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Grèce

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Article de Paul Craig Roberts, publié le 25 mai 2016 sur son blog et sous-titré :

L’assaut de l’Allemagne sur le FMI

Ayant utilisé avec succès l’UE pour conquérir le peuple grec en faisant de son gouvernement « de gauche » la marionnette des banques allemandes, l’Allemagne trouve désormais sur son chemin le FMI, qui l’empêche de poursuivre le pillage de la Grèce.

Les règles du FMI l’empêchent de prêter à des pays qui sont dans l’incapacité de rembourser. Sur base des faits, le FMI a conclu que la Grèce est bel et bien dans l’incapacité de payer. Le FMI ne souhaite donc pas prêter davantage d’argent à Athènes, argent qui sert à payer les banques privées.

Le FMI affirme que les créditeurs de la Grèce, qui sont nombreux à ne pas être des créditeurs de longue date, mais simplement des entités qui ont acheté de la dette grecque bon marché dans l’espoir de profits, doivent effacer une partie de la dette afin que l’économie grecque soit en mesure de la rembourser.

Les banques, de leur côté, ne veulent pas que la Grèce soit en mesure de rembourser sa dette, car elle souhaite exploiter cette faiblesse afin de piller le pays de ses actifs et de ses ressources, de supprimer les filets de sécurités qui ont été mises en place au cours du 20e siècle. L’objectif du néolibéralisme est de restaurer le féodalisme, soit un système fait de quelques barons voleurs et de nombreux serfs : les 1 % contre les 99 %.

Selon l’Allemagne, le FMI est censé prêter à la Grèce l’argent nécessaire pour payer les banques allemandes privées. Le FMI, pour être remboursé, devra réduire ou supprimer les retraites, réduire les services publics, le nombre de fonctionnaires et utiliser les économies pour se rembourser.

Si cela ne devait pas suffire, des mesures d’austérité additionnelles seront imposées, notamment la vente de ses bijoux de famille comme les sociétés publiques de distribution d’eau, ses ports et ses îles protégées à des investisseurs étrangers, soit principalement ces mêmes banques ou leurs clients principaux.

Jusqu’à présent, ces soi-disant créditeurs n’ont accepté qu’une forme d’allègement de la dette de principe, qui n’est pas encore définie, d’ici 2 ans. D’ici là, les plus jeunes Grecs auront émigré et seront remplacés par des immigrants fuyants les guerres du Moyen-Orient et africaines de Washington, qui ont pesé sur le système de sécurité sociale sous-financé.

Autrement dit, la Grèce est en train d’être détruite par une Union européenne qu’elle a rejoint en toute confiance. La même chose est en train de se produire avec le Portugal, tandis que le processus est également en cours en Espagne en Italie. Le pillage a déjà eu lieu en Irlande et en Lituanie, ainsi que dans bon nombre de pays d’Amérique latine. Il est également en cours en Ukraine. (…)

À travers le monde occidental, toute une série de mesures, publiques et privées, ont provoqué la stagnation des revenus. Afin de continuer d’afficher des profits, les mégabanques et les multinationales ont décidé de recourir au pillage. (…) L’endettement, parfaitement décrit par John Perkins dans son livre « Confessions d’un assassin économique », est utilisé afin de préparer le pillage de pays entiers. »

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La Grèce, toujours engluée dans une dépression économique majeure, vient à nouveau de plier face à la pression européenne en votant ce dimanche soir un nouveau plan de mesures incluant augmentation de la pression fiscale et privatisations.

La Grèce a beau être prise dans une spirale déflationniste, tout ce qu’elle a trouvé comme solution est de voter un nouveau paquet fiscal de 1,8 milliard d’euros. Cependant, Athènes devra encore attendre la réunion des ministres des Finances de la zone euro de ce mardi pour savoir si elle en a fait assez afin d’obtenir le déblocage de la prochaine tranche « d’aides » de 5,7 milliards d’euros. Aides qui finiront dans leur majorité dans les poches des banques et des créditeurs.

De son côté, le FMI, un brin plus pragmatique, souhaite l’effacement d’une partie de la dette grecque afin de permettre au pays d’envisager un futur. Exiger de la Grèce qu’elle paye sa dette est remboursable avec des mesures déflationnistes est tout simplement de la folie furieuse… ou reporter le problème jusqu’à ce que tout part à vau-l’eau.

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crise bancaire

C’est un rapport allemand, de l’école European School of Management and Technology de Berlin (ESMT), qu’il affirme : des 220 milliards d’euros du plan d’aide à la Grèce, 210 milliards ont servi à renflouer les banques du pays. Article d’ekathimerini.com, publié le 4 mai 2016 :

« Environ 95 % des 220 milliards d’euros versés à la Grèce depuis le début de la crise financière sous forme de prêts dans le cadre du mécanisme de renflouement ont servi à renflouer les banques européennes. Ce qui signifie qu’environs 210 milliards d’euros ont atterri sur les comptes du secteur bancaire européen tandis que seulement 5 % ont garni les caisses de l’État, d’après une étude de l’European School of Management and Technology (ESMT) de Berlin.

« L’Europe et le FMI ont, durant ces dernières années, sauvé les banques et d’autres créditeurs privés, » conclut le rapport, publié hier dans le journal allemand Handelsblatt. Le directeur de l’ESMT, Jorg Rocholl, a déclaré au journal financier allemand que « les plans de sauvetage ont principalement sauvé les banques européennes ».

L’étude de cette école de commerce a déterminé que 86,9 milliards d’euros ont été utilisés pour rembourser d’anciennes dettes, 52,3 milliards pour le paiement des intérêts et 37,3 milliards pour la recapitalisation des banques grecques.

Les économistes qui ont participé à l’étude ont analysé de façon séparée chaque crédit afin d’établir la destination de l’argent. Ils ont conclu que seulement 9,7 milliards d’euros, soit moins de 5 %, ont contribué au budget grec au profit du peuple.

« Tout le monde le soupçonnait, mais peu de gens le savaient. C’est maintenant confirmé par cette étude : pendant 6 ans, l’Europe a tenté en vain de mettre un terme à la crise grecque via des prêts tout en exigeant des mesures et des réformes toujours plus dures. Les causes de l’échec se trouvaient manifestement moins du côté du gouvernement grec que de la planification des plans de sauvetage, » conclut le quotidien allemand. »

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manifestation en Grèce contre l'austérité

Article de Mike Shedlock, publié le 27 avril 2016 sur SafeHaven.com :

« Ceux qui pensaient que la situation de la Grèce a été réglée lorsque le premier ministre Alexis Tsipras s’est couché soudainement en accédant aux  demandes de ses créditeurs vont devoir revoir leur opinion.

Les rentrées fiscales grecques sont bien en dessous des prévisions. Un nouveau risque de défaut plane sur le mois de juillet à moins d’un nouveau plan d’aide accordé par les créditeurs pour que la Grèce puisse rembourser ses créditeurs. Cela semble tordu ? Cette absurdité est pourtant le reflet de la plus plate des réalités.

Les créditeurs de la Grèce ont exigé de nouvelles mesures d’austérité, mais Tsipras a refusé. Au lieu de cela, il a demandé l’organisation d’une réunion d’urgence, mais le président de la Commission européenne Donald Tusk a décliné. Cette nouvelle impasse représente apparemment « de nouvelles incertitudes » d’après ce dernier.

La BBC en a notamment parlé dans cet article :

« Le responsable de l’Union européenne a rejeté la demande de la Grèce concernant la tenue d’une réunion d’urgence dont l’objectif est de mettre un terme à l’impasse concernant le plan de sauvetage du pays.

L’année dernière, la Grèce a validé un 3e plan d’aide de 86 milliards d’euros. Le pays fait à nouveau face à un risque de défaut suite au blocage de la libération de la prochaine tranche d’aide, engendré par des désaccords avec les créditeurs sur les réformes à venir.

Le FMI et les partenaires européens de la Grèce exigent de nouvelles mesures d’austérité. Athènes doit générer 4 milliards supplémentaires d’économies et de réserves au cas où la Grèce ne serait pas en mesure d’atteindre ses objectifs à venir.

Mais le gouvernement de gauche menée par Alexis Tsipras a déclaré qu’il refuserait toute mesure supplémentaire par rapport à celles qui furent acceptées l’été dernier. »

Le Financial Times a pour sa part évoqué le refus de Donald Tusk d’organiser un sommet pour régler le problème : « Sans un accord sur de nouvelles mesures d’austérité, la Grèce pourrait faire défaut sur le remboursement de 3,5 milliards d’euros qui arrivera à échéance en juillet ». La faiblesse des rentrées fiscales signifie que l’argent manque déjà pour payer les retraites et les salaires des fonctionnaires de mai. Tsipras aura recours à l’argent des sociétés publiques pour combler le trou. (…)

« Je suis convaincu qu’il reste du pain sur la planche des ministres des Finances qui doivent éviter le retour de l’incertitude en ce qui concerne la Grèce, » a déclaré M. Tusk après s’être entretenu avec Alexis Tsipras.

Parler de « retour de l’incertitude » est ridicule. Ce qui est certain, c’est que ce qui ne peut être remboursé ne le sera pas. La seule incertitude qui plane est toujours la même depuis le début de cette crise : il s’agit de savoir quand le défaut aura lieu. (…) »

On nous répète sans cesse que le FMI est une organisation apolitique. S’il était permis d’en douter, la différence de traitement entre la Grèce et l’Ukraine offre désormais la preuve par 4 que ce doute n’est en fait que la plus plate des vérités. Les créanciers occidentaux, dans leur guerre contre la Russie, ont offert des largesses à l’Ukraine qui doivent laisser les Grecs bien perplexes…

De l’AFP :

« L’Ukraine a annoncé jeudi avoir arraché un accord « historique » avec ses créanciers occidentaux sur la restructuration de sa dette qui écarte la menace d’un défaut de paiement de cette ex-république soviétique ravagée par la guerre.

L’accord, trouvé au terme de cinq mois de négociations difficiles, prévoit l’effacement de 20% de cette dette, soit environ 3,6 milliards de dollars, et un allongement de quatre ans de la durée du remboursement des sommes restantes, ont annoncé le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk et sa ministre des Finances Natalie Jaresko au Conseil des ministres de jeudi. »

Mme Jaresko, la ministre des Finances de l’Ukraine qui pour rappel était américaine avant d’être naturalisée pour occuper son poste, a obtenu 20 % d’effacement… En contrepartie, l’Ukraine a dû consentir à de gros efforts d’austérité, n’est-ce pas ? Pas vraiment… « En échange, Kiev a accepté une légère hausse du taux d’intérêt, 7,75% contre 7,2% actuellement, » ajoute l’AFP. Waouw, une hausse des taux directeurs d’un peu plus d’un demi pourcent en contrepartie ! Les Grecs auraient bien consenti à cet effort sauf qu’ils ne disposent plus de leur propre banque centrale.

Cet accord se traduit également pour Kiev par des économies de 11,5 milliards de dollars sur quatre ans toujours selon l’AFP. Nous prenons le pari que cet engagement ne sera pas tenu alors que les Grecs ont eux été contraints de solder leurs aéroports et autres actifs rentables.

Du côté de l’Ukraine, on jubile à raison et on ne s’en cache pas :

« Les conditions obtenues par l’Ukraine sont donc sans précédent, s’est félicité M. Iatseniouk. « Aucun pays qui ne s’est pas déclaré en défaut de paiement n’a obtenu de telles conditions », a-t-il assuré, précisant que le niveau moyen d’effacement de dettes pour ces pays était de « 10% ». »

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crise bancaire

Article de Zero Hedge, publié le 26 août 2015 :

« Être un retraité grec est une condition peu enviable depuis 2015. Durant les négociations du dernier plan de sauvetage du pays, le système grec des retraites fut fréquemment dans le collimateur de la troïka. Selon Alexis Tsipras, une nouvelle baisse des pensions représentait la soi-disant « ligne rouge », ce sont d’ailleurs les pensions qui ont régulièrement mené à l’abandon des négociations.

Simultanément, la situation financière de plus en plus intenable et le manque de liquidités ont souvent remis en question la capacité du pays à payer les pensions,  même si le gouvernement a régulièrement rassuré sa population en affirmant que le peu d’argent qui restait dans les caisses irait en priorité aux Grecs avant d’être versé aux créditeurs européens ou à Christine Lagarde.

La crise atteignit alors son paroxysme le 1er juillet lorsque les banques grecques furent fermées et les mesures de contrôle des capitaux instaurées, forçant les retraités à faire de longues files pour quémander leurs 120 €.

En théorie, le dernier accord de sauvetage malgré qu’il prévoit plus d’austérité et donc plus de pression sur un système des retraites congestionné devrait au moins garantir qu’il y ait suffisamment d’argent dans les banques pour effectuer les paiements mensuels. Il semblerait que cette supposition n’en soit qu’une alors que Kathimerini rapporte qu’aussi bien l’IKA que l’ETAA puisent dans un fonds de prévoyance qui garantit les services de la sécurité sociale de crainte que les dispositions du plan de sauvetage ne soient pas suffisantes pour couvrir les versements qu’ils devront faire d’ici la fin de l’année. (…)

Et cerise sur le gâteau, le déficit de certaines caisses devrait s’aggraver en raison de l’augmentation dramatique du chômage, des incertitudes politiques et économiques, des mesures de contrôle des capitaux et des nouvelles politiques d’austérité. (…)

Pour résumer : les caisses de retraite sont en état de banqueroute vu qu’elles ont dû taper dans le fonds de prévoyance qui garantit les paiements de ces caisses. Nous souhaitons donc bonne chance à la Grèce et lorsque vous vous rendrez à nouveau aux urnes le mois prochain n’oubliez pas que si les choses devaient vraiment mal tourner, vous pouvez toujours faire une petite visite à la monnaie (note : en allusion à la frange rebelle de Syriza qui avait pour plan de piller la monnaie grecque et d’arrêter le gouverneur de la banque centrale).

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Ce qui devait arriver est arrivé : Alexis Tsipras a remis hier sa démission au président grec. Il n’y aura aucune tentative de formation d’un nouveau gouvernement vu qu’une telle possibilité n’est pas envisageable vu la configuration actuelle du parlement.

C’était dans l’air depuis juillet. Alexis Tsipras se retire donc, étant dans l’impossibilité de gouverner alors qu’une frange importante de son parti s’oppose à lui depuis son retournement de veste au lendemain du référendum qui devait sceller l’indépendance retrouvée de la Grèce face à l’Europe et au FMI.

Cette faction rebelle, essentiellement composée d’élus de la « plateforme de gauche », devrait d’ailleurs faire sécession de Syriza. Le nom du nouveau parti aurait déjà été choisi : Unité Populaire. Hier soir, Tsipras s’est adressé à la nation en déclarant notamment (source KeepTalkingGreece) : « j’ai remis ma démission au président, le mandat qui nous avait été donné par le peuple le 25 janvier a expiré. »

Aucune date pour ces élections anticipées n’a été annoncée, mais les médias grecs évoquent le 13 ou le 20 septembre 2015. En agissant ainsi, Tsipras espère renforcer son pouvoir en se débarrassant des éléments perturbateurs de ses propres rangs et en formant une nouvelle coalition plus solide. Cependant, comme le note KeepTalkingGreece, Tsipras doit faire attention avec ses certitudes car depuis l’élection, son parti, soi-disant anti austérité, a conclu le pire accord des 3 et depuis les 62 % du non au référendum, les électeurs se sentent trahis. Reste à savoir si les électeurs de Syriza, principalement de gauche, seront prêts à se tourner vers les partis restants qui se proclament anti austérité, majoritairement des partis nationalistes (à l’exception du parti communiste KKE).

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Un témoignage sur la désillusion d’un citoyen Grec et les conséquences dans la vie de tous les jours d’une population qui n’a plus que ses yeux pour pleurer (source : KeepTalkingGreece) et à qui la chute d’hier de la bourse d’Athènes (-16 % après des semaines de fermeture) ne fait ni chaud ni froid :

« (…) Je me fous du gouvernement : de savoir si Varoufakis sera inculpée de haute ou basse trahison, si SYRIZA implosera ou pas… Cela n’affecte pas ma vie au quotidien, pas le moins du monde. Je n’en ai rien à cirer de l’agenda politique de la Grèce après le 13 juillet.

Ce qui m’inquiète : c’est de voir mon pays et son peuple en décomposition totale. Nos vies grecques subissent chaque minute une nouvelle dévaluation interne et cela deviendra encore pire lorsque le nouvel accord sera finalisé le 15 ou le 20 août. (…)

La dévaluation interne de 40 % qui s’est mise en place en Grèce depuis 2010 a atteint un nouveau pic alors que ce 3e plan de sauvetage n’est même pas encore signé. Les contrôles des capitaux imposés le 29 juin afin de sauver les banques de la faillite ont détruit la vie de nombreux Grecs. Certains de mes amis qui travaillent dans le privé depuis plus de 2 décennies, ont dû prendre des « vacances forcées » en même temps que les banques. Leur temps plein s’est mué en une ou deux journées de travail par semaine. Ce qui a évidemment fait chuter leur salaire. De nombreux employés du secteur privé ont vu leur temps de travail et leur salaire déjà bas être réduits. Comment les gens peuvent-ils survivre sans revenus ? Tout le monde s’en fout et personne n’en parle, que ce soit les médias grecs ou internationaux. Nous en parlons à voix basse entre nous, avec honte, en nous demandant sans cesse ce que l’avenir nous réserve.

D’autres, frappés par le chômage de longue durée et sans aucune perspective de toucher un salaire ou une retraite se sont sentis obligés de vendre leur maison. Cependant, ce n’est plus possible avec le contrôle des capitaux. Le montant de la vente restera bloqué à la banque en courant le risque d’être ponctionné d’ici la fin de l’année par un « haircut ».  L’une de mes amies doit vendre son second appartement dont elle a hérité, afin de pouvoir vivre. Mais elle n’y parvient pas. Il y a 10 ans, cet appartement valait 130.000 €. Aujourd’hui, si elle trouve un acheteur, il partira pour 45.000 ou 50.000 €. Cela fait un an et demi qu’elle essaye de le vendre. Aucun acheteur ne s’est présenté.

Avec l’augmentation de la TVA, nos dépenses en alimentation et produits de première nécessité ont augmenté de 15 à 20 € par semaine. Cette somme peut paraître dérisoire mais c’est énorme si vous n’avez pas d’argent et que vous avez des enfants à nourrir et des factures à payer. Celles-ci ne seront pas honorées et la petite épargne pour faire face à une urgence comme un problème de santé, ne sera plus là. C’est manger ou mourir.

Dans les hôpitaux publics, la situation va de mal en pis. Il y a pénurie de tout : de médecins, d’infirmières, de personnel administratif, de matériel. Vous avez besoin d’une crème spéciale ? Il faut attendre 3 jours. Parfois, les médicaments n’arrivent tout simplement pas, on vous remet une ordonnance à la sortie de l’hôpital. (…)

Et après, on entend parler de cas de sociétés actives dans le secteur du tourisme qui utilisent de fausses caisses enregistreuses pour éluder la TVA. Le client reçoit son ticket mais l’entreprise se met en poche la TVA et les taxes. Un phénomène apparemment grandissant mais qui ne peut être combattu efficacement en raison des pénuries de personnel. (…)

J’ai l’impression de vivre sur une autre planète. Dans un pays où la moitié de la population a faim tandis que les « Grecs malins » éludent le fisc et vivent une vie très confortable (…). »

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Après 3 semaines de fermeture, les banques grecques ont enfin fini par rouvrir leurs portes mais il s’agit d’un n’événement purement technique alors que les mesures de contrôle des capitaux restent drastiques.

La limite des retraits reste fixée à 60 € par jour. Les gens auront simplement la possibilité de retirer 300 € d’un coup s’ils attendent le vendredi (et qu’ils n’ont rien retiré entre-temps, bien entendu). Les virements bancaires à l’étranger sont également fortement encadrés, par exemple : un Grec qui se fait soigner dans un hôpital à l’étranger a le droit de sortir… 2.000 € tandis que les étudiants grecs d’universités à l’étranger pourront recevoir 5000 € par trimestre. Pour les autres, c’est interdit.

Selon l’Afp, Louka Katseli, présidente de l’Union des banques grecques et de la Banque nationale de Grèce a appelé lundi les usagers à faire preuve de sang-froid et à ramener leurs économies dans les banques pour soutenir la solvabilité du système. Elle a déclaré :

« Si nous sortons l’argent de nos coffres-forts et de nos maisons -où de toute façon, il n’est pas en sécurité- et que nous le déposons dans les banques, nous renforçons la liquidité de l’économie», a-t-elle déclaré sur la chaîne de télévision Mega.

Sur ce point, nous ne pouvons que donner raison à Mme Katseli : la sécurité des banques grecques est incroyablement élevée. Pour preuve : même les épargnants n’ont pas accès à leur argent ! Pour ce qui est de l’économie nous divergeons, nous estimons que l’argent « liquide » serait par définition plus utile pour permettre à l’économie de tourner. Nous supposons qu’elle a voulu dire « la liquidité des banques » à moins qu’elle n’ait voulu dire « liquéfaction de l’économie »…

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Egon von Greyerz

Interview du 16 juillet 2015 publiée sur KWN : 

« L’épilogue pour la Grèce n’aurait pas pu être pire mais il était parfaitement prévisible depuis notre entretien de la semaine dernière. La troïka va désormais saisir une grosse partie des actifs grecs tandis que les banques seront sous le contrôle de l’Union européenne et de la BCE.

De terribles mesures d’austérité seront implémentées. Des mesures qui ne donnent aucune chance à la Grèce de survivre car elle sera entraînée dans un cercle vicieux de revenus fiscaux en chute libre, de PIB en baisse et de déficits qui se creusent. Cela signifie que le niveau de vie va également s’effondrer une nouvelle fois.

Dans le futur, je pense que l’on considérera ce qui se passe aujourd’hui avec la Grèce comme le début de l’implosion du système financier que nous vivrons d’ici quelques années mais tout comme l’assassinat de 1914 ne fut pas la véritable raison du début de la Première Guerre mondiale, la Grèce ne sera pas la raison de la destruction de notre économie mondiale. Quoi qu’il en soit, les dominos commenceront à tomber à l’automne 2015.

Aujourd’hui il y a plus d’endroits problématiques que stables. Aucun pays occidental majeur ne peut rembourser sa dette. C’est également vrai pour le Japon et de nombreux pays émergents. L’Europe est une expérience manquée de socialisme et de dépenses à crédit. Il y a d’énormes bulles en Chine que ce soit sur les marchés, dans l’immobilier ou dans son shadow banking. Les États-Unis ont vécu au-dessus de leurs moyens pendant 50 ans et sont aujourd’hui la nation la plus endettée du monde.

Nous assisterons à l’explosion du marché des produits dérivés (1,5 quadrillion) et de la dette mondiale de 200 trillions. Nous assisterons à la destruction de la richesse la plus terrible de l’histoire sur les marchés actions, obligataire et immobilier avec des actifs dont la valeur va chuter de 75 à 95 %. Le commerce mondial se contractera violemment, toute la planète traversera des moments très difficiles.

Les filets de sécurité de la sécurité sociale sauteront mais les gouvernements et les banques centrales ne resteront pas les bras croisés. Nous assisterons aux programmes de création monétaire les plus massifs de l’histoire de la part de la Fed, de la BCE, de la Bank of Japan, du FMI et d’autres banques. (…) Ce sera la phase finale du retour de l’argent papier à sa valeur intrinsèque qui est égale à zéro.

Quasi toutes les monnaies papier ont baissé de 97 à 99 % par rapport à l’or sur les 100 dernières années soit plus ou moins depuis la création de la Fed. Il ne reste donc plus que 2 à 3 % de cette valeur à effacer. Pendant ce temps, l’or est en train de terminer sa correction entamée il y a 4 ans après le plus haut de 2011. (…)

La faiblesse actuelle de l’or n’est que le résultat d’un dollar qui s’est raffermi malgré le fait que ce pays soit le plus endetté du monde alors qu’il enregistre des déficits budgétaires depuis presque un demi-siècle. Le dollar a repris temporairement du poil de la bête dans la course vers le fond que se livrent les monnaies papier.(…)

Dans les mois et les années à venir, il sera absolument crucial de posséder de l’or physique en dehors du système bancaire alors que les problèmes économiques du monde ne feront qu’empirer. L’or reprendra sa marche en avant par rapport aux autres devises y compris le dollar et tandis que la création monétaire s’accélérera, la valeur de l’argent papier s’évaporera et l’or verra son cours exploser.

Les confiscations bancaires auront lieu

La crise grecque illustre à merveille pourquoi il est si important de posséder une quantité substantielle d’or en dehors du système bancaire. Les banques grecques ont quasi explosé mais vu leur poids relativement faible, elles ont pu être sauvées à court terme mais avec la dégradation de l’économie mondiale et du système financier, nous allons assister à des confiscations bancaires dans la plupart des pays.

En cas de fermeture des banques, qu’elle soit temporaire ou permanente, les clients qui y louent un coffre n’y ont plus accès. C’est pourquoi il ne faut jamais garder de l’or à la banque. Ce que nous avons vécu avec la Grèce n’est rien en comparaison avec ce qui nous attend.(…) »