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Gerald Celente

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Gerald Celente

Article de Gerald Celente, publié par KWN le 14 octobre 2016 :

« Du Japon à l’Europe en passant par les États-Unis et la Chine, les banquiers centraux agissent soit pour stimuler des économies à la traîne ou voyagent à travers le monde pour parler de hausse des taux qui n’a pas lieu.

Ce mardi, le parlement japonais a validé un nouveau plan d’injection de liquidités dans le but de réanimer son économie moribonde. Malgré presque 4 années d’Abenomics et de taux d’intérêt négatifs, politiques qui sont un échec, les dépenses additionnelles du gouvernement de 3,3 trillions de yens (32 milliards de dollars) ont fait augmenter le ratio dette/PIB du Japon jusqu’à 250 %… Le pire ratio du monde !

Le cauchemar bancaire européen se poursuit

En Europe, alors que la croissance vivote autour de 0,4 % pour le premier semestre de l’année et que la crise bancaire empire, la BCE a envoyé des ballons d’essai dans le but de doper les marchés actions cette semaine. Alors que l’action Deutsche Bank a atteint son plus bas depuis 1980 et que la banque a annoncé 4.000 licenciements, Commerzbank annonçant qu’elle va se séparer de 9.000 collaborateurs et suspendre son dividende 2016, la banque hollandaise ING licenciant 7.000 personnes et que les actions des banques européennes sont en baisse de 20 % depuis le début de l’année, la BCE a déclaré mercredi qu’elle se réunirait la semaine prochaine pour discuter de changements techniques dans son programme d’assouplissement quantitatif.

Tout en maintenant l’espoir qu’elle pourrait augmenter son QE mensuel de 80 milliards d’euros, qui achète des obligations d’État et Corporate et qui a jusqu’à présent échoué à créer de la croissance économique, même modérée, ou à créer de l’emploi, la BCE a également laissé entendre qu’elle pourrait attendre jusqu’à décembre pour décider de l’extension de son programme au-delà de mars 2017.

Aux États-Unis, les membres de la Fed inondent les ondes avec leur ritournelle clamant que les taux vont bientôt augmenter. Wall Street évalue à 70 % les chances d’une remontée des taux par la Fed en décembre (ce qui ne serait que le second relèvement du taux directeur américain depuis 2006). Néanmoins, malgré une croissance américaine post récession qui n’a plus été aussi mauvaise depuis 1949, le président de la Fed de Philadelphie Patrick Harker affirme que l’économie américaine se porte plutôt bien tandis que le président de la Fed de Boston Éric Rosengren affirme mystiquement que la remontée des taux permettra d’éviter une récession !

La lecture des statistiques économiques du spectre économique mondial indique récession et contraction. Par exemple, la Chine, la seconde économie mondiale, a rapporté jeudi une chute de 10 % de ses exportations tandis que ses importations ont baissé de 1,9 %. Donc, vu qu’une monnaie faible dope les exportations et que le yuan est à son plus bas de 6 ans face au dollar ainsi qu’en baisse par rapport à toute une série d’autres devises, c’est la demande mondiale faible, et non la devise faible, qui est responsable des exportations catastrophiques de la Chine. L’Organisation Mondiale du Commerce prédit que le commerce mondial connaîtra sa 5e année d’affilée de croissance inférieure à 3 %.

Prédictions du magazine Trend :

La BRI a prévenu contre les excès du recours au crédit, surtout en dollars, par les sociétés des pays émergents. Lorsque les taux américains monteront et que le dollar se raffermira, les devises des marchés émergents baisseront, ce qui fera grimper fortement leur fardeau de la dette. Dans les nations développées l’argent bon marché, et non les bénéfices des entreprises, ont dopé les marchés actions. Donc, même si le dollar fort poussera dans un premier temps à la baisse le cours de l’or, dans un climat de volatilité importante sur les marchés actions et de troubles géopolitiques grandissants, nous maintenons notre prédiction pour l’or qui restera une valeur refuge forte.

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Un robot vendeur : l'OSHbot

Article de Gerald Celente, publié le 17 août 2016 sur DailyReckoning.com, qui montre que nous sommes à l’aube d’une 3e révolution, robotique cette fois, après la révolution industrielle et la révolution numérique :

« Lundi, nous avons exploré le futur du secteur de la restauration rapide lorsque la robotisation et l’automatisation seront exploités à leur potentiel maximal. Mais ce secteur n’est qu’une facette d’un monde de la vente qui va être métamorphosé par une nouvelle génération d’intelligence automatisée. Des robots intelligents qui sont capables de travailler de la plateforme de chargement jusqu’au magasin.

Midea, une société d’appareillage chinoise, prédit un avenir radieux pour les robots sur les lignes de production. En juillet, il est devenu le plus gros actionnaire de Kuka, société allemande spécialisée dans la robotique qui produit des systèmes variés pour les lignes de production.

Perry Kramer, vice-président de la société de conseil Boston Retail Partners, voit de lourds investissements être réalisés dans l’automatisation des entrepôts.

Une technologie adaptée au show-room suivra, alors que les clients commencent à s’habituer à des robots qui connaissent leur nom, leurs habitudes d’achat et qui les mènent vers les produits qu’ils achètent habituellement. Le nombre de vendeurs va baisser, d’après Kramer, mais les survivants seront mieux payés car ils devront posséder une expertise technique supérieure afin de permettre la bonne poursuite des opérations.

Conscient de ce futur, Google a acheté durant ces dernières années 7 sociétés de robotique spécialisées dans des domaines comme le levage, la prise d’objets ou encore leur déplacement. Staples, The Gap et d’autres chaînes de magasins s’appuient déjà sur l’intégration de robots sophistiqués dans leurs entrepôts.

Prenons par exemple les centres de distribution d’Amazon. Au lieu d’avoir des humains qui se baladent dans les allées de l’entrepôt pour ajouter aux commandes un livre par ici ou une brosse à dents électrique par là, des robots se chargent du travail de levage et de triage. Ils présentent aux personnes qui se chargent de l’emballage les casiers qui contiennent les produits commandés, d’où ils sont choisis et ajoutés à la commande. Des tâches qui prenaient à une personne des heures sont réalisées désormais en quelques minutes.

Pas encore repu avec son armée de plus de 30.000 robots, Amazon a lancé en 2015 son concours Amazon Picking Challenge. 25.000 $ ont été offerts pour la société qui produirait le robot le plus à même de saisir directement des objets, l’une des dernières tâches effectuées par des humains dans les entrepôts.

Même si les participants ont lamentablement échoué dans leur tentative d’être plus efficace que les humains, les progrès récents de la robotisation ont engendré l’émergence de robots aux doigts agiles de plus en plus proches de la rapidité et de la dextérité humaine.

Les robots vendeurs débarquent

Les robots intelligents font également leur apparition dans les magasins. Les Lowe’s Home Improvement Centers sont passés à la vitesse supérieure en introduisant leur « OSHbot » dans certains de leurs points de vente.

En utilisant un programme de reconnaissance faciale, les OSHbots identifient  les clients, se dirigent vers eux, se présentent et offrent leur aide. Le client pourrait dire : « j’ai besoin d’une ampoule ». L’écran du robot affiche alors toute une série d’options. Il suffit alors au client d’appuyer sur le produit désiré et le robot l’emmène jusqu’à son emplacement. Si vous avez besoin de davantage de clous, il suffit de scanner le produit pour que le robot l’identifie et vous y emmène (photo). Mais ce n’est que le début…

Hointer, magasin de prêt-à-porter de Seattle créé par un ancien d’Amazon, pense bien plus loin. Se basant sur la théorie affirmant que les hommes n’aiment pas faire du shopping, ce magasin utilise l’intelligence artificielle pour accélérer le processus.

Le client télécharge l’application Hointer sur son smartphone. Il lui suffit de choisir les produits qui l’intéressent, en indiquant la taille et le coloris, et le robot lui amène dans sa cabine d’essayage sa sélection en 30 secondes. Tout devient plus simple. Dans un futur proche, vous ne devrez même plus porter vos propres sachets ! Vos achats pourront être acheminés jusqu’à votre coffre grâce au chariot intelligent de Starship Technologies, une société estonienne. Ce chariot de livraison utilise des caméras et un GPS pour vous trouver. Vos achats : vos courses du supermarché, des médicaments, du lait infantile, se trouvent dans un compartiment qui peut être ouvert grâce à un code envoyé sur votre smartphone.

Le chariot de Starship est une espèce d’assistant personnel, le marché de la robotisation qui connaît probablement la plus grosse croissance. Ce système de livraison fera fureur auprès des personnes âgées, et à vrai dire dans toutes les tranches d’âge. »

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Gerald Celente

Après toute une série de commentaires agressifs de figures de la Fed, Janet Yellen a calmé tout ce petit monde en adoptant un ton extrêmement conciliant alors qu’elle s’exprimait mardi devant l’Economic Club of New York. D’après Gerald Celente, il s’agit du signe que la Fed est prête à faire marche arrière. C’est ce qu’il a dit en substance durant son interview du 30 mars sur KWN :

« Durant ces derniers jours, le cours de l’or a baissé dans la foulée de commentaires agressifs de la part de plusieurs présidents de Fed régionales. Ils se sont exprimés clairement en faveur d’une nouvelle hausse des taux, citant la réunion du comité de la Fed de fin avril en tant que date probable du prochain relèvement. Tout comme le président Obama et les médias dominants, le raisonnement est que tout ceux qui remettent en cause la vigueur de la reprise économique américaine « colportent des ragots », et que la prochaine hausse des taux, la seconde depuis 2006, se profile.

De ce fait, un dollar plus fort et des taux d’intérêt plus élevés ont été perçus en tant que mauvaise nouvelle pour l’or vu que d’après le monde financier, le plus gros défaut de l’or est qu’il ne rapporte rien. Cette perspective était donc plus favorable au billet vert qu’au métal jaune.

Mais alors qu’elle s’exprimait à l’Economic Club of New York mardi dernier, Janet Yellen a non seulement calmé les ardeurs de ceux qui s’attendaient à une hausse des taux fin avril, mais carrément remis en cause toute action d’ici la fin de l’année. De fait, depuis que la Fed a mis fin à sa politique de taux zéro, implémentée en 2008, en relevant de 25 points de base son taux directeur en décembre 2015, tout portait Wall Street à croire que nous allions vivre 4 relèvements dans l’année.

Cependant, citant des craintes concernant le ralentissement de l’économie chinoise, la stabilité des marchés émergents, les turbulences sur les marchés actions et la chute des matières premières, la présidente de la Fed a averti qu’un dollar plus fort ne ferait qu’empirer la situation en réduisant davantage les exportations américaines et en causant du tort au secteur manufacturier.

Plus Yellen parlait, plus le cours de l’or montait et plus les chances de normalisation tant attendue des taux baissaient. (…) Si on s’en réfère aux faits, les fondamentaux ne sont pas solides. Les bénéfices des entreprises américaines ont chuté de 5,1 % en 2015, soit la baisse la plus importante depuis 2008. À travers le monde, après être tombés à 23,1 milliards de dollars au T3, les bénéfices ont décliné de 6,5 milliards durant le T4. Aux États-Unis, où la consommation représente 2/3 du PIB, les dépenses en février n’ont augmenté que de 0,1 % alors que les chiffres de janvier ont été révisés de 0,5 à 0,1 %.

Et avec la baisse du marché des biens immobiliers anciens de 7,1 % de février, Yellen a déclaré que l’immobilier devait apporter une plus grande contribution au PIB américain.

Prévisions du magazine Trends (Gerald Celente) :

Vu la posture conciliante de la Fed et les politiques des autres banques centrales, en faveur de nouveaux QE, de taux négatifs et politiques qui dévalueront davantage les monnaies et qui sont l’anathème des marchés libres, nous restons positifs pour l’or. Nous maintenons notre prévision : l’or devra rester fermement au-dessus des 1200 $ pour atteindre l’étape suivante cruciale, les 1400 $. Lorsque le métal jaune se sera stabilisé au-dessus des 1400 $, nous nous attendons à une progression vers les 2000 $.

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Gerald Celente

Interview de Gerald Celente publiée sur KWN le 17 février 2016 :

« Après l’un des pires débuts d’année des marchés, les actions ont subitement connu un rebond. Par exemple, le Nikkei clôturait la semaine dernière à son plus bas depuis octobre 2014. Quels sont les fondamentaux qui justifient la hausse de cette semaine ? Est-ce la mauvaise nouvelle que l’économie du Japon s’est contractée de 1,4 % durant le dernier trimestre ?

Non. Ce qui a profité aux marchés actions, c’est la logique foireuse que malgré la double salve inutile de bazooka monétaire de la banque du Japon, le chiffre désastreux du PIB sera le prétexte à un nouveau round de stimulations.

Avant l’ouverture des marchés chinois ce lundi, qui furent fermés pendant une semaine, le Shanghai Index avait plongé de 47 % depuis son pic de juin. Est-ce en raison de la nouvelle pourrie que les exportations chinoises ont chuté de 11,2 % en janvier et que les importations ont plongé de 18,8 % que les marchés sont repartis à la hausse ?

Non. Comme c’est le cas du Japon, les chiffres horribles ont été interprétés en tant que signe positif que la banque de Chine va prendre des mesures pour doper cette croissance en berne.

Les actions européennes entrent dans un marché baissier

Du côté de l’Europe, c’est plus ou moins la même histoire à quelques détails près. Jeudi dernier, le FTSE All-World Index est entré dans un marché baissier. Le Stoxx 600 était en baisse de 14 % pour atteindre son plus bas niveau depuis la crise de la dette européenne. Les titres bancaires ont également plongé de 24 % depuis le début de l’année.

Mais soudainement, les marchés sont partis à la hausse vendredi dernier pour continuer sur leur élan durant cette semaine. Bien entendu, ce rebond n’est pas à mettre au crédit de la croissance anémique de la zone euro de 1,1 % enregistrée durant le dernier trimestre de 2015 et d’une performance économique en dessous des niveaux que l’on connaissait avant la panique de 2008.

En fait, cette hausse a été provoquée par la décision de la Deutsche Bank de racheter pour 5,4 milliards de dollars de ses émissions obligataires et par la nouvelle que les cadres supérieurs de la banque espagnole Santander achètent les actions de leur banque en signe de confiance.

Super Mario est de nouveau à l’œuvre dit Gerald Celente

Pour la 3e fois en autant de semaines, le président de la BCE Mario Draghi a de nouveau sorti de sa manche la carte de la stimulation, annonçant que son institution « n’hésiterait pas à agir » pour surmonter les « défis significatifs » qui ont impacté les marchés mondiaux depuis le début de l’année.

Du côté des États-Unis, alors que le Dow était en baisse de 14,5 %, le Nasdaq de 18 % par rapport au plus haut de l’année dernière, et que le KBW Nasdaq Bank Index était en berne de presque 20 % depuis le 1er janvier, les marchés actions ont subitement grimpé vendredi après la publication de la hausse dérisoire de 0,2 % des ventes de détail enregistrée en janvier.

Mais ce qui a vraiment poussé les marchés dans le dos, c’est la nouvelle que le CEO de la JP Morgan Jamie Dimon allait acheter 26 millions de dollars d’actions de sa propre banque en signe de confiance.

En bref, c’est la « confiance », et non les fondamentaux économiques, qui ont poussé subitement les marchés à la hausse. Le titre principal de la une du New York Times de mardi résume parfaitement la situation : « les actions mondiales soutenues par la foi des investisseurs ». Oui, la foi des investisseurs en davantage de stimulations inutiles des banquiers centraux et les rachats d’actions et d’obligations sans importance. Sûrement pas par la foi en les mécanismes de découverte du juste prix ou en la croissance robuste du PIB. »

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inflation billets

Article de Gerald Celente, publié le 5 novembre 2015 (source) :

« Dans un passé assez récent, les génies des banques centrales commencèrent à conter l’histoire que l’économie a besoin d’inflation. Mais pas n’importe laquelle. Dans leur univers merveilleux, la dose parfaite de 2 %, pas trop ni trop peu, est nécessaire pour obtenir une économie saine.

Même s’il n’existe aucun modèle économique ou des données quantifiables pour prouver cette assertion, les médias financiers ne cessent de la répéter, vendant l’idée qu’un taux d’inflation de 2 % créera de l’emploi et stimulera la croissance.

« Des craintes concernant la faiblesse de l’inflation refroidissent la Fed », s’exclamait le Wall Street Journal du 9 octobre suite à la publication des minutes de la Fed annonçant qu’elle avait décidé de ne pas toucher à ses taux.

Qui a décidé cela ? En quoi l’inflation, soit le fait de payer plus pour des biens ou des services, représente pour les travailleurs le tonique financier idéal à avaler ?

Aux États-Unis, par exemple, avec des salaires qui oscillent entre le déclin et la stagnation, de l’inflation signifie payer plus pour avoir moins. Avec un revenu médian des ménages inférieur aux niveaux de 1999, comment l’inflation pourrait-elle encourager la consommation ? En quoi l’inflation pourrait-elle être bénéfique lorsque, d’après les dernières statistiques de la sécurité sociale, 63 % des Américains gagnent moins de 40.000 $ par an ?

Malgré ces mauvais chiffres, et tandis que le chômage est bien plus élevé, les revenus réels et les salaires ont chuté de façon encore plus dramatique dans de nombreux autres pays à travers le monde, les charlatans des banques centrales persistent à chanter leur chanson sur l’inflation.

Un article du Financial Times du 31 octobre s’intitulait : « la BCE manque son objectif d’inflation en raison de la faible augmentation des prix dans la zone euro ». Dans le contenu, on pouvait lire que les prix avaient augmenté dans la zone euro tout en étant bien loin de l’objectif d’inflation de 2 % de la BCE, requis pour soutenir la croissance dans la région.

Cet article se lamentait sur le fait que « la zone euro fait face à une faible hausse des prix ». Il citait également Peter Praet, économiste en chef de la BCE, qui affirmait qu’il est du devoir des banquiers centraux « d’utiliser tous les instruments disponibles pour atteindre l’objectif d’inflation ».

L’objectif ?

Oui, il y a un objectif d’inflation de 2 % dans la zone euro, qui fut fixé par le traité de Maastricht, signé par les 12 nations membres de l’époque, en 1992. Mais l’objectif n’était pas d’atteindre les 2 % d’inflation, il était de ne pas les dépasser. (…) Il faut dire que quelques mois avant la signature du traité, l’inflation s’était élevée à 5 %, un record pour la zone euro.

Prévisions de Trend : au-delà de la baisse des salaires, qui est le résultat d’une contraction économique globale, les cours des matières premières ont lourdement chuté. L’inflation que nous connaissons est donc simplement un problème d’offre et de demande qui présage le commencement d’un cycle déflationniste à long terme. »

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Gerald Celente

Interview de Gerald Celente donnée le 22 juillet à KWN :

Eric King : « Gerald, depuis la première fois que l’or est passé en dessous des 1200 $ l’once en juin 2013, vous avez affirmé que le risque baissier était limité à 100/150 $ et vous avez répété cette prédiction à plusieurs reprises malgré le récent plongeon du métal jaune, la précision de votre prédiction est remarquable mais comment saviez-vous que le marché serait secoué une dernière fois ? »

Gerald Celente : « Parce que les marchés sont manipulés. Il ne s’agit pas d’une théorie du complot, c’est un fait. Nous savons déjà que le LIBOR et le marché des changes sont manipulés, nous savons également qu’il y a des enquêtes concernant la manipulation du marché de l’or et ce n’est pas dans l’intérêt des banques centrales, qui créent des trillions de dollars de monnaie fiduciaire afin de soutenir les marchés actions, de voir leur monnaie se dévaluer.

J’ai toujours acheté de l’or en tant que valeur refuge dans un monde qui dévalue sous nos yeux la valeur des devises. Je n’ai jamais cherché à acheter de l’or pour me protéger de l’inflation car j’ai toujours pensé que les économies mondiales allaient ralentir de façon dramatique d’un point de vue de l’industrie et de la consommation ce qui signifie surabondance de l’offre et baisse de la demande, donc la déflation. Elle se manifeste déjà dans le cours du minerai de fer, du cuivre, du nickel, de l’aluminium, du pétrole et même des matières premières agricoles alors que la demande continue de faiblir.

Les nations productrices de matières premières en sérieuse difficulté

Pour moi l’achat d’or est donc une protection contre la dévaluation des devises mondiales. Aujourd’hui le dollar australien et à son plus bas depuis 6 ans face au dollar. Quelles sont les plus grosses exportations de l’Australie ? Le minerai de fer et d’autres métaux.

Le dollar canadien est également au plus bas face au dollar américain, la devise d’un pays qui exporte beaucoup de pétrole notamment provenance de sable bitumineux, cher à produire.

Le real brésilien est également à son plus bas face au billet vert depuis 10 ans. Pourquoi ? Car il s’agit d’un pays riche en ressources naturelles qui ne dispose pas d’un marché domestique suffisant pour écouler sa production. La roupie indienne est au plus bas depuis 17 ans face au dollar parce que le secteur industriel indien ralentit ainsi que le développement. Si les Américains ne consomment pas, les Indiens, les Chinois et les Vietnamiens ne peuvent pas fabriquer.

La problématique va bien plus loin que l’or. Le Canada est en récession, l’Australie est en bonne voie de l’être, les devises des pays d’Amérique latine qui produisent beaucoup de matières premières sont massacrées, un environnement qui précède une énorme récession mondiale. C’est pourquoi les sirènes d’alarme résonnent. N’oubliez pas que le FMI vient de réduire ses prévisions de croissance à des niveaux qui n’ont été plus vu depuis 2009, au pire de la grande récession. (…)

Pourquoi le dollar est-il si fort ? Uniquement parce que les autres devises le battent dans la course vers le fond qu’elle se livre toutes. La vigueur du dollar n’est pas à remettre sur le compte des capacités de production des États-Unis ou de sa croissance économique. Tout le monde peut voir les chiffres décevants des ventes de détail mais maintenant ils ne peuvent plus utiliser : l’excuse bidon de l’hiver rigoureux. N’oubliez pas que la consommation représente 2/3 du PIB américain. Il n’y a pas d’embellie économique, le Ponzi global va s’effondrer. Les Chinois viennent d’injecter 200 milliards dans leurs marchés boursiers pour les soutenir et malgré cela, ils se sont simplement stabilisés. Les tentatives de faire repartir la machine ne marchent plus.

C’est pourquoi j’ai toujours dit que mon or me servira pour mes vieux jours. Je ne suis pas un trader or, j’en possède à long terme. En bref, je pense que le pire est derrière le marché de l’or. Pourrait-il encore baisser ? Oui. Mais en comparaison avec le potentiel haussier allant au-delà de 2000 $ l’once, le risque d’une baisse est limité. »

Gerald Celente

Le « banquisme », c’est le terme inventé par Gerald Celente pour définir un environnement financier dans lequel les banques centrales pilotent les cours. De plus en plus d’investisseurs renommés le reconnaissent désormais ouvertement (source) :

« Le « banquisme » est l’une de nos top tendances pour 2015 (du magazine Trends)et hier la Fed nous a donné raison à 100 %.  Il ne s’agit plus de capitalisme. Pour s’en convaincre il suffit de lire l’article à la une du Financial Times de mercredi, « une hausse des taux de la Fed pourrait déboucher sur une baisse similaire à celle de 1937 ».

Dans la note qu’il envoie à ses clients, Ray Dalio a écrit qu’il évite « de placer de gros paris sur les marchés financiers, de peur que le changement de politique attendue de la part de la Fed aient des conséquences inattendues et dramatiques. » Veuillez remarquer qu’il a utilisé le mot « paris ». Ce ne sont rien d’autre que des joueurs, rien de plus. Ce ne sont pas des investisseurs. Ces taux plancher et cette abondance de liquidités ont boosté les marchés. Vous empruntez gratuitement de l’argent pour le jouer ensuite.

Cette combine de Yellen est une honte pour l’Amérique. Quand vous voyez la pression qu’ils mettent sur elle cela ne pourrait pas être plus gros. C’est non seulement du banquisme mais des allocations à l’attention de Wall Street. C’est du fascisme, la fusion entre les puissances publiques et privées. La Fed cède aux pressions de Wall Street et des gros joueurs.

La Fed est même mise sous pression par Christine Lagarde, qui a averti qu’“une hausse des taux pourrait créer de l’instabilité sur les marchés émergents ».  Donc, si on coupe la méthadone monétaire de ces drogués, il y aura de l’instabilité. Il faut donc continuer de leur fournir leur dose. De toute ma vie, je n’ai jamais vu quelque chose d’aussi honteux.  (…)

Si vous lisez le communiqué de la Fed, elle a abaissé ses prévisions de croissance pour cette année. Le plus important, c’est l’absence de croissance économique malgré les QE et taux 0. Les seules personnes qui en ont profité, ce sont les drogués de l’argent. (…) »

Gerald Celente

Article publié sur KWN le 2 mars 2015 :

« Nous vivons des moments historiques. Un phénomène unique a lieu, ignoré des médias. La semaine dernière pour la première fois de son histoire, l’Allemagne a vendu des obligations à 5 ans générant un rendement négatif. L’Allemagne n’est pas un cas particulier. Les nations de l’eurozone comme la France, la Belgique, la Finlande, Danemark, la Suisse, les Pays-Bas, la Suède et l’Autriche ont émis des obligations à taux négatif.

Cela signifie que les investisseurs, en contrepartie de l’indisponibilité de leur argent pendant plusieurs années, recevront une somme inférieure à celle payée.

Les obligations, l’illusion de la sécurité

La croyance que les obligations d’État offrent la sécurité alors que le futur économique est incertain est l’un des motifs qui poussent les investisseurs à accepter cette perte. Et tandis que les taux d’intérêt négatifs se multiplient dans le secteur bancaire (l’épargnant doit donc payer pour avoir des sous sur son compte) et que le concept de bail-in (renflouement interne) permet la saisie des dépôts qui sont supérieurs aux montants assurés, les taux obligataires négatifs seraient préférables au dépôt en banque.

De plus dans ce contexte déflationniste et de dévaluation des monnaies, les investisseurs estiment que l’achat d’obligations pourrait s’avérer rentable si la déflation est supérieure au taux d’intérêt négatif.

Lorsque j’ai prédit le début du marché haussier de l’or en 2001, je m’étais reposé en partie sur les faibles taux d’intérêt de l’époque, au plus bas depuis 46 ans, qui rendaient l’argent aisément accessible à tout un chacun et ouvraient la porte aux abus. Mon raisonnement était le suivant : plus l’argent facile allait inonder le marché, plus sa valeur allait baisser. Et plus on injectait d’argent dans les marchés actions et immobilier, plus les bulles allaient gonfler. En novembre 2007 j’avais réservé le nom de domaine ThePanicof08.com, anticipant l’éclatement des bulles. (…)

Aujourd’hui, quasi toute personne ouverte d’esprit et sans agenda caché connait l’état réel de l’économie et ce que cela signifie. Les dizaines de trillions de dollars, de yens, de yuans et d’euros fraîchement créés sans parler de toutes ces années de taux zéro ou négatifs, un événement sans précédent ont de nouveau créé des bulles spéculatives spectaculaires sur les marchés actions. Si on ajoute l’instabilité géopolitique et les incertitudes économiques, l’or est la plus sure des protections.

Le fameux argument des adversaires de l’or, « l’or ne génère pas de rendement », n’a aujourd’hui plus aucun sens alors que les taux négatifs se multiplient. Et tandis qu’il est sûr et certain que la valeur des obligations allemandes et des autres aura baissé dans 5 ans, les chances d’une hausse de l’or d’ici 5 ans sont beaucoup plus élevées qu’une baisse. »

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Gerald Celente

Le rédacteur en chef du magazine de prévisions Trends, Gerald Celente, a mis la déflation en bonne place dans son classement des 9 tendances qui animeront l’année 2015. Il s’en est expliqué en exclusivité avec KWN :

« Afin de comprendre cette tendance, nous devons d’abord être familiers avec le terme ‘Globalnomic’, qui signifie que toute l’économie est interconnectée. Dans ce contexte, la guerre des prix va faire rage en 2015. Regardez ce qu’il se passe sur le marché du pétrole. Écoutez ce que disent la BCE, le Japon et les autres banques centrales du monde. Elles parlent de déflation. Elles craignent de voir les prix baisser.

En ce qui concerne le pétrole, l’Arabie Saoudite vient juste de déclarer que le cours du Brent oscillerait autour des 60 $ le baril. Pour rappel, il était encore à 115 $ en juin dernier. C’est donc le début d’une grande guerre des prix. Que font les Saoudiens ? Ils envoient en gros le message suivant : nous allons vous fournir du pétrole moins cher, nous allons mettre les autres en faillite afin de contrôler encore mieux le marché et de se débarrasser de la concurrence. Pour ce faire, nous allons baisser les prix.

Regardez également ce qu’il s’est passé durant les soldes. Black Friday ? Je dirais plutôt Red Friday, au vu des chiffres affichés ce jour-là. La fédération nationale des commerçants avait prévu une hausse de 4,1 %, alors qu’ils ont chuté de 11 %. Ce fut la guerre des prix : – 50 %, – 75 %. Il y a quelque chose de nouveau. Avant, juste avant la période de Noël, les gens se dépêchaient de faire leurs achats afin de pouvoir mettre le grappin sur ce qu’ils voulaient offrir. Il y avait des ruptures de stock pour les moins rapides. Aujourd’hui, c’est fini.

C’est comme pour le pétrole : l’offre dépasse la demande. Que l’on parle de jouets, de pétrole, de cuivre ou de presque n’importe quoi, l’offre est supérieure à la demande. C’est pourquoi cette guerre des prix va se développer, ce sera l’un des grands thèmes de 2015. La déflation dont nous parlons est bel et bien réelle, elle arrive.

Ce qui signifie que de plus en plus d’entreprises vont baisser leurs prix afin de trouver de nouveaux clients. Comment cela va-t-il se terminer ? Il n’y aura pas de fin heureuse, car une fois cette spirale initiée, elle entrera dans un cercle vicieux. (…) »

Gerald Celente

Alors que la Fed est sur le point de mettre un terme à son QE, elle n’injecte plus que 15 milliards de dollars par mois sur les marchés. Voici ce qu’en pense Gerald Celente, qui a également fourni son sentiment sur l’or durant sa dernière interview sur KWN.

Gerald Celente : « la Fed a annoncé la poursuite du tapering, si bien qu’elle n’injecte désormais plus que 15 milliards de dollars par an dans le système. Mais je pense que la nouvelle de l’OCDE qui abaisse ses prévisions de croissance à l’échelle mondiale est plus importante. Elle avertit également que le risque est très élevé dans l’environnement actuel.

Ce ne sont pas que les économies européennes et américaines qui patinent. Regardez ce qui se passe en Chine. Elle vient de lancer elle aussi un programme d’assouplissement quantitatif parce que son économie ralentit et que son système bancaire est en difficulté.

Il s’agit donc d’un ralentissement global. Si vous regardez les chiffres de la production industrielle, des ventes au détail, de l’emploi, c’est la stagnation ou la baisse, parfois une très légère hausse. Tout ceci avec des taux d’intérêt au plus bas. Pour les gens à la mémoire courte, la Fed n’a plus relevé ses taux d’intérêt depuis 2006. Et malgré ces taux planchers, à des niveaux historiques, l’économie reste à la traîne.

Les médias dominants peuvent balancer toute la propagande qu’ils veulent, les faits sont têtus, et la vérité, c’est que nous assistons à un ralentissement mondial et que les économies du monde entier calent. Désormais, la Fed a déclaré qu’elle ne savait pas quand elle allait remonter ses taux, qu’il s’agit plus une question de chiffres que de timing. Si les statistiques économiques suivent la tendance actuelle, cela signifie que les taux ne bougeront pas en 2014.

Eric King : « Gerald, mis à part la propagande de la Fed, que se passe-t-il réellement dans l’économie américaine ? »

Gerald Celente : « regardez les chiffres. Concernant les ventes de détail, la production industrielle, le logement et l’emploi, c’est faible. C’est très important, car toute reprise économique implique que de nombreux indicateurs passent au vert. Mais cela ne se produit pas. Et, une fois de plus, c’est un phénomène mondial.

La Chine avait déclaré qu’elle ne s’engageait pas dans un programme de stimulation, mais elle a retourné sa veste car l’économie faiblit. Au fait, si vous analysez les chiffres du chômage en Chine, les jeunes diplômés ne trouvent pas de travail. Cela s’explique par le fait que la création d’emplois a lieu au niveau de postes à faible valeur ajoutée. La Chine est donc également en crise, et elle risque d’être pire que celle des États-Unis car il s’agit d’un pays de 1,2 milliard de personnes.

La Chine n’a pas peur des États-Unis, ou du Japon. Sa plus grande crainte, c’est sa propre population. Si elle ne parvient pas à créer de l’emploi, elle devra faire face à des remous sociaux sérieux. On parle très peu aux États-Unis du nombreux d’émeutes, de troubles sociaux et de remous qui ont lieu en Chine. De nombreux problèmes sociaux et économiques affectent une grande partie de la société chinoise.

Pourtant, dans ce pays, il y a 70 millions d’appartements de luxes qui sont vides. Notamment parce que ses diplômés ne trouvent pas de travail.

Après l’annonce du tapering de la Fed, l’or et l’argent ont baissé, tandis que le dollar a grimpé. Mais ce ne sera que temporaire. Le tournant pour le marché de l’or sera lorsque la Fed sera forcée d’admettre qu’elle doit injecter encore plus d’argent contrefait dans le système afin de le propulser.

Je pense que cela arrivera lorsque les taux d’intérêt remonteront. Lorsque cela arrivera, cette timide reprise prendra fin. La seule chose qui a maintenu les marchés et l’économie à flot, ce sont les taux d’intérêt très bas. (…)

Nous voyons un nombre record d’entreprises acheter leurs propres actions. C’est aussi ce qui soutient les marchés, sûrement pas les fondamentaux. Mais ce sera la panique lorsque l’économie va commencer à vaciller. Cela entraînera l’annonce d’un nouveau programme de stimulation de la Fed, qui propulsera l’or vers de nouveaux sommets.