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Inflation

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lingot et pièces d'or

« La déflation fut le contexte des deux derniers marchés baissiers de la Bourse américaine. Le prochain devrait avoir pour thème l’inflation. À cette occasion, on pourrait voir le dollar et l’or grimper de concert.

Les prix des producteurs chinois viennent subitement d’augmenter à un rythme plus vu depuis cinq ans. Cette inflation sera bientôt exportée vers les États-Unis.

or-rally-2017

L’or est en hausse depuis la mi-décembre. Il pourrait s’affranchir de la fourchette 1170-1185 $ et grimper jusqu’à 1200 $ l’once (voir ci-dessus). Les hedge funds détiennent beaucoup de positions short sur le marché de l’or du Comex (voir ci-dessous). C’est plutôt positif pour le court, car la plupart de ces fonds utilisent d’énormes effets de levier. Cela signifie qu’ils ont énormément de mal à tenir leurs positions lorsqu’ils sont proches de leur appel de marge ou qu’ils l’ont atteinte. Il semble que ces hedge funds sont nombreux à avoir augmenté leurs positions short durant la hausse actuelle de l’or, ce qui signifie qu’un grand nombre de leurs positions sont très proches de leur appel de marge.

hedge-fund-short

Cela dit, il est important que les investisseurs de l’or se focalisent sur le cours actuel, et non sur les prix futurs. Voici pourquoi : tout comme les plantes d’un jardin, les minières et l’or doivent être « plantés et entretenus ». L’or a grimpé d’environ 60 $ depuis son plus bas de 1125 $. Les investisseurs doivent profiter de cette vigueur pour élaguer leurs positions. (…)

Je reçois beaucoup d’e-mails à propos de la demande d’or en Inde. Il est indubitable que les politiques du gouvernement indien ont eu un effet négatif sur la demande d’or en 2016. Mais ce qui se passera en 2017 sera conditionné par le budget de février. Si les droits de douane sur les importations d’or sont réduits, les Indiens seront plus enclins à acheter de l’or via des paiements électroniques, la méthode encouragée par le gouvernement.

Cependant, le facteur déterminant pour l’or en 2017 sera probablement centré davantage sur les événements qui auront lieu aux États-Unis qu’en Inde. Les flux de transferts monétaires à partir de la FED vers les banques sont en cours, le relèvement des taux va accélérer ces mouvements. La baisse de la vélocité de la monnaie va se retourner, peut-être vers la mi-2017, alors que simultanément le marché haussier de la Bourse américaine est en bout de course.

Les investisseurs ne doivent pas craindre la hausse des taux

L’or s’est bien apprécié après le premier relèvement des taux de la FED de 2015. Nous assistons au même scénario cette fois-ci, après le second relèvement. Les investisseurs n’ont rien à craindre de la hausse des taux. Ce relèvement du loyer de l’argent va encourager les banques à sortir leurs réserves parquées à la FED pour les réinjecter dans le système bancaire à réserves fractionnaires.

Les crédits bancaires accordés à la fin d’un cycle économique ont tendance à être bien plus inflationnistes que ceux accordés à ses débuts. Je m’attends à assister en 2017 à la croissance du crédit bancaire sur fond de taux nominaux plus élevés, mais de taux réels inférieurs (taux – inflation). Cette configuration est très positive pour les métaux précieux.

Voir ci-dessous concernant l’argent. Les partisans du métal gris pourraient être quelque peu déçus de la performance de l’argent dans ce marché haussier. Mais il est important de se souvenir que l’argent évolue souvent dans le sillage de l’or, avec un temps de retard, au début d’un mouvement important, pour ensuite mener la danse. D’ici la fin 2017, lorsque les craintes concernant l’inflation s’installeront, l’argent devrait surperformer l’or d’une marge significative.

cours de l'argent métal

Article de Stewart Thomson, publié le 10 janvier 2017 sur GoldSeek.com

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hausse des taux américains

Depuis l’annonce du résultat de l’élection présidentielle américaine, les taux des obligations américaines ont bondi. Quelle est la raison de cette hausse ? Explications de Richard Turnill de BlackRock.

Des attentes revues à la hausse en ce qui concerne la croissance et l’inflation alimentent la hausse des taux obligataires américains depuis l’élection. Le graphique de cette semaine montre que les explications derrière la hausse actuelle des taux sont assez différentes de celles qui furent derrière la liquidation du marché obligataire de 2013.

Le graphique en en-tête met en exergue les deux facteurs derrière le bond des taux enregistrés durant ces deux périodes. Le premier de ces deux facteurs est la compensation de l’inflation, telle que visible dans les obligations américaines liées à l’inflation (TIPS). Le second est à chercher du côté des taux réels, soit le rendement moins l’évaluation du marché de l’inflation future.

Pourquoi est-ce différent cette fois ?

  • Le bond des taux de 2013 était la manifestation de l’anticipation du fait que la fin des achats d’obligations de la Fed ne permettrait plus de contrôler les taux et qu’une hausse était donc à venir. On s’attendait à ce que ce facteur handicape la croissance et l’inflation à venir, ce qui était une source d’inquiétude quant à la fragilité de l’économie. Ce mouvement alimenté par les taux réels a envoyé le dollar à la hausse, a écorné les actions tout en déclenchant une liquidation des actions et des obligations des marchés émergents.
  • De retour en 2016, la hausse des taux obligataires a été aussi bien alimentée par les perspectives d’inflation que les taux réels. Les craintes de déflation, qui étaient les plus répandues au début de l’année lorsque les cours du brut ont plongé, se sont dissipées. L’anticipation de l’inflation augmente en raison d’une reprise de la hausse des salaires et de la croissance, ainsi que de la probabilité de voir la future administration implémenter un programme de relance. Vu qu’une croissance revue à la hausse et une inflation supérieure peuvent profiter à la croissance des émergents sans impacter la valeur de leur monnaie nationale, les actifs et les matières premières des émergents résistent mieux.

Les investisseurs ne s’attendent pas à une augmentation de la pression sur les prix. Le marché TIPS a intégré une inflation moyenne de 2 % pour la décennie à venir, par rapport aux 2,6 % qui ont précédé le serrage de vis monétaire de la FED. (…) Les derniers changements apportés à notre vision globale de 2017 reflètent cette relance mondiale qui prend de l’ampleur. Nous sommes désormais positifs sur les actions japonaises tout en étant passés neutres sur les titres européens. Nous sommes sous-exposés sur les Treasuries.

Source : article de Richard Turnill, publié sur le blog de BlackRock le 13 décembre 2016

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or

D’ici mars 2017, je pense que l’or pourrait à nouveau franchir la barre des 1400 $ l’once. Le fait est que, Trump ou pas, d’ici janvier prochain, les États-Unis seront fermement engagés dans une ère de politiques monétaires insensées.

Il n’est pas exagéré de dire que le système monétaire actuel n’est pas viable. De nombreuses années de taux bas et, plus récemment, de taux réels négatifs, ont démoli le futur financier d’une grande majorité des ménages américains.

L’effondrement des politiques monétaires américaines n’est qu’une question de temps. Et nous pensons que le premier coup de semonce aura lieu en décembre du fusil de la Fed.

En décembre dernier, à la fin de l’année 2015, la Fed a relevé d’un minuscule quart de point son taux directeur. Le dollar s’était renforcé et les investisseurs avaient fui les marchés actions, provoquant la chute des cours en janvier et en février.

Au vu de la situation, la Fed pourrait refaire la même chose en décembre, et donc répéter son erreur de 2015 : relever son taux directeur dans le contexte d’un environnement économique fragile.

L’économie n’est pas assez robuste pour supporter ce relèvement de taux, même minime. Mais la Fed ne souhaite pas augmenter les taux pour freiner une économie qui surchauffe. Il s’agit d’une décision tactique afin de se ménager une marge de manœuvre à la baisse pour la prochaine récession.

Les décideurs de la Fed ont admis sans détour que les taux se stabiliseront sûrement après décembre, ce qui signifie qu’ils resteront bien en dessous de leurs niveaux historiques. Cela veut également dire que la Fed ne sera pas en mesure d’abaisser suffisamment ses taux pour enrayer le prochain effondrement financier.

Si la Fed et les actions rejouent la pièce de décembre 2015, vous pouvez vous attendre à voir l’or suivre sa trajectoire de 2016. Voyons ci-dessous le graphique du cours de l’or de ces 2 dernières années :

cours de l'or en 2015 et 2016

Comme le graphique l’indique, le cours de l’or est parti à la baisse durant la seconde moitié de 2015 pour atteindre un plus bas à la fin du mois de décembre, juste après la hausse des taux de la Fed. C’est en quelque sorte ce que nous avons également connu durant les derniers mois de 2016.

Alors que nous débutions 2016, la Fed a relevé son taux directeur. L’or a connu ensuite une hausse importante durant les mois de janvier et février suivants, alors que les marchés globaux tanguaient. L’or a connu un premier pic en mars 2016. Après le 23 juin et le Brexit, l’or est reparti à la hausse pour atteindre 1350 $. Au total, l’or a grimpé de 300 $ entre le relèvement du taux directeur américain et début juillet.

Depuis la mi-août de cette année, alors que les remous du Brexit se dissipaient et que l’attention se tournait sur l’élection américaine, l’or a chuté lourdement, en dessous de sa moyenne mobile à 200 jours. Sur le graphique suivant, la ligne en pointillés représente la moyenne mobile à 200 jours de l’or.

or-moyenne-mobile-200-jours

Voyez le mouvement récent de l’or à la baisse. Comme vous pouvez le remarquer, la moyenne mobile est de 1281 $ l’once alors que le métal jaune s’échange autour des 1210 $.

Après la victoire de Trump le 8 novembre, les titres de nombreux secteurs sont partis fermement à la hausse tels que les bancaires, les pharmaceutiques, les sociétés d’infrastructure et les aérospatiales. Mais l’or a fortement baissé depuis son rebond de la soirée de l’élection (même s’il ne s’est pas rapproché de ses plus bas de décembre 2015). Que s’est-il passé ?

Les mains fortes étouffent l’or

Cette tendance baissière, on la doit en grande partie à Stanley Druckenmiller. Druckenmiller est un géant financier. Son hedge fund avait pour habitude de générer des rendements annuels de 30 %. Il a récemment vendu toutes ses positions or, d’une valeur d’environ 1 milliard de dollars.

Durant une interview accordée ainsi NBC, il a déclaré : « J’ai vendu tout mon or le soir de l’élection… Toutes les raisons qui faisaient que je le possédais durant ces dernières années semblent disparaître. »

« Semblent disparaître » ? C’est une justification un peu légère pour vendre pour 1 milliard de dollars d’or. Cela va bien plus loin que le fameux « acheter sur la rumeur et vendre sur la nouvelle ». Je comprends ce qu’il dit, il s’enthousiasme pour Trump, mais je ne comprends pas pourquoi il le dit maintenant. (…) On nous mijote les mêmes politiques que celles concoctées en réaction au krach de 2008 et qui nous ont mené où nous sommes. (…)

L’or à 1400 $ d’ici mars 2017

Comme Jim Rickards l’a dit récemment, « le marché de l’or va vite réaliser que le plan économique de Trump, c’est simplement du parachutage d’argent par hélicoptère. Il veut baisser les taxes et dépenser plus. Cela signifie creuser les déficits. La Fed devra plafonner les taux nominaux afin d’obtenir des taux réels négatifs ». Cela s’appelle de la répression financière.

Avec le temps, tôt ou tard, et je pense relativement tôt, l’or va poursuivre sa hausse. Il doit grimper en raison de l’inflation future. Le gouvernement américain, et les autres gouvernements à travers le monde, sont pieds et poings liés à cause de la dette actuelle et de leurs obligations futures. Quand les taux réels grimperont, le coût de cette dette augmentera rapidement, avec des effets mortels pour les nations.

La présidence de Trump générera probablement une période de reprise économique. Trump pourrait réussir à commencer à restaurer la grandeur de l’Amérique (une tâche herculéenne).

Il est quasi acquis que nous assisterons bientôt à un énorme plan de stimulation via des baisses d’impôt, des dépenses dans le secteur de la Défense et des infrastructures. En bout de course, les États-Unis pourraient connaître des taux de croissance de 3 ou de 4 %. Ce qui mènerait à des taux d’intérêt plus élevés en raison de la dissipation des craintes concernant la déflation.

Pour le futur, je m’attends à des taux réels négatifs et à une inflation supérieure. Il s’agit d’un scénario prometteur pour l’or et les minières. Je pense qu’ils grimperont durant les mois à venir pour nous donner un remake de l’année dernière. (…)

L’économie américaine et le dollar sont loin d’être sortis du sable. (…) Achetez le dip actuel de l’or et attendez la hausse. »

Article de Byron King, publié le 28 novembre 2016 sur DailyReckoning.com

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évolution du salaire moyen sur base du CPI de 1990

Si les Américains ont élu Donald Trump, « amateur de la politique », à la tête des États-Unis c’est tout simplement parce que le pays est économiquement à la dérive. Ceux qui refusaient de voir la vérité en face commencent tout doucement à émerger face à ce vote de rejet, envers des politiques qui détruisent les classes moyennes et ne font qu’accentuer le gouffre entre les riches et la plèbe. Ce cri de détresse est pourtant quantifiable ; en ajustant le salaire moyen au mode de calcul officiel de l’inflation en vigueur en 1990, cette destruction des classes moyennes devient évidente, comme l’explique James Turk sur la base du graphique en question, produit par ShadowStats.com :

« Une partie du problème est qu’il est difficile de voir à quel point les devises vont mal. Pour illustrer ce point, voici un graphique (ci-dessus) que j’ai découvert en lisant le dernier rapport de ShadowStats.com et qui m’a frappé.

Il montre le salaire hebdomadaire moyen aux États-Unis, ajusté à l’inflation suivant 2 méthodes.

La ligne rouge montre l’évolution des salaires en dollars constants, sur la base de l’inflation officielle. Même sur cette base, les salaires sont inférieurs à ce qu’ils étaient dans les années 60 et 70, donc le niveau de vie ne s’améliore pas.

La ligne bleue est calculée par ShadowStats sur la base de la méthodologie utilisée par le gouvernement en 1990 pour calculer l’inflation. Elle montre ce qui se passe vraiment avec les salaires et le pouvoir d’achat du dollar.

La différence entre les 2 courbes résulte des ajustements apportés par le gouvernement au calcul de l’inflation, dans le but de la minimiser. Ce graphique explique déjà en lui-même pourquoi Trump a été élu. Il montre également à quel point on ne peut pas faire confiance aux chiffres du gouvernement, ainsi que l’importance de posséder de l’or.

En 1990, le prix moyen du baril était de 24,5 dollars, tandis que le prix moyen d’une once d’or était de 384$. Une once d’or pouvait donc acheter 15,6 barils de pétrole. L’année dernière, le baril fut en moyenne à 41,8 dollars, tandis que l’once d’or coûtait en moyenne 1240$. Ce qui signifie qu’une once d’or pouvait acheter 29,7 barils de brut. Il s’agit d’un exemple parmi tant d’autres, prouvant que l’or est une monnaie fiable. Il s’agit de la monnaie qui protège le pouvoir d’achat, gagné à la sueur de votre front. »

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argent et or lingots et pièces

Contrairement aux idées reçues, l’or ne chute pas lorsque la Fed relève ses taux directeurs. Ce qui est important pour le cours de l’or, ce sont les anticipations d’inflation et non les hausses de taux.

Janet Yellen et sa bande confirment qu’un relèvement des taux est possible en décembre. A la date du 15 novembre, la probabilité assignée par les marchés à une hausse des taux par la Fed dépasse 85,1%.

Des taux d’intérêt plus élevés devraient entraîner un renforcement du dollar. Qui à son tour entraînerait une baisse de l’or. Par conséquent, l’or doit-il se préparer à se prendre une bonne raclée si la Fed relève les taux le mois prochain ?

N’y comptez pas. Pas si on en croit l’histoire…

Truewealth Publishing a étudié le cas de l’or par rapport aux taux d’intérêt, de 1976 à 2016. Cette durée de 40 ans couvre sept périodes de hausses importantes des intérêts. Les résultats ? Un extrait :

« Durant trois de ces périodes, le prix de l’or a chuté environ deux ans après qu’a commencé la hausse des taux. Sur une série de hausses, le prix de l’or est resté relativement stable. Et durant les trois autres périodes, le prix de l’or a augmenté en même temps que les taux d’intérêt. »

L’or a même gagné 118% dans les deux années qui ont suivi la série de hausses des taux par la Fed à la fin des années 1970, observe Truewealth.

Verdict final : « La corrélation entre le prix et l’or et les taux des fonds fédéraux est faible. »

Là, la sagesse conventionnelle se reçoit une claque en pleine figure. Et cette corrélation pourrait même être négative. Du moins depuis 1986…

Adrian Ash dirige le bureau de recherches chez BullionVault. Il affirme que l’or monte en général avec les hausses de taux :

« Au cours des 30 dernières années, le prix de l’or a grimpé plus souvent lorsque la Fed a remonté les taux d’intérêt que lorsqu’elle les a abaissés.

[…] En fait, sur le long terme, une hausse des taux est également suivie par des gains de l’or beaucoup plus importants que lors d’une baisse des taux, et plus fréquemment également. »

Comment diable expliquer cela ? Selon Adrian, tout est question… d’anticipation :

« Sur le court comme sur le long terme, il semble que ce soit l’anticipation — d’abord de la décision de la Fed elle-même, mais surtout de l’inflation. »

Il explique :

« Vendre à l’avance a pour effet de faire baisser le prix de l’or avant que la Fed ne fasse son annonce … ce léger déphasage auto-porteur donne lieu à un réel décalage entre ce que l’intuition nous dit que l’or devrait faire lorsque la Fed remonte (ou abaisse) les taux et ce qui arrive réellement après. »

Adrian mentionne les prévisions d’inflation. Et c’est là que cela devient intéressant :

« Lorsque la Fed relève les taux, toutes choses étant égales par ailleurs, c’est parce que la banque centrale sent que l’inflation arrive… L’augmentation importante de l’or en 2016 indique un pressentiment de l’inflation, du moins en ce qui concerne les investisseurs et les traders professionnels. »

Nous avons dernièrement beaucoup écrit sur la possibilité d’un retour de l’inflation. C’est encore très ténu pour le moment, tout juste un bruissement…

L’essence à la pompe augmente. Tout comme les coûts des soins de santé. Les principaux indicateurs montrent que le secteur des services, crucial, est en train de légèrement chauffer. Cela fait dire à Business Insider aujourd’hui que « l’inflation est là : une majeure partie de l’économie américaine vient de le prouver. »

Le célèbre gestionnaire de fonds Paul Singer doit lire les mêmes infos :

« Cela peut sembler étrange de s’inquiéter de cela dans les circonstances actuelles, mais le courant qui mène vers l’inflation pourrait brusquement s’intensifier. »

Paul Singer doit également lire Jim Rickards. L’inflation est restée à l’état latent pendant des années. Mais elle peut se réveiller au moment où on s’y attend le moins, selon Jim. Puis elle pourrait se propager, rapidement :

« L’inflation peut réellement échapper à tout contrôle très rapidement. Nous pourrions la voir passer de 2% à 3%, puis grimper à 6% puis à 9% ou 10%. »

Cette brave Janet Yellen n’a cessé dernièrement de radoter sur les vertus d’une économie « à haute pression ». Elle laisserait l’inflation dépasser sa précieuse cible de 2%. Cela pourrait doper la croissance, selon elle.

Comme l’analyse Jim Rickards, Yellen joue avec le feu. Elle voudrait juste une petite flambée pour réchauffer le moral économique.

Mais si elle n’y prend garde, elle pourrait finir par brûler la maison.

Pour plus d’informations et de conseils de ce genre, c’est ici et c’est gratuit.

Article de Bill Maher via les publications Agora.

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Trump et la dette

Quel genre de président sera Donald Trump ? Va-t-il restaurer la grandeur de l’Amérique ou finir sur la longue liste des bons à rien, alimentée par ses prédécesseurs ? Cela reste à voir.

Il est désormais clair que si Donald Trump veut éviter de démarrer son mandat avec une crise économique similaire à celle qu’a connu Obama, il faudra rapidement contenir les taux d’intérêt à long terme. Pour y parvenir, il devra convaincre la supposée politiquement agnostique présidente de la Fed, Janet Yellen, de non seulement s’abstenir de relever les taux, mais aussi de démarrer un nouveau round d’achats de Treasuries à long terme, c’est-à-dire de lancer un  nouveau QE.

Le mouvement à la hausse des taux des Treasuries, depuis l’élection de Trump, est tout sauf tranquille. Cependant, le coût du crédit était déjà en hausse avant le 8 novembre. Le taux des obligations à 10 ans avait déjà commencé son ascension, après avoir connu un plus bas en juillet à 1,36%. Cela s’explique par le fait que les banquiers centraux étaient arrivés à une nouvelle conclusion : creuser la courbe des taux est préférable pour le système bancaire et la croissance économique, plutôt que de continuer à pousser les taux longs à la baisse. Le taux des obligations à 10 ans a grimpé jusqu’à 1,83%, la veille du vote, pour ensuite grimper jusqu’à plus de 2,3%, quelques jours après que l’Amérique ait choisi son président.

Mais pourquoi l’élection de Trump est-elle si mauvaise pour les prix des obligations ? Il y a 2 raisons à cela. Premièrement, les politiques de croissance de Trump (baisse des taxes des particuliers et des entreprises, en plus de la dérégulation) poussent les investisseurs à vendre des actifs à rendement fixe, pour investir dans les actions. Les actions de croissance offrent simplement un potentiel de meilleurs retours que le rendement offert par des obligations, affichant des taux historiquement bas. Deuxièmement, et plus important encore, l’administration Trump est hautement inflationniste, car son plan d’investissement dans les infrastructures d’un trillion de dollars, associé à sa proposition de reconstruire l’armée, creusera significativement les déficits annuels, au moins à court terme. À vrai dire, les déficits explosent déjà : le trou budgétaire de 2016 a bondi jusqu’à 587 milliards, en hausse par rapport aux 438 milliards de l’année précédente, soit une augmentation énorme de 34% (note : et encore, ce n’est que la partie visible de l’iceberg, voir notre article sur le déficit réel des États-Unis sur l’année fiscale en 2016).

Des déficits qui explosent, et qui ne feront que creuser davantage la dette nationale, ont tendance à forcer la banque centrale à recourir à des politiques monétaires ultra accommodantes. Mais il n’y a pas que la dette américaine, de 20 trillions de dollars, qui mettra la pression sur la Fed afin qu’elle continue à créer de la monnaie. Le total de la dette non financière a augmenté de 33,1 trillions, fin 2007, à un chiffre record de 45,6 trillions de dollars, au premier trimestre 2016. Ce qui signifie que la dette totale, par rapport au PIB, a augmenté, passant de 226%, juste avant la grande récession, à plus de 250%, au début 2016. (…)

De plus, les mesures protectionnistes de Trump devraient soit introduire des droits de douane de 35% sur certaines importations, soit imposer la fabrication des produits aux États-Unis à des prix bien plus élevés. Par exemple, l’augmentation du prix de la main-d’œuvre, par rapport à des produits fabriqués en Chine, serait de 190%, en se basant simplement sur le salaire minimum fédéral. Ce qui signifie que l’inflation est en route.

L’incroyable bond de 50 points de base de l’obligation de référence, dans la foulée de l’élection, est la preuve de la débauche fiscale de Trump et de son impact inflationniste sur la nation.

La fin du marché haussier obligataire, long de 35 ans, approche. Les politiques commerciales de Trump, en conjonction avec son amour avoué de la dette, mettent une pression haussière significative sur le coût de l’argent. Donald va maintenant tenter de convaincre Janet Yellen d’inverser sa politique naissante de resserrage de vis monétaire, pour ramener les taux à zéro, et éventuellement lancer le QE 4.

Si les taux continuent de grimper, ce n’est pas uniquement les prix des obligations qui vont s’effondrer. Ce sera le cas de toutes les classes d’actifs qui ont été considérées comme étant « à rendement sans risque », avec pour leçon douloureuse que des politiques de taux quasiment zéro, durant les 90 derniers mois, n’étaient pas sans risque. Toutes les classes d’actifs, que les taux planchers ont si massivement faussées, incluent les obligations Corporate, les obligations municipales, les REIT, les CLO, les matières premières, les voitures de luxe, les actions, l’art, tous les actifs à rendement fixe et les produits apparentés. Lorsque l’économie mondiale s’effondrera, les prix de ces actifs suivront.

Pour info, la normalisation des rendements obligataires serait à long terme très saine pour l’économie. Elle est nécessaire pour corriger les énormes déséquilibres d’aujourd’hui. Cependant, le président Trump ne voudra pas être associé à la dépression qui résulterait de l’effondrement de l’immobilier, des actions et des obligations.

Mais le problème est qu’il demandera à Mme Yellen de faire exactement ce qu’il l’a accusée de faire durant sa campagne : à savoir d’être une marionnette politique du président. Si la Fed est vraiment apolitique, elle refusera poliment. Mais quoi qu’il en soit, Yellen et Trump ne comprennent pas que l’Amérique est handicapée par sa dette et accro aux bulles, ce qui requiert d’avoir des taux proches de zéro, au risque de faire imploser son ersatz d’économie. L’effondrement dévastateur de la bulle obligataire ramènera très rapidement Trump à la réalité. Et si Mme Yellen ne souhaite pas faire tourner la planche à billets, elle pourrait quitter son poste à la tête de la Fed bien avant la fin de son mandat, en février 2018.

Article de Michael Pento, publié le 15 novembre 2016 sur SafeHaven.com

Crédit photo : Plastic Jesus

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or physique

« Se débarrasser du vieux pour faire place au neuf ». Wall Street et la Fed voulant séduire Trump, au moment même où il a remporté la présidence, les manipulateurs se sont mis au travail pour faire grimper les marchés actions et faire baisser l’or.

Mais que s’est-il passé avec les menaces des médias qui prédisaient un krach boursier, en cas d’élection de Trump ? Hier, Stanley Drunkenmiller a déclaré qu’il avait vendu tout son or, en raison de l’inflation à venir. Je ne me souviens pas avoir entendu une seule fois dans ma vie une référence affirmant que l’or est inversement corrélé  à l’inflation. Quelqu’un a dû verser du LSD dans le scotch de Drunkenmiller. Mais, une fois de plus, Drunkenmiller fait partie de la famille de Soros, ce qui en fait l’ennemi du peuple et de la vérité.

Le programme économique de Trump repose essentiellement sur les dépenses d’infrastructures et la génération d’inflation. Les actions largement surévaluées, qui bénéficient des dépenses d’infrastructures, comme Caterpillar et Terex, ont fortement grimpé durant ces derniers jours. Si Trump parvient à conduire son programme économique, la fiscalité des entreprises sera abaissée et le gouvernement refera le coup d’Obama, en ce qui concerne les infrastructures. À savoir, des ponts menant nulle part, financés par davantage de dette.

Je suis sûr que les investisseurs, dont le cerveau dispose d’au moins 2 neurones, ce qui de facto exclut Larry Kudlow, ont compris que les plans de Trump allaient creuser le déficit fédéral et accélérer l’émission des Treasuries. Il est probable que la Fed doive monétiser une partie de cette nouvelle dette émise. C’est une recette idéale pour pousser à la hausse les cours de l’or et de l’argent.

Comment expliquer les mouvements actuels des marchés ?

Ce qui se passe actuellement sur les marchés n’est rien d’autre que la réaction automatique des algorithmes des hedge funds en réponse aux interventions massives de la Plunge Protection Team (la Fed + le Working Group on Financial Markets, des gens du Trésor). La PPT est entrée en action pour faire évoluer, en sens opposé, les contrats à terme des actions et de l’or, tandis que les algorithmes ont enfoncé le clou.

Le massacre du cours de l’or a pour objectif de rassurer, suite à l’élection de Trump en tant que président. Et il ne peut se produire que via les marchés « papier » frauduleux de New York et de Londres. Sans surprise, Drunkenmiller est un partisan du GLD, la vitrine de ces marchés « papier » criminels.

Aujourd’hui (vendredi), le cours de l’or a été stable, ou en hausse, sur les marchés orientaux axés sur le métal physique. Il a fallu attendre l’ouverture du COMEX pour que les criminels démarrent le feu d’artifice. Entre 11h30 et 12h (EST), 48 239 contrats d’or « papier » ont été subitement mis en vente au COMEX. 48 239 contrats, cela représente 4,8 millions d’onces d’or, soit 150 tonnes. Près de 6 milliards de dollars d’or « papier » ont été mis en vente en 30 minutes. De 11h30 à 1h30 (EST), soit à la fermeture du COMEX, un peu moins de 103 000 contrats ont été vendus, ce qui représente 10,3 millions d’onces d’or papier, soit 321,8 tonnes. À titre de comparaison, les États-Unis produisent environ 200 tonnes par an. Ne vous méprenez pas, il ne s’agit pas d’une coïncidence si cette opération-choc contre l’or a été planifiée un vendredi, qui était un jour férié, après que la majorité du reste du monde ait éteint son ordinateur pour rentrer à la maison et profiter du week-end. Il s’agit du mode opératoire classique utilisé par les criminels en charge du système.

D’après le COMEX, ses coffres disposent d’un peu plus de 2 millions d’onces d’or disponible pour livraison. Si une telle différence entre les volumes des contrats à terme et la matière première concernée, disponible directement, était si grande pour tout autre marché du CME, le régulateur interviendrait immédiatement, c’est sûr et certain. Pourquoi en va-t-il alors autrement pour l’or ? Les marchés de l’or et de l’argent sont les plus manipulés du monde. Les responsables de ces manipulations seront toujours en place sous Trump.

La bonne nouvelle est que l’accumulation d’or physique, qui a lieu en Orient, va s’accélérer cette semaine en raison de cette baisse du prix (note : c’est d’autant plus vrai en Inde, suite au chaos monétaire qui y règne). Ce sera le catalyseur qui définira la limite sous laquelle les élites occidentales ne pourront descendre. (…) »

Article d’IRD.com, publié le 11 novembre 2016.

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inflation des prix par poste

Chaque vendredi, Visual Capitalist propose son « graphique de la semaine ». Les données économiques y sont présentées de telle manière que nous percevons souvent l’inflation comme un chiffre particulier, représentant une augmentation générale des prix.

Par exemple, il pourrait être indiqué que la croissance du PIB nominal a été de 3 % et que l’inflation a été de 2 %. Dès lors que l’inflation représente une hausse du niveau des prix, nous sommes enclins à la soustraire du taux du PIB nominal, afin d’obtenir le taux de croissance réel, s’élevant dans ce cas à 1 %.

Mais en réalité, les changements des prix ne concernent pas tous les produits et services de façon aussi uniforme et simpliste. Dans l’exemple ci-dessus, les prix de tous les produits n’augmentent pas de 2 % : il s’agit en effet d’une moyenne. Il existe réellement un spectre complet de l’évolution des prix : certains produits voient leur prix chuter, tandis que d’autres produits voient leur prix évoluer à la hausse.

Quand l’inflation est constatée, la question est donc : qu’est-ce qui devient réellement plus cher ?

Le « graphique de la semaine » se penche sur l’évolution des prix des biens de consommation depuis 1996, en utilisant les données fournies par Mark J. Perry du « Carpe Diem blog » de l’AEI.

> L’augmentation moyenne des prix est de 55 % au cours des 20 dernières années, comme le montre l’IPC (l’Indice des Prix à la Consommation). Sur cette période, les prix des sous-catégories individuelles témoignent pour leur part d’une variance beaucoup plus large.

> Les bonnes nouvelles ? Les prix relatifs à la technologie sont généralement de plus en plus bas : les logiciels informatiques, les téléviseurs, les sans-fil et les nouvelles voitures ont tous baissé en termes de prix par rapport à l’IPC. Les vêtements, les jouets et les meubles sont également beaucoup plus abordables qu’ils ne l’étaient 20 ans auparavant.

> Qu’en est-il des mauvaises nouvelles ? Eh bien, la plupart des éléments ci-dessus ne sont pas ceux qui importent vraiment pour la plupart d’entre nous. Les choses dont nous avons réellement besoin pour vivre une vie saine et fructueuse – à savoir l’éducation, la nourriture, la santé, les domaines de la petite enfance et le logement – affichent toutes une hausse des prix.

Les frais de scolarité ont grimpé de 197 % et les prix des manuels scolaires ont plus que triplé, allant jusqu’à 207 % d’augmentation depuis 1996.

Prendre soin de nos proches est devenu plus cher. La santé et les frais de garde ont augmenté presque autant chacun, avec respectivement 105 % et 122 % de hausse des prix.

Même les nécessités de base, comme le logement et la nourriture, ont augmenté à des taux plus élevés que l’IPC. Les coûts de logement sont plus élevés de 61 %, et ceux de la nourriture ont augmenté de 64 %.

 

inflation des prix par poste

Source : GoldSilver.com

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De nombreuses banques centrales du monde entier visent à atteindre un  « objectif d’inflation » défini, soit en tant que seul objectif politique et explicite – comme dans le cas de la Banque d’Afrique du Sud – ou dans le cadre d’un ensemble d’objectifs de politique poursuivis, comme c’est le cas de la Réserve fédérale américaine. Mais loin de maintenir la stabilité économique et de favoriser la prospérité, cibler un objectif en matière d’inflation des prix à la consommation provoque, au contraire, un transfert nocif et dangereux de richesse d’année en année, ainsi qu’une duperie perpétuelle des entreprises et des salariés peu méfiants.

Et au bout du compte, on arrive à un point où on n’aperçoit plus l’inflation cachée.

Qu’est-ce que l’inflation ?

La plupart des économistes définissent l’inflation comme une situation où les prix des biens et des services, à l’instar du pain, des coupes de cheveux ou encore du loyer, montent en termes d’argent et où les consommateurs se voient généralement confrontés à une perte globale du pouvoir d’achat de leur argent. Ceci est connu comme l’inflation des prix de consommation, représentée par l’indice des prix à la consommation, appelé encore IPC. Cette définition de l’inflation est utile car elle décrit le résultat d’un processus général plus global mais, toutefois, elle reste particulièrement incomplète. En effet, si l’on se penche sur les grandes moyennes, cette définition est incapable de ne nous dire si tout un chacun ou seulement une minorité s’appauvrit. Elle omet également de voir et de nous montrer l’inflation cachée des prix. Cette inflation a lieu lorsque les prix restent à peu près stables, alors qu’ils auraient dû faire l’objet d’une sérieuse baisse en raison de progrès technologiques et d’une plus grande productivité. Enfin, cette définition de l’inflation ne nous dit pas vraiment pourquoi les prix montent. Est-ce parce que l’on imprime trop d’argent, ou est-ce en raison d’une perte de confiance en la monnaie ? Ou est-ce encore à cause d’une baisse importante en matière de production, lors d’une guerre par exemple ?

Un autre problème se pose dans la façon de mesurer l’inflation. Le taux d’inflation IPC « officiel » est déterminé en mesurant les prix de milliers de produits et de services de consommation. Et, bien que l’IPC soit une statistique économique importante, force est de constater qu’à force de nous concentrer que sur elle, on risque d’omettre d’autres domaines importants où l’inflation des prix pourrait se manifester, à l’instar de l’immobilier, des marchés boursiers, ou encore des devises étrangères. Notons également que l’IPC est une moyenne large, qui ne nous dit pas si une gamme particulière des prix est en hausse.

La cause monétaire de l’inflation

Ces problèmes dans la définition et dans la façon de mesurer l’inflation, peuvent être partiellement résolus en définissant l’inflation comme une inflation ou expansion de la masse monétaire, plutôt que comme une perte générale du pouvoir d’achat des consommateurs. Premièrement, il est plus facile de mesurer la masse monétaire dans un système de monnaie nationale supervisée par une banque centrale (bien que cela représente également certains défis). Qui plus est, la mesure de la masse monétaire offre une perspective davantage complète quant au phénomène global de l’inflation des prix. En effet, mettre l’accent sur l’offre de la monnaie peut diminuer l’angle mort qui nous empêche de voir l’inflation cachée. En guise d’exemple, disons qu’on sait que les prix devraient baisser de 10 % en raison des progrès technologiques, mais qu’ils restent néanmoins stables en raison d’une expansion compensatoire de 15 % de la masse monétaire. En mettant l’accent sur la mesure de la masse monétaire, nous serons en mesure de repérer l’inflation en dépit du fait que les prix n’ont pas augmenté.

En nous penchant sur la masse monétaire, l’on peut également apercevoir un autre aspect important de l’inflation, à savoir où la nouvelle monnaie fait son entrée dans l’économie. Dans le système monétaire moderne, l’argent frais entre dans l’économie en tant que dette, par le biais du système bancaire et financier. Qui plus est, cet argent se dirige d’abord vers les emprunteurs déjà riches et solvables : les ménages aisés, les grandes entreprises et le gouvernement. Par la suite, ces acteurs arrivent à investir rapidement l’argent, avant qu’il ait filtré l’ensemble du système et, de fait, fait hausser les prix. À ce propos, un transfert de richesse très important a lieu entre les premiers et les derniers récepteurs de l’argent neuf. Ce processus est parfois désigné sous l’appellation « effet Cantillon ».

L’inflation comme processus de transfert de richesse

Il est préférable de penser l’inflation comme un processus plutôt que comme un taux particulier. À ce propos, en tant que processus, elle commence dans le cadre d’un type particulier de système monétaire ; elle émerge à travers l’expansion de la masse monétaire via l’impression de la banque centrale et des emprunts bancaires, qui se jettent dans les différents domaines de l’économie ; elle se manifeste généralement à travers la hausse des prix – bien que de façon inégale. Ces prix, étant supérieurs à ce qu’ils auraient été dans une autre configuration, laissent généralement une marée de gagnants et de perdants derrière eux.

Cette approche nous permet de voir l’inflation, non pas comme une force inévitable, mais comme un processus délibéré de transfert de richesse, inscrit dans le cadre de politiques d’État.

Comment la richesse est-elle transférable et transférée par l’inflation ? L’argent représente le pouvoir d’achat. Créer de l’argent sans fondement matériel – c’est-à-dire spéculer : ce que les banques centrales et les banques commerciales sont autorisées à faire – confère le pouvoir d’achat à ceux qui sont en mesure d’utiliser l’argent en premier. Afin que ce « nouvel » argent obtienne un pouvoir d’achat à son tour, il doit en « voler » des petits bouts à tout le reste de l’argent qui circule dans l’économie. Le pouvoir d’achat est transféré de ceux qui détiennent l’argent à ceux qui en créent de nouveau, et ce à un coût marginal avoisinant le zéro.

Ceci explique comment et pourquoi les propriétaires riches d’actifs solvables s’enrichissent alors que beaucoup de gens pauvres ont tendance à recourir à la surconsommation et, finalement, deviennent encore plus pauvres. L’économiste John Maynard Keynes, qui est ironiquement un partisan des politiques inflationnistes, a noté que « à travers un processus continu d’inflation, le gouvernement peut confisquer, secrètement, une partie importante de la richesse de ses citoyens ».

La tromperie de l’inflation

Pourtant, les économistes traditionnels croient qu’un certain degré de hausse des prix peut être «optimal ». Ainsi, les banques centrales tentent effectivement de faire en sorte que les prix de consommation ne cessent d’augmenter. Mais faire cela, c’est malmener les citoyens peu suspicieux autour des enjeux de l’inflation. Par exemple, de nombreux partisans de l’inflation soutiennent que la meilleure façon de réduire les salaires des employés pour restaurer les profits des entreprises, ce n’est pas de diminuer leurs salaires, mais de créer de l’inflation afin qu’ils ne remarquent pas que leurs salaires réels sont effectivement en baisse.

Ces économistes poussent également les entreprises à considérer – ou à faire considérer – que les prix de leurs produits sont en hausse en raison de la demande plus élevée, alors qu’en réalité, cette hausse des prix est souvent due à l’inflation monétaire. Il est question ici, encore une fois, d’utiliser l’inflation comme moyen illusoire de « tromperie ». À ce propos, l’on peut dire que le soutien à l’inflation tend à viser une perspective à court terme. Mais, comme Henry Hazlitt l’affirme, les politiques économiques doivent être jugées sur leurs effets sur le long terme. De ce point de vue et dans une telle perspective, le processus d’inflation est tout à fait nocif.

Résoudre le problème

L’inflation peut et doit être abolie, afin que nous puissions nous débarrasser de l’injuste confiscation de la richesse. La société peut avancer vers cet objectif par les moyens suivants :

  1. L’adoption d’une perspective plus large concernant l’inflation des prix. En effet, au lieu de nous fier seulement à l’IPC, nous devrions inclure les prix relatifs à la production, les prix des stocks et de l’immobilier, et même les prix de change. Cela permettra au public de mieux identifier le processus inflationniste.
  2. Reconnaitre les banques centrales et les banques commerciales comme sources de l’inflation, et inclure les fluctuations de la masse monétaire (mesurée de manière appropriée) comme mesure clé de l’inflation. Cela nous permettra de comprendre qui sont les gagnants et les perdants dans le processus inflationniste.
  3. Réformer le système financier pour mettre fin aux privilèges spéciaux de création d’argent ; abolir les lois juridiques qui poussent les gens vers l’utilisation de monnaies manipulées ; et permettre à toute entité privée d’émettre de la monnaie dans les marchés concurrentiels.

Ce n’est que de cette manière holistique que les sociétés pourront se débarrasser de l’inflation qui leur est perpétuellement imposée par les élites financières et politiques.

Traduction de l’article de mises.org

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deflation ou inflation

Article de Charles Hugh Smith, publié le 29 juillet 2016 sur Peak Prosperity :

« Chez moi, nous calculons l’inflation sur base de l’ « indice burrito » : de combien augmente le prix du burrito chez notre marchand préféré de tacos ? »

Vu que nous tenons des comptes détaillés de nos dépenses (une nécessité lorsque vous êtes un rédacteur free-lance), je suis en mesure de détailler l’inflation du monde réel via l’indice burrito avec une grande précision. Le prix d’un burrito normal chez notre marchand favori est passé de 2,5 dollars en 2001 à 5 $ en 2010 et à 6,5 dollars en 2016.

160 % d’inflation en 15 ans

Cela correspond à une augmentation de 160 % depuis 2001, alors qu’en 15 ans, l’inflation officielle nous dit qu’avec 1,35 dollar d’aujourd’hui, nous pouvons acheter ce qui coûtait un dollar il y a 15 ans. Selon l’inflation réelle, notre burrito ne devrait coûter que 3,38 dollars, soit 35 % de plus qu’il y a 15 ans. Il coûte pourtant 6,5 dollars, soit près du double de l’inflation officielle.

Depuis 2001, l’indice burrito, représentatif du monde réel, est 4,5 fois plus élevé que l’inflation officielle. La différence est énorme. Entre 2010 et aujourd’hui, l’indice burrito a enregistré une augmentation de 30 % des prix, soit près de 3 fois plus que la baisse de 10 % du pouvoir d’achat officielle. (…)

Comparer des burritos avec des burritos : la différence incroyable entre la réalité et l’inflation officielle

D’après les statistiques officielles, l’inflation a réduit le pouvoir d’achat du dollar de seulement 6 % depuis 2011, soit à peine un peu plus d’un pourcent par an. Notre pouvoir d’achat aurait décliné de 27 % sur les 12 dernières années, depuis 2004, soit environ de 2,25 % par an.

Pourtant, les faits indiquent que l’inflation officielle ne reflète pas l’augmentation du coût de la vie, des burritos en passant par les soins de santé.

Le prix d’un taco était de 1,25 $ en 2010. Officiellement, il devrait coûter quelques centimes de plus. Il est pourtant aujourd’hui à 2 $. Le prix d’un sandwich vietnamien (bahn mi) chez notre marchand préféré de Chinatown est passé de 1,5 $ en 2001 à 2 $ en 2004 jusqu’à 3,5 $ en 2016. (…)

Jouons l’avocat du diable en disant que cette augmentation extraordinaire est limitée à « l’alimentation à emporter » pour utiliser le jargon officiel. Prenons le coût des études universitaires, par exemple. Ce n’est pas quelque chose que vous achetez chaque semaine, comme un burrito (…) :

Université de Californie à Davis :

  • Frais de scolarité 2004 : 5.695 $
  • Frais de scolarité 2015 : 13.951 $

Il s’agit d’une augmentation de 145 % alors que d’après l’inflation officielle, ces frais n’auraient dû augmenter que de 25 % (à 7105 $). Le coût réel est 2 fois plus élevé que celui calculé sur base de l’inflation officielle. (…)

Si vous croyez que j’ai choisi mes exemples, consultez cet article http://www.sfgate.com/news/article/Colleges-with-the-biggest-tuition-hikes-6908022.php.

Les ajustements hédoniques, la fantaisie officielle

Dans le calcul officiel de l’inflation, les ajustements hédoniques permettent d’effacer l’explosion des coûts : cette hausse de 160 % du prix d’un burrito est effacée par les prix en baisse des ordinateurs, surtout lorsque l’augmentation de la puissance est prise en compte. L’habillement est également moins cher, ce qui permet de faire baisser l’inflation globale.

Le problème, avec ce type de système, c’est que nous devons manger tous les jours, nous devons envoyer nos enfants à l’université si nous souhaitons qu’ils fassent partie de la classe moyenne, mais nous n’achetons un nouvel ordinateur qu’une fois chaque quelques années, tandis qu’on peut trouver des vêtements dans des bourses, etc. (…) Les économies de 100 $ réalisées sur l’habillement et de 600 $ sur l’achat d’un ordinateur tous les 3 ans ne compensent pas la multiplication par 2 ou par 3 de ce que nous consommons au quotidien, ou des indispensables très chers comme l’éducation, le logement et les soins de santé.

L’inflation officielle, une mesure erronée

L’inflation officielle part également du principe que les consommateurs substitueront activement une alternative meilleur marché aux choses dont le prix explose. (…)

Le problème est assez évident : il n’y a pas d’alternative aux indispensables très chers. Il n’y a par exemple pas de substitut à des études universitaires ou à une assurance santé digne de ce nom. Vous n’avez non plus pas d’autre choix de louer si vous n’avez pas les moyens d’acheter un logement (ou si vous ne souhaitez pas alimenter la bulle immobilière). (…) Même une assurance santé minimale a vu son coût grimper de plusieurs fois par rapport à l’inflation officielle. (…) Voyez plutôt l’évolution des coûts des dépenses médicales :

inflation-prix-soins-medicaux

D’après l’inflation officielle, les 12.214 dollars de frais médicaux d’une famille de 4 membres en 2005 devraient s’élever à 14.963 $ en 2016. Oups, ce montant s’élève à 25.826 $. (…)

La vérité est que l’inflation du monde réel dans les essentiels massacre les ménages qui n’ont pas droit aux subsides gouvernementaux pour l’éducation, le loyer ou les soins de santé. »