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John Ing

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lingot et pièces d'or

L’or, malgré ses évolutions en dents de scie depuis sa hausse de + ou – 20% en 2016, est sur une voie royale. John Ing nous explique pourquoi, en faisant le point sur les éléments favorables à l’or à court et long terme (source) :

La route vers la prospérité

Pendant près de deux décennies, des entités ont manipulé les taux pour leurs propres bénéfices. Est-ce le dernier hedge fond qui est au cœur de ce scandale ? Non, ce sont les principales banques centrales du monde, y compris la Banque du Japon (BOJ), qui manipulent les taux d’intérêt, et ce après une multitude de phases d’assouplissement quantitatif (QE) à grande échelle. En conséquence, ces banques ont acheté près de la moitié des ETF japonais. Malgré la manipulation de la courbe de rendement et la création d’argent destiné à l’achat d’actifs, comme la dette et les ETF gouvernementaux, on peut légitimement craindre que la limite ait été atteinte par les banques centrales. En amassant des titres, grâce à des programmes d’assouplissement quantitatif, les banques centrales du Japon, des États-Unis et du Royaume-Uni en sont arrivées à représenter bel et bien 40% du PIB mondial. Tout comme Knut le Grand n’a pas su contrôler les mers, la fixation des taux d’intérêt met en relief la limitation des banques centrales. Maintenant, leurs politiques ultra-accomodantes, et leur existence-même, sont attaquées. Le QE à l’infini semble donc avoir pris fin.

Malgré cela, le Japon a souffert de ce processus, pendant non pas une mais deux décennies, et les politiques non conventionnelles sont censées maintenant relancer son économie. Les investisseurs sont de plus en plus sceptiques sur les multiples formes japonaises d’assouplissements, et plutôt que de faire montre d’une baisse, le yen a gagné 20%. Ayant épuisé les autres options politiques, la Banque du Japon a promis de garder les rendements des obligations d’État à zéro, pendant dix ans. Les Japonais ont été parmi les premiers à introduire l’assouplissement quantitatif, avec d’énormes augmentations des achats d’obligations, au travers notamment du bureau de poste. Pendant un certain temps, cela a fonctionné d’une manière ou d’une autre, même si la cible d’inflation de 2% ait été manquée. Par la suite donc, et à chaque fois, une nouvelle cible d’inflation était fixée, et des taux négatifs étaient mis en place pour parvenir à atteindre cette cible. En ce sens, à chaque fois, le gouvernement japonais achetait davantage de papiers, de manière à ce que la courbe de rendement devienne plus plate, indépendamment de l’échéance ou de la solvabilité. L’argent est devenu non seulement trop abondant, mais également sans valeur. Les dépenses de consommation ont chuté et malgré l’abondance, l’économie demeure dans une position très floue. Les investisseurs se sont, quant à eux, habitués à cette politique d’impression et ont commencé à profiter à leur guise des flux d’argent, généré par la politique des banques centrales. En conséquence, la dette du gouvernement japonais a énormément augmenté, s’élevant jusqu’à 248% du produit intérieur brut. Vous ne serez donc certainement pas étonnés d’entendre que la Banque du Japon figure aujourd’hui parmi les plus grands débiteurs du monde.

Banques centrales, faites-moi confiance

Les banques centrales d’Europe et des États-Unis ont également suivi le modèle japonais. La Banque d’Angleterre a réduit son taux à 0,25%, le plus bas en 300 ans d’histoire. Après le Brexit, la livre sterling a perdu 17% de sa valeur. En ciblant les taux à la place de la base monétaire, les banques centrales ont imprimé des milliards de liquidités qui sont censés stimuler la croissance ou même les prix, tout en mettant franchement leur crédibilité en question. Les déficits publics sont devenus chroniques et nulle part les dispositions de renflouement ne prévalent dans le secteur privé. Le Venezuela pourrait être l’une des premières victimes.

Aujourd’hui, près d’un tiers de la dette publique mondiale s’inscrit dans le cadre de taux négatifs. En effet, les marchés ont été faussés au travers d’une forte intervention de nos banques centrales. Notons aussi que les épargnants ont accumulé des actifs depuis des siècles, mais sont maintenant pénalisés, notamment à cause de la dépendance excessive de leurs gouvernements vis-à-vis des taux zéro, voire des taux négatifs. On peut voir la preuve de cela au travers du fait que les engagements de retraite, à la fois du privé et des gouvernements, ont explosé parce que le financement des promesses futures coûte plus cher. En pressant le système de crédit, les modèles d’affaires des sociétés bancaires, de retraite et d’assurance sont mis en danger, de même que le sont leurs prêts. En principe, ces institutions ont l’obligation de rembourser l’argent ultérieurement. Cette promesse de payer est souvent soutenue par des titres de créance, mais lorsque la promesse de récupération est inférieure à ce qui a été emprunté, le modèle devient insoutenable. Les bilans des banques centrales retiennent jusqu’à un tiers de leurs propres obligations d’État. La cinquième banque du Canada, à savoir la Banque Nationale, a récemment emprunté environ 750 millions d’euros (ce qui revient à 1,1 milliard de dollars) avec un coupon de 0,00% à 99,72, ce qui équivaut, en matière d’échéance, à 0,04% sur 7 ans. Le fait que les investisseurs soient prêts à accepter ce retour est tout simplement ahurissant, et cela reflète l’environnement artificiel créé par les banques centrales. Récemment, le gouvernement italien a vendu des obligations au rendement dérisoire de 2,8%, ce qui implique un rendement négatif pour les acheteurs, durant le prochain demi-siècle.

Qui achèterait ces titres ? Les banques centrales, bien évidemment.

Duel de régulateurs

Il y a une réaction politique croissante contre les huit années de politiques monétaires non orthodoxes, dont on estime, dans l’écrasante majorité des cas, qu’elles ont été menées au profit des débiteurs et au détriment des épargnants. Par ricochet, on peut dire que ce processus inflige une croissance lente au secteur bancaire, avec des taux ultra-bas et un malaise plus profond. Avec les bénéfices plafonnés de leurs secteurs bancaires, les régulateurs allemands et italiens ont rechigné lors du récent Comité de Bâle, portant sur le projet de révision des règles de fonds propres des banques, et donc sur le contrôle bancaire, en général. Les problèmes de la Grèce semblent s’être désormais éclipsés, au travers notamment des banques lourdement endettées de l’Italie. Ces dernières soulèvent des préoccupations relatives au système bancaire « malade » de l’UE. Ce qui préoccupe le plus, c’est la possibilité que cette même union et, bien sûr, son système bancaire, commencent à se désagréger. Ironiquement, ce sont les Allemands qui ont poussé l’UE à interdire aux États de « renflouer » les banques, en forçant ainsi la réalisation de prévisions « sous caution », concernant  les dispositions relatives aux engagements des déposants. Alors que les problèmes de la Grèce ont été relégués au bas du tableau, les problèmes financiers de la Deutsche Bank, phare de l’Allemagne, ont éclaté et, force est de le constater, ils ont généré des préoccupations de capital, suite notamment à une menace de 14 milliards de dollars d’amende. Il y a huit ans maintenant, les Lehman Brothers ont fait faillite car bon nombre des investisseurs ont paniqué et ont, par conséquent, retiré leur argent. Aujourd’hui, les fonds de couverture sont pris de panique, après que le département américain de la Justice, dont le capital est inférieur à 70 milliards de dollars contre près de 2 billions de dollars d’actifs, ait demandé une amende de 14 milliards de dollars. Cette amende pourrait facilement déclencher un effondrement financier systémique. Toutefois, étant donné que le gouvernement allemand d’Angela Merkel fait face à une élection l’année prochaine, celle-ci a jusqu’à présent refusé d’utiliser des fonds publics pour renflouer l’unique banque mondiale de l’Allemagne. Bien sûr, les déboires de la Deutsche Bank ne sont pas identiques au problème antérieur des Lehman ; ils ne représentent pas non plus l’échec de Herstatt. Mais force est de constater que l’histoire peut se répéter ; et que les déboires de la Deutsche Bank donnent une impression de « déjà vu ».

Les banques centrales sont devenues les principaux acteurs car leurs gouvernements ont, au fur et à mesure, abandonné les responsabilités fiscales étatiques, laissant ainsi leurs banques centrales mettre en place des politiques sans précédent pour maintenir les économies contemporaines à flot. En créant artificiellement des marchés, les banques en question ont généré d’importantes distorsions ou des bulles. Notons aussi que les critiques à l’égard de ce mouvement ne se sont pas fait attendre. Le premier ministre britannique, Theresa May, a même critiqué les décisions de sa propre banque étatique : la Banque Nationale de l’Angleterre. Elle a affirmé que «… nous devons reconnaître qu’il y a eu certains effets secondaires néfastes. Les gens avec des actifs se sont enrichis, les gens sans en ont souffert. Les personnes liées à des prêts hypothécaires se sont retrouvées face à une dette moins chère. Les personnes liées à l’épargne se sont retrouvées plus pauvres ». « Un changement doit être enclenché », a-t-elle renchéri.

Dysfonctionnement « électile »

Après avoir creusé la dette nationale de 1,4 trillion de dollars, notons que le président Obama va laisser à son successeur une dette nationale brute de 20 trillions de dollars, soit une augmentation de 100% depuis son entrée en fonction. Les déficits et la dette sont en train de monter en flèche, et ce même actuellement, alors que M. Obama est train de quitter ses fonctions. Un élément-clé de l’Affordable Care Act (ACH) de M. Obama, a été l’introduction des échanges d’assurance dans l’exécutif du gouvernement. Mais étant donné que de nombreuses entreprises ont perdu de l’argent à travers ces échanges, beaucoup ont retiré leurs parts, puisque leur seule option était d’augmenter les primes ou de partir. Trois ans plus tard, le nombre de personnes sans assurance-maladie a diminué de 16% à 9% et, sans surprise, l’inflation concernant les dépenses de santé a augmenté. En outre, avec près de 80% des Américains concernés par les échanges actuellement subventionnés, les dépenses de santé sont en réalité plus élevées de 25% par rapport à la période antérieure à la récession, qui a commencé en 2007. Selon l’Institut Aurum, une institution spécialisée dans la recherche en santé, les frais médicaux américains ont fait un bond de 1% en août, ce qui représente la plus forte hausse mensuelle en 32 ans. La marée montante des coûts a entraîné des dépenses de santé atteignant une hausse de 18,2% du PIB : un chiffre tout à fait considérable, d’autant plus si on le compare aux 13,3% antérieurs. De manière significative, les familles de la classe moyenne dépensent environ 25% de plus pour leur santé, en comparaison avec d’autres dépenses comme le transport, le logement, etc. La démographie fait partie de la problématique, et si l’introduction du programme ObamaCare était destinée à l’éventuel élargissement de l’assistance publique, force est de constater que cela s’est fait au détriment d’un nombre très conséquent d’Américains. En ce sens, notons qu’une des préoccupations récurrentes, concerne la volonté générale des Américains de défrayer les coûts de santé : pour ce faire, ils optent pour des franchises plus élevées. Cependant, la flambée des prix des médicaments ne profite clairement pas à ces franchises : les coûts globaux sont bien évidemment en hausse (10 000 dollars pour une crème contre l’acné ?). La hausse des coûts fait donc partie intégrante de la frustration générale, et ni Hillary Clinton, ni Donald Trump n’ont proposé pour le moment un remède crédible.

Sexe, mensonges et politiques

Le troisième des trois débats programmés a déjà eu lieu dans le cadre de la course présidentielle pour la Maison-Blanche. Dommage qu’il doit y avoir un gagnant. Surtout lorsque l’on sait que Mme Clinton est le deuxième candidat américain le plus détesté de l’histoire, après le premier, à savoir Donald Trump. Actuellement, Hillary Clinton a une avance dans les sondages, et le « consensus de la rue » estime qu’elle va gagner. Cela dit, nous pensons – tout comme l’exemple récent de la Grande-Bretagne nous l’a démontré – que l’argent intelligent a été assez stupide pour ne pas anticiper le Brexit, à l’instar d’ailleurs du « consensus de la rue » qui s’attend à ce que Clinton remporte l’élection. À ce propos, notons qu’en Grande-Bretagne, un trop grand nombre de personnes ont sous-estimé la profondeur du mécontentement populiste et la frustration qui a alimenté le Brexit. L’équivalent du Brexit aux États-Unis est, vous vous en doutez, l’éventuelle élection de M. Trump. Cette aliénation profonde a permis à Donald Trump de remporter l’investiture de son parti, et il pourrait à présent en surprendre plus d’un. Après tout, n’oublions pas que Mme Clinton peut perdre cette élection, ne serait-ce qu’en raison du « bagage » qu’elle porte.

Cela étant dit, et pour être honnête, une victoire de Donald Trump choquerait non seulement les médias traditionnels, mais aussi Hillary Clinton ou encore l’establishment de Wall Street ; une telle victoire choquerait même les membres du Parti Républicain de M. Trump. Toutefois, force est également de constater que M. Trump serait un générateur de changement(s). Le commerce, le changement climatique, l’ordre mondial, le Moyen-Orient et la Chine : tous ces segments politiques subiraient des transformations plus ou moins profondes, parfois très profondes. Quant aux dépenses militaires des États-Unis d’Amérique, elles augmenteraient, tout comme ses déficits. Mais ni le monde, ni ses marchés financiers ne sont prêts pour un tel virement de cap.

L’or : une protection contre les caprices

Pendant ce temps, la Fed est dans une impasse, et en omettant de donner suite par des hausses des taux, elle a perdu sa crédibilité, et notamment au fur et à mesure que les fausses menaces se sont présentées. Cela dit, malgré les menaces formulées, la Fed devrait retirer le bol de punch ; mais au lieu de cela, elle continue à le remplir avec de plus en plus de liquidités. Il semble que tout ajout dans le bol de punch, ne fait que stimuler les prix des actifs et encourager la consommation, les rachats d’actions ou les placements de la dette, sans augmentation de l’investissement. L’argent pas cher a stimulé les valorisations, en renforçant ainsi l’illusion artificielle que les marchés sont liquides.

La Fed et ses collègues sont devenus des créateurs d’argent qui dévalorisent celui-ci ; ils ne sont plus les gardiens de notre argent. Nos marchés liquides sont en fait illiquides. Il n’est donc pas étonnant de constater toute la préoccupation dont il a été question ci-dessus. Les banquiers centraux sont tout simplement devenus les servants des hommes et des femmes politiques et, de fait, les banquiers centraux sont devenus des agents renforçant la méfiance vis-à-vis de l’actuel système financier. À ce propos, notons que ce qui affaiblit la confiance en nos propres banques centrales, affaiblit également le fonctionnement économique et politique, à travers le monde entier. Les investisseurs en sont à se demander en qui ils pourraient avoir confiance. Aujourd’hui, les retraités, les épargnants, les fonds de pension et les banques sont défavorisés par les politiques des banques centrales. Ces derniers temps, l’or a connu une hausse. Nous nous attendons à un réalignement majeur entre l’or et le dollar. L’or demeure un investissement de couverture alternatif qui, à notre avis, continuera à surperformer les marchés boursiers, tout comme il l’a fait lors des dix derniers mois.

Le plongeon de la livre sterling, en raison notamment de l’affaire Brexit, est un sujet bien évidemment préoccupant. Supposons qu’un investisseur ait décidé d’abandonner son affaire au Royaume-Uni avant le Brexit et d’investir dans de l’or. Cette personne aurait eu maintenant une médaille d’or, avec une hausse s’élevant à 43%. Il existe deux façons de décrire le mouvement du prix de l’or. On peut dire que la valeur de l’or a augmenté, en termes de livre sterling, ou au contraire, on peut dire que la livre sterling a chuté de 43%, en termes d’or. Quoi qu’il en soit, l’or est une couverture vis-à-vis des monnaies, celles en « papier ».

Dans les 42 années écoulées depuis l’effondrement du système de Bretton Woods, le système monétaire d’après-guerre a été étroitement associé – « ancré » pourrait-on dire – au dollar américain. En 1971, le président Nixon a retiré le dollar de l’étalon-or, notamment afin de mettre fin à une guerre des devises, qui aurait tout simplement détruit le dollar américain. Aujourd’hui, en conséquence de la création de milliers de milliards de liquidités, une nouvelle guerre des devises a émergé. Encore une fois, les monnaies « papier » croulent dans une guerre furtive des devises, qui teste la coriacité du dollar : un artefact du monde de la monnaie fiduciaire, qui remonte à quatre décennies. Le système monétaire flottant d’aujourd’hui est écrasé par le poids de la liquidité de nos banques centrales. Auparavant créancière, l’Arabie Saoudite a besoin maintenant de fonds, étant donné qu’elle affiche un déficit budgétaire de 13,5% de son PIB, cette année. Cependant, le Congrès prévoit de déployer un veto 9/11 sur les risques d’immunité souveraine. La menace saoudienne, relative au déchargement de milliards de dollars en actifs américains, pourrait s’avérer vide de sens, mais cette violation de l’application extraterritoriale des lois américaines met en péril l’hégémonie, une fois de plus, américaine. L’offre de dollars est soutenue par la « bonne foi » aux États-Unis, et nous sommes inondés de dollars. Si cette « bonne foi » venait à être mise à l’épreuve, comme cela a été le cas à deux reprises auparavant, il n’y aurait alors qu’une seule direction de la valeur, et celle-ci serait descendante.

Cela étant dit, n’oublions pas non plus les créanciers qui ont subventionné ou financé l’hégémonie américaine. La dette a été monétisée. À ce propos, notons qu’un accident de train se rapproche lentement. La complaisance est devenue beaucoup trop habituelle. On peut détecter la baisse de la confiance, et ce dans toutes les parties du monde. La dette ascendante des États-Unis, la gouvernance dysfonctionnelle, l’imminente élection et l’impasse politique ont suscité des inquiétudes quant à une baisse imminente du dollar. Dans le sillage de la crise financière mondiale, qui a vu le jour huit ans auparavant, les investisseurs étrangers ont financé une partie importante de la dette des États-Unis, à l’issue notamment de la crise en question. Cependant, il est intéressant de constater que cette année, la Chine, le Japon et la Russie ont réduit leurs participations en termes de bons du Trésor, pendant trois trimestres consécutifs. Toute réduction supplémentaire pourrait faire monter les taux, indépendamment du fait que Yellen se déplace en décembre ou non.

Des perspectives en or

Pendant ce temps, la Chine et la Russie ont bâti des réserves d’or considérables, notamment en raison de leur réticence à garder leurs réserves constituées en grande partie en dollars américains. Pour eux, le métal précieux est une couverture contre la Fed. Selon les « Sept âges de l’or », publiés par l’OMFIF, entre 1870 et 1970, les banques centrales accumulaient le métal jaune, avant de faire une pause de quatre décennies, destinées à expérimenter les monnaies « papier ». Cependant, depuis 2008, les banques centrales ont ajouté plus de 2800 tonnes d’or, en notant que par le passé, chaque période d’accumulation a duré trente ans. Le marché haussier de l’or est donc encore sur ses pieds. Contrairement à l’histoire de la monnaie « papier », l’or peut témoigner d’une stabilité à long terme.

L’une des raisons principales expliquant cette réalité économique est que la Chine a acheté de l’or, en augmentant ainsi ses réserves d’or, de 300 tonnes en 2003, à 1833 tonnes aujourd’hui. De fait, la Chine est devenue le cinquième plus grand détenteur d’or dans le monde entier. Bien que la réserve en question ne représente que 2,3% du total des réserves internationales chinoises, la Chine a persévéré dans ses achats d’or mensuels et aujourd’hui, une quinzaine de banques chinoises détiennent sur leurs livres près de 3200 tonnes d’or. Cela représente la production minière mondiale d’une année, mise à disposition de leurs clients, y compris en ce qui concerne la banque centrale. Au lieu de tenir des bons du Trésor américain, les achats d’or de la Chine s’éloignent du système dollar-centrique, nécessitant ainsi moins de dollars.

Qui plus est, la Chine a réussi sa poussée concernant la volonté de faire du renminbi une monnaie de réserve. En effet, le renminbi a été ajouté aux quatre paniers des devises de sauvegarde des droits de tirage spéciaux du FMI (les DTS). La Chine a également assoupli les restrictions d’investissement, de manière à ce que Shanghai et « Shenzhen Connect » soient en interaction avec des investisseurs extérieurs. Dans le cadre de l’internationalisation du renminbi, il y a maintenant plusieurs hubs de devises, l’or est libellé en renminbi, et le « Shanghai Gold Exchange » (SGE) est devenu, notons-le, le plus grand marché physique dans le monde.

Trump accuse la Fed de la création d’un « faux marché boursier », estimant que les politiques de taux d’intérêt bas, qui ont été générées par la Fed, n’ont pas relancé la croissance réelle mais, au lieu de cela, ont créé une « fausse économie », qui pourrait conduire à la prochaine crise mondiale. Et force est de constater qu’il a raison, cette fois-ci. La position des États-Unis, à savoir le plus grand débiteur du monde, est en réalité aussi son talon d’Achille. En effet, malgré les tentatives des États-Unis de consolider ses pouvoirs financiers hégémoniques, ils doivent compter sur les autres pour financer ses déficits. La dette nationale écrasante des États-Unis a déjà atteint un niveau record, en temps de paix, de manière à ce que la situation devienne réellement inquiétante. Deux fois l’Amérique a perdu sa souveraineté face aux créanciers et aujourd’hui, l’État est encore une fois dépendant des investisseurs étrangers, à commencer par la Chine, en passant par la Russie, pour finir avec l’Arabie Saoudite. Que M. Trump le veuille ou non, la grandeur des États-Unis d’Amérique est déjà entre les mains des prêteurs sur gages.

Ironiquement, notre point de vue est que la présidence de Trump serait probablement en mesure de déclencher un exode massif du billet vert, et ce dans le contexte d’un renversement mondial d’opérations de carry trade de la plus grande envergure, causé par les gestionnaires de fonds qui ont emprunté sans relâche, afin de financer leurs retours sur investissement ; le tout dans le cadre d’un monde dominé par les faibles rendements. Nous croyons qu’une victoire de Donald Trump se traduira probablement par une hausse de 100 dollars l’once, et ce dès la première nuit après l’élection. Il serait donc très utile de posséder de l’or à ce moment-là.

Article de KWN, publié le 28 septembre 2015 :

« Les gens parlent beaucoup du licenciement de 100.000 mineurs (charbon) en Chine. Ils font beaucoup de bruit pour rien. Même s’il est triste que ces gens aient perdu leur emploi, nous parlons de 100.000 travailleurs dans un pays qui compte une population de 1,3 milliard d’habitants.

Cela fait également un moment que la Chine a déclaré qu’elle souhaitait consolider les secteurs du charbon, du minerai de fer, etc. Il y a tout simplement trop de producteurs. Ces licenciements ne sont donc pas une surprise.

Je pense que les Chinois seraient les premiers à dire qu’une croissance à 2 chiffres, c’est terminé. Avec une croissance de 10 %, les Chinois étaient confrontés à des pénuries de matières premières, à des prix exorbitants, aux déséquilibres engendrés par un tel taux de croissance.

L’économie de la Chine a donc été ralentie volontairement et avec succès. Ils ont continué à investir dans l’infrastructure, je pense qu’une croissance de 7 % se poursuivra. Le problème est qu’une croissance inférieure à ce chiffre posera des soucis de chômage. (…)

Un autre événement majeur de cette année est la dévaluation du yuan. Je pense qu’il s’agit même de l’événement clé de cette année concernant la Chine. Il lui a fallu du temps pour réaliser que sa devise était trop forte. En comparant leurs prix avec ceux de leurs concurrents, les Chinois ont réalisé que la concurrence est très rude. C’est la raison pour laquelle ils ont décidé de dévaluer.

John Ing sur l’or

Depuis l’annonce de la dévaluation chinoise le 11 août, le Dow Jones a chuté de 9 % alors que le cours de l’or exprimé en dollar a progressé de 5 %. Les citoyens chinois savent très bien qu’acheter de l’or est la meilleure façon de se protéger contre les dévaluations.

Durant la crise grecque, le cours de l’or a augmenté de 5 % en un mois. L’or progresse dans de nombreuses devises comme le rand sud-africain. En yen, l’or a grimpé de 20 % durant les 2 dernières années. Il faut donc se concentrer sur le rôle de l’or sur la scène mondiale. La décision de dévaluer de la Chine est un autre exemple de l’intérêt de l’or.

Le dollar américain doit également faire l’objet de toute notre attention. S’il commence à vaciller, le premier seuil de support sera à 92 tandis que le support clé sera à 87. Si le dollar devait décliner vers ces niveaux, cela ferait augmenter considérablement l’or, le faisant passer au-dessus des seuils de résistance. Le premier seuil significatif est à 1240 $.

Je pense que l’or a désormais constitué une excellente base à 1100 $. Mon objectif à court terme pour l’or est 1400 $. Lorsqu’il aura dépassé confortablement ce seuil, je viserai ensuite les 1700 $. L’or devrait dépasser les seuils de résistance clé durant l’automne. Avec toutes les incertitudes qui planent sur le monde, les perspectives pour l’or sont très, très bonnes. »

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Interview de John Ing publiée sur KWN :

« Les Chinois avec qui je me suis entretenu la semaine dernière nous disent que la croissance de la Chine est la plus forte de tout le monde industrialisé. Les dépenses en infrastructures sont l’élément principal qui fait avancer la locomotive. Mais chose encore plus importante, ils affirment que l’appétit de la Chine pour l’or est ‘insatiable’.

La Chine achète tout l’or physique qu’elle peut

En ce moment, la Chine achète tout l’or physique qu’elle peut soit environ 100 tonnes par mois. Tout métal vendu par les ETF est immédiatement expédié en Chine. En ce moment, ce sont les Chinois les gros acheteurs.

L’or atteindra les 2000 $ l’once cette année

Il est intéressant de noter que durant le dernier trimestre, les achats de Treasuries de la Chine ont baissé. En fait, aujourd’hui, c’est le Japon qui est le plus gros porteur de bons du Trésor américain du monde. La Chine n’a pas acheté d’obligations américaines au lieu de cela elle a acheté de l’or physique. C’est la raison pour laquelle je m’attends à ce que l’or atteigne les 2000 $ l’once cette année.

La messe est en train d’être dite sous nos yeux

Le cours de l’or en euros, en roubles, en renminbi, etc., est très élevé. La réalité, c’est que les banques centrales ont créé d’énormes bulles. La dette des pays occidentaux qui explosent est l’un des soucis les plus inquiétants. Nous allons bientôt assister à la fin de la partie, qui permettra au métal jaune de reprendre sa marche en avant. Il n’y a pas de meilleur outil de préservation de la richesse que l’or. Nous qui vivons dans le monde du dollar, allons bientôt apprendre cette leçon. »

Tandis que le pétrole ne cesse sa chute dans les abîmes et que l’or progresse légèrement malgré le massacre des matières premières, les turbulences ne font qu’aller crescendo. Voici les points de l’actualité les plus intéressants, extraits des dernières interviews de James Turk et de John Ing sur KWN :

John Ing :

« La semaine dernière, l’or a augmenté de presque 50 $ l’once. Cette hausse a eu lieu dans un contexte de volatilité grandissante sur tous les autres marchés. Celle-ci a également été causée par l’instabilité géopolitique.

Durant une semaine de décembre, les Chinois ont retiré 57 tonnes d’or du Shanghai Gold Exchange. Cela signifie que pour l’année 2014, la Chine a acheté plus de 2000 tonnes d’or, ce qui est énorme. La banque centrale chinoise continue d’accumuler tranquillement le métal jaune. Durant la même semaine, nous avons appris que la Russie avait également acheté de l’or. Non seulement cela a balayé les rumeurs affirmant que la Russie avait vendu une partie de son métal, mais cela a prouvé le contraire : plus que jamais, les Russes sont à l’achat.

Remous sur les marchés des CDS et des produits dérivés

On commence à se faire du mouron concernant les CDS des pays comme le Venezuela, l’Argentine et même la Russie. Bien sûr, les CDS furent l’une des raisons principales de l’effondrement financier de 2008. Aujourd’hui, il est ironique de constater que cette exposition aux produits dérivés est encore plus importante.

Citibank a rapporté être exposée à concurrence de 70 trillions de dollars, surpassant la JP Morgan, qui possède quelque chose comme 65 trillions de produits dérivés. Les grands bénéficiaires du QE de la Fed furent les banques. Le souci, c’est que leurs effets de levier sont encore plus importants qu’en 2007, juste avant l’effondrement.

Nous devons faire face à des risques dont le mélange pourrait être détonnant, et dont les conséquences pourraient être pire que celles des événements explosifs de 2008 et 2009. (…)

James Turk :

« Les marchés américains ne grimpent pas en raison de la bonne santé de l’économie. Elle ne se rétablira pas sans le retour de l’emploi. Malgré l’euphorie à propos des chiffres de l’emploi américain de vendredi dernier, le taux de participation à la population active est tombé à des niveaux plus vus depuis 40 ans.

Malgré le taux de chômage de 5,6 % annoncé à coups de trompette par les Majax de la statistique du US Bureau of Labor Statistics, la vérité est qu’il y a plus de chômeurs aujourd’hui que lorsque le taux de chômage avait atteint 10 %, après l’effondrement de 2008. C’est d’autant plus flagrant lorsque vous examinez les chiffres rapportés par des sociétés privées, comme ShadowStats.com, qui estime le taux de chômage américain à 23 %. Avec un tel taux, il est facile de comprendre pourquoi l’économie américaine stagne.

La santé d’une économie repose sur une population active qui interagit via le commerce. Cela ne se passe pas ainsi aujourd’hui aux États-Unis, ainsi que dans d’autres régions du monde, en particulier dans les États de l’Occident, tournés vers l’assistanat. La France en est un exemple. L’économie française est faiblarde, ce qui est confirmé par le rapport, plus proche de la réalité, des bureaucrates du gouvernement français, qui rapporte un taux de chômage de 10,4 %. (…) »

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« Récemment, nous avons assisté au grand retour de la volatilité et de la peur. C’est une grande différence par rapport à l’avarice qui régnait tant sur les marchés la dernière fois que nous avons discuté ensemble. Je pense que nous assistons désormais à un rebond technique sans lendemain sur les marchés actions. Je pense que ce rebond prendra fin au cours de la semaine.

Le retrait et la consolidation qui ont eu lieu sur le marché de l’or étaient bien nécessaires. Le métal jaune devrait désormais partir à l’assaut des 1275 $ l’once, et ensuite du seuil clé des 1300 $. Les gens doivent bien comprendre que la fin du QE de la Fed aura des conséquences aux 4 coins du monde.

Nous avons également des conséquences en Europe aux sanctions russes, qui ont provoqué un repli de la production industrielle allemande. Désormais, la Grèce emprunte à du 9 %. Cela pourrait bien être le signe annonciateur du retour des problèmes de la zone euro.

Aux États-Unis, alors que la fin du QE approche, un membre influent de la Fed s’est soudainement interrogé sur la réelle possibilité de mettre un terme à cet assouplissement quantitatif. Mais le point de focalisation est le dollar. La plupart des devises ont baissé de 8 % par rapport au billet vert. L’appréciation du dollar a lieu dans un contexte de guerre des devises à l’échelle mondiale.

En Chine, c’était les vacances pour une semaine afin de fêter la création du parti communiste, mais avant cela ils avaient pris le soin d’acheter environ 45 tonnes d’or en une semaine seulement. Mes sources sur place affirment que les Chinois continuent d’acheter beaucoup d’or physique. L’activité à Shanghai est à son plus haut niveau depuis le début de l’année. Nous allons encore entendre beaucoup parler des Chinois concernant l’or.

Eric King : « récemment, un membre du gouvernement chinois a évoqué ouvertement l’appétit massif de la Chine pour l’or. Cela a en a surpris plus d’un, mais pas vous, car vous avez assisté à la conférence auquel de nombreux nous officiel était présents. Nous apprenons que la Chine fut très proche d’acheter la production mondiale annuelle d’or l’année dernière. C’est incroyable (voir notre article sur le sujet ici). »

John Ing : « sachez que ce n’est que le début. Les achats ont lieu via 2 grands canaux. Il y a bien sûr le développement de la classe moyenne chinoise, une population qui achète beaucoup d’or physique. Le second canal, c’est bien sûr le gouvernement lui-même. La Chine n’a plus communiqué l’état de ses réserves depuis 2009. Mais en même temps, le pays continue de construire de nouvelles installations de stockage pour leurs énormes réserves d’or.

Lorsque l’on m’a demandé de m’adresser devant un parterre de représentants du gouvernement chinois, ils étaient sur le point d’annoncer la construction d’un nouveau centre pouvant stocker 1900 tonnes d’or. Mais cela ne correspond qu’à une année d’achats. Donc oui, les Chinois continuent d’acheter beaucoup d’or physique pour couvrir les sommes astronomiques de dollars que comptent leurs réserves en devises.

Les Chinois finiront par annoncer que le yuan est adossé, partiellement ou intégralement, à l’or. L’objectif est d’internationaliser le yuan. Les plus grands partenaires commerciaux de la Chine en Asie ont déjà abandonné le dollar, mais l’objectif est de passer à la vitesse supérieure.

Les Russes, qui ont entendu à cette conférence des officiels dire que le yuan devrait être adossé à l’or, furent très surpris. Car ils savent que cela va totalement bouleverser la donne : ce sera la fin de la domination occidentale sur le monde. »

Source : KWN

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« L’or et l’argent ont connu une semaine agitée, mais qui fut positive. Il semblerait désormais que la Fed compte augmenter ses taux à partir du premier trimestre 2015. Malgré cette nouvelle négative, l’or s’est très bien comporté. Le cours du brut s’est également raffermi en raison de la situation en Irak. Évidemment, un pétrole fort soutien le cours de l’or.

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En Occident, nous assistons au creusement de la dette. Apparemment, la dette italienne s’est aggravée sur les 4 premiers mois de l’année 2014 autant que sur l’intégralité de l’année 2013. Il s’agit des conséquences de la politique de bas taux d’intérêt.

Donc, fin de semaine dernière, l’or a bien évolué. Il y a des informations qui ont circulé à propos d’un scandale financier en Chine, dans lequel 15 milliards de dollars de prêts ont pour garantie de l’or qui n’existe pas. Il est difficile de savoir ce qu’il en est vraiment car il s’agissait d’un rapport de Bloomberg. Simultanément, des chiffres d’importation d’or en baisse, pour avril et mai en Chine, ont été communiqués.

Cependant, les gens doivent bien comprendre qu’il s’agit des statistiques de Hong Kong. Or, en mai, le gouvernement a autorisé les importations à avoir lieu directement via Pékin, ce dont personne n’a parlé. Nous ne voyons probablement que la partie visible de l’iceberg en ce qui concerne les achats d’or de la Chine. En bref, il est difficile de tirer des conclusions définitives des chiffres que l’on veut bien nous donner. Tout ce que je sais, c’est que mes sources continuent de me dire que la Chine est un gros acheteur d’or.

Simultanément, le lingot se porte bien. Je suis particulièrement attentif aux moyennes mobiles, j’en suis 8. La plus à long terme, la moyenne mobile à 65 semaines, est enfin devenue positive cette semaine. La dernière fois qu’un renversement de tendance significatif a eu lieu sur cette moyenne mobile, c’était le 15 février de l’année dernière, lorsqu’elle baissait et annonçait un signal de vente.

Donc, la semaine dernière, l’évolution de la moyenne mobile à 65 semaines indique qu’il faut passer à l’achat. Non seulement nous avons atteint le plus bas, mais ce mouvement haussier ne fait que commencer.

Eric King : « John, pour revenir à la situation en Chine, il est très intéressant de constater que Bloomberg a essayé de répandre du négativisme, alors que cet or manquant ne peut être que positif pour le cours du métal jaune. »

John Ing : « On dit qu’il y avait 25 intermédiaires dans ce montage. Certains auraient émis des fausses factures et utilisé le même or à diverses fins. Ce qu’il est important de noter, c’est que la Chine continue d’acheter beaucoup d’or, que ce soit en regardant les chiffres du World Gold Council ou de Hong Kong. Cette année, la Chine restera le plus gros acheteur mondial d’or. »

Source : interview de John Ing sur KWN

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« Il y a eu beaucoup de volatilité sur le marché de l’or, mais des fluctuations allant dans les 2 sens. La semaine dernière, l’or a baissé de 16 $ dans un contexte de guerre sur le marché des devises et des marchés actions. C’est presque comme si une guerre financière avait lieu en ce moment.

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Il est clair que l’Ukraine continue d’inquiéter. Je suis stupéfait de voir le peu d’impact de la situation sur les marchés ou même sur le marché des matières premières. Cela est notamment dû à la propagande des médias dominants, qui affirment que tout est sous contrôle.

Mais il y a de gros points d’interrogation. Non seulement l’Ukraine doit rembourser environ 12 milliards de sa dette de 73 milliards cette année, mais la Russie doit en rembourser environ 54 milliards de dollars. À un moment où la bourse russe s’effondre et que son obligation à 10 ans est à 9,17 %. C’est 10 fois plus que le bon du Trésor américain à 10 ans. Cela signifie que la situation financière de la Russie est tendue. C’est pourtant quelque chose dont personne ne parle dans les médias dominants, mais c’est pour moi un gros souci.

C’est pourquoi, mardi, lorsque l’or s’est effondré de façon « flash crash », tôt le matin, il a rapidement rebondi en résistant aux bears. Le niveau clé à surveiller pour l’or est maintenant 1360 $ l’once. L’or a déjà rebondi de façon convaincante à partir de 1270 $, un signal technique très prometteur.

Je m’attends à ce qu’il y ait un peu de résistance à 1360 $, par contre ce sera plus difficile entre 1450 et 1500 $. Une fois ce seuil de résistance franchi, la voie devrait être libre pour tester à nouveau le record de 1950 $. Je suis donc très positif. De nombreux problèmes géopolitiques se manifestent, et comme je l’ai fait remarquer, personne ne s’inquiète des finances de la Russie, ou même de l’Ukraine, mais je pense qu’il s’agira d’un événement catalyseur. »

Eric King : « nous savons que l’or battra son record, mais est-il possible que cela arrive cette année ? »

John Ing : « c’est certain. Jusqu’à ce que le marché haussier séculaire prenne fin, les records seront battus. Nous avons désormais passé plus d’un an et demi à faire de la consolidation ; lorsque la hausse repartira, ce sera nécessairement pour tester le record.

Il est intéressant de constater que durant les 30 derniers jours, parmi les acheteurs importants d’or physique on retrouve les mines d’or elle-même. (…) C’est un signe très positif pour le cours de l’or. Je pense que ce n’est qu’une question de temps avant que les investisseurs se dépêchent à les imiter. »

Source : KWN

John-Ing-Or-Production« L’or s’est apprécié de 6 % depuis le début de l’année, en dépit de la propagande négative des médias dominants. Cette hausse a eu lieu dans le contexte du redouté taper. Il ne s’agit que des conséquences des 3 rounds de QE entrepris par la Fed, de cette orgie de planche à billets et de création de liquidités.

Les problèmes des pays émergents se sont aggravés depuis la mise en place du tapering. L’Argentine a notamment d’évaluer son peso, ce qui a provoqué une ruée vers l’or. Le cours de l’or, exprimé en peso, a augmenté. Il s’agit d’un rappel de ce qui se passe quand le risque augmente.

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John-Ing-Or-ProductionAlors que l’or reprend une bouffée d’oxygène en ce début 2014, John Ing a livré à KWN les grands événements qui devraient animer l’actualité financière de cette nouvelle année, l’interview commençant sur le thème de la bombe à retardement des produits dérivés :

« Va-t-on assister à l’explosion des produits dérivés ? C’est une excellente question. Non seulement leurs capacités de nuire sont extraordinairement élevées, mais la façon dont ils se sont propagées dans toute la finance est effrayante.

Bien sûr, les banques, qui ont créé ces produits dérivés, en possèdent d’énormes quantités, mais aussi les fonds souverains et les gouvernements. C’est ce qui est le plus troublant. Ils se sont laissés aspirer pour parier agressivement sur le marché des produits dérivés.

Il y a eu par exemple la faillite de Detroit, dans laquelle les produits dérivés n’ont pas aidé. Bien sûr, lorsque les excès de la finance seront remis à plat, la grosse crise qui suivra risquera de mettre les produits dérivés sur le devant de la scène.

En ce qui concerne 2014, les marchés ont bien fait leur travail d’agencement de leur vitrine, avec des indices à des niveaux record, ce qui a fait écrire la presse mainstream à quel point tout allait bien. Simultanément, l’or atteignait un triple plus bas à 1180 dollars l’once, pour ensuite assister à un rebond.

Il s’agit d’un signal bullish très fort. L’or est fortement sous-évalué. Il n’est donc pas étonnant que l’on ait assisté à ce rebond en début d’année, principalement technique. Il ne serait pas étonnant que le cours grimpe de 75 $ à très court terme.

Les actions minières ont plutôt bien réagi, leur index ayant grimpé de 4 %. En tête de cette progression, on a retrouvé des sociétés qui ne sont pas en odeur de sainteté, comme Barrick Gold. Malgré un cours sous tension, la demande continue d’être énorme, particulièrement en Chine. Fin du mois, ce sera le nouvel an chinois, une période de grosse consommation. La guerre que se livrent l’or papier et l’or physique va se poursuivre en 2014, mais cette année devrait consacrer la victoire du second.

Il ne faut pas se leurrer : les niveaux atteints par les marchés sont dus aux liquidités injectées dans le système financier. On sait que l’argent a été tout droit dans les marchés actions et dans l’immobilier. Le tapering de la Fed pour entraîner qu’une hausse des taux obligataires, ce qui n’est pas bon pour la bourse et le marché immobilier. La dette continue de gonfler un peu partout dans le monde, un environnement peu propice à des taux planchers. En mars, le dossier du plafond de la dette reviendra sur le devant de la scène aux États-Unis. Tous les ingrédients qui ont expliqué la grimpée du cours de l’or durant ces 12 dernières années sont toujours là. L’or devrait donc reprendre sa marche en avant durant cette année 2014.

John-Ing-Or-ProductionDans sa dernière interview sur KWN, John Ing dévoile que le Shanghai Gold Exchange a livré plus d’or que celui qui est censé être entreposé à Fort Knox aux États-Unis, ainsi que ce qu’il voit pour l’or dans les mois à venir.

John Ing : « aujourd’hui, on assiste à beaucoup de palabres, mais ce ne sont que des mots. Il faut faire la distinction entre le discours et la réalité. Ces histoires répétées de « tapering » ne sont que des mots. Cela me rappelle les années 70, lorsque l’on proclamait chaque semaine la paix au Vietnam. Il avait fallu 3 ans pour que la situation y soit réglée.

Mais à chaque fois que l’on annonçait avec fracas la paix au Vietnam, les marchés prenaient illico 100 points, pour reculer lorsqu’on réalisait que rien n’était réglé. J’ai vraiment l’impression qu’il se passe la même chose avec l’assouplissement quantitatif de la Fed (note : à la différence que les marchés grimpent inexorablement).