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Kuroda

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hélicoptère monétaire

Le Brexit ressemble de plus en plus au catalyseur que l’on attendait pour mettre le feu aux poudres d’un système bancaire, financier et économique en bout de course. Les banques italiennes, Monte Paschi en tête, sont dans les cordes. La descente aux enfers de Deutsche Bank n’en finit plus, même si ces 2 banques ne sont que la partie visible de l’iceberg.

À titre d’exemple, Zero Hedge rapporte qu’une petite banque allemande, Bremen Landesbank, qui pèse tout de même la bagatelle de 29 milliards d’euros, est au seuil de la faillite après avoir accordé des crédits au secteur de la logistique qui s’avèrent aujourd’hui plus que douteux. La banque régionale pourrait être absorbée par German Landesbank NordLB, qui possède déjà 54,8 % du capital de la banque régionale brêmoise. Selon le journal teuton Handelsblatt, la banque ne pourra pas survivre sans l’aide du gouvernement, même si les autorités régionales de Basse-Saxe ne souhaitent pas injecter de l’argent frais dans cet établissement de crédit en perdition.

En bref, le secteur bancaire est dans la tourmente, la force de la tempête variant quelque peu en fonction de leur situation géographique. Du côté des banques centrales, on suit de très près la situation. Mais les banquiers centraux, devenus les véritables pompiers de service de l’économie, ont d’autres chats à foutter, notamment l’inflation et la croissance. Dans cette optique, on a appris officieusement que Ben Bernanke sera en visite du côté de Tokyo la semaine prochaine. Il rencontrera les plus hautes personnalités du gouvernement japonais, dont le premier ministre Abe, mais aussi le gouverneur de la banque centrale du Japon Haruhiko « Peter Pan » Kuroda. Toujours d’après Zero Hedge, qui s’appuie sur un article de Reuters, les fameux hélicoptères monétaires pourraient être à l’agenda de la réunion.

Si Kuroda a déjà publiquement refusé l’idée de parachuter de l’argent afin de tenter de relancer la croissance et l’inflation, on se rappellera aussi qu’il avait déclaré le 21 janvier 2016 que la banque du Japon n’avait aucune intention de recourir aux taux négatifs…  pour les adopter une grosse semaine plus tard.

Bernanke va-t-il convaincre le Japon, le cobaye monétaire des États-Unis, de recourir pour la première fois de l’histoire aux hélicoptères monétaires ? Nous aurons la réponse très bientôt.

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Depuis 2008, les banques centrales sont passées en mode de pilotage complètement manuel de l’économie. Si elles sont parvenues à obtenir des résultats du côté des marchés, en gonflant à des niveaux jamais vus les bulles sur des actifs comme les actions, les obligations ou encore l’immobilier grâce aux « politiques non conventionnelles » que sont les assouplissements quantitatifs et les taux plancher ou négatifs, le bilan est moins reluisant en ce qui concerne la croissance ou encore l’emploi réel.

Mais même du côté des marchés, des fissures dans l’édifice branlant des banques centrales commencent à apparaître, fissures qui remettent en cause la stabilité même de l’édifice financier. À ce titre, le graphique de Zero Hedge le montre très bien (ci-dessus) : alors que le bilan de la BCE a atteint de nouveaux records, ce n’est plus suffisant pour faire grimper les actions européennes.

L’échec des banques centrales est entériné

Comme le note le site iconoclaste américain, Draghi se retrouve désormais dans le même bateau que Yellen, baptisé Impuissance. Du côté du Japon, c’est le même son de cloche : Kuroda, qui avait fait référence en 2015 à Peter Pan en soulignant l’importance du positivisme car « au moment même où vous doutez de votre capacité à voler, vous devenez incapable de le faire », a apparemment reçu la visite de la Fée Clochette qui les lui a sonnées en lui rappelant la triste réalité. Dans un moment de sobriété bienvenu, le gouverneur de la banque du Japon a ainsi déclaré que « les politiques monétaires  n’engendrent pas toujours les résultats escomptés » (source Zero Hedge). Kuroda et cie vont-ils connaître leur propre moment « à la Greenspan », à savoir la réalisation que l’œuvre de leur vie est en fait une imposture ?

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À ce point, nous pouvons dire que la crédibilité des banques centrales s’est totalement évaporée, même si ce fait doit encore être assimilé par de nombreux investisseurs et gestionnaires. Tandis qu’une frange grandissante comprend que ce sont les banques centrales qui, elles seules, font la pluie et le beau temps sur les marchés, certains estiment encore qu’elles disposent des capacités à « couvrir leurs investissements », toute baisse étant enrayée par les interventions des banques centrales. Si vous en doutez, il suffit de lire le titre de cet article de Reuters :

« La BCE est prête à supporter les marchés en cas de Brexit »

Et pour les plus sceptiques, traduction du premier paragraphe : « La BCE s’engagerait publiquement à soutenir les marchés financiers en tandem avec la Banque d’Angleterre si la Grande-Bretagne devait voter en faveur de la sortie de l’union, des officiels proches du dossier ont déclaré à Reuters. » Pour voir les marchés libres en action, il faudra repasser plus tard. La reprise est bien trop vigoureuse pour leur permettre d’évoluer librement !

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Haruhiko Kuroda

La banque du Japon semblait avoir atteint son maximum après être devenue la championne mondiale incontestée du QE et de l’interventionnisme sur les marchés mais les planificateurs centraux du pays du Soleil-Levant, où on n’hésite pas à évoquer Peter Pan pour maintenir la confiance dans l’économie, ne manquent manifestement pas d’imagination alors qu’ils viennent d’annoncer leur intention d’acheter des ETF… qui n’existent pas.

Si vous voyagez fréquemment vers Tokyo ne soyez pas étonné si dans les mois à venir, vous êtes abordé par un Kuroda vous proposant de racheter votre chemise ou votre paire de chaussures : cela voudra dire que la BoJ a avalé tout le Nikkei et ne sait plus quoi acheter avec sa planche à billets.

Article de Bloomberg :

« Haruhiko Kuroda a concocté un nouveau plan. Il va acheter pour 2,5 milliards de dollars de quelque chose qui n’existe pas.

Les marchés ont été secoués vendredi après que la banque du Japon ait dévoilé un paquet de mesures incluant l’achat d’ETF axés sur les sociétés qui « investissent de façon proactive dans le capital physique et humain ». La banque centrale japonaise dépensera 300 milliards de yens (2,5 milliards de dollars) par an à partir d’avril dans l’achat de tels actifs afin de juguler les impacts sur les marchés lorsqu’elle recommencera à vendre des actions achetées précédemment à des institutions financières.

Le seul souci est que ce genre d’ETF n’existe pas au Japon, du moins pas encore. (…) Les ETF qui sélectionnent les sociétés sur base de la façon dont elles déploient leurs moyens financiers sont rares sur les marchés mondiaux.

« Ce genre d’ETF n’existe pas pour le moment. Prendre en compte les investissements en tant que facteur est assez inhabituel dans ce secteur » a déclaré Koei Imai, qui gère un portefeuille d’ETF de 25 milliards pour Nikko Asset Management Co. à Tokyo. « Je pense que le message de la BoJ nous encourage à les créer. »

La banque centrale est au courant que ce genre de produit n’existe pas pour le moment. Dans l’attente de leur création, elle achètera des ETF suivant les performances du JPX-Nikkei Index 400 (…). La BoJ a déjà acheté des ETF en relation avec les index Nikkei 225 Stock Average et Topix. Elle possède aujourd’hui environ la moitié du marché des ETF au Japon. (… en rouge les ETF japonais, en bleu le portefeuille ETF de la BoJ…)

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À côté de ces nouveaux achats d’ETF, Kuroda a prolongé la maturité moyenne restante des obligations gouvernementales achetées et augmenté le montant maximum que sa banque peut posséder dans chaque trust d’investissement dans l’immobilier japonais. (…) »

Ingérence dans les marchés

Selon Okasan Online Securities Co., ce programme présente un risque d’ingérence sur les marchés actions. Lorsque ce genre d’ETF sera éventuellement créé, il risque d’avantager certaines actions.

« C’est un peu comme si la banque du Japon achetait des actions spécifiques plutôt que de pousser l’ensemble du marché » a déclaré Yoshihiro Ito, le chef stratégiste de la société. « Ce facteur a également déplu au marché. »