3 milliards de DTS en 1972.

En 1979, l’inflation à travers les Etats-Unis a grimpé à des taux incontrôlables, en dépassant les 14 %. Les réserves en dollars des pays producteurs de pétrole plongeaient à toute allure. Le FMI a alors émis 12,1 milliards de DTS en 1981.

En 2009, en réponse à la panique de 2008, le FMI a émis 182,7 milliards de DTS au cours de la période entre août et septembre. Ce fut la première fois depuis près de 30 ans que le FMI émettait des DTS. Et ce fut, notons-le encore une fois, la réponse de l’institution face à la crise de liquidité mondiale, d’autant plus sachant que le FMI s’est vite rendu compte que les banques centrales mondiales ne pouvaient pas agir assez vite. Ainsi, le FMI a émis plus de 100 milliards de dollars de DTS.

Mais la panique de 2008 a tout changé. Les banques centrales du monde entier ont considérablement élargi leurs bilans pour faire face à la crise. Cela dit, elles ne seront pas en mesure de répondre de la même manière lorsque la prochaine crise frappera, ce qui arrivera certainement plus tôt qu’on ne le croie. Les banques seront alors en manque d’armes.

La seule institution financière avec un bilan assez robuste pour répondre à la crise sera le FMI, et notons qu’il agit déjà d’une sorte de « banque centrale du monde ». En ce sens, il devra émettre des quantités massives de DTS pour maintenir le système monétaire international en état fonctionnel. Cela dit, le résultat généré sera la fin du dollar dans sa qualité de monnaie principale de réserve mondiale. Voilà pourquoi les évolutions d’aujourd’hui représentent en réalité un changement radical par rapport au passé.

4.) Devons-nous nous attendre à un grand mouvement de marché suite à l’adhésion du yuan chinois aux DTS ?

Nous ne sommes pas en train de le prévoir, mais nous ne serions pas non plus surpris si cela arrivait. L’économie est au bord de la récession. Nous avons eu une année complète – 4 trimestres consécutifs – avec une croissance moyenne d’environ 1,2 % et avec quelques révisions qui ont été même en dessous. Il s’agit là d’une croissance extrêmement faible et dangereusement proche de la récession.

Le commerce mondial a chuté de façon spectaculaire. Les stocks sont caractérisés par une volatilité pointue. Vous ne savez jamais quel événement va provoquer un accident, mais cela peut littéralement arriver à tout moment.

La crise peut donc refrapper demain ou bien dans six mois, on ne peut pas le savoir avec exactitude. La vraie question à se poser, c’est : qu’est-ce qu’on attend vraiment ? Et force est de noter encore une fois que personne ne peut prévoir ces choses dans le temps. En ce sens, lorsque cela arrivera, il sera trop tard pour prendre les mesures adéquates. De combien d’avertissements avons-nous encore besoin ?

5.) Est-ce que les DTS reconfigurés auront un impact positif sur le prix de l’or ?

Les DTS sont inflationnistes. Si vous inondez le marché en dollars de DTS, l’or va faire montre d’une pointe spectaculaire, en atteignant sans doute les 10,000 dollars. Cela va-t-il arriver de suite ? Encore une fois, probablement non. Mais la tendance est en cours. L’on peut donc s’attendre à ce que le dollar soit dévalué de 50-80% dans les années à venir.

6.) « Puis-je acheter des DTS ? »

Officiellement, non, vous ne pouvez pas. Le FMI est la seule institution qui peut imprimer et distribuer la devise mondiale. Seuls ses Etats membres qui sont dans son « panier » d’élite peuvent échanger librement des DTS. En règle générale, les DTS sont utilisés pour des prêts ou des remboursements effectués par le FMI. Ils sont également utilisés par les banques centrales des Etats membres, afin notamment de vendre et ainsi d’aider les réserves de change en période de crise économique.

Après, il est également vrai qu’un « secteur privé » version DTS sera disponible : il sera appelé M-DTS. Le FMI a publié un document technique introduisant le concept d’un marché de DTS privé. Dans la vision du FMI, les entreprises privées et les corporations pourront émettre des obligations libellées en DTS. Qui seront les émetteurs logiques de ces obligations ?

Probablement les organisations multinationales ou multilatérales comme la Banque asiatique de développement, et peut-être certaines grandes entreprises comme IBM ou General Electric. Qui achèterait ces obligations libellées en DTS ? Principalement des fonds souverains. La Chine sera certainement un des acheteurs importants.

Mais le seul recours principal pour les investisseurs de tous les jours sera de posséder des DTS « synthétiques ». Nous avons conceptualisé un moyen permettant de procéder à une participation « non officielle » en termes de DTS. Cette participation « non officielle » est non seulement parfaitement légale, mais elle est la seule façon que l’on connaisse permettant à un citoyen lambda d’y avoir accès.

7) Quelle est la prochaine étape importante dans le développement de la nouvelle monnaie mondiale ?

Le 7 octobre, le FMI tiendra sa réunion annuelle à Washington, afin notamment d’envisager des mesures supplémentaires pour élargir le rôle des DTS et de faire de la Chine une partie intégrante du nouvel ordre monétaire mondial. Mais il y a un autre développement imminent qui a des implications pour l’adoption des DTS … à savoir le retour des BRICS.

« BRICS » est un acronyme pour Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud, qui sont parmi les plus grandes économies en matière de marchés émergents, et représentent environ 22 % du PIB mondial. Il y a cinq ans, la discussion dans les milieux monétaires internationaux tournait autour de la montée des BRICS. Il s’est avéré que les BRICS pourraient représenter un sérieux défi à l’hégémonie du dollar américain. Puis l’histoire autour de BRICS a perdu de l’ampleur en 2014-15. Mais cela change actuellement.

Lors du Sommet des dirigeants du G20 à Hangzhou, en Chine lors du mois de septembre 2016, BRICS a fait une demande très intéressante. Les membres de cet organisme ont beau atteindre 22% de l’économie mondiale, mais ils ne détiennent que 14,89 % des voix au FMI.

Tout pays ou groupe de pays possédant 15 % des voix a un pouvoir de veto sur certaines décisions importantes du FMI, y compris l’émission de DTS. Un seul pays a plus de 15% aujourd’hui : il s’agit des États-Unis. Les BRICS demandent maintenant que leur vote au FMI se rapproche de leur part de l’économie mondiale, c’est-à-dire au-delà du seuil des 15%.

Si cela se produisait, le FMI ne serait en mesure d’inonder le monde de DTS – dans l’hypothèse d’une crise de liquidité – qu’à condition que les BRICS donnent leur accord. Nul ne doute que les BRICS seront d’accord, mais seulement si d’autres mesures sont simultanément prises, afin notamment de détruire la position privilégiée du dollar américain dans les paiements et dans les réserves mondiales. Les BRICS sont donc bel et bien de retour et cela aura des implications importantes sur l’adoption des DTS… mais aussi sur le dollar.

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Dette mondiale selon le FMI

Article de Zero Hedge, publié le 5 octobre 2016 :

« Voici un nouveau record pour les livres d’histoire. Non content d’avoir braqué les projecteurs sur les dangers qui menacent les banques mondiales en raison du déclin des profits découlant de l’environnement des taux bas que nous connaissons, le FMI a publié aujourd’hui son dernier rapport « Fiscal Monitor » (veille fiscale) qui résonne comme un signal d’alarme vu la révélation troublante qu’il comporte : à 225 % du PIB mondial, la dette mondiale du secteur non-financier, qui inclut la dette des gouvernements, des ménages et des entreprises non-financières, s’élève aujourd’hui à un montant record de 152 trillions de dollars.

Ajoutez à cela la dette financière et vous avez besoin d’un axe des ordonnées bien plus élevé…

En raison de ce ratio dette non-financière/PIB ayant grimpé de 200 à 225 % en 2015, il est évident que la croissance de la dette a largement surpassé le rythme de la croissance économique en raison de l’effondrement de la valeur marginale de chaque dollar de dette, soit un retour de croissance de plus en plus bas pour chaque dollar de dette.

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Comme le FMI l’avertit, « 2/3 (de cette dette), pour un total d’environ 100 trillions de dollars, consiste en des engagements du secteur privé qui, comme documenté dans la riche littérature sur le sujet, peuvent poser des risques importants lorsque des niveaux excessifs sont atteints. Il y a cependant une grande hétérogénéité vu que chaque pays se trouve à un stade différent du cycle de la dette, et que les risques qui les menacent sont différents. Néanmoins, les craintes que le niveau important de dette ne plante le décor d’une réduction globale de la voilure dans le secteur privé sont réelles, ce qui contrarierait la reprise économique fragile. »

Le FMI affirme qu’il n’y a pas de consensus à partir de quand un ratio dette/PIB est jugé alarmant – nous pensons néanmoins que 225 % est un niveau suffisant. (…) »

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La Grèce, toujours engluée dans une dépression économique majeure, vient à nouveau de plier face à la pression européenne en votant ce dimanche soir un nouveau plan de mesures incluant augmentation de la pression fiscale et privatisations.

La Grèce a beau être prise dans une spirale déflationniste, tout ce qu’elle a trouvé comme solution est de voter un nouveau paquet fiscal de 1,8 milliard d’euros. Cependant, Athènes devra encore attendre la réunion des ministres des Finances de la zone euro de ce mardi pour savoir si elle en a fait assez afin d’obtenir le déblocage de la prochaine tranche « d’aides » de 5,7 milliards d’euros. Aides qui finiront dans leur majorité dans les poches des banques et des créditeurs.

De son côté, le FMI, un brin plus pragmatique, souhaite l’effacement d’une partie de la dette grecque afin de permettre au pays d’envisager un futur. Exiger de la Grèce qu’elle paye sa dette est remboursable avec des mesures déflationnistes est tout simplement de la folie furieuse… ou reporter le problème jusqu’à ce que tout part à vau-l’eau.

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crise bancaire

C’est un rapport allemand, de l’école European School of Management and Technology de Berlin (ESMT), qu’il affirme : des 220 milliards d’euros du plan d’aide à la Grèce, 210 milliards ont servi à renflouer les banques du pays. Article d’ekathimerini.com, publié le 4 mai 2016 :

« Environ 95 % des 220 milliards d’euros versés à la Grèce depuis le début de la crise financière sous forme de prêts dans le cadre du mécanisme de renflouement ont servi à renflouer les banques européennes. Ce qui signifie qu’environs 210 milliards d’euros ont atterri sur les comptes du secteur bancaire européen tandis que seulement 5 % ont garni les caisses de l’État, d’après une étude de l’European School of Management and Technology (ESMT) de Berlin.

« L’Europe et le FMI ont, durant ces dernières années, sauvé les banques et d’autres créditeurs privés, » conclut le rapport, publié hier dans le journal allemand Handelsblatt. Le directeur de l’ESMT, Jorg Rocholl, a déclaré au journal financier allemand que « les plans de sauvetage ont principalement sauvé les banques européennes ».

L’étude de cette école de commerce a déterminé que 86,9 milliards d’euros ont été utilisés pour rembourser d’anciennes dettes, 52,3 milliards pour le paiement des intérêts et 37,3 milliards pour la recapitalisation des banques grecques.

Les économistes qui ont participé à l’étude ont analysé de façon séparée chaque crédit afin d’établir la destination de l’argent. Ils ont conclu que seulement 9,7 milliards d’euros, soit moins de 5 %, ont contribué au budget grec au profit du peuple.

« Tout le monde le soupçonnait, mais peu de gens le savaient. C’est maintenant confirmé par cette étude : pendant 6 ans, l’Europe a tenté en vain de mettre un terme à la crise grecque via des prêts tout en exigeant des mesures et des réformes toujours plus dures. Les causes de l’échec se trouvaient manifestement moins du côté du gouvernement grec que de la planification des plans de sauvetage, » conclut le quotidien allemand. »

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Article inspiré de celui de ZeroHedge, publié le 30 novembre 2015.

Au début de ce mois, les analystes du FMI proposaient l’ajout du yuan ou renmibi au panier de devises des DTS (droits de tirages spéciaux), un actif de réserve qui fut créée par cette institution En 1969. Sans surprise, la proposition a été validée hier par le conseil d’administration du FMI.

Ce qui signifie qu’à partir du 1er octobre 2016, le yuan représentera 10,96 % du panier de devises des DTS. Ce poids signifie que le yuan pèsera plus dans la balance que la livre sterling britannique (8,09 %) ou encore le yen japonais (8,33 %). Avec cette décision, le FMI consacre donc la grande arrivée de la monnaie chinoise dans le concert des monnaies de réserve tout en donnant à la Chine la place qui lui revient dans la finance mondiale.

Néanmoins, comme le note ZeroHedge, il ne s’agit que d’une première étape. S’il souhaite véritablement concurrencer le dollar, le yuan  devra encore parcourir beaucoup de chemin et notamment au niveau de la transparence des autorités chinoises (fait cocasse : même cas d’immobilisme à cet égard, la banque centrale chinoise pourrait se mettre à niveau des autres banques centrales de plus en plus interventionnistes). Il ne faut donc pas s’attendre à une révolution monétaire de cet événement. Il s’agit juste d’un nouveau signe que les choses changent lentement mais sûrement.

On nous répète sans cesse que le FMI est une organisation apolitique. S’il était permis d’en douter, la différence de traitement entre la Grèce et l’Ukraine offre désormais la preuve par 4 que ce doute n’est en fait que la plus plate des vérités. Les créanciers occidentaux, dans leur guerre contre la Russie, ont offert des largesses à l’Ukraine qui doivent laisser les Grecs bien perplexes…

De l’AFP :

« L’Ukraine a annoncé jeudi avoir arraché un accord « historique » avec ses créanciers occidentaux sur la restructuration de sa dette qui écarte la menace d’un défaut de paiement de cette ex-république soviétique ravagée par la guerre.

L’accord, trouvé au terme de cinq mois de négociations difficiles, prévoit l’effacement de 20% de cette dette, soit environ 3,6 milliards de dollars, et un allongement de quatre ans de la durée du remboursement des sommes restantes, ont annoncé le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk et sa ministre des Finances Natalie Jaresko au Conseil des ministres de jeudi. »

Mme Jaresko, la ministre des Finances de l’Ukraine qui pour rappel était américaine avant d’être naturalisée pour occuper son poste, a obtenu 20 % d’effacement… En contrepartie, l’Ukraine a dû consentir à de gros efforts d’austérité, n’est-ce pas ? Pas vraiment… « En échange, Kiev a accepté une légère hausse du taux d’intérêt, 7,75% contre 7,2% actuellement, » ajoute l’AFP. Waouw, une hausse des taux directeurs d’un peu plus d’un demi pourcent en contrepartie ! Les Grecs auraient bien consenti à cet effort sauf qu’ils ne disposent plus de leur propre banque centrale.

Cet accord se traduit également pour Kiev par des économies de 11,5 milliards de dollars sur quatre ans toujours selon l’AFP. Nous prenons le pari que cet engagement ne sera pas tenu alors que les Grecs ont eux été contraints de solder leurs aéroports et autres actifs rentables.

Du côté de l’Ukraine, on jubile à raison et on ne s’en cache pas :

« Les conditions obtenues par l’Ukraine sont donc sans précédent, s’est félicité M. Iatseniouk. « Aucun pays qui ne s’est pas déclaré en défaut de paiement n’a obtenu de telles conditions », a-t-il assuré, précisant que le niveau moyen d’effacement de dettes pour ces pays était de « 10% ». »

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Si vous devez apprendre la signification du mot « confusion » à un enfant, faites-lui la compilation de tous les titres concernant la Grèce depuis le début de la semaine. Pathétique, lassant, clownesque, ridicule… choisissez votre qualificatif !

Après l’euphorie de ce lundi, le soufflet est méchamment retombé après que Christine Lagarde ait décidé de gâcher la fête en refusant les dernières propositions grecques, les mêmes propositions (TVA, pension, impôt des entreprises, etc.) qui avaient été vertement critiquées par les éléments les plus à gauche de Syriza. La position intransigeante du FMI a plongé de nombreux membres du gouvernement dans la perplexité, les poussant jusqu’à s’interroger si le FMI souhaitait un accord et comment leur donner tort alors que le même FMI (qui est censé être une organisation apatride et apolitique, cela dit en passant) a déclaré qu’il continuerait de soutenir l’Ukraine… même en cas de défaut.

Les réunions se sont multipliées sans qu’aucune fumée blanche n’apparaisse au-dessus de Bruxelles. Le ministre autrichien des finances, Hans Joerg Schelling,  a déclaré (source Zero Hedge) :

«  Je pense qu’il est possible encore d’atteindre un accord. Il ne s’agit plus d’une question de jours mais d’heures. Nous avons reçu comme mandat lors de ce sommet de présenter un compromis d’ici 16 h. Les négociations ont duré toute la nuit. Les Grecs ne cessent de rejeter chaque nouveau compromis en présentant constamment de nouveaux souhaits. Nous sommes prêts à trouver un accord, d’aider la Grèce en tant que ministres des Finances mais la responsabilité d’accepter ce compromis ne dépend que de la Grèce. »

Traduction : « ces satanés Grecs refusent les conditions que nous cherchons à imposer, c’est à eux d’accepter ou il n’y aura pas d’accord. Samaras, tu nous manques ». Du côté de l’Allemagne, l’optimisme n’est pas de mise : le ministre des Finances teuton a déclaré qu’aucun progrès n’avait été accompli et pire encore, que l’écart entre les positions se serait récemment agrandi.

Après avoir augmenté ses plafonds de liquidités d’urgence aux banques grecques de façon quotidienne durant ces derniers jours, la BCE n’y a pas touché ce mardi tout en restant sur le qui-vive en cas de besoin.

Le théâtre se poursuit donc. Nous ne pouvons que rester béats d’admiration devant le courage et la pugnacité de ces politiciens qui, chaque matin, nous affirment depuis des semaines que tout est sur le point de se régler pour se raviser une fois les marchés fermés. Qui négocient encore et encore les mêmes conditions à la recherche d’un éventuel accord qui nous renverra de toute façon à la case départ quelques mois plus tard, lorsque le pays sera à nouveau financièrement exsangue. Même un poisson rouge de bocal se serait suicidé depuis longtemps face à une telle épreuve.

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Ce qui devait arriver arriva : ce vendredi 5 juin, la Grèce n’a été en mesure de rembourser les 305 millions d’euros qu’elle devait payer au FMI, faute d’accord avec la troïka pour débloquer l’aide en suspens après avoir raclé les fonds de tiroir et utilisé ses DTS de réserve au FMI pour faire face à ses obligations financières. Mais rassurez-vous, le défaut a de nouveau été reporté grâce à un autre artifice : la possibilité de grouper et de reporter l’ensemble de ses remboursements mensuels en fin de mois.

Pendant toute la semaine, la rumeur au recours de cette ficelle avait été évoquée mais démentie par les officiels grecs et le FMI… probablement en conformité avec la « méthode Juncker » qui dit que lorsque les choses deviennent graves, il faut mentir. La suite, vous la connaissez déjà.

La Grèce totalement acculée

Cet article du Telegraph affirme qu’il s’agit d’un acte de défiance de la Grèce envers ses créditeurs. Cette opinion nous semble bien flatteuse pour le gouvernement de Tsipras : vu la situation financière du pays, il n’y avait pas d’autres option si ce n’est dire amen à tous les diktats de la Troïka, convoquer des élections anticipées et finir sur les bancs de l’opposition.

Le Telegraph nous apprend également que cette possibilité de grouper ces paiements mensuels a été instaurée par le FMI dans les années 70 afin de permettre de réduire les difficultés administratives et d’effectuer des paiements multiples durant un même mois. La dernière requête de ce genre avait été faite par la… Zambie dans les années 80.

Toujours selon cet article, le ministre des Finances grec Yanis Varoufakis a déclaré : « Après 4 mois de négociations, les institutions créditrices nous ont soumis des propositions qui ne sont pas en mesure de résoudre la problématique de la crise économique qui été créée par les politiques mises en place durant les 5 dernières années. »

Toujours les même constats, donc. La prochaine date fatidique pour la Grèce est donc désormais le 30 juin, date à laquelle elle devra rembourser au FMI 1,6 milliard d’euro.

Malgré tout, la population grecque veut conserver l’euro

Après 4 mois de négociations, la problématique reste la même : la Troïka souhaite intensifier les politiques qui ont envoyé au tapis l’économie grecque ce que la Grèce tente de refuser tout en souhaitant rester dans la zone euro. Ces objectifs sont inconciliables. Si on peut reprocher à Syriza de s’accrocher à cet euro source d’une partie de leurs problèmes, il s’agit cependant de la volonté du peuple. Comme l’a rapporté l’AP via Yahoo, l’euro dispose d’un gros support auprès de la population grecque : malgré la crise qui frappe le pays, environ 75 % de la population reste en faveur de l’euro. Seulement 18 % des Grecs souhaitent un retour à la drachme tandis que 50 % d’entre eux sont prêts à faire des concessions majeures pour le conserver.

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La montre tourne et les négociations entre la troïka et la Grèce n’ont toujours rien donné. Athènes a réussi jusqu’à présent à maintenir l’illusion de sa solvabilité grâce à de nombreux tours de passe-passe mais il ne lui reste plus aucune carte dans sa manche. Ce fait vient d’être prouvé par une fuite du FMI, qui affirme que la Grèce fera défaut le 5 juin prochain si aucun accord n’est trouvé entre-temps.

L’information est rapportée par Zerohedge dans cet article qui cite lui-même la chaîne britannique Channel 4. Jusqu’à présent la Grèce s’en est sortie en pillant les caisses de retraite et les avoirs d’autres institutions publiques, en confisquant l’argent des collectivités locales et en tapant dans ses réserves de droits de tirage spéciaux du FMI (prouvant que le monde financier d’aujourd’hui, c’est l’Absurdie, la Grèce empruntant de l’argent au FMI pour rembourser le FMI…).

Athènes a désormais épuisé toutes les ficelles pour éviter le défaut, nous allons bientôt connaître l’épilogue de cette énième saga grecque. Syriza était persuadé qu’en étant intransigeant et en brandissant le spectre du défaut, les « institutions » allaient plier mais il est clair qu’aujourd’hui tout le monde est prêt à voir la Grèce faire faillite. Le fricotage avec les Russes n’a également rien donné.  Soit le gouvernement d’Alexis Tsipras renie totalement  ses promesses de campagne en obtempérant à toutes les demandes sans aucune concession en retour, soit la Grèce fera défaut et risque de sortir dans la foulée de la zone euro.