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Mark Nestmann

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Article de Mark Nestmann, publié le 28 juillet 2015 : 

« Je suis ce que les gens appellent un contrarien. J’ai tendance à acheter des actifs qui sont dédaignés par les experts et je mets un point d’honneur à vendre lorsque « Monsieur tout le monde » commence à me fournir des conseils d’investissement. C’est arrivé récemment en 2011. Alors que je dégustais un verre de Malbec dans un estaminet local, j’ai surpris la conversation de deux autres clients à propos du malheur qu’ils allaient faire en achetant de l’or à 1800 $ l’once. Le lendemain je vendais quasi toutes mes positions.

Depuis, le métal jaune a passé un sale moment. Il a clôturé la semaine dernière à moins de 1100 $ l’once. Les experts des médias dominants prédisent désormais 800 $ l’once d’ici la fin 2016. Je ne suis pas d’accord avec eux mais d’une certaine manière je les comprends.

Après tout, le dollar se porte très bien. De nombreux investisseurs achètent de l’or pour se prémunir de la dévaluation du dollar mais l’US Dollar Index (un index qui calcule la vigueur du billet vert par rapport à un panier de devises) n’est pas loin de son plus haut (atteint en mars) depuis 2003. Rien que l’année dernière, l’index a progressé de 15 %.

Les devises digitales comme Bitcoin marchent sur les plates-bandes de l’or. Évidemment, leur valeur n’est pas garantie par une matière première mais elles ne sont pas non plus créées à l’envi par les banques centrales. Leur facilité d’utilisation et leur potentiel pour les transactions anonymes ont réduit l’attractivité du métal.

Les Chinois vendent. Même si on n’y prête pas trop attention aux États-Unis, les marchés actions chinois ont chuté de 30 % le mois dernier. Cette baisse a suivi une hausse incroyable de 154 % entre juin 2014 et juin 2015. Comme c’est souvent le cas durant les marchés haussiers exubérants, de nombreux investisseurs se sont lancés sur les marchés pour la première fois avec de l’argent qu’ils ne pouvaient pas se permettre de perdre. Certains ont même emprunté pour investir avec des effets de levier. Ceux qui ont spéculé avec de l’argent emprunté doivent rembourser avec des actifs faciles à liquider. Dans de nombreux cas, l’or est concerné.

Un appétit sans précédent pour les investissements à haut risque. Qui a besoin d’or lorsqu’il est possible de devenir riche en investissant dans une start-up ? Alors que le métal jaune atteignait son plus bas de 5 ans et demi la semaine dernière, les investissements dans les start-up à haut risque atteignaient leur plus haut niveau depuis la bulle internet de 2000. À l’époque, le capital-risque investissait des millions de dollars dans des projets douteux comme WorldCom, Pets.com et Baby Bob, des sociétés qui ont toutes fini par faire faillite. Je pense que nous assisterons à de nombreuses banqueroutes lorsque cette frénésie du capital-risque s’arrêtera.

Dans de telles circonstances, il est facile de comprendre pourquoi les experts des médias prédisent un désastre pour l’or. Mais je pense qu’ils passent à côté de l’essentiel.

L’or est l’investissement ultime anti-dollar. Malgré sa vigueur actuelle, le dollar a perdu plus de 95 % de sa valeur par rapport à l’or en 100 ans. Durant cette période le prix de l’or a augmenté plus de 50 fois en dollars, du prix officiel de 20,67 dollars l’once en 1915 à presque 1100 $ aujourd’hui.

Il est également instructif de constater que les banques centrales, les entités qui créent du dollar ou de l’euro à partir de rien, sont des acheteurs nets d’or. Les banques centrales du monde dans leur ensemble n’ont jamais acheté autant d’or depuis 50 ans.

Il est clair qu’elles n’écoutent pas les médias dominants mais pourquoi achètent-elles de l’or ? La seule raison plausible, c’est qu’elles cherchent à se protéger contre le déclin des autres actifs qu’elles possèdent, comme le dollar. De fait, 60 % des réserves officielles des banques centrales sont en dollars.

Les banquiers centraux savent que si le dollar est touché, la valeur de leurs réserves baissera significativement à moins de détenir un actif qui s’appréciera en cas de baisse du billet vert : c’est exactement le rôle qu’a rempli l’or pendant plus d’un siècle. C’est en fait l’actif ultime pour se protéger contre la dévaluation des devises depuis 5000 ans.

Malheureusement, il n’y a pas de transparence concernant les achats d’or des banques centrales. Par exemple, la Chine a annoncé il y a 2 semaines que ses réserves d’or sont désormais de 1658 tonnes : c’est bien moins qu’anticipé par de nombreux analystes. Cette mise à jour décevante a donné une nouvelle raison aux médias dominants de recommander la liquidation de l’or.

Il se peut que les Chinois aient menti à propos de leurs réserves d’or pour entretenir la morosité du marché. Après tout, si vous avez une stratégie à long terme d’accumulation d’un actif particulier, la dernière chose que vous voulez c’est dévoiler vos intentions aux autres au risque de devoir payer plus cher.

La Chine est le plus gros producteur mondial d’or : ses mines ont produit plus de 2000 tonnes depuis 2009. Le pays a également importé au moins 4000 tonnes supplémentaires durant cette période. Il est clair que les particuliers ont acheté une partie de cet or mais je crois qu’une bonne partie se trouve dans les coffres de la banque centrale.

Bien sûr, l’or pourrait à nouveau baisser car dans toute crise financière, les débiteurs doivent liquider des actifs pour rembourser leurs créditeurs. Vu que l’or est un actif très liquide, il est tentant de le vendre pour récupérer du cash.

Mais malgré cela, l’or est la pierre angulaire de mon portefeuille personnel en tant qu’anti dollar. Lorsque le billet vert entamera sa correction, ce qui arrivera, le cours de l’or récupérera et le dollar continuera son plongeon démarré il y a 100 ans.

De plus, il y a d’autres raisons d’acheter de l’or. L’or est à l’abri de la confiscation bancaire si vous possédez du métal physique situé dans un lieu sûr. Il n’y a pas de meilleur moment que maintenant pour commencer à acheter de l’or surtout si vous ne l’avez jamais fait auparavant. »