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Hyperinflation

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Article de Jeff Nielson, publié sur Sprott Money le 1er septembre 2015 :

« Une idée fausse continue d’être répandue dans les médias, qu’ils soient dominants ou alternatifs. Cette analyse erronée affirme que nous nous dirigeons vers un effondrement déflationniste. Elle reflète une incompréhension fondamentale des dynamiques économiques.

Cette erreur fondamentale et impardonnable découle d’une définition erronée de la déflation, dont la définition correcte est « lorsque la devise d’une juridiction donnée augmente en valeur ». C’est sur ce simple fait que nous pouvons examiner un exemple hypothétique simple qui clôt une fois pour toutes le faux débat sur l’inflation et la déflation.

Imaginez 2 économies semblables en tous points de vue, à l’exception d’une différence de taille. Elles ont toutes les 2 le même PIB, la même population, des paramètres économiques semblables (à l’exception de cette différence). Ces 2 économies décident de faire exploser leur base monétaire, disons de la même façon que sur le graphique « hypothétique » ci-dessus (note : qui montre donc la base monétaire ajustée des États-Unis).

Il ne s’agit pas d’un graphique à propos d’une possibilité d’hyperinflation. Il s’agit plutôt du graphique d’une devise qui a déjà succombé à l’hyperinflation. Pour les lecteurs qui sont incapables de déjà voir ce fait, imaginez simplement une courbe ascendante encore plus extrême demandant encore plus de place en hauteur.

L’économie A comme l’économie B ont gonflé leur masse monétaire (donc baissé la valeur de leur devise vers zéro). Abordons désormais la différence entre ces 2 économies, afin de mettre en évidence la sottise des déflationnistes : l’économie A est totalement solvable, sans un centime de dette, tandis que l’économie B dispose d’une dette de 50 trillions de dollars, ce qui signifie qu’elle est clairement en faillite.

D’après le raisonnement erroné des déflationnistes, la devise du pays A qui a « seulement » fait exploser sa masse monétaire verra la valeur de sa devise s’évaporer tandis que la devise de l’économie B qui a fait exploser sa masse monétaire et qui a fait défaut verra sa devise s’apprécier en raison du crash déflationniste dont ne cessent de parler les déflationnistes.

Nous arrivons donc désormais au « Principe Idiot de la Déflation » : un pays qui fait exploser sa masse monétaire voit la valeur de sa devise s’effondrer mais un pays qui fait défaut derrière voit sa devise s’apprécier. La faillite annulerait donc l’hyperinflation en la supplantant.

Dès maintenant, il devrait être évident pour quiconque disposant de 2 synapses en état de marche que le Principe Idiot de la Déflation n’a aucun sens lorsqu’on prend simplement en compte les dynamiques économiques et que l’on utilise les bonnes définitions dans leur contexte. Mais la bêtise des déflationnistes est encore plus évidente lorsqu’on contemple les preuves empiriques du monde réel.

Quels sont les facteurs qui rendent l’exemple hypothétique ci-dessus irréaliste ? L’économie A, le pays solvable, n’a aucun intérêt à s’engager dans la politique suicide de l’hyperinflation. Les pays solvables ne font jamais exploser leur masse monétaire. Donc les (nombreux) régimes à travers l’histoire dont la devise a explosé via l’hyperinflation étaient également insolvables. La solvabilité est la seule raison derrière la nécessité impérative et extrême pour un gouvernement de commettre un tel suicide économique. (…)

Jusqu’au démarrage de l’opération encore plus frauduleuse que sont les QE (la monétisation de la dette), nos gouvernements ont littéralement emprunté chaque sou en existence. Ce qui signifie que la monnaie est littéralement un « IOU » du gouvernement (I owe you, reconnaissance de dette), qui est insolvable.

Quelle est la valeur d’une reconnaissance de dette émise par une entité fauchée comme les blés ? Zéro. La devise de l’économie B était déjà sans valeur, même avant sa création monétaire inconsidérée menant à l’hyperinflation. La devise de l’économie A n’est devenue sans valeur qu’après la création monétaire. Autrement dit, la devise de l’économie A n’a aucune valeur. La devise de l’économie B est doublement sans valeur. (…)

Pour conclure en nous répétant : à travers l’histoire, toute nation qui s’est engagée dans la politique hyperinflationniste de la création monétaire industrielle l’a fait car elle était déjà tombée dans le piège de l’insolvabilité. Non seulement il est possible d’avoir simultanément un pays qui recourt à la création monétaire jusqu’à provoquer l’effondrement de sa devise et avoir ce que l’on appelle un défaut provoquant un crash déflationniste, mais il s’agit en fait du seul scénario qui provoque l’hyperinflation. (…) »

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Les devises papier, dont la valeur dépend uniquement de la solidité des gouvernements qui les émettent et de la confiance de leurs utilisateurs, ont la mauvaise habitude de s’effondrer. L’histoire le prouve à l’envi ; seuls les métaux précieux conservent leur valeur sur des siècles ! Cette vidéo vous propose quelques exemples concrets pour l’illustrer. 

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Dans cet article très instructif et passionnant du 18 mai 2015, Jim Rickards nous donne une leçon d’histoire en montrant comment Hugo Stinnes, un industriel allemand, est devenu l’un des hommes les plus riches de la planète durant l’une des pires catastrophes économiques de l’histoire (la république de Weimar) tout en mettant en évidence les étranges similitudes entre sa stratégie et les décisions d’investissement récentes de Warren Buffett.

« Hugo Stinnes est quasi un inconnu aujourd’hui mais ce ne fut pas toujours le cas. Au début des années 20 c’était l’homme le plus riche d’Allemagne, du temps où le pays était la 3e puissance économique mondiale. C’était un industriel et un investisseur qui possédait un portefeuille varié en Allemagne et à l’étranger.

Les chanceliers et les ministres de la république de Weimar prenaient souvent conseil auprès de lui sur des questions économiques et politiques. À de nombreux points de vue, Stinnes jouait en Allemagne un rôle similaire à celui de Warren Buffett aujourd’hui aux États-Unis.

C’était un investisseur richissime dont les opinions comptaient qui exerçait une influence importante dans les coulisses et qui semblait toujours prendre les bonnes décisions au bon moment sur les marchés.

Si vous connaissez un peu l’histoire économique, vous savez qu’en 1922-1923 l’Allemagne a vécu le pire épisode d’hyperinflation qu’un pays développé ait jamais connu. Le taux de change entre le reichsmark et le dollar est passé de 208 au début de 1921 à 4,2 trillions à la fin 1923.

À ce moment le reichsmark avait perdu toute valeur, on balayait les billets de banque dans le caniveau comme de vulgaires détritus. Pourtant, Stinnes ne s’est pas fait lessiver durant cet épisode. Pourquoi ?

Stinnes est né en 1870 dans une famille allemande aisée active dans le secteur du charbon. Il a travaillé lui-même dans des mines afin d’acquérir une expérience pratique du secteur et s’est formé à l’académie des mines de Berlin.

Plus tard, il a repris le flambeau de l’affaire familiale en la développant. Il s’est ensuite diversifié dans le transport maritime en achetant des sociétés. Ses propres bateaux servaient à transporter son charbon en Allemagne sur le Rhin ainsi qu’à l’exporter. Ses navires transportaient aussi du bois et des céréales. Il avait également acheté un grand journal qu’il utilisait pour asseoir son influence politique.

Avant l’hyperinflation de Weimar, Stinnes a emprunté d’énormes sommes d’argent en reichsmarks. Lorsque l’hyperinflation s’est manifestée, Stinnes s’était parfaitement positionné. Son charbon, son acier et ses bateaux conservaient leur valeur.

Ce qui se passait avec la devise allemande n’avait aucune espèce d’importance, un actif tangible dispose toujours d’une valeur intrinsèque même lorsque la monnaie perd toute valeur. Les actifs de Stinnes à l’étranger lui ont également été d’un grand secours vu qu’ils généraient du profit en devises solides et pas en reichsmarks sans valeur. Une partie de ces profits fut conservée à l’étranger sous la forme d’or gardé dans des coffres en Suisse.

De cette façon, il pouvait se protéger de l’hyperinflation et de la taxation allemande. En définitive, Stinnes a pu effacer ses dettes en reichsmarks en les remboursant avec du papier sans valeur. Non seulement il ne fut pas impacté par l’hyperinflation de Weimar mais son empire financier prospéra pour le rendre plus riche que jamais.

Il étendit son portefeuille d’actifs en rachetant ses concurrents en faillite. Stinnes a gagné tellement d’argent durant la république de Weimar qu’il fut surnommé l’Inflationskönig, le Roi de l’Inflation. Lorsque les choses rentrèrent dans l’ordre et que l’Allemagne réintroduisit une devise adossée à l’or, Stinnes faisait partie des hommes les plus riches du monde alors que la classe moyenne allemande avait été détruite.

Buffett imite Stinnes presque un siècle plus tard

Chose intéressante, Warren Buffett utilise aujourd’hui la même stratégie. Il semblerait que Buffett ait méticuleusement étudié Stinnes et se prépare à la même catastrophe que Stinnes avait anticipée : l’hyperinflation. En 2009, Buffet a beaucoup investi dans les transports, notamment en achetant la société ferroviaire Burlington Northern Santa Fe.

Cette société compte de nombreux actifs tangibles comme des droits de passage, des droits d’exploitation minière, un réseau ferroviaire et du matériel roulant. Le chemin de fer rapporte de l’argent en transportant des actifs tangibles, comme du minerai ou des céréales. Ensuite, Buffett a investi dans l’énergie au Canada en achetant Suncor.

Aujourd’hui, Buffett transporte son pétrole Suncor avec ses trains de la même façon que Stinnes transportait son charbon avec ses bateaux en 1923.

Pendant des décennies Buffett fut également le propriétaire de l’un des journaux les plus puissants des États-Unis, le Washington Post. Il a récemment vendu sa participation majoritaire mais il possède toujours des médias. Il a également acheté de gros actifs en Chine et ailleurs qui produisent des profits en devises autres que le dollar, qui peuvent être parqués à l’étranger sans être taxés.

Buffett possède également beaucoup d’actions du secteur financier notamment de banques et d’assurances soit des emprunteurs très leveragés. Comme Stinnes dans les années 20, Buffett pourra être bénéficiaire de l’effacement de la dette par l’inflation de ces géants financiers lorsqu’ils redéployeront leurs propres actifs pour se protéger de leurs propres expositions.

En bref, Buffett imite Stinnes. Il emprunte pour se diversifier sur des actifs tangibles comme l’énergie, les transports et les devises étrangères. Il utilise ses médias et son prestige pour connaître tous les petits secrets des coulisses de la politique. Aujourd’hui, le positionnement de Buffett ressemble furieusement à celui de Stinnes en 1922.

Si les États-Unis devaient être victime d’hyperinflation aujourd’hui, les résultats de Buffett seraient similaires à ceux de Stinnes. La valeur de ses actifs tangibles exploserait, sa dette disparaîtrait comme par magie et il serait en position de racheter ses concurrents en faillite. Bien sûr, les classes moyennes américaines seraient détruites comme ce fut le cas en Allemagne.

Le conseil que je vous donne, lorsqu’il s’agit de milliardaires comme Buffett est d’observer ce qu’ils font et pas ce qu’ils disent. Stinnes avait anticipé l’hyperinflation allemande et s’était positionné en conséquence. Pour vous aussi, il n’est pas trop tard pour prendre les mêmes précautions. »

Crédit photo : http://rarehistoricalphotos.com/

Egon von Greyerz

La déflation que nous connaissons actuellement peut être brutalement remplacée par l’hyperinflation, vu que les banques centrales des pays du monde entier sont engagées dans un grand concours global de création monétaire. Certains pays sont déjà entrés dans une phase d’hyperinflation d’après Egon von Greyerz (source) :

« Il est désormais très clair que l’hyperinflation à laquelle je m’attendais est de plus en plus présente et se propage de pays en pays. Le phénomène est pour le moment concentré à la périphérie mais il ne tardera pas à se propager aux pays développés du monde entier.

L’hyperinflation est un événement monétaire. Elle se déclare lorsque des pays vivent au-dessus de leurs moyens durant une période prolongée, ce qui entraîne la constitution d’une dette massive et éventuellement de la création monétaire. (…)

Il suffit d’observer le cours de l’or dans diverses devises pour identifier des signes très clairs d’hyperinflation. Depuis 2008 soit le début de la grande crise financière, l’or a augmenté de 800 à 900 % en Biélorussie et en Ukraine, de 400 à 600 % en Argentine et en Syrie. (…) L’Ukraine est massivement financée par l’Occident malgré tout le pays est en train de se désintégrer, en manque d’argent et de nourriture.

Malgré cela, les gouvernements du monde entier poursuivent dans la même direction. Depuis 2008, la dette mondiale a augmenté de 45 % soit de 60 trillions de dollars. En raison des problèmes de l’Union européenne et de la Grèce, la monnaie unique est aussi faible qu’en 2003.

Cet environnement a permis au dollar de s’apprécier mais il s’agit d’une vigueur temporaire. Le billet vert va terminer son mouvement haussier dans les semaines à venir pour commencer à refléter la réalité de son pays émetteur, à savoir une nation qui a vécu au-dessus de ses moyens pendant au moins 50 ans. Je m’attends à ce que ce phénomène d’hyperinflation affecte les États-Unis dans les 2 à 4 années à venir. Ce phénomène frappera également l’Europe, bien sûr. (…) »

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De nombreux analystes de KWN prennent en compte un scénario économique qui mènerait à l’hyperinflation. Pour Egon von Greyerz, ce scénario est quasi une certitude. Il l’a expliqué pourquoi dans sa dernière interview sur King World News, en détaillant ce qu’il a vécu en Grande-Bretagne dans les années 70 (source) :

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Egon von Greyerz : « Tous les jours, nous recevons des signaux qui nous rappellent que l’hyperinflation est en route. Le Congressional Budget Office estime désormais que la dette américaine augmentera de 10 trillions pour atteindre 27 trillions d’ici 2024. Cela signifie évidemment que les déficits vont exploser, ainsi que la création monétaire, étant donné que vu les déficits chroniques de l’Amérique, plus personne ne voudra acheter de Treasuries. Cela signifie que l’intégralité des émissions devra être monétisée, donc achetée par la Fed.

Les conséquences de cette monétisation de la dette seront horribles. Le dollar s’effondrera tandis que les taux d’intérêt s’envoleront. Cela me rappelle les années 70. L’âge n’est pas synonyme de sagesse, mais il fournit un avantage majeur en termes d’expérience.

En 1972, je débarquais au Royaume-Uni de ma Suisse natale. J’étais le CFO de la plus grande chaîne britannique d’électronique, Dixons. J’ai reçu mes premières options quand le titre de la société était à 1,3 livre sterling. 3 ans plus tard, ces options valaient 11 centimes. Elles avaient chuté de 1,3 à 0,11.

J’ai acheté ma première maison en Grande-Bretagne en 1973. Le taux d’intérêt sur le crédit hypothécaire était de 21 %. J’ai payé ce taux pendant une courte période, ensuite 18 % pendant le reste du temps. Posez-vous la question de savoir combien de gens pourraient acheter une maison aujourd’hui en payant 18 % d’intérêts ? Quasi personne.

Bien sûr, à l’époque, une récession majeure frappait l’ensemble de la planète. De plus, en Grande-Bretagne, les mineurs faisaient grève, la semaine de travail faisait 3 jours car pendant 2 jours il n’y avait pas d’électricité. Dans mon cas, chez Dixons, nous devions vendre du matériel électronique à la lueur des chandelles. Bien sûr, nous étions incapables de montrer aux gens comment les appareils fonctionnaient.
Évidemment, cela a débouché sur une pénurie de bougies. Nous devions les importer de Suisse. En 1972, l’inflation au Royaume-Uni s’est élevée à 8 %, pour doubler à 16 % 1974. Il s’en est suivi une période de 8 ans avec une inflation annuelle de plus de 10 %. Que s’est-il passé avec la monnaie ?

Lorsque je suis arrivé au Royaume-Uni en 1972, vous pouviez recevoir 10 francs suisses avec une livre sterling. 6 ans plus tard, vous n’en receviez plus que 3. La livre avait donc perdu 2/3 de sa valeur. Aujourd’hui, vous n’en recevez plus qu’un et demi. Voilà ce qui arrive à une devise faible dans un environnement économique mal géré. Heureusement, à l’époque, nous n’étions pas aussi dépendants de l’informatisation. Aujourd’hui, une semaine de 3 jours de travail mènerait à une véritable paralysie.

Si je vous raconte cette histoire, c’est que la situation actuelle des États-Unis et de nombreux autres pays est très similaire à celle des années 70. Et l’augmentation exponentielle de la dette aux États-Unis et ailleurs mènera inévitablement à l’hyperinflation, soit des taux d’intérêt très élevés et des devises qui s’effondrent.

Bien sûr, ce cercle vicieux entraînera des taux d’intérêt à la hausse et une chute des recettes fiscales. À cela il faut encore ajouter les problèmes du système financier, où les créances douteuses s’accumulent. Sans parler des 1,4 quadrillion de produits dérivés qui pourraient exploser. Il n’est vraiment pas difficile d’envisager l’hyperinflation.

Pour en revenir aux années 70, en 1972 l’or était à 40 $ l’once. 8 ans plus tard, il était à 850 $. Mais la hausse ne fut pas linéaire. En décembre 1974, le cours était de 204 $. En août 1976, l’or avait plongé à 108 $. Ce fut une énorme correction de 50 %, tout le monde crut à l’époque que le marché haussier de l’or était terminé. Mais, entre août 1976 et janvier 1980, le cours de l’or fut multiplié par 8,5. Si nous devions revivre ce scénario aujourd’hui, cela signifierait plus de 10.000 $ l’once d’or.

Mais nous ne sommes pas dans les années 70. La dette et la création monétaire à travers le monde sont bien plus importantes. Quasi toutes les économies sont en difficulté. Il y a également d’énormes risques géopolitiques.

Après son explosion, l’or n’aura plus son statut d’entre 1980 et 2000, une longue période de correction. Car d’ici quelques années, l’or retrouvera son statut de monnaie, que ce soit par la défiance des gens envers les monnaies papier ou par son intégration dans le système monétaire même. Après l’explosion du cours de l’or, je ne m’attends pas à une correction. »

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Shadowstats-Fin-De-Partie-WilliamsAlors que la volatilité se prolonge l’été, John Williams, l’auteur de Shadowstats, tient à mettre tout le monde en garde à propos du tsunami financier qui arrive, soit la fin de partie pour le dollar.

John Williams : « plus rien ne fonctionne normalement : l’économie, le système financier, les marchés ainsi que notre système politique. Le système financier ne s’est toujours pas relevé de la crise de 2008, durant laquelle on a évité de justesse l’effondrement systémique. Vu les réponses apportées par la Fed et le gouvernement américain, les choses pourraient s’aggraver, et à ce stade l’hyperinflation semble inévitable.

La volatilité à laquelle on assiste est là pour confirmer l‘instabilité actuelle, que ce soit sur les marchés, le marché des devises ou les métaux précieux. La Fed déclare qu’elle pourrait réduire son assouplissement quantitatif, mais le clame sur base de projections fantaisistes par leur optimisme.

Pourtant, la réalité économique est bien plus sombre que les prévisions de la Fed. Alors que le marché commence à percevoir la réalité, il va désormais comprendre que l’on ne va pas assister à la fin du QE3, mais à son expansion. L’économie réelle patine toujours autant, et la Fed n’a pas le choix que de poursuivre sa politique monétaire accommodante, les problèmes qui s’accumulent étant trop importants que pour être contrôlés. Plus spécifiquement, la solvabilité des banques et leur accès aux liquidités sont les principaux soucis de la Fed, et la raison du QE3. La Fed ne se soucie pas tellement de l’économie ; elle s’en sert d’excuse pour maintenir les banques à flot.

Chute du dollar et fin de partie d’ici 2014 ?

En même temps, la stabilité politique des États-Unis en a pris un coup avec les nombreux scandales gouvernementaux qui ont éclaté récemment, alors que les politiques devraient régler les problèmes de dette du pays, qui nécessitent une stratégie à long terme. L’accumulation de tous ces facteurs montre que la fin de partie approche.

Ce sont le dollar et les actions qui vont souffrir le plus durant la crise qui arrive, dans un premier temps. Le billet vert sera vendu, ainsi que les actifs libellés en dollars. Les matières premières libellées en dollars vont grimper, pour faire augmenter le rythme de l’inflation. C’est alors que le dollar risque bien de perdre son statut de devise de réserve, ce qui devrait accélérer ses malheurs.

Cette tornade financière, en train de se former à l’horizon, sera bien plus violente que ce que l’on a connu ces dernières années. Les problèmes qui ont mené à 2008 n’ont toujours pas été réglés. La prochaine crise n’en sera donc que plus sévère. Sur base du précédent de 2008, la Fed et le gouvernement devraient à nouveau utiliser les mêmes recettes, à savoir balancer des liquidités. Les tentatives désespérées de sauver le système auront des conséquences inflationnistes. Un environnement hyperinflationniste pourrait se mettre en place avant même la fin 2014.

Source : « nous approchons de la fin de partie » de John Williams sur KWN