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John Rubino

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Fed taux

Article de John Rubino, publié le 14 janvier 2016 sur SafeHaven.com :

« Cela n’aura pas pris longtemps. Un mois après la hausse d’un quart de point du taux directeur de la Fed, les marchés vacillent et les présentateurs promettent déjà que Papa prendra soin de tout ce qui contrarie les investisseurs :

« La baisse des perspectives d’inflation pourrait déboucher sur une réévaluation de la politique, d’après Bullard de la Fed » (titre d’un article de Reuters). (…)

En résumé : si les choses restent telles qu’elles sont à travers le monde, les taux d’intérêt resteront proches de zéro mais vu que les choses se sont dégradées malgré des années de taux planchers, ne pas les relever n’est pas une solution pour sortir de l’ornière. Donc lorsque la hausse temporaire des marchés suivant habituellement les propos de Bullard prendra fin et qu’ils reprendront leur descente vers le fond, voici ce qui se passera :

  1. Ils insinueront que le bilan de la Fed s’est suffisamment contracté et qu’il est peut-être temps de le stabiliser (traduction : un nouveau round modeste de QE).
  2. Après son échec, ils promettront d’augmenter la portée du QE existant afin qu’il atteigne un niveau suffisant pour renverser la tendance des marchés.
  3. Après ce nouvel échec, ils débuteront une nouvelle expérience baptisée d’une appellation attrayante telle que « QE pour le peuple », « jubilé de la dette », matérialisant enfin l’hélicoptère déversant de l’argent sur la population que Ben Bernanke avait promis il y a longtemps en cas de déflation sévère. Cette expérience sera accompagnée d’une belle panoplie de contrôles des capitaux afin de tenir en respect les épargnants indisciplinés et autres ennemis de la société.

À ce moment-là, nous serons tellement en terra incognita que vouloir faire des prédictions est futile sauf s’il s’agit de fournir une forme de divertissement. »

tempête qui approche

Article de John Rubino, publié le 7 janvier 2016 sur SafeHaven.com :

« Ce qui est fascinant avec la crise financière que nous sommes en train de vivre, c’est que les facteurs déclencheurs sont multiples. Contrairement à 2008 lorsque le carnage débuta avec la crise des subprimes américains ou en 2000 lorsque les actions technologiques s’effondrèrent pour entraîner le reste dans leur sillage, cette fois c’est un ensemble de facteurs pas toujours liés qui arrivent simultanément.

La frénésie d’investissements malheureux en Chine a provoqué la chute des matières premières, le dollar surévalué massacre les marchés émergents ( ce qui a d’ailleurs récemment forcé la Chine à dévaluer), la guerre panislamique est montée de plusieurs crans, les actions grossièrement surévaluées sont entrées dans une phase de correction qui n’a que trop tardé, les systèmes politiques des pays développés vacillent alors que l’électorat se détourne des partis dominants afin de résoudre les problèmes d’inégalité, la puissance des grandes entreprises, les aides sociales, l’immigration… Tout ou presque par à vau-l’eau. Pour un exemple édifiant de l’immigration, contemplez la réponse allemande tragico-comique aux femmes de Cologne qui ont été agressées par des hordes de migrants à qui on reproche de ne s’être pas tenues à distance de ces gens…

Cette fois, c’est vraiment différent…

Pourquoi est-il important de se pencher cette fois sur les causes ? Parce que si les crises précédentes ont été « résolues » avec une dose relativement simple de politiques monétaires accommodantes, il est loin d’être acquis que l’éventail varié de menaces qui émergent puisse être réglé de la même façon. Les taux d’intérêt, par exemple, étaient élevés par rapport aux standards actuels lorsque les crises précédentes ont émergé. Cela a permis aux banques centrales de venir à la rescousse des marchés en réduisant fortement leurs taux. Aujourd’hui : ceux-ci sont nuls quasi partout ou même négatifs.  Abaisser les taux aujourd’hui serait une expérimentation et c’est un euphémisme. Les conséquences seraient incertaines surtout les non voulues comme un bank run vidant les banques de leurs dépôts, un nouveau pic déstabilisateur des inégalités alors que les taux négatifs soutiennent les prix des actifs que les riches possèdent tandis que les retraités et les épargnants voient leurs revenus fondre.

Étant donné que la dette a grimpé de 57 trillions de dollars à travers le monde depuis 2008, il est improbable qu’une nouvelle vague de dépenses à crédit soit accueillie avec enthousiasme par les marchés obligataires mondiaux, les marchés des changes ou encore les entrepreneurs. Voici le désormais célèbre graphique de McKinsey :

dette mondiale synthétisée

Des politiques monétaires plus accommodantes n’auront aucun effet sur le déséquilibre entre l’offre et la demande qui règne sur le marché du pétrole et qui ne cesse de grimper. On peut s’attendre à des prix du brut significativement plus bas en 2016 menant à une vague de défauts sur des trillions de dollars d’obligations pourries des secteurs de l’énergie et sur leurs produits dérivés.

En ce qui concerne les cours des actions durant les deux dernières crises : ils ont chuté quasi du jour au lendemain à des niveaux attractifs pour les investisseurs qui s’étaient retirés à temps. Aujourd’hui quasi tous les indices boursiers du monde sont élevés, le crash nécessaire est donc à venir. Il ne fera qu’empirer les troubles existants lorsqu’il aura lieu.

Résultat des courses ? Cette fois-ci, c’est vraiment différent et pas dans le bon sens. La réalité commence à émerger du côté des millions de spéculateurs qui utilisent les effets de levier, des gestionnaires de caisses de pension et de fonds mutuels, des investisseurs individuels et des responsables des banques centrales. En ce moment : ils scrutent tous leurs écrans, lorgnant sur le bouton « vendre », hésitant, consultant leur terminal Bloomberg pour voir combien ils ont perdu durant ces derniers jours. Ils appelent leurs analystes qui les avaient convaincus d’acheter Apple ou Facebook l’année dernière, etc.

Tôt ou tard (demain, la semaine prochaine, dans un mois… en tout cas bientôt) le barrage va céder. Tout le monde vendra en même temps et nous découvrirons alors à quel point les marchés liquides qu’ils connaissaient n’existent plus et que les prix d’hier étaient totalement fantaisistes. Les portes de sortie se fermeront avec fracas. Comme en Chine la nuit dernière lorsque les marchés se sont interrompus pendant un quart d’heure, le monde entier sera coincé avec ses positions créées du temps où les marchés étaient liquides lorsque les banques centrales étaient omnipotentes, les obligations souveraines étaient sans risque et le titre Amazon sur le point d’atteindre les 2000 $.

À ce moment-là, une pensée émergera dans leur esprit : pourquoi n’ai-je pas acheté en masse de l’or quand j’en avais encore l’opportunité ? »