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Londres

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nouveaux coffres d'ICBC à Londres

Article de Zero Hedge, publié le 16 mai 2016 :

« Nous suivons les changements de propriétaire des énormes coffres-forts de Londres avec le plus grand intérêt depuis notre premier article de décembre 2014 rapportant la mise en vente des coffres de la Deutsche Bank dans la capitale britannique (capacité : 1500 t). Le sort qui fut réservé à ce lieu de stockage fut révélé plus tôt cette année lorsque Reuters annonça que la banque la plus importante de Chine avait racheté le contrat de location des coffres londoniens de la Deutsche Bank, « en augmentant son contrôle du marché des métaux précieux de la ville ».

Les anciens coffres de la Deutsche Bank sont devenus opérationnels en juin 2014. Ils ont une capacité de 1500 t. Ce lieu de stockage a été construit et est géré par la société britannique de sécurité G4S. (…)

Nous pensions qu’ICBC allait se contenter de l’achat de l’un des plus vastes lieux de stockage de métaux précieux de Londres mais apparemment, nous nous sommes trompés. Aujourd’hui, ICBC Standard Bank a rapporté l’achat additionnel des coffres de Barclays à Londres, lui donnant ainsi la possibilité d’entreposer pour plus de 80 milliards de dollars d’or dans ce lieu secret.

Ces coffres, qui peuvent stocker 2000 tonnes d’or et d’autres métaux précieux comme de l’argent, du platine et du palladium, furent ouverts par Barclay en 2012. Leur construction a pris plus d’un an. Leur localisation et secrète même si la banque affirme qu’ils se trouvent le long de la M25, le périphérique londonien.

« Il s’agit d’une acquisition formidable pour la banque. Elle nous permettra de mieux exécuter notre stratégie visant à devenir l’une des banques chinoises plus importantes du marché des métaux précieux, » a déclaré Mark Buncombe, responsable des matières premières de l’ICBC Standard Bank, dans un communiqué.

La décision de Barclays de quitter le marché des métaux précieux a eu lieu alors que les régulateurs américains et européens enquêtent sur l’éventuelle implication d’au moins 10 banques dont Barclays, JP Morgan et Deutsche Bank, dans la manipulation de métaux précieux comme l’argent et l’or. (…)

Cet achat suit l’arrivée en tant que membre à part entière d’ ICBC Standard Bank au LBMA. Avec cette dernière acquisition d’un coffre géant londonien par une banque chinoise, cela signifie que seuls les coffres de HSBC, où les stocks d’or du GLD sont entreposés, et bien entendu les coffres de la banque d’Angleterre ne sont pas sous pavillon chinois.

Derrière les déclarations passe-partout de la banque qui affirme « chercher à étendre ses services », la raison qui explique pourquoi la Chine souhaite devenir l’acteur dominant du marché de l’or londonien reste inconnue. »

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lingot et pièces d'or

Article de ZeroHedge, publié le 8 mai 2016 : 

« Lorsqu’il s’agit de suivre les nuances du marché de l’or, très peu font montre de l’esprit d’observation de Paul Mylchreest d’ADMISI, dont l’analyse de décembre 2014 met en exergue le rôle étonnant de l’or dans la « nouvelle normalité » en tant que « devise » de financement pour les interventions de la BoJ sous la forme de la paire de trading long Nikkei/short or (et vice versa), indiquant que les banques centrales interviennent directement sur le cours de l’or (en vendant, bien sûr) lorsqu’elles souhaitent faire grimper les prix des actifs papiers.

Dans son dernier rapport, il enfonce le clou avec une analyse encore plus perturbante de l’état du marché de l’or. Plus spécifiquement, il se penche sur ce qui fut historiquement la plaque tournante du marché de l’or, Londres, et affirme qu’ « il se dirige vers un souci et devra faire face à son plus grand défi depuis son effondrement de mars 1968 en raison de réserves insuffisantes d’or physique. »

combien d'or il reste à Londres

Nous suggérons à nos lecteurs de réserver 1 heure et 2 cafés à ce rapport à lire absolument. Pour ceux qui sont pressés, le résumé expéditif est le suivant : sur base des données du LBMA et de la Bank of England concernant l’or stocké dans les coffres à Londres et des chiffres des exportations nettes d’or de Grande-Bretagne de la HM Revenue & Customs, Mylchreest a calculé que le « fonds de caisse » d’or physique de Londres (qui ne comprend pas l’or des ETF et des banques centrales) a récemment baissé pour atteindre plus ou moins zéro :

Un nouveau « London Gold Pool 1968 » en maturation ?

Le détail des chiffres de Mylchreest est disponible dans ce rapport. À la fin de celui-ci, on peut lire la conclusion suivante, des faits que nous avons observés à de nombreuses reprises en analysant les tendances inquiétantes des stocks d’or d’une entité comme le Comex en personne : « si notre analyse est correcte, le marché de l’or de Londres se dirige vers un souci et devra faire face à son plus grand défi depuis son effondrement de mars 1968 en raison de réserves insuffisantes d’or physique. »

Le rapport fait état de nombreux soucis bien connus de nos lecteurs :

  • Chaque jour, plus de 200 milliards de dollars d’or papier sont échangés. En cas de perte de confiance, on pourrait assister à une ruée désordonnée sur l’or physique.
  • Depuis 2009, les banques centrales sont passées globalement du statut de vendeuses à celui d’acheteuses.
  • La vigueur extraordinaire de la demande d’or en Chine est matérialisée par les retraits d’or des coffres de la bourse de Shanghai : en 2015, ils se sont élevés à 2597 tonnes, soit plus de 80 % de la production d’or mondiale.
  • Les ETF or à Londres ont connu un rebond de leurs réserves de métal, qui augmentent depuis janvier 2016 alors que les investisseurs occidentaux se remettent à goûter à l’or.
  • Les exportations nettes d’or du Royaume-Uni, qui sont une caractéristique de ce marché depuis 2013, afin de satisfaire l’appétit de l’Asie, et surtout de la Chine.

Mais la vulnérabilité de ce marché n’est pas confinée à ces tendances concernant l’or physique. S’il n’y a plus de métal disponible, cela signifie qu’il n’y a plus rien pour soutenir les plus de 200 milliards de dollars d’échanges quotidiens en or papier, des transactions qui représentent 95 % des échanges du marché de l’or à Londres. (…)

Cela fait des années que nous affirmons que la scission entre les marchés papier et physique de l’or devra avoir lieu pour trouver la vraie valeur du métal. Un article publié en janvier 2016 dans le magazine trimestriel du LBMA et intitulé « Les marchés physiques de gros sont cassés » pourrait bien être la confirmation que ce processus est arrivé à un stade avancé.

Durant la transition, nous pourrions connaître un marché de l’or à 2 vitesses, l’or physique s’échangeant avec une prime par rapport à l’or papier, comme les marchés à terme du COMEX ou l’or non-alloué du LBMA. (…) »

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Dans sa dernière interview sur KWN (27 mars), Andrew Maguire a bien évidemment parlé des actualités de son domaine de prédilection mais aussi des démentis qui ont circulé ces derniers jours concernant la fermeture des coffres or de HSBC en confirmant la nouvelle qu’il avait révélée en exclusivité.

Manipulations à l’approche de l’expiration des options

« En ce moment, nous assistons une nouvelle fois à la manipulation de concert des banques commerciales à l’approche des limites et de la date butoir des options (voir la liste 2015 des expirations des options ici). Nous avons assisté à ces mouvements curieux hier, ainsi qu’aujourd’hui, qui vont complètement à l’encontre de la demande physique importante et soutenue en raison de la recherche de la sécurité. À l’approche de l’expiration des options les banques de lingots peuvent empocher de beaux petits profits, elles font donc ce qui est nécessaire en dépit des mouvements du marché physique.

C’est en raison de ces petits jeux artificiels que l’or est transféré de l’Occident vers l’Orient à des prix cassés. La divergence entre le marché physique et papier est telle aujourd’hui que les marchés papier de l’or ne sont plus crédibles. (…)

Mais pourquoi le chien parvient-il et continue à se manger la queue dans un contexte d’une telle demande physique ? Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que le marché physique est en train de changer de continent et donc que le métal échappe petit à petit au contrôle des banques de lingots occidentales.

Le rapatriement de l’or de l’Allemagne

Bien avant le souhait de l’Allemagne de rapatrier ses réserves d’or, la Chine savait que les banques centrales occidentales avaient loué leurs réserves. La Chine savait que ces banques de lingots qui ont des comptes or à la banque d’Angleterre n’ont pas tout l’or qu’elles prétendent avoir. Les Chinois savaient qu’en accumulant du métal jaune en catimini et pas seulement via le LBMA, ils pouvaient compter sur les interventions répétées des banques centrales occidentales pour empêcher le cours de l’or de grimper.

Cela a permis à la Chine d’accumuler de grosses quantités d’or physique sans perturber le marché ainsi que de se débarrasser calmement de ses actifs américains sans faire monter le cours du métal. C’est simple : lorsque vous vendez de l’or, vous êtes long sur le dollar donc la vigueur récente du dollar a offert une excellente opportunité à la banque centrale chinoise de se débarrasser de ses dollars sans valeur pour de l’or tangible.

La grande stratégie de la Chine

La Chine a désormais accumulé assez d’or pour approcher le moment de vérité lorsqu’elle désirera que le cours soit significativement réévalué à la hausse. C’est évident vu que la Chine installe d’énormes panneaux publicitaires à propos du renmibi (yuan) adossé à l’or, destiné à devenir une monnaie de réserve.

Nous en avions déjà parlé il y a 2 ans, mais nous avons désormais atteint le moment pivot. Lorsque la Chine décidera que le moment est venu, ce sera un véritable séisme. Ils prendront les marchés totalement par surprise en annonçant leurs réserves véritables. Ce sera l’uppercut qui mettra le marché papier occidental K.O.

Les banques de lingots occidentales n’auront qu’une échappatoire : le remboursement de l’or en argent papier. La seule question est de savoir si les investisseurs sont prêts pour une telle annonce. Je n’ai cessé de prévenir tous les gens que je connais : positionnez-vous agressivement sur l’or en dehors du système bancaire. (…)

Le silence de HSBC

Eric King : Andrew, j’ai appelé 5 fois HSBC mais ils refusent de faire tout commentaire public ou de publier un nouveau communiqué concernant la fermeture de leurs 7 coffres à Londres. Si vous regardez la lettre ci-dessous (à voir dans l’article original), la nouvelle a été rendue publique par un employé de Quilter Cheviot l’une des plus grosses sociétés de gestion d’Europe dont l’histoire remonte à 1771. La lettre a été envoyée par un client de HSBC qui loue à son tour son espace chez HSBC à ses propres clients. Dans la lettre, le dépositaire affirme que HSBC Bank PLC ferme ses coffres ce qui le force à déménager l’or de ses clients.

Maguire : un individu a répandu de la désinformation cette semaine en se faisant le porte-parole officieux de HSBC (note : via GoldCore). Je pense que nous avions déjà bien couvert l’information le 10 mars. Néanmoins comme votre lettre l’indique, il s’agit clairement de la fermeture des coffres de HSBC où de l’or est stocké, il ne s’agit pas de petits coffres pour particuliers. (…) »

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Goldman Sachs et UBS ont rejoint les 4 membres historiques du fixing du LBMA pour le nouveau London Gold Fix de la London Bullion Market Association, la version électronique d’un processus manuel qui n’avait plus changé depuis un siècle. La Chine, le plus gros consommateur d’or du monde a été snobée.

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Andrew Maguire or

Andrew Maguire fut le premier à révéler la décision de HSBC de fermer tous ses coffres de Londres qui servent à stocker l’or de ses clients. Suite à la médiatisation de la nouvelle, la banque a été contrainte de s’expliquer comme l’a rapporté le même Maguire à KWN et n’a pas nié l’information :

« Le service des relations clients de HSBC et ses relations publiques ont désormais émis des commentaires à propos de la fermeture de leurs 7 coffres à Londres, une information que l’on avait pu lire dans un e-mail envoyé à un sous-traitant le 5 mars dernier. Il s’agit donc de la fermeture de 7 coffres qui servent à la garde d’or. Mais pour éviter de faire des remous, HSBC a eu recours à la sémantique en les qualifiant désormais de « facilités de dépôt sécurisé de détail ». Tout ça pour éviter d’expliquer pourquoi elle n’offre plus le stockage d’or à Londres. L’utilisation de ce langage est évidemment idiot mais les clients ne disposent que de 60 jours pour trouver une autre solution. »

Eric King : « Cela devient de plus en plus amusant. C’est un peu comme si je disais : non je ne vends pas ma voiture, je cède mon automobile, il ne s’agit pas d’une voiture. »

Andrew Maguire : « Oui, c’est une analogie amusante. C’est stupide. HSBC tente tout simplement de noyer le poisson. Mais ce délai pour arranger une nouvelle garde est très court, si bien que certains clients ont déjà été forcés de céder leur or à HSBC. Est-ce que le timing de cette décision prise dans la foulée du massacre de l’or de vendredi dernier à moins de 1200 $ l’once est un hasard ? Je ne le pense pas. »

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Andrew Maguire or

Alors que les cours de l’or et de l’argent ont été secoués vendredi dernier en raison de chiffres de l’emploi américain bien meilleurs que prévus (la Fed va donc relever ses taux en juin pour finir ?), HSBC a annoncé la fermeture de ses 7 lieux de stockage d’or à Londres. Ce sont les sujets qui ont été abordés par Andrew Maguire durant sa dernière interview sur KWN : 

« Rebelote, nous avons eu droit à de nouveaux chiffres douteux concernant l’emploi américain et la réaction des métaux précieux montre à quel point ces marchés sont « pilotés ». Étant donné la grosse demande indienne et chinoise autour des 1200 $ l’once et les mouvements de l’or en devises qui furent tous positifs cette semaine, il n’y avait aucune raison pour que l’or baisse dans l’attente des chiffres de l’emploi américain. Vu la vigueur du marché physique, la vente d’or provenant principalement du Comex et avant la publication des chiffres présente toutes les marques d’une action « officielle ».

Autrement dit, il y avait une énorme demande pour l’or physique au-dessus de 1200 $ l’once. Il n’y avait donc aucune raison pour que le cours baisse vendredi à l’exception d’une volonté de rincer les positions long des mains faibles mais aussi pour que les banques commerciales puissent couvrir leurs positions short et ajouter des positions long.

Durant les 4 dernières années les positions ouvertes au Comex ont baissé de 250.000 contrats, le peu qui reste est piloté par des algorithmes appartenant à quelques initiés du CME qui sont justement les 6 banques de lingots qui disposent d’un compte or auprès de la banque d’Angleterre. Étant donné que la Fed dispose des chiffres de l’emploi américain avant leur publication, il serait très étonnant que ces banques qui agissent en tant qu’agent de la Fed n’en disposent pas aussi.

Ce petit jeu artificiel a réussi à supprimer quasi tout intérêt pour le marché papier de l’or et de l’argent qui est entre les tentacules de quelques banques en collusion, pour pousser les investisseurs vers le marché physique. Cette migration a désormais atteint un point de non-retour, ce sont bientôt ces banques qui vont se retrouver en position de faiblesse.

Toute personne impliquée dans les marchés physiques des métaux précieux sait à quel point ces manipulations baissières sont devenues incroyablement évidentes. Il est impossible de cacher que cette baisse a lieu sur un marché dont la demande est supérieure à la production minière annuelle (…).

HSBC ferme ses 7 coffres londoniens

Une autre grande nouvelle, c’est l’annonce par HSBC de la fermeture de ses 7 lieux de stockage d’or à Londres avec un préavis de 2 mois pour ses clients. Il s’agit d’une décision sans précédent. Pourquoi pensez-vous que cette décision ait été prise ? Parce que la transparence arrive. (…)

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Andrew Maguire Or Physique

À force de manipuler les cours à la baisse, le cartel bancaire a infligé des dommages irréversibles aux marchés des métaux précieux. Ce sont les conclusions d’Andrew Maguire (source) , le célèbre trader de Londres, très bien placé pour analyser ce marché :

« Les marchés papier ne sont rien de plus qu’un mirage, mais étant donné les effets de levier qu’ils utilisent, ils ont pu continuer d’être la queue qui est mangée par le chien des marchés physiques plus longtemps que nous l’aurions cru. Cependant, la dernière baisse vers les 1130 $ l’once fut un mouvement historique.

Cela devait évidemment arriver : les 2 marchés, physique et papier, sont désormais totalement déconnectés. Qu’est-ce qui a changé aujourd’hui ? Autrement dit, pourquoi les acteurs papier ne peuvent-ils pas continuer leur petit manège en orchestrant une nouvelle baisse ?

Les investisseurs dans les métaux précieux en ont vu de toutes les couleurs durant cette année, mais par rapport à ce dont nous discutions en janvier dernier, le début de la chute du système bancaire à réserve fractionnaire a enfin démarré. Les marchés de l’or et de l’argent papier se sont disloqués. Les choses ne pourront plus rentrer dans l’ordre pour plusieurs raisons.

La goutte qui a fait déborder le vase fut la grosse lessive d’il y a 2 semaines, orchestrée en raison de l’expiration des options de décembre, tout cela parce qu’il y avait énormément de paris baissiers en jeu. Nous y sommes donc : 2015 sera historique pour la hausse des métaux précieux.

L’offre et la demande réelle est tellement déconnectée, et cette déconnexion a eu lieu pendant tellement longtemps, que les dégâts aux marchés sont désormais irréversibles. Je suis très proche du marché de l’or en gros à Londres, la situation est de pire en pire. De ce que je vois, c’est pire que lorsque l’or s’échangeait à environ 280 $ l’once, juste avant le début du grand marché haussier.

Sur base du marché de l’or en gros, de l’offre très réduite qui est immédiatement livrable à Londres, qui est le centre mondial du commerce de lingots, la situation est pire qu’en 2001 ou en 2008. Jamais je n’ai vu les sociétés minières, les raffineurs et les fabricants éprouver autant de peine à emprunter de l’or, à tel point qu’elles ont du se tourner vers d’autres alternatives, plus coûteuses, pour se protéger (hedge), ou faire venir de l’or de l’étranger, ce qui a fait exploser le montant des primes.

Nous sommes en train d’assister aux étapes finales de la grande réinitialisation attendue depuis tellement longtemps. La place de Londres est en train de faillir à cause de la déconnexion grandissante entre les paris nus sur les marchés papier et le marché physique sous-jacent, sur lequel ils sont arrimés. Il n’y a rien qui puisse faire penser que cette dislocation serait une simple passe. Cette fois-ci, les marchés papier ont été trop loin. Les marchés en gros sont en train de sentir les remous sur les marchés des produits dérivés, il s’agit d’une sale période pour les banques de lingots.

Depuis vendredi, les fonds souverains achètent agressivement autour des 1208 $ l’once. Il sera très difficile d’aller plus bas sur base des raisons énoncées ci-dessus. Cela ne ferait qu’exacerber une situation déjà préoccupante pour les banques de lingots. (…) »

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Dans sa dernière interview sur KWN, James Turk a évoqué les méthodes utilisées pour mener une véritable guerre psychologique contre les investisseurs dans l’or et l’argent en détaillant ce qu’il s’est passé vendredi dernier :

« L’une des choses importantes à remarquer concernant le déclin des cours de l’or et de l’argent de vendredi dernier, c’est que la baisse a eu lieu en fin de journée, heure de Londres. Par exemple, le fix matinal de Londres fut de 1207,5 dollars. Mais dans l’après-midi, les gros acheteurs de métal physique avaient quitté le marché. Vous pouvez le voir le graphique intraday de vendredi dernier ci-dessus.

On voit très clairement que la baisse a eu lieu sur le marché papier. Il s’agit d’une baisse orchestrée, et en conséquence, les positions ouvertes sur l’or et l’argent ont augmenté vendredi alors que les positions short s’accumulaient juste après l’ouverture du Comex.

Nous avons assisté à ces chutes du vendredi fin d’après-midi plusieurs fois par le passé. Dans la plupart des cas, elles sont éphémères, durant rarement plus d’un jour. Elles ne peuvent pas avoir de conséquences, car en définitive, les gens qui ont acheté du papier bon marché le vendredi prendront livraison de leur métal physique. Et lorsqu’ils le feront, que feront ceux qui ont vendu le papier et qui doivent fournir le métal à partir d’un marché qui reste fort tendu ?

La réponse est simple : ils ne le feront pas. De nombreuses positions short se sont donc mises en branle pour se couvrir hier, mais il reste beaucoup de ventes à découvert qui sont coincées.

Cet épisode ressemble à une tentative des planificateurs centraux de piller les dernières mains faibles qui restent sur le marché. Vous devez bien comprendre l’état d’esprit utilisé par les planificateurs centraux : ils massacrent le cours en fin d’après-midi, lorsque Londres est fermé et que le week-end a déjà démarré pour la majorité de la planète, soit à un moment où le marché est le moins liquide, et qu’il n’en faut pas beaucoup pour l’orienter.

Les mains faibles qui possèdent encore de l’or passent tout le week-end à se tracasser : le prix va-t-il encore repartir à la baisse le lundi ? C’est l’émotion qui prend le dessus sur la logique, la nervosité les habite durant tout le week-end, soit l’effet recherché par les planificateurs centraux. Il s’agit d’une guerre psychologique.

Donc, le lundi, les mains faibles vendent leur métal à l’ouverture, si bien que l’on obtient une nouvelle baisse. Mais ensuite, la tendance s’inverse, et lorsque Londres ouvre et que les marchés physiques principaux démarrent leurs activités, on observe alors une forte tendance vers la hausse. (…) »

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Le fixing de l’argent disparaîtra officiellement le 14 août prochain. En ce qui concerne le fixing de l’or, celui-ci pourrait être également très bientôt réformé : c’est ce que nous apprend cet article du Telegraph, dont voici la traduction :

Fixing-Londres

De James Titcomb

« Les banques pourraient se voir retirer la responsabilité exclusive de définir le prix de référence de l’or, alors que le secteur a proposé la mise en place de nouvelles règles.

Les autres acteurs du marché, comme les compagnies minières et les raffineurs, pourraient participer au fixing de Londres, qui est sous le contrôle des banques depuis plus d’un siècle, mais qui s’est retrouvé sous le feu des critiques après que certains aient affirmé que le système était sujet à la manipulation.

À l’occasion du sommet du World Gold Council qui s’est tenu lundi dernier, les régulateurs, les banques et les investisseurs se sont rassemblés afin de discuter d’alternatives pour le fixing, le prix de référence de l’or qui influence les échanges sur le marché du métal jaune.

Actuellement, le fix est défini 2 fois par jour par 4 banques, HSBC, Barclays, Scotiabank et Société Générale, qui se mettent d’accord sur un prix sur base des propositions des 4 participants.

Cependant, le processus s’est retrouvé sous le feu des projecteurs suite au scandale du LIBOR, une autre référence financière importante. La FCA a infligé une amende de 26 millions de livres cette année à  Barclays pour avoir manipulé le fixing ; la semaine dernière, des experts ont déclaré au parlement britannique que le marché de l’or pourrait être truqué.

Les politiciens membres du Treasury Select Committee ont demandé à la FCA d’enquêter sur la manipulation éventuelle du fixing (…). Natalie Dempster, du World Gold Council, a déclaré que les personnes impliquées dans les négociations de lundi se sont mises d’accord pour que d’autres entités participent au fixing de l’or.

« Ce que les gens veulent, c’est que d’autres entités s’impliquent, des utilisateurs directs de l’or comme des raffineurs ou des sociétés minières ». Le WGC a également proposé que la procédure soit supervisée par une entité neutre, et que le fixing soit déterminé sur base de transactions réelles, et non de chiffres (note : sortant d’on ne sait où) fournis par des banques.

Même s’il existe une envie de changement, il sera peut-être difficile d’encourager la participation de nouveaux acteurs, qui prennent le risque de se voir accuser un jour de manipulation. La participation au fixing ne débouche sur aucun avantage tangible. Deutsche Bank s’est d’ailleurs retirée du fixing de l’or cette année après que les bruits de manipulation de l’or soient devenus de plus en plus audibles. (…)

Depuis sa création en 1919, l’ajout de nouveaux participants au fixing de Londres serait sa plus grosse réforme. (…) »

Le Telegraph l’écrit noir sur blanc : participer au fixing n’offre aucune valeur ajoutée… si on empêche la manipulation du cours de l’or, sous-entendu. Ce qui revient à dire que les banques qui y participent, ou qui y ont participé, devait forcément en retirer quelque chose…

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Si le fixing de l’or a bénéficié d’une certaine publicité durant ces derniers mois, le fixing de l’argent de Londres était encore plus mystérieux. Mais après la décision de Deutsche Bank de quitter le fixing de l’or et de l’argent, le London Silver Fix a annoncé qu’il cesserait ses activités dès le 14 août 2014 !

Fixing-Londres

Pour ZeroHedge, qui a annoncé en premier la nouvelle, il s’agit d’une grande nouvelle pour tous ceux qui combattent les manipulations des marchés des métaux précieux. Si on ne peut pas dire qu’il s’agit d’une mauvaise nouvelle, nous pensons qu’il est un peu prématuré de se réjouir : certes, le fixing permet de manipuler quelque peu le cours, mais ce n’est pas ce processus qui est derrière les grosses manipulations auxquelles on assiste régulièrement sur le marché de l’or et de l’argent.

Celles-ci se font principalement via des positions shorts nues sur le marché des futures : il ne faut donc pas s’attendre à une explosion du cours de l’argent après le 14 août 2014. Le fixing de l’argent servait principalement aux banques qui y participaient à prendre des positions bénéficiaires au fur et à mesure que le prix de l’argent était fixé par les participants. Si le fixing s’oriente à la baisse, on prend des positions shorts en cours de conférence, et vice versa.

Nous pensons donc que ZeroHedge va un peu vite en besogne lorsqu’il titre « le début de la fin de la manipulation des métaux précieux ». La manipulation est permise par l’entremise du marché papier. Cependant, celui-ci a besoin d’une quantité minimale de physique afin de pouvoir fonctionner. Ce n’est que lorsque le métal ne sera quasi plus disponible que les manipulations deviendront impossibles. En attendant, les banques et les banques centrales ne lâcheront rien, car il en va de la stabilité financière mondiale.

Cela dit, le fait que la BaFin ait décidé de mettre son nez là où la FCC refuse de mener une enquête sérieuse, et que cela ait poussé Deutsche Bank à se retirer du fixing montre que ces banques ne bénéficient plus d’une totale impunité. Ce n’est pas grand-chose, mais vu les temps qui courent, c’est toujours bon à prendre.

Pour rappel, le fixing est une procédure durant laquelle quelques banques privilégiées, durant une conférence téléphonique, décident du « prix officiel » de l’or ou de l’argent entre elles.