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Marchés

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La Maison Blanche

Durant ces derniers jours, nous avons connu le prévisible comme l’imprévisible. Mercredi après-midi, le Comité de la Fed a voté en faveur du statu quo en ce qui concerne ses taux, tout en signalant qu’une hausse est à l’agenda de la réunion de décembre. Tout ceci était attendu, en adéquation avec ce que j’avais signalé à mes lecteurs, il y a des semaines.

Cela fait longtemps que j’affirme que la Fed relèvera son taux directeur en décembre. Aujourd’hui, les attentes des marchés se sont alignées sur cette opinion, si bien que la voie est libre pour que la Fed agisse enfin. Certains commentateurs suggèrent qu’une victoire-surprise de Trump, le 8 novembre, pourrait faire dévier la Fed de sa trajectoire, mais cela ne sera pas le cas.

Il est vrai qu’une victoire de Trump pourrait faire chuter la bourse de 10% durant la première séance. Mais lorsque j’en ai discuté récemment, à l’occasion d’un dîner avec Bill Dudley, président de la Fed de New York, il a déclaré : « ce n’est pas notre travail » de soutenir les marchés. Il a également remis en question le lien entre le relèvement des taux de décembre et la forte baisse des marchés de janvier 2016.

Mis à part l’élection, toutes les étoiles sont alignées pour un relèvement des taux. Le FMI a donné son feu vert en termes d’attentes des marchés émergents. Des voix résolument conciliantes, comme celles de Charles Evans de la Fed de Chicago et de Lael Brainard, se sont soit élevées en faveur de la hausse des taux, soit restées silencieuses dernièrement.

La seule chose susceptible de faire dévier la Fed de sa course serait que la simple correction de 10% des marchés, en cas de victoire de Trump, se transforme en effondrement de 15 à 20%, avec une contagion mondiale. Néanmoins, après la correction de 10%, je m’attends à ce que les investisseurs se penchent davantage sur la politique de Trump (faible taxation, simplification des régulations et dépenses d’infrastructure) pour apprécier ce qu’ils découvrent. Ce qui signifie que les marchés actions pourraient connaître un rebond post-élection, peu de temps après l’éventuelle correction.

Mais aujourd’hui, une hausse des taux en décembre est au programme et quasiment rien ne pourra l’empêcher. ( …)

Les marchés ont-ils intégré une victoire de Trump ?

Par contre, la vitesse à laquelle les marchés s’ajustent à la montée en puissance de Trump est inattendue. Chacun a sa propre opinion sur Clinton et sur Trump. S’il s’agissait simplement d’opinions politiques, je n’en parlerais pas. Mais cette élection aura un gros impact sur les marchés, donc les investisseurs doivent la suivre de près.

Il y a quelques semaines, j’avais prévenu mes lecteurs d’un choc sur les marchés, en cas de victoire de Trump. Les marchés étaient entièrement positionnés pour une victoire de Clinton ; en cas de victoire de Trump, un ajustement violent aurait donc eu lieu.

Je m’attendais à ce que cet ajustement soit compressé dans une fenêtre réduite, à proximité du jour de l’élection, du 8 novembre, tard, jusqu’aux petites heures du 9 novembre. Je m’attendais à une baisse de 10% des marchés actions ainsi qu’à une hausse de l’or de 100$ l’once.

Mais, en fait, ce processus a déjà démarré et il aura lieu en plusieurs étapes, au lieu d’être concentré sur le 8 novembre. Depuis vendredi dernier, les marchés actions ont baissé de 1,6%, tandis que l’or a grimpé de 40$ l’once. Cela s’explique par les fuites du FBI et le nouvel élan substantiel de Trump. Si les ajustements des marchés pour une victoire de Trump ont commencé, ils sont loin d’être finis. Les marchés doivent encore baisser de 8%, tandis que l’or est bien parti pour grimper de 60$ supplémentaires l’once, entre aujourd’hui et mercredi.

Je m’attends à ce que Trump remporte l’élection présidentielle du 8 novembre. Ce sera néanmoins serré, ce qui signifie encore que Clinton pourrait gagner. La recherche indique qu’une victoire de Clinton devrait mener le S&P à environ 2150 points, une victoire de Trump à 1950 points, tandis qu’une incertitude couperait la poire en 2 à 2050 points. (…)

Il est donc possible de se positionner, comme pour le Brexit. Si Clinton gagne, vous pouvez inverser vos positions à faible coût, tandis que si Trump gagne, vous pourrez engranger de gros profits ou simplement éviter de grosses pertes. (…) En bref, pile vous gagnez, face vous ne perdez pas, étant donné qu’en cas de victoire de Clinton les marchés sont déjà positionnés pour une telle issue. (…) Mais pour en profiter, vous devez vous positionner dès maintenant, en évitant d’attendre mercredi. (…)

Article de Jim Rickards, publié le 4 novembre 2016 sur DailyReckoning.com

Egon von Greyerz

Interview d’Egon von Greyerz publiée par KWN :

«  Nous sommes désormais en septembre 2015. Il se peut que nous soyons sur le point d’entrer dans une période qui va secouer la planète entière. Je m’attends à des baisses dévastatrices des bourses du monde entier déclenchées par des événements inattendus, qu’ils soient d’ordre financier ou géopolitique.

Des années sombres sont devant nous alors que les mauvaises nouvelles s’accumulent. Il suffit d’ouvrir les yeux. Le Brésil est en récession alors que sa devise s’effondre, elle a chuté de 50 % depuis 2011. La note du pays va probablement être abaissée à « junk » (obligations pourries).

Si on se tourne vers la Corée du Sud, la production industrielle y a chuté de 15 % en août. Les Coréens pourraient bien voir la valeur de leur devise encore baisser. Aux États-Unis, une famille des classes moyennes n’a même plus les moyens de vivre dans les zones métropolitaines les moins chères du pays. Le marché américain de l’immobilier se contracte. Le PMI de la Chine est en baisse tandis que la situation économique en Europe continue de se détériorer. Ce constat risque de s’aggraver en s’accélérant dans tous ces pays dans les mois à venir.

Le PIB du Canada a baissé de 0,5 % au T2. En Europe, Draghi vient de remettre une couche de QE afin de sauver l’Europe. Désormais, la BCE va acheter jusqu’à 33 % des obligations de n’importe quel pays membre. Donc jusqu’à 1/3 de cette dette non viable sera achetée par la BCE. Ce pourcentage, qui était de 25 %, a été porté à 33 % car il s’agit d’une dette invendable.

L’effondrement de l’économie mondiale

Draghi a également déclaré que la débâcle des marchés émergents menace la croissance mondiale. Il a tort. Ils ne menacent pas la croissance mondiale mais de provoquer l’effondrement de l’économie mondiale. Du côté du Japon, la banque centrale monétise des sommes supérieures aux déficits budgétaires du pays.

Aux États-Unis, Robert Schiller vient juste d’affirmer que le Dow Jones ne devrait pas être à 16.000 points mais plutôt autour des 11.000. Cela correspond à une baisse des actions de 30 %. Des plans de réduction des effectifs sont annoncés un peu partout. En 2015, il y aura 650.000 suppressions de postes, un record depuis 2009.

Les banques centrales paniquent parce que la liquidité s’assèche alors que les réserves en devises fondent comme neige au soleil. L’année dernière, elles avaient déjà baissé de 600 milliards. Cet événement a été provoqué par la sortie des capitaux, ce qui est synonyme de contraction mondiale. La Chine a utilisé l’afflux massif de devises étrangères pour doper son économie durant les 15 dernières années. Ces flux entrants sont désormais de l’histoire ancienne.

Cela va clairement exacerber et accélérer le déclin mondial. Et tandis que celui-ci poursuit sa descente, les banques centrales sont coincées. Nous avons déjà assisté à un regain dramatique de la volatilité des bourses mondiales mais ce n’est que le début. Chaque jour, le Dow Jones monte ou descend de quelques centaines de points.

Il est désormais clair que les bourses mondiales sont engagées dans un marché baissier qui va durer des années. Nous allons assister à des chutes massives, surtout dans les mois à venir. Lorsque ce marché baissier sera terminé, de nombreux marchés auront perdu jusqu’à 90 % en termes réels. En août, de nombreuses bourses ont perdu 20 % en un seul mois.

La situation est chaotique en Arabie Saoudite à cause de la chute des cours du brut. Son déficit extérieur courant chute de façon dramatique et son déficit budgétaire est désormais de 20 % du PIB. Un prix du pétrole bien plus élevé est la seule chose qui peut sauver l’Arabie Saoudite de l’effondrement et de des troubles sociaux.

À chaque fois que je me rends à Dubaï je suis frappé par les excès de ce pays. Ce pays n’a pas pétrole, il a simplement des services financiers ainsi que l’une des bulles immobilières les plus importantes du monde. Je m’attends à un effondrement total de Dubaï dans les années à venir.

À Hong Kong, quasi tous les bâtiments principaux disposent de leur centre commercial dont la plupart des magasins sont vides. J’avais déjà signalé cette tendance il y a 2 ans sur KWN et aujourd’hui la situation dégénère alors que les grandes marques ne peuvent plus se permettre de payer les loyers exorbitants de Hong Kong.

Des bulles partout

Il y a donc des bulles partout mais comment pourrait-il en être autrement dans un monde qui a dépensé 200 trillions à crédit durant les 100 dernières années ? Avant la fin de cet épisode nous assisterons à l’implosion de la majorité de ces 200 trillions de dollars et de tous les actifs qui y sont liés comme les actions, l’immobilier et les obligations. Et alors que les actifs mondiaux s’effondrent, les gouvernements créeront de la nouvelle monnaie par multiples de ces 200 trillions tandis que l’hyperinflation dérape et que le marché des produits dérivés pesant 1,5 quadrillion de dollars implose. (…)

Lorsque cela arrivera, nous aurions bien d’autres soucis que celui de préserver notre patrimoine. Mais pour ceux qui ont quelque chose à protéger aujourd’hui, l’or physique l’une des rares solutions pour éviter la destruction totale de son patrimoine et préserver son pouvoir d’achat.

Vu les troubles sociaux qui se manifesteront à travers le monde, il est absolument critique de conserver son or dans les coffres les plus sûrs du monde. (…) »

Depuis 2008, la Fed fait la pluie et le beau temps sur les marchés. Les fondamentaux deviennent secondaires, les investisseurs étant persuadés d’être couverts à tout moment. James Turk, le 23 mars 2015 sur KWN :

« Chaque semaine qui passe, les marchés financiers ne cessent de s’enfoncer dans la 4e dimension. Pour faire bref, c’est de plus en plus absurde. On peut citer à titre d’exemple tout le ramdam qui a été fait autour du fait que la Fed a supprimé le mot « patience » du communiqué de la dernière réunion de son comité. Ses communiqués sont selon elle des « directions à suivre ». À une autre époque, on les aurait qualifiés de ce qu’ils sont vraiment : de la propagande.

Ces communiqués de la Fed caressent les marchés dans le sens du poil afin qu’ils agissent comme elles le souhaitent. Et bizarrement, cela marche. Non seulement la Fed fausse les marchés avec ses politiques mais elle les oriente également avec ses communiqués. Les distorsions des marchés et de l’économie sont donc de plus en plus prononcées.

Une fin heureuse ?

Les acteurs qui surfent sur les tendances dominent les marchés aujourd’hui ce qui signifie qu’il y a de moins en moins d’investisseurs qui se concentrent sur la valeur. Cela ne pourra que déboucher sur une catastrophe car il y a tout simplement un nombre grandissant d’investisseurs qui pensent que la Fed pourra faire en sorte que cela finisse bien.

Ces cohortes d’investisseurs, délibérément ou pas, ignorent son passif en la matière. Ils ne lisent même pas en détail ce qu’elle dit. Dans son dernier communiqué, en petits caractères, elle a clairement revu à la baisse les perspectives  croissance de l’économie américaine. C’est pourquoi le baril de pétrole est toujours à moins de 50 $. La consommation d’énergie est en baisse parce que l’activité économique est faible. Des indicateurs comme les ventes de carburant poursuivent sur la tendance baissière qui a suivi le pic de l’effondrement de 2008, comme le graphique ci-dessus le montre.

Mais même si l’économie va moins bien que ce que la Fed avait anticipé, elle continue de chanter la même chanson. Elle veut conserver les taux près de 0 %. Cela va bientôt faire presque 7 ans que nous sommes dans cet environnement de taux zéro comme le montre le graphique ci-dessous.

taux-fed

Malgré toutes les preuves que cet environnement de taux bas n’aide pas l’économie, la Fed va les maintenir afin de prouver ses théories. Il y a trop de docteurs en économie sur la ligne de la Fed pour espérer un changement tandis que les épargnants américains ne sont pas organisés.

Il faut donc tirer une conclusion importante : même si l’économie va droit vers les poubelles (sic), les marchés actions grimpent pour une autre raison. Cette hausse boursière est le fruit des erreurs de la Fed comme ce fut le cas en 1929 et en 1999. Nous sommes dans un environnement dans lequel la Fed tue les épargnants pour maintenir à flot un système de crédit et de dépenses intenable. (…) »

La Russie vient de couper le robinet du gaz à 6 pays européens. Les tensions géopolitiques viennent s’empiler sur les risques systémiques financiers découlant de la déconfiture du pétrole. Plus que jamais, Richard Russell, fort de sa longue expérience des marchés, conseille d’acheter de l’or et de l’argent. Voici pourquoi :

Des marchés surévalués, quelle que soit la méthode

« Quelle que soit la méthode d’évaluation traditionnelle, les marchés sont surévalués. Par exemple, le ratio prix ventes est à des niveaux records. Le ratio entre la capitalisation boursière et le PIB (l’indicateur préféré de Warren Buffet) n’a été plus élevé qu’une fois dans l’histoire. Le Shiller CAPE (P/E cyclique ajusté) pour Standard & Poor’s est de 27. Tout au long de l’histoire, cet indicateur fut plus élevé seulement 2 fois : en 1929 et en 2000. Autrement dit, quel que soit l’indicateur orthodoxe observé, le marché actuel est dangereusement surévalué, il aurait dû faire l’objet depuis longtemps d’une correction ou d’un marché baissier.

Habituellement, les marchés haussiers finissent par entrer dans une grande exubérance. Ils se terminent à des niveaux bien plus élevés que ceux anticipés par les analystes. D’un point de vue purement comptable, ce fut jusqu’à maintenant un marché haussier fantastique. Les mouvements récents me font penser que les fondations pour la 3e phase, la phase finale, de ce marché haussier sont en place. Durant celle-ci, je m’attends à ce que les méthodes d’évaluation classiques soient ignorées. Je m’attends à ce que l’argent du monde entier afflue dans les marchés américains. (…)

L’ascendance de la Chine et l’adossement du yuan à l’or

Je m’intéresse tout particulièrement à la Chine, dont le PIB est sur le point de dépasser celui des États-Unis. Cela fera de l’économie de la Chine la plus importante de l’histoire.

L’objectif de la Chine n’a pas de régner sur le monde. Elle veut simplement traiter d’égal à égal avec les États-Unis. Pour y parvenir, la Chine souhaite se doter d’une monnaie qui soit aussi forte, ou plus forte, que le dollar. Tout le monde sait qu’il n’y a rien de tangible derrière la valeur du dollar. La Chine a donc l’intention d’adosser sa monnaie à l’or. Si le commerce mondial se fait avec cette monnaie, la Chine aura remporté une énorme victoire. L’histoire nous montre que l’or se trouve chez les nations les plus puissantes. Il s’agit donc de l’unique preuve dont la Chine a besoin pour faire jeu égal avec les États-Unis. Heureusement, la Chine n’est pas un état militariste. Elle souhaite simplement que sa voix soit entendue sur la scène politique internationale.

Achetez de l’or et de l’argent tant qu’il en reste

Une fois de plus, je suggère à mes abonnés d’acheter de l’or tant qu’il en reste. Lorsque toutes les monnaies papier se seront effondrées, l’or sera la dernière monnaie à tenir debout. Tôt ou tard, je pense que nous assisterons à une ruée sur l’or physique. De la même façon que l’or était haï il y a un an, il sera adoré et recherché dans un an. Acheter de l’or et de l’argent physique tant qu’il en reste. Les choses qui sont détestées deviennent toujours les choses adorées. (…)

Je pense que bientôt, l’or sera réintroduit dans le système monétaire international malgré les craintes qu’il inspire aux banques centrales. Il sera utilisé en tant que base d’un système monétaire plus juste et plus productif. (…) »

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Egon von Greyerz

Ebola a bon dos : à chaque nouvelle d’un cas potentiel de contamination, les soucis des marchés sont remis sur le compte de cette maladie qui existe pourtant depuis des décennies. Si cela n’aide pas, les raisons de ce revirement sont pourtant beaucoup plus profondes. Elles ont été évoquées par Egon von Greyerz durant sa dernière interview sur KWN :

Eric King : « Egon, vous aviez averti que les marchés actions allaient être victimes d’une baisse brutale. Nous avons assisté au début de cette baisse. Comment voyez-vous la suite des événements ? »

Egon von Greyerz : « il y a quelques semaines, la situation était très intéressante : les éléments fondamentaux et techniques avait opéré une jonction. Il devenait évident que nous allions assister à une chute prononcée sur les marchés actions mondiaux, à court et à long terme. Depuis, le Dow Jones a déjà perdu 1000 points.

L’explication est à chercher du côté de la fin du QE de la Fed. Les investisseurs euphoriques pensaient que la hausse énorme que nous avons connue depuis 2009, période durant laquelle les indices ont quasi triplé, était basée sur les fondamentaux. Ils n’ont pas compris que ce rally n’était dû qu’aux liquidités fournies par l’énorme création monétaire des banques centrales.

Le véritable souci, c’est qu’il n’y a pas de reprise économique. Il s’agit d’une illusion. L’économie réelle est dans les limbes, nous sommes désormais engagés dans une spirale négative qui va durer un bon bout de temps. Tout ce que nous avons vu, depuis 2007, c’est une fausse amélioration reposant uniquement sur la création monétaire et la dette, et ce au niveau mondial.

Depuis 2007, la dette américaine a doublé, passant de 9 à 18 trillions. La Fed a également créé 3 trillions de monnaie supplémentaire. On nous a annoncé que le déficit budgétaire de l’année dernière, qui a pris fin en septembre, fut de seulement 480 milliards de dollars. C’est curieux, parce que la dette américaine a augmenté de plus d’un trillion durant les 12 derniers mois. Cette différence entre le déficit budgétaire de 480 milliards et la dette de 1,1 trillion est due à des tours de passe-passe comptables.

On retrouve la même tendance à travers le monde. La dette en Chine et au Japon explose, ainsi qu’en Europe. Idem sur les marchés émergents. Alors que l’inflation est quasi nulle à l’échelle globale, cette dette ne pourra jamais être remboursée. Et dans la zone euro, 8 pays sont en déflation, tandis que 21 des 29 pays de la zone connaissent une inflation inférieure à 1 %, et que l’Allemagne connaît une croissance négative.

Mais le plus gros problème en Europe, c’est son secteur bancaire. Il a gonflé et ne pourra survivre qu’avec l’aide d’un assouplissement monétaire massif. Or, nous savons désormais qu’un QE ne permet que de gagner du temps. On estime que les banques « too big to fail » du monde ont besoin d’environ 900 milliards pour pouvoir satisfaire aux règles de Bâle III. D’où va provenir cet argent alors que le système est criblé de dettes ?

Alors que les marchés actions plongent, les gouvernements essayent désespérément d’acheter des titres. La Banque du Japon est désormais le plus gros détenteur d’actions japonaises. Nous savons également qu’elle achète quasi toutes les émissions obligataires de l’État (note : même si cela a un peu changé hier, les investisseurs préférant acheter des obligations japonaises que des actions ! http://www.zerohedge.com/news/2014-10-17/japanese-stocks-tumble-after-boj-bond-buying-operation-fails-first-time-abenomics). L’économie japonaise va s’effondrer sous le poids de sa dette.

Aux États-Unis, il y a la Plunge Protection Team qui se met en branle, et qui passe à l’achat sur les marchés américains une heure avant la clôture afin de les faire remonter. Mais elle joue un peu le même rôle que JP Morgan en 1929, lorsqu’il achetait des titres pour éviter le crash. Cela n’a marché que quelques jours. (…) »

or

Alors que la Fed est sur le point de mettre un terme au QE3, c’est la panique sur les marchés, sur lesquels la baisse s’accélère. Est-ce simplement momentané, ou les prémices d’un crash ? Et que se passera-t-il pour l’or ? Baisse comme en 2008, ou hausse ?

Dès la semaine dernière, Art Cashin avait anticipé les premiers signes d’une nervosité à laquelle on n’était plus habitué sur les marchés actions. Après que le S&P ait vu son support des 1925 points craquer, la baisse s’est accélérée, et cela pourrait continuer, toujours d’après Cashin :

« Si le support des 1790-1800 points devait aussi céder, nous pourrions assister à une nouvelle vague baissière. Ce support est similaire à celui de 1920 points, les conséquences seraient donc similaires.

Le marché est très, très nerveux. Ce matin (mercredi), il y a eu les nouvelles concernant l’État Islamique et Ebola, ainsi que le grand retour sur le devant de la scène de la Grèce, de nouveau pointée du doigt en tant que maillon faible de l’Europe. La bourse d’Athènes a perdu l’équivalent de 1000 points sur le Dow Jones. Ensuite, nous avons eu la publication aux États-Unis de chiffres décevants, ce qui a déclenché une vague de ventes.

Chose intéressante, à tous ces événements négatifs s’ajoutait le cours du pétrole, qui était presque en chute libre, mais à 9 h 45 il amorçait une remontée. (…) Il y a eu ensuite un rebond parce que le pétrole s’est stabilisé.

Eric King : comment expliquez-vous la panique qui s’est emparée des marchés ?

Art Cashin : une rumeur a circulé, selon laquelle certains hedge funds se retrouvaient obligés de liquider des positions, notamment concernant le pétrole. Cela a provoqué des problèmes. (…) »

Bill Fleckestein, toujours sur KWN, avait également affirmé la semaine dernière que l’on ne pouvait pas s’attendre à la fin du QE de la Fed sans conséquence sur les marchés, alors que la fin des QE1 et QE2 avait débouché sur des mouvements baissiers :

« Eric King : depuis votre prédiction de mercredi dernier, les marchés ont déjà baissé de 7 %. Quel est votre sentiment ?

Fleckenstein : à chaque fois que la Fed a annoncé la fin d’un QE, donc la fin de la création monétaire, jamais les marchés ne sont restés stables. Je savais que le marché n’avait pas pris en compte le fait que la seule raison pour laquelle nous assistions à une hausse, c’était la création monétaire de la Fed. La semaine dernière, la fin du QE était toute proche, pourtant les marchés se comportaient comme si la hausse était due au beau retour d’une croissance pérenne.

Le marché va devoir s’effondrer pour que la Fed remette une couche de QE, ou que le tapering soit reporté, ou qu’elle utilise les mots en promettant d’intervenir en cas de souci. Je ne sais pas quel niveau devra atteindre le Standard & Poor’s pour déclencher l’une de ces actions. Nous étions à environ 2000 points, nous sommes désormais à environ 1830. La Fed interviendra-t-elle à 1750, 1700 ou 1650. Je n’en sais rien. (…)

Eric King : lorsque la Fed sera obligée d’admettre qu’elle doit à nouveau intervenir, sa crédibilité ne sera-t-elle pas enfin remise en question ?

Bill Fleckenstein : de mon côté, ils n’ont déjà plus aucune crédibilité, donc je suis mal placé pour répondre à cette question. (…)

Eric King : la semaine dernière, vous avez déclaré que les métaux précieux pourraient avoir atteint leur plus bas. Depuis l’effondrement des marchés actions, le marché de l’or s’est redressé. Comment voyez-vous la suite des opérations ?

Fleckenstein : tout ce qui a poussé les gens à shorter l’or, à savoir la Fed toute-puissante, le dollar fort, les marchés solides, l’économie en bonne santé, était basé sur de fausses promesses. Ils pensaient vraiment que la Fed était toute-puissante. Ils ont estimé que la Fed allait créer tellement d’argent qu’il n’y avait aucune nécessité de posséder de l’or.

Aujourd’hui, il est plus que jamais clair que cette expérience a échoué. Les gens qui ont shorté l’or vont devoir couvrir leurs positions, tandis que de nouveaux acheteurs vont se manifester sur le marché. D’un point de vue de la perception, je pense que le pire est passé pour l’or.

Nous n’avons pas encore pu pousser un véritable ouf de soulagement. Ce sera le cas lorsque l’or s’éloignera confortablement des 1200 $ l’once, mais c’est pour bientôt. Je pense aussi que beaucoup de gens ont cru que si nous assistions à un effondrement similaire à celui de 2008, l’or se ferait massacrer comme ce fut le cas à l’époque.

Je n’y ai jamais cru, car le cours de l’or a quadruplé entre 2001 et 2008, durant une période trouble pour les marchés. Il y avait beaucoup d’investissements opportunistes dans l’or. Désormais, ces investissements surfant sur les tendances sont du côté short, étant du côté long sur les marchés actions, car ils croient aux inepties de la Fed.

Donc, cette fois, une chute des marchés actions sera bénéfique pour l’or. Nous ne sommes pas loin de franchir la barre des 1250 $ l’once, et d’un mouvement haussier majeur. Le prochain rally arrivera lorsque les gens vont réaliser qu’ils doivent à nouveau posséder de l’or. »

Source : ici et ici.

pièces d'argent

Les marchés actions sont dans la tourmente, alors que l’or et l’argent ont redressé la barre après une énième tempête. Va-t-on enfin assister à une grosse correction sur les marchés, qui pourrait profiter aux métaux précieux ? Voici ce qu’en pense Keith Barron :

« Nous avons assisté à une grande volatilité des marchés actions à travers le monde, mais aussi sur le marché de l’or. En ce qui concerne le métal, je pense que le support est fermement établi. Il semble même que les choses sont en train de bien tourner. Les marchés actions américains semblent connaître un inversement de tendance. Alors que les investissements vont quitter Wall Street, ils chercheront un refuge, donc notamment l’or.

Nous entrons désormais dans la saison des festivals en Inde, ce qui devrait également supporter le cours de l’or. Cela fait un bon bout de temps que le métal jaune construit sa base. Nous savons également qu’au cours actuel, de nombreux producteurs ne gagnent pas d’argent. Ces sociétés exploitent leurs meilleurs filons afin de rester rentables, mais cela ne pourra pas durer éternellement. Les prédictions baissières répétées à l’unisson sont également un indicateur, selon moi, que le cours de l’or va grimper.

Si l’initiative pour l’or de la Suisse, dont je suis un grand partisan, devait passer, le métal jaune de la nation devrait être rapatrié. Le franc suisse devrait également être adossé à concurrence de 20 % à de l’or, tandis que toute vente de métal jaune serait interdite dans le futur. Ce référendum sera soumis à la population le 30 novembre 2014. Il s’agira d’un moment historique, pour la Suisse mais aussi pour le monde entier.

Ce vote a le pouvoir d’envoyer une véritable onde de choc sur le marché, car en cas de victoire du oui, la Suisse sera contrainte d’acheter plus de 1500 tonnes d’or physique. Je pense qu’il sera très difficile de trouver une telle quantité de métal au cours actuel.

Si ce référendum est voté, cela deviendra une loi. Ils ne pourront pas utiliser un artifice pour la contourner, comme cela se passe souvent dans les pays occidentaux. Alors que l’on approche de la date fatidique, on entend de plus en plus la voix de la Banque Nationale Suisse, qui s’oppose évidemment à l’initiative. Elle ne veut pas d’un adossement à l’or.

Pourtant, c’est exactement ce qu’elle fait avec l’euro, en ayant arrimé le franc suisse à la monnaie unique et en fixant son cours à 1,2 francs par euro. Pour y parvenir, ils ont dû acheter une quantité incroyable d’euros. Que cela signifie-t-il ? Pour moi, que l’indépendance de la Suisse est déjà fortement menacée.

Dans les faits, c’est la zone euro qui dicte la politique monétaire de la Suisse. Ce pays risque donc de devenir comme Malte, la Grèce, l’Espagne, etc., c’est totalement absurde. (…)

Je pense que la quote-part de l’euro dans les réserves suisses est déjà suffisante pour mettre le pays dans une situation précaire. Nous avons déjà vu l’euro vaciller, ce qui signifie que les réserves en devises de la Suisse ont été touchées aussi.

Les gens pensent que la valeur de l’euro ne peut pas plonger à zéro, pourtant c’est arrivé 5 fois au franc français en un siècle. J’ai vécu dans plusieurs pays où cela est arrivé, je peux vous dire qu’il faut se préparer lorsque l’on aperçoit des signes de forte inflation. Nous n’y sommes pas encore, mais ce jour approche rapidement.

Les 3 ou 4 responsables de la banque suisse qui dictent sa politique sont en train de faire des expériences très dangereuses. C’est la raison pour laquelle l’initiative pour l’or est tellement importante. Il s’agira d’un signal fort envoyé aux planificateurs centraux, que la Suisse souhaite conserver son indépendance. Il s’agira également d’une victoire pour les partisans d’une monnaie tangible du monde entier, qui aura d’énormes conséquences sur le marché de l’or si elle devait être votée. »

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Peter-Schiff-OrSelon l’article de Peter Schiff (source en anglais)

Jusqu’à présent, 2014 a été une année paradoxale pour l’or. De nombreux investisseurs ignorent même que le métal jaune a grimpé de presque 8 % depuis le début de l’année. Lorsque les médias se décident à en parler, c’est pour remettre en perspective la hausse du début d’année avec la baisse importante de l’année dernière. Malgré le sentiment négatif qui règne sur le marché, l’or reste l’un des actifs les plus performants de 2014, pour les raisons suivantes :

La spéculation est inversée

Tant d’investisseurs sont tellement convaincus que l’or est mort l’année dernière qu’ils ne prenne même plus le temps d’examiner les données techniques responsables de la baisse. Cependant, ces données se sont déjà inversées.

L’année dernière, les investisseurs techniques, ainsi que les day traders qui suivent le mouvement, ont influencé plus que quiconque le cours de l’or. Depuis la création des ETF or en 2003, c’est la première fois que ces fonds adossés à l’or ont vu du métal physique quitter leurs stocks. Ce fait a joué un grand rôle dans la baisse du cours, ainsi que sur les attentes des investisseurs pour le métal jaune.

L’année dernière, les ETF ont vendu 881 tonnes d’or, une quantité énorme. Le GLD, le plus important de ces fonds, s’est débarrassé à lui seul de 550 tonnes, notamment en raison des positions bearish prises par les investisseurs sur les marchés future, dont les grosses positions short ont provoqué les chutes du cours de l’or auquel nous avons assisté en 2013. Et comme c’est souvent le cas, le sentiment négatif s’est mué en prophétie auto réalisatrice.

Durant les décennies précédentes et jusqu’à 2013, la demande pour l’or physique a tiré le marché à la hausse. Au fil des ans, les ETF ont accumulé de plus en plus de physique, donc le mouvement inverse de 2013 a entraîné une baisse de l’ordre de 15 %. Mais les ETF sont revenus à l’achat, notamment le GLD en février ; il n’avait plus acheté d’or physique depuis décembre 2012.

Or et actions

Pourquoi les ETF et les traders sur les marchés futures inversent-ils leurs positions ? Les cours de tout ce qui concerne l’or sont à la hausse. Le GLD et le COMEX ont tous les 2 augmenté de plus de 6 % cette année. Le GDX, un index qui mesure la performance des actions minières et l’un des plus complets, a augmenté de plus de 12 %. Même avec la baisse de mars, l’or a progressé de 8 % par rapport au début de l’année.

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Gerald Celente, notamment lorsqu’il a prédit le taper de la Fed de décembre dernier et les problèmes qui attendaient les marchés émergents, est connu pour la fiabilité de ses prévisions. Voici comment il voit la suite des évènements :

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« Les marchés mondiaux vont baisser, mais il ne s’agira pas d’une tendance linéaire car nous avons commencé à voir la Fed, Washington et le gang de Wall Street intervenir ou stopper la chute des marchés actions mondiaux.

Regardez ce qu’il passe aux 4 coins de la planète : les marchés asiatiques continuent de tanguer, tandis que les marchés européens sont en baisse. Regardez ce qu’il se passe chez les émergents : comme je l’ai dit la semaine dernière, ces pays augmentent leur taux d’intérêt directeur afin de défendre leur monnaie alors que leur économie est en déclin. Ce qui est catastrophique, car il s’agit de la stratégie inverse à mettre en œuvre pour obtenir de la croissance.

Le tableau est sombre, mais la Fed va s’occuper d’y mettre de la couleur avec ses mensonges, assistée par sa machine de propagande orwellienne, la presse maintream. Washington se joindra la mascarade, ainsi que les gangs de Wall Street.

Le Plunge Protection Team (surnom du Working Group, composé du secrétaire au trésor américain, du président de la Fed, du président du SEC et du président de la CFTC, qui a pour objectif de veiller à la stabilité des marchés) se mettra en branle à un moment donné, en utilisant toutes les ficelles habituelles pour que les marchés en chute libre récupèrent rapidement. Durant cette période de chaos, les médias dominants et Wall Street diffuseront une propagande non-stop affirmant qu’il s’agit d’une simple correction temporaire.

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John-Ing-Or-ProductionAlors que l’or reprend une bouffée d’oxygène en ce début 2014, John Ing a livré à KWN les grands événements qui devraient animer l’actualité financière de cette nouvelle année, l’interview commençant sur le thème de la bombe à retardement des produits dérivés :

« Va-t-on assister à l’explosion des produits dérivés ? C’est une excellente question. Non seulement leurs capacités de nuire sont extraordinairement élevées, mais la façon dont ils se sont propagées dans toute la finance est effrayante.

Bien sûr, les banques, qui ont créé ces produits dérivés, en possèdent d’énormes quantités, mais aussi les fonds souverains et les gouvernements. C’est ce qui est le plus troublant. Ils se sont laissés aspirer pour parier agressivement sur le marché des produits dérivés.

Il y a eu par exemple la faillite de Detroit, dans laquelle les produits dérivés n’ont pas aidé. Bien sûr, lorsque les excès de la finance seront remis à plat, la grosse crise qui suivra risquera de mettre les produits dérivés sur le devant de la scène.

En ce qui concerne 2014, les marchés ont bien fait leur travail d’agencement de leur vitrine, avec des indices à des niveaux record, ce qui a fait écrire la presse mainstream à quel point tout allait bien. Simultanément, l’or atteignait un triple plus bas à 1180 dollars l’once, pour ensuite assister à un rebond.

Il s’agit d’un signal bullish très fort. L’or est fortement sous-évalué. Il n’est donc pas étonnant que l’on ait assisté à ce rebond en début d’année, principalement technique. Il ne serait pas étonnant que le cours grimpe de 75 $ à très court terme.

Les actions minières ont plutôt bien réagi, leur index ayant grimpé de 4 %. En tête de cette progression, on a retrouvé des sociétés qui ne sont pas en odeur de sainteté, comme Barrick Gold. Malgré un cours sous tension, la demande continue d’être énorme, particulièrement en Chine. Fin du mois, ce sera le nouvel an chinois, une période de grosse consommation. La guerre que se livrent l’or papier et l’or physique va se poursuivre en 2014, mais cette année devrait consacrer la victoire du second.

Il ne faut pas se leurrer : les niveaux atteints par les marchés sont dus aux liquidités injectées dans le système financier. On sait que l’argent a été tout droit dans les marchés actions et dans l’immobilier. Le tapering de la Fed pour entraîner qu’une hausse des taux obligataires, ce qui n’est pas bon pour la bourse et le marché immobilier. La dette continue de gonfler un peu partout dans le monde, un environnement peu propice à des taux planchers. En mars, le dossier du plafond de la dette reviendra sur le devant de la scène aux États-Unis. Tous les ingrédients qui ont expliqué la grimpée du cours de l’or durant ces 12 dernières années sont toujours là. L’or devrait donc reprendre sa marche en avant durant cette année 2014.