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Marché obligataire

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Cela ne fait qu’une semaine que nous sommes en 2017 mais nous assistons au développement de certaines tendances initiées depuis un certain temps. C’est d’autant plus intéressant vu que le nouveau président américain va prendre ses fonctions. Nous pourrions assister à des événements exceptionnels.

Par exemple, nous semblons être spectateurs d’un renversement de tendance sur de nombreux marchés. Certaines de ces nouvelles inclinations pourront prendre du temps pour se développer, d’autres pourraient avoir lieu subitement. La plupart des marchés majeurs seront affectés, à savoir les marchés obligataire et du crédit, des devises, actions, des métaux précieux, des métaux et de l’immobilier.

Mais penchons-nous sur la plus grosse bulle des bulles de l’Histoire : le marché obligataire mondial. Ce marché a tout simplement explosé, passant de 10 trillions de dollars en 1990 à 100 trillions de dollars aujourd’hui. Lorsque nous le comparons à l’expansion de la dette depuis le début de la grande crise financière en 2006, le marché obligataire s’est valorisé de 70 %.

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Avec une telle augmentation de la taille du marché obligataire, on aurait pu s’attendre à une progression similaire du PIB, mais c’est loin d’être le cas. Le PIB mondial est passé de 20 trillions de dollars en 1990 à 74 trillions aujourd’hui. Il n’a donc augmenté que de 3,7 fois. Pour chaque augmentation d’un dollar du PIB mondial, la planète a émis 2,7 fois plus d’obligations. Il s’agit d’un nouvel exemple parfait de la loi des rendements décroissants : il faut toujours plus de dette pour faire de la croissance mondiale.

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La dette souveraine représente 50 % du marché obligataire. Ce sont les gouvernements qui furent les plus prolifiques de cette création de dette. Aucun gouvernement ne sera en mesure de rembourser. C’est pourquoi environ 15 trillions de dollars d’obligations d’État affichent des rendements négatifs. Elles incluent 50 % des émissions de l’Allemagne, des Pays-Bas, de la Suède et de la Finlande. Ensuite, quasiment toutes les émissions obligataires affichent un rendement en dessous de zéro.

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Nous assistons donc à une explosion de la dette en conjonction avec la baisse des taux, proches de zéro ou négatifs. Une telle configuration serait impossible sur des marchés libres.

Source : extraits de l’article d’Egon von Greyerz, publié le 8 janvier 2017 sur KWN

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Fed taux

Interview de Michael Belkin, publiée le 22 septembre sur KWN :

« Eric, les réunions de deux banques centrales importantes se sont clôturées aujourd’hui. Cela fait un bon moment que les taux sont négatifs au Japon. La BoJ (Banque du Japon) a décidé de ne rien changer. Là-bas, elle achète des actions.  Elle achète une partie importante du marché, des ETF actions, pourtant le Nikkei est en baisse depuis le début de l’année et il continue de glisser.

Le marché des obligations japonaises vient également de partir à la baisse, ce qui a envoyé une onde de choc sur les marchés obligataires mondiaux. Le marché obligataire mondial, les obligations japonaises, les Bunds, les Treasuries, tous ces actifs sont vendus, ils sont entrés dans une phase de liquidation. Cette dynamique a ensuite provoqué un tremblement de terre sur le marché des obligations à haut risque. Ce type d’actif, qui s’était plutôt bien comporté, est subitement entré en phase de liquidation.

Cela dit, ce qui s’est passé à l’occasion de la réunion de la Fed est très intéressant. Cela fait des lunes qu’ils nous promettent qu’ils vont « bientôt relever leurs taux, bientôt relever leurs taux », mais lorsque la date de la réunion suivante arrive, rien ne se passe. C’est du Yellen tout craché. Le titre de mon rapport cette semaine, à l’attention de mes clients institutionnels, était : « Ils mentent » (rires). Car c’est ce que font les banques centrales,  elles mentent.

Elles n’arrêtent pas de dire que l’économie se porte mieux et qu’elles vont relever les taux. Alors que simultanément, les ventes de voitures neuves sont en baisse de 4 % sur les 12 derniers mois, que la production industrielle est en baisse de 1 % sur les 12 derniers mois, l’indice manufacturier ISM vient de baisser de 3 points pour s’élever à 49,4, soit en dessous de 50, ce qui signale une récession. L’indice des services ISM affiche quant à lui 51,4, soit une baisse de 4 points par rapport au mois dernier. C’est énorme.

La désinformation de la Fed et la copine d’Obama

Nous sommes sur le point de basculer en récession. Lorsque la Fed se décidera enfin à bouger, je m’attends à ce qu’elle opte en fait pour une politique accommodante. Ils attendent simplement la prochaine élection pour bouger tout en faisant de la désinformation pour que les gens aient confiance en l’économie avant l’élection afin que la copine d’Obama soit élue.

Mais une fois l’élection passée, nous allons nous rendre compte que nous sommes déjà en récession, ou sur le point d’en connaître une. C’est très positif pour l’or et mauvais pour le dollar. (…) »

 

 

 

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Fed taux

Les analystes qui affirment que la Fed s’est elle-même prise au piège avec ses achats massifs de Treasuries sont légions. Charles Himmelberg, analyste de chez Goldman Sachs, a pris la peine d’évaluer les pertes que subirait le marché obligataire en cas d’une hausse des taux de 1 % (ce qui signifie que nous serions encore loin de la moyenne historique…). Lorsqu’on prend connaissance du montant de l’ardoise, le fait que la Fed est faites comme un rat devient incontestable !

Zero Hedge, qui a commenté cette analyse dans cet article du 4 juin, explique qu’après 7 années de guerre des devises, les banques centrales, dévaluant tour à tour afin de désespérément tenter de relancer la machine enrayée de la croissance, ont fait chuter les taux obligataires si bien qu’aujourd’hui, un total de 10 trillions de dette à travers le monde « offre » un rendement négatif, ce qui signifie que vous devez payer pour avoir le privilège de prêter votre argent à un état souvent surendetté ! Tant que les taux ne grimpent pas et que les obligations trouvent preneur, cette stratégie est relativement sure. Par contre, un risque majeur se profile si les banques centrales se mettent à serrer la vis.

Parmi les partisans d’un planning de hausse des taux plus agressif, il y a notamment les banques, désireuses d’augmenter leurs revenus. Cependant, celles-ci, à l’instar de Matt Dimon, ne prennent pas en compte les pertes que les détenteurs d’obligations à long terme acquises dans le passé devront encaisser en cas de hausse des taux (vu que la valeur d’une obligation évolue en sens opposé des taux).

Quel est le risque ? D’après Charles Himmelberg de Goldman Sachs, en cas de hausse des taux du pourcent souhaité par Dimon, la perte de valeur devrait s’élever entre 1 et 2,4 trillions de dollars ! Pour remettre ces montants dans leur contexte, même l’estimation basse d’un trillion serait supérieure de 50 % aux pertes du crash obligataire de 1994, ainsi que plus élevée à l’ensemble des pertes accumulées jusqu’à présent sur le marché des titres adossés à des créances hypothécaire (MBS, titrisation du crédit hypothécaire). En cas de normalisation des taux à leur niveau historique (3,5 %), les pertes s’élèveraient à 3 trillions de dollars.

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Article de Casey Research, publié le 29 septembre 2015 :

« Le marché obligataire est en mode alerte… Les meilleurs investisseurs surveillent de près le marché obligataire pour savoir vers où la bourse et l’économie en général se dirigent. Le marché obligataire, sur lequel les sociétés et les pays empruntent, est bien plus massif que les marchés actions. Lorsque des fissures apparaissent dans les fondations économiques d’un pays ou d’un secteur, des signes sont visibles en premier lieu sur le marché obligataire.

Actuellement, l’augmentation de l’écart des taux sur le marché obligataire indique que l’économie est en difficulté. Depuis juillet, le taux des obligations de qualité a augmenté tandis que celui des obligations américaines a baissé.

Les obligations de qualité sont émises par des sociétés à la situation financière saine. Habituellement, lorsque l’économie est forte et que les investisseurs ont confiance dans la capacité de remboursement des emprunteurs, les taux des obligations de qualité évoluent de concert avec ceux des Treasuries. Ces obligations sont considérées comme une valeur refuge car leur valeur est garantie par la capacité du gouvernement à taxer 320 millions d’Américains.

Mais comme vous pouvez le voir ci-dessus, les taux des obligations de qualité grimpent tandis que les taux des obligations américaines baissent.

Vous n’entendrez pas les journalistes de CNBC le mentionner, mais les investisseurs professionnels observent cet écart quasi quotidiennement. C’est dire son importance. Cet écart est en bonne voie de s’accentuer pour la seconde année consécutive… pour la première fois depuis la dernière crise financière de 2007 et 2008. (…)

D’autres messages désagréables sont émis par le marché obligataire

Dimanche dernier, Bloomberg Business a déclaré que l’écart entre les obligations pourries et les Treasuries n’a plus été aussi important depuis 2012.

Les obligations pourries (junk bonds) sont des actifs risqués qui offrent un rendement élevé. Les sociétés qui les émettent sont généralement dans une situation financière bancale… Ce qui explique pourquoi elles doivent payer des taux d’intérêt plus élevés.

Les effets d’un ralentissement économique se manifestent le plus souvent à travers ces sociétés avant d’atteindre les entreprises plus stables. Un marché des obligations pourries qui vacille est donc un signe annonciateur de ce qui attend le reste de l’économie.

Voici ci-dessous les évolutions de l’ETF iShares iBoxx $ High Yield Corporate Bond (HYG), l’ETF obligations pourries. HYG a baissé de 6 % le mois dernier.

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Le marché obligataire réagit à 7 années d’argent facile

La Fed a baissé ses taux à presque zéro en décembre 2008. Elle les a maintenu ainsi jusqu’à aujourd’hui. Le taux directeur de la Fed affecte pratiquement tous les autres taux d’intérêt. Les taux des crédits hypothécaires, des prêts étudiants et des obligations d’entreprises sont tous très proches de leur plus bas record.

Malgré l’augmentation du coût du crédit pour les entreprises, emprunter de l’argent reste très bon marché aujourd’hui. Comme l’a écrit le Washington Post la semaine dernière :

« Les taux sont aujourd’hui plus bas que durant l’époque de Roosevelt, de Napoléon, d’Henri VIII, de Gengis Khan, de Charlemagne, de Jules César, d’Alexandre le Grand ou même d’Hammourabi. Ou, si vous souhaitez dater la chose, au plus bas depuis que les anciens Sumériens firent les premiers crédits, remboursables en argent métal ou en céréales, en 3000 avant Jésus-Christ. »

Avec des taux d’intérêt au plus bas depuis 5000 ans…

Des millions d’Américains ne se demandent plus s’il est sage d’emprunter autant, mais plutôt combien ils peuvent obtenir. Pendant des années, aucune idée de business ne fut assez stupide pour ne pas être financée… Aucune vente de voitures à 120.000 $ à un acheteur qui ne peut pas se le permettre n’a été manquée… aucune maison surévaluée n’est resté sur le marché pendant plus d’un mois.

On appelle cela l’économie du Pays des Merveilles. 7 années de taux 0 ont gonflé les prix de presque tout. Mais les mouvements récents du marché obligataire montrent que des fissures apparaissent chez Alice.

Bill Gross pense aussi que les taux zéro ont créé un beau foutoir

Bill Gross a fondé PIMCO en 1971. Sous sa direction, c’est devenu le fonds obligataire le plus important du monde. Aujourd’hui, Gross gère son propre fonds obligataire chez Janus capital. Il est surnommé le « Bond King ». Il a déclaré :

« Des taux bas ou à zéro semblent faire des merveilles pour les prix des actifs et semblent stabiliser pour un temps les économies mais ils ont des effets pervers. Et tandis que de tels taux deviennent la norme souhaitée, les effets pervers empirent. (…)

Ils détruisent les modèles économiques, par exemple ceux des sociétés d’assurances et des fonds de pension. »

Nos lecteurs savent que le système public des retraites est voué à la catastrophe. Les caisses de retraite publiques ont fait des promesses de paiements de trillions de dollars qui ne sont pas tenables. (…) Les faibles rendements expliquent en grande partie le sous-financement de ces caisses. Les fonds de pension publics américains tablent sur un rendement de 8 % par an en moyenne. Il s’agit d’un objectif élevé dans un climat économique normal. Mais dans notre monde de taux zéro, c’est quasi impossible. L’année dernière, ces fonds ont gagné en moyenne 3,4 %.

Gross poursuit :

« Avec des taux d’obligations corporate à 2-3 %, il est évident que pour payer les retraites, les soins de santé et autres avantages sociaux futurs, les actions devront augmenter de 10 % par an afin d’atteindre les objectifs nécessaires. Un objectif purement comptable qui sera confiné à l’imagination. »

BlackRock, le plus gros gestionnaire de patrimoine du monde, opine. Il s’attend à ce que 85 % des caisses de pension américaines fassent faillite dans les 30 ans à venir. (…) »

À force de jouer les apprentis sorciers en intervenant sans cesse sur les marchés, la Fed a provoqué des distorsions qui l’obligent désormais à faire le grand écart. Dans sa dernière intervention sur KWN, Eric Sprott explique pourquoi la Fed pourrait en être désormais réduite à souhaiter un crash boursier :

« Sur le marché des obligations américaines vous avez les 2 grands acheteurs, la Chine et les pays de l’OPEP (exportateurs de pétrole), qui sont désormais vendeurs. Bien sûr, l’une des pensées qui m’a traversé l’esprit est que la Fed souhaite peut-être une baisse des actions car elle a besoin d’acheteurs pour ces obligations.

La Chine vend pour 60 à 70 milliards d’obligations par mois, les pays de l’OPEP ont également dû vendre en raison du cours actuel du brut. D’autres entités se voient également dans l’obligation de liquider pour se financer.

Il y aura donc un gros problème sur le marché obligataire si les acheteurs ne se présentent pas. On pourrait donc assister à une baisse des marchés actions afin de donner de l’air au marché obligataire car si celui-ci n’est pas stable, cela dégénérera.

Eric King : passons désormais au sujet du marché physique de l’or et de l’argent. Les nouvelles concernant la tension qui y règne sont nombreuses.

Eric Sprott : « oui, beaucoup de choses intéressantes se déroulent en ce moment, et la situation du Comex n’est pas la plus inintéressante. Les inventaires de métal physique ont chuté à 5 tonnes. Une telle quantité représente peu d’argent, environ 150 millions de dollars.

Le ratio or papier or physique y est de 252. Cela signifie que si plus de 0,4 % des contrats future demandent la livraison de leur métal, les coffres seront vides.

Cela dit, cela ne veut pas dire que les chiffres sont corrects, mais le Comex a déjà perdu 89 tonnes d’or cette année. Le même phénomène a lieu sur les autres bourses d’échange. Le Comex est donc dans une situation très délicate.

Imaginez que vous soyez l’une de ces entités qui shortent l’or. Que penseriez-vous aujourd’hui si vous constatez qu’il n’y a que 5 tonnes qui vous séparent d’une espèce d’Armageddon ? »

Egon von Greyerz

Interview d’Egon von Greyerz du 7 mai 2015 (King World News) :

« En ce moment, j’observe attentivement les marchés obligataires. Sur les marchés de la dette des États-Unis et de l’Allemagne, nous avons assisté à des hausses élevées des taux durant ces dernières semaines.

Si on prend les bons du Trésor américains à 10 ans, par exemple, ils sont passés de 1,6 à 2,2 %. Cela correspond à  une hausse du taux de 40 %. Nous avons assisté à un mouvement similaire sur les Bunds allemands.

Risque sur des dizaines de trillions de dollars

Il s’agit selon moi d’un signe que les investisseurs prennent en compte le risque. En effet, le marché obligataire est la plus grosse bulle de toutes. En ce moment, nous avons des nations industrialisées majeures et des régions comme les États-Unis, l’Union européenne et le Japon qui émettent de la dette qui ne sera jamais remboursée. C’est garanti sur facture. Or, cela concerne d’énormes marchés, pesant des dizaines de trillions de dollars.

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Fed-Bernanke-Dr-RobertsLe Dr Roberts, que l’on pourra difficilement qualifier d’adepte de la théorie du complot, vu ses états de service au Trésor, nous revient pour une interview dans laquelle il explique pourquoi la Fed est désormais totalement coincée.

Dr Roberts : « comment la Fed pourrait arrêter de faire tourner la planche à billets ? Si elle le fait, les marchés s’effondreront. Lorsque les taux obligataires vont s’envoler et que la valeur des Treasuries va donc s’effondrer, la valeur des produits dérivés basés sur les obligations que les banques possèdent va également s’effondrer, ramenant de plus belle le problème de solvabilité sur la table.

La politique de la Fed, tout au long de ces années, qui avait pour seul but d’augmenter la solvabilité des banques, aura donc été inutile si le marché obligataire s’effondre.

Ils sont donc obligés de continuer à imprimer. Cela aura évidemment des conséquences. Il s’agit d’un château de cartes, qui finira tôt ou tard par s’écrouler. D’habitude, le feu est mis aux poudres via le taux de change.

Je commence à croire que l’objectif du partenariat transpacifique et du partenariat transatlantique que Washington est en train de négocier est de pousser les pays européens et asiatiques, Chine exclue, à entrer dans des relations structurées de commerce avec les États-Unis. Cela obligerait les autres pays à soutenir le dollar en mettant en place des accords bilatéraux en dollars.

L’objectif serait donc la dollarisation avec l’Europe et l’Asie, ce qui obligerait tout le monde à soutenir le billet vert. Cela permettrait donc à la Fed de faire tourner la planche à billets pendants un peu plus longtemps. Mais un jour cela devra s’arrêter. Tôt ou tard, la masse monétaire créée aura un impact sur les prix à la consommation ; les gens finiront par ne plus avoir confiance et abandonneront le dollar.

La Fed a bâti un château de cartes

La Fed a bâti un château de cartes et n’a pas de porte de sortie. Elle ne peut que poursuivre dans son entreprise, tout en sachant que cela finira par se payer. Est-il possible qu’elle évite le pire ? Ce serait bien la première fois (rires) ! Quand est-ce que tout cela va s’écrouler ? Je n’en sais rien. La Fed fait tout ce qu’elle peut pour faire durer son système.

Eric King : « quand on voit ce qui s’est passé sur les marchés de l’or et de l’argent, pensez-vous que la Fed ait participé à la baisse ? »

Dr Roberts : « je crois qu’il y a eu des positions short prises spécifiquement pour faire baisser le cours, et donc protéger le dollar. La Fed est coincée jusqu’à ce que tous ces désaccords bilatéraux de commerce aient été mis en place. Si le prix en dollars de l’or augmente rapidement, cela remet en question le taux de change du dollar par rapport aux autres devises, et met donc en danger l’assouplissement monétaire.

Comment le dollar pourrait-il valoir toujours autant d’euros ou de yens si l’or grimpe rapidement ? Si cela se passe, les gens voudront sortir du dollar, ce qui signifie aussi que la valeur des actifs libellés en dollars baissera. La Fed perdrait alors le contrôle du marché obligataire. Tous leurs efforts de ces dernières années deviendraient inutiles. C’est pourquoi je pense qu’ils manipulent le cours de l’or à la baisse, afin de donner l’illusion que le dollar n’a pas d’alternative. Mais un beau jour, ils ne seront plus en mesure de le faire.

Nous sommes en train de voir un Empire, qui a été trop ambitieux, ne plus pouvoir se financer, malgré ses marionnettes de l’OTAN, mais qui cherche tout de même à maintenir son hégémonie. C’est pourquoi il va continuer à se surexposer, à faire des choses non éthiques et illégales, comme manipuler les marchés et mentir. Savoir comment tout cela va se terminer est très difficile. Nous vivons des temps très incertains. »

Source : interview du Dr Roberts sur KWN à propos de la Fed.

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Art-Cashin-Marche-Obligataire-OrCela fait plus de 50 ans qu’Art Cashin opère en tant que trader sur les marchés. Voici son sentiment sur la situation actuelle, notamment sur le marché de l’or.

King : « Art Cashin, quel est votre sentiment sur le marché de l’or actuel ? Il y a énormément de positions short du côté des hedge fund et des investisseurs particuliers. Que cela augure-t-il ? »

Art Cashin : « cela pourrait être terrible. Il se passe de nombreuses choses en même temps. D’abord, la backwardation sur le marché des futures de l’or. Si je ne m’abuse, cela n’est arrivé que 4 fois ces 10 dernières années, la plupart du temps lorsque l’or avait atteint son plus bas.

Ensuite, Bernanke, avec son dernier discours, a pris le contre-pied de ces positions short. Cela pourrait avoir des effets dramatiques, car beaucoup sont positionnés de cette façon. Personnellement, je voudrais voir le plus bas être testé à nouveau. Si nous devions retourner légèrement en dessous de 1200 $ et assister à une résistance, on pourrait voir une réaction intéressante. Ces gens qui ont des positions short, et qui sont déjà nerveux, pourraient réagir.

N’oubliez pas que lorsqu’on couvre une position short, ce n’est jamais une décision réfléchie. C’est un signe de nervosité. La décision est souvent prise au seuil de la panique, il s’agit d’une réaction émotionnelle. C’est pourquoi les mouvements initiés par une couverture sont toujours violents. »

Eric King : « Art Cashin, vous êtes l’un des traders les plus jeunes à avoir démarré à Wall Street. Cela fait plus d’un demi-siècle que vous faites ce métier. Quels sont vos inquiétudes en ce moment ? »

Art Cashin : le contrôle de la Fed du marché obligataire semble très fragile

Art Cashin : « les problèmes géopolitiques (note : petit clin d’œil à Nouriel Roubini…). Je suis littéralement sidéré de voir à quel point le marché a quasi totalement ignoré les risques géopolitiques. En attendant, le baril de brut est en train de s’envoler. Mais le manque de contrôle sur le marché obligataire de la Fed m’inquiète aussi. Il semble très fragile.

Si le marché obligataire commence à bouger malgré les efforts de la Fed, si les chiens de garde (bond vigilantes) pour le retour, cela pourrait saigner. Comme je l’ai déjà dit, en cas de souci économique, si on retourne dans une nouvelle récession, la Fed n’aura plus aucun lapin à sortir de son chapeau.

Ils ont utilisé tous les outils à leur disposition. Pourraient-ils recommencer à utiliser les recettes essayées ? Oui, mais on a vu que les effets furent très légers. Je me demande donc, que vont-ils faire lorsque le prochain incendie va se déclarer ? »

Source : interview d’Art Cashin sur KWN

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Dans cette interview, Jean-Marie Eveillard, qui supervise la gestion d’un fonds de 65 milliards de dollars, donne ses impressions sur l’état du marché obligataire ainsi que sur le marché de l’or.

Eric King : « Apparemment, les Allemands viennent d’admettre que la BCE devra faire tourner la planche à billets, ils sont prêts à l’accepter. »

jean marie eveillard marché obligataireEveillard : « Eh bien, vous savez que les Allemands, après avoir dit non, ont toujours fini par suivre l’opinion des français, italiens espagnols et autres. Ils se plaignent, mais finissent par presque toujours capituler. Je ne suis même pas sûr que la population allemande soit au courant que l’Allemagne, et donc le contribuable allemand, est déjà redevable d’un certain montant. Je ne serai également pas surpris de savoir que Mario Dragi ait mis les Allemands sous pression afin de faire tourner la planche à billets.

On continue de suivre le même modus operandi. L’Allemagne dit non, puis finit par plier. C’est ce qui se passe encore dans ce cas de figure. C’est vrai que la BCE n’avait pas fait tourner la planche à billets pendant un certain temps, mais maintenant, ils ont relancé la machine. Comme toutes les banques centrales à travers le monde.

Lorsque la crise financière a éclaté en 2008, Obama et Bernanke ont déclaré : « nous ferons le nécessaire » (pour surmonter la crise). Il est vrai qu’il ne faut pas croire les politiciens sous parole, car ce sont des menteurs professionnels, mais quand ils disent qu’ils « feront le nécessaire » en ce qui concerne les marchés financiers, ils pensent ce qu’ils disent.

Ils ont réussi à éviter de gros problèmes, mais c’est temporaire. Aujourd’hui, toutes les banques centrales ont recours à la planche à billets, ce qui entraîne une dévaluation de toutes les monnaies. La Fed le fait, la banque du Japon le fait, et maintenant la BCE.

C’est évidemment l’argument massue pour posséder de l’or : il s’agit d’une assurance contre les devises traditionnelles. Aucune d’entre elles n’est digne de confiance, que ce soit l’euro, le yen ou le dollar.

E. King : « Les Japonais sont engagés dans un assouplissement monétaire énorme et achète des obligations américaines. Le marché obligataire japonais est également en train de se détériorer. Qu’en pensez-vous ? »

Jean-Marie Eveillard : « Les Américans se demandent : mais que se passe-t-il ? Ils voient bien le marché obligataire japonais se détériore méchamment. Par contre, je pense qu’ils estiment que le marché obligataire américain est toujours OK. Mais si une banque centrale fait tourner la planche à billets, notamment pour acheter des obligations à long terme, cela permet de maintenir des taux bas. Mais, par la suite, si trop d’argent est créé, la monnaie sera dévaluée, ce qui signifie que les obligations perdent de la valeur. Les assouplissements monétaires sont donc en définitive très mauvais pour le marché obligataire. »

E. King : « Cela va-t-il entraîner une catastrophe financière au Japon ? »

« Il y a un risque. Les investisseurs commencent à dire : « ils veulent une inflation de 2 %, au lieu d’une déflation modeste. En cas de réussite, pourquoi les obligations japonaises à 10 ans devraient avoir un rendement inférieur à 1 %. ? Donc oui, il y a un gros risque de catastrophe au Japon, mais le marché américain des obligations n’est pas non plus à l’abri, même si le risque est moindre. »

Source : KWN