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Hausse des taux

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hausse des taux américains

Depuis l’annonce du résultat de l’élection présidentielle américaine, les taux des obligations américaines ont bondi. Quelle est la raison de cette hausse ? Explications de Richard Turnill de BlackRock.

Des attentes revues à la hausse en ce qui concerne la croissance et l’inflation alimentent la hausse des taux obligataires américains depuis l’élection. Le graphique de cette semaine montre que les explications derrière la hausse actuelle des taux sont assez différentes de celles qui furent derrière la liquidation du marché obligataire de 2013.

Le graphique en en-tête met en exergue les deux facteurs derrière le bond des taux enregistrés durant ces deux périodes. Le premier de ces deux facteurs est la compensation de l’inflation, telle que visible dans les obligations américaines liées à l’inflation (TIPS). Le second est à chercher du côté des taux réels, soit le rendement moins l’évaluation du marché de l’inflation future.

Pourquoi est-ce différent cette fois ?

  • Le bond des taux de 2013 était la manifestation de l’anticipation du fait que la fin des achats d’obligations de la Fed ne permettrait plus de contrôler les taux et qu’une hausse était donc à venir. On s’attendait à ce que ce facteur handicape la croissance et l’inflation à venir, ce qui était une source d’inquiétude quant à la fragilité de l’économie. Ce mouvement alimenté par les taux réels a envoyé le dollar à la hausse, a écorné les actions tout en déclenchant une liquidation des actions et des obligations des marchés émergents.
  • De retour en 2016, la hausse des taux obligataires a été aussi bien alimentée par les perspectives d’inflation que les taux réels. Les craintes de déflation, qui étaient les plus répandues au début de l’année lorsque les cours du brut ont plongé, se sont dissipées. L’anticipation de l’inflation augmente en raison d’une reprise de la hausse des salaires et de la croissance, ainsi que de la probabilité de voir la future administration implémenter un programme de relance. Vu qu’une croissance revue à la hausse et une inflation supérieure peuvent profiter à la croissance des émergents sans impacter la valeur de leur monnaie nationale, les actifs et les matières premières des émergents résistent mieux.

Les investisseurs ne s’attendent pas à une augmentation de la pression sur les prix. Le marché TIPS a intégré une inflation moyenne de 2 % pour la décennie à venir, par rapport aux 2,6 % qui ont précédé le serrage de vis monétaire de la FED. (…) Les derniers changements apportés à notre vision globale de 2017 reflètent cette relance mondiale qui prend de l’ampleur. Nous sommes désormais positifs sur les actions japonaises tout en étant passés neutres sur les titres européens. Nous sommes sous-exposés sur les Treasuries.

Source : article de Richard Turnill, publié sur le blog de BlackRock le 13 décembre 2016

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Fed taux

Le scénario de la reprise économique américaine q de nouveau du plomb dans l’aile alors qu’hier, la Fed a une fois de plus décidé de faire l’impasse sur une hausse de son taux directeur, notamment suite aux chiffres de l’emploi catastrophiques de mai, propulsant ainsi l’or au-dessus des 1300 $ l’once, prêt à tester le seuil de résistance de 1315 $.

Comme on dit, les actes sont plus importants que les paroles. Si la Fed, en fervente adepte de la méthode Coué, nous abreuve de communications nous assurant que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, ses tergiversations pour remonter d’un malheureux 0,25 % un taux directeur loin, bien loin de sa moyenne historique, devrait être suffisant pour que toute personne dotée de quelques neurones connectés comprenne dans quel pétrin nous sommes.

C’est tellement vrai que l’on assiste même à des défections dans les rangs des plus fervents défenseurs de la Fed, par exemple Steve Liesman de CNBC (source). Ce chantre de la Federal Reserve a même été jusqu’à demander à Janet Yellen, durant sa conférence de presse du 15 juin, si « elle a un problème de crédibilité », à la stupéfaction d’une Yellen qui ressemble de plus en plus au capitaine d’un rafiot à la dérive. Liesman a obtenu en guise de réponse le charabia habituel en Fedspeak qu’il serait inutile de traduire (lorsque Santelli lui a demandé s’il avait compris un mot de sa réponse, Liesman a répondu : « pas grand-chose, cela ne répondait pas vraiment à la question posée »), mais sa réaction montre bien qu’il a totalement perdu la foi :

« Je pense que le premier cycle de hausse des taux est terminé. La réponse de Janet Yellen à ma question, et si vous regardez ce qui s’est passé avec le cycle de hausse, est assez profond. Jamais je n’ai vu la Fed si proche de capituler, à propos de l’efficacité de cette politique, à propos des perspectives économiques. »

Zero Hedge rappelle comment la tentative de hausse des taux d’août 2000 de la banque du Japon s’est terminée : après avoir crashé son économie, elle avait capitulé seulement 7 mois plus tard. Aujourd’hui, le scénario d’une hausse des taux a pris un méchant coup, tandis que les probabilités de voir la Fed baisser son taux directeur commencent à grimper fortement.

L’or a bien entendu énormément bénéficié de la réalisation grandissante que la Fed est totalement prise au piège par ses politiques désastreuses et son double discours, ou plutôt son discours positiviste et ses actes qui n’appuient pas ses paroles optimistes. Le cours du métal jaune, qui avait fortement chuté en anticipation de cette hausse des taux, reprend du poil de la bête alors que de plus en plus d’investisseurs comprennent qu’il n’y aura pas de normalisation dans un avenir proche et que le risque systémique fait son grand retour en raison de la fragilité de nombreuses banques, d’une croissance mondiale anémique, du risque souverain qui fait régulièrement surface (Grèce, Porto Rico, etc.), du risque politique, de bénéfices en berne, etc. etc.

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Fed taux

Les analystes qui affirment que la Fed s’est elle-même prise au piège avec ses achats massifs de Treasuries sont légions. Charles Himmelberg, analyste de chez Goldman Sachs, a pris la peine d’évaluer les pertes que subirait le marché obligataire en cas d’une hausse des taux de 1 % (ce qui signifie que nous serions encore loin de la moyenne historique…). Lorsqu’on prend connaissance du montant de l’ardoise, le fait que la Fed est faites comme un rat devient incontestable !

Zero Hedge, qui a commenté cette analyse dans cet article du 4 juin, explique qu’après 7 années de guerre des devises, les banques centrales, dévaluant tour à tour afin de désespérément tenter de relancer la machine enrayée de la croissance, ont fait chuter les taux obligataires si bien qu’aujourd’hui, un total de 10 trillions de dette à travers le monde « offre » un rendement négatif, ce qui signifie que vous devez payer pour avoir le privilège de prêter votre argent à un état souvent surendetté ! Tant que les taux ne grimpent pas et que les obligations trouvent preneur, cette stratégie est relativement sure. Par contre, un risque majeur se profile si les banques centrales se mettent à serrer la vis.

Parmi les partisans d’un planning de hausse des taux plus agressif, il y a notamment les banques, désireuses d’augmenter leurs revenus. Cependant, celles-ci, à l’instar de Matt Dimon, ne prennent pas en compte les pertes que les détenteurs d’obligations à long terme acquises dans le passé devront encaisser en cas de hausse des taux (vu que la valeur d’une obligation évolue en sens opposé des taux).

Quel est le risque ? D’après Charles Himmelberg de Goldman Sachs, en cas de hausse des taux du pourcent souhaité par Dimon, la perte de valeur devrait s’élever entre 1 et 2,4 trillions de dollars ! Pour remettre ces montants dans leur contexte, même l’estimation basse d’un trillion serait supérieure de 50 % aux pertes du crash obligataire de 1994, ainsi que plus élevée à l’ensemble des pertes accumulées jusqu’à présent sur le marché des titres adossés à des créances hypothécaire (MBS, titrisation du crédit hypothécaire). En cas de normalisation des taux à leur niveau historique (3,5 %), les pertes s’élèveraient à 3 trillions de dollars.

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Le Titanic coule

Quatre semaines seulement se sont écoulées depuis la première hausse des taux de la Fed. Sans vouloir verser dans le catastrophisme la situation économique mondiale s’est fortement dégradée depuis comme le montre l’article d’Andrew Hoffmann, publié le 18 janvier 2016 sur SilverSeek.com :

« Nous sommes dimanche matin, j’ai compilé neuf pages de « titres horribles » rien que durant les dernières 48 heures. Pour résumer cette semaine d’effondrement du commerce mondial, des statistiques économiques et des marchés financiers sans parler des attaques de jeudi sur les métaux précieux. J’ai envie de demander : quoi de neuf, Janet ? Quoi de neuf à propos de son QE, qui est soi-disant arrivé à son terme il y a 15 mois.

Si je dis soi-disant, c’est parce que le bilan de la Fed n’a pas baissé d’un iota depuis la « fin du QE » alors qu’on ignore les positions hors bilan de la Fed notamment concernant la monétisation des milliards d’obligations américaines vendues par la Chine. (…) La Fed avait prédit que les soucis du pétrole seraient temporaires et alors qu’elle a eu tout faux, elle a réitéré sa prédiction dans la même déclaration de politique ayant amené la hausse des taux. (…)

Levée des sanctions contre l’Iran : le coup de grâce pour le pétrole ?

Concernant l’effondrement massif des matières premières de ces quarante huit dernières heures qui ont débouché sur des implosions similaires sur les marchés actions, les marchés des obligations à haut rendement ainsi que les marchés des changes de l’Occident à l’Orient, l’événement catalyseur fut la levée attendue des sanctions contre l’Iran. Elles sont entrées en vigueur aujourd’hui malgré toute une série d’événements géopolitiques qui avaient amené les investisseurs, les entreprises et de nombreux pays à espérer (que dis-je, prier) leur report. Autrement dit, depuis ce week-end un véritable tsunami de pétrole a inondé les marchés alors que le pétrole était déjà à son plus bas nominal de douze ans. En termes réels, au niveau de ce début de siècle. (…)

En ce qui concerne les marchés non seulement toutes les bourses majeures ont plongé depuis leur plus bas du vendredi noir d’août 2015 mais les obligations à haut rendement (les obligations pourries) sont retombés à leur niveau de 2009. En ce qui concerne les matières premières, il faut remonter plus loin au moins aux années 70. Cette baisse est menée par les métaux de base comme le cuivre, l’aluminium, le plomb et le zinc. Leur descente aux enfers se poursuit alors que les métaux monétaires que sont l’or et l’argent furent les seuls actifs à grimper. À l’exception notoire des Treasuries. (…)

Carnage sur les marchés des changes

En ce qui concerne les devises, ouille ! Nous assistons à l’annihilation totale de pays entiers aux quatre coins du globe. Inutile de vous rappeler ce qui se passe avec le rand, le real, le rouble, le peso et bien d’autres devises qui ont quasi toutes atteint leur plus bas historique et parfois d’une marge importante. Cependant, vous serez probablement surpris d’apprendre que la livre britannique plonge elle aussi, à mon avis en perspective du référendum sur la sortie de la zone euro à venir dans les douze à dix-huit mois.  Il devrait déboucher sur l’isolation totale du Royaume-Uni de l’Union européenne. (…) Je n’aborderai même pas le sujet du dollar de Hong Kong, soi-disant indestructible, qui a connu son plongeon le plus important de l’histoire alors que des rumeurs font état de la fin de son adossement au dollar. Ce qui est exactement ce qui se passe en Arabie Saoudite où l’adossement du riyal au pétrodollar est sur le point de disparaître.

Ironiquement, les seules devises qui ne s’effondrent pas en ce moment par rapport au dollar sont l’euro et le yen avec ces deux exemples, on comprend pourquoi la débauche monétaire ne mène à rien. En effet, aucune autre banque centrale du monde n’a déployé autant d’efforts pour tenter de détruire sa monnaie alors que l’Union européenne est au bord de l’effondrement politique, économique et social et que le Japon coule économiquement, démographiquement et écologiquement, ces entités ne parviennent pas à dévaluer leur monnaie ! Même le responsable de la Banque du Japon a déclaré hier, dans une citation amenée à devenir célèbre : « plus de QE pourrait menacer la stabilité financière de la banque ».

La BoJ à court de minutions alors que le Japon coule

Avez-vous entendu cela, les amis ? Non seulement la BoJ a quasi fait l’acquisition de toutes les actions japonaises, des obligations d’État et Dieu sait quoi d’autre mais elle est à court de munitions. Sans parler que le pays détient le record du ratio dette/PIB. Malgré cela l’économie japonaise s’effondre, le Nikkei implose… Or, il n’y a plus rien à acheter. D’où la déclaration de Kuroda qui n’est rien d’autre qu’un message subliminal à l’adresse de la Fed l’exhortant de reprendre les rênes du QE mondial.

Simultanément, le porte-parole de la Maison-Blanche Josh Earnest a tenu une conférence de presse exceptionnelle pour lire un communiqué du Président faisant état de ses inquiétudes à propos de la baisse des actions et expliquant que le Trésor suit leur impact sur l’économie américaine. Quasi en même temps, le président de la Fed de New York Bill Dudley déclarait que « si l’économie devait continue à s’affaiblir, nous considérerons les taux négatifs ». Sérieusement, les amis, je n’invente rien !

Un chapelet de mauvaises nouvelles économiques

En ce qui concerne les données économiques, oh mon Dieu. Il n’est pas anodin que la Fed Atlanta ait attendu la clôture des marchés vendredi pour publier son estimation de la croissance du T4 2015, abaissée à 0,6 %, alors que les statistiques économiques affreuses s’accumulaient durant les dernières quarante-huit heures. À chaque fois, ce fut « contre toute attente » bien pire que prévu.

  1. Augmentation des inscriptions au chômage
  2. Baisse abrupte de 1,1 % des prix à l’exportation de décembre
  3. De -4,6 en décembre à -19,4 en janvier pour l’Empire State Manufacturing Index
  4. Baisse des ventes de détail de 0,1 % en décembre après révision à la baisse des chiffres de novembre
  5. Déclin des prix à la production deux fois plus important que prévu
  6. Plongeon le plus important de la production industrielle depuis 2008 en décembre. Chiffres de novembre également revus à la baisse.
  7. Les stocks ont baissé contre toute attente mais le ratio stocks/ventes reste à son plus haut depuis 2008
  8. Baisse des volumes du fret aux États-Unis, le premier déclin annuel depuis trois ans
  9. Le risque de crédit des fabricants automobiles a grimpé à son plus haut de deux ans.
  10. Wal-Mart, le plus gros employeur du pays, a annoncé le licenciement de 16.000 personnes.

De bonnes nouvelles pour les métaux précieux

Dans ce contexte négatif, les nouvelles concernant les métaux précieux furent excellentes. Tout d’abord, l’or et l’argent furent les seuls actifs à grimper outre les Treasuries en vue de l’attente du prochain QE. La publication d’un rapport concernant la chute probable de la production d’argent en 2016 par Silver Standard, Yamana et Coeur D’Alene. Sans parler des records de ventes de la US Mint durant les deux premières semaines de janvier.

Ajoutez à cela les retraits d’or à la bourse de Shanghai en 2015 qui se sont élevés à 2596 tonnes soit quasi l’intégralité de la production annuelle d’or et vous comprenez pourquoi les fondamentaux des métaux précieux sont totalement à l’opposé des perspectives des autres matières premières. À ce propos, BHP Billiton, l’une des plus grosses sociétés minières mondiales vient d’annoncer un passage en pertes de sept milliards de dollars sur ses actifs américains liés au pétrole de schiste. Un montant que les analystes considèrent bien trop modeste. Si vous pensez que les pertes liées au secteur de l’énergie sont importantes, attendez de voir celles du secteur minier. Notamment celles des mines de cuivre, de plomb et de zinc qui fournissent 55 % de la production mondiale d’argent.

Je crois que ce sera tout pour aujourd’hui. Quatre semaines seulement après la première hausse des taux de la Fed, la situation a déjà radicalement changé ! (…) »

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Bon nombre d’analystes économiques s’accordent, même dans les médias mainstream, pour dire que la décision de la Fed concernant le relèvement de son taux directeur s’est faite à contre-courant. Que la Fed ait relevé ses taux pour donner l’illusion de la confiance ou en croyant vraiment que le moment était opportun ne change pas grand-chose au problème : l’économie est bel et bien en train de se détériorer.

Première « surprise » l’indicateur GDPNow de la Fed d’Atlanta, une mesure bien plus fiable que le consensus pour estimer la croissance américaine en temps réel. Après avoir évolué en dents de scie durant tout le mois de décembre (de 1,4 à 2,9 %), il a subitement chuté à 1,3 % le 23 décembre dernier pour atteindre son plus bas depuis le début du mois en raison de la mauvaise performance du marché immobilier US.

2e surprise : l’index de la surprise économique de Citi. Un indicateur qui semble suggérer que la situation se détériore, malgré l’optimisme ambiant comme l’explique Michael Ashton dans son article :

«  Certains trouveront curieux le fait de publier un article le 23 décembre mais j’ai remarqué quelque chose d’inhabituel que je voulais partager. Hier, je me suis penché sur les indicateurs économiques qui ont tendance à faiblir et même si certains commentateurs sont optimistes pour 2016 je n’en fais pas partie. En fait, on dirait que cet optimisme déplacé ne concerne pas que 2016 mais aussi cette année.

L’index de la surprise économique de Citi est une compilation intéressante de données qui évalue la différence entre les attentes du consensus et le verdict des chiffres. Lorsque ceux-ci sont inférieurs aux attentes, l’index décline et lorsque les chiffres battent les prévisions, l’index grimpe. Un index faible ne signifie pas que l’économie ralentit mais que les mauvaises surprises augmentent. C’est pour cette raison que j’ai toujours eu un peu de mal à exploiter cet outil. L’index grimpe-t-il parce que les conditions économiques s’améliorent ou parce que les économistes sont trop pessimistes ? Baisse-t-il parce que la situation économique empire ou parce que les économistes sont trop optimistes ? C’est difficile à dire.

Cela dit, voici comment cet index a évolué durant ces trois dernières années (source Bloomberg) :

index-surprise-economique-citi-2015

Rien à voir et circulez, pensez-vous ? Eh bien, jetez plutôt un œil à ceci ! Ci-dessous,  voici le pourcentage de temps durant lequel l’index fut positif au cours de l’année en question :

  • 2003      57%
  • 2004      49%
  • 2005      68%
  • 2006      43%
  • 2007      57%
  • 2008      36%
  • 2009      67%
  • 2010      56%
  • 2011      54%
  • 2012      63%
  • 2013      61%
  • 2014      54%
  • 2015      8%

Comme ils diraient dans l’émission Mythbusters, voilà un résultat probant. Je ne suis pas sûr de l’interprétation à donner, de savoir pourquoi les chiffres économiques ont tellement déçu en 2015 au point de propulser l’’index de la surprise économique de Citi en territoire négatif durant 92 % de l’année. (…)

Je suis enclin à penser que cela représente l’optimisme des économistes, leur confiance envers la Fed et la croyance que le relèvement des taux est une réponse à l’amélioration de l’économie. J’ajouterai qu’il s’agit d’un optimisme injustifié, irrationnel et presque psychotique vu la fiabilité des prévisions économiques de la Fed. (…) »

Dans l’une de ses dernières interventions sur les médias américains, Peter Schiff explique pourquoi la Fed a décidé de relever son taux directeur alors que la situation économique plaidait pour le contraire et pour une fois, tout le monde sur le plateau va dans son sens alors que nous sommes chez Fox News...

Transcription :

Peter, commençons par vous. Les marchés célèbrent la nouvelle. Ont-ils raison de le faire ?

Je ne le crois pas. Ce qu’il faut retenir, c’est que normalement, lorsque la Fed commence à remonter ses taux et à démarrer un cycle de serrage de vis monétaire cela se passe tôt durant une reprise économique lorsque la demande est en hausse, lorsqu’un élan positif est en place.

La Fed a attendu tellement longtemps que cette soi-disant reprise économique est en fait terminée. La prochaine récession est sur le point de démarrer, si ce n’est déjà fait.

Vous vous êtes donc étranglé lorsque vous avez appris la nouvelle ? De mon côté j’étais au bureau quand je l’ai appris, j’en suis presque tombé de ma chaise. John Lonski (de Moody’s) ?

Peter a raison. Vous savez, la Fed n’a jamais relevé son taux directeur lorsque l’écart de taux des obligations pourries est supérieur à 700 points de base.

Il s’agit pourtant d’un indicateur qui montre que nous sommes dans les dernières minutes de la partie.

Je dirais donc que le potentiel de hausse pour les taux d’intérêt est plutôt limité, que ce soit pour les taux à court terme ou les obligations à long terme.

Oui. Bien sûr, elle (Yellen) a mentionné la relation avec l’inflation, nous parlons d’un cycle économique au sens large du terme.

En termes de cycle économique, pensez-vous qu’elle a trop attendu ?

Oui, je dirai ceci : il n’y a pas de raison économique, Lou Dobbs a raison sur ce point. Vous savez que nous avons eu une discussion animée plus tôt aujourd’hui.

Les discussions le sont toujours avec vous Charlie Gasparino.

Il a raison. Rien ne justifie une hausse des taux en ce moment. L’inflation est basse, le cycle économique actuel a démarré il y a sept ans, nous sommes probablement à son terme,

la bulle des matières premières a explosé, les obligations pourries se font massacrer, il n’y a donc aucune bonne raison économique de le faire.

À moins, à moins que vous pensiez qu’il y a une bulle sur les marchés et je pense que c’est tout le problème. Vous maintenez les taux aussi bas pendant aussi longtemps…

Je sais que 25 points de base c’est peu mais ça reste le mieux que zéro.  (brouhaha)

Toute cette reprise n’est qu’une bulle. Nous n’avons pas assisté à une reprise économique légitime, nous avons juste gonflé des bulles qui doivent être percées.

Si vous observez tous les indicateurs économiques à terme, ils annoncent tous une récession. La seule exception est le taux de chômage, un indicateur à retardement car les employeurs ne licencient pas le personnel en prévision d’une récession.

Je suis d’accord avec toi mais quid de l’immobilier ?

Il y a toujours une bulle sur le marché de l’immobilier. Les prix sont trop élevés. C’est pourquoi le taux de propriété est à son plus bas depuis 50 ans mais cette fois, c’est différent.

Il s’agit d’une bulle différente. Aujourd’hui, la plupart des gens louent. Les hegde funds et les sociétés financières privées ont utilisé l’accès facile et bon marché au crédit

pour spéculer sur les maisons familiales qu’ils essaient de louer. Lorsque les taux vont grimper, toutes ces bulles vont éclater.

La bulle obligataire aussi, pas seulement les obligations pourries. Il y a une bulle sur le marché du crédit souverain, il y a une bulle sur les Treasuries.

Concentrons-nous sur les fondamentaux, même si on éjecte toutes les sociétés énergétiques du S&P 500 qui se sont fait massacrer au T3, les sociétés restantes affichent une croissance de leurs ventes annuelles inférieures à 1 %.

Croyez-moi, il est impossible que l’on assiste à la poursuite des embauches de ces derniers temps si les ventes…

Ok, voyez-vous des dégâts à venir en raison de ce relèvement des taux décidé dans un contexte qui semble annoncer une récession ?

Je pense que ce que le marché a apprécié, c’est le fait qu’elle a déclaré qu’elle pourrait ne plus jamais relever les taux. En bref, c’est ce qu’elle a dit.

Je pense qu’ils démarreront le QE4 l’année prochaine. C’est ça le problème et pas parce que les QE marchent mais parce que nous sommes pris au piège.

Est-ce que les marchés vont apprécier ce nouveau QE ?

Hmm… Le marché de l’or va apprécier.

Si les marchés grimpent maintenant, c’est parce qu’il semble qu’elle ne relèvera pas davantage les taux ou parce qu’elle ne cesse de marteler qu’elle a confiance en l’économie et dans les marchés ?

Si le marché croit en la Fed, il y a un problème. N’oubliez jamais le problème des subprimes.

Mon ami Lonski, vous dites beaucoup de mal de la Fed. On dirait que vous avez perdu confiance. Et vous ?

La Fed n’a aucune confiance, c’est la raison pour laquelle elle relève ses taux. Elle a peur d’admettre qu’elle n’a pas confiance. Cette hausse symbolique a pour but d’occulter ce fait.

Si la Fed avait vraiment confiance en l’économie, elle aurait agi il y a des années déjà mais alors elle aurait fait éclater les bulles plus tôt et nous serions déjà dans la crise financière suivante.

En voilà un point de vue négatif mais cela a du sens.

La plupart des gens s’accorderont pour dire qu’au vu de la situation économique, il n’y a aucune raison de relever les taux sauf s’il y a un risque de bulle.

Ou si vous souhaitez vous garder pour l’avenir une certaine marge de manœuvre…

Je crois que nous sommes d’accord… Ce qui est un peu effrayant.

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Article de Secular Investor, publié le 19 novembre 2015 :

Ça recommence : les investisseurs de l’or paniquent alors que le cours plonge. Soyons honnêtes, l’analyse technique ne semble pas très constructive. Cependant, il faut la mettre en perspective. L’or libellé en dollars est peut-être sous pression mais l’or en euros ne se comporte pas si mal, que du contraire même.

Le graphique de l’or en euros affiche des plus bas plus élevés et des plus hauts plus élevés durant ces derniers mois. Même la moyenne mobile à 50 jours semble évoluer positivement. Cette analyse de l’or en euros est valable pour la majorité des devises sauf le dollar.

Mais vu que le marché se focalise sur le cours de l’or en dollars et que le marché s’inquiète de l’éventuelle hausse des taux américains qui serait soi-disant mauvaise pour l’or… Cela dit, cette analyse présentée pour une vérité est-elle correcte ? Après tout,  ce ne se serait pas la première fois que l’opinion dominante soit dans l’erreur.

Contrairement aux experts et aux analystes qui font les déclarations que leur auditoire souhaite entendre, nous allons étayer notre analyse avec des faits historiques et des chiffres. Nous avons tout particulièrement analysé les réactions de l’or après les hausses des taux de ces dernières décennies, plus précisément à partir de 1972 lorsque le cours de l’or put de nouveau fluctuer librement. Les conclusions risquent bien de vous étonner !

La première hausse des taux de la Fed à partir de cette date a eu lieu entre février 1972 et juillet 1974.

or-taux-1972-1974

Comme vous pouvez le constater sur le graphique ci-dessus, l’or est passé d’environ 40 $ l’once à 180 $ l’once (x 4) alors que les taux d’intérêt grimpaient de 3 à 13 %.

La vague suivante de hausse des taux a eu lieu entre juin 1977 et mars 1980, une période caractérisée par une inflation galopante.

or-taux-1977-1980

Une fois de plus, le cours de l’or a fortement grimpé, passant d’environ 100 $ l’once à 800 $ l’once… Son cours fut multiplié par 8 !

Ce fut une période très volatile alors que la Fed avait rapidement baissé ses taux après avoir atteint le pic des 13 %. De ce fait et à cause de l’inflation qui s’entêtait à rester élevée, la Fed dut à nouveau remonter ses taux entre juillet 1980 et janvier 1981.

or-taux-1980-1981

L’or s’est stabilisé entre 600 et 700 $ l’once, ce qui indique que le métal jaune avait « senti » que l’inflation était modérée. Peu de temps après l’inflation commença à baisser ce qui donna un coup de fouet significatif à l’économie. Durant cette période, la Fed a dû intervenir à plusieurs reprises pour éviter la surchauffe de l’économie.

La période suivante de hausse des taux a eu lieu entre février 1983 et septembre 1984.

or-taux-1983-1984

Durant cette période le cours de l’or chuta fortement passant de 500 à 350 $ l’once alors que les taux d’intérêt grimpaient de 8,5 à 11,5 %. Veuillez noter qu’il s’agissait de taux relativement élevés même par rapport à la moyenne historique, ce qui prouve que les banquiers centraux étaient toujours préoccupés par l’inflation.

La vague suivante de hausse des taux a eu lieu entre septembre 1986 et avril 1989.

or-taux-1986-1989

Dans un premier temps le cours de l’or réagit positivement en passant de 400 à 500 $ l’once mais tandis que la Fed continue d’augmenter agressivement son taux directeur durant la seconde partie de cette période, le cours de l’or retourna  à son point de départ : 400 $.

Nous arrivons désormais dans les années 90, une décennie caractérisée par la prospérité économique et une inflation basse. La première hausse des taux a eu lieu entre décembre 1993 et juin 1995.

or-taux-1933-1995

Il s’agit d’une nouvelle période qui ne fut pas négative pour l’or dans un contexte de hausse des taux alors que le métal jaune oscilla entre 375 et 395 $ l’once.

À la fin des années 90, la Fet a dû à nouveau intervenir pour éviter une surchauffe économique majeure provoquée par le boum technologique.

or-taux-1999-2000

En un an et demi les taux d’intérêt ont quasi doublé tandis que l’or se stabilisait entre 250 et 330 $ l’once.

Après l’éclatement de la bulle Internet, la Fed a augmenté ses taux durant une seule période : entre mai 2004 et juillet 2006.

or-taux-2004-2006

Au moment même où quasi personne ne s’attendait au retour de l’or : le cours du métal augmenta significativement durant la seconde partie de cette période, de 400 $ à un pic intermédiaire de 700 $ l’once.

Nous venons de couvrir les remontées de taux significatives de ces quatres dernières décennies. Quelles conclusions pouvons-nous en tirer ?

  • L’impact fut positif pour l’or à 3 occasions.
  • L’impact fut négatif pour l’or à 2 occasions.
  • L’impact fut neutre avec des hauts et des bas à 3 occasions.

À la lumière de ces faits, comment est-il possible pour une personne sérieuse de conclure que le cours de l’or baissera durant la prochaine hausse des taux ? Statistiquement, cela n’est arrivé que deux fois sur sept.

De plus, les deux périodes de relèvement des taux qui furent négatives pour l’or eurent lieu après deux séquences prolongées d’inflation exceptionnellement élevée. (…)

Ce qui nous amène à la situation d’aujourd’hui. Si la Fed s’engage dans un cycle de hausse des taux, ce sera pour contrôler une inflation en hausse. Vu que nous quittons une période de taux exceptionnellement bas et de croissance économique modérée, la situation la plus proche de celle que nous vivons correspond à la période 2004-2006.

Alors que les taux d’intérêt grimpaient durant cette période, le cours de l’or suivit cette courbe ascendante. Durant la dernière phase de cette hausse, l’or se mit même à augmenter de façon exponentielle.

Nous pensons que c’est ce scénario qui nous attend ; le déclin de l’or prendra fin lorsque la Fed commencera à relever ses taux directeurs.

Nous n’anticipons pas un rally spectaculaire à court terme vu que ce genre d’événements se produit dans la plupart des cas dans les phases ultérieures d’un marché haussier. Des craintes concernant l’inflation sont également un facteur qui favorise une hausse spectaculaire. Les investisseurs astucieux savent qu’il s’agit d’un bon moment pour acquérir des métaux précieux et non s’en débarrasser.

Egon von Greyerz

Interview d’Egon von Greyrz, publiée le 21 novembre 2015 sur KWN :

« Les marchés attendent la décision de la Fed du 16 décembre. Actuellement, la Fed n’a aucune idée de ce qu’elle doit faire. Vu qu’elle ne suit aucune politique à long terme et ne fait que réagir aux événements, elle espère recevoir plus de clarté dans les 26 jours à venir.

Augmenter les taux de 0,25 % donnerait l’impression que l’économie est forte. La raison première en faveur d’une hausse des taux est donc de donner l’illusion que tout va bien aux États-Unis.

Mais Janet Yellen sait parfaitement que les choses sont loin d’être parfaites. Elle sait que le taux de chômage réel n’est pas de 5 % vu que 94 millions de personnes à même de travailler se tournent les pouces. Elle sait également que les risques qui planent sur les États-Unis, comme sur le reste de l’économie mondiale, sont plus grands que jamais.

La dette fédérale américaine est de 18,5 trillions de dollars tandis que sa dette totale est proche des 70 trillions. En plus de ces montants il faut inclure les engagements non provisionnés, qui dépassent les 200 trillions de dollars, sans parler des plus de 500 trillions de produits dérivés sur les taux d’intérêt que les banques américaines possèdent.

Avec une dette et des positions risquées qui totalisent presque 3/4 d’un quadrillion, il ne s’agit pas d’un contexte idéal pour augmenter les taux. De plus, les marchés actions américains surévalués pourront difficilement encaisser une hausse. La bourse américaine arrive au terme de son marché haussier séculaire ; toute mauvaise nouvelle sera le catalyseur d’un marché baissier épique.

Les soucis des subprimes

(…) Les crédits auto deviennent de plus en plus un problème de type subprime, comme c’est aussi le cas pour les prêts étudiants. Le marché des obligations pourries s’est effondré de 33 % durant les quinze derniers mois. Les secteurs du pétrole et du gaz sont bien sûr les principaux responsables mais d’autres sont également sous pression.

La dette des entreprises augmente. Depuis 2009, la dette nette des entreprises est passée d’un trillion à 2,5 trillions. Cette tendance est particulièrement dangereuse dans un contexte de profits en baisse. Mais sur le long terme, la décision de la Fed du 16 décembre n’aura aucune espèce d’importance. L’économie américaine et le dollar tomberont, quoiqu’elle décide, car une économie tant endettée n’est pas pérenne. Je doute qu’elle décide d’augmenter les taux mais ce ne serait pas la première fois que la Fed commette une erreur.

S’il est difficile de prédire ce qu’elle fera, j’estime qu’il est par contre absolument certain qu’au début 2016 la Fed démarrera un nouveau QE qui aura de quoi faire rougir les assouplissements précédents. D’ici quelques années, il ne serait pas étonnant que la Fed ait créé plus d’un quadrillion de dollars.

L’Europe n’est pas en reste

Mais il ne s’agit pas que d’un problème américain. En Europe douze pays ont déjà des taux d’intérêt négatifs en vertu de leur tentative futile de créer de l’inflation. Draghi vient juste d’annoncer que la BCE ferait « ce qui doit être fait pour augmenter l’inflation aussi vite que possible ». Ce qui signifie très clairement que la BCE augmentera son QE en décembre.

Mais cette frénésie de création monétaire n’aura pas d’effets positifs pour l’économie mondiale. Tout ce qu’elle fera, c’est provoquer l’effondrement des devises et créer de l’hyperinflation. La minorité qui possède de l’or et de l’argent physique possédera au moins une assurance qui les protégera contre la destruction totale de leur patrimoine. »

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Peter Schiff

Article de Peter Schiff, publié le 17 novembre 2015 sur CNBC.com :

« Les statistiques de l’emploi américain de septembre, qui furent publiées au début du mois d’octobre, furent tellement mauvaises qu’elles permirent de convaincre la majorité des investisseurs que la Fed n’augmenterait pas les taux en 2015.

Étant donné que la plupart des investisseurs estiment que l’or grimpe lorsque les taux d’intérêt sont en dessous de l’inflation, c’est sans surprise que dans les deux semaines qui ont suivi la publication des chiffres, l’or a augmenté, passant de 1113 $ le 30 septembre à 1184 $ le 14 octobre, une hausse de 6,4 % mais cela ne dura pas. De nombreuses déclarations de la part d’officiels de la Fed augurant une hausse des taux ainsi que le communiqué supposé ferme de la réunion de la Fed d’octobre et des chiffres de l’emploi meilleurs que prévu en octobre ont convaincu la majorité des investisseurs et des économistes qu’une hausse des taux en décembre était plus que probable. Cela a renvoyé l’or d’où il venait, et même plus à 1075 $ l’once, soit une baisse de plus de 9 % en seulement deux semaines.

Les attaques terroristes tragiques de Paris ont ensuite initié une vague d’achat le lundi matin rappelant que les investisseurs se tournent rapidement vers l’or durant les périodes d’incertitude. Cela ne fut néanmoins pas suffisant pour permettre alors de dépasser les 1100 $ ; les marchés restent pessimistes à propos des perspectives de l’or. De nombreuses personnes affirment maintenant qu’une hausse des taux de 25 points de base en décembre sera le dernier clou dans le cercueil du métal jaune et l’enverra Dieu seul sait où.

Cependant, il y a peu de raisons de croire que l’or tombera encore plus bas même si la Fed baisse ses taux en décembre. Il y a de bonnes raisons d’affirmer que durant ces derniers mois l’or a formé un double plus bas (double bottom) et qu’il s’agit d’un excellent point d’entrée pour les investisseurs à long terme.

Soit la Fed augmentera ses taux de 0,25 % en décembre ou elle ne le fera pas. Ces deux scénarios sont en fait positifs pour l’or.

Le statu quo serait positif pour l’or, pour des raisons évidentes. Si la Fed n’agit pas, après avoir laissé les marchés croient à la hausse, elle perdrait toute crédibilité. Les investisseurs concluraient à raison que la Fed n’a fait que bluffer et que les taux resteront bloqués à zéro pour un bon bout de temps. Cela initierait sans aucun doute une hausse durable de l’or.

Et si la Fed augmente les taux en décembre ?

Mais si elle décide d’appuyer sur la gâchette, la plupart des investisseurs estiment que cela aurait pour conséquence de prolonger la chute de l’or. C’est cependant ignorer le fait que les investisseurs s’attendent à une hausse des taux depuis longtemps désormais et que l’or a déjà baissé de 40 % dans l’anticipation de cette hausse. Le marché de l’or a déjà intégré cette nouvelle et probablement même une hausse de plus de 25 points de base. Je pense que le cours actuel intègre déjà plusieurs centaines de points de base de hausses. Pourtant, tout ce qu’on l’on risque de voir à moyen terme, c’est un relèvement de 0,25 %.

Vu le ton indéniablement prudent de nombreux communiqués de la Fed, la fragilité de l’économie et des marchés ainsi que les élections présidentielles à venir, une éventuelle hausse des taux en décembre serait accompagnée par des communiqués extrêmement accommodants afin de faire passer la pilule. La Fed promettra probablement une grande prudence à propos d’une éventuelle hausse supplémentaire. En fait, il est fort probable que nous soyons confrontés à un langage suggérant un « acte sans lendemain ». Vu que de nombreux investisseurs vendent depuis longtemps en anticipation de cette première hausse depuis 10 ans, cela pourrait provoquer une réaction de type « achat de la rumeur et vente sur le fait accompli » qui provoquerait une hausse plutôt qu’une baisse de l’or.

Toute hausse des taux accélérera la fin du cycle d’expansion économique actuel pour nous rapprocher d’un nouveau cycle plus accommodant qui serait extrêmement positif pour l’or. Vu que les marchés ont tendance à anticiper, la première hausse des taux pourrait en fait pousser les traders à déjà intégrer la première baisse future des taux.

Le dollar lui-même n’a quasi pas cessé de s’apprécier depuis que les marchés ont conclu que la Fed s’oriente vers un serrage de vis monétaire. Il est défendable d’affirmer que le plus gros de la hausse du dollar a déjà eu lieu. Vu que la vigueur du billet vert est l’une des raisons qui expliquent la faiblesse de l’or, peut-être qu’une hausse de 25 points de base des taux américains n’est donc pas un événement aussi important que cela.

Hausse des taux => or en baisse ? Faux !

Mais pour ceux qui croient vraiment que la Fed va prendre le chemin très improbable d’une hausse des taux en série dans le contexte d’une économie qui ralentit durant une année électorale, il est instructif d’examiner comment se comporta l’or durant le dernier événement de ce genre. À partir de juin 2004, Alan Greenspan a relevé les taux de 25 points de base durant dix-sept réunions consécutives. Durant ces deux années, l’or a augmenté de façon presque ininterrompue, de 62 % (passant de 390 à 630 $). La croyance que des taux d’intérêt plus élevés sont mauvais pour l’or est donc un mythe.

Pour obtenir un impact réel sur l’or, nous aurions besoin de taux d’intérêt réels positifs, soit des taux supérieurs à l’inflation. Cela ne risque pas d’arriver de sitôt vu que l’économie américaine est trop endettée pour se permettre une hausse rapide. Les conditions devraient donc être positives pour l’or pendant un bon bout de temps. (…)  La retraite de l’or en dessous des 1100 $ est donc un cadeau inespéré pour ceux qui ont raté le point d’entrée d’il y a 6 semaines. »

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Après avoir lutté pour laisser sa moyenne mobile à 200 jours derrière lui, le cours de l’or a de nouveau été massacré pour revenir d’où il était parti en 2015. Ce qui a mis le feu aux poudres ? Les déclarations de Yellen signalant que les taux seraient plus que probablement augmenter en décembre (oui, encore). C’est sur la base de cette simple éventualité que le métal jaune s’est effondré alors que bien d’autres paramètres positifs devraient provoquer un mouvement inverse.

À ce sujet, John Embry a déclaré à KWN durant son interview du 4 novembre :

« Comme je vous l’avais dit la semaine dernière à propos de l’accumulation énorme des positions short sur le Comex par les banques commerciales, à savoir les banques de lingots… Je vous avais dit que soit nous allions assister à un échec des banques commerciales dont les positions short allaient être submergées, ce qui arrive très rarement, soit nous allions être témoins d’une baisse prodigieuse, les shorts forçant les positions long à capituler. Nous avons obtenu la réponse très rapidement.

Mercredi, le ton de la Fed fut supposément dur alors qu’elle signalait la possibilité d’une hausse des taux en décembre. Une fois de plus, ce prétexte fut utilisé pour massacrer les cours de l’or et de l’argent et forcer ainsi les spéculateurs à se couvrir dans la panique. le bon vieux cycle du « lavage et rinçage » a donc eu lieu pour la énième fois.

Cela dit, ne vous méprenez pas. Les banques de lingots sont les entités qui ont provoqué cette attaque mais elles ont le soutien total des banques centrales occidentales dont les tentatives pour maintenir le bateau à flot sont de plus en plus désespérées.

Nous avons également vu des choses intéressantes sur la première page de ce week-end du média très dominant qu’est le Financial Times. Le FT décrivait les activités des banques centrales pour maintenir les marchés à flot. L’article énumérait leurs efforts pour apaiser les craintes à propos de l’économie mondiale tandis que Draghi suggérait qu’une augmentation de la cadence du QE était envisageable en décembre.

Ceci n’est pas surprenant : quel autre choix ont les planificateurs centraux, si ce n’est augmenter la dose des QE ? Néanmoins, la plus grande offense à l’intelligence a été commise par la Fed avec ses âneries concernant la possibilité d’une hausse des taux en décembre. Si cela devait se produire, cela devrait simplement enclencher l’accélération du QE américain vu que l’économie se dirige vers la récession. (…)

Je pense que la Fed comprend parfaitement la nature du problème qui est une dette non viable. Seuls des taux 0 et les injections massives des liquidités nécessaires peuvent maintenir le navire à flot mais la Fed ne peut l’admettre publiquement. Ce qui explique toutes ces déclarations trompeuses à propos des taux, accompagnées de statistiques bidons concernant l’état de l’économie. »

Pour en revenir à la manipulation en elle-même, le graphique suivant de Dave Kranzler (source) est instructif, même si c’est désormais du réchauffé :

or-manipulation

Sur celui-ci, on voit d’abord l’or grimper suite à des commentaires de la BCE positif pour l’or. Peu après 6 heures, soit l’ouverture du Comex, se passe un événement récurrent à ce créneau horaire : une baisse importante, sans aucune raison particulière. Quelques heures plus tard, Janet Yellen « bave un ramassis d’inepties qui est interprété comme l’annonce d’une hausse des taux en décembre. » Cette fois, c’est la bonne, l’or doit baisser. Peu importe si la même Yellen déclarait peu de temps après que les taux négatifs étaient sur la table si l’économie américaine devait d’aventure se détériorer (source). Absurde ? Probablement. A force de nager dans ces eaux, on se rend compte difficilement !

Toujours selon Dave Kranzler, 29,600 contrats ont été vendus dans la demi-heure qui a suivi l’allocution de Yellen ce qui correspond à 2,6 millions d’once d’or papier. Dans l’heure, on est passé à 50.500 contrats balancés, soit 5,1 millions d’onces. Alors qu’actuellement, le Comex dispose d’un stock d’or livrable de 200.000 onces. Pour terminer, le dernier ratio or physique/or papier du Comex s’élève à 1 pour 298. Tout est normal, circulez, y a rien à voir ! Par contre, tout ce cirque pourrait bien annoncer des chiffres de l’emploi décevants. La réponse au prochain numéro.