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HFT

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trading à haute fréquence

Alors que l’arnaque pure et simple du trading à haute fréquence est connue, a été disséquée et est documentée par des gens comme Nanex, les entités qui recourent à ces méthodes frauduleuses ne sont pas inquiétées. À vrai dire, ce n’est pas tout à fait vrai. Mais il faut aller jusqu’en Inde pour trouver des régulateurs qui reconnaissent le problème et qui prennent des mesures.

Comme nous l’apprend cet article de Bloomberg :

« Le régulateur indien a décidé d’augmenter les pénalités infligées aux sociétés de trading haute fréquence qui inondent les marchés avec des ordres qui ne se matérialisent en transactions. (…)

En plus d’appliquer des frais de 0,1 roupie sur chaque ordre annulé quand le ratio ordres/transactions passe en dessous d’un certain seuil (…), le SEBI, Securities & Exchange Board of India, envisage de mettre en place un seuil de vitesse, ainsi qu’un certain temps de latence sur chaque ordre afin que tous les participants puissent voir les marchés évoluer à la même vitesse, d’après les déclarations du président du SEBI, U. K. Sinha, faites ce mercredi à Mumbai. »

Aux États-Unis, pour chaque transaction effective il existe 26 ordres annulés. Ce qui signifie qu’environ 96 % de tous les ordres de bourse passés sur les marchés actions américains sont annulés. Dans le jargon technique, cela s’appelle du « quote stuffing », c’est rigoureusement interdit par la SEC, et malgré la statistique que nous venons d’évoquer et qui provient de cette même SEC, rien n’est fait pour punir les contrevenants, sauf s’il s’agit de menu fretin, histoire de sauver les apparences.

En faussant le véritable jeu de l’offre et de la demande, le quote stuffing augmente l’écart entre le prix de l’offre et de la demande d’un actif, aux dépens des investisseurs ordinaires, tandis que les algorithmes utilisent les opportunités d’arbitrage qui découlent d’une telle situation pour engranger des profits.

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Plus de 50 dollars : voici le plongeon vertigineux de l’or lorsque le marché s’est ouvert ce dimanche en Asie. Une chute provoquée par la vente de 2,7 milliards d’or papier qui a ensuite débouché sur un flash crash épique. Tout ceci dans la foulée de l’annonce des nouvelles réserves d’or chinoise… hasard ou réalité scientifique, chacun se fera son opinion. Voici celle de ZeroHedge, publiée le 19 juillet 2015 :

« La dernière fois que l’or a chuté de plus de 30 $ l’once jusqu’à provoquer la suspension des marchés pendant 10 secondes, c’était le 6 janvier 2014. Certains avaient affirmé qu’il s’agissait d’une vente normale bien que nous ayons déclaré explicitement (et démontré) qu’il s’agissait d’un exemple clair d’un algorithme HFT (trading à haute fréquence) qui avait pété les plombs à la demande de ses maîtres en explosant tous les ordres de vente stop dans le but de faire baisser le cours.

Il a fallu attendre 18 mois, soit il y a un mois, pour que le Comex admette grosso modo ce que nous disions (…).

Nous rappelons cet événement car à l’ouverture des marchés en Chine, l’or (ainsi que quasi tous les métaux précieux) a été victime d’un flash crash lorsque « quelqu’un » a décidé de vendre pour 2,7 milliards notionnels de métal en provoquant ainsi une baisse de 4,2 % du cours, soit de 50 $ à 1086 dollars l’once, le niveau le plus bas depuis mars 2010.

Une fois de plus comme en février 2014 et dans d’autres cas, le fait que « quelqu’un » soit prêt à vendre à n’importe quel prix montre qu’il ne s’agissait pas d’une transaction normale à la recherche du prix d’équilibre mais d’une manœuvre intentionnelle dirigée par des algorithmes pour forcer les ordres de vente stop (note : ordre de vente automatique lorsqu’un actif atteint un certain seuil, un mécanisme de sécurité censé limiter les pertes).

Qui est derrière tout ceci ?

La réponse importe peu : il s’agit peut-être d’un bis repetita du 2 février 2014, de la BRI et de son responsable des opérations sur les marchés des changes Benoît Gilson, d’une méga opération chinoise pour le démontage d’une opération financière sur les matières premières ou de Citigroup qui s’est lourdement positionné sur le marché des métaux précieux via les produits dérivés. (…)

Le cours semble avoir rebondi depuis d’environ 20 $ (note : au moment d’écrire ces lignes, l’or flirte avec les 1120 $, soit de plus de 30 $ par rapport au pic du flash crash) mais nous nous attendons à ce que le niveau des 1086 $ soit à nouveau testé sous peu. (…) »

Pour rappel, le coût de production d’une once d’or est en moyenne d’environ 1100 $.

Le livre « Flash Boys » de l’auteur financier américain à succès Michael Lewis continue de faire des remous. Pourtant, un autre ouvrage d’un auteur moins connu, Scott Paterson, « Dark Pools : the rise of the machine traders and the rigging of the US stock market », paru en juin 2013, avait reçu moins de publicité, alors qu’il comportait quelques bombes.

Thomas-Peterffy-HFT

Ce livre rapporte notamment le discours qu’a tenu Tomas Peterffy le 11 octobre 2010 au Salon Opéra de l’Intercontinental Le Grand hôtel de Paris. Thomas Peterffy est loin d’être un inconnu à Wall Street : le milliardaire fondateur de Timber Hill et Interactive Broker est tout simplement considéré comme le père du trading à haute fréquence. Ce jour-là, il a médusé le parterre de financiers et politiques de la World Federation of Exchanges devant lequel il s’est adressé.

« Une bourse d’échange était un lieu, oui, un lieu physique, où les gens se rassemblaient pour acheter et vendre, en espérant obtenir le meilleur prix. Plus la bourse d’échange était capable d’attirer tous les acheteurs et les vendeurs potentiels d’un produit, plus les prix d’une bourse d’échange reflétaient le véritable état de l’offre et de la demande. »

C’était le bon vieux mantra : la liquidité entraîne la liquidité. Mais quelque chose a changé.

« Durant les 20 dernières années, les ordinateurs ont débarqué, ainsi que les communications électroniques, les bourses d’échange électroniques, les dark pools, les ordres flash, la multiplication des bourses, les bourses d’échange alternatives, les courtiers à accès direct, les dérivés OTC, le trading à haute fréquence, etc. Si bien qu’aujourd’hui, c’est un énorme foutoir. »

À ce moment, l’audience est déjà abasourdie. Peterffy n’a même pas pris la peine d’essayer de détendre l’atmosphère en lançant une blague ou une anecdote. Il va droit au but, alors que la majorité du public est loin d’apprécier ce qu’il entend :

« Le problème n’est pas que le grand public n’a pas confiance en son courtier. Ils n’ont plus confiance dans les marchés, dans les bourses d’échange, ainsi que dans les régulateurs. Et pourquoi devraient-ils avoir confiance, vu ce qu’il s’est passé durant les dernières années ? Pour le citoyen, les marchés financiers peuvent s’apparenter de plus en plus à un casino, à la différence que les casinos sont plus transparents et plus simples à comprendre. »

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La publication d’un livre qui dénonce le HFT, le trading à haute fréquence, fait grand bruit outre-Atlantique, où le FBI a décidé d’ouvrir une enquête. Il y aurait cependant pire, selon Robert Fitzwilson : certaines sociétés seraient parvenues à intercepter des ordres avant qu’ils ne soient exécutés afin de placer leurs propres ordres en conséquence.

HFTCe qui signifie que dans ce cas, le trading à haute fréquence est exploité afin d’anticiper de quelques millisecondes les ordres d’autres participants au marché pour le revendre un titre plus cher, ou leur racheter une action moins chère. Si ce n’est pas de l’escroquerie, alors de quoi s’agit-il ?

« La semaine dernière a commencé par une explosion, avec le débat du trading à haute fréquence qui s’est retrouvé sur le devant de la scène, un mécanisme qui permet à des escrocs d’exploiter la technologie pour subtiliser des milliards de dollars à des investisseurs ignorants.

Ces ordinateurs surpuissants placés à proximité des infrastructures réseau des bourses peuvent passer leurs ordres avec un temps d’avance. À vrai dire il n’y a rien de bien neuf dans cela : ils agissent un peu comme les Rothschild, qui avaient leurs propres pigeons et qui les avaient avertis de la défaite de Napoléon à Waterloo avant tout le monde. Ils avaient pu passer leurs ordres à la bourse de Londres avec un temps d’avance.