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Grant Williams

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Étranglement des positions short (short squeeze), revirement de psychologie, indicateurs techniques… Grant Williams, gestionnaire de patrimoine respecté de Singapour, a livré à KWN comment il voit la situation du marché de l’or évoluer dans les mois qui viennent.

Grant-Williams-Or

« Désormais, tout n’est plus qu’une question de retour de la confiance. Nous avons vu les actions minières mener la hausse. Celles-ci ont mieux performé que les métaux précieux, ce qui est logique. De l’argent frais est investi dans ce secteur, ce qui est très bon signe.

Cela fait longtemps que l’on attend ce revirement. Nous allons peut-être assister à un retour de la confiance, au sentiment qu’un virage est vraiment pris sur le marché des métaux précieux. C’est vrai que vous nous avons assisté à de faux départs, mais cette fois, cela pourrait bien être la bonne.

Je ne dis pas que nous allons nécessairement retourner directement vers les 1900 $ l’once, mais si nous parvenons à tenir le seuil des 1300 $, et que le support est solide, puis que nous parvenons à dépasser et à tenir la barre des 1350 $, vous allez voir des tas de gens se mettre subitement à parier sur la hausse, et c’est à ce moment-là que le feu d’artifice démarrera.

Au niveau technique, on approche également de la « Golden Cross », une configuration dans laquelle, historiquement, s’ensuit une hausse importante de l’or et de l’argent. Rien que ce fait poussera beaucoup d’investisseurs à acheter, c’est pourquoi les indicateurs techniques sont importants à suivre.

En ce qui concerne le marché physique, pendant des années nous avons expliqué que l’or ne cesse d’être transféré de l’Occident vers l’Orient. Ce qui semblait être une fiction devient de plus en plus concret. Et tandis que l’or rejoint les coffres d’entités qui ne sont pas prêtes de s’en départir, nous allons assister à de violents mouvements à la hausse. Pour que les nouveaux acheteurs trouvent des gens désireux de vendre, il faudra que le cours augmente d’au moins quelques centaines de dollars par rapport aux niveaux d’aujourd’hui.

En ce qui concerne les shorts, James Turk a raison. On a connu l’année dernière un grand fossé entre le cours de l’or papier et de l’or physique. À cette époque, personne ne se souciait de ce qui se passait sur le marché physique, la confiance était au plus bas, ce qui a profité à fond aux positions short et qui a permis au cours de plonger.

Mais pendant une hausse, les gens voudront prendre possession de l’or physique. Mais encore faut-il mettre la main dessus.

Désormais, depuis son plus bas, l’or s’est stabilisé. Il a connu des hauts et des bas (depuis le premier plus bas à 1180 dollars), mais repart désormais à la hausse. Cela contribuera à faire revenir la confiance. Les gens vont se dire : « l’or tient les 1300 dollars, c’est peut-être le moment de jouer la hausse. »

S’il n’y avait que du papier, ce ne serait pas grave. Mais certains oublient que derrière, il y a un actif tangible. Et celui-ci a inexorablement filé vers la Chine, l’Inde, le Vietnam, etc. Si ce short squeeze arrive et que les investisseurs à court terme se remettent à jouer la hausse, le cours pourrait atteindre des niveaux que vous ne soupçonneriez même pas. »

Source : condensé des 2 interviews de William s sur KWN (ici et ici)

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London-FixPour ceux qui ne savent pas en quoi consiste le London Fix, permettez-nous de résumer de quoi il s’agit. 2 fois par jour, les 5 plus grandes banques de lingots (Nova Scotia, Barclays, Deutsche Bank, HSBC et Société Générale) organisent une conférence téléphonique afin de déterminer quel sera le cours de l’or valable pour les banques centrales, les sociétés minières et les autres acteurs du marché de l’or « en gros ». Le London Fix fut instauré en 1919. À l’époque, il avait lieu chez Rotschild, aujourd’hui il se fait par téléphone.

Une situation qui ne plaît pas trop à Grant Williams, qui s’en est expliqué sur KWN :

London Fix : une procédure anachronique

« Chaque jour, 5 banques décident du cours de l’or à Londres. Ils le font littéralement par téléphone. La procédure peut prendre quelques minutes ou une heure, c’est selon. Et, de façon incroyable, durant cette période, les participants ont le droit d’être actifs sur le marché de l’or et de ses produits dérivés.

Cette procédure est tellement obscure et ridicule dans notre monde technologique d’aujourd’hui qu’on ne peut la considérer que comme une farce. Lorsqu’on voit les volumes qui sont échangés durant la période du London Fix, que l’on n’essaie pas de me faire croire qu’aucune information ne fuite durant la réunion. Apparemment, il va y avoir une enquête à ce propos.

De toute façon, ce London Fix ne concerne que le cours des contrats future (note : mais celui-ci influence le cours actuel évidemment). Le problème, c’est que les conséquences de cette manipulation sont toutes autres que celles du LIBOR, des taux de change, etc. Car en ce qui concerne le marché physique de l’or, il y a une prime à acquitter pour acquérir le métal, prime qui est totalement absente lorsque vous achetez de l’or papier.

Ils peuvent donc faire ce qu’ils veulent sur le marché papier, cela ne change rien au fait que l’or physique change de mains, pour atterrir chez des investisseurs très solides. Le problème, c’est que lorsque la manipulation sera mise à jour, ce sera trop tard. Il n’y aura plus d’or (en occident). Il sera en Inde, en Chine, dans les coffres des banques centrales et d’investisseur privé richissimes. Il ne pourra plus le récupérer. Quand ce jour arrivera, on découvrira vraiment le véritable cours de l’or. »

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De Grant Williams (source) :

« Nous avons assisté à beaucoup de capitulation ces derniers temps, et pas que sur le marché de l’or. Hugh Hendry, un irréductible bear, vient de jeter l’éponge et se met à acheter les marchés. Dépité, il a déclaré : nous sommes probablement à un plus haut, mais je ne veux pas continuer à regarder les autres faire des profits. Il s’agit d’une situation explosive, car les gens achètent simplement car les autres gagnent de l’argent. C’est exactement ce qui s’est passé en 1999 (et en 1929 aussi).

Les gens savent pourtant que la situation est dangereuse, et qu’il faut être prêt à sortir assez rapidement. Pour l’or, c’est tout le contraire. La plupart des acheteurs ont été dégoûtés, tandis que d’autres essayent encore de se faire de l’argent en pariant à la baisse. Mais ceux qui shortent ont intérêt à se méfier et être prêts à couvrir leurs positions.

Car la situation de l’or papier et extraordinaire. 69 personnes détiennent un certificat pour une même once d’or physique. Imaginez ce qu’il se passerait si une grosse entité comme la Bundesbank décidait de récupérer son or. »

Explosive en effet. Si on regarde le graphique ci-dessous, on voit que le COMEX a rarement été sous une telle pression : sur le 3e graphique, on voit que les stocks du COMEX n’ont jamais été aussi bas, tandis que le nombre de certificats papier pour chaque once d’or physique a littéralement crevé tous les plafonds.

COMEX-situation-levier-or-papier

Le sentiment est tellement négatif pour l’or que ceux qui détiennent aujourd’hui le physique sont ceux qui ne vendront sous aucun prétexte. Lorsque les gens vont alors vouloir posséder de l’or physique, il y en aura très peu à acheter sur le marché. C’est alors que l’on assistera à une explosion du cours de l’or.

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Ben-Bernanke-OrAlors que, cette fois, les marchés ne s’attendaient pas à l’annonce d’une diminution de l’assouplissement quantitatif de la Fed, la nouvelle a provoqué une baisse du cours de l’or, ce qui semble totalement absurde. Voici ce qu’en pense Grant Williams (interview KWN) :

Grant Williams : « Les gens doivent bien comprendre que le cours de l’or n’est qu’un chiffre. Depuis 2008, il a augmenté de 1000 $ par rapport à son pic. Je n’ai pas peur de dire qu’il va augmenter d’encore 1000 $ (note : prévision similaire à celle de Jim Sinclair, qui avait prédit en 2000 que l’or serait à 1650 $ l’once en 2011, et qui annonce l’or à 3200-3500 dollars d’ici 2016, et 50 000 dollars en 2020). L’or permet de protéger ses avoirs. Il est malmené depuis des années par le marché papier.

En Orient, les gens achètent de l’or depuis la nuit des temps. Il permet de protéger sa richesse. Ils continueront de le faire. Plus le cours baissera, plus ils en achèteront. Mais si le cours augmente, ils continueront d’en acheter. C’est ainsi qu’il faut définir l’or : un moyen sûr de protéger sa richesse, contre toute une série de catastrophes.

Aujourd’hui, il y a donc un fossé entre la vision de l’Orient et de l’Occident. En Inde, le patrimoine d’une famille se mesurant Nord, qui est transmis de génération en génération. Les Indiens ne vendent de l’or qu’en cas d’absolue nécessité, car c’est exactement son rôle : une sécurité en cas de coup dur. Ils n’iront pas revendre leur métal si le cours augmente subitement de 100 $.

En Occident, les gens qui raisonnent de la même façon représentent une infime minorité. Mais, au fur et à mesure que la confiance dans les monnaies papier va disparaître, de plus en plus de gens vont se tourner vers l’or. D’ailleurs, il faut noter que cette perte de confiance se fera extrêmement rapidement.

Pour l’instant, c’est l’euphorie à cause des marchés qui battent tous les records. Évidemment, on sait que cette euphorie est uniquement due à la politique de la Fed. Quand des gens intelligents comme Paul Singer et Spitznagel disent « je n’aime pas ces marchés,  je préfère m’en tenir éloigné », il vaut mieux les écouter, car ils savent de quoi ils parlent. Ils tradent avec succès depuis des décennies, or ils se font du souci. Les choses pourraient mal tourner très rapidement, car ces marchés sont en lévitation, sur base de volumes très faibles.

Je pense que l’on risque d’assister à une correction violente, et soudaine, dans les 6 mois qui viennent. Cela poussera la Fed à intervenir davantage. Ce qui signifie donc plus d’assouplissement quantitatif, car ils ne savent pas quoi faire d’autre, ce qui sera très positif pour l’or. »

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Grant-Williams-Or-IndeGrant Williams fait le point sur le marché de l’or, notamment en Inde, qui pourrait louer ou vendre 200 tonnes d’or alors que la roupie s’effondre (source KWN : ici et ici).

Ce qui se passe actuellement sur le marché de l’or est fascinant. Les chiffres des exportations d’or de Grande-Bretagne vers la Suisse sont extraordinaires. Les raffineurs suisses fondent les lingots de 400 onces pour revendre le métal jaune dans des formats plus portables, en Asie, ou les primes sont les plus élevées. Quand on voit les importations de Hong Kong, c’est incroyable.

J’essaie que les gens comprennent ce qu’il se passe. En Asie, l’or est un symbole de richesse. Lorsqu’ils en achètent, c’est pour le garder à vie. En Inde, une grande peur habite la population. Le gouvernement a mis en place un contrôle des capitaux très important afin d’empêcher l’arrivée d’or sur son marché. Désormais, la banque centrale indienne pourrait louer 200 tonnes de son or, espérant encaisser 23 milliards de dollars d’intérêts.

S’ils le font, ce sera très risqué pour eux, vu la rareté actuelle de l’or. Je pense que si les Indiens font l’erreur de se déposséder du métal, ils ne le reverront jamais. Vu la situation du marché, il est extrêmement dangereux de le prêter.

Grant Williams : les Indiens achèteront de l’or, que le gouvernement le veuille ou non

En ce qui concerne la population, celle-ci a dû se tourner vers le marché noir afin d’assouvir sa soif d’or. Depuis les barrières mises en place par le gouvernement, l’importation illégale d’or est 10 fois plus importante qu’auparavant. Pourtant, on considère que 95 % de l’or importé en douce n’est pas détecté. D’une façon ou d’une autre, le métal rentrera en Inde, car les Indiens ne font pas confiance en leur devise. Pour eux, la monnaie, c’est l’or, et pas le papier émis par le gouvernement.

Celui-ci peut mettre en place des quotas, interdire les importations ou danser sur sa tête : l’or rentre malgré tout dans le pays, car il s’agit d’un élément culturel de l’Inde. Je ne pense pas que l’Occident parviendra convaincre l’Inde de vendre ces 200 tonnes d’or.

Aujourd’hui, les marges de manœuvre pour manipuler le cours sont très minces. Les manipulations via le marché papier des futures a montré toutes ses limites : arrivé à un certain seuil, le cours manipulé déclenche une vague d’achat, et tôt ou tard, il faut fournir le métal. Bien sûr, dans les années 70 et par après, le FMI a menacé de vendre de l’or. Mais à l’époque, l’Asie était un continent pauvre. Les gens achetaient de l’or quand il le pouvait, à la marge. Mais aujourd’hui, l’Asie est une puissance économique de premier plan.

Ils ont les moyens, mais aussi un grand désir d’acheter de l’or. Si on met du métal jaune à leur disposition, au cours actuel ou plus bas, ils l’achèteront sans hésiter.

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Grant-Williams-Or-COMEXGrant Williams : « Ce qui se passe en ce moment est très intéressant. Nous allons assister au second acte de la pièce qui a débuté en avril pour l’or. Au premier acte, on a assisté à une chute spectaculaire du cours de l’or sur les futures, ainsi qu’à une demande énorme pour le métal physique.

Comme je l’ai déjà dit par le passé, nous allons vraiment comprendre les changements structurels que ces événements vont entraîner sur le marché lorsque nous allons assister à l’explosion du cours de l’or. Les premiers signes d’une hausse à venir sont déjà perceptibles. Ces derniers jours, le cours a grimpé de 4 %, tandis que les actions minières du GDX ont progressé de 17 %. Tandis qu’énormément de métal physique continu d’être vendu.

Ceux qui suivent les inventaires des acteurs majeurs du COMEX ces derniers jours, notamment du Big 3 que sont HSBC, JP Morgan et Scotia Mocatta, on a assisté à des jeux de chaises musicales bizarres (comme rapporté sur ZeroHedge). HSBC dispose encore de 3,5 millions d’onces, ScotiaMocatta d’environ 2 millions d’onces tandis que la JP Morgan n’a plus qu’environ 100.000 onces d’or. C’est un fait sans précédent.

Grant Williams : les stocks d’or du COMEX se tarissent

Tout cet or s’évapore. Il sort des coffres du COMEX. Il quitte le système vers des mains privées. On suppose qu’il remplit les coffres des banques centrales des pays orientaux, d’investisseurs privés et de petits porteurs qui se soucient de leur avenir financier. Je suis vraiment impatient de voir ce qu’il va se passer dans les semaines et mois à venir, car je pense que l’on va assister à une explosion du cours de l’or.

Mais l’or ne sort pas que du COMEX ; il quitte également le GLD. Lorsque les détenteurs de papiers vont se rendre compte des niveaux très bas des inventaires, et vont eux aussi demander livraison, on risque d’assister à une situation très intéressante.

Il était clair que tôt ou tard, ce système de réserve fractionnel allait être mis à mal. Je pense que la demande de la Bundesbank, désireuse de récupérer son or, a mis le feu aux poudres. Les gens qui ont une promesse de recevoir de l’or vont commencer à douter. La chasse au métal physique deviendra alors une course effrénée. Pas besoin de vous faire un dessin pour mesurer les implications sur le cours de l’or. »

Source : interview de Grant Williams sur KWN