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Matières premières

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le bull de la bourse de Wall Street

Article de Ted Butler, publié le 30 septembre 2016 sur SilverSeek.com :

Toute tentative d’identifier le plus sérieux des scandales financiers exige de se pencher sur de nombreux dossiers, ainsi que le besoin d’utiliser des critères de comparaison objectifs. Les scandales financiers sont devenus monnaie courante : ils sont de nature variée, d’ampleur variable et reçoivent une publicité spécifique. Il y a cependant une grande différence entre les scandales qui font le plus la une des journaux et ceux qui causent le plus de tort au plus grand nombre de victimes. À mon avis, le plus gros scandale doit être défini comme celui qui inflige les plus gros dégâts financiers au plus grand nombre, et pas celui dont on parle le plus.

À ce titre, le scandale actuel qui secoue la banque Wells Fargo est exemplatif. Bien sûr, l’amende importante de 185 millions de dollars et le licenciement des 5.300 employés impliqués dans l’ouverture frauduleuse de millions de comptes sans la permission de leurs clients, ce n’est pas rien. On va probablement découvrir d’autres corps dans les placards de Wells Fargo, (…) mais en termes de dégâts financiers pour les victimes, le scandale devrait être limité à quelques millions de dollars.

Je ne souhaite pas minimiser le comportement de Wells Fargo, mais en termes de pertes réelles pour ses clients, ce scandale est mineur. (…) Dans ce cas, il s’agit plus de stupidité qu’autre chose : comment a-t-on pu plonger aussi bas dans l’illégalité pour si peu en retour ? (…)

Pourtant, en termes de publicité négative, Wells Fargo a décroché la timbale. Bien sûr, le nombre de gens impliqués est important. (…) Mais en termes de montants concernés, le scandale de Wells Fargo est plutôt mineur. Par contre, je peux vous dire qu’il y a un scandale qui se déroule en ce moment, dont est victime quasiment toute la population mondiale, et tout cela à hauteur de plusieurs milliards de dollars. Pire encore, il ne s’agit que d’un scandale de ce type parmi tant d’autres. (…)

Le scandale du sucre

Commençons par tracer les grandes lignes de ce scandale. Un nombre relativement faible de traders (81) sur les produits dérivés des contrats à terme du sucre (échangés sur ICE, l’Intercontinental Exchange) ont tellement acheté de contrats durant les 6 derniers mois que le prix mondial du sucre est passé de 13 centimes la livre à 23 centimes, soit une augmentation de plus de 75 %, la plus importante de ces 4 dernières années. Le sucre est peut-être mauvais pour la santé, mais il est largement consommé par presque chacun des 7,5 milliards d’habitants que compte notre planète, qui paient 75 % de plus pour leur consommation collective de sucre. Les dégâts occasionnés en dollars sont faciles à calculer.

La planète produit et consomme environ 170 millions de tonnes de sucre chaque année. À 13 centimes la livre (286 $ la tonne), la valeur de la production/consommation mondiale de sucre est de 50 milliards de dollars. À 23 centimes, cette valeur grimpe à 85 milliards, ce qui signifie que la planète paye 35 milliards de dollars de plus, ou 4,5 dollars par habitant. Je vais expliquer comment le prix du sucre est manipulé, mais en comparaison avec le scandale Wells Fargo, dont le préjudice est évalué à 3 millions de dollars, l’arnaque du prix du sucre est 10.000 fois plus importante.

Comment le cours du sucre est manipulé

Les acheteurs principaux des contrats à terme de sucre depuis février sont les traders de l’argent sous gestion, qui ont acheté en net plus de 250.000 contrats, soit plus de 27 % de l’intérêt ouvert. Il s’agit du plus grand nombre de contrats à terme de sucre achetés par toute catégorie de trader. Ce n’est donc pas une coïncidence si les prix du sucre ont atteint leur plus haut niveau en 4 ans alors que ces traders constituaient leur plus grosse position long de l’histoire sur ce marché. (…)

Jamais il ne fut  question que les traders de l’argent sous gestion soient ceux qui déterminent le prix des matières premières, que ce soit le sucre ou autre chose. Ces gens sont des spéculateurs qui essayent de faire des profits sur les marchés des contrats à terme. Leur objectif n’est pas d’influer sur les cours. Tout comme Wells Fargo ne pensait pas qu’un système destiné à augmenter le nombre de comptes ouverts allait se muer en un scandale détruisant une réputation construite pendant des décennies.

En ce qui concerne le sucre et les autres matières premières, la raison du dérapage est simple : le nombre de traders est devenu trop important. C’est probablement dû au fait que les autres types d’actifs sont peu attractifs dans notre monde où règnent les taux zéro. (…) C’est ce qui explique pourquoi les positions sur les marchés des matières premières ont fortement augmenté pour faire de ces marchés les plus spéculatifs. Et vu que ces traders opèrent de façon très ordonnée, de façon rigide sur base d’analyses techniques, ils ont tendance à acheter et à vendre en même temps vu qu’ils suivent les mêmes systèmes de trading. Donc je n’affirme pas que l’objectif de ces traders est de délibérément manipuler les prix. (…) Mais peu importe les intentions, ces positions donnent le la sur de nombreux marchés des matières premières. (…)

La responsabilité de tout ceci incombe principalement aux régulateurs et aux bourses d’échange. Comme la direction de Wells Fargo, les régulateurs des marchés des matières premières et les bourses d’échange sont censés être composés d’adultes qui s’assurent du bon déroulement des opérations. Tout comme la direction de Wells Fargo a lamentablement échoué, la CFTC et le CME Group ont lamentablement échoué lorsqu’il s’agit de réguler les marchés de l’argent, l’or, le cuivre et le pétrole. À cette liste d’échecs nous pouvons ajouter ICE et le sucre. (…) »

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Article de Jim Rickards, publié le 25 février 2016 sur Daily Reckoning :

« L’or est-il une matière première, un investissement ou une monnaie ? En fait, l’or est un caméléon. Il s’adapte à son environnement. Durant certaines périodes, le métal jaune se comporte comme une matière première. Son cours évolue au fil des fluctuations des indices des matières premières. Durant d’autres périodes, l’or est considéré en tant que valeur refuge. Il entre en concurrence avec les actions et les obligations auprès des investisseurs. Et dans certaines occasions, l’or remplit son rôle en tant la monnaie la plus ancienne et la plus stable de l’histoire de l’humanité.

Un véritable caméléon change de couleur en fonction de son environnement. Lorsqu’il se trouve sur une feuille vert foncé, le caméléon adopte cette couleur pour échapper à ses prédateurs. Lorsqu’il se trouve sur un tronc d’arbre, il devient brun pour préserver sa sécurité.

L’or change également sa nature en fonction de son environnement. En ce moment, l’or se comporte plus en tant que monnaie qu’en tant qu’investissement ou matière première. Il est en concurrence avec l’argent papier des banques centrales pour obtenir les faveurs des investisseurs. Il s’agit d’un changement de taille car il indique que les citoyens du monde entier commencent à perdre confiance en les autres formes de monnaie que sont le dollar, le yuan, le yen, l’euro et la livre sterling.

C’est une bonne nouvelle pour ceux qui sont exposés à l’or. Le cours du métal jaune augmente dans de nombreuses devises alors que la confiance dans d’autres devises s’étiole. C’est la perte de confiance en les banques centrales qui émettent cet argent papier qui en est à l’origine.

Pour la première fois depuis 2008, il semblerait que les banques centrales perdent le contrôle du système financier mondial. Il n’y a aucune banque centrale derrière l’or. Il inspire la confiance car il est rare, n’a aucun risque de contrepartie et a fait ses preuves.

Le rôle de l’or en tant que monnaie est difficile à saisir pour les investisseurs. L’une des critiques courantes envers le métal jaune est qu’il n’offre pas de rendement. Mais si c’est le cas, c’est tout simplement parce que la monnaie n’offre pas de rendement. Car derrière tout rendement il y a un risque sous-jacent.

Les dépôts et les OPC monétaires offrent un rendement, mais il ne s’agit pas de monnaies. Un dépôt est exposé au risque de la faillite de la banque qui le détient, comme nous avons pu le constater en Grèce et à Chypre. Idem pour l’OPC monétaire, exposé à l’effondrement du fonds lui-même comme c’est arrivé en 2008. L’or ne présente pas un tel risque.

La perte de confiance en l’argent papier commence doucement pour ensuite s’accélérer exponentiellement. En bout de course, on assiste à des achats dictés par la panique et à l’explosion du prix de l’or. Nous avons assisté à un tel comportement à la fin des années 70. Le cours de l’or est passé de 35 $ l’once en août 1971 à 800 $ l’once en janvier 1980. Soit une hausse de 2200 % en moins de 9 ans.

Nous pourrions être au début d’une méga hausse similaire qui pourrait porter le cours de l’or à 10.000 $ l’once, ou plus. Lorsque cela aura lieu, il y aura cependant une grosse différence entre cette hausse est celle de 1980.

À l’époque, il fut possible d’acheter du métal jaune à 100 $, 200 $ ou 500 $ pour ensuite apprécier la hausse. Durant l’explosion à venir, serez-vous en mesure d’acquérir du métal ? Ce n’est pas acquis. Vous assisterez peut-être à la hausse des cours sur votre écran, mais sans avoir la possibilité d’en acheter.

La pénurie de l’or sera telle que seules les banques centrales, les gros hedge funds et les milliardaires seront en mesure de mettre la main sur les miettes disponibles. Les Monnaies et les marchands de métaux précieux n’auront rien à vendre. Cette pénurie du métal physique fera de cette super hausse du cours de l’or un événement bien plus extrême qu’en 1980. (…)

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Comment peut-on affirmer que l’or se comporte actuellement en tant que monnaie ? Tout d’abord, le prix du métal jaune s’est décorrélé des autres matières premières. La tendance a débuté fin 2014 pour s’accentuer durant les derniers mois. (…)

En ce moment, les investisseurs du monde entier perdent confiance en le yuan, le rial saoudien, le rand sud-africain, le rouble russe et bien d’autres devises des marchés émergents. La préférence des investisseurs va au dollar et à l’or. (…)

En temps normal, je recommande l’allocation de 10 % de vos actifs en or physique, mais à court terme les ETF peuvent être une bonne méthode pour s’exposer à l’or et enregistrer des profits de 100 % ou plus. (…) Ce caméléon a récemment changé de couleur, désormais or. »

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Article de MineWeb.com, publié le 14 janvier 2016 :

« Suite à notre analyse du cycle des matières premières et nos conclusions que leurs cours devraient se stabiliser ou continuer à baisser dans les 15 prochaines années, cet article se penche sur les conséquences.

Il semble fort probable que la chute récente des prix des matières premières est l’une des plus importantes de l’histoire. La dégringolade que nous vivons pourrait même égaler l’implosion que nous avons connue entre 1917 et 1931.

C’est un fait que tout super cycle des matières premières, qui voit leurs prix s’envoler, est suivi par une surproduction. Cette suroffre se prolonge pendant des années alors que les sociétés sont engagées dans une bataille dangereuse, avec pour enjeu leur survie, de baisse de leur production et des coûts.

Vous souvenez-vous de la crise pétrolière des années 70 ? Le cours actuel de l’or noir est aujourd’hui plus bas qu’en 1981 vu que l’offre en pétrole est trop importante. Les producteurs de pétrole poursuivent l’extraction  de barils de brut à tour de bras afin de conserver leurs parts de marché. Leur plus grand ennemi n’est pas le client mais leurs concurrents. Voyez à ce titre ce que pense l’Iran de l’Occident et de l’Arabie Saoudite, engagés dans une guerre par procuration contre elle.

Vous rappelez-vous de pénuries d’acier, de minerai de fer et de bien d’autres matières premières comme le bois de construction et le caoutchouc ? Non, et personne n’a d’ailleurs mémoire de ce genre d’événement. En ce qui concerne l’acier, le prix plancher de ce métal provient d’une surproduction telle que la planète pourrait reconstruire l’intégralité de ses infrastructures durant la décennie à venir rien qu’avec la production actuelle.

Le cours de l’acier n’a pas encore atteint son plus bas alors qu’une production additionnelle va bientôt atteindre le marché et que les prix du minerai de fer ont déjà chuté de 2/3.

L’avenir des consommateurs est quant à lui radieux alors que les prix du blé, du maïs, de l’avoine et de la viande sont à leur plus bas en termes réels. En ce qui concerne le prix du blé, nous possédons des statistiques remontant à 750 ans. En dollars et en termes nominaux, le blé fin 2015 était 6 % moins cher qu’en décembre 1973.

En bref, la planète produit trop de denrées alimentaires comme le blé et le maïs. Les prix du boeuf et du poulet exprimés en dollar baissent également. Je suppose que d’ici la fin du cycle de baisse des matières premières, les consommateurs des pays développés dépenseront moins de 5 % de leurs revenus dans l’alimentaire, et peut-être même plus dans les sorties au restaurant qu’au supermarché.

Les effets sur les économies des marchés émergents comme l’Afrique du Sud seront énormes si l’histoire devait se répéter et que la planète se dirige vers une nouvelle période de 15 ans de bas prix pour les matières premières. (…)

Je vais me lancer dans des prédictions : le plus gros de la chute est derrière nous, mais les prix des matières premières devraient encore baisser de 30 % en termes réels, même si une baisse supplémentaire de 20 % pourrait nous conduire vers le plus bas définitif. Durant un tel cycle baissier, le monde change.

Rappelez-vous l’hyperinflation qu’a connue l’Allemagne dans les années 20 les années 30 alors que les prix baissaient à la même époque dans des pays comme les États-Unis et la Grande-Bretagne. Nous assistons à un phénomène similaire aujourd’hui. Au Brésil et en Russie, l’inflation s’écrit avec 2 chiffres tandis qu’au Venezuela, elle pourrait dépasser les 100 %.

Il y a un peu de croissance en Europe et sur le continent américain mais surtout beaucoup de déflation, comme en Suisse. Il y a très peu d’inflation dans la zone euro et aux États-Unis, ainsi qu’au Japon.

Le réajustement des devises est probablement la plus grosse différence entre la période de la Grande Dépression et l’environnement actuel de faible croissance. Les devises jouent un rôle de pare-chocs pour les exportations des matières premières ainsi que de facteurs additionnels de déflation pour les pays développés et la Chine.

La hausse du chômage au Brésil, en Russie, en Arabie Saoudite et bien sûr en Afrique aura des conséquences politiques significatives. (…) Non seulement cette baisse diminuera leurs revenus, mais ils connaîtront également des taux d’intérêt plus élevés sur leur dette et une inflation supérieure. L’impact sera également visible sur l’équilibre de leur budget.

Confrontés à cette tempête parfaite, ces pays verront également leur note être abaissée. (…) Les pays développés peuvent donc s’attendre à la poursuite des flux migratoires en provenance de ces pays. (…)

Bouleversement au niveau des sociétés spécialisées dans les matières premières

Cependant, ce cycle de baisse des matières premières de 15 ans provoquera la métamorphose des sociétés spécialisées dans les matières premières et l’agriculture. Ces sociétés emploieront toujours moins de personnel pour être de plus en plus automatisées. (…) »

Relèvement des taux, chute des matières premières, réforme du système financier… Nomi Prins et Max Keiser abordent tous ces sujets sans langue de bois.

Transcription de l’interview de Nomi Prins (Keiser Report) :

Nomi, on a connu le pire début d’année des marchés, les bourses s’effondrent un peu partout, les matières premières sont presque données. En ce qui concerne le pétrole de schiste dans le Dakota du Nord, ils donnent littéralement leur produit. S’agit-il d’une dépression mondiale, que se passe-t-il ?

Il s’agit d’une dépression mondiale à bien des égards. Le premier facteur est la chute des prix des matières premières. On voit aussi le chômage qui augmente vers le monde. Le chômage des jeunes était déjà significativement plus élevé, mais le chômage augmente désormais dans des endroits où la situation était encore décente comme en Amérique du Sud, par exemple au Brésil.

Il y a donc beaucoup d’endroits à travers le monde où les choses se disloquent, rapidement, et plus vite qu’auparavant.

En ce qui concerne les marchés, nous avons vu que les choses ont très mal démarré depuis le début de l’année. Mais c’était devenu inévitable. Les capitaux disponibles étaient énormes en raison des taux d’intérêt de la Fed, des taux négatifs en Europe. Les taux baissent également en Chine.

Les marchés ont été portés par les banques centrales, les programmes de QE, les baisses de quotas de réserves des banques. La liquidité disponible a saisi les opportunités, mais est en train de faire machine arrière car la poursuite de ces stimulations artificielles est impossible.

Ok, Nomi, si on revient en arrière jusqu’à 2008, les décideurs se sont retrouvés face à 2 choix : soit réformer le système pour éviter que ce genre de chose arrive à nouveau. Soit signer un chèque de 20 trillions de dollars pour les sauver en espérant que cela ne se produise plus. Moi je disais qu’il fallait réformer ces banques. Vous aussi. Ainsi que Jim Rickards. Les gens que nous accueillons disent : on devrait peut-être faire ce que l’Islande a eu le courage de faire : ils ont fermé les banques corrompues, ils ont mis les banquiers en prison. Et aujourd’hui, leur économie redevient solide. Mais au lieu de cela, on leur a signé un chèque de 20 trillions de dollars. Ai-je raison lorsque je dis que la situation d’aujourd’hui est bien pire qu’en 2008, que nous avons atteint aujourd’hui un niveau de précarité encore plus élevé et d’instabilité au niveau des produits dérivés. Nomi Prins ?

Oui, absolument. Ce chèque, ces liquidités, cette monnaie artificielle comme je l’appelle, a créé ce marché artificiel et malsain. On avait les taux obligataires qui étaient bas, les marchés actions qui étaient élevés, on avait l’impression que tout allait bien,  que ces injections de la Fed et des autres banques centrales marchaient.

Mais premièrement, les effets ne se sont pas prolongés jusqu’à l’économie réelle. Et deuxièmement, comme vous l’avez dit, et comme vous en parlez depuis de nombreuses années, il n’y a pas eu de restructuration fondamentale du système bancaire d’un point de vue de la concentration des plus grosses banques de la planète, qui sont toujours en mode de concentration très élevé, qui sont toujours aujourd’hui les plus grosses banques de la planète, qui ont utilisé ces stimulations artificielles de façon jamais vue dans l’histoire financière. Ce sont ces facteurs qui ont dopé les marchés financiers, ce qui explique aussi pourquoi la fête est finie.

Pourquoi est-ce pire aujourd’hui ? Parce qu’il y avait une opportunité de régularisation. On aurait pu identifier les causes de la crise, et la raison ne se trouve pas du côté de quelques propriétaires en Californie devenus subitement incapables de rembourser leur crédit hypothécaire de type subprime. Non, c’était à cause du leverage, de la revente en paquet de ces crédits subprimes dans des actifs qui furent eux-mêmes mis en paquets et revendus, en produits dérivés, CDO, etc.

De toutes les conséquences des  subprimes, les crédits en tant que tels ne furent pas l’origine de la chute du système. Ces paquets ont été vendus dans le monde entier, les fonds souverains ont même emprunté de l’argent pour en acheter car ils semblaient alléchants. Mais les choses ont implosé. Et au lieu de réduire ce genre de risque potentiel, les banques centrales et les gouvernements ont décidé au contraire de doubler la mise. Et aujourd’hui, nous sommes au lendemain de ce pari doublé, lorsque les moyens nécessaires pour perpétuer cette stabilité de façade ne sont plus disponibles.

C’est la raison pour laquelle les choses dégénèrent si rapidement. Les marchés descendent bien plus rapidement qu’ils ne grimpent. C’est en tout cas ce qu’on a vu.

Si on remonte dans l’histoire, notamment durant la période 1936/1937, aux États-Unis la Fed avait fait quelque chose de similaire au pire de la Dépression. Ils ont commencé à augmenter quelque peu les taux, ce qui a débouché sur un crash boursier de 50 %. Vous êtes historienne et écrivaine, vous examinez ces événements.  Y a-t-il un parallèle avec la situation que nous vivons aujourd’hui ?

Le parallèle est le suivant : lorsque l’argent est bon marché, les gens qui peuvent l’exploiter, le leverager, même si dans les années 30 les possibilités de leverage étaient bien moindres, on n’avait pas à l’époque ce marché géant des produits dérivés. Donc au moment même où les taux augmentent, et même de façon infime, les acteurs majeurs qui utilisent de façon criminelle l’argent facile pour saisir des opportunités spéculatives prennent peur et se retirent. Ils cherchent alors d’autres solutions ou prennent une pause dans l’attente d’une autre opportunité.

C’est ce qui s’est passé après la Dépression des années 30, et bien sûr la situation a été réglée par une nouvelle guerre mondiale. C’est grâce à cela, entre autres, que les États-Unis ont pu se relever et être en mesure de prêter de l’argent au monde, de mettre en place le FMI et la Banque Mondiale afin de rediriger des fonds vers les alliés des États-Unis, des éléments importants du système politique et financier d’aujourd’hui.

Aujourd’hui, la situation est complètement différente. Tout d’abord, les taux n’ont jamais été à zéro pendant aussi longtemps, comme c’est le cas depuis 2008. Ce n’est jamais arrivé dans l’histoire. On démarre donc de bien plus bas. La hausse minime des taux d’intérêt, car c’est de ça qu’il s’agit, je ne crois pas que la Fed souhaite s’engager  dans un véritable serrage de vis monétaire. Ils ont vu les résultats avec la hausse d’un quart  de points, ils sont loin de se diriger vers un taux directeur à 2 % cette année comme le croient les marchés.

Il s’agit donc d’une différence fondamentale. L’autre point divergent est que l’interdépendance du système financier est bien plus élevée aujourd’hui. La rapidité des mouvements de l’argent, des paris spéculatifs, est bien plus élevée en raison des progrès technologiques, tandis que la taille des marchés est également supérieure aujourd’hui. C’est pourquoi la situation d’aujourd’hui est bien pire. En taille, en vitesse. La période prolongée d’argent bon marché par rapport à la possibilité de voir tout ceci changer crée aujourd’hui une situation bien plus explosive à celle ayant suivi la dépression des années 30.

Donc, autrement dit, on ne peut pas inverser un Ponzi, est-ce correct ?

Oui, c’est un Ponzi encore plus important, mais aussi plus criminel. Pour en revenir aux années 30, il y avait des fraudeurs fiscaux qui pariaient en leur nom contre leur banque, qui essayaient de faire de l’argent sur le dos de leur banque avec l’aide du gouvernement des États-Unis alors que le pays se dirigeait vers le crash et la grande dépression.

Mais ils se sont fait éjecter. L’ancien responsable de la banque Nash City Group s’est fait éjecter. Il a même été condamné à une amende d’un million de dollars pour évasion fiscale. Aujourd’hui, ce genre de chose n’arrive plus, comme vous l’avez dit les banquiers ne vont plus en prison. Les sociétés commettent fraude sur fraude et ne sont pas pénalisées.

Elles peuvent donc continuer à opérer de la même façon, avec le même niveau de concentration à travers le monde. Ce qui, de nouveau, décuple l’instabilité du passé. La concentration est bien plus élevée, ainsi que le risque.

Oui. Passons désormais aux marchés de l’énergie, Nomi Prins. Au secteur du gaz et du pétrole de schiste aux États-Unis. Les banques doivent encore refléter sur leur bilan les conséquences des prêts de plusieurs dizaines trillions de dollars accordés à ce secteur. Zero Hedge croit savoir que la Fed de Dallas a tenté de dissimuler ces soucis. Comment voyez-vous les choses évoluer pour le secteur énergétique américain, qui est aujourd’hui au centre de l’attention ?

Tout d’abord ces problèmes ne concernent pas que les États-Unis, mais bien le secteur énergétique mondial. N’importe quelle société, de forage, d’extraction, de pétrole classique ou de schiste, toute entreprise associée au secteur pétrolier fut massivement surleveragé durant cette période d’argent bon marché.

Les banques, au lieu d’accorder des crédits subprimes revendus ensuite en paquets sur lesquels des produits dérivés étaient ensuite créés, ont agi de façon similaire avec les crédits accordés au secteur énergétique ainsi que leurs obligations. Aux États-Unis et ailleurs. Il s’agit des mêmes acteurs internationaux à la recherche d’opportunités similaires.

À la fin de l’année dernière,  S&P, l’agence de notation, a dit que 60 % des défauts et des défaillances de paiement des entreprises US provenaient du secteur énergétique. Ce chiffre ne va que progresser, mais il sera embelli grâce aux autres défauts qui se multiplieront dans les autres secteurs par effet domino. Que ce soit dans la vente de détail, en raison des licenciements et de la perte de pouvoir d’achat. Les effets de l’onde de choc du surleverage du secteur énergétique, nous les ressentons déjà.

Et en ce qui concerne l’effacement des dettes, elles n’ont pas encore été passées au bilan des banques. Le fait que l’argent reste encore bon marché, malgré la hausse de 0,25 %, leur permet de retarder l’échéance. Elles peuvent continuer de se réapprovisionner en liquidités, de continuer à gaspiller du bon argent à mauvais escient. Les retards de paiement sont en hausse, les défauts sont en hausse, les faillites bancaires se multiplient, et il s’agit d’un phénomène mondial.

 

deflation ou inflation

Article de Clint Siegner, publié le 4 janvier 2016 sur SafeHaven.com :

« En ce début d’année 2016, les investisseurs des métaux précieux s’inquiètent de voir le dollar poursuivre sa marche en avant et ainsi pénaliser l’or et l’argent. La Fed suggère qu’elle relèvera ses taux au cours de l’année tandis que les matières premières, le pétrole en tête, continuent de chuter. Les plus grands bénéficiaires des largesses de la Fed, les marchés actions et l’immobilier américains, vacillent. L’éventualité d’une récession grandit aussi bien aux États-Unis qu’à travers le monde.

Des tas de raisons pourraient mener à une baisse des chiffres officiels de l’inflation et à un dollar encore plus fort en 2016 mais ne pensez pas une seule seconde que les prix à la consommation ou le coût de la vie vont baisser. Cela n’a jamais été le cas, cela n’a pas lieu en ce moment et cela n’arrivera jamais de façon prolongée grâce à la création de la Fed en 1913. C’est la raison pour laquelle les déflationnistes ont tort. (…)

Le scénario pessimiste pour les métaux précieux se base sur un raisonnement simple : si l’or et l’argent sont des matières premières, ils suivront la tendance générale. Si nous devions assister à une crise de la liquidité similaire à celle de 2008, quasi tout sera vendu alors que les investisseurs ont besoin de cash pour leurs appels de marge ou fuient le dollar en tant que valeur refuge. (…)

Aujourd’hui, la situation est différente qu’en 2008

Le scénario pessimiste part du principe que l’histoire et en particulier celle de 2008 se répétera. Ou que ceux qui poussent les métaux précieux à la baisse pourront continuer de le faire. Ou les deux peut-être, mais se fier à ces suppositions pourrait être une grossière erreur.

Tout d’abord, le dollar est déjà à un niveau record alors que les matières premières et les métaux précieux ont déjà été massacrés. Cette situation est totalement à l’opposé de celle de l’été 2008 et même si les actions et les matières premières ont été malmenées en 2008, l’or a terminé l’année sur une progression modeste grâce à son statut de valeur refuge contre la menace d’un effondrement économique.

Les bas cours de l’or et de l’argent ont déjà produit des déséquilibres entre l’offre et la demande de métal physique. La pénurie de l’offre en 2016 devrait exacerber les problèmes de stocks rencontrés au COMEX et dans d’autres bourses d’échange. Les stocks d’or fondent comme neige au soleil alors que les investisseurs sentent la bonne affaire surtout en Asie où ils prennent livraison. Les inventaires d’argent ne sont pas dans une meilleure situation. (…) Avec des prix en dessous des coûts de production, la production des mines devrait baisser significativement cette année.

Si les marchés des métaux précieux anticipent comme ils sont censés le faire, ils devraient se préparer à une réponse de la Fed au dollar fort ainsi qu’au malaise économique. En 2008, les investisseurs ignoraient combien de temps la Fed était prête à intervenir. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. La Fed noiera la déflation en créant de la nouvelle inflation.

Les marchés dépendent totalement des stimuli de la Fed. Les investisseurs s’attendent à une intervention encore plus massive lorsque le besoin s’en fera sentir. Soit tout ce qui sera nécessaire pour empêcher le grand nettoyage des forces correctrices pour assainir l’économie. (…)

Les investisseurs des métaux précieux devraient se réjouir du fait que l’or et l’argent ont montré une certaine résilience récemment, malgré les forces déflationnistes. L’année dernière : les deux métaux précieux se sont mieux comportés que le pétrole et la plupart des autres matières premières. Oui, les cours ont baissé d’environ 11 % mais cette chute s’est élevée à 36 % pour le pétrole et à 22 % pour le cuivre. (…)

En bref : ne pariez pas sur une déflation significative. La Fed ne le permettra pas vu qu’elle peut créer des dollars d’un simple claquement de doigts. Jusqu’à ce qu’elle mette le système au tapis. »

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Article de IRD, publié le 19 août 2015 :

Tous les indicateurs économiques les plus importants, ceux qui sont les moins manipulés, sont en train de s’effondrer comme ce fut le cas en 2008/2009. Par exemple : l’Empire State Fed (activité industrielle) est retombé au même niveau qu’en 2009.

L’index des new orders (nouvelles commandes), le meilleur indicateur de la vente en gros, a plongé vers des niveaux que l’on n’avait plus vus depuis 2010, lorsque la Fed était sur le point d’injecter presque 4 trillions de dollars d’argent frais dans le système financier.

L’effondrement des cours des matières premières est largement accepté mais le baromètre le plus important de l’économie est le pétrole. Le cours du brut a démarré sa chute au milieu de l’année 2014 soit lorsque j’avais suggéré que l’économie américaine était en train de ralentir. Après le rebond du chat mort, l’effondrement a repris :

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Les grosses banques de Wall Street ont tout intérêt à soutenir le cours du brut. Pourquoi ? Car elles possèdent pour des centaines de millions de dollars d’obligations émises par les sociétés spécialisées dans la fracturation hydraulique qui sont en train de s’effondrer. Bien sûr, les amendes ridicules de la SEC et de la CFTC pour avoir enfreint la loi et s’être engagé dans des activités frauduleuses sont considérées comme des frais d’exploitation mais la perspective de perdre des centaines de millions sur de la dette sûre senior est considérée comme le prix du sang.

Si Wall Street avec l’aide des banques centrales ne parvient pas à soutenir le cours du pétrole cela signifie qu’un gros problème plane sur l’économie mondiale et particulièrement sur les États-Unis, le plus gros consommateur de pétrole du monde.

Enfin, le meilleur indicateur global montrant que la fin de la folie qui règne sur les marchés est terminée et à quel point les interventions de la Fed sur les marchés sont devenues grosses comme une maison. À chaque fois que le S&P 500 est sur le point de tomber de la falaise, comme aujourd’hui par exemple, un acheteur miraculeux sort du bois. Cette demande est identifiée et devancée par les algorithmes du trading à haute fréquence ce qui permet aux actions de s’éloigner de la falaise. Je connais beaucoup de gens qui sont passablement irrités par cette situation mais je serais encore plus choqué si Yellen et compagnie n’intervenaient pas de façon quotidienne sur les marchés actions.

Mais il y a encore pire : le marché obligataire, les taux d’intérêt sont quasi bloqués !!! En fait, je dirais même que les faits montrent que le marché des treasuries est en quelque sorte fermé. La Fed est de loin le plus gros porteur et, via son réseau de négociants principaux primaires et la banque du Japon, elle s’assure que la majorité de l’offre mise en vente n’atteigne jamais les marchés. Pour rafraîchir la mémoire de tout le monde, rappelez-vous que la banque du Japon achète les obligations japonaises aux fonds de pension japonais avec du yen fraîchement créé et que ceux-ci les remplacent par des obligations américaines. De façon indirecte, le Japon est devenu l’entrepôt des Treasuries « égarées » à savoir les titres dont se débarrassent la Russie et la Chine.

Comprenez bien que c’est l’argent créé qui a propulsé les marchés actions à leur plus haut historique. Il ne s’agit pas de « richesse ». Le chiffre d’affaires des sociétés du S&P 500 sont en déclin depuis quelques trimestres désormais. Si on utilisait les normes comptables de 2000 au lieu des standards trompeurs d’aujourd’hui, les ratios p/e (ratio entre le prix d’une action et les bénéfices d’une entreprise) seraient les plus élevés de l’histoire. (…) »

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Article de Michael Pento, publié le 7 août 2015 :

« Le Thompson Reuters/Jefferies CRB Index (CRB) est aujourd’hui au plus bas de la panique de 2008. Ceux qui pensent que cet indicateur chic chic la croissance à venir investiront à leurs risques et périls.

Ce qu’augure le blues des matières premières

Réfléchissez à 2 fois si vous pensez que la chute des matières premières années est simplement due à une suroffre temporaire de pétrole. 19 matières premières composent l’Index CRB : l’aluminium, le cacao, le café, le cuivre, le maïs, le coton, le pétrole, l’or, le mazout de chauffage, le porc, le bœuf, le gaz naturel, le nickel, le jus d’orange, l’argent, le soja, le sucre, l’essence sans plomb et le blé. Le plongeon de la valeur de cet index est donc un signal d’alarme : la croissance mondiale baisse fortement.

Principalement à cause de l’économie synthétique de la Chine, qui pendant tout un temps fut un énorme consommateur de ressources naturelles. Àe qui fit gonfler la plus grosse bulle d’actifs de l’histoire et qui est aujourd’hui en chute libre. La Chine pousse donc le prix des matières premières à la baisse alors que la croissance mondiale est désormais à l’arrêt.

Ceux qui pensent que les États-Unis et le reste du monde sont immunisés contre un ralentissement chinois doivent comprendre que le chiffre d’affaires des sociétés du S&P 500 se fait pour 1/3 à l’étranger. Pendant des années, la Chine fut un énorme marché de croissance pour les multinationales. La détérioration de l’économie chinoise affecte les sociétés du monde entier, le pays ayant été une mine d’or durant sa phase de construction de villes fantômes.

Les sociétés et les entreprises qui ont profité de l’expansion chinoise sont désormais choquées par son effondrement. Par exemple, des multinationales américaines comme Caterpillar, Ford, GM, Tesla et Freeport McMoRan ont été touchées par le ralentissement chinois, pour en citer quelques-unes. Il y a aussi Apple, dont le titre est en baisse de 14 % sur ces dernières semaines parce que les investisseurs réalisent que les consommateurs chinois ne vont pas acheter autant d’iWatches que prévu.

La forte demande chinoise fut un facteur de croissance pour la zone euro. Le secteur automobile allemand, les produits de luxe italien et français, les produits chimiques finlandais et hollandais, tous ces secteurs ont profité de l’énorme croissance chinoise. En fait, environ 8 % des exportations allemandes vont directement vers la Chine.

Aujourd’hui, le groupe français Valeo (fournisseur du secteur automobile) est en train de réexaminer sa stratégie de croissance en Chine à cause de la demande en baisse du secteur automobile chinois. Le suédois Volvo a également réduit ses prévisions de croissance dans la région tout en avertissant ses investisseurs qu’il allait devoir provisionner 75 millions de dollars pour couvrir des pertes. Les ventes de Volkswagen en Chine ont baissé de 0,5 % durant le premier semestre, tandis que les ventes d’automobiles en Chine ont baissé en juin. (…)

Mais c’est dans la région Asie-Pacifique que les conséquences sont les plus visibles. Les 3 partenaires commerciaux majeurs de la Chine, Taiwan, la Corée et la Malaisie, ont assisté à un ralentissement significatif de leur économie. Par exemple, Taiwan a vu son PIB progresser de seulement 0,64 % au 2e trimestre, un plus bas de 3 ans.

L’Australie, considérée comme « le fournisseur de matières premières de la Chine », a connu une belle décennie à lui vendre d’énormes quantités de minerai de fer. BHP Billiton et Rio Tinto ont dépensé des milliards de dollars durant les 5 dernières années afin de doubler leurs capacités de production et satisfaire la demande apparemment insatiable de la Chine. Mais il semblerait désormais que cet âge d’or soit révolu. En juillet, le PMI de l’Australie baissait jusque 50, le plus bas depuis 5 mois, tandis que le PMI Markit de 47,8 est le pire depuis 2 ans.

Même l’Amérique du Sud est impactée par le ralentissement chinois

Pour prouver que le ralentissement de la Chine touche la planète entière, nous pouvons examiner les preuves visibles en Amérique du Sud. Le Brésil est l’un des 10 plus grands marchés du monde : il produit de l’acier, du ciment, du pétrole, des lubrifiants, du propane et bien d’autres produits pétrochimiques. Le Brésil a lui aussi largement profité de la bulle immobilière chinoise.

Récemment, le gouvernement brésilien a modifié ses prévisions de croissance, qui sont passées d’une petite progression à une contraction de 1,5 %. Standard & Poor’s a d’ailleurs abaissé la perspective de la note du Brésil de stable à négative, signe annonciateur d’un abaissement de note à venir alors que le pays est un cran au-dessus de « junk » (pourri). La devise du Brésil, le real, est au plus bas depuis 12 ans face au dollar tandis que sa bourse n’a plus été aussi faible depuis 6 ans.

Ce ralentissement est en fait ressenti partout. La multinationale de l’agroalimentaire Bunge a vu ses ventes d’huiles alimentaires baisser en raison des volumes et des marges en baisse au Brésil. Owens Illinois, l’un des plus gros fabricants de bouteilles en verre du monde, a rapporté une baisse de son activité en raison de la chute des ventes de bière au Brésil. Goodyear a enregistré une baisse de 20 % de ses ventes en Amérique latine par rapport à l’année dernière. (…) Whirlpool, dont le chiffre d’affaires est assuré à 16 % par le Brésil, a annoncé une chute de ses ventes de 22 %. Enfin, Caterpillar, étranglée par la chute des matières premières, a rapporté des ventes en chute de 26 % en Amérique latine.

Les balivernes de la Fed

Vu ce contexte, on penserait que la Fed surveille de très près cette récession qui se profile à l’horizon. Pourtant, le président de la Fed d’Atlanta, Dennis Lockhart, a déclaré que l’économie est prête pour une remontée des taux. Mais est-ce une surprise, alors que la Fed se plante dans toutes ses prévisions économiques ? (…)

Vu la faible croissance enregistrée durant le premier semestre 2015 (1,5 %, notez que GPDnow affiche 1 % de croissance pour le début du mois d’août), il ne faudrait pas beaucoup pour obtenir une récession. Cependant, les intentions de la Fed sont bien de relever lentement les taux. Les banquiers centraux ne comprennent pourtant pas les dystopies qu’ils ont créés. (…) Lorsque le support artificiel des QE et taux planchers sera supprimé, les bulles vont exploser. La Fed devra donc rapidement faire machine arrière. Lorsque cela arrivera, l’économie sera au milieu d’un effondrement à la 2008. (…) »

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Inflation ou déflation ? C’est la question à 1000 francs que se posent les analystes économiques depuis quelques années. La majorité de ceux que nous relayons (Stoferle, Celente, etc.) prédisait un épisode déflationniste suivi d’une flambée d’hyperinflation soudaine qui sera la conséquence des interventions folles des banques centrales pour empêcher la déflation. La santé branlante du marché des matières premières semble confirmer ce scénario.

Comme nous l’avons expliqué à maintes reprises, dans un système financier basé sur la dette la déflation est mortelle vu qu’elle rend impossible son remboursement. Seule une inflation contrôlée permet au système de tenir… jusqu’au jour où, malgré un environnement économique qui jouit d’une inflation annuelle de 2 à 3 %, le fardeau de la dette devient trop élevé. Nous sommes arrivés à ce point d’inflexion qui a débouché sur la crise de 2008 et les actions insensées des banques centrales depuis.

Les craintes de voir le QE créer de l’inflation se sont avérées infondées pour la simple raison que cette monnaie créée a simplement servi à soutenir les marchés en entrant de façon confidentielle dans l’économie réelle. Dans un tel contexte, il n’est donc pas étonnant que le scénario de la déflation ait pris le dessus sur l’inflation. Pour être plus exact, l’économie réelle est en déflation tandis que les actifs financiers sont en inflation. Avec leurs QE, les banques centrales ont obtenu l’effet inverse de ce qui était leurs objectifs affichés. En soutenant les cours des matières premières à des niveaux artificiels et en fournissant du crédit bon marché pour les produire, elle a encouragé la surproduction qui couplée à la baisse de la demande ne fait bien entendu qu’augmenter les pressions déflationnistes.

Celles-ci sont particulièrement visibles lorsque l’on observe le Bloomberg Commodity Index (ci-dessus, un indice qui rassemble 22 matières premières et qui reflète donc la tendance générale de ce secteur) : il est au plus bas depuis 2002 malgré les trillions de dollars de monnaie créée par les banques centrales du monde entier. Les nations productrices de matières premières comme l’Australie, le Canada et le Brésil, déjà en difficulté, n’ont encore rien vu de ce qui les attend.

Le scénario déflationniste est donc clairement en train de s’imposer. Dans ce contexte, on voit mal comment la Fed pourrait augmenter ses taux. Certes, les chiffres (trompeurs) du chômage laissent penser que la situation économique américaine le permet mais c’est oublier que la Fed avait déjà promis de remonter son taux directeur lorsque le chômage passerait en dessous de la barre des 6 %, ce qui fut déjà le cas en 2014. C’est la preuve que malgré son discours rassurant, elle se rend bien compte que le contexte économique ne lui permet pas d’agir et au cas où elle agirait, des remous sur les marchés sont garantis… de quoi lui donner le justificatif pour le lancement du QE4 ? Nous prenons les paris !!!

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Alors que l’or se prépare à l’assaut des 1300 $, Stephen Leeb a expliqué dans sa dernière interview à King World News pourquoi il ne s’agira qu’un pallier sur le chemin des 2000 à 2500 $ l’once.

Or-Cuivre-Matieres-PremieresStephen Leeb : « il est impressionnant de voir l’or avoir franchi quelques seuils de résistance clés. Mais il est également intéressant de constater que l’or et les marchés progressent de concert.

On pourrait penser qu’il s’agit d’une mauvaise nouvelle, mais ce n’est pas le cas. Entre 2002 et 2008, on a connu un marché haussier simultané pour le métal jaune et les actions. On avait assisté à un bull market pour la bourse, mais une hausse encore plus importante pour l’or et les matières premières.

L’analyse technique des graphiques à long terme pour les matières premières semble indiquer une hausse à venir. C’est aussi une très bonne nouvelle pour l’or. Lorsque les matières premières augmentent, l’or s’apprécie encore plus. Je pense donc que les mouvements auxquels nous avons assisté sur les marchés hier augurent de très bonnes choses. Cela fait un moment que je n’avais plus vu une configuration aussi positive.