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Monte Paschi

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Monte Paschi

Le sauvetage par l’Italie de la banque en difficulté Monte Paschi coûtera au gouvernement environ 6,6 milliards d’euros, d’après la Banque centrale italienne qui vient de fournir la première estimation officielle du coût du renflouage financé par l’argent public.

Environ 4,5 milliards d’euros sont nécessaires pour couvrir les besoins de recapitalisation de la banque, tandis que 2 milliards supplémentaires seront requis pour compenser les petits porteurs d’obligations de la banque, a déclaré la Banque d’Italie via un communiqué publié tard dans la journée de jeudi dernier. Des coûts additionnels de 2,2 milliards d’euros seront pris en charge par les investisseurs institutionnels, selon la Banque centrale d’Italie. (…)

Le cabinet italien mené par le Premier ministre Paolo Gentiloni s’est mis d’accord la semaine dernière pour injecter jusqu’à 20 milliards d’euros dans Monte Paschi et d’autres banques en difficulté après que cette dernière, la plus vieille banque du monde, ait été incapable de trouver un nouvel investisseur capital qui devait être la clé de voûte de la levée sur les marchés de 5 milliards d’euros. (…)

La Commission européenne a déclaré jeudi qu’elle travaillerait avec l’Italie afin de déterminer si les injections de capitaux envisagées dans Monte Paschi respectent les règles de l’UE concernant le soutien des États aux banques.

Source : Bloomberg

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Le suspense arrive à son terme, d’après Zero Hedge. Après 2 plans de sauvetage financés par le contribuable et près de 5 mois de préliminaire après que la 3e banque italienne ait échoué aux stress tests européens de la fin du mois de juillet, Monte Paschi s’apprête à bénéficier d’un 3e plan de sauvetage, alors que cette idée avait été « absolument écartée » en septembre dernier par le gouvernement.

D’après Reuters, l’Italie se prépare à prendre une participation de 2 milliards d’euros dans Monte Paschi pour en prendre le contrôle vu son poids. Avant cela, le gouvernement italien était déjà le plus gros actionnaire, étant propriétaire de 4 % des parts de la banque. Après l’opération, elle devrait détenir 40 % des parts de Monte Paschi. Ce faisant, le gouvernement contrôlerait les réunions des actionnaires pour prendre de facto les rênes de la banque dans une manœuvre qui ressemble furieusement à une nationalisation.

Le décret permettant de finaliser l’accord pourrait être voté dès ce week-end. Reste à savoir comment l’Europe va réagir, alors que Merkel, Schäuble, Dijsselbloem et cie ont très clairement dit que c’est le principe du renflouement interne qui doit être utilisé pour sauver les banques insolvables, et non les interventions de l’État avec de l’argent du contribuable.

Mais que faire, vu que c’est toute l’Italie qui pourrait être touchée par une crise bancaire en cas de contagion (et qui ne prendrait pas beaucoup de temps à dépasser ses frontières) ? Si l’Europe ferme les yeux et laisse l’Italie enfreindre ses propres règles, elle se ridiculise (même si ce ne serait pas la première fois, cf. le déficit maximal fixé à 3 % du PIB).

UniCredit aussi à la recherche de liquidités

Bien avant le référendum, les banques italiennes étaient à la recherche de milliards d’euros afin de renforcer leur capitalisation, nous apprend cet article du Guardian. Le résultat de dimanche n’a rien arrangé, si bien que Fitch a revu à la baisse les perspectives du secteur entier. L’agence de notation a déclaré que la profitabilité du secteur était déjà fragile avant le référendum qui a déclenché un chaos politique et entraîné la démission du Premier ministre Matteo Renzi.

« Le résultat du référendum pourrait mettre en péril les plans de recapitalisation de certaines banques italiennes, particulièrement de Monte Paschi et d’UniCredit. Il a également des implications négatives pour le secteur bancaire italien dans son ensemble, dont l’attractivité pour les investisseurs s’était déjà réduite significativement durant 2016. La capacité du secteur à accéder aux marchés institutionnels pour son financement et sa capitalisation, devenus plus difficiles et chers cette année, pourrait empirer », a déclaré Fitch.

Jeff Gundlach

« Celui qui panique le premier panique le mieux ». Comme le dit David Stockman, cela ressemble de plus en plus à 2007, lorsque les premiers signes d’implosion du système financier furent ignorés par les éternels optimistes. Si la panique n’est pas encore d’actualité, l’inquiétude et la nervosité gagnent de plus en plus les marchés. Selon Jeffrey Gundlach de DoubleLine Capital, l’or est la meilleure option en ces temps incertains, comme il l’a déclaré à Reuters :

« Jeffrey Gundlach, le CEO de DoubleLine Capital, a déclaré ce mercredi que l’or est le meilleur investissement dans un contexte de craintes concernant l’instabilité de l’Union européenne, la stagnation mondiale persistante ainsi que l’inefficacité des politiques des banques centrales.

« La situation est chaotique, elle semble dangereuse, » a déclaré Gundlach à l’occasion d’une interview téléphonique. « Je ne suis pas vendeur en ce qui concerne l’or ».

Le métal jaune a dépassé son plus haut de 2 ans ce mercredi alors que certaines obligations ont glissé pour atteindre leur taux le plus bas suite au référendum en Grande-Bretagne, poussant les investisseurs à acheter de l’or pour s’assurer contre le risque. L’or pour livraison immédiate (XAU), qui a presque grimpé de 30 % depuis le début de l’année, était en hausse de 0,56 % à 1363 $ l’once à 18:34 (GMT).

Gundlach, qui est un fidèle supporter du métal précieux et qui voit l’or atteindre 1400 $ l’once cette année, estime que le métal jaune et les actions minières sont intéressants par rapport aux obligations gouvernementales, dont les taux ont atteint des niveaux planchers durant les derniers jours. Le rendement de l’obligation américaine à 10 ans s’est élevé, durant la session de mercredi, à  1,393 % après avoir atteint un plus bas record de 1,321 %.

« On voit des gens qui détestaient l’obligation à 10 ans à 2 % qui soudainement l’adorent à 1,38/1,39 %, qui revisite le plus bas historique de ce Treasury », a déclaré Gundlach.

« Si vous achetez aujourd’hui cet actif, je dirais qu’il s’agit d’une très mauvaise décision. C’est le plus mauvais moment de l’histoire pour acheter des obligations américaines à 10 ans. »

Gundlach, qui gère un patrimoine de 100 milliards de dollars pour la société DoubleLine de Los Angeles, estime que l’or est attrayant dans le contexte « d’un système bancaire européen dans un état le rendant bon pour la faillite. »

Il faisait référence à Banca Monte dei Paschi di Siena, la 3e banque italienne qui croule sous les créances douteuses et dont la capitalisation est insuffisante, dont les soucis menacent de se propager ailleurs en Europe. Gundlach a également cité Deutsche Bank AG, dont le titre a de nouveau atteint un plus bas ce mercredi pour voir sa valeur chuter de moitié depuis le début de l’année.

« Les banques sont en train de mourir et les décideurs ne savent plus quoi faire », a déclaré Gundlach. « Lorsque l’action de la Deutsche Bank passera sous la barre des 10 $, vous allez voir les gens commençaient à paniquer, ils vont commencer à dire : quelqu’un doit faire quelque chose ».

L’action Deutsche Bank a chuté de 5,56 % ce mercredi pour atteindre 11,54 dollars. Gundlach, connu à Wall Street sous le surnom du « roi des obligations », est l’un des premiers poids-lourds de l’investissement à recommander l’or en tant qu’assurance contre la crédibilité des grandes banques centrales alors que les pays ne parviennent pas à générer de la croissance. »

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panique bancaire en 2007 chez Northern Rock

Certains lecteurs se souviennent peut-être des mésaventures de la banque britannique Northern Rock en 2007, devenue subitement insolvable et qui fut la première institution financière de taille à bénéficier d’un sauvetage public. Northern Rock annonça en quelque sorte l’arrivée de la crise de 2008. Le parallélisme avec les banques italiennes en difficulté est donc tentant. Il a été fait par L’Examiner dans un article du 23 janvier 2016 :

« Le 21 janvier 2016, la plus vieille banque du monde toujours en activité, Banca Monte dei Paschi di Siena SpA, a rapporté que ses épargnants avaient initié toute une série de bank runs ayant mis l’institution financière au bord du précipice, tous les appels au calme auprès des titulaires de compte étant tombés dans l’oreille d’un sourd.

En fait, le cours de l’action de Banca Monte dei Paschi di Siena SpA s’est effondré de plus de 46 % depuis lundi dernier alors que les marchés actions du monde entier ont connus des baisses variant de 15 à 30 % depuis le début de l’année.

En 2007, un bank run sur l’institution financière britannique connue sous le nom de Northern Rock annonçait le début de la crise financière. Celle-ci déboucha sur un effondrement total du système financier et le besoin de recourir à l’argent public pour renflouer les banques, ainsi que la mise à disposition de liquidités s’élevant à plusieurs dizaines de trillions de dollars par les banques centrales. Si nous avons connu des événements similaires depuis du côté de Chypre et de la Grèce, aucune de ces paniques bancaires n’a eu lieu lorsque le système financier mondial vacillait, ce qui est à nouveau le cas tandis que de nombreuses économies mondiales sont dans de sales draps.

« C’est la panique dans certaines banques italiennes, les déposants récupérant tout ce qu’ils peuvent, craignant de perdre leur argent s’il devait rester sur leur compte. »

En raison de la baisse du prix du pétrole et des récessions dans les marchés émergents, de nombreuses banques importantes, aussi bien américaines qu’européennes, font face à des pertes potentielles sur leur portefeuille de crédits et d’obligations à haut risque à concurrence de plusieurs trillions de dollars. Cette crise bancaire en gestation pourrait être si grave que la Fed de Dallas aurait conseillé aux banques de dissimuler les valorisations mark to market (valeur réelle) de leurs actifs afin d’éviter de détériorer leur bilan.

Il n’y a pas si longtemps que cela, les spéculations de Wall Street menèrent sur une crise financière qui a failli mettre à terre l’économie mondiale tout en forçant les banques centrales et les gouvernements à voler au secours des banques en rachetant toutes les créances douteuses. Si certains estiment que les réformes engagées après la crise de 2008 seront suffisantes pour protéger les banques et les citoyens en cas de nouvelles difficultés, il suffit de visionner le film « The Big Short » (Le Casse du Siècle) pour comprendre que Wall Street n’a quasi rien appris de la dernière crise. Aujourd’hui, les spéculateurs refont les mêmes paris dangereux qui ont non seulement engendré les paniques bancaires, mais aussi détruit les actifs de nombreux épargnants il y a seulement 7 ans. »

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Monte-Paschi-ObligationsCela fait un bon bout de temps que la banque italienne Monte Paschi, la plus ancienne du pays, est dans les cordes. De nombreux analystes prédisaient que les situations bancales des banques et des états européens reviendraient sur le devant de la scène une fois les élections allemandes passées.

Ils n’auraient pas pu mieux dire : au lendemain de la victoire d’Angela Merkel, Monte Paschi annonce la suspension du paiement des intérêts sur 3 de ses obligations hybrides, sur exigence des autorités européennes. Cependant, les montants ne sont pas astronomiques : il s’agit de 480 millions d’euros. Soit ce que Tonton Bernanke imprime en quelques heures. Sur base des conditions d’émission de ces obligations, la banque a le droit de ne plus payer d’intérêts sans se mettre en défaut de paiement. Ben voyons, essayez donc avec votre crédit hypothécaire !

Le 7 septembre dernier, la commission européenne avait déclaré qu’elle statuerait sur le plan de restructuration de Monte Paschi  dans les 2 mois. Et, par le plus grand des hasards du calendrier, la décision tombe le lendemain des élections allemandes.

Comme le note ZeroHedge, il s’agit d’un premier domino sur le point de tomber. Au suivant…