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Selon nous, le risque systémique qui existait avant l’élection présidentielle ne s’est pas soudainement évaporé. Le plus important de ces risques est l’énorme bulle du marché obligataire. Elle est talonnée par la valorisation des actions, toujours à des niveaux historiquement extrêmes. Comment la nouvelle administration gérera ces problèmes fastidieux, pour autant qu’elle les comprenne, est une totale inconnue. Toute promesse faite sera précaire, semée d’embûches et de revers. De bonnes raisons de souscrire une assurance, en cas de pari sur une croissance robuste, en s’exposant à l’or et aux minières.

Les raisons de cet optimisme post-électoral abondent. Nous sommes d’accord avec cette analyse de MacroHeaven :

« Le cercle vicieux des taux bas, qui obligent les ménages à épargner bien plus, ce qui entrave davantage la croissance et l’inflation, ne font que pousser les taux davantage vers le bas et donc augmenter le besoin d’épargner encore plus, sera enfin cassé. Au lieu de faire du ping-pong d’une bulle d’actifs à l’autre, en pansant de profondes plaies avec toujours plus de dette, nous allons enfin retrouver de la croissance économique véritable basée sur l’esprit entrepreneurial et l’augmentation du niveau de vie du peuple. La vélocité de la monnaie va enfin décoller du ras des pâquerettes. »

Selon nous, le mot clé de la situation ci-dessus est « enfin ». Aller du point A au point B pourrait être extrêmement difficile et long. La satisfaction des attentes des marchés ne sera probablement pas immédiate.

Les marchés ont réagi à la victoire de Trump de différentes façons, qui semblent contradictoires. Les métaux de base et le dollar pètent le feu (perspectives d’inflation) tandis que l’or et le pétrole affichent des faiblesses (ce qui est déflationniste). Un dollar très fort est déflationniste, tout comme les devises faibles des émergents. D’après John Lewis de Fiera Capital, « le dollar fort déstabilise les marchés, les actifs étrangers et les pays émergents qui remboursent leur dette en dollars (article du Wall Street Journal du 19 novembre).

Chute des obligations américaines à 10 ans

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Et d’après David Rosenberg de Gluskin Sheff, « il n’y a pas d’offre sur le marché des Treasuries, leur graphique ressemble à celui des actions bancaires de l’été et de l’automne 2008. Nous avons assisté mondialement à l’évaporation de 1,2 trillion de la valeur des obligations. » La faiblesse des obligations repose sur les attentes de l’augmentation des déficits et de l’inflation. Des taux obligataires plus élevés semblent contredire les attentes concernant la hausse des actions, d’autant plus que leur valorisation a atteint des sommets historiques, en seconde position juste derrière la bulle Internet (capitalisation boursière en pourcentage du PIB) :

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La victoire surprise de Trump a engendré un repositionnement frénétique parmi les différentes classes d’actifs. Tirant des conclusions hâtives, les investisseurs semblent avoir été pris dans un jeu de chaises musicales hautement spéculatif et émotionnel. Si seulement le futur était si simple à prédire ! La sagesse macro prévalant semble plutôt basée sur la certitude perçue qu’Obama-Clinton menait tout droit à la ruine, sans vraiment jauger les réalités qui composeront le monde selon Trump. Si l’analyse de consensus était vraiment une méthode fiable, comment expliquer les énormes pertes en capitaux qui ont suivi la bulle Internet ou encore la crise de 2008 ? De notre expérience, lorsque les marchés sont certains d’une certaine issue, cela signifie qu’il faut fuir en courant.

La Trumpmania a un effet opposé sur l’or. Après avoir grimpé durant la soirée de l’élection jusqu’à 1340 $ sur fond des craintes initiales concernant une victoire de Trump, la découverte du lendemain d’un Trump « modéré à la stature d’un chef d’État », une révélation d’après-campagne, a provoqué une chute intrajournalière de 70 $. En fin de semaine, l’or a clôturé à 1227 $ pour enregistrer une baisse totale de 8,4 %.

2 années de production d’or échangées en quelques heures sur les marchés papier bidon

Plus incroyable encore, des volumes records ont été enregistrés au COMEX durant le renversement de tendance : 2 millions de contrats ont été échangés, ce qui correspond à 2 années de production mondiale des mines d’or. Selon nous, rien que ce fait met en exergue la déconnexion absurde entre les instruments papier synthétiques et le véritable actif tangible qu’ils représentent. On peut dire avec certitude qu’une infime quantité d’or physique a changé de main durant ce mouvement. Si l’ETF or GLD s’est débarrassé d’environ 600 000 onces durant la semaine (17 tonnes), on est très loin des 6 200 tonnes d’or synthétique qui ont été balancées à la vente. Selon nous, la vente a été alimentée quasi intégralement par des spéculateurs ultra-long paniqués qui se sont retrouvés du mauvais côté du manche au lendemain de la victoire de Trump et se sont fait illico massacrer par les traders commerciaux qui ont monté un raid opportuniste.

Nous avons observé à de multiples reprises que des transactions papier purement spéculatives faussent le prix de biens physiques utilisés dans le monde réel. Selon nous, de telles distorsions qui parasitent les prix sont rendues possibles et encouragées par la volonté du Chicago Mercantile Exchange (CME) de promouvoir le trading à haute fréquence afin de doper sa profitabilité.

Nous pensons que ces fluctuations violentes vont un peu plus loin que cela. L’aller-retour entre l’euphorie et le désespoir n’a pris que 3 jours, alors qu’il faut 2 ans à l’industrie minière pour produire les 6 000 tonnes d’or qui ont soi-disant changé de mains durant ce bref intervalle.

Depuis 2000, l’or est l’actif le plus performant. Il devance largement aussi bien les actions que les obligations :

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L’or a grimpé aussi bien durant les administrations républicaines que démocrates. Nous prédisons qu’il continuera d’augmenter durant le régime ultra populiste et pragmatique promis, s’il devait se matérialiser. Les politiques monétaires radicales sont le fil conducteur qui a permis à l’or de grimper durant ces 17 dernières années. Elles sont indépendantes de la politique, leur base reposant sur un consensus bipartite inébranlable afin d’éviter les douleurs économiques et politiques requises pour corriger 5 décennies d’erreurs politiques.

Selon nous, il y a trop d’incertitudes pour abandonner la protection offerte par l’or. Si les marchés semblent dire adieu à ces 8 dernières années, cela ne signifie pas qu’il y a des solutions magiques. Si les taux continuent de grimper (et les pertes obligataires de s’accumuler), si l’inflation commence à augmenter, surtout lorsque les dépenses publiques partiront à la hausse, nous ne serons peut-être qu’à un ou 2 tweets de la déstabilisation des marchés. Trump est un pragmatique qui pourrait ou pas incarner le fantasme des marchés.

Et si Trump était le sauveur ?

Si Trump devait être le sauveur que tout le monde attend, notre futur est en effet radieux. Mais cela ne pourra être possible que si son administration s’attaque véritablement aux déséquilibres créés durant ces 45 dernières années. Selon nous, le processus de nettoyage de ces excès ne pourra avoir lieu sans infliger des pertes substantielles aux marchés. Même Ronald Reagan qui, contrairement à Trump, avait eu la chance d’hériter de marchés financiers substantiellement sous-évalués sur base des indicateurs d’aujourd’hui, n’a pas fait la joie des marchés durant les 2 premières années de son mandat, durant lequel le S&P a reculé de 24 %. Si nos réserves sont plausibles, l’exposition à l’or est indispensable, peut-être plus que jamais.

Article de John Hathaway (Tocqueville Gold Fund), publié le 29 novembre 2016 sur King World News

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Une gigantesque bulle s’est formée à la fois sur les actions et sur les obligations partout dans le monde. D’habitude les obligations servaient de refuge lorsque les actions plongeaient et inversement. Où ira cette fois l’argent ?

Si la question est simple, la réponse n’est pas facile.

Typiquement, les cours des obligations et des actions évoluent comme les plateaux d’une balance. Lorsque l’un monte, l’autre descend, et vice versa. Si l’un des deux est frappé de plein fouet, les investisseurs se précipitent sur l’autre.

Mais nous ne sommes pas dans un marché typique. Les actions et les obligations sont sur une pente ascendante. Les deux marchés sont chers ; et lorsque l’un des deux monte, l’autre le suit.

Dans le jargon boursier, on dit que les actions et les obligations sont étroitement “corrélées.” Selon le Wall Street Journal, les bons du Trésor et le S&P 500 sont aujourd’hui plus que jamais corrélés “depuis 10 ans.”

C’est là que le problème se pose…

Lorsque les actions et les obligations sont trop corrélées, cela signifie généralement que les banques centrales ont jeté tant de sable dans les rouages que la machine du marché s’est cassée. Le compromis normal entre les actions et les obligations ne fonctionne plus. Un “événement” majeur de correction pourrait bien ne pas être loin.

Les taux d’intérêt à peine au-dessus de zéro de la Fed font que les investisseurs recherchent désespérément du rendement. Selon mon collègue Charles Hugues Smith :

“L’argent gratis pour les financiers a suscité une quête du rendement partout où il pouvait y en avoir. Le résultat est que les classes d’actifs avec un rendement sont devenues étroitement corrélées.

Les actions comme les obligations sont surévaluées. Cela signifie qu’il n’y a aucun moyen d’attraper des obligations à prix intéressant si les actions se prennent les pieds dans le tapis :

“Lorsque toutes les principales classes d’actifs sont dans une bulle, il n’y a pas de classe d’actif ‘meilleure marché’ où transférer son capital.

C’est là que les choses deviennent intéressantes.

Comme l’observe R.J. Grant, directeur des marchés actions chez KBW :

“‘Lorsqu’il y a trop de monde sur les trades, ils passent généralement par une courte période de débouclage violent.

Il faut comparer cela à un ressort en spirale, explique Vadim Zlotnikov, directeur de la stratégie chez AllianceBernstein Holding LP. “Parce que la marge de sécurité est assez étroite, on peut avoir des mouvements importants sur la base d’informations complémentaires relativement peu significatives.”

Un rien suffirait à tout déclencher. Une rumeur inquiétante… Les bribes d’une conversation que l’on surprend… Une hausse des taux

Les marchés s’attendent à ce que la Fed relève les taux en décembre. Mais même une hausse mineure des taux pourrait détendre le ressort, comme l’explique l’investisseur milliardaire Ray Dalio de Bridgewater Associates :

“Si les taux d’intérêt s’élèvent juste un peu plus que ce qui est escompté sur la courbe, cela aura un gros effet négatif sur le prix des obligations et de tous les actifs car ils sont tous très sensibles au taux d’escompte.

Par conséquent, continue Dalio, “les risques sont asymétriques à la baisse.

Existe-t-il une classe d’actifs sans risques “asymétriques à la baisse ?” Les seules classes d’actifs qui ne soient pas dans une bulle sont ceux qui n’offrent pas de rendement : les métaux précieux et les matières premières.

Des dizaines de milliers de milliards de dollars se trouvent dans les actions et les obligations. Seule une minuscule fraction de cette somme est investie dans les métaux précieux et les matières premières. Si le sol s’écroule, quels effets auront 10 000 milliards de dollars à la recherche d’un refuge sur les petites classes d’actifs comme les métaux précieux et les secteurs liés aux marchés des matières premières ?

Sa réponse :

“Le chaos qui apparaîtra lorsque des dizaines de milliards de dollars, de yen, de yuans et d’euros, etc., essaieront de gagner les issues de secours lorsque la bulle des actifs éclatera sera monumental ; la hausse des prix des petites classes d’actifs à mesure qu’arrivera en force l’argent sera tout aussi monumentale.

HSBC vient tout juste de publier une alerte : les récents mouvements du marché boursier ressemblent fortement au “lundi noir” de 1987… qui avait aussi eu lieu au mois d’octobre. Nous ne le mentionnons qu’en passant, bien sûr.

Mais il serait peut-être temps aujourd’hui de se diriger vers les issues de secours avant qu’elles ne soient prises d’assaut.

Pour plus d’informations et de conseils de ce genre, c’est ici et c’est gratuit.

Article de Brian Maher, via les publications Agora.

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Bill Gross

Article de Bloomberg, publié le 3 août 2016 :

« Le gestionnaire Bill Gross affirme que les investisseurs devraient privilégier l’or et l’immobilier tout en évitant la plupart des actions ainsi que les obligations, s’échangeant à des prix surévalués.

« Je n’aime pas les obligations, je n’aime pas la plupart des actions, je n’aime pas le capital-investissement, » a écrit Gross, responsable du Janus Global Unconstrained Bond Fund (1,5 milliard de dollars), dans sa lettre mensuelle d’information de mercredi. « Les actifs tangibles comme le foncier, l’or et les moyens de production à prix réduit sont les catégories d’actifs à privilégier. »

Cet avis se fait l’écho des craintes exprimées par des gestionnaires comme Tad Rivelle du TCW Group et Howard Marks d’Oaktree Capital Group LLC alors que les actions ont atteint des niveaux records et que les taux obligataires ont plongé à des plus bas historiques dans le contexte d’une croissance faiblarde. « Vendez tout », a déclaré à Reuters la semaine dernière Jeffrey Gundlach, de  DoubleLine Capital. « En ce moment, rien n’est attractif ».

Les actifs à considérer sont ceux qui n’ont pas été achetés par les banques centrales, a déclaré Gross mercredi à Bloomberg TV. « Les banques centrales n’ont pas acheté beaucoup d’or, » a-t-il déclaré. « Jusqu’à présent, elles n’ont pas acheté d’immobilier. »

Construire l’Amérique

Les dépenses dans l’infrastructure et d’autres types de plans de relance budgétaire pourraient être privilégiés lorsque les banques centrales seront à court d’outils, a déclaré Gross mercredi à CNBC. À ce titre, il y a par exemple l’introduction au Japon, la semaine dernière, de versements d’argent aux citoyens à bas revenus, un type de parachutage d’argent par hélicoptère, a-t-il déclaré. Le Congrès américain, même s’il est contrôlé par les Républicains, est peu susceptible de s’opposer à des dépenses orientées dans l’infrastructure.

« Je pense que nous penchons dans cette direction, pas seulement aux États-Unis mais aussi à l’échelle mondiale, » a déclaré Gross. (…)

Le fond de Gross a généré un rendement de 3,9 % entre le 1er janvier et le 2 août, faisant mieux que 68 % de ses pairs suivis par Bloomberg. (…)

Obligations, un rendement trop faible

« La faiblesse record des rendements des obligations d’État ne vaut pas le risque, elles ne sont donc pas en tête de ma liste de shopping ; c’est trop risqué, » a écrit Gross dans un communiqué publié mardi par Old Mutual Global Investors. « Ces taux bas signifient que les obligations sont particulièrement vulnérables car une petite augmentation peut engendrer un déclin important du prix. »

Dans ses perspectives d’août pour Janus Capital Group Inc., Gross a déclaré que le système financier ne s’effondrera pas immédiatement. Mais le temps viendra lorsque « les actifs de placement poseront un risque trop élevé par rapport à un rendement trop faible. »

Les taux planchers handicapent déjà les banques, les compagnies d’assurances, les caisses de retraite et les épargnants, d’après Gross. Les banques centrales ne savent plus que faire après leurs efforts visant à stimuler l’économie en achetant des obligations d’État et d’autres investissements, efforts qui ont échoué à prouver leur efficacité. »

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Les turbulences du marché obligataire continuent de secouer les places financières…  Dépêche de l’AFP :

Le taux d’emprunt allemand à 10 ans, référence du marché obligataire, est repassé mercredi matin au-dessus de 1% pour la première fois depuis septembre 2014, la forte tension enregistrée depuis quelques jours ne faiblissant pas. Vers 09H50 (07H50 GMT), le rendement allemand évoluait à 1,015% contre 0,950% la veille à la clôture sur le marché secondaire où s’échange la dette déjà émise.

Les taux d’emprunts en zone euro ont connu un brusque accès de fièvre la semaine passée alimenté en particulier par de meilleurs perspectives économiques qui conduisent les investisseurs à anticiper des politiques monétaires moins généreuses et à se tourner vers des actifs plus risqués et donc plus rémunérateurs.

« Le mouvement de vente se poursuit sur le marché obligataire aujourd’hui » et « les acheteurs de titres à long terme se font de plus en plus rares ces derniers jours » ont noté les stratégistes obligataires de Société Générale.

Sur le marché obligataire les prix évoluent en sens inverse de la demande ce qui signifie que plus les investisseurs vendent plus les taux d’emprunts montent. (…) Le rendement à 10 ans de la France progressait ainsi à 1,354% contre 1,279% mardi, celui de l’Espagne à 2,339% contre 2,275%, celui de l’Italie à 2,370% contre 2,289%.

Pour la première fois dans l’histoire du Portugal, le pays a émis des obligations à 6 mois à taux négatif alors qu’il y a 3 ans encore ses obligations à 10 ans atteignaient les 18 %. Dans un monde financier normal, cela signifierait que le Portugal a réduit sa dette et ses déficits. Pourtant, c’est tout le contraire qui s’est passé durant ce laps de temps.

Cette émission obligataire portugaise arrivera à maturité en novembre 2015. Les porteurs recevront 0,002 % de moins que la somme prêtée au Portugal. Diable, la cure d’austérité lusitanienne aurait-elle fait des miracles ? Pas vraiment car aujourd’hui, vouloir tirer des conclusions sur la santé d’un pays à travers son marché obligataire c’est faire abstraction du faite que ce sont les banques centrales qui décident de la valorisation des actifs.

En 2012, les obligations à 10 ans du Portugal atteignaient 18 %. Aujourd’hui, elle rapporte environ 2,38 %. Le Portugal a-t-il donc réussi à réduire sa dette ? Dégage-t-il des excédents budgétaires ? Pas du tout. Lisbonne enregistre encore un déficit budgétaire annuel de 3 % de son PIB. Lorsque le pays a rejoint la zone euro, la dette des Portugais était en dessous du seuil des 60 % qui avait été défini par le traité de Maastricht. Au début de la crise de 2009, elle avait déjà franchi la barre des 70 % et aujourd’hui, la dette du Portugal est de plus de 130 % de son PIB.

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La baisse de ces taux pourrait l’être expliqué par la déflation ? Non plus, car même si l’inflation est limitée, elle reste légèrement positive à 0,4 % (avril 2014-2015).

La BCE tente d’assoupir les marchés en faisant croire, via la baisse de ces taux, que les choses sont en train de rentrer dans l’ordre. Pourtant, un examen enfantin de la situation suffit à démontrer le subterfuge. À moins de continuer à injecter des liquidités au risque d’obtenir une inflation incontrôlée, le marché obligataire ne pourra continuer d’afficher des rendements aussi faibles alors que leurs débiteurs sont insolvables.

Malheureusement, de nombreux particuliers sont exposés « à l’insu de leur plein gré » à cette folie via leur assurance-vie. Quand ils la découvriront, ce sera lorsqu’ils apprendront que leurs économies ne valent plus rien. L’infime minorité restante se sera retirée avant et aura placé ses économies dans un actif vraiment sûr : l’or.

Source : inspiré de l’article de Michael Pento/KWN

Fed taux

Dans cet article de Reuters publié le 11 mai 2015, on apprend que non seulement la Fed a dans ses cartons des plans en cas de défaut momentané des États-Unis, un scénario désormais récurrent durant les palabres concernant le relèvement du plafond de la dette américaine. Plafond qui s’élève à 18,1 trillions de dollars aujourd’hui et qui devrait être atteint d’ici l’automne 2015 :

« La Fed aurait conçu des plans d’urgence élaborés pour faire face à un défaut des États-Unis. Ils prévoient le report de certains remboursements et des prêts aux investisseurs, d’après un législateur qui cite des documents internes de la Fed.

Les États-Unis sont passés à un fifrelin du désastre entre 2011 et 2013 lorsque des disputes politiques sur la dette nationale on presque mis le gouvernement dans l’impossibilité de payer ses factures.

Les analystes et les responsables politiques avaient averti que le non-respect des délais de paiement pourrait mener à une catastrophe économique. Des détails ont fini par émerger sur les mesures qui auraient été prises si l’impensable s’était passé.

Dans une lettre de juin 2014 adressée au secrétaire du Trésor, Jack Lew que Reuters a pu lire lundi dernier, le membre du Congrès républicain Jeb Hensarling, du Texas, a déclaré que son équipe avait passé en revue les plans non classifiés de la Fed en cas de défaut.

Ces plans prévoyaient de définir de nouvelles dates de règlement pour les obligations en défaut, affirme Hensarling dans sa lettre qui fut également signée par Patrick McHenry un collègue de Caroline du Nord.

La Fed de New York qui représente le bras de la Fed sur les marchés financiers, continuerait d’accepter les Treasuries en tant que collatéral dans l’éventualité d’un tel événement, toujours selon la lettre.

La Fed de New York n’a pas souhaité commenter l’information. De tels scénarios restent d’actualité pour les investisseurs aujourd’hui parce que les débats autour du plafond de la dette américaine sont devenus un danger récurrent pour Washington.

Le Trésor doit actuellement composer avec un plafond de 18,1 trillions de dollars alors que le Congressional Budget Office estime que cette limite pourrait être atteinte d’ici octobre ou novembre si le Congrès et la Maison-Blanche ne s’accordent pas pour relever ce plafond d’ici là.

Des défauts souverains dans d’autres pays ont engendré des crises financières. Afin de garantir le calme sur le marché, la banque centrale américaine pourrait prêter de l’argent aux investisseurs après avoir pris leur Treasuries en garantie dans le cadre d’opérations classiques de repo, affirme Hensarling. La Fed a également proposé des paiements compensatoires pour les investisseurs qui ont été remboursés en retard.

Dans sa lettre, Hensarling affirme également que le document montre que le Trésor a la possibilité de choisir les créances qu’il souhaite rembourser ce qui lui permettrait de privilégier les détenteurs d’obligations par rapport à d’autres créanciers. (…) »

Egon von Greyerz

Interview d’Egon von Greyerz du 7 mai 2015 (King World News) :

« En ce moment, j’observe attentivement les marchés obligataires. Sur les marchés de la dette des États-Unis et de l’Allemagne, nous avons assisté à des hausses élevées des taux durant ces dernières semaines.

Si on prend les bons du Trésor américains à 10 ans, par exemple, ils sont passés de 1,6 à 2,2 %. Cela correspond à  une hausse du taux de 40 %. Nous avons assisté à un mouvement similaire sur les Bunds allemands.

Risque sur des dizaines de trillions de dollars

Il s’agit selon moi d’un signe que les investisseurs prennent en compte le risque. En effet, le marché obligataire est la plus grosse bulle de toutes. En ce moment, nous avons des nations industrialisées majeures et des régions comme les États-Unis, l’Union européenne et le Japon qui émettent de la dette qui ne sera jamais remboursée. C’est garanti sur facture. Or, cela concerne d’énormes marchés, pesant des dizaines de trillions de dollars.

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Article du 2 avril 2015 de KWN :

« La confiscation de l’argent des épargnants et des investisseurs se poursuit à un rythme alarmant. La dernière proposition en la matière a été faite en Australie via une taxe sur les dépôts. Ce n’est que le début parce que les gouvernements désespérés du monde entier continuent d’augmenter leur déficit et ont besoin d’argent pour se financer. Ils annonceront donc des mesures encore plus draconiennes contre les épargnants.

Je m’attends à ce que les gouvernements des États-Unis, de l’Europe et du Japon forcent les épargnants à investir dans les obligations d’État. La même obligation frappera les caisses de retraite et les assurances. Tout surplus disponible dans le système financier sera utilisé pour financer la dette toujours grandissante des états.

Non seulement vous allez voir apparaître des taxes sur les dépôts mais également l’achat obligatoire de la dette des Etats. Tout cela dans un environnement de rendements nuls pour ces obligations. Les épargnants sont aujourd’hui malmenés et devraient sérieusement penser à la petite phrase de Mark Twain, qui a dit : « je suis plus inquiet du retour de mon argent que du retour sur investissement de mon argent ».

Actuellement en Europe, 3 trillions de dette génèrent un taux négatif. Non seulement cela pénalise les épargnants mais c’est aussi un désastre pour les assureurs (assurance vie) et les fonds de pension. Assez tôt il y aura des déficits majeurs, ce qui débouchera sur des pensions sans fonds ou sous financées et peut-être la faillite de sociétés d’assurances ou de fonds de pension.

Les épargnants sont plumés

Entre-temps, les banques profitent de ces taux zéro ou négatifs pour emprunter. Dans le système bancaire américain qui pèse 15 trillions de dollars, les coûts en intérêts ont chuté de 500 milliards à 50 milliards. Soit une réduction du paiement des intérêts de 450 milliards, une perte encaissée par les épargnants. Cela signifie également que leur revenu et leur pouvoir d’achat ont été réduits en conséquence.

On voit bien que les QE et les taux négatifs n’ont pas d’effet positif sur l’économie mondiale. La plupart des chiffres économiques qui sortent aux 4 coins du monde sont en dessous des attentes. Je pense fermement que de nombreux pays seront en récession en 2015, y compris les États-Unis. (…)

Les marchés financiers et en particulier les actions ont été les principaux bénéficiaires de toute cette création monétaire. De plus, les sociétés du S&P 500 ont dépensé de trillions de dollars depuis 2009 pour racheter leurs propres actions, ce qui n’a fait qu’amplifier la bulle.

L’inflation a frappé les actifs et surtout les actions

En 2007, la valorisation des marchés actions était de 60 trillions de dollars pour ensuite plonger à 25 trillions. Aujourd’hui, ces marchés ont plus que triplé pour être valorisés à 80 trillions de dollars. Lorsque les gens disent qu’il n’y a pas eu d’inflation, ils ont tort. Durant les 6 dernières années, nous avons assisté à une inflation massive des actifs financiers. (…) Mais tandis que les gouvernements continuent de faire tourner la planche à billets et que les devises poursuivent leur chute ont a vue également apparaître cette hyperinflation dans l’économie réelle. (…) »

Article de ZeroHedge, paru le 18 mars 2015 :

« Chers lecteurs grecs : c’est désormais écrit en police de taille 48, en double gras et sous-ligné : lorsque la BCE fait « fuiter » qu’elle est en train de modéliser le Grexit, un sujet sur lequel Draghi n’a pas cessé de mentir depuis 2012, il faut prendre les choses au sérieux : il est temps de se préparer à ce qu’il se passera « le jour d’après ». Et pour ceux qui se demandent ce que valent réellement les obligations des pays de la périphérie de la zone euro sans aucune intervention de la BCE, voici son estimation à propos des pertes à essuyer : 95 %.

Cependant, la BCE n’explique pas comment elle résoudra le problème des milliards d’obligations grecques qu’elle possède et qui sont sur le point de ne pas valoir tripette… alors qu’elle ne peut pas se permettre d’enregistrer des pertes sur ses actifs, sans quoi Draghi devra à nouveau inventer à la va-vite des explications pour nous démontrer que le bilan de la BCE est à l’épreuve des pertes. »

Ce risque grandissant de Grexit s’est matérialisé à travers les taux des obligations des pays du sud de la zone euro, qui sont repartis à la hausse (la pire depuis 2011). Pour couronner le tout,  les rumeurs concernant la mise en place d’un contrôle des capitaux en Grèce et de la possible chypriotisation du pays sont de plus en plus insistantes alors que les Allemands sont au bord de la crise de nerfs. Le printemps a beau arriver, les nuages noirs s’amoncellent au-dessus de la Grèce…

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En décembre dernier, la presse mainstream affirmait que la Russie s’était mise à vendre une partie de son or pour défendre le rouble. Aujourd’hui, nous avons les chiffres qui permettent de savoir la vérité. Et non seulement la Russie n’a pas vendu d’or en décembre, mais elle en a acheté pour 46 milliards de dollars, soit presque son plus gros achat mensuel depuis avril 2013.

Avec quoi achète-t-elle son or ? Avec du dollar, provenant de ses réserves ou du produit de la vente de ses Treasuries. Pour ZeroHegde, il se peut que la Russie soit elle-même à la base de ces rumeurs : après tout, si elle peut bénéficier d’une réduction supplémentaire alors qu’une guerre économique bat son plein, pourquoi se priver ?

Au passage, les Russes profitent de la bonne santé du marché obligataire américain pour revendre au prix fort des obligations achetées dans le passé, qui sont de facto substituées par de l’or physique. Cela dit, comment expliquer la vigueur du dollar dans ce contexte de dédollarisation des BRICS ? La pyramide d’Exter pourrait bien être l’explication (voir l’article suivant).

D’après l’article de ZeroHedge