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Obligations corporate

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bâtiment de la BCE

Article de Mike Shedlock, publié le 22 août 2016 sur son blog MishTalk.com :

« La situation est devenue tellement absurde en zone euro que la BCE accumule de la dette privée sans regarder de près ce qu’elle achète, au mépris du risque. En réponse, les sociétés privées européennes émettent de la dette tout simplement car elles savent d’avance que la BCE les achètera.

Il s’agit d’un exemple éloquent de l’adaptation des marchés à des politiques monétaires extrêmes. On prend peu de risques en concluant que cette expérimentation finira mal.

Comme l’écrit le Wall Street Journal, il s’agit « d’un paradis pour les vendeurs alors que les sociétés émettent des obligations à l’attention de la BCE » :

« Le programme d’achats d’obligations Corporate de la banque centrale européenne a tant attiré l’attention des marchés du crédit que certaines banques d’investissement et sociétés créent de nouvelles obligations, spécialement émises à l’attention de la banque centrale.

À 2 reprises, la BCE a directement acheté des obligations à des sociétés européennes via des émissions privées (private placement), lorsque la dette est vendue à un cercle fermé d’acheteurs sans passer par les formalités d’une émission large via les marchés. (…)

Les achats furieux de la banque centrale ont offert un bol d’oxygène aux sociétés et aux gouvernements, qui peuvent désormais emprunter à des taux records. Mais ces politiques extrêmes ont également été critiquées vu qu’elles démolissent les rendements des investisseurs tels que les caisses de retraite, tout en chargeant les systèmes économique et financier de dette potentiellement surévaluée.

La BCE a rejoint sur le tard la fête des banques centrales, commençant ses QE en 2015 seulement, des années après les États-Unis, le Royaume-Uni et le Japon, mais elle a adopté les achats d’obligations avec enthousiasme. En mars, elle a augmenté ses achats, passant de 60 milliards d’euros par mois à 80 milliards, tout en surprenant les investisseurs en déclarant qu’elle allait bientôt ajouter les obligations d’entreprise à sa liste de shopping. (…) »

L’effet BCE

Si la BCE annonce ce qu’elle va acheter, elle ne précise pas les montants. Néanmoins, cela a débouché sur un jeu de devinettes qui n’a fait que pousser les taux vers le bas.

Dès que la BCE achète une émission, le taux de cette obligation s’effondre. Et désormais, nous avons ces émissions privées, spécialement concoctées à l’attention de la BCE. Les QE sont censés doper le crédit et l’investissement alors que dans les faits, ils tuent le régime des retraites tout en alimentant des bulles.

Tant que les sociétés ne font pas défaut, la BCE peut simplement conserver ses obligations jusqu’à maturité, comme le fait la Fed. En attendant, les bulles continuent de gonfler… »

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Article de Zero Hedge, publié le 18 août 2016 :

« Hier, dans les notes du comité de la Fed, un aveu saisissant est apparu : « plusieurs participants ont exprimé des craintes à propos de la période étendue de taux bas qui risque d’augmenter l’encouragement des investisseurs à rechercher le rendement, ce qui pourrait mener à des mauvaises allocations de capital et à une évaluation erronée du risque, avec d’éventuelles conséquences adverses pour la stabilité financière ». À ce propos, le stratégiste en chef crédit de Bank of America Hans Mikkelsen propose une réplique amusante :

« Nous sommes d’accord. Cependant, vu que nous sommes toujours à portée d’une phase de rendement, nous restons optimistes sur les écarts de rendement des obligations d’entreprises de haute qualité. »

Autrement dit, il y a une bulle. Tout le monde, même la Fed, le sait, comme une enquête récente de Bank of America l’a révélé. Mais tout le monde poursuit ses achats, tout bêtement car il n’y a pas d’autre alternative. Mais qui achète quoi, et pour combien ?

En réponse à la première question, Mikkelsen note que le marché obligataire corporate (obligations de haute qualité) a plus que doublé en taille depuis la crise financière. En effet, comme le montre le graphique ci-dessus, depuis la crise financière les obligations de sociétés solides ont grimpé, passant de plus de 2 trillions de dollars à un peu moins de 6 trillions de dollars.

Et concernant l’identité des acheteurs « de toute cette dette », la réponse est surprenante : il s’agit principalement d’investisseurs particuliers et étrangers.

ahceteurs-oblogs-corporate

« Durant les années 2010-2013, la baisse des taux orchestrée par la Fed et les QE ont poussé les investisseurs individuels vers le marché obligataire d’entreprise. Puis, grâce à l’aide des banques centrales étrangères, les investisseurs étrangers sont entrés dans la danse. (…) »

Durant la bulle du crédit de 2006, ce furent principalement les investisseurs individuels (qui s’étaient précipité sur l’immobilier parce que comme Bernanke l’avait promis, l’immobilier ne baisse pas et ne baissera probablement jamais) qui se firent massacrer, ainsi que les gestionnaires étrangers qui avaient acheté tous les CDO, DCO et autres acronymes toxiques : ce furent eux qui se firent lessiver les premiers. Vu la bulle de crédit qui a empiré aujourd’hui, et qui ironiquement a été exploitée pour financer des rachats d’actions records, pousser à la hausse les marchés actions et faire exploser les bonus des dirigeants, ce sont à nouveau les mêmes victimes qui se feront rincer lorsque la prochaine bulle obligataire explosera. Gardez un œil sur la hausse des taux pour anticiper cet événement. »