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Obligations américaines

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Article de Zero Hedge, publié le 27 août 2015 :

Jeudi soir, nous nous posions la question de savoir ce qui se passerait si les marchés émergents se mettaient à se débarrasser de leurs obligations américaines comme la Chine. Cela fait des mois que nous détaillons comment la banque centrale chinoise se débarrasse du papier américain qu’elle possède en quantités énormes. En juillet, par exemple, nous rapportions que la Chine s’était délestée d’un montant record de treasuries (143 milliards) en 3 mois via la Belgique en laissant dans la foulée Goldman Sachs sans voix.

Nous avons suivi ce dossier jusqu’à cette semaine en notant qu’en vertu du nouveau régime FX (entre le dollar et le yuan) la Chine a probablement vendu environ 100 milliards de dollars de treasuries rien que durant les 2 dernières semaines afin de stabiliser le yuan. Pour dire les choses simplement, dans le cadre de la dévaluation du yuan et les efforts qui ont suivi afin de contenir ladite dévaluation, la Chine a effectué une purge épique dans ses obligations américaines.

Même si les lecteurs de Zero Hedge étaient au courant et, pour ajouter une métaphore colorée, que le génie était sorti de la lampe depuis la mi-août en raison de la volonté de la Chine de ne pas laisser fluctuer librement le yuan ce qui oblige le pays à vendre des obligations américaines par centaines de milliards, le reste de la communauté financière a mis du temps à réaliser les conséquences des interventions de la Chine sur les marchés des changes. Cela a changé mercredi, lorsque 2 événements se sont produits :

  1. Bloomberg, citant des opérateurs sur les marchés obligataires de New York, rapporta « une pression à la vente substantielle » sur les obligations américaines à long terme en provenance d’une entité « d’Extrême-Orient ».
  2. Bill Gross, dans un Tweet, posait la question suivante : la Chine est-elle en train de vendre des treasuries ?

Bien entendu, jeudi, nous avons reçu la confirmation d’informations que nous avons rapporté en long et en large pendant des mois grâce à Bloomberg :

« La Chine a réduit son portefeuille d’obligations américaines ce mois afin d’obtenir les dollars nécessaires pour soutenir le yuan suite à la dévaluation choc d’il y a 2 semaines, d’après des personnes familières avec le dossier.

Ces transactions ont eu lieu via la Chine elle-même ainsi que via des agents en Belgique et en Suisse, a déclaré l’une de ces personnes qui ont souhaité conserver l’anonymat vu que l’information est confidentielle. La Chine a communiqué avec les autorités américaines à propos de ces ventes, a déclaré une autre personne. Les montants concernés n’ont pas été révélés.

Les dernières données du Trésor américain et les estimations des stratégistes suggèrent que la Chine contrôle pour 1,48 trillion de dette américaine. Nomura Holdings Inc. en Belgique possède pour 200 milliards d’obligations au nom de la Chine.

Durant les 2 dernières semaines, la banque centrale chinoise a vendu pour au moins 106 milliards de dollars d’actifs de réserve, dont des obligations américaines d’après une estimation de Société Générale. » (…)

Mais quelles sont les conséquences pour les États-Unis ? Chaque 500 milliards de dollars d’actifs chinois liquidés engendre une pression haussière de 108 points de base (soit 1,08 %) sur les obligations américaines à 10 ans. N’oubliez pas non plus que grâce à la menace d’une hausse des taux par la Fed et la multitude d’autres facteurs négatifs comme la chute des matières premières et les risques politiques idiosyncrasiques, les devises des pays émergents sont en chute libre. Ce qui signifie qu’il n’y a pas que la Chine qui soit occupée à liquider des actifs libellés en dollars. (…)

Et maintenant que la frénésie liquidatrice de la Chine a atteint des niveaux qui rendent impossible sa dissimulation ou sa minimisation et que Bill Dudley a officiellement ouvert la porte à un nouveau QE, il semblerait que la seule façon d’empêcher la Chine et les pays émergeant de liquider leurs actifs libellés en dollars est, comme City le suggère, « d’étouffer le marché immobilier américain » et d’exercer une sorte de serrage de vis forcé via les canaux de transmission des Treasuries, soit la mise en place d’un environnement qui ouvrira la porte au QE4. (…) »

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ZeroHedge en a beaucoup parlé ces dernières semaines : depuis le tapering de la Fed, certaines entités achètent des obligations américaines à tour de bras via la Belgique, si bien que le minuscule royaume est devenu le 3e plus gros porteur de Treasuries au monde avec un portefeuille de 341 milliards de dollars. Cette question a été abordée par Paul Craig Roberts sur KWN. Voici ce qu’il a répondu lorsqu’on lui a demandé à quoi tout cela rimait :

Belgique-Treasuries-Achats

« Il faut garder 2 choses à l’esprit : il devient difficile d’obtenir du rendement aujourd’hui. Dernièrement, j’ai vu que les obligations grecques pourries ne rapportent que 4,7 %. On peut donc toujours dire que les obligations américaines, c’est beaucoup moins risqué que des obligations grecques, et expliquer ainsi pourquoi la Belgique achète des Treasuries, afin d’opter pour la sécurité.

Mais le second point est bien plus intéressant : alors que la Fed se retire du marché obligataire, comment fait-elle pour empêcher les taux d’intérêt de monter ? Vu qu’elle en achète moins, la demande baisse, ce qui fait donc monter mécaniquement les taux d’intérêt.

Pour empêcher que cela arrive, vous pouvez demander à vos marionnettes en Europe de reprendre le flambeau de la Fed. C’est peut-être la stratégie adoptée par les États-Unis, à savoir forcer ses caniches européens à acheter la dette. C’est peut-être ce qu’il se passe en ce moment.

Le problème, c’est que la Fed ne peut pas compter que sur la Belgique. Il sera intéressant de voir comment vont évoluer les achats de Treasuries de l’Allemagne, la France, la Grande-Bretagne, de l’Italie, mais aussi du Japon, de l’Australie, etc. Ce sont probablement ces pays qui vont compenser le retrait de la Fed.

De plus, certains pays avec une banque centrale indépendante comme l’Australie peuvent faire leur propre QE pour acheter des obligations américaines. Cela supporterait évidemment le dollar, vu que pour acheter les obligations le dollar australien doit d’abord être converti en dollars américains. Bien sûr, cela leur permettra de gagner un peu de temps, mais cette stratégie n’est pas durable et finira par se payer. »