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Japon

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Article de Dave Kranzler, publié le 20 juillet 2016 sur IRD :

(…) Le Japon a annoncé la semaine dernière que sa bourse des matières premières TOCOM (la version japonaise moins corrompue que le CME) allait offrir la possibilité de trader de l’or physique, à l’instar de ce que propose la bourse  or de Shanghai (Shanghai Gold Exchange), à partir du 25 juillet. La bourse a également annoncé qu’elle allait proposer une option avec livraison au règlement pour ses contrats sur les marchés à terme du mois en cours. Autrement dit, cela signifie que les acheteurs de contrats à terme or auront désormais la possibilité de prendre livraison d’or physique via l’or papier du TOCOM.

On a très peu parlé de cette nouvelle dans les médias financiers occidentaux, et même sur les sites et blogs alternatifs, qui semblent être passés à côté du communiqué de presse. C’est pourtant un développement significatif car il signale un changement de cap subtil du Japon, d’un point de vue économique et monétaire, de l’Occident vers l’Orient. Cela créera également un réajustement à la hausse important des prix de l’or et de l’argent.

L’importance de la migration de TOCOM d’un système 100 % papier à la livraison d’or physique est renforcé par le fait que 2 jours avant cette annonce, on a appris que le groupe Tanaka Kikinzoku, le fabricant, raffineur et vendeur de métaux précieux le plus important du Japon, a fait l’acquisition de la société suisse Metalor Group, l’un des raffineurs et des fournisseurs de produits en métaux précieux les plus importants de la planète. De plus, en mars 2015, Asahi Holdings, collecteur et raffineur de métaux précieux, a finalisé l’acquisition des activités de raffinage d’or et d’argent de Johnson Matthey. JM est l’un des plus gros producteurs de produits raffinés en métaux précieux, notamment de lingots d’or de 400 onces acceptés par le LBMA.

Alors que l’Asie et la Russie ne financent plus les planches à billets du Trésor américain, la Fed sera forcée de doper la masse monétaire afin de permettre au gouvernement de se financer. Ce fait est corroboré par la présidente de la Fed de Cleveland, Loretta Mester, membre votante du comité de la Fed, via son commentaire récent en faveur des hélicoptères monétaires.

Tandis que les Japonais continuent de soutenir l’utilisation du yen par le gouvernement américain en tant que planche à billets effective qui permet à la Fed de manipuler les marchés actions américains et de financer les émissions sans restriction de dette par le Trésor, ils ne sont pas dupe quant au futur du système monétaire et financier occidental. Cela fait quelques années que le Japon pivote lentement mais sûrement vers la Chine économiquement parlant.

Cette transition abrupte vers les marchés des métaux précieux montre que le Japon souhaite intégrer ses marchés financiers et son économie  au système monétaire oriental en constitution, qui pourrait reposer sur l’or et éventuellement enterrer les États-Unis. »

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lingotins or pamp heraeus valcambi

Après la petite visite de courtoisie de Ben Bernanke au Japon, où il a rencontré des officiels du gouvernement ainsi que le gouverneur de la banque centrale, un nouveau plan de relance de 10 trillions de yen a été annoncé, incluant des travaux d’infrastructure (dans l’un des pays les plus modernes de la planète). Dans notre monde keynésien dans lequel lorsqu’un remède ne marche pas, on présume que c’est un problème de posologie trop timide, même les Japonais les plus conformistes commencent à avoir des doutes, comme le montre cet article de Bloomberg :

« Tetsushi Kudo, employés de bureau de 50 ans, a acheté ce mois une pièce d’or d’une once pour la première fois de sa vie. Alors que les marchés actions baissent et que son épargne n’offre aucun rendement, il affirme qu’il en achètera d’autres.

« Je veux acheter de l’or chaque année en guise de cadeau d’anniversaire pour ma fille, » a déclaré Kudo dans le quartier chic de Ginza, où il a effectué cet achat de 162.000 yen. « Lorsqu’elle sera grande, elle me remerciera pour ce cadeau car cet or aura de la valeur, où qu’elle aille. »

Les investisseurs particuliers comme Kudo sont derrière l’explosion des ventes de métaux précieux de 60 % enregistrée entre mai et juin chez Tanaka Holdings Co., le marchand de métaux précieux de détail le plus important du pays, alors que le rebond du yen face au dollar les ont rendus meilleur marché. Tandis que le parti au pouvoir du Premier Ministre Shinzo Abe a enregistré une victoire convaincante aux élections du 10 juillet de la chambre haute, la confiance en ses politiques économiques est en berne. Un sondage réalisé les 2 et 3 juillet par le quotidien Asahi a montré que 55 % des répondants souhaitent un changement de cap alors que 28 % désirent poursuivre dans la même voie.

Un yen plus fort

La hausse de 17 % du yen enregistré cette année est le reflet de la fuite des investisseurs japonais des marchés étrangers en raison du pessimisme à propos de la croissance mondiale plutôt que d’une confiance en leur économie domestique. Les ventes d’or ont plus que triplé dans les magasins Tanaka le 24 juin, lorsque la devise japonaise a bondi pour quasi atteindre son plus haut de 3 ans face au dollar suite au vote en faveur du Brexit. L’indice japonais Topix a connu sa plus grosse chute des 5 dernières années le lendemain du référendum tandis que les obligations japonaises à 10 ans se sont enfoncées en territoire toujours plus négatif.

« Pour les investisseurs, acheter de l’or correspond à une motion de défiance, » a déclaré Itsuo Toshima, conseiller en investissements et ancien manager régional du World Gold Council à Tokyo. « L’or est une monnaie qui ne peut être créée, contrairement au yen. L’appréciation de celui-ci, malgré l’adoption des taux négatifs, a engendré du scepticisme concernant les avantages d’une telle politique. Elle a également poussé les investisseurs à chercher à protéger leurs actifs en cas d’échec des Abenomics. »

L’absence de rendement de l’or n’est pas un handicap pour les investisseurs alors que 90 % du complexe obligataire japonais affichent des taux inférieurs à zéro, d’après Eiichiro Kato. L’obligation japonais à 10 ans, celle de référence, affichait mardi un taux de -0,265 %. (…)

Les achats records d’obligations par la BoJ pousse les taux à la baisse même si la dette nationale a gonflé jusqu’à environ 250 % de son PIB, d’après les projections du FMI. Le 1er juin, Abe a postposé pour la seconde fois une hausse de la TVA en raison de la faiblesse de la consommation.

« Nous ignorons qui endossera la responsabilité de réduire la dette japonaise, » a déclaré Akihiro Morishige, économiste senior du Mitsubishi Research Institute. « Si la confiance en les politiques fiscales japonaises diminue, les intérêts japonais à long terme pourraient grimper jusqu’à 5 % d’ici 2030. »

Les achats japonais d’or stocké en Suisse ont bondi de 62 % durant les 6 premiers mois de 2016. (…) »

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Article de John Rubino, publié le 27 juin 2016 sur safeHaven.com :

« L’une des premières conséquences de la décision du Royaume-Uni de quitter l’Union européenne fut une livre en chute libre. Ce qui signifie que le Royaume-Uni est désormais en train de gagner la guerre des devises. De ce fait, ses exportations seront moins chères à travers le monde, permettant à ses entreprises de vendre davantage, d’augmenter leur chiffre d’affaires et d’embaucher. L’inflation augmentera, ce qui diminuera le fardeau de la dette du gouvernement et des particuliers, et tout évoluant de concert, la croissance sera supérieure.

Mais vu que dans un monde basé sur l’argent papier les fluctuations des devises sont un jeu à somme nulle, cela signifie que si la Grande-Bretagne gagne la guerre de devis, quelqu’un doit forcément y perdre. Et cette fois, le grand perdant est sans conteste le Japon. Voici la valeur du yen face à la livre durant les 12 derniers mois :

le yen  grimpe après le brexit

C’est de mauvais augure pour plusieurs raisons. Tout d’abord, le Japon tente depuis un bon moment de dévaluer sa monnaie, en fait depuis l’élection du premier ministre Shinzo Abe, en 2012, sur un programme de déficits importants et d’assouplissements monétaires imposés à sa banque centrale. Il a mis en place les politiques souhaitées, mais elles n’ont pas fonctionné. La croissance reste molle, le yen s’est apprécié (ce qui rend les exportations japonaises trop chères) tandis que la dette continue de s’accumuler à une vitesse ingérable et potentiellement catastrophique. Désormais, tout par à vau-l’eau, comme l’explique cet article de Reuters :

« Le plan boiteux baptisé Abenomics du  premier ministre japonais Shinzo Abe, destiné à engendrer la renaissance de l’économie japonaise, a encaissé un nouveau coup ce vendredi lorsque la Grande-Bretagne a voté pour sortir de l’Union européenne, provoquant la hausse du yen et menaçant de rendre les entreprises et les consommateurs japonais encore plus prudents. (…)

Abe a pris ses fonctions en décembre 2012, s’engageant à mettre un terme à des décennies de déflation au Japon ainsi qu’à générer de la croissance, dans une économie meurtrie par la baisse de la démographie et une population vieillissante, en proposant un mélange de politiques monétaires ultras accommodantes, de dépenses publiques et de réformes.

Mais cette formule a largement échoué. La création monétaire agressive de la banque centrale n’est pas parvenue à accélérer l’inflation tandis que la croissance anémique a découragé les entreprises à relever les salaires ainsi que les ménages à consommer.

« En ce qui concerne les Abenomics, l’échec était déjà entériné. Cela va certainement les enterrer un peu plus, » a déclaré Jeffrey Kingston, directeur des études asiatiques à l’université Temple du Japon.

Le yen, perçu en tant que valeur refuge, est passé momentanément au-dessus de 100 par rapport au dollar, poussant le ministre des Finances Taro Aso à signifier la possibilité d’une intervention afin d’enrayer cette vigueur excessive.

Les dirigeants japonais craignent que la montée non souhaitée de la devise japonaise impacte négativement les exportations et replonge le pays dans la récession.

Le gouverneur de la banque du Japon Haruhiko Kuroda a déclaré qu’il était prêt à fournir des liquidités importantes aux marchés financiers. Mais les acteurs des marchés craignent que la BOJ n’ait plus beaucoup d’options à sa disponibilité pour enrayer la hausse du yen ou pour relancer son économie. Le yen a déjà grimpé de 15 % par rapport au dollar cette année, menaçant les profits des entreprises japonaises. (…) »

Quelles seront les conséquences du Brexit sur le Japon ?

  • Des taux encore plus négatifs, avec tous les soucis que l’on peut imaginer sur les marchés obligataires et les actions bancaires
  • Des profits en baisse pour les entreprises
  • Chute de la popularité du gouvernement actuel et changement probable de régime dans les 12 à 24 mois à venir
  • Une crise financière à venir lorsque les investisseurs se rendront compte qu’il n’y a plus d’outils dans la boîte afin de contrer l’effondrement économique entraîné par la démographie et la dette du pays, le Japon étant probablement le pays les plus endetté, en rapport avec la taille de son économie, de l’histoire.

Dans un monde menacé par l’émergence de divers moments à la Lehman, le Japon vient de prendre la première position.

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drapeau modifié du Japon

Article de Michael Pento, publié le 9 mai 2016 sur SafeHaven.com :

« Le soleil rouge sur le drapeau japonais symbolise sa position en tant que pays du soleil levant. Cependant, durant la Seconde Guerre mondiale sa forme sphérique fut associée de façon péjorative au zéro. Aujourd’hui, vu que l’économie japonaise émet autant de zéros que possible, on peut à nouveau, et malheureusement, le qualifier de pays de zéros.

La stratégie économique du premier ministre Shinzo Abe, connue sous le nom « Abenomics », es composée de 3 axes. Le premier axe consiste en une création monétaire agressive connue sous le nom de QQE dont l’objectif est de dévaluer le yen. Des dépenses publiques massives via un déficit budgétaire sont le second axe. Les réformes structurelles sont le 3e axe ; elles sont composées d’âneries politiques inefficaces pour créer de la croissance, comme des politiques visant à augmenter la diversité de la main-d’œuvre.

La stratégie principale des Abenomics est donc d’obtenir de la croissance via des dépenses publiques et d’inonder le monde avec des yens. Si l’objectif des Abenomics visait strictement la dévaluation du yen, ils seraient un franc succès. Entre 2012 et 2015, le yen a perdu 35 % de sa valeur. Similairement, si l’objectif était de creuser de gros déficits, les Abenomics seraient une réussite. Depuis décembre 2012, les déficits budgétaires se sont élevés à 6-8 % du PIB.

Qu’ont reçu en contrepartie les Japonais qui ont perdu 35 % de leur pouvoir d’achat ? Une obligation japonaise à 10 ans dont le rendement tourne autour de 0 % pendant la majorité de cette année. Une inflation calée sur le même chiffre et une croissance quasi nulle depuis des années. Mais plus important encore, en guise de preuve de l’addiction des marchés aux stimulations perpétuelles et grandissantes du Japon, le fait que le président de la BoJ Kuroda n’ait pas augmenté sa frénésie d’achats d’obligations pour 80 trillions de yens par an a fait tomber le Nikkei de plus de 1100 points dans les 2 séances qui ont suivi.

Le Japon n’est pas le seul pays à l’ « économie zéro »

La Fed a créé 3,7 trillions de dollars depuis 2008, ce qui a poussé les taux à court terme à près de 0 % pendant presque 90 mois. Pourtant, le maigre résultat de cette intervention massive sur les marchés est une croissance annualisée de 0,5 % pour le T1. Et le T2 ne s’annonce pas mieux. Les prévisions habituelles de Wall Street pour un rebond au T2 ne sont pas très prometteuses avec le Philly Fed à -1,6, l’ISM à 50,8, les chiffres de la productivité en baisse durant 4 des 6 derniers trimestres et les créations d’emplois à 156.000, des statistiques toutes décevantes montrant que l’économie ne fait qu’un rebond timide d’une croissance anémique de 0 %. La faiblesse de l’économie américaine a fait tomber le Dollar Index en dessous de 94 ; un niveau auquel il a trouvé un point de support à 6 reprises durant les 12 derniers mois.

La faiblesse des chiffres au Japon, en Chine, en Europe, aux États-Unis et dans le reste du monde devrait apporter la preuve  claire et nette que les manipulations des taux d’intérêt et la création monétaire ne peuvent générer de la croissance durable. Donc, la grosse surprise qui attend les optimistes du dollar est encore à venir. Alors que les taux courts sont proches de 0 % à travers le globe, les États-Unis sont le seul pays du monde développé à être capables de produire une inflation de 2,2 %. Ce qui signifie que les taux d’intérêt réels aux États-Unis sont les plus négatifs parmi ses partenaires commerciaux alors que le niveau des taux d’intérêt réels est le paramètre majeur de la valeur d’une devise.

Ce niveau de support clé de 94 du Dollar Index a été récemment franchi. Après ce niveau, il n’y a plus de véritable support jusqu’à ce qu’il atteigne 80, soit d’où il avait rebondi en juillet 2014.  (…)

Les États-Unis sont en stagflation. Ceci se passe dans un contexte d’une dette non financière record de 45,2 trillions de dollars, qui atteint désormais 3,44 fois le PIB. Ceci explique pourquoi la Fed ne peut normaliser ses taux. Si elle devait le faire pour les ramener au niveau d’avant 2008, soit 5 %, les bulles exploseraient ainsi que l’assiette fiscale de l’économie chuterait. Ce qui ferait exploser davantage le ratio dette/PIB qui se trouve déjà à des niveaux non viables. (…) »

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nuages noirs

Article d’Egon von Greyerz, publié le 17 avril 2016 sur KWN :

« L’économie mondiale a sérieusement piqué du nez en 2006, mais grâce à d’énormes programmes mondiaux de création monétaire et de crédit, nous avons pu connaître un sursis. Mais les effets de cette monnaie artificielle arrivent à leur terme.

À quoi les planificateurs centraux s’attendaient-ils ? Créer de l’argent sans valeur ou prêter de l’argent qui n’existe pas n’a jamais permis de créer de la richesse ou de sauver quelqu’un. La faiblesse va bientôt s’accélérer pour finir par mener par la destruction totale du système financier et par des défauts souverains.

Mais il ne faut pas croire que nous assisterons à une implosion soudaine ou à une réinitialisation qui résoudra ou changera tout. Au contraire, nous allons vivre un processus durant lequel la situation se détériora rapidement, mais sans événements clés pour changer les choses du jour au lendemain.

Tout ceci se déroule en ce moment, sous nos yeux. Parcourons les zones de tension sur le système.

Les faillites bancaires se multiplient en zone euro

La BCE fait face à des faillites bancaires dans quasi tous les pays membres. Une banque autrichienne vient tout juste d’être renflouée, l’intégralité du système bancaire italien est au bord du précipice. Les banques grecques sont déjà en faillite, même si personne n’ose le dire officiellement. La BCE sait qu’elle ne dispose que d’un outil pour reporter l’effondrement du système bancaire européen, à savoir la planche à billets.

Le bilan de la BCE a explosé de 45 % pour atteindre 3 trillions d’euros rien que durant les 15 derniers mois. La Bundesbank, la banque centrale allemande, connaît parfaitement la situation délicate des banques européennes. Mais elle sait également qu’elle sera responsable de la majorité de la création monétaire de la BCE. Elle a donc fait savoir qu’elle attaquera en justice la BCE si celle-ci accélère sa création monétaire.

Aux Etats-Unis ? Pas mieux

Actuellement, la Fed n’est pas engagée dans un QE, mais je pense que ce n’est qu’une question de temps en raison de la situation économique qui se détériore et des pressions sur le système financier. Aux États-Unis, les produits dérivés totalisent environ 500 trillions de dollars. Tout ceci implosera lorsque les contreparties s’effondreront. Ces craintes sont nourries par la Fed et la FDIC. C’est pourquoi elle vient d’avertir les banques américaines. Par exemple, elles ont indiqué à JP Morgan qu’elle n’est pas préparée à affronter une crise, qu’elle ne dispose d’aucune solution pour se débarrasser de ses produits dérivés (note : en posant une menace pour le système financier américain dans son intégralité). Pour JP Morgan, ceux-ci s’élèvent probablement à plus de 100 trillions de dollars.

Un autre problème américain est son marché obligataire. Le gouvernement américain doit 19 trillions de dollars. Sur cette somme, 6,2 trillions sont dus à des étrangers. La Chine et le Japon possèdent pour environ 4,5 trillions d’obligations américaines. Le 3e plus gros porteur est l’Arabie Saoudite. Ce pays vient d’ailleurs de menacer de liquider son portefeuille de Treasuries si les États-Unis enquêtent sur l’implication de l’Arabie Saoudite dans les attaques du 11 septembre. Mais l’Arabie Saoudite n’est pas le seul pays qui pourrait semer la pagaille sur le marché des obligations américaines.

Le Japon : au pays de Peter Pan

Le Japon devra bientôt vendre ses Treasuries pour survivre un peu plus longtemps. La pression sur la Chine afin qu’elle réduise sa dette de 30 trillions augmente également, alors que cette dette n’était que de 2 trillions en 2000. De nombreux observateurs affirment que ces pays se tireront une balle dans le pied s’ils vendent en masse leurs obligations américaines, vu que cela provoquera un effondrement industriel du marché des Treasuries. Il est tout à fait vrai que ce marché est l’une des plus grosses bulles financières, notamment parce que les États-Unis ne rembourseront jamais cette dette. (…)

Le Japon est également dans de sales draps. En 2017, la Banque du Japon possédera 50 % de toutes les émissions obligataires japonaises. Ce pourcentage passera à 60 % 2018. Comment ce pays peut-il croire que son économie survivra ? Ils émettent des quantités illimitées de papier sans valeur qui n’ont aucun effet bénéfique sur l’économie. Je l’ai déjà dit et je vais le répéter : l’économie japonaise coulera dans le Pacifique pour devenir la faillite la plus retentissante de l’histoire.

La plupart des banques centrales et des gouvernements sont en faillite virtuelle, tout comme les banques commerciales. Le cours de leurs actions l’indique. La valeur des titres des banques majeures a baissé de 75 à 90 % depuis 2007. Deutsche Bank a reculé de 87 % et Citi de 92 % alors que Crédit Suisse et Barclays ont seulement chuté de 78 %. Cet effondrement des cours des actions indique clairement que ces banques ont peu de chances de survivre.

Si on se tourne vers les bénéfices des entreprises à l’échelle mondiale, ils sont en baisse de 20 % dans les marchés matures et de 25 % dans les marchés émergents depuis 2014. Jusqu’à présent, les faillites d’entreprise totalisent 50 milliards en 2016, le pire que l’on ait connu depuis 2009.

Tout ceci se déroule en ce moment sous nos yeux. Vous ne devez pas attendre un événement majeur pour réagir, car (l’effondrement) se déroulera via toute une succession d’événements comme je viens de l’expliquer, et cela a déjà commencé. Jamais le besoin de souscrire une assurance contre ces risques n’a été aussi grand. Il est encore possible d’acheter de l’or physique à prix cassé, mais cela ne durera pas. »

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Suite à la Seconde Guerre mondiale, le Japon avait dû renoncer au militarisme via sa constitution. Désormais, le Japon a décidé de tirer un trait sur ces décennies de pacifisme en autorisant l’envoi de troupes en territoire étranger. Article du Guardian, publié le 29 mars 2016 : 

« La Chine accuse le « chef de guerre » Shinzo Abe, premier ministre du Japon, de menacer la paix dans la région suite à la ratification mardi d’une loi controversée permettant l’envoi de troupes japonaises sur des théâtres d’opérations à l’étranger pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale.

Les lois de sécurité, qui furent votées en septembre dernier après des scènes chaotiques au Parlement, réinterprètent la constitution pacifiste du pays afin de permettre au Japon d’exercer un droit collectif d’autodéfense à l’étranger, ou de venir en aide aux États-Unis ou à un autre de ses alliés.

Dans un commentaire publié en ligne, l’agence de presse d’État chinoise Xinhua a accusé Abe d’abandonner la constitution d’après-guerre du Japon, qui limite son armée à un rôle purement défensif, en ajoutant que cette décision ne pourra que « mettre en danger le droit de la population japonaise de vivre en paix. »

Cette législation, le plus grand changement de posture du Japon depuis sa défaite en août 45, pourrait également « représenter un véritable défi pour la paix dans la région Asie-Pacifique, une zone déjà vulnérable, » d’après le commentaire.

Le parti libéral-démocrate d’Abe et ses partenaires de coalition ont soutenu les lois au parlement, malgré de grandes manifestations et les avertissements affirmant que les troupes japonaises pourraient se retrouver entraînées dans des guerres à l’étranger.

Abe insiste sur le fait que ces interdictions ont limité les capacités du Japon à répondre à de nouvelles menaces contre la sécurité dans la région, notamment le programme d’armes nucléaires de la Corée du Nord et l’activité plus affirmée de la marine chinoise.

Le Japon et la Chine ont une querelle de longue date portant sur les îles Senkaku, dans la Mer de Chine Orientale. Tokyo s’est rangé du côté des Philippines et d’autres pays qui se sont opposés à la construction de base chinoise dans des zones contestées en Mer de Chine du Sud.

Les tensions entre Pékin et Tokyo ont à nouveau monté d’un cran cette semaine après que le Japon ait enclenché une station radar en Mer de Chine Orientale. Cette station lui permet de récolter en permanence des renseignements à proximité de Taiwan et des Senkaku, îles connues sous le nom de Diaoyu en Chine. (…)

La montée de la méfiance du Japon envers la Chine se reflète dans son changement de stratégie. Tokyo se détourne de sa frontière maritime nord avec la Russie malgré les plans de Moscou de construire une base navale sur les îles Kuril, elles aussi contestées. Les forces soviétiques avaient pris possession des îles vers la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le refus de la Russie de les rétrocéder a empêché les 2 pays de conclure un traité de paix permanent.

D’après Xinhua, le Japon, pion des États-Unis, devrait permettre à l’oncle Sam de se mêler de nombreuses affaires régionales suite à son pivot vers l’Asie. (…) L’administration Obama a quant à elle salué la nouvelle. (…)

Les Japonais sont divisés sur la question : 47 % de la population n’approuve pas les nouvelles lois tandis que 38 % est pour. Les rangs des opposants sont néanmoins en baisse : en septembre, ils étaient 58 % à se prononcer contre ces lois. »

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or physique

Les adversaires de l’or citent souvent l’absence de rendement du métal jaune en tant que raison pour ne pas en posséder. Si l’argument est une demi-vérité (à savoir qu’il n’offre pas de rendement, alors que c’est le cas de tout actif sans risque de contrepartie, comme l’argent liquide que vous gardez chez vous afin d’être sûr de pouvoir mettre la main dessus à tout moment), les taux d’intérêt négatifs ne seront qu’une raison supplémentaire de posséder de l’or.

Au Japon, la demande de métal a en tout cas augmenté d’après cet article de Bloomberg, publié le 14 mars 2016 :

Au Japon, les taux d’intérêt négatifs dopent la demande pour l’or, d’après le plus gros marchand de métaux précieux du pays.

Les cours internationaux ont augmenté de 18 % cette année alors que les investisseurs étaient à la recherche d’une valeur refuge pour se protéger des remous des marchés financiers. Pour les particuliers, la décision surprise de la banque du Japon en janvier n’a fait que renforcer l’attrait de l’or, d’après Takahiro Ito, manager en chef du magasin Tanaka Kikinzoku Kogyo K.K. situé dans le district Ginza de Tokyo. Ce qui a contribué à faire augmenter les prix de l’or de détail (note : lire les primes) jusqu’à obtenir un plus haut depuis juillet.

« De nombreux clients font le pari qu’il est préférable de convertir son épargne en or, une valeur refuge, plutôt que de garder leur argent déposé dans une banque qui offre de bas taux d’intérêt, » a-t-il déclaré la semaine dernière à l’occasion d’une interview téléphonique.

Le prix du lingot d’or a grimpé à 5027 yens (44 dollars) le gramme le 11 mars 2016, un plus haut depuis le 7 juillet, d’après cette société basée à Tokyo. « D’habitude, de nombreux clients vendent leur or, mais nous avons l’impression qu’ils sont encore plus nombreux à en acheter, même lorsque le prix dépasse les 5000 yens, » a déclaré Ito.

Dans sa tentative de doper le crédit, la BoJ a emboîté le pas à la BCE en instaurant un taux en dessous de zéro. Si cette mesure devrait bénéficier aux actifs risqués à haut rendement, elle pourrait également avoir des conséquences accidentelles du côté des ménages. Ceux-ci pourraient décider de retirer leur argent, voire même de le convertir en une réserve de valeur comme l’or. Les ventes de coffres ont augmenté au Japon, ce qui semble suggérer que ce scénario se matérialise.

La politique de la BoJ a propagé des idées fausses parmi les investisseurs, d’après Ito. Certains acheteurs pensent que les taux négatifs pourraient être répercutés sur l’épargne. Les Japonais âgés, quant à eux, craignent un remake de leur expérience au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, lorsque le gouvernement restreignit les retraits d’argent afin d’enrayer l’inflation.

Les Britanniques se méfient aussi

L’attrait des investisseurs pour l’or se manifeste ailleurs. Au Royaume-Uni, BullionVault a déclaré le 1er mars que le nombre de ses clients a plus que doublé en février pour atteindre un record plus vu depuis avril 2013.

« Les craintes grandissantes concernant les taux négatifs et les risques politiques comme le Brexit ont consacré le retour en grâce de l’or auprès de certains gestionnaires, » a déclaré Adrian Ash. « Les investisseurs privés, dont les rangs grossissent rapidement, se mettent également à acheter de l’or en tant qu’assurance. »

Au Japon, la demande d’or s’est élevée à 32,8 t en 2015, contre 17,9 t en 2014, d’après le World Gold Council. »

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Haruhiko Kuroda

La banque du Japon semblait avoir atteint son maximum après être devenue la championne mondiale incontestée du QE et de l’interventionnisme sur les marchés mais les planificateurs centraux du pays du Soleil-Levant, où on n’hésite pas à évoquer Peter Pan pour maintenir la confiance dans l’économie, ne manquent manifestement pas d’imagination alors qu’ils viennent d’annoncer leur intention d’acheter des ETF… qui n’existent pas.

Si vous voyagez fréquemment vers Tokyo ne soyez pas étonné si dans les mois à venir, vous êtes abordé par un Kuroda vous proposant de racheter votre chemise ou votre paire de chaussures : cela voudra dire que la BoJ a avalé tout le Nikkei et ne sait plus quoi acheter avec sa planche à billets.

Article de Bloomberg :

« Haruhiko Kuroda a concocté un nouveau plan. Il va acheter pour 2,5 milliards de dollars de quelque chose qui n’existe pas.

Les marchés ont été secoués vendredi après que la banque du Japon ait dévoilé un paquet de mesures incluant l’achat d’ETF axés sur les sociétés qui « investissent de façon proactive dans le capital physique et humain ». La banque centrale japonaise dépensera 300 milliards de yens (2,5 milliards de dollars) par an à partir d’avril dans l’achat de tels actifs afin de juguler les impacts sur les marchés lorsqu’elle recommencera à vendre des actions achetées précédemment à des institutions financières.

Le seul souci est que ce genre d’ETF n’existe pas au Japon, du moins pas encore. (…) Les ETF qui sélectionnent les sociétés sur base de la façon dont elles déploient leurs moyens financiers sont rares sur les marchés mondiaux.

« Ce genre d’ETF n’existe pas pour le moment. Prendre en compte les investissements en tant que facteur est assez inhabituel dans ce secteur » a déclaré Koei Imai, qui gère un portefeuille d’ETF de 25 milliards pour Nikko Asset Management Co. à Tokyo. « Je pense que le message de la BoJ nous encourage à les créer. »

La banque centrale est au courant que ce genre de produit n’existe pas pour le moment. Dans l’attente de leur création, elle achètera des ETF suivant les performances du JPX-Nikkei Index 400 (…). La BoJ a déjà acheté des ETF en relation avec les index Nikkei 225 Stock Average et Topix. Elle possède aujourd’hui environ la moitié du marché des ETF au Japon. (… en rouge les ETF japonais, en bleu le portefeuille ETF de la BoJ…)

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À côté de ces nouveaux achats d’ETF, Kuroda a prolongé la maturité moyenne restante des obligations gouvernementales achetées et augmenté le montant maximum que sa banque peut posséder dans chaque trust d’investissement dans l’immobilier japonais. (…) »

Ingérence dans les marchés

Selon Okasan Online Securities Co., ce programme présente un risque d’ingérence sur les marchés actions. Lorsque ce genre d’ETF sera éventuellement créé, il risque d’avantager certaines actions.

« C’est un peu comme si la banque du Japon achetait des actions spécifiques plutôt que de pousser l’ensemble du marché » a déclaré Yoshihiro Ito, le chef stratégiste de la société. « Ce facteur a également déplu au marché. »

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Article de John Rubino, publié le 19 novembre 2015 sur SafeHaven.com :

« En temps normal, les économies majeures de la planète affichent des comportements variés. Certaines ont le vent en poupe, d’autres patinent, certaines régressent tandis que d’autres traversent une crise. Il n’y a que durant les périodes extrêmes d’expansion/récession que tout le monde se retrouve quasi dans le même bateau. Il semblerait que nous soyons en plein dedans et que le bateau est même en train de couler. Le Japon, par exemple, est de nouveau en récession :

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…tandis que sa dette continue de progresser.

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Depuis avril l’économie brésilienne est en recul tandis que son déclin s’accélère.

L’Europe plonge dans une combinaison de chaos financier et géopolitique qui pourrait non seulement dissoudre la zone euro mais aussi certains pans de l’Union européenne, tout particulièrement la libre circulation des personnes.

La Chine affirme qu’elle connaît toujours la croissance mais plus personne n’y croit alors que son secteur de l’acier plonge dans les abysses.

La guerre civile (sic) au Moyen-Orient a désormais entraîné la France et la Chine aux côtés des États-Unis et de la Russie (note : après Paris et l’assassinat d’un otage chinois par l’EI).

Même aux États-Unis, considérés comme une île de stabilité, l’économie faiblit tandis que la dette augmente. Les mauvaises nouvelles s’accumulent, notamment au niveau de la construction et des ventes de détail.

Seuls les marchés sont la seule éclaircie dans la grisaille, même si la situation s’est détériorée. La plupart des valeurs stagnent ou  baissent (parfois violemment), les index ne doivent leur salut qu’à quelques titres phares.

Pourquoi l’ensemble du monde se trouve-t-il simultanément dans une crise financière et/ou géopolitique ? Car tous les pays de la planète ont commis les mêmes erreurs. Armées de leur planche à billets, la plupart des grandes nations ont opéré avec un sentiment d’omnipotence découlant naturellement du pouvoir de créer l’argent à l’infini.

Les États-Unis ont bâti à crédit un empire militaire pour tyranniser l’ensemble du monde de façon presque aléatoire, déstabilisant le Moyen-Orient et alimentant l’animosité envers eux presque partout. L’Europe a adopté une monnaie commune inadaptée en estimant pouvoir gérer les crises à venir par la création monétaire. La Chine a pensé pouvoir construire à crédit des routes, des aéroports et des villes entières en espérant que ces infrastructures rapportent ensuite par magie d’énormes quantités d’argent. Le Japon a quant à lui oublié d’effectuer les changements structurels nécessaires pour faire face au vieillissement de sa population. Au lieu de cela, ce pays a emprunté et créé les yens nécessaires pour boucler budget après budget.

Autrement dit, tout le monde a oublié le sage conseil suivant : ‘lorsque vous êtes au fond du trou, la première chose à faire est d’arrêter de creuser’. Ce qu’ils n’ont pas fait, croyant que le ‘monétarisme moderne’ serait toujours là pour les sauver.

Mais aujourd’hui, un débat intéressant émerge : les politiques actuelles ont-elles échoué en raison de modèles scabreux et de suppositions erronées ou parce qu’elles n’ont pas été appliquées assez vigoureusement ? Vu que personne n’aime reconnaître ses erreurs ou abandonner le pouvoir, les huiles en charge vont probablement opter pour la 2e explication en en remettant une couche en 2016 : intérêts négatifs, QE dirigé vers l’économie réelle, guerre contre l’argent liquide. Plus fort, plus beau, plus grand. Ajoutez ces ingrédients au mélange actuel et on risque d’obtenir une année 2016 prête à entrer dans les annales de l’histoire. »

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métro de tokyo

Il n’y a pas plus têtu qu’un Keynésien qui campera toujours sur ses positions en allant jusqu’à ignorer les conclusions empiriques : le Japon en est le parfait exemple. La BoJ a beau être engagée dans un programme massif de création monétaire, l’économie japonaise a été en récession durant cinq des sept dernières années. Article du Guardian, publié le 16 novembre 2015 : 

« L’économie japonaise est entrée en récession durant deux trimestres consécutifs pour la 5e fois en sept ans, selon les statistiques, augmentant la pression sur Shinzo Abe.

Le Japon replonge en récession pour la 5e fois en sept ans alors que de grandes incertitudes planent sur l’économie mondiale, ce qui augmente la pression sur les décideurs afin qu’ils déploient de nouvelles mesures de stimulation pour soutenir une reprise fragile.

Durant les mois de juillet à septembre 2015, la 3e économie du monde s’est contractée de 0,8 % soit bien plus que les 0,2 % anticipés par les marchés, d’après les statistiques gouvernementales publiées ce lundi.

Cette contraction suit celle révisée de 0,7 % enregistrée pour le trimestre précédent (T2), ce qui signifie techniquement que le Japon est en récession (on considère qu’un pays est en récession quand il a connu deux trimestres consécutifs de contraction de son PIB). C’est la 5e fois depuis 2008 que le Japon est en récession.

Le Nikkei a plongé fortement lundi à l’ouverture, la déception concernant la croissance s’ajoutant aux attaques terroristes de Paris. A la mi-journée, il limitait les pertes à 1 %, dans l’espoir que la nouvelle force la classe politique à lancer une nouvelle batterie de mesures. (…) »