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Marché

Le livre « Flash Boys » de l’auteur financier américain à succès Michael Lewis continue de faire des remous. Pourtant, un autre ouvrage d’un auteur moins connu, Scott Paterson, « Dark Pools : the rise of the machine traders and the rigging of the US stock market », paru en juin 2013, avait reçu moins de publicité, alors qu’il comportait quelques bombes.

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Ce livre rapporte notamment le discours qu’a tenu Tomas Peterffy le 11 octobre 2010 au Salon Opéra de l’Intercontinental Le Grand hôtel de Paris. Thomas Peterffy est loin d’être un inconnu à Wall Street : le milliardaire fondateur de Timber Hill et Interactive Broker est tout simplement considéré comme le père du trading à haute fréquence. Ce jour-là, il a médusé le parterre de financiers et politiques de la World Federation of Exchanges devant lequel il s’est adressé.

« Une bourse d’échange était un lieu, oui, un lieu physique, où les gens se rassemblaient pour acheter et vendre, en espérant obtenir le meilleur prix. Plus la bourse d’échange était capable d’attirer tous les acheteurs et les vendeurs potentiels d’un produit, plus les prix d’une bourse d’échange reflétaient le véritable état de l’offre et de la demande. »

C’était le bon vieux mantra : la liquidité entraîne la liquidité. Mais quelque chose a changé.

« Durant les 20 dernières années, les ordinateurs ont débarqué, ainsi que les communications électroniques, les bourses d’échange électroniques, les dark pools, les ordres flash, la multiplication des bourses, les bourses d’échange alternatives, les courtiers à accès direct, les dérivés OTC, le trading à haute fréquence, etc. Si bien qu’aujourd’hui, c’est un énorme foutoir. »

À ce moment, l’audience est déjà abasourdie. Peterffy n’a même pas pris la peine d’essayer de détendre l’atmosphère en lançant une blague ou une anecdote. Il va droit au but, alors que la majorité du public est loin d’apprécier ce qu’il entend :

« Le problème n’est pas que le grand public n’a pas confiance en son courtier. Ils n’ont plus confiance dans les marchés, dans les bourses d’échange, ainsi que dans les régulateurs. Et pourquoi devraient-ils avoir confiance, vu ce qu’il s’est passé durant les dernières années ? Pour le citoyen, les marchés financiers peuvent s’apparenter de plus en plus à un casino, à la différence que les casinos sont plus transparents et plus simples à comprendre. »

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Casino_Marche-Or-Argent« Quiconque pénètre pour la première fois dans un casino de Las Vegas ne peut oublier cette expérience. Les casinos sont des versions indoor du Circus maximum ou du Colisée du temps des Romains. Dans un casino, vous êtes dans un monde qui a été créé pour vous faire perdre toute notion du temps et d’orientation. Les joueurs sont certains de trouver leur bonheur, quel qu’il soit.

Tout commence lorsque vous convertissez votre argent officiel en supports créés par le casino, comme les jetons, afin de pouvoir jouer. Lorsque vous avez fini, vous avez l’opportunité d’échanger à nouveau vos jetons contre de l’argent papier.

On peut considérer les jetons comme une monnaie dérivée de la monnaie nationale, qui elle-même est un produit dérivé de la confiance du gouvernement qui l’émet. En fait, un casino ressemble à un pays. Il émet sa propre monnaie, qui est échangeable contre d’autres devises.

En théorie, pour chaque unité de devise nationale doit correspondre une unité de devises Casino. Imaginons que celui-ci ait dépensé votre argent pour couvrir ses frais ou acheter des actifs. Mais en fait, les gérants de casinos savent que seulement une petite partie des clients échange leurs jetons contre la devise nationale.

Ce qui permet au casino d’utiliser cette différence pour mener d’autres activités lucratives. Si tous les joueurs allaient en même temps à la caisse récupérer leur argent, il y aurait un problème. C’est exactement ce qui s’est passé à Chypre.