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Pays émergents

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Dans cet article, publié sur le blog de BlackRock, Rick Rieder explique pourquoi nous devons nous habituer à vivre dans un monde rythmé par une faible croissance :

« La croissance mondiale semble avoir toussé en ce début d’année, ce qui a fait tanguer les marchés. Pourtant, les investisseurs devraient s’habituer à vivre dans un monde rythmé par une croissance modérée. Je m’attends à une faible croissance mondiale persistante avec une économie planétaire devant désormais évoluer dans un couloir plus étroit dans les années à venir. Le graphique ci-dessus le montre de façon évidente.

La croissance mondiale de la décennie passée a été principalement obtenue par la croissance découlant des investissements en Chine et sur d’autres marchés émergents. De façon opposée, la croissance observée dans les marchés développés fut quasi stagnante. En observant les investissements en termes de pourcentage du PIB depuis 2000, ce sont principalement les pays émergeant qui ont mené la danse alors que les investissements dans les pays développés sont en diminution, d’après nos analyses.

Mais, désormais, voilà que nous assistons à une contraction de la croissance des investissements dans les pays émergents alors que les investissements et le commerce ralentissent après une décennie de boum. Ce qui résulte en un ralentissement de la croissance du PIB réel des pays émergents, comme le graphique ci-dessus le montre.

Le ralentissement des émergents aura un impact plus large

Vu que le poids des émergents sur le PIB mondial se rapproche de 40 %, le ralentissement global de la croissance dans ces pays va probablement résonner plus fortement ailleurs que dans les décennies précédentes. Et avec des taux de croissance très bas dans les pays développés qui forment la limite basse de ce nouveau couloir de croissance, les candidats pour reprendre le flambeau de la croissance abandonnée par les pays émergents sont peu nombreux et fort éloignés.

Il est également fort probable que la croissance ne décollera pas au-delà de la limite basse de ce couloir pour d’autres raisons, comme les bouleversements démographiques qui ont lieu presque partout sur la planète et les évolutions naturelles des économies matures. Ces tendances lourdes sont difficiles à changer et seront probablement notre réalité pour un bon moment. De plus, les innovations technologiques bouleversent tous les secteurs économiques en créant de fortes pressions déflationnistes et qui représentent un obstacle de plus pour la croissance.

Bien sûr, il y aura des périodes de croissance relativement bonnes dans ce couloir rétréci. Par exemple, la croissance du T2 aux États-Unis s’annonce bonne après un premier trimestre faible grâce à la consommation. Mais, à long terme, c’est une faible croissance qui prévaudra.

Que cela signifie-t-il pour les investisseurs ? Cette dynamique explique pourquoi nous vivons dans un monde de rendements faibles. »

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lingot et pièces d'or

Article de Kenneth Rogoff, professeur d’économie à Harvard, publié le 3 mai 2016 sur Project-Syndicate.org :

« Les banques centrales des pays émergents possèdent-elles trop de dollars et trop peu d’or ? En période de ralentissement économique, durant laquelle ces pays seront probablement très heureux de posséder de telles réserves, une telle question peut sembler inopportune. Mais il y a pourtant de bonnes raisons de croire que l’accumulation d’or par les émergents pourrait aider le système financier international à mieux fonctionner et ainsi bénéficier à tout le monde.

Pour être clair, je ne fais pas partie de ceux, bien souvent des cinglés américains d’extrême droite (sic), qui sont en faveur du retour du standard or. Après tout, le règne du standard or a pris fin de façon désastreuse dans les années 30 (note : la convertibilité du dollar en or à un taux fixe a été abolie en 1971, mais soit… preuve que notre professeur de Harvard est tout sauf un partisan de l’or !), il n’y pas de raison de croire que les choses se passeraient autrement avec son retour.

Non, je propose simplement que les marchés émergents convertissent une part significative de leurs réserves en dollars (rien que la Chine possède des réserves de 3,3 trillions de dollars) en or. Même convertir ne fut-ce que 10 % de leurs réserves en or ne leur permettrait pas d’atteindre les 60-70 % des réserves officielles en or des pays occidentaux.

Depuis un certain temps, les pays riches affirment qu’il en va de l’intérêt collectif de diaboliser l’or. Bien sûr, nous possédons beaucoup d’or affirment ces pays, mais il s’agit d’un vestige du standard or d’avant la Seconde Guerre mondiale, lorsque les banques centrales se devaient de posséder de grandes quantités de métal.

De fait, en 1999, les banques centrales européennes, ne voyant pas de raisons de conserver autant d’or, ont conclu un pacte pour réduire leurs stocks de façon coordonnée. À l’époque, ces ventes semblaient logiques pour la plupart des pays participants. La garantie de leur dette consistait en la capacité de leur gouvernement à taxer la population, les niveaux élevés de développement des institutions et leur stabilité politique relative. Ce pacte de 1999 a été revu à plusieurs reprises, même si depuis la dernière édition de 2014, la plupart des pays riches ont décidé de faire une longue pause, ce qui signifie qu’ils disposent encore de réserves d’or très importantes.

Les marchés émergents ont poursuivi leurs achats de l’or, mais à un rythme d’escargot par rapport à leur appétit vorace pour les Treasuries et autres obligations de pays riches. En mars 2016, la Chine possédait un peu plus de 2 % de ses réserves en or. Pour l’Inde, ce chiffre s’élève à 5 %. La Russie est le seul pays émergent majeur à acheter de l’or de façon significative, notamment en raison des sanctions occidentales, l’or représentant désormais presque 15 % de ses réserves.

Les marchés émergents constituent des réserves car ils n’ont pas le luxe de pouvoir utiliser la création monétaire pour se sortir de difficultés financières ou d’une crise de la dette. Pour faire simple, ils vivent dans un monde dans lequel une bonne part de la dette internationale, et une part encore plus importante du commerce mondial, est toujours libellé en devises fortes. Ces pays conservent donc des réserves de ces devises en cas de catastrophe fiscale ou financière. En principe, il serait préférable que ces pays mettent en commun leurs ressources, peut-être à travers le FMI. Mais la confiance requise pour un tel arrangement n’existe tout simplement pas.

Pourquoi le système marcherait-il mieux avec davantage de réserves en or ? Le problème de ce statu quo est que les marchés émergents en tant que groupe sont en concurrence pour l’achat des obligations occidentales, concurrence qui fait baisser le rendement de ces obligations qu’ils possèdent. Avec des taux à presque zéro, le prix des obligations des pays riches ne pourra pas baisser beaucoup plus alors que l’offre en obligations de ces pays est limitée en raison de leur capacité taxatoire et de la tolérance au risque qui règne.

L’or, malgré le fait qu’il est disponible en quantité quasi fixe, n’a pas ce problème car il n’y a pas de limites à son prix. De plus, on peut affirmer que l’or est un actif qui présente un profil de risque très bas et dont le rendement réel moyen est comparable à celui de la dette à court terme. Et vu que l’or est aussi un actif très liquide, un critère clé à respecter par tout actif de réserve, les banques centrales peuvent se permettre d’ignorer sa volatilité à court terme pour se concentrer sur son rendement à long terme.

Il est vrai que l’or ne rapporte pas d’intérêt et que le conserver coûte de l’argent. Mais ces coûts peuvent être contrôlés, par exemple en conservant cet or à l’étranger (de nombreux pays stockent leur métal jaune à la Fed de New York). À terme, son prix peut augmenter. Ce qui explique aussi pourquoi le système ne pourra jamais manquer d’or monétaire.

Je ne veux pas créer l’impression qu’en se tournant vers l’or, les marchés émergents seraient gagnants et les pays développés perdants. Après tout, le statu quo est que les banques centrales et les Trésors des pays développés possèdent bien plus d’or que les pays émergents ; un changement systématique de stratégie en faveur de l’or fera grimper son cours. Mais il ne s’agit pas d’un problème systémique. Et, de fait, la hausse du cours de l’or permettrait de réduire l’écart entre la demande, et l’offre d’actifs sûrs, qui a émergé en raison des taux plancher.

À aucun moment  un motif valable n’a été présenté pour convaincre les pays émergents d’accepter la démonétisation totale de l’or. Aussi bien hier qu’aujourd’hui. »

pays émergents

Article de Sputniknews.com, publié le 4 février 2016 :

« Les experts condamnent le dollar à terme. La chute des cours du pétrole a accéléré la fin du dollar portant un coup fatal à un système qui a longtemps facilité le statut de monnaie de réserve du dollar.

Les économies émergentes sont en train d’abandonner le dollar en tant que moyen de paiement du pétrole dont les factures sont désormais réglées en monnaie nationale.

Le 5 janvier 2016, l’Indian Express a écrit : « Abandonnant le dollar, l’Iran et l’Inde se sont mis d’accord sur le règlement en roupies des factures de brut en souffrance en guise de préparation aux futurs échanges bilatéraux en devises nationales. L’ardoise en dollars : 6,5 milliards soit 50 % du total de la facture sera déposée sur le compte de la National Iranian Oil Co d’une banque indienne. »

Six mois plus tôt, la société publique russe Gazprom Neft avait annoncé la facturation en yuan de pétrole à la Chine. La stratégie s’est révélée efficace : la Russie est devenue l’exportateur numéro un de pétrole en Chine après avoir supplanté l’Arabie Saoudite.

« Il est intéressant de noter que l’un des facteurs du succès de la Russie en Chine est attribué à son acceptation du yuan en tant que mode de règlement pour son pétrole (et pas, contrairement à ce que certains ont affirmé, en tant que signe d’allégeance à l’amitié sino-russe) » a écrit Elena Holodny dans l’un de ses derniers articles du Business Insider.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, les experts recommandent à l’Arabie Saoudite de suivre l’exemple de la Russie en remplaçant le dollar par le yuan :

« Si l’Arabie Saoudite veut récupérer sa place de numéro un, elle devra accepter le renmibi à la place du dollar » a déclaré Gordon Kwan, responsable régional à Hong Kong de la recherche pétrole et gaz de Nomura Holdings Inc. à l’occasion d’une interview de juin 2015 accordée à Bloomberg.

Quelles sont les implications pour le pétrodollar ?

« Il y a deux ans, d’abord dans le feutré puis de façon plus audible, le monde financier s’est mis à discuter d’un sujet qu’il était préférable de ne pas évoquer en bonne compagnie. Soit la fin du système qui, pour beaucoup, a encadré et facilité le statut de monnaie de réserve du dollar américain : le pétrodollar… » écrivait déjà en 2014 Zero Hedge. Il semble que ce pronostic est en train de se réaliser.

En janvier 2007, le même site financier d’avant-garde rapportait que la chute du pétrodollar est évidente et qu’elle est appuyée par la chute des cours du pétrole. Citant Goldman Sachs, Zero Hedge notait que la nouvelle donne des prix du pétrole pourrait drainer 24 milliards de dollars du système pétrodollar pour atteindre près de 900 milliards d’ici 2018. La fin de la chaîne du recyclage des pétrodollars affectera grandement le monde des affaires.

Simultanément, la Chine poursuit ses plans de Fonds de la Route de la Soie et de la banque asiatique d’investissements. (…)

Manifestement, il est temps de dire au revoir à l’ordre mondial actuel reposant sur le pétrodollar. »