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Hypo Alpe Adria

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Il y a environ un an, la bad bank HETA, zombie de la banque en faillite Hypo Alpe Adria, assombrissait le paysage bancaire européen lorsqu’on découvrait un nouveau trou financier à combler. Aujourd’hui, le régulateur autrichien vient de décider d’un haircut de 54 % pour les créditeurs seniors. L’Autriche devient ainsi le premier pays européen à appliquer les nouvelles règles de renflouement interne de l’Union, ou bail-in.

Cependant, les créditeurs et la Carinthie n’ont pas encore dit leur dernier mot. S’ils exigeaient d’être remboursés jusqu’au dernier centime, certains acteurs du dossier, comme les assureurs, pourraient désormais tenter d’obtenir un remboursement à 92 % via un accord à l’amiable. D’autres resteraient intransigeants, n’étant prêt qu’à discuter que de l’extension de l’échéance des obligations.

Pour la Carinthie, province autrichienne qui était la propriétaire jusqu’en 2007 de Hypo Alpe Adria, l’enjeu est de taille : les créditeurs pourraient se retourner contre elle en ce qui concerne les obligations émises avant 2007.

Comme le note Zero Hedge, qui rapporte l’information en citant des articles comme celui de Bloomberg, la résolution judiciaire de ce dossier prendra probablement des années. Néanmoins, le précédent existant, HETA pourrait bien avoir ouvert la boîte de Pandore en demandant à ses créditeurs de contribuer à son renflouement. Et si cela ne devait pas avérer suffisant, les épargnants seraient les prochains à être sollicités pour combler les trous.

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Besoin de preuves de la fragilité du système bancaire en raison du leverage des banques mais aussi de l’effet domino qui fait que lorsqu’un établissement est en difficulté il peut entraîner dans sa chute bien d’autres banques en aval ? Voici les cas de Duesselhyp et Banco Madrid, 2 banques en faillite rien que cette semaine.

Duesseldorfer Hypothekenbank AG (DuesselHyp) : RIP

Commençons avec la première victime de l’enterrement de la Bad Bank autrichienne créée avec les actifs pourris de Hypo Alpe Adria, Heta. ZeroHedge rapporte qu’en Allemagne, le fonds de garantie bancaire est intervenu alors que la banque Duesseldorfer Hypothekenbank AG (DuesselHyp) a été déclarée en faillite en raison de son exposition à Heta. La nouvelle a été bien sûre annoncée vendredi dernier, après la clôture des marchés.

Cela signifie-t-il que DuesselHyp va disparaître du paysage bancaire allemand ? Que nenni. Le fonds de garantie va intervenir afin de couvrir les 365 millions d’obligations corporate de Heta que possède DuesslHyp. Comme le note ZH DuesslHyp, d’après les derniers chiffres publiés, disposait pour 10,9 milliards d’euros d’actifs mais un problème partiel de remboursement sur une dette de 365 millions d’euros a été suffisant pour la mettre au tapis ? Une nouvelle preuve de la farce au stress test de la BCE, si besoin en était…

Banco Madrid : la faute à la maison-mère BPI

Une dépêche AFP en date du 16 mars annonce le dépôt de bilan de Banco Madrid, filiale de BPA, une banque d’Andorre. Le communiqué dit :

« La banque privée Banco Madrid a déposé le bilan alors que sa maison mère BPA, basée en Andorre, est soupçonnée par les autorités américaines de blanchiment d’argent, a annoncé lundi la Banque d’Espagne.

Cette décision a été prise en raison de la « forte détérioration de la situation financière de Banco Madrid conséquence des importants retraits de fonds de clients », explique la Banque d’Espagne qui a pris la direction de cet établissement bancaire, spécialisé dans la gestion de fortune le 10 mars. Banco Madrid a suspendu ses activités selon le communiqué.

Cette banque privée comptait à cette date environ 15.000 clients en Espagne, privés et institutionnels ayant au moins 500.000 euros sur leur compte et 21 agences à travers le pays a précisé une porte-parole. Elle gère en tout pour 6 milliards de gestion d’actifs et est une filiale à 100% de Banca Privada de Andorra (BPA) depuis 2011. (…)

« Le problème de Banco Madrid n’est pas un problème de solvabilité » assure le secrétaire d’Etat espagnol à l’Economie, Inigo Fernandez de Mesa, dans une interview au quotidien El Mundo. « C’est la maison mère BPA qui est à l’origine du problème », selon lui. »

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Après des rumeurs concernant un trou de plusieurs milliards dans Heta Asset Resolutions qui ont été qualifiées de « pure spéculation » par le ministre des Finances autrichien, on apprend que c’est en réalité  un trou de 7,6 milliards qui été découvert dans la bad Bank autrichienne.

Pour rappel, une « bad Bank » est une banque spécialement créée par le gouvernement pour parquer tous les actifs pourris d’une banque en faillite. En l’occurrence, Heta Asset Resolutions fut créée pour accueillir tous les actifs toxiques de Hypo Alpe Adria Adria (photo ; toute ressemblance entre l’architecture de son siège et le début du naufrage du Titanic est purement fortuite…). On sépare les activités viables d’une banque foireuse pour lui permettre de continuer d’exercer un métier pour lequel elle a manifestement étalé son incompétence tout en refourguant ses erreurs à l’état.

Une idée de génie pour rendre le système financier apparemment plus solide en balayant la poussière en dessous du tapis car si un actif est toxique dans une banque A, le placer dans une banque B ne le rend pas sain.

Pour ceux qui douteraient de cette logique basique, ce trou de plus de 7 milliards dans Heta Asset Resolution est là pour rappeler les plus élémentaires des mathématiques. Néanmoins, la véritable information est que l’État autrichien a manifestement décidé de ne plus mettre la main au portefeuille pour colmater les fissures.

C’est ainsi que les autorités de régulation des marchés financiers se sont manifestées dimanche dernier pour décider du démantèlement de la bad Bank et d’un moratoire sur les remboursements. Ce sont notamment les conséquences de la fin du peg entre le franc suisse et l’euro qui sont à l’origine de la détérioration de son bilan alors que les retards de remboursement et impayés explosent dans les Balkans sur les prêts en francs suisses de la banque.

Apparemment, l’Autriche a décidé de recourir au nouveau mode de résolution des crises bancaires, le renflouement interne (bail-in) bien connu des Chypriotes pour en avoir été les cobayes. À la seule différence que dans ce cas-ci, il s’agit d’une bad Bank dépourvue de dépôts. Comme le note ZeroHedge, le souci c’est que l’on ignore qui assure quoi, qui sont exactement les créditeurs. D’après Reuters, le dossier concerne un peu moins de 10 milliards d’euros de dette. Le gouvernement de Carinthie serait garant pour une somme d’un peu plus de 10 milliards, l’Etat autrichien pour 1 milliard.

Et ZH de conclure en rappelant que la crise des années 30 en Europe démarra avec la fameuse banque autrichienne Creditanstalt dans des circonstances quasi similaires et en posant la question : « et maintenant, que va-t-il se passer ? »

Inspiré de l’article de ZH : ici