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Jim Rickards

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Jim Rickards

Article de Jim Rickards via les Publications Agora :

Jamais une banque centrale ne souhaiterait revenir à un étalon-or de son propre gré.

L’adhésion à un étalon-or limite la capacité des banques centrales à imprimer librement de l’argent. Comme cette capacité d’émettre de l’argent est synonyme de pouvoir et comme les Etats ne renoncent pas volontiers à ce dernier, aucune banque centrale ne soutient l’étalon-or.

Mais une politique monétaire discrétionnaire et un étalon-or ne s’excluent pas forcément mutuellement. Ils peuvent coexister dans certaines limites. Par exemple, de 1913 à 1968, les Etats-Unis ont fonctionné avec un étalon-or et une banque centrale exerçant une politique monétaire discrétionnaire.

En 1913, la Réserve fédérale fut créée et commença à émettre des “billets de la Réserve fédérale” ayant cours légal. En 1968, le Congrès abrogea l’exigence selon laquelle il fallait adosser les émissions de billets de la Réserve fédérale à une quantité donnée d’or physique en réserve. Mais pendant ces 55 ans une monnaie fiduciaire a été adossée à des réserves d’or : il y a bien eu cohabitation.

Cette réserve d’or exigée limitait théoriquement le volume de monnaie-papier pouvant être émis. Mais en pratique, cela a rarement été le cas.

Même pendant la Grande Dépression, le volume des billets de la Réserve fédérale a rarement dépassé 100% des réserves d’or (bien qu’en théorie, il aurait pu aller jusqu’à 250% des réserves). Pendant cette période, le gouvernement aurait dû augmenter la masse de monnaie-papier afin de combattre la déflation. Cela démontre que les pires effets de la Grande Dépression ont été provoqués par la politique monétaire discrétionnaire, inadaptée, que menait la Fed, et non par l’or : Milton Friedman et Anna Schwartz l’ont souligné il y a 10 ans, et Ben Bernanke l’a réaffirmé récemment.

Pour les banques centrales, la question n’est pas de savoir si elles souhaitent ou non un étalon-or (elles n’en veulent pas) mais si elles seront peut-être forcées d’en adopter un pour provoquer de l’inflation. Le principe, ce serait de revenir à un étalon-or mais moyennant un cours bien plus élevé : 5 000 dollars l’once, peut-être, voire plus. Le cours non déflationniste et tacite de l’or, selon un nouvel étalon-or assorti d’une masse monétaire M1 (comprenant les espèces, les réserves et dépôts bancaires) adossée à 40% d’or (c’était ce pourcentage, lors de la création de la Fed en 1913), serait de 10 000 dollars l’once.

Bien sûr, ce prix pourrait être bien plus élevé avec un masse monétaire adossée à 100% d’or, ou si l’on utilisait comme référence une masse monétaire M2 (la masse M1 + les fonds monétaires et quelques autres instruments). Le chiffre exact importe moins que le fait que le cours de l’or envisagé devrait être bien plus élevé que le cours actuel afin d’obtenir l’inflation désirée.

Bien sûr, le but d’un cours officiel bien plus élevé n’est pas de récompenser les détenteurs d’or, mais plutôt de faire grimper les prix de tout le reste.

C’est exactement ce qu’a fait Franklin D Roosevelt en 1933 lorsqu’il a augmenté le cours de l’or de près de 75%, le faisant passer de 20,67 dollars l’once à 35 dollars. Le but était alors de provoquer l’inflation des prix du coton, du cuivre, de l’acier et des actions. Cela a fonctionné à merveille. L’inflation des matières première et les cours des actions ont décollé en 1933-1936 et le chômage a baissé (quoiqu’en partant de niveaux très élevés). Roosevelt s’est assuré que les détenteurs d’or — qu’il appelait les “entasseurs” (hoarders) — n’en tirent aucun profit : Roosevelt a confisqué l’or du secteur privé avant d’en augmenter le cours.

Cette confiscation pourrait se reproduire, mais elle n’est pas nécessaire. Le gouvernement peut augmenter le cours de l’or par décret, sans se préoccuper que les détenteurs du secteur privé en profitent ou non.

Ce genre de “choc de l’or”, destiné à provoquer de l’inflation, pourrait également être mis en oeuvre au niveau international, en le combinant aux DTS, pour en faire de nouveaux DTS adossés à l’or. Ce serait ironique car les premiers DTS de 1969 ont été brièvement adossés à l’or selon un montant défini.

Pour plus d’informations et de conseils de ce genre, c’est ici et c’est gratuit.

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pièces d'argent

Article de Jim Rickards, publié le 20 septembre 2016 sur DailyReckoning.com :

« Avez-vous une lampe de poche et des piles en réserve à la maison en cas de panne d’électricité ? Évidemment. Mais avez-vous 100 onces d’argent en pièces ? Vous devriez.

En effet, en cas d’effondrement social ou des infrastructures, par exemple si les banques, les DAB et les lecteurs de carte des magasins sont hors service, les pièces d’argent pourraient être la seule façon d’acheter le nécessaire pour votre famille. C’est l’une des nombreuses raisons pour lesquelles les ventes d’argent, en pièces et en lingots, vont exploser.

Lorsque cela aura lieu, des pénuries apparaîtront et le prix de l’argent pourrait grimper jusqu’à 60 $ l’once ou plus, soit un gain de 200 % par rapport au niveau actuel d’environ 20 $ l’once.

Comme vous le savez, j’écris et je parle souvent sur le rôle de l’or dans le système monétaire. Par contre, j’évoque rarement l’argent. Certains en déduisent que je pense que l’argent n’a pas sa place dans votre portefeuille d’actifs tangibles. C’est faux. En fait, en cas de crise extrême, l’argent pourrait être plus pratique que l’or en tant que moyen d’échange. Une pièce d’or est trop précieuse pour payer le contenu du panier de votre supermarché, par contre une ou 2 pièces d’argent sont idéales.

L’argent est plus difficile à analyser que l’or car le métal jaune est principalement utilisé en tant que monnaie (l’or est largement utilisé en bijouterie, mais je considère les bijoux en or en tant qu’actifs tangibles, en tant que « richesse portable »). L’argent, à l’opposé, dispose de nombreuses applications industrielles. L’argent est une véritable matière première ainsi qu’une forme de monnaie.

Cela signifie que le cours de l’argent peut fluctuer en fonction de son utilisation industrielle, en dehors de la conjoncture économique et indépendamment de facteurs monétaires comme l’inflation, la déflation et les taux. Néanmoins, l’argent métal est une forme de monnaie (tout comme l’or, les dollars, les bitcoins et les euros), et l’a toujours été.

Alors que les épargnants et  les investisseurs perdent confiance en l’argent papier émis par les banques centrales, ils se tourneront de plus en plus vers la monnaie physique (l’or et l’argent), ainsi que les monnaies électroniques qui ne sont pas émises par les banques centrales (bitcoin et les autres cryptomonnaies), en tant que réserve de valeur et moyen d’échange.

C’est pourquoi je qualifie l’argent métal de « monnaie d’hier et d’aujourd’hui », car le rôle futur de l’argent métal en tant que monnaie ne sera que le rétablissement de son rôle traditionnel.

Avant la Renaissance, la monnaie mondiale consistait en des pièces et des lingotins de métaux précieux. Les empereurs et les rois accumulaient de l’or et de l’argent, en distribuaient à leurs troupes, se battaient pour en acquérir et se le volaient mutuellement. Depuis l’Antiquité, le foncier est une autre forme de richesse. Par contre, il ne s’agit pas d’une monnaie car, au contraire de l’or et de l’argent, il est difficile de l’échanger et sa qualité n’est pas uniforme.

Au 16e siècle, les banquiers florentins commencèrent à accepter des dépôts d’or et d’argent en l’échange de reçus qui promettaient de restituer le métal sur demande. Ces reçus papier étaient plus pratiques que le métal physique. Ils pouvaient être emportés à l’étranger pour être échangés dans une agence de la banque florentine locale. Ce papier n’était pas un engagement non garanti, mais véritablement un reçu concernant du métal précieux se trouvant dans un coffre.

Les banquiers de la Renaissance ont ensuite très vite compris qu’ils pouvaient utiliser les métaux précieux en leur possession à d’autres fins, par exemple pour accorder des prêts à des princes. Cette situation a engendré un surplus de reçus en circulation par rapport au métal dans les coffres. Les banquiers partaient du principe que les reçus ne seraient pas tous échangés en même temps contre du métal, qu’ils pourraient toujours avoir de quoi satisfaire les demandes avec les remboursements des princes et des autres emprunteurs.

C’est ainsi qu’est né le système de réserve fractionnaire, dans lequel le métal existant ne représente qu’une partie de la promesse papier. Mais malgré cela, l’or et l’argent physique conservèrent la prépondérance dans ce système mixte. (…)

Dans ce système, l’argent remplissait un rôle majeur. Si le métal jaune était la monnaie mondiale de premier choix, l’argent était la devise mondiale de premier choix.

La popularité de l’argent en termes monétaires à l’époque s’explique par l’offre et la demande. L’or était difficile à trouver, l’argent était plus abondant. Le premier QE de l’histoire fut inventé par Charlemagne au 9e siècle lorsqu’il remplaça les pièces d’or par des pièces d’argent afin d’augmenter la masse monétaire dans son empire. L’Espagne fit la même chose au 16e siècle.

L’argent dispose de nombreuses qualités. Tout comme l’or, sa qualité est uniforme, il est malléable, relativement rare et plaisant à l’œil. Après la criminalisation de la possession d’or aux États-Unis en 1933, les pièces d’argent circulèrent librement. La monnaie américaine a produit jusqu’en 1964 des pièces (dollars) contenant 90 % d’argent. La dévaluation a commencé en 1965.

En fonction de la pièce (10 centimes, 25 centimes ou 50 centimes), la quantité d’argent a baissé de 90 à 40 % pour tomber à zéro au début des années 70. Depuis, les pièces américaines en circulation contiennent du cuivre et du nickel. (…)

Le cours de l’argent a très bien tenu malgré des vents contraires significatifs. Il a quelque peu reculé depuis son plus haut récent de 20,37 dollars (13 juillet). Il se maintient néanmoins aujourd’hui au-dessus de 19 $, et ce malgré les expirations des options qui approchent, les positions existantes bearish du COMEX, les craintes concernant le Brexit qui se dissipent, l’augmentation des marges du COMEX, un dollar plus fort, de nouvelles déclarations allant dans le sens d’une hausse des taux en septembre par la Fed, etc.

En théorie, un seul de ces facteurs est suffisant pour faire baisser significativement l’argent. Le fait que celui-ci ait résisté malgré tout ceci est un signe bullish. (…) Malgré le dollar fort en ce moment et la posture agressive de la Fed sur les taux, l’économie américaine ne peut pas composer avec un dollar fort.

C’est déflationniste, ce qui éloigne la Fed de ses objectifs d’inflation. La Fed ne bougera pas en septembre (probablement cette année aussi). Lorsque cette posture conciliante sera prise en compte par les marchés, le dollar baissera et le prix en dollars de l’argent sera dopé.

Peu importe le résultat de l’élection présidentielle, les États-Unis seront le théâtre de parachutage d’argent par hélicoptère en 2017. (…) Les réactions du marché à ces événements, à partir de la mi-novembre, seront un vent favorable puissant pour l’argent. C’est pourquoi les investisseurs devraient se positionner maintenant. »

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indice dollar en 2011

Article publié le 8 septembre 2016 sur DailyReckoning.com :

« Le contexte ayant mené à la crise du dollar de 1971 émerge à nouveau en 2016, même si le cadre du système monétaire international est cette fois différent.

Depuis 1980, la planète vit de facto dans un standard dollar, qui a remplacé le standard or. Conformément au principe du dilemme de Triffin, les États-Unis ont dû enregistrer d’importants déficits commerciaux afin de fournir à la planète la quantité de dollars nécessaire pour financer la croissance mondiale, le commerce et les investissements.

Les États-Unis ont fourni au monde ces dollars en faisant du billet vert une réserve de valeur fiable ainsi qu’en faisant des Treasuries le marché obligataire le plus important et le plus liquide du monde. Ses partenaires commerciaux ont alors considéré qu’il n’était plus nécessaire de convertir leurs dollars en or, à un prix fixe ou déterminé librement par le marché. Ils n’avaient aucun problème à accumuler d’énormes portefeuilles d’obligations américaines.

À son pic, les réserves de la Chine en dollar ont excédé les 4 trillions, tandis que les positions du Japon et de Taiwan furent d’environ un trillion chacun. Les exportateurs de pétrole comme Abu Dhabi et la Norvège ont des fonds souverains dont les actifs dépassent le trillion de dollars. La vaste majorité de cette richesse massive était investie en actifs libellés en dollars américains, dont la plupart consistaient en des obligations américaines.

Les États-Unis et ses partenaires commerciaux devinrent interdépendants. Les États-Unis avaient besoin de ses partenaires commerciaux pour acheter sa dette, tandis que les partenaires commerciaux des États-Unis avaient besoin d’eux pour maintenir la stabilité du dollar ainsi qu’un marché obligataire liquide. En attendant, les États-Unis continuaient d’enregistrer des déficits commerciaux et budgétaires tandis que ses partenaires commerciaux enregistraient des excédents et voyaient leur portefeuille d’obligations gonfler de façon impressionnante. Ce fut le dilemme de Triffin sous stéroïdes.

Si cette tendance avait existé, les États-Unis auraient fini par faire faillite (comme ce fut le cas en 1971). Mais jusqu’à présent on avait l’impression que ce petit jeu pourrait durer indéfiniment vu que tout le monde était gagnant.

Cependant, ce petit jeu du dollar déficitaire a commencé à montrer des signes de cassure en 2010, cassure qui s’est accélérée en 2013. À l’instar des années 80, lorsque les héros furent un président et un patron de la Fed, Reagan et Volcker, les personnes responsables de la cassure furent également un président et un patron de la Fed, Obama et Bernanke.

La guerre des devises d’Obama

La cassure a démarré en 2010 lorsque le président Obama déclara une guerre des devises. L’idée était d’affaiblir le dollar afin de donner à l’économie américaine un coup de fouet au lendemain de la crise financière de 2008 et de la forte récession de 2007-2009.

En théorie, un dollar bon marché devait doper les exportations américaines tout en créant des emplois liés à ce secteur d’activité. De plus, un dollar en baisse devait importer de l’inflation afin de faire baisser les taux et de permettre à la Fed d’atteindre ses objectifs d’inflation.

La raison principale de cette nouvelle guerre des devises résidait dans le fait que les États-Unis étant la première économie du monde, ils avaient besoin d’aide. Car si les USA plongent, ils emportent la planète avec eux. Réciproquement, si l’économie américaine pouvait engendrer durablement de la croissance, elle pourrait faire office de moteur de l’économie mondiale afin de la sortir de l’ornière. La dévaluation rapide du dollar avait pour objectif de doper la croissance américaine, donc indirectement la croissance mondiale.

Les effets de cette nouvelle guerre des devises furent immédiats et impressionnants. La valeur du dollar chuta de 14 % en un an, de la mi 2010 à la fin 2011, comme le montre le graphe ci-dessus.

Comme c’est souvent le cas lorsque les économistes d’universités s’impliquent dans les politiques de terrain, les théories de la Maison-Blanche ne se sont pas concrétisées dans la réalité. Les États-Unis n’ont pas réalisé de progrès afin d’obtenir une croissance durable grâce au dollar meilleur marché. Quant au reste du monde, il a enregistré une croissance inférieure (Chine, Japon et Corée) ainsi qu’une crise de la dette (Grèce, Espagne, Portugal et Irlande).

L’arme de la guerre des devises a manqué sa cible. La situation mondiale ne s’est pas améliorée. Mais il y a eu un dommage collatéral plus important : soudainement, la confiance dans le dollar a commencé à s’étioler.

Le standard dollar soigneusement élaboré par Reagan et Volcker, ensuite perpétué par James Baker et Robert Rubin (secrétaires au Trésor sous Bush Sr et Clinton) a commencé à tousser.

C’est à partir de ce moment que la Russie et la Chine ont augmenté considérablement leurs achats d’or. C’est aussi à cette époque que le FMI a commencé à dresser les fondations d’un nouveau standard monétaire basé sur les DTS, une monnaie mondiale. La planète était à la recherche d’une alternative au dollar vu que les États-Unis ne s’impliquaient plus dans le maintien de la valeur du billet vert.

Le second coup au standard dollar a été donné par Bernanke et la Fed. Après avoir jugé que la situation économique des États-Unis était suffisamment solide pour encaisser un dollar plus fort, le raffermissement du billet vert fut décidé afin de permettre la dévaluation de l’euro et du yen, tour à tour (…).

En janvier 2016, un euro et un yen faible pour un dollar fort étaient en place. Il y avait juste un problème : la Fed, comme d’habitude, avait grossièrement surévalué la vigueur sous-jacente de l’économie américaine. Aujourd’hui, vers la fin 2016, la pénurie de dollars a commencé à se transformer en crise de la dette et en crise potentielle de liquidité. Pour la seconde fois en 50 ans, le dilemme de Triffin émerge.

Tout allait bien tant que les États-Unis fournissaient des dollars à travers ses politiques monétaires et fiscales. Mais dès que les USA se sont disciplinés avec des politiques fiscales et monétaires plus strictes, la pénurie de dollars s’est manifestée pour déboucher sur une contraction mondiale.

La solution au dilemme de Triffin en 1971 fut de dévaluer le dollar par rapport à l’or. Mais aujourd’hui, le standard or n’est plus. D’où viendra l’argent nécessaire pour fournir les liquidités à l’occasion de la prochaine crise mondiale ?

Il existe 2 solutions : la première consiste à utiliser une nouvelle forme de monnaie, les droits de tirages spéciaux. La seconde consiste à utiliser la plus ancienne forme de monnaie : l’or. »

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Article de Jim Rickards (source) expliquant pourquoi nous allons vivre dans les 5 semaines à venir l’une des transformations du système monétaire les plus significatives des 3 dernières décennies :

« Les 5 semaines à venir seront marquées par l’une des transformations du système monétaire les plus significatives de ces 30 dernières années.

Vu que le dollar est encore le pilier de ce système, il sera lui-même affecté. Tout ce qui touche le dollar vous touche, votre portefeuille ainsi que votre sécurité financière personnelle. Il est crucial de comprendre ces changements en cours afin de protéger votre patrimoine, et même de prospérer durant cette transition à venir.

Cette transformation radicale du système monétaire international est arrivée à de nombreuses reprises de par le passé, notamment via les 2 accords des années 80. Il y a eu les accords du Plaza en 1985 et les accords du Louvre en 1987 (…).

À l’occasion des accords du Plaza, les pontes des finances des États-Unis, de la Grande-Bretagne, de l’Allemagne de l’Ouest, de la France et du Japon se mirent d’accord le 22 septembre 1985 pour dévaluer le dollar. Le billet vert plongea alors de 30 % dans les 2 années à venir.

Les dégâts furent tels qu’une seconde réunion fut programmée au Musée du Louvre le 22 février 1987. Réunion à laquelle participèrent les responsables de haut rang de ces mêmes pays. Ils se mirent d’accord pour mettre fin à la dévaluation du dollar. Celui-ci fut alors stable dans les années qui suivirent.

Penser que la valeur du dollar est déterminée par les forces du marché est une erreur.

Cela peut être vrai à court terme, mais à long terme, la valeur du dollar est déterminée par les gouvernements. Plus un gouvernement est puissant, plus il peut influencer la valeur du billet vert.

Récapitulatif des tremblements de terre monétaires de ces dernières décennies

Il n’y a aucun doute que durant la période 1980-2000, les États-Unis étaient le pays le plus puissant du monde. L’Union soviétique était en phase terminale en 1987 ; elle s’effondra 4 ans plus tard. La Chine était toujours en phase d’émergence tout en devant composer avec le soulèvement de la place Tienanmen de 1989. L’euro ne fut créé qu’en 1999. Les États-Unis étaient le roi du monde.

Lorsque les États-Unis voulurent affaiblir le dollar en 1985, ils imposèrent leur volonté au reste du monde à l’occasion des accords du Plaza. Lorsque les USA voulurent stabiliser le dollar bon marché en 1985, ils imposèrent à nouveau leur volonté au reste du monde avec les accords du Louvre. Les forces des marchés y furent étrangères. Ce que les États-Unis voulaient, ils l’obtenaient. Les investisseurs devaient simplement faire avec.

Les accords du Plaza et du Louvre furent précédées par l’accord du Smithsonian de décembre 1971. Il fut décrété que le dollar serait dévalué de 7 à 17 % (en fonction de la paire de devises concernée) par le G10, mais en fait 11 pays : les États-Unis, le Royaume-Uni, le Japon, le Canada, la France, l’Allemagne de l’Ouest, la Belgique, les Pays-Bas, l’Italie, la Suède et la Suisse.

Cet événement eut lieu peu de temps après l’annonce du 15 août 1971 de la fin de la convertibilité du dollar en or par le président Nixon. Celui-ci pensait qu’il s’agirait d’une suspension temporaire, le rétablissement du standard or devant être fait après s’être accordé sur la dévaluation.

Celle-ci a eu lieu, mais le standard or ne fit jamais son retour. En janvier 1980, le dollar était dévalué de 95 % par rapport à sa valeur en or.

Avant les accords du Smithsonian, il y avait eu la dévaluation de la livre de 14 % d’Harold Wilson en 1967, la conférence de Bretton-Woods de 1944, la confiscation de l’or par Roosevelt, la dévaluation de 60 % du dollar en 1933, l’abandon du standard or par le Royaume-Uni en 1931 et la conférence de Gênes de 1922.

Tout ça pour dire que des tremblements de terre monétaire ont lieu de façon régulière. Nous en avons connu 9 durant les 100 dernières années, mais il y en eut d’autres, comme la crise de la livre de 1992, lorsque Soros mit en faillite la banque d’Angleterre, ou encore la crise de la tequila en 1994 lorsque le peso mexicain fut dévalué de 50 % en quelques mois seulement.

Les tremblements terrent monétaire ont des conséquences diverses. Parfois le dollar est un grand gagnant (1980-1985), parfois il perd énormément de sa valeur (1971-1980 et 1985-1987). Les investisseurs doivent donc être en état d’alerte, suivre les plans échafaudés en coulisses par les élites monétaires et anticiper la direction des grands changements.

Le tremblement terre monétaire à venir

Ce qui va se passer dans les 5 semaines à venir sera aussi significatif que n’importe lequel des tremblements de terre monétaire évoqués ci-dessus. 3 événements majeurs auront lieu en un court laps de temps. Voici la liste :

  • Le 4 septembre 2016, les leaders du G20 se sont rencontrés à  Hangzhou, Chine (note : Obama a d’ailleurs été snobé comme jamais par les Chinois, la rencontre a d’ailleurs été émaillée par de nombreux incidents)
  • Le 30 septembre 2016, le yuan intègre officiellement le panier de devises des droits de tirage spéciaux (DTS)
  • Le 7 octobre 2016, le FMI tient sa réunion annuelle à Washington

Vous pourriez penser que ce calendrier n’a rien d’exceptionnel. Les réunions du G20 ont lieu annuellement. La composition des devises des DTS a été modifiée à de nombreuses reprises. Le FMI se réunit 2 fois par an. Mais il ne s’agit pas de réunions de routine. Cette fois, c’est différent.

L’agenda caché de ces réunions inclut la transition formelle d’un standard dollar vers un standard DTS. Cela n’aura pas lieu du jour au lendemain, mais l’approbation de ces décisions par les élites sera formalisée à l’occasion de ces réunions.

Les DTS sont une source de liquidités mondiales quasi illimitée. C’est pourquoi ils ont été inventés en 1969, lorsque le monde cherchait des alternatives au dollar, et c’est pourquoi ils seront utilisés dans un futur proche.

Les DTS ont été émis en plusieurs tranches durant les remous monétaires entre 1971 et 1981 pour ensuite être rangés au placard. En 2009, une nouvelle émission de DTS fut distribuée aux membres du FMI afin de fournir des liquidités après la panique de 2008.

Cette émission fut un test grandeur nature afin de s’assurer que le système fonctionne correctement. Après un gel des émissions entre 1981 et 2009, le FMI souhaitait une grande répétition. L’objectif était également de répondre aux problèmes de liquidités rencontrées à l’époque, mais surtout de tester le système. L’expérience de 2009 fut concluante. (…)

Le 7 janvier 2011, le FMI a concocté un plan global visant à remplacer le dollar avec les DTS. Ce plan prévoit la création d’un marché obligataire des DTS, de dealers ainsi que d’une structure d’instruments comme des produits dérivés, des opérations de repos, des canaux de règlement et de compensation ainsi que l’appareil complet pour créer un marché obligataire liquide.

En novembre 2015, le comité exécutif du FMI a formellement voté en faveur de l’admission du yuan dans le panier de devises des DTS, convertibles en cette devise. En juillet 2016, le FMI a publié une étude appelant à la création d’un marché obligataire privé pour les DTS. (…) En août 2016, la Banque Mondiale a annoncé l’émission d’obligations libellées en DTS à l’attention des investisseurs privés. La banque chinoise ICBC, la plus large du pays, sera le plus gros souscripteur. D’autres émissions privées d’obligations DTS sont attendues sous peu. (…)

La fin du dollar en tant que monnaie de réserve, et sa dévaluation à venir

Dans les années à venir, nous allons assister à l’émission de DTS en faveur d’organisations transactionnelles comme les Nations unies et la Banque Mondiale. DTS qui seront dépensés en faveur de l’infrastructure pour combattre le changement climatique et autres projets chers aux élites par des organismes en dehors de toute supervision démocratique (j’appelle cela le nouveau plan global pour générer une inflation mondiale).

Après quoi les élites monétaires attendront la prochaine crise mondiale de liquidités. Lorsque cette crise émergera, il y aura une émission massive de DTS afin de fournir les liquidités nécessaires et générer de l’inflation à l’échelle mondiale. En conséquence, nous assisterons à la fin du dollar en tant que monnaie de réserve mondiale.

Sur base du passé, nous pouvons nous attendre à une dévaluation du dollar de 50 à 80 % dans les années à venir. (…) »

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L’auteur du Nouveau plaidoyer pour l’or (The new case for gold) revient sur les trois principaux arguments contre l’or agités par les institutionnels et les économistes dits monétaristes. Aucun de ces arguments ne tient vraiment la route très longtemps.

Ces dernières semaines, l’or a connu une forte volatilité.

La Fed qui revient sur son calendrier de hausse des taux directeur

Le vote en faveur du Brexit…

Alors aujourd’hui, j’aimerais jeter un regard particulier sur l’or : ce qu’en disent ses détracteurs.

En partant d’un plus-bas d’environ 250 $ l’once, mi-1999, l’or a enregistré un rally de plus de 600% avant d’atteindre un plus-haut autour de 1 900 $ l’once en août 2011.

Malheureusement, ce rally est apparu de plus en plus instable en bout de course.

Dès janvier 2011, l’or était aux environs des 1 400 $ l’once. Sur l’intégralité du rally, une hausse de près de 500 $ s’est produite sur les sept derniers mois. Ce type de progression hyperbolique n’est presque jamais tenable.

Sans surprise, l’or a nettement chuté de ce plus-haut, pour passer au-dessous des 1 100 $ en juillet 2015.

Il affiche toujours un gain d’environ 350% sur 15 ans. Mais l’or a cédé 45% ces quatre dernières années. Ceux qui ont investi pendant le rally de 2011 sont sous leur prix d’achat, et nombre d’entre eux ont renoncé à l’or, écoeurés. Pour ceux qui étudient le marché de l’or depuis longtemps, le sentiment n’a jamais été aussi négatif.

rally de l'or depuis 2002

Pourtant, c’est bien en période de sentiment extrêmement baissier que l’on déniche les investissements les plus remarquables… si vous savez vers où, et quoi, regarder.

En ce qui concerne l’or, le vent a déjà tourné, en début d’année.

Aujourd’hui, je vous révèle les trois principaux arguments que les économistes conventionnels invoquent à l’encontre de l’or… et les raisons pour lesquelles ils se trompent totalement.

Il n’y a pas assez d’or pour soutenir le système monétaire

Vous avez peut-être déjà souvent entendu le premier argument. Les “experts” disent qu’il n’y a pas assez d’or pour soutenir le système financier mondial. L’or ne peut adosser la totalité de la monnaie-papier, des actifs et passifs du monde entier, ainsi que les bilans de toutes les banques et institutions financières sur Terre.

Ils disent qu’il n’y a pas assez d’or pour soutenir cette masse monétaire, que cette dernière est trop vaste. Cet argument est totalement absurde. C’est vrai, la quantité d’or est limitée. Le plus important, c’est qu’il y a toujours assez d’or pour soutenir le système financier. Mais il est également important d’en fixer le cours correctement.

Il est vrai qu’au cours actuel, soit environ 1 300 $ l’once, si vous deviez réduire la masse monétaire pour correspondre aux réserves d’onces d’or physique évaluées à 1 300 $ l’once, cela représenterait une forte réduction. En fait, cela provoquerait de la déflation.

Mais pour éviter cela, il suffirait d’augmenter le cours de l’or. Autrement dit, vous prenez la quantité d’or existante, vous fixez le cours à 10 000 $ l’once, et l’or suffit alors largement à soutenir la masse monétaire existante.

Autrement dit, une quantité donnée d’or peut toujours soutenir une masse monétaire donnée, si le cours est fixé correctement.

Si l’on peut débattre de ce que serait un cours de l’or approprié, on ne peut contester le fait qu’il y ait suffisamment d’or pour soutenir le système monétaire. J’ai fait ce calcul assez simple. Vraiment, il ne s’agit pas de mathématiques complexes.

Prenez simplement la masse monétaire mondiale, la quantité d’or présente dans le monde, divisez l’une par l’autre, et vous obtenez le cours de l’or.

Toutefois, il faut faire des suppositions. Voulez-vous que votre masse monétaire soit adossée à 100% à l’or, ou bien 40% vous suffisent-ils ? Ou encore 20% ? Voilà des questions légitimes, dont on peut volontiers débattre.

Je les ai toutes calculées.

J’ai supposé que la masse monétaire était adossée à l’or à 40%. Certains économistes disent qu’il faudrait que ce soit supérieur, mais je pense que 40%, c’est raisonnable. Cela donnerait un cours de 10 000 $ l’once. Autrement dit, la quantité d’or, si l’on évalue ce dernier à 10 000 $ l’once, rapportée à la masse monétaire serait de 40%. C’est un ratio monnaie/or considérable.

Mais si vous voulez que la masse monétaire soit adossée à 100% à l’or, alors le cours doit être fixé à 50 000 $ l’once. Je ne suis pas en train de prédire que le cours de l’or sera à 50 000 $. Mais mes prévisions tablent sur une once d’or à 10 000 $, soit une hausse considérable par rapport à ses niveaux actuels. Je le répète, il est important de se rendre compte qu’il y a toujours assez d’or pour satisfaire les besoins du système financier. Il faut simplement que son cours soit correct.

Quoi qu’il en soit, mes recherches m’ont conduit à la conclusion suivante : la prochaine crise financière provoquera l’effondrement du système monétaire international. En disant cela, je pense en particulier à une perte brutale de confiance vis-à-vis des monnaies-papiers du monde entier. Ce ne serait pas simplement la fin du dollar… ou de l’euro… ce serait une perte brutale de confiance envers toutes les monnaies-papiers.

Dans ce cas, les banques centrales du monde entier pourraient se tourner vers l’or afin de rétablir la confiance vis-à-vis du système monétaire international. Jamais une banque centrale ne souhaiterait revenir à un étalon-or de son propre gré.

Mais dans un scénario où la confiance aurait disparu, il est probable que les banques centrales soient obligées de revenir à un étalon-or.

Pour plus d’informations et de conseils de ce genre, c’est ici et c’est gratuit.

Article des Publications Agora, publié avec leur aimable autorisation.

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or physique

Le marché de l’or a un double visage et l’offre et la demande pour l’or-papier et l’or physique ne sont pas de même nature. Le premier est en réalité un marché dérivé du second et sert pour l’instant d’amortisseur.

Les investisseurs partent du principe que les cours de l’or sont motivés par la loi de l’offre et de la demande. Lorsque l’on observe le marché de l’or physique d’un point de vue mondial, il semblerait qu’il y ait une augmentation massive de la demande, et aucune augmentation spécifique de l’offre. Alors pourquoi le cours de l’or ne réagit-il pas à cet écart ?

Les investisseurs doivent comprendre qu’il existe un marché de l’or physique et un marché de l’or-papier. Le marché de l’or-papier se compose d’une quantité de différents contrats : les contrats futures du Comex, les ETF, les swaps sur l’or, le leasing, les contrats forwards, et tout l’or non-alloué émis par les banques adhérant à la London Bullion Market Association (LBMA). Ces dérivés (les contrats futures et forwards, les ETF, les swaps, le leasing et l’or non alloué) constituent le marché de l’or-papier.

Le marché de l’or-papier peut peser aisément 100 fois le marché de l’or physique. Cela signifie que pour 100 personnes qui pensent détenir de l’or, 99 se trompent. Seule l’une d’entre elle récupérera de l’or physique lorsque la crise débutera.

Ce type d’effet de levier ne pose pas de problème tant que le marché fonctionne dans les deux sens. Ce système à effet de levier fonctionne assez bien tant que les mouvements des cours ne sont pas désordonnés, que les gens continuent de faire “rouler” leurs contrats, et qu’ils n’exigent pas une livraison d’or physique. Le problème, c’est que toutes ces conditions peuvent disparaître du jour au lendemain. Les investisseurs peuvent décider d’exiger une livraison de leur or, les banques centrales du monde entier peuvent exiger également qu’on leur livre l’or qu’elles ont confié à la
Banque d’Angleterre ou à la Réserve fédérale de New York.

Nous avons constaté que le Venezuela avait rapatrié son or à Caracas, que l’Allemagne rapatriait le sien à Francfort, et qu’un acteur plus modeste, tel que l’Azerbaïdjan, avait rapatrié le sien à Bakou.

Si vous prenez de l’or physique et que vous le déplacez à Francfort, cela réduit la réserve flottante disponible pour les opérations de leasing effectuées à New York. Le marché du leasing de l’or n’est pas du tout développé à Francfort. Ce mouvement d’or de New York vers Francfort provoque une diminution de l’or disponible permettant de couvrir les positions vendeuses à New York. Soit cela augmente l’effet de levier systémique, soit cela exige que les vendeurs à terme se couvrent ailleurs sur le marché de l’or physique.

En ce qui concerne le marché purement physique, il s’y déroule actuellement un certain nombre de transactions révélatrices. Si vous achetez de l’or physique, vous découvrez que vous devez vous le procurer directement auprès des raffineries, ce qui signifie qu’il n’existe aucun vendeur sur le marché secondaire.

Dans le contexte d’un marché sain et normal, si je suis acheteur et que quelqu’un d’autre est vendeur, un courtier nous identifie tous les deux, achète à l’un, livre l’or à l’autre, et prend une commission.

A présent, la situation est la suivante : il y a des acheteurs sur le marché mais peu de vendeurs, alors le courtier obtient de l’or directement auprès des raffineries. Dans les raffineries, les délais de livraison actuels sont de l’ordre de cinq à six semaines. Cela vous donne une idée des tensions régnant sur l’approvisionnement d’or physique.

La Chine, la Russie, l’Iran ainsi que d’autres banques centrales, amassent de l’or physique aussi vite que possible. La Chine ne procède pas de façon transparente. (…) La Russie fait preuve de plus de transparence. La banque centrale russe réactualise ses réserves d’or tous les mois.

La Russie peut acheter de l’or provenant des mines de son territoire national. Elle n’est donc pas obligée de se tourner vers le marché. La Chine a tellement besoin d’or, et si rapidement, que même si le pays est le premier producteur d’or du monde, cela ne suffit pas. Alors elle achète de l’or
supplémentaire sur le marché. Elle procède de façon furtive, en recourant à des opérations occultes et à des moyens militaires, afin d’éviter de peser sur les cours – ce qui se passerait si elle opérait de manière transparente.

Les achats d’or effectués à l’international par des pays tels que la Russie, la Chine, l’Iran, la Turquie et la Jordanie (entre autres) s’accélèrent. Cela prépare le terrain à un colossal short squeeze sur l’or.

Cependant, cela ne va peut-être pas se produire demain : on ne doit pas sous-estimer la capacité des banques centrales et des principales banques internationales à prolonger la partie plus longtemps que prévu.

Si la demande en faveur de l’or physique persiste (ce que je pense), les détenteurs de positions courtes sur l’or-papier seront acculés, et la pyramide inversée que représentent tous ces contrats s’écroulera.

En attendant, nous assistons sans aucun doute à une répression des cours via le marché de l’or-papier.

Pour plus d’informations et de conseils de ce genre, c’est ici et c’est gratuit.

Article des Publications Agora, reproduit avec leur aimable autorisation.

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Article de Jim Rickards, publié le 25 juillet 2016 sur DailyReckoning.com :

« Les États-Unis ont-ils doublé la Chine sur les accords de Shanghai ? Dans l’affirmative, la Chine va agir unilatéralement afin de dévaluer le yuan. Dans ce cas, le DJIA pourrait plonger jusqu’à 16.450 points et le S&P 500 jusqu’à 1925 points en quelques semaines, effaçant ainsi des trillions de dollars de richesse.

Il ne s’agit pas de supputations. Des plongeons de plus de 10 % des indices boursiers américains ont eu lieu 2 fois durant les 12 derniers mois. À chaque fois, ces événements ont eu lieu en raison d’une combinaison dollar plus fort et yuan plus faible. Vous devez comprendre la dynamique pour à la fois éviter des pertes et vous positionner pour en profiter.

Les soucis de la Chine

La Chine souffre en raison d’une dette excessive, de problèmes démographiques et de concurrence de pays moins cher comme le Vietnam, l’Indonésie et les Philippines. La Chine a besoin d’un ballon d’oxygène économique. Les programmes de relance budgétaire sont synonymes de davantage de dette irremboursable dont la Chine possède déjà en trop grande quantité. La façon la plus simple pour la Chine de doper son économie consiste à dévaluer sa monnaie afin de rendre ses exportations plus compétitives.

Lorsque la Chine dévalue, elle encourage la fuite des capitaux. Les riches qui sont bien informés tentent de sortir leur argent de Chine le plus rapidement possible avant la prochaine dévaluation. Cela provoque les ventes massives d’actions chinoises, qui contaminent rapidement les marchés boursiers américains, provoquant ainsi une crise de liquidités mondiale. Les 2 dernières fois que la Chine a dévalué, les actions américaines ont chuté de plus de 10 %.

Les accords de Shanghai, qui furent passés le 26 février 2016, avaient pour objectif de donner à la Chine un ballon d’oxygène sans la contraindre à dévaluer sa monnaie par rapport au dollar. La solution consistait à arrimer le yuan au dollar tout en dévaluant le billet vert par rapport à l’euro et au yen. Les relations commerciales entre la Chine et l’Europe et le Japon sont plus importantes qu’avec les États-Unis. Les accords de Shanghai ont offert à la Chine ce moment de répit par rapport à ses partenaires commerciaux majeurs que sont l’Europe et le Japon tout en maintenant la stabilité entre le yen et le dollar afin de ne pas courroucer les marchés. C’était une solution propre. Les seuls perdants furent l’euro et le yen, qui devaient s’apprécier dans le cadre de ce plan.

De début mars à la mi-mai, les accords de Shanghai ont fonctionné à merveille. Le yuan fut stable par rapport au dollar alors que celui-ci baissait par rapport au yen et à l’euro. Les marchés actions américains sont partis à la hausse, le Dow Jones passant de 16.000 à presque 18.000 points. Tout semblait marcher comme sur des roulettes.

Malheureusement, la Fed ne put s’empêcher de bouleverser la donne. Au lieu de célébrer cette trêve dans la guerre des devises, la Fed revint sur sa promesse d’un dollar faible en mai en commençant à évoquer une possible hausse des taux en juin ou en juillet. Cette posture agressive fut portée par plusieurs présidents de Fed régionales, notamment James Bullard, Loretta Mester et Esther George. Le dollar grimpa de presque 4 % en quelques semaines. Un mouvement important sur le marché des changes.

À ce moment, la Chine se sent trahie par les États-Unis. Elle commence alors sa 3e dévaluation contre le dollar américain. La première fut la dévaluation-choc du 10 août 2015, lorsque le yuan fut dévalué du jour au lendemain de 3 %. La seconde fut la dévaluation « furtive » entre décembre 2015 et janvier 2016. On l’appelle ainsi car la Chine opéra petit à petit au lieu de dévaluer d’un coup. La 3e dévaluation fut appelée « la dévaluation du tricheur », reflétant l’opinion de la Chine que les États-Unis avaient mangé leur parole sur les accords de Shanghai. Cette dévaluation a démarré à la mi-mai et se poursuit aujourd’hui.

Les dévaluations choc et furtive ont toutes les 2 eu lieu dans un contexte de raffermissement du dollar dans l’anticipation de la hausse des taux américains. (…) Quel est le rapport entre ces guerres des devises et les marchés actions américains ? La réponse est que le taux de change USD/CNY pourrait bien être un facteur bien plus déterminant du prix des actions que les baromètres traditionnels tels que les bénéfices, les multiples boursiers ou la croissance. Cette relation est clairement indiquée dans le graphique ci-dessus. (…) À chaque fois que la Chine a commencé à dévaluer, les marchés actions américains ont coulé comme une pierre dans l’eau.

Comme le montre le graphique, un nouveau crash avait commencé début juin, mais la mise fut sauvée par le Brexit. Le résultat du référendum a provoqué l’effondrement immédiat de la livre et de l’euro ainsi que la recherche de valeurs-refuges comme le dollar, l’or et les actions américaines. Maintenant que le rebond du Brexit est terminé et que les marchés saignent à nouveau, la question est de savoir si l’histoire va se répéter ou si cette fois, ce sera différent. (…) »

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pièces d'or et d'argent

Compte-rendu de l’interview de Jim Rickards sur CNBC.com, publié le 20 juillet 2016 sur SilverDoctors.com :

« Je vois l’or atteindre les 10.000 $ l’once actuellement. Je suis celui qui lance le plus gros objectif… Cela pour reprendre quelques semaines ou quelques années. Il s’agit d’un type d’événement de style avalanche, vous ne savez jamais quand les flocons vont la déclencher. Il y aura un changement de psychologie, une réaction paniquée, les choses se développeront rapidement. Cela pourrait  avoir lieu dans 5 ans, ou dans 12 mois, en fonction des circonstances. Je ne souhaite pas vraiment discuter des détails du timing, je veux juste insister sur le fait que les dynamiques sont en place pour voir l’or atteindre les 10.000 $ l’once. »

CNBC a invité l’auteur du livre « The New Case for Gold » afin de discuter de ses opinions sur le futur de l’or :

« Je pense que nous sommes au début d’un marché haussier prolongé. Lorsque je dis prolongé, je veux dire que nous pourrions être au début de quelque chose similaire à 1999, lorsque l’or a grimpé de 615 % sur une période de 12 ans.

Ce qui m’impressionne, c’est que l’or a progressé immédiatement après le résultat du Brexit, ainsi qu’un peu après la tentative de coup d’état en Turquie. Il y a une recherche de la qualité, des réactions sur les marchés dictées par la peur. Par contre, l’or n’a pas beaucoup baissé lorsque ces événements se sont tassés. Il s’agit d’excellentes fondations, fixées autour des 1330 $ l’once. L’or semble donc être bien parti pour grimper fortement. »

Je pense que le fait que les banques centrales soit coincées, et en particulier la Fed, est la clé. En cas de politiques accommodantes, et je m’attends à ce qu’elles penchent dans ce sens, nous aurons tôt ou tard de l’inflation, ou au moins des taux réels plus bas, ce qui sera très positif pour l’or. En cas de serrage de vis, ce sera une bourde. Ils pourraient le faire, mais alors ils éclateront les bulles : les marchés actions, l’immobilier résidentiel et commercial, qui semblent être des bulles. Il n’est pas possible de serrer la vis sans faire éclater les bulles. Cela alimentera la peur. Donc je pense que quel que soit le scénario, l’or sera gagnant. »

« Il y a une corrélation inversée entre la vigueur du dollar et le prix de l’or en dollars. Il s’agit d’une règle générale qui a ses exceptions comme toutes les règles. Par exemple, en cas de crise de liquidités ou de peur, les gens se tournent vers le dollar et l’or. »

« L’or est passé de la sphère des matières premières à la sphère monétaire. Aujourd’hui, le métal jaune est en compétition avec les autres monnaies. Si vous voulez sortir de l’euro, de la livre ou du yuan… Vous envisagez le dollar et l’or. C’est un peu inhabituel, mais les 2 pourraient grimper de concert dans ce qui est tel une course vers la meilleure forme de monnaie. »

« Je vois l’or atteindre les 10.000 $ l’once en ce moment. Je suis celui avec le plus gros objectif… Cela pour reprendre quelques semaines ou quelques années. Il s’agit d’un type d’événement de style avalanche, vous ne savez jamais quand les flocons vont la déclencher. Il y aura un changement de psychologie, une réaction paniquée, les choses se développeront rapidement. Cela pourrait lieu à voir dans 5 ans, ou dans 12 mois, en fonction des circonstances. Je ne souhaite pas vraiment rentrer dans les détails du timing, je veux juste insister sur le fait que les dynamiques sont en place pour voir l’or atteindre les 10.000 $ l’once. »

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The New Case for Gold, le dernier livre de Jim Rickards, a servi de fil conducteur à cette édition du Keiser Report afin d’aborder toute une série de thématiques chaudes de l’or comme : pourquoi est-il tant dénigré, que valent les arguments de ses adversaires, l’or de Fort Knox y est-il vraiment ?

Transcription Jim Rickards au Keiser Report 908 (français)

Bienvenue à nouveau dans le Keiser Report, c’est Max Kaiser. Il est temps de nous tourner vers Jim Rickards, auteur de« The New Case for Gold ». Jim, bienvenue à nouveau.

Merci Max, c’est toujours un plaisir.

Plongeons dans le vif du sujet Jim Rickards. Avant d’évoquer les nouveaux arguments en faveur de l’or, parlons des anciens en les réfutant.

Vous qualifiez vous-même ce livre de manifeste qui peut être utilisé pour contredire tous les « paper bugs », comme on les appelle. Le premier argument étant qu’il n’y a pas assez d’or. Vous écrivez : l’objection contre l’or en termes de production n’est pas qu’il entrave la croissance, mais le vol. Expliquez.

Les gens disent que la production d’or ne progresse pas assez vite pour soutenir la croissance de l’économie. La croissance mondiale est d’environ 3-4 % alors que la croissance de la production de l’or est d’environ 1,2 %, donc l’or n’est pas en mesure de suivre. C’est de la bêtise pure, c’est complètement à côté de la plaque parce que cela ne fait pas la distinction entre l’or officiel, détenu par les banques centrales, et l’or total, qui inclut les bijoux, les montres et l’ensemble de l’or privé.

Si les banques centrales souhaitent augmenter la masse monétaire dans le cadre du standard or, il leur suffit d’acheter de l’or privé et de créer de la monnaie. Aujourd’hui elles créent de la monnaie en achetant des obligations. Il suffit de faire la même chose, mais avec de l’or.

Les banques possèdent combien d’or, environ 35.000 t ? Et il existe 170.000 tonnes d’or au sol ?

C’est correct. Donc la production minière n’a aucun impact sur l’or des banques centrales. Il leur suffit d’acheter de l’or privé. Il s’agit d’un excellent exemple de ces arguments que j’appelle des réponses réflexes toutes faites. Si vous dites quelque chose de positif sur l’or, on vous répond avec ce genre d’arguments concernant la croissance de la quantité d’or. Ces gens ne savent pas de quoi ils parlent. Ils parlent de masse monétaire, et cet argument ne tient pas pour les raisons que nous venons d’expliquer. Dans le chapitre d’introduction du livre, je passe donc en revue les soi-disant arguments massue contre l’or. Aucun ne tient la route. Ils sont en fait incorrects ou analytiquement erronés et je les réfute un par un.

Mais pourquoi ces gens ressortent sans cesse ces arguments ? Je sors un peu du fil de l’émission, mais il y a un groupe de « paper bugs », un ordre établi qui soutient le système actuel et pour qui l’or est l’ennemi. Toute remise en question de ce système basé sur la dette, sur la création monétaire est rejeté car il s’agit d’une question de vie ou de mort et non de logique économique.

C’est juste. Je dirais que ce que vous appelez les paper bugs, ou les anti or, consistent en 2 catégories. Il y a ceux qui savent, qui comprennent très bien les arguments que je développe, mais qui préfèrent le système tel qu’il est en ce moment. Les Docteurs en économie, les banquiers centraux, etc. Si vous aviez le monopole de la création monétaire, pourquoi voudriez-vous du standard or, pourquoi vous démettre de ce pouvoir ? Janet Yellen, Mario Draghi, Kuroda de la banque du Japon, ils contrôlent la masse monétaire. Et c’est bien connu, si vous contrôlez la monnaie vous contrôlez la politique, vous contrôlez les comportements et bien d’autres choses. Pourquoi abandonner un tel pouvoir ? Personne n’est prêt à un tel abandon volontaire.

Donc ils sont plus futés que cela, mais ils font mine de ne pas comprendre. En ce qui concerne la vaste majorité des citoyens de la planète, ils acceptent ces arguments pour argent comptant sans esprit critique. Je ne dénigre pas les gens, c’est juste qu’ils font confiance aux élites, ou ils n’y réfléchissent pas assez. Quoi qu’il en soit, tous ces arguments contre l’or ne tiennent pas la route.

Parlons d’un « paper bug » célèbre, Warren Buffett. Il a dit qu’il n’investit pas dans l’or car il n’offre pas de rendement.

L’or n’est pas censé offrir de rendement. L’or, c’est une monnaie. Si vous prenez dans votre portefeuille ou dans votre porte-monnaie un billet, offre-t-il un rendement ? Non, il n’y a pas de rendement car c’est de la monnaie. Les gens vous répondent alors qu’en le déposant à la banque vous en obtiendrez un. Oui, mais dans ce cas il ne s’agit plus de monnaie. Lorsque vous déposez votre argent à la banque, il ne s’agit plus d’argent mais d’un engagement non garanti auprès d’une institution financière éventuellement insolvable. Je ne dis pas de retirer votre argent de la banque, je souhaite juste que vous compreniez ce que vous faites. Il ne s’agit plus de monnaie, vous prenez un risque en termes de solvabilité de la banque, qu’elle soit éventuellement fermée par les régulateurs.

Rendement faible = risque faible. Vous pouvez obtenir un rendement supérieur en augmentant les risques. Lorsque vous voulez du rendement, vous devez prendre des risques. La monnaie ne présente aucun risque, ce n’est que de la monnaie. Le risque est que les gens perdent confiance en une monnaie, mais c’est différent. L’or n’est pas censé rapporter.

« La confiance envers l’intégralité du système financier repose sur le dollar ; la confiance en celui-ci repose sur la solvabilité de la Fed ; et cette solvabilité repose sur l’éclat de l’or. Quoi ???

Je voudrais évoquer ce dîner avec l’un des membres du Conseil des Gouverneurs de la Fed. Je viens en fait du monde obligataire avant l’or. J’avais valorisé le portefeuille d’actifs de la Fed à sa valeur de marché. Parce que si vous achetez des obligations lorsqu’elles rapportent 1,5 %, puis que ce rendement grimpe à 2,0 %, le prix de l’obligation baisse sur les marchés pour refléter ce rendement inférieur, les prix des obligations varient inversement par rapport aux taux.

J’ai donc calculé la valeur des actifs de la Fed à leur valeur de marché pour découvrir que de temps à autre, elle est en état d’insolvabilité. C’est quand même étonnant, de découvrir que la Fed est parfois insolvable en mark-to-market. J’en ai parlé à cette personne, qui a nié. Je lui ai dit que je pensais que c’était le cas, elle m’a répondu que personne n’a jamais fait les calculs, je lui ai rétorqué que je l’avais fait, et je ne pense pas être le seul. Elle a fini par me dire :

« Peut-être, mais cela n’a aucune importance. » C’était son avis. Peut-être bien, peut-être pas, cela pourrait devenir un problème politique majeur.

Mais j’ai eu ensuite eu une autre conversation avec un vrai initié de la Fed, dont je parle dans le livre. Un gars choisi en personne par Bernanke pour s’occuper de certains dossiers.

Il m’a affirmé que la Fed n’a jamais été insolvable, même en mark-to-market. Il n’en a pas démordu. Je suis donc retourné à mes calculs, quelque chose m’avait peut-être échappé.

En me penchant à nouveau sur le bilan de la Fed, alors que je m’étais principalement concentré sur ses obligations, j’ai vu qu’ils ont aussi ces certificats or,  qui sont valorisés à 42 $ l’once. J’ai donc divisé la valeur de l’or par 42 pour obtenir la quantité de 8000 tonnes d’or, ce qui correspond plus ou moins à ce que le Trésor possède depuis qu’il a confisqué l’or de la Fed en lui donnant ensuite ces certificats en échange. Cela implique 2 choses :

  1. Le Trésor n’a pas le droit de vendre de l’or, car ce métal est nécessaire pour garantir les certificats en possession de la Fed.
  2. Mais si on valorise ces certificats or à leur valeur de marché, cela signifie 350 milliards de dollars de plus sur le bilan de la Fed.

Ce qui signifie que son effet de levier, actuellement de 113 et qui correspond à celui d’un très mauvais hedge fund, tombe à 13, ce qui est normal pour une banque. Ce qui importe c’est que le portefeuille caché de la Fed ne concerne pas ses obligations mais son or.

Ce qui nous amène à ceux qui demandent un audit de la Fed. Faisons un audit de Fort Knox. Ces questions sont souvent posées… l’or existe-t-il toujours ?

L’or y est, j’ai de bonnes raisons pour le croire. Beaucoup de confusion règne à ce propos. Est-ce qu’une partie de l’or a été prêté ? Probablement. Je ne conteste pas le fait que l’or a été prêté, ces prêts étant des opérations papier destinées à manipuler le cours de l’or. Non seulement je suis d’accord sur ce point, mais il y a de solides éléments pour le prouver, j’en parle dans le livre. Je suis d’accord sur ce point, mais l’or physique est présent.

Si vous possédiez autant d’or, pourquoi vous en débarrasser ? Ce n’est pas nécessaire. Le fait que la JP Morgan, via la BRI, prête l’or du Trésor

ne signifie pas que l’or est chargé dans des camions pour être emmené. Cela peut être fait avec des droits de réhypothécation et d’autres transactions papier. Est-il prêté et utilisé pour manipuler à la baisse le cours de l’or ? Oui. Cela signifie-t-il que l’or n’est plus physiquement disponible ? J’ai de bonnes raisons de penser qu’il y est toujours. Cela dit, je suis en faveur d’un audit. Je ne suis pas contre cet audit. Ouvrez les portes, faites entrer des journalistes, des membres du Congrès, des citoyens américains et montrez-leur l’or. Dressez un inventaire, écrivez les numéros de série des lingots. Je suis en faveur de tout cela.

fin du dollar

Article de MarketWatch.com, publié le 5 avril 2016 :

« Jim Rickards maintient que l’or reste la véritable pierre angulaire du système monétaire international. Les gouvernements ont beau le dénigrer, de nombreux pays s’accrochent à leur métal tandis que la Chine et la Russie ne cessent d’en acheter.

Rickards est l’auteur des livres « The death of money » et « Currency wars ». Son dernier ouvrage, « The new case for gold », est sorti aujourd’hui. Il a répondu à 2 questions que nous lui avons posées, les réponses ont été éditées afin d’être synthétisées.

Market Watch : vous affirmez que le prochain effondrement monétaire sera déclenché par la perte de confiance dans le dollar. Pourquoi anticipez-vous cet effondrement ?

Jim Rickards : l’économie et les marchés sont des systèmes complexes. L’effondrement de systèmes complexes est une fonction exponentielle de l’échelle systémique.

La crise de 2008 fut axée autour des banques « too big to fail ». Depuis 2008, ces mêmes banques ont continué de grandir, contrôlent un pourcentage encore plus important des actifs bancaires aux États-Unis et ont augmenté leurs positions sur les produits dérivés. Cela ne fait que renforcer le risque d’effondrement, et sa sévérité. Cet événement pourrait dépasser en ampleur la Grande dépression. Simultanément, les politiques de soutien implémentées en 2008 et 2009 sont, pour la plupart, toujours en place. Ce qui signifie que le risque d’effondrement est plus grand et que les moyens pour les juguler ont déjà été utilisés, si bien qu’ils sont caducs.

L’unique bilan propre et source de liquidités restante dans le monde est le FMI, qui peut émettre en urgence des droits de tirage spéciaux. La marginalisation du dollar sera la compensation dont bénéficiera la Chine. Cette baisse de confiance dégénérera rapidement en une grave crise de confiance.

Market Watch : selon vous le, le pouvoir d’un pays se mesure par le ratio entre les quantités d’or qu’il possède et son PIB lorsqu’il s’agit de redéfinir les règles du nouveau système monétaire. Pourquoi la Chine a-t-elle besoin de posséder beaucoup d’or afin d’obtenir un siège de choix à la table des négociations ? Pourquoi les obligations américaines qu’elle possède ne sont-elles pas suffisantes ?

Jim Rickards : voici l’une des plus vieilles blagues du secteur bancaire : si je vous dois 1 million, j’ai un problème, mais si je vous dois 1 milliard, vous avez un problème. Tout simplement parce que je peux toujours faire défaut et vous laisser vous débrouiller avec votre papier sans valeur. Vu que les États-Unis doivent 2 trillions de dollars à la Chine, il s’agit de leur problème et pas du nôtre.

Les États-Unis feront défaut sur leur dette via l’inflation (il s’agit de la méthode américaine). La Chine en est bien consciente et achète donc de l’or en tant qu’assurance contre l’inflation frappant ses actifs libellés en dollars. »