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Intéret négatif

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Article de Bloomberg, publié le 11 février :

Les investisseurs se tournent vers l’or en tant qu’alternative aux dépôts en francs suisses, d’après Vontobel Holding AG, une société suisse spécialisée dans la gestion de patrimoine.

« Nous ne cessons de constater que l’or revient en odeur de sainteté chez les investisseurs » a déclaré Zeno Staub (CEO de Vontobel).

Les craintes concernant la sortie de la Grèce de la zone Euro et l’Ukraine où un conflit plus global pourrait se développer, ont dopé la demande pour la sécurité. Cette année, l’or a augmenté de 4,2 %, malgré la vigueur du dollar et les perspectives d’une remontée des taux aux États-Unis. Les positions des investisseurs sur les marchés papier de l’or sont à leur plus haut depuis octobre.

Vontobel a augmenté de 2 % la part de l’or dans ses produits d’investissement après que la BNS ait introduit un taux d’intérêt négatif de 0,75 % sur certains dépôts le 22 janvier dernier. La société doit donc répercuter cet intérêt négatif sur certains clients. Seuls les gros clients institutionnels comme les banques doivent payer pour avoir de l’argent en dépôt chez Vontobel. (…) »

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Il y a 3 mois, Mario Draghi décidait, dans l’espoir (vain) de relancer l’activité économique en Europe, de faire passer son taux de facilité de dépôt en territoire négatif, à -0,1 %. Désormais, une banque allemande vient de répercuter ce taux d’intérêt négatif pour certains de ses clients.

Depuis le 1er novembre 2014, les clients de la Deutsche Skatbank qui disposent d’un compte en banque garni de plus de 500.000 € recevront le privilège de devoir payer à leur banque 0,25 % d’intérêt ! En admettant qu’un client dispose d’un solde de 600.000 €, cela signifie qu’il devra payer 1.500 € par an à sa banque pour qu’elle garde son argent ! Pour les autres clients, ils toucheront un impressionnant 0,1 %, pour autant qu’ils disposent de plus de 5.000 €, sinon c’est nada.

Ok, tout le monde ne possède pas un demi-million d’euros sur son compte, mais ce n’est que le début. Vous l’avez vu vous même avec votre propre compte en banque : les taux d’intérêt ont fondu comme neige au soleil durant ces dernières années, si bien qu’aujourd’hui, malgré la « basse inflation », les taux d’intérêt sont égaux ou inférieurs à celle-ci.

C’est d’autant plus aberrant que jamais le système bancaire n’a été aussi fragile : ces clients de la Deutsche Skatbank doivent donc payer avec comme unique contrepartie de courir le risque de ne jamais revoir leur argent.

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larry-summers-Fed-YellenSelon l’interview du Dr Roberts sur KWN :

La Fed affirme que son QE a pour objectif de faire baisser les taux d’intérêt pour stimuler l’emploi. Les économistes et les médias financiers répètent cela comme des perroquets. Alors qu’il s’agit d’un projet visant à renflouer les banques, en faisant augmenter la valeur des produits dérivés adossés à de la dette qui se trouve sur leur bilan, afin de maintenir l’illusion de la solvabilité.

Andrew Huszar a confirmé ma théorie. Il a démissionné lorsqu’il a compris le réel objectif du QE. Toute cette arnaque est dissimulée à la population américaine. Mais ils ne comptent pas s’arrêter là. À une conférence du FMI en date du 8 novembre 2013, Larry Summers a proposé un plan pour faire passer cette arnaque à la vitesse supérieure.

Summers a déclaré qu’il n’est pas suffisant de donner de l’argent à intérêt zéro aux banques, il faut faire plus. Il propose donc qu’au lieu de donner un faible intérêt aux déposants, ceux-ci soient pénalisés (intérêt négatif ou taxe) pour avoir de l’argent en banque au lieu de le dépenser.

Afin de vendre cette nouvelle escroquerie, Summers a invoqué des théories keynésiennes complètement dépassées, datant des années 40, arguant que la grande dépression avait été provoquée par une épargne trop importante. Au lieu de dépenser leur argent, les gens l’épargnaient, ce qui aurait provoqué une chute de la demande et de l’emploi.

Summers affirme que ce problème est réapparu aujourd’hui. Pour défendre sa théorie, il utilise le concept de « taux d’intérêt naturel », qui décide du taux d’intérêt idéal, qui débouche sur le plein-emploi, en établissant l’équilibre parfait entre l’épargne et l’investissement. Si les gens épargnent plus qu’ils n’investissent, l’épargne n’ira pas dans l’économie, ce qui engendrera donc une récession.

Summers a noté que malgré les taux d’intérêt virtuellement à zéro, le chômage est toujours important. Il en conclut donc que le taux d’intérêt naturel est devenu négatif, ou très proche de zéro. Comment régler cela ? En taxant l’épargne. Pour éviter cette charge supplémentaire, les gens dépenseraient leur argent, ce qui permettrait à l’économie de se rétablir et au plein-emploi de revenir.

Summers reconnaît qu’il y a un risque de voir les gens sortir leur argent des banques pour le garder à la maison. Mais pas de souci, Larry a également une solution concernant ce problème : imposer l’utilisation de l’argent sous sa forme électronique. Vu que cet argent ne peut être conservé qu’en banque, les épargnants ne pourraient échapper à la taxe.

Il s’agit évidemment d’un plan insensé. Alors que les gouvernements ont des déficits énormes, qui serait prêt à acheter des obligations à taux d’intérêt négatif ? Comment pourraient fonctionner les fonds de pension ? Se feraient-ils aussi confisquer un pourcentage de leur font chaque année ?

Nous savons que vu le déclin du revenu réel des ménages, des problèmes d’emploi (temps partiels, bas salaires, travail temporaire, etc.) et de la réduction de la sécurité sociale, l’épargne des Américains s’est réduite. De moins en moins de gens disposent d’une épargne. Les rendements des retraités ont fondu si bien qu’aujourd’hui, ils doivent puiser dans leur épargne pour vivre.

Mais ce qui compte pour Summers, ce sont les profits des banques, pas les consommateurs. Summers a trouvé un plan tordu et l’establishment applaudit, dont Paul Krugman. Attention lorsque l’économie va à nouveau vaciller…