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Michael Pento

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océan d'argent

Article de Michael Pento, publié le 8 août 2016 sur SafeHaven.com :

Dans une interview récente, l’ancien président de la Réserve fédérale américaine, Alan Greenspan (appelé aussi le « Maestro »), a averti que l’économie connaissait « les premiers signes de stagflation ». Ceci est une des rares occasions où M. Greenspan et moi-même sommes effectivement d’accord. A ce propos, j’avais également prévenu que la stagflation arrivait, dans mon texte intitulé « Il est temps d’investir pour la stagflation », qui a été publié il y a plusieurs mois de cela.

En effet, l’économie des États-Unis – et, en réalité, la totalité du monde économiquement développé – traverse les premières étapes de l’arrivée d’une stagflation sans précédent. La raison principale pour cela peut se résumer en un seul et unique mot : la dette. La dette dirige non seulement les économies vers des taux de croissance faibles ; elle inflige également l’inflation aux nations qui en sont concernées.

La dette publique et privée, en tant que pourcentage de l’économie, avait été de 150 % pendant des décennies, avant que l’étalon-or ne disparaisse en 1971 – une norme d’argent que Greenspan a lui-même préconisé avant de devenir président de la Fed. Le ratio de la dette totale au produit intérieur brut a grimpé de 350 % avant la grande récession de 2007-2009, et force est de constater qu’il demeure très près de ce niveau aujourd’hui. Notons aussi que le niveau annuel de l’« encre rouge » a commencé à augmenter fortement. Le déficit budgétaire de 2016 devrait atteindre 600 milliards de dollars, ce qui représenterait une hausse de plus de 35 %, comparé à l’exercice fiscal de 2015.

En fait, la dette mondiale, dans son ensemble, a fait l’objet d’une hausse s’élevant à 230 trillions de dollars – environ 60 trillions depuis 2007. Cela représente près de trois fois la taille de l’ensemble de l’économie mondiale. Cette dette engendre par ailleurs la stagflation, car il est naturellement difficile d’investir dans de la croissance lorsque l’économie atteint des charges d’endettement aussi drastiques. La partie néfaste de cette accumulation de la dette dans le monde entier, c’est que celle-ci n’a pas conduit à l’accumulation de biens de capital, capables d’accroître effectivement la productivité.

Bien qu’il soit vrai que les paiements de la dette sont actuellement à des niveaux historiquement bas, il est également vrai que les niveaux d’endettement atteignent des niveaux records tant en termes nominaux, qu’en pourcentage de l’économie. Par conséquent, les paiements à faibles intérêts sont le résultat direct d’une bulle sans précédent dans le marché obligataire. Les individus sont intuitivement conscients de cet environnement de taux instables, et doivent donc préparer leurs bilans pour une hausse des coûts de portage.

Ce qui est encore plus important, c’est qu’une économie de la dette saturée ne peut pas fonctionner correctement car elle est entachée par des déséquilibres de capitaux et des bulles d’actifs, qui doivent être dénoués afin que les crédits et les épargnes fonctionnent de manière efficace. A ce propos, notons que nos dirigeants économiques semblent vouloir endurcir ce cercle vicieux.

Le Japon représente un parfait exemple dudit dysfonctionnement. En effet, la nation est maintenant sur le point d’entreprendre son 26e voyage à travers la notoire voie des dépenses déficitaires qui ne mène nulle part, et ce notamment depuis que la bulle de sa propriété a explosé en 1990. Et malgré les multiples récessions durant les décennies passées, le gouvernement s’obstine à prôner l’idée féérique qu’une dette supérieure à 240 % – par rapport au PIB – est nécessaire pour relancer l’économie du pays.

Cependant, les effets de l’endettement improductif sont loin d’être visibles seulement au Japon. À titre d’exemple, le PIB des États-Unis – en moyenne – est seulement de 2,1 % depuis 2010. Et ce taux de croissance anémique a creusé encore plus bas durant cette période : jusqu’à seulement 1,2 % au cours de l’année passée, tandis que lors du premier semestre de 2016, il n’a été que de 1 %.

Notons à ce propos que le Fonds monétaire international (FMI) a récemment abaissé ses prévisions concernant l’ensemble de l’économie mondiale en 2016, estimant son PIB moyen à seulement 3,1 %.

Il est donc légitime de se demander comment exactement la stagflation engendre l’inflation.

S’il y a une chose dont toutes les banques centrales sont bêtement d’accord, c’est que l’objectif d’inflation de 2 % est maintenant obligatoire pour la croissance. Selon Haver Analytics, les bilans de la Fed, de la Banque centrale européenne, de la Banque d’Angleterre, de la Banque du Japon et de la Banque populaire de Chine, ont grimpé à 17,2 trillions de dollars – à partir des 6,5 trillions de dollars –, et ce au cours des huit dernières années.

En poursuivant cette tâche insolente, les bilans de la BCE et de la BOJ montent au rythme effréné d’un crédit combiné de 180 milliards de dollars par mois. Qui plus est, la Banque d’Angleterre vient d’intensifier son programme d’achat d’actifs à un total de 570 milliards de dollars. Mais contrairement à ce que la plupart des keynésiens vous diront, l’inflation ne vient pas d’un faible taux de chômage, mais plutôt d’un rapport entre, d’un côté, trop d’argent et, de l’autre, trop peu de biens.

Par conséquent, il serait stupide de supposer que les banques centrales peuvent atteindre avec précision leurs objectifs d’inflation de 2 %. Les dépenses déficitaires téméraires, la flambée de la dette par rapport au PIB, et l’augmentation ingérable dans les bilans des banques centrales, finiront par éroder la confiance des banquiers centraux dans le maintien d’un pouvoir d’achat de la monnaie fiduciaire. Dès lors, l’inflation ne disparaîtra pas simplement et par magie à 2 % ; elle dépassera ce niveau et continuera à s’amplifier.

Ce retour de l’inflation va provoquer, à son tour, un exode massif du marché obligataire. On peut d’ailleurs observer comment les vendeurs à découvert commencent déjà à s’y empiler sur la surface. Le marché obligataire va répondre à des rendements violents, atteignant assez rapidement jusqu’à 100 de points de base – comme les offres d’obligations de rendement. Qui plus est, les banques centrales seront supplantées par un marché qui légitimera des exigences de taux encore plus élevés. Et bien sûr, la flambée inévitable des payements de la dette rappellera aux gouvernements surendettés que leurs dettes sont complètement insolvables.

Une accumulation sans précédent de la dette publique improductive, qui est d’autant plus alimentée par une augmentation massive de la masse monétaire mondiale : ceci est la recette parfaite pour une stagflation au niveau mondial. Mais la vérité est que la stagflation n’est pas quelque chose que l’on aperçoit à l’horizon, elle est déjà bel et bien arrivée sur place.

La caractéristique principale d’une économie saine, c’est d’avoir un taux de croissance réel qui représente le double du rythme de l’inflation. Aujourd’hui, ce signe de prospérité a été mis complètement à l’envers. Année après année, l’indice des prix de consommation de base témoigne d’une hausse de 2,3 %, alors que le PIB réel n’a augmenté que de 1,2 %. L’inflation s’étend à une vitesse qui est deux fois supérieure aux taux de croissance économique réels !

La stagflation n’est pas seulement un risque économique que nous devons craindre à l’avenir ; il s’agit d’un phénomène dont les consommateurs sont obligés de faire face à l’heure actuelle. L’ancien « Maestro » s’améliore peut-être avec l’âge. Les investisseurs devraient préparer leurs portefeuilles pour une longue période de hausse des prix ainsi que pour une longue période de ralentissement de la croissance.

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drapeau modifié du Japon

Article de Michael Pento, publié le 9 mai 2016 sur SafeHaven.com :

« Le soleil rouge sur le drapeau japonais symbolise sa position en tant que pays du soleil levant. Cependant, durant la Seconde Guerre mondiale sa forme sphérique fut associée de façon péjorative au zéro. Aujourd’hui, vu que l’économie japonaise émet autant de zéros que possible, on peut à nouveau, et malheureusement, le qualifier de pays de zéros.

La stratégie économique du premier ministre Shinzo Abe, connue sous le nom « Abenomics », es composée de 3 axes. Le premier axe consiste en une création monétaire agressive connue sous le nom de QQE dont l’objectif est de dévaluer le yen. Des dépenses publiques massives via un déficit budgétaire sont le second axe. Les réformes structurelles sont le 3e axe ; elles sont composées d’âneries politiques inefficaces pour créer de la croissance, comme des politiques visant à augmenter la diversité de la main-d’œuvre.

La stratégie principale des Abenomics est donc d’obtenir de la croissance via des dépenses publiques et d’inonder le monde avec des yens. Si l’objectif des Abenomics visait strictement la dévaluation du yen, ils seraient un franc succès. Entre 2012 et 2015, le yen a perdu 35 % de sa valeur. Similairement, si l’objectif était de creuser de gros déficits, les Abenomics seraient une réussite. Depuis décembre 2012, les déficits budgétaires se sont élevés à 6-8 % du PIB.

Qu’ont reçu en contrepartie les Japonais qui ont perdu 35 % de leur pouvoir d’achat ? Une obligation japonaise à 10 ans dont le rendement tourne autour de 0 % pendant la majorité de cette année. Une inflation calée sur le même chiffre et une croissance quasi nulle depuis des années. Mais plus important encore, en guise de preuve de l’addiction des marchés aux stimulations perpétuelles et grandissantes du Japon, le fait que le président de la BoJ Kuroda n’ait pas augmenté sa frénésie d’achats d’obligations pour 80 trillions de yens par an a fait tomber le Nikkei de plus de 1100 points dans les 2 séances qui ont suivi.

Le Japon n’est pas le seul pays à l’ « économie zéro »

La Fed a créé 3,7 trillions de dollars depuis 2008, ce qui a poussé les taux à court terme à près de 0 % pendant presque 90 mois. Pourtant, le maigre résultat de cette intervention massive sur les marchés est une croissance annualisée de 0,5 % pour le T1. Et le T2 ne s’annonce pas mieux. Les prévisions habituelles de Wall Street pour un rebond au T2 ne sont pas très prometteuses avec le Philly Fed à -1,6, l’ISM à 50,8, les chiffres de la productivité en baisse durant 4 des 6 derniers trimestres et les créations d’emplois à 156.000, des statistiques toutes décevantes montrant que l’économie ne fait qu’un rebond timide d’une croissance anémique de 0 %. La faiblesse de l’économie américaine a fait tomber le Dollar Index en dessous de 94 ; un niveau auquel il a trouvé un point de support à 6 reprises durant les 12 derniers mois.

La faiblesse des chiffres au Japon, en Chine, en Europe, aux États-Unis et dans le reste du monde devrait apporter la preuve  claire et nette que les manipulations des taux d’intérêt et la création monétaire ne peuvent générer de la croissance durable. Donc, la grosse surprise qui attend les optimistes du dollar est encore à venir. Alors que les taux courts sont proches de 0 % à travers le globe, les États-Unis sont le seul pays du monde développé à être capables de produire une inflation de 2,2 %. Ce qui signifie que les taux d’intérêt réels aux États-Unis sont les plus négatifs parmi ses partenaires commerciaux alors que le niveau des taux d’intérêt réels est le paramètre majeur de la valeur d’une devise.

Ce niveau de support clé de 94 du Dollar Index a été récemment franchi. Après ce niveau, il n’y a plus de véritable support jusqu’à ce qu’il atteigne 80, soit d’où il avait rebondi en juillet 2014.  (…)

Les États-Unis sont en stagflation. Ceci se passe dans un contexte d’une dette non financière record de 45,2 trillions de dollars, qui atteint désormais 3,44 fois le PIB. Ceci explique pourquoi la Fed ne peut normaliser ses taux. Si elle devait le faire pour les ramener au niveau d’avant 2008, soit 5 %, les bulles exploseraient ainsi que l’assiette fiscale de l’économie chuterait. Ce qui ferait exploser davantage le ratio dette/PIB qui se trouve déjà à des niveaux non viables. (…) »

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Michael Pento

À quoi s’attendre pour 2016 en ce qui concerne les taux américains, le dollar, l’or, les marchés et la croissance ? Dans cet article publié sur KWN, Michael Pento dévoile son scénario macro-économique pour 2016 et les stratégies qu’il préconise :

« Le S&P 500 chute de plus de 20 % alors qu’il finit par succomber aux coups de boutoir des débuts de la récession mondiale.

Janet Yellen déclare durant le premier semestre de 2016 que la Fed ne souhaite pas relever davantage ses taux et évoque ensuite le lancement d’un nouveau QE d’ici la fin de l’année.

En raison de l’admission tacite de la Fed de son échec dans sa tentative de sauver l’économie de la Grande Récession, l’US Dollar Index s’effondre en dessous de 90 points.

L’or et les sociétés minières seront les vainqueurs majeurs de 2016 alors qu’ils sont les grands bénéficiaires du ralentissement mondial, de taux d’intérêt nominaux toujours aussi bas, de taux d’intérêt réels négatifs et du revirement du dollar alors que le métal jaune grimpe à 1250 $ l’once. Le second pari gagnant sera de shorter les obligations à haut rendement (une activité déjà profitable) ainsi que du NASDAQ, dont les actions euphoriques s’échangent à des ratios cours/bénéfices monstrueux et dont les cours s’effondreront en raison de la décélération de l’économie américaine.

Le taux des Treasuries à 10 ans passera en dessous de 2 % d’ici juin en raison des craintes de récession et enfin, une fois la tornade de ces ventes énormes passée, des opportunités significatives se présenteront du côté des actions étrangères à dividendes élevés qui ont déjà été ravagées durant la débâcle du marché des matières premières de ces dernières années.

Pourquoi 2016 sera différent de 2015

Simplement parce que la Fed a commencé à relever son taux directeur et qu’elle continuera à le faire petit à petit jusqu’à ce que la récession économique américaine se manifeste aux yeux de tous. La question de savoir si Mme Yellen en a déjà terminé avec son relèvement des taux ou si la Fed aura l’opportunité d’augmenter son taux directeur à une ou deux reprises avant que le pire se manifeste n’a aucune importance.

Les faits sont implacables : la croissance américaine au T4 dépasse péniblement 1 % d’après le modèle en temps réel de la Fed d’Atlanta. Toute hausse additionnelle ne fera qu’accélérer le ralentissement inévitable alors que la récession mondiale a déjà atteint les côtes américaines. Le catalyseur de cette récession imminente est que les prix des actifs et la dette ont déjà atteint des niveaux qui ne peuvent plus être supportés par les revenus et la croissance économique actuels.

Je n’insisterai jamais assez sur les conséquences que le changement de politique monétaire américaine va jouer sur les marchés. Les marchés majeurs (devises, obligations et actions) s’attendaient à une sortie en douce des QE et des trillions de dollars de dette accumulés depuis 2011. Autrement dit, le monde financier avait parié sur le succès des banques centrales. À l’avant-garde de cette croyance se trouve le carry-trade qui consiste à miser sur le dollar et les actions tout en pariant contre les métaux précieux.

Je crois en la réalité et non aux contes de fées. J’affirme qu’il n’est pas possible de résoudre une crise de la dette avec encore plus de dette, qu’il n’est pas non plus possible de régler un problème de bulle financière en dopant les marchés avec des politiques de QE et de taux planchers. La réalité prendra sa revanche en 2016. C’est autour de cette désillusion que notre stratégie s’est échafaudée. »

Article de Michael Pento, publié le 14 décembre 2015 sur SafeHaven.com (légèrement modifié pour refléter la décision connue de la Fed concernant son taux directeur) :

La propension de Wall Street à créer des bulles en série sur le dos du crédit bon marché augure de nouveau un désastre pour les classes moyennes. Les signes avant-coureurs de la prochaine correction se sont clairement manifestés mais ils sont systématiquement occultés et minimisés par les institutions financières. Néanmoins, voici 10 signes importants que devraient voir les investisseurs futés alors que nous nous préparons à entrer en 2016 :

1. Le Baltic Dry Index, l’indicateur des prix du fret maritime et un baromètre de la consommation, est tombé à son plus bas depuis 1985. Cet index met en exergue la baisse dramatique du commerce mondial et augure d’une récession planétaire.

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2. L’index CRB est un autre indicateur qui valide le ralentissement significatif de la croissance mondiale. Cet index suit la valeur de 19 matières premières. Après un petit regain de forme en 2011, il a de nouveau chuté en dessous des niveaux de 2009 soit du nadir de la grande récession.

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3. La croissance nominale du PIB américain au T3 s’est élevée à 2,7 %. Le souci est que Mme Yellen a relevé ses taux alors que le PIB signale la déflation et la récession. La dernière fois que la Fed a entamé un cycle de hausse des taux, c’était au T2 2004. À l’époque, la croissance nominale du PIB était de 6,6 %, une performance robuste. De plus, ces cycles de hausse des taux démarrés dans un passé récent ont toujours lieu dans un contexte de croissance de 5 à 7 %.

4. Le ratio entre les stocks et les ventes ne dit rien qui vaille : les ventes sont en déclin alors que les stocks augmentent. Un évènement qui s’est manifesté avant toutes les récessions précédentes.

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5. La courbe de rendement des Treasuries, qui mesure l’écart de rendement entre les obligations à 2 et 10 ans, rétrécit. Récemment, l’obligation américaine de référence, celle sur 10 ans, a vu son taux atteindre un plus bas de trois semaines tandis que le taux de l’obligation à 2 ans atteignait son plus haut de cinq ans. Cela s’est produit en raison de l’anticipation de la hausse des taux de la Fed tandis que le taux des obligations à plus long terme, en baisse, indique que des inquiétudes planent à propos de la déflation et de la faible croissance.

Les banques, qui empruntent à court terme et prêtent à long terme, ont moins intérêt à faire des prêts lorsque cet écart se rétrécit. Ce qui étrangle la croissance de la masse monétaire et provoque une récession.

6. Les bénéfices des sociétés du S&P 500 non PCGR ont baissé de 1 % au 3e trimestre, alors que les PCGR ont vu leur bénéfice chuter de 14 %. Il est clair que ces sociétés ne savent plus quoi faire pour faire plaisir à Wall Street et sont de plus en plus agressives dans la classification de leurs transactions non récurrentes afin de rendre leurs chiffres plus attractifs. La question est de savoir pourquoi payer 19 fois les bénéfices sur le S&P 500 lorsque les bénéfices sont en baisse et surtout lorsque ceux-ci sont manipulés agressivement via les rachats d’actions et des écritures comptables.

7. Le dollar fort impacte négativement les chiffres d’affaires et les bénéfices des multinationales. Jusqu’il y a peu, les multinationales américaines bénéficiaient d’un dollar dont la valeur déclinait lentement et sûrement depuis les plus hauts des années 80.  (…)

dollar

8. Les données récentes montrent que les États-Unis sont actuellement dans une récession manufacturière. L’ISM manufacturier de novembre est entré pour la première fois en contraction depuis 36 mois (48,6). Soit un déclin par rapport à la performance anémique d’octobre (50,1). De plus, cela fait 5 mois d’affilée que cet indicateur est en baisse. Le PMI de novembre s’est élevé à 48,7, un niveau signalant une contraction.  (…)

9. Les écarts de crédit se creusent alors que les investisseurs fuient les obligations Corporate pour la sécurité des Treasuries. L’écart TED, la différence entre les taux des obligations à 3 mois sur les crédits en eurodollars et les obligations américaines à 3 mois ne cesse d’augmenter depuis octobre 2013. Fin septembre, il atteignait son plus gros écart depuis août 2012, soit au pire de la crise européenne de la dette.

10. Le S&P 500 a atteint la seconde valorisation la plus importante de son histoire. Par exemple, le ratio CAPE (ratio prix/bénéfice ajusté) s’élevait à 26,19 en novembre. Au-dessus de 25, cet indicateur montre que les marchés sont historiquement trop chers. Depuis 1881, ce ratio est en moyenne de 17. (…)

Grandes probabilités d’un effondrement boursier en 2016

Si ces 10 signes ne sont pas suffisants pour inquiéter les investisseurs, ils le devraient. La Fed vient de faire quelque chose de très inhabituel : relever son taux directeur alors que l’économie mondiale est au seuil de la récession. (…)

Le cycle de croissance actuel a démarré il y a désormais 78 mois, ce qui en fait l’un des plus longs de l’histoire des États-Unis. Depuis 1971, nous avons connu 6 récessions. En moyenne, elles ont fait chuter le S&P 500 de 36,5 %. Vu que le début de cette récession imminente coïncidera avec un marché flirtant avec ses plus hauts, le prochain crash boursier devrait être plus proche de ce que nous avons connu en 2001 et en 2008 (donc pire).

La dette américaine publique et privée a grimpé jusqu’à 327 % du PIB, soit presque 600 % des recettes fiscales fédérales. Cette énorme dette et les grandes quantités de capitaux mal investis ont préparé le terrain pour le 3e effondrement boursier depuis 2000. Les investisseurs doivent donc agir avec grande prudence vu les signes avant-coureurs mis ici en évidence. »

PS : il faudra tout de même attendre d’autres hausses de la Fed pour véritablement parler d’une hausse des taux. Car en fin de compte, voici où nous en sommes :

taux-americains

calcul du cours de l'or en dollars

Article de Michael Pento publié le 25 novembre 2015 sur CNBC.com :

« Le président de la BCE Mario Draghi a promis de partir à la chasse de l’inflation. Il s’est récemment engagé à « faire tout ce qui est nécessaire pour augmenter aussi vite que possible l’inflation. »

Les efforts de Draghi, qui ont fait baisser l’euro, ont été en quelque sorte pris par Wall Street comme un conseil de vendre l’or. C’est ridicule.

La plupart des commentateurs vous diront que l’élément qui joue une plus grosse influence sur le cours de l’or est le Dollar Index (DXY). Donc, la seule chose que Wall Street fait en ce qui concerne l’or est de jeter rapidement un coup d’œil sur le DXY et d’appuyer sur la touche VENDRE lorsque l’index s’apprécie. S’il est vrai que le pouvoir d’achat du dollar est un indicateur clé pour anticiper les variations du prix de l’or, le DXY ne fait que refléter la santé du dollar par rapport à un panier de six autres devises imparfaites.

La principale composante de ce panier est l’euro. La monnaie unique représente presque 58 % du DXY. Donc, si l’euro chute, le Dollar Index augmente quasi dans tous les cas, quel que soit l’état de santé réel du dollar. En ce qui concerne la valorisation de l’or, les investisseurs doivent tout d’abord jauger la valeur intrinsèque du dollar. Pour ce faire, vous devez déterminer :

  1. Le niveau des taux d’intérêt réels ;
  2. La croissance de la masse monétaire ;
  3. La santé fiscale du gouvernement américain.

En analysant le dollar à travers ces indicateurs, il est clair que la valeur du dollar s’érode et que, donc, la valeur de l’or par rapport au dollar devrait augmenter quel que soit le sort des autres devises papier.

Taux réels négatifs

Le bon du Trésor américain à 1 an offre aujourd’hui un rendement de 0,49 % alors que l’inflation des prix à la consommation est à 1,9 % sur un an. Cela signifie que les taux d’intérêt réels sont négatifs, ce qui devrait baisser l’appétit des investisseurs pour le dollar et augmenter leur désir de posséder de l’or.

Les taux d’intérêt négatifs poussent également les consommateurs, les entreprises et les gouvernements à emprunter plus d’argent. Lorsque le crédit est créé, la masse monétaire augmente. Augmenter la masse monétaire abaisse la valeur des dollars déjà en circulation, d’autant que les nouveaux dollars apparaissent plus vite que l’or fraîchement extrait des mines. La masse monétaire de l’or augmente historiquement de 1 à 2 % par an alors qu’actuellement, la croissance sur un an de M2 est de 6 %.

Vu que la production américaine est en hausse d’environ 2 % cela signifie que la croissance des biens et des services disponibles est bien inférieure à celle de la masse monétaire. Cela provoque la hausse des prix tout en réduisant la valeur intrinsèque du dollar et en augmentant la valeur de l’or.

Dette américaine qui se creuse inexorablement

Enfin, notre gouvernement vient juste de s’accorder pour suspendre le plafond de la dette jusqu’à la mi-mars 2017. Aujourd’hui, la dette du gouvernement américain s’élève à plus de 18,6 trillions soit plus que le PIB annuel du pays.

Plus important encore, la dette américaine représente environ 600 % de ses rentrées fiscales annuelles et malgré l’autocongratulation de nos politiques concernant la baisse des déficits qui avaient explosé durant la crise, le déficit d’octobre qui sonne le coup d’envoi de l’année fiscale 2016 s’est élevé à 136,5 milliards soit +12,2 % par rapport au mois d’octobre 2014. La triste vérité est que la dette et les déficits augmentent bien plus vite que les recettes fiscales et devront donc être massivement monétisés (payés par de la création monétaire) dans les années à venir.

Le dollar américain se trouve sous une pression grandissante de la part des taux d’intérêt négatifs, d’années de création monétaire de la Fed et d’une dette nationale dont le gouvernement tente de se débarrasser via l’inflation. Ces faits ne doivent pas être occultés par l’Europe qui s’est engagée dans une opération de destruction de sa monnaie. L’annonce de Draghi de remuer ciel et terre afin d’obtenir immédiatement de l’inflation devrait faire paniquer l’ensemble des citoyens qui utilisent la monnaie unique. Les banquiers centraux poussent les détenteurs d’argent papier à se tourner vers l’or.

Aujourd’hui dans notre monde de gestionnaires abrutis et de robots traders, les algorithmes sont programmés pour vendre les ETF or dès que le DXY est dans le vert. Cependant, lorsqu’il deviendra clair que les économies d’Europe et des États-Unis ne sont pas bien différentes, que la BCE et la Fed suivent des politiques similaires… À ce moment la tendance dollar euro se retournera, ce qui poussera Wall Street à acheter de l’or sur les ETF alors que la valeur intrinsèque du dollar effectue un nouveau plongeon.

Les banques centrales majeures créent de la monnaie papier à des cadences record afin de maintenir les coûts du crédit à des plus bas historiques. En fait, toutes les devises papier de l’histoire ont fini par mourir. Ces programmes massifs de création monétaire à l’échelle mondiale ne changeront pas leur sort. »

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En 2010, David Tepper était apparu dans les médias pour faire une prédiction qui s’avéra être très exacte. Cependant, David Pento estime que ce que l’on a appelé ensuite l’argument Tepper n’est désormais plus d’actualité.

Michael-Pento-Treasuries

« Durant une émission en septembre 2010, David Tepper avait prédit que les marchés actions grimperaient, qu’il y ait de la croissance économique ou pas. Il y avait expliqué sa théorie, somme toute simple : en cas de croissance, les marchés seraient poussés à la hausse, tandis qu’en cas de problèmes économiques, la Fed soutiendrait la bourse avec son QE.

Il faut rendre hommage à Tepper, qui avait vu juste. J’avais également conseillé aux investisseurs d’investir dans les actions au début de 2009, après leur avoir conseillé de vendre durant l’été 2008. Cependant, il est crucial aujourd’hui que les investisseurs réalisent que l’argument Tepper est désormais caduc.

À l’époque, la Fed ne craignait pas de faire tourner les rotatives et d’augmenter la taille de son bilan pour combattre la déflation. Son bilan n’était alors que de 2,3 trillions de dollars. Aujourd’hui, il est de 4,3 trillions, ce qui commence à l’inquiéter, aussi bien en termes de montant, de durée que de qualité des actifs qui le composent.
Deuxièmement, le Standard & Poor’s 500 était à 1109. Aujourd’hui, il est à 1878, soit plus haut de 70 %. Depuis le plus bas de mars 2009, il s’agit en fait d’une augmentation de 180 %. En quelques années, le marché est passé de la sous-évaluation à la bulle. Par exemple, le Russell 2000 avait un ratio PE de 34 à l’époque, alors qu’il est aujourd’hui supérieur à 100.

Plus important encore, la Fed souhaite désormais mettre fin au QE et à l’augmentation de la taille de son bilan. La situation a donc bien changé depuis 2010. Désormais, plusieurs scénarios se présentent.

Scénario numéro 1 : la Fed atteint ses objectifs de croissance et d’inflation

En cas de redressement économique, les taux d’intérêt augmenteront significativement afin de refléter l’augmentation du PIB nominal. Ce qui signifie que les obligations à 10 ans devraient passer de 2,7 % aujourd’hui à 5 %. Ce qui devrait entraîner une baisse de 10 à 20 % des marchés actions, vu le rendement offert par les obligations.

Scénario numéro 2 : la croissance n’est pas au rendez-vous

Dans ce cas, le marché surévalué s’effondrera sous la pression des chiffres d’affaires anémiques et de bénéfices qui n’augmentent pas assez que pour faire baisser les ratios PE déjà très élevés. Sans les injections de liquidités de la Fed, une correction de plus de 20 % est fort probable. La croissance des chiffre d’affaires et des bénéfices est inférieure à la moitié de la moyenne historique. Ils devront s’accélérer rapidement afin de justifier les niveaux actuels de la bourse.

Je privilégie le second scénario, et le taux de croissance de 0,1 % du premier trimestre de 2014 semble l’indiquer. Il s’agit des premiers effets du tapering en quelque sorte. (…)  S’il n’y a pas de crash boursier dans l’intervalle, le QE sera dans quelques mois à zéro. Et lorsqu’il arrivera, la Fed devra faire marche arrière.

Source : KWN

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Dans sa dernière interview sur KWN, Eric King a demandé à Michael Pento a combien il estime la valeur réelle de l’or aujourd’hui. Sans surprise, cette valorisation est beaucoup plus élevée que le cours actuel, qui joue au yoyo autour des 1300 $ l’once.

Michael-Pento-Fed-Tapering

Eric King : « Michael, vous avez analysé le marché haussier de l’or dans les années 70, lorsqu’il est passé de 35 $ à 850 $ l’once. En ce qui concerne la situation actuelle, avez-vous tenté de déterminer quelle est la juste valorisation de l’or ? »

Michael Pento : « j’ai effectué l’exercice en 2007 et 2008. J’étais arrivé à 6000 $ l’once. Les gens disent qu’il est impossible de déterminer la valeur de l’or car il n’a aucune valeur intrinsèque. C’est pourtant faux. L’or a une valeur intrinsèque car il est très rare, il est quasi indestructible ; il s’agit du meilleur véhicule pour conserver sa richesse que je connaisse.

Je me suis penché sur le cas de l’or et de sa valeur de 35 $ depuis 1933. J’ai analysé la croissance de la masse monétaire des États-Unis et l’extraction des mines du métal qui arrivait sur le marché, et je suis arrivé à 6000 $. Sa valeur actuelle est donc de minimum 6000 $, car nous devons prendre en compte le fait que la dette est beaucoup plus élevée aujourd’hui. À ce jour, elle totalisait 17,5 trillions de dollars. Il est certain qu’en termes réels, cette dette ne pourra être remboursée. Elle devra donc être monétisée.

Vous pouvez dire exactement la même chose de la dette japonaise, de la dette chinoise et de la dette européenne. Pour régler le problème de la dette, la masse monétaire devra être augmentée de façon dramatique. 6000 $ est donc une estimation très basse selon moi. »

Les experts se plaisent à évoquer les bénéfices d’entreprises afin de s’émerveiller sur leur rentabilité. Ils exploitent ce fait pour dire que l’économie américaine se rétablit. Par contre, ils oublient de dire que ces bénéfices n’ont pas été obtenus par l’augmentation de leur chiffre d’affaires (donc par la compression des coûts, et notamment salariaux) dans un environnement économique très anémique. Et pire encore, cela a été en grande partie permis par la Fed.

benefices-entreprises-deflationCertains experts n’aiment pas l’entendre, mais il s’agit de faits : le PIB américain, pour 70 %, c’est la consommation des ménages. Mais quel pourcentage de cette consommation a-t-il été possible grâce à la Fed ? Je dirais 100 %. En plaquant les intérêts à 0 %, la Fed a offert un ballon d’oxygène aux ménages, ce qui a permis de donner un coup de fouet à la consommation.

Et que dire des 3,4 trillions de monétisation de la dette ? Ils ont permis de faire baisser les taux d’intérêt des emprunts d’État. De nombreux paiements ont été transférés dans le futur. Cela ne peut que mener à une nouvelle énorme bulle de la consommation.

On ne peut pas simplement contempler les bénéfices des entreprises sans prendre en compte ce que fait la Fed. Les 2 sont liés. Mais maintenant que la Fed est en train de ralentir la cadence de son QE, les béquilles qui ont soutenu les cours, la réalité du marché va éclater au grand jour.

Que cela signifie-t-il ? Avec les bons du trésor à 10 ans à 6 %, ou même à 5 %, quelles seront les conséquences sur le marché obligataire des collectivités locales ? Leurs dépenses vont exploser. Que va-t-il se passer avec la dette des ménages ? Quelles seront les conséquences sur les 100 trillions de dollars de produits dérivés sur les taux d’intérêt ? Quelles seront les conséquences sur le marché des changes, sur le dollar et les autres devises ? Nous allons assister à d’énormes bouleversements.

C’est pour cela que je vous dis qu’en cas de montée des taux, les États-Unis vont imploser. Et si cela ne se produit pas, c’est-à-dire si la Fed parvient à se retirer en mettant un terme à son QE et que les marchés libres reprennent le relais pour acheter les futures émissions en gardant les taux au niveau actuel, cela signifiera que nous sommes dans une dépression déflationniste.

Eric King : « L’or, de son plus bas à 1180 $, a titillé les 1400 $ l’once. Nous assistons à un repli classique en ce moment. Quelle est votre opinion sur le métal jaune ? »

Michael Pento : « Parlons de ce qu’il se passe au Japon. Les Japonais sont dans la déflation depuis des décennies. Mais soudainement, l’inflation est à un taux record depuis 5 ans, tandis que leur monnaie vacille.

Les Japonais en ont tiré les conclusions qui s’imposent : ils ne peuvent avoir confiance ni en leur banque centrale, ni en leur gouvernement. Ils cherchent donc une solution pour leurs maigres économies et pour conserver leur pouvoir d’achat. Et vous savez bien qu’il n’y a rien de mieux que l’or pour y parvenir. C’est pourquoi ils font la file pendant des heures pour acheter de l’or.

Le tapering de la Fed se poursuit, sans surprise, mais de nouvelles données importantes ont été ajoutées à l’équation d’après Michael Pento (source).

Michael-Pento-Fed-Tapering

« Jusqu’ici, la Fed a réduit ses achats de MBS et de Treasuries pour atteindre respectivement 25 milliards et 30 milliards par mois, pour un total de 55 milliards. Tout cela était prévu et n’a donc surpris personne.

Cependant, la Fed a supprimé le seuil des 6,5 % de chômage auquel elle avait prévu de relever les taux d’intérêt. Cela signifie qu’il n’y a plus aucun objectif tangible, et pour une bonne raison : la Fed ne peut pas se permettre de relever les taux.

L’état de l’économie américaine et de l’économie mondiale est tellement anémique que même après 5 ans de manipulations de la masse monétaire et des taux d’intérêt, la Fed est dans l’incapacité d’augmenter à court terme les taux d’intérêt. Autrement dit, elle va continuer à chercher des excuses et à modifier les objectifs afin de ne jamais y toucher.

La Fed est donc engagée dans un processus de tentative de sortie du QE, mais ce que les marchés actions ignorent, c’est que cela pousse les taux d’intérêt à long terme à la hausse. Par exemple, les bons du Trésor à 10 ans sont passés à 2,76 % au moment où je vous parle. Les taux à court terme ont augmenté de façon encore plus significative.

Le QE de la Fed est la seule raison pour laquelle le taux des Treasuries à 10 ans sont aussi bas aujourd’hui. La fin du QE provoquera une hausse importante de ces taux, que la Fed le veuille ou non.

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Alors que l’or a reculé vendredi dernier suite à la publication des chiffres du chômage américain, Michael Pento nous livre ses états d’âme sur les mois à venir, qui risquent d’être cruciaux selon lui pour la stabilité financière mondiale.

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« Le marché de l’or a été touché car cela signifie, à mon sens, que la réduction du QE (tapering) va se poursuivre. Cela fait longtemps que je dis que la Fed souhaite sortir de son assouplissement quantitatif. Mais la vérité, c’est qu’avec la fin de ce QE, qui devrait tomber d’ici l’automne de cette année, nous allons assister à une crise financière majeure avant qu’on y arrive.

Cela pourrait être le Japon ou la Chine. Cela pourrait être un renforcement de la crise des marchés émergents, ou même les États-Unis. Mais cet arrêt des injections de liquidités dévaste râler marcher en général, ainsi que la croissance mondiale. Je pense donc que la Fed devra faire marche arrière courant de cette année.

Le marché de l’or est en train de se positionner pour ce retournement de veste. Si on observe les minières, elles ont atteint leur plus bas en janvier. Depuis, elles augmentent, et lorsque la Fed admettra qu’elle n’a pas de porte de sortie, elles exploseront. Cela devrait arriver d’ici l’automne prochain.