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Peter Schiff

Peter Schiff commente le début d’année catastrophique des marchés actions 2016, le piège dans lequel la Fed s’est elle-même mise et l’embellie qui attend l’or et l’argent alors que la Fed est obligée de faire machine arrière sur les taux et admettre que la reprise économique est un leurre.

Transcription :

Tout au long de l’année dernière, j’ai dit que je ne croyais pas la Réserve fédérale capable d’augmenter les taux d’intérêt en 2015. Je le pensais pour deux raisons.

Premièrement, je ne croyais pas l’économie capable de supporter la hausse et deuxièmement, je ne croyais pas les marchés boursiers capables de la supporter.

Au cours de l’année, la Fed a essayé de profiter des avantages de la hausse des taux en en parlant simplement donc sans coût, sans agir. Je pensais que la stratégie consistait à prétendre que l’économie et les marchés pourraient résister à des taux d’intérêt plus élevés, qu’ils étaient assez solides tout en se gardant d’agir.

Je savais que si la Fed avait fait l’erreur de relever ses taux, nous aurions eu la preuve que l’économie et les marchés ne pouvaient pas l’encaisser mais lorsque la réunion finale du comité est arrivée, vers la fin décembre, la Fed s’était elle-même cernée au point de vue de sa crédibilité. Elle a cru alors qu’elle n’avait pas d’autre choix que d’agir. Si elle ne l’avait pas fait, les marchés en auraient déduit que la Fed doutait des marchés et de l’économie.

La Fed a eu peur. Elle a eu peur d’avoir tort car elle ne cessait de répéter qu’elle estimait l’économie assez forte pour relever les taux d’ici la fin de l’année. Si elle n’avait pas tenu promesse, c’eut été l’équivalent de reconnaître qu’elle avait eu tort. Elle a donc décidé d’agir et de relever ses taux et que s’est-il passé depuis ? Exactement ce que j’avais prédit.

L’air est déjà en train de sortir de la bulle car la Fed l’a percée. Les marchés actions américains sont en passe de réaliser leur plus mauvais mois de janvier de l’histoire. De nombreux indices comme le S&P 500 et le Dow sont déjà dans une phase de correction, en baisse de plus de 10 %. Le NASDAQ, à nouveau, est en baisse de 10 % depuis le relèvement des taux de la Fed mais d’autres font bien pire comme le Russell 2000, à plus de  moins 20 %. Le Dow Transport, plus petit mais sensible économiquement, est proche des moins 30 %, il est dans un marché baissier en bonne et due forme.

Que se passe-t-il avec l’économie ? Eh bien, l’estimation de la Fed d’Atlanta pour le T4 2015 est à 0,8 % (note : et a été clôturé à 0,6 %). Je crois que c’est même trop optimiste. Je ne serais pas étonné que l’on soit en territoire négatif après révision même si c’est le cas, je pense que le premier trimestre 2016 sera aussi négatif. La récession a donc démarré soit durant la fin de l’année dernière ou en ce début d’année. Je pense que nous sommes déjà en récession et dans un marché baissier pour les actions.

Cela dit : que va faire la Fed ? Car il y a quelques semaines, elle nous disait grosso modo que tout était en ordre, elle vantait la reprise et les marchés en relevant ses taux et en criant victoire. Désormais, nous allons devoir arracher une défaite dans la gueule de la victoire. D’une certaine façon, la Fed va devoir faire volte-face tout en essayant de maintenir un semblant de crédibilité.

La seule chose qui pourra mettre un terme à cette correction et l’empêcher de devenir un véritable marché baissier c’est la capitulation de la Fed, son aveu que l’économie est plus faible qu’anticipée. Elle devra admettre que la hausse des taux était une erreur ou la remettre sur le dos d’événements que personne n’aurait pu prévoir.

Elle devra de toute façon avancer une excuse pour sauver la face et justifier la baisse des taux et le redémarrage d’un assouplissement quantitatif.

Que cela signifie-t-il pour l’or ? Si vous suivez mes vidéos et mon blog, j’avais dit l’année dernière que si la Fed se décidait à relever son taux directeur ce serait le signal d’achat pour l’or. « Acheter la rumeur, vendre les faits », vu que le cours de l’or a baissé pendant des années dans l’attente du relèvement des taux. En fait, le cours de l’or n’intégrait pas une seule hausse des taux mais toute une série.

J’avais cependant dit que lorsque la Fed allait se décider, on assisterait à des actions « acheter la rumeur, vendre les faits » car il ne s’agit pas du début d’un cycle de hausses.

Cette hausse fut la fin d’un cycle de serrage de vis monétaire qui a commencé il y a quelques années avec les discussions sur la réduction du QE (taper). La première hausse des taux n’a donc pas eu lieu avec le relèvement effectif du taux directeur mais lorsque la Fed a commencé à parler de réduire son QE. Lorsque cela a enfin eu lieu, ce fut donc la fin de son cycle de serrage de vis monétaire et non pas le début.

La prochaine action de la Fed sera donc le lancement d’un nouveau cycle d’assouplissement monétaire qui je pense propulsera les taux en territoire négatif.

N’oubliez pas qu’ils le sont déjà en termes réels. Les taux d’intérêt sont inférieurs à l’inflation réelle. En fait, ils sont même plus bas que les chiffres officiels d’inflation mais je pense que la Fed va propulser les taux en territoire négatif, nominalement parlant et je pense qu’elle lancera son QE4.

Le rally qu’a connu l’or suite à la hausse des taux va donc se poursuivre et s’accélérer mais, en fait, le jour où la Fed a relevé son taux directeur, on a assisté à une réaction réflexe avec la baisse du cours de l’or. J’avais annoncé qu’il s’agissait d’une possibilité, l’or a oscillé autour des 1050 $.

Depuis, il est remonté au-dessus des 1100 $ pour être désormais légèrement en dessous. Je pense que le plus bas est derrière nous mais la question est de savoir quelle quantité d’air sera autorisée à sortir de la bulle par la Fed  avant qu’elle colmate le trou qu’elle a elle-même percé en faisant machine arrière sur les taux et en lançant son QE4.

En attendant, l’or reste une véritable affaire car la plupart des gens n’ont pas encore compris tout ceci.

Ils se laissent toujours bercer par la belle histoire de la reprise économique et des taux intérêt plus élevés alors que c’est justement ce qui a provoqué la correction de trois ans de l’or.

C’est à cause de ce faux scénario. Tout le monde a cru que les actions de la Fed fonctionnaient. Que ces sept années de politiques monétaires accommodantes de taux zéro avaient marché, que l’économie avait maintenant récupéré, que les taux allaient grimper et que l’économie américaine était en grande forme. Ce scénario est un conte de fées.

La Fed n’a pas réglé nos problèmes, elle les a exacerbés. Elle a mis un sparadrap sur un cancer. Aujourd’hui alors qu’elle ôte le sparadrap on constate les dégâts, bien pires.

Désormais, elle va devoir revenir à la charge avec le QE des QE et nous allons connaître un rally épique de l’or alors que tout le monde fera machine arrière.

Au lieu de vendre le métal jaune, à force d’écouter la Fed et ses promesses de reprise, d’économie forte, ils vont devoir en acheter alors que la Fed se lance à nouveau dans des politiques accommodantes avec un QE4 pour contrer la récession et le marché baissier.

Mais d’où cet or va-t-il bien pouvoir provenir ? Il n’y en a pas suffisamment pour satisfaire la demande.

C’est pourquoi vous devez acheter votre or maintenant, avant que les professionnels, les spéculateurs et les hedge funds inversent leurs positions short.

 

Dans l’une de ses dernières interventions sur les médias américains, Peter Schiff explique pourquoi la Fed a décidé de relever son taux directeur alors que la situation économique plaidait pour le contraire et pour une fois, tout le monde sur le plateau va dans son sens alors que nous sommes chez Fox News...

Transcription :

Peter, commençons par vous. Les marchés célèbrent la nouvelle. Ont-ils raison de le faire ?

Je ne le crois pas. Ce qu’il faut retenir, c’est que normalement, lorsque la Fed commence à remonter ses taux et à démarrer un cycle de serrage de vis monétaire cela se passe tôt durant une reprise économique lorsque la demande est en hausse, lorsqu’un élan positif est en place.

La Fed a attendu tellement longtemps que cette soi-disant reprise économique est en fait terminée. La prochaine récession est sur le point de démarrer, si ce n’est déjà fait.

Vous vous êtes donc étranglé lorsque vous avez appris la nouvelle ? De mon côté j’étais au bureau quand je l’ai appris, j’en suis presque tombé de ma chaise. John Lonski (de Moody’s) ?

Peter a raison. Vous savez, la Fed n’a jamais relevé son taux directeur lorsque l’écart de taux des obligations pourries est supérieur à 700 points de base.

Il s’agit pourtant d’un indicateur qui montre que nous sommes dans les dernières minutes de la partie.

Je dirais donc que le potentiel de hausse pour les taux d’intérêt est plutôt limité, que ce soit pour les taux à court terme ou les obligations à long terme.

Oui. Bien sûr, elle (Yellen) a mentionné la relation avec l’inflation, nous parlons d’un cycle économique au sens large du terme.

En termes de cycle économique, pensez-vous qu’elle a trop attendu ?

Oui, je dirai ceci : il n’y a pas de raison économique, Lou Dobbs a raison sur ce point. Vous savez que nous avons eu une discussion animée plus tôt aujourd’hui.

Les discussions le sont toujours avec vous Charlie Gasparino.

Il a raison. Rien ne justifie une hausse des taux en ce moment. L’inflation est basse, le cycle économique actuel a démarré il y a sept ans, nous sommes probablement à son terme,

la bulle des matières premières a explosé, les obligations pourries se font massacrer, il n’y a donc aucune bonne raison économique de le faire.

À moins, à moins que vous pensiez qu’il y a une bulle sur les marchés et je pense que c’est tout le problème. Vous maintenez les taux aussi bas pendant aussi longtemps…

Je sais que 25 points de base c’est peu mais ça reste le mieux que zéro.  (brouhaha)

Toute cette reprise n’est qu’une bulle. Nous n’avons pas assisté à une reprise économique légitime, nous avons juste gonflé des bulles qui doivent être percées.

Si vous observez tous les indicateurs économiques à terme, ils annoncent tous une récession. La seule exception est le taux de chômage, un indicateur à retardement car les employeurs ne licencient pas le personnel en prévision d’une récession.

Je suis d’accord avec toi mais quid de l’immobilier ?

Il y a toujours une bulle sur le marché de l’immobilier. Les prix sont trop élevés. C’est pourquoi le taux de propriété est à son plus bas depuis 50 ans mais cette fois, c’est différent.

Il s’agit d’une bulle différente. Aujourd’hui, la plupart des gens louent. Les hegde funds et les sociétés financières privées ont utilisé l’accès facile et bon marché au crédit

pour spéculer sur les maisons familiales qu’ils essaient de louer. Lorsque les taux vont grimper, toutes ces bulles vont éclater.

La bulle obligataire aussi, pas seulement les obligations pourries. Il y a une bulle sur le marché du crédit souverain, il y a une bulle sur les Treasuries.

Concentrons-nous sur les fondamentaux, même si on éjecte toutes les sociétés énergétiques du S&P 500 qui se sont fait massacrer au T3, les sociétés restantes affichent une croissance de leurs ventes annuelles inférieures à 1 %.

Croyez-moi, il est impossible que l’on assiste à la poursuite des embauches de ces derniers temps si les ventes…

Ok, voyez-vous des dégâts à venir en raison de ce relèvement des taux décidé dans un contexte qui semble annoncer une récession ?

Je pense que ce que le marché a apprécié, c’est le fait qu’elle a déclaré qu’elle pourrait ne plus jamais relever les taux. En bref, c’est ce qu’elle a dit.

Je pense qu’ils démarreront le QE4 l’année prochaine. C’est ça le problème et pas parce que les QE marchent mais parce que nous sommes pris au piège.

Est-ce que les marchés vont apprécier ce nouveau QE ?

Hmm… Le marché de l’or va apprécier.

Si les marchés grimpent maintenant, c’est parce qu’il semble qu’elle ne relèvera pas davantage les taux ou parce qu’elle ne cesse de marteler qu’elle a confiance en l’économie et dans les marchés ?

Si le marché croit en la Fed, il y a un problème. N’oubliez jamais le problème des subprimes.

Mon ami Lonski, vous dites beaucoup de mal de la Fed. On dirait que vous avez perdu confiance. Et vous ?

La Fed n’a aucune confiance, c’est la raison pour laquelle elle relève ses taux. Elle a peur d’admettre qu’elle n’a pas confiance. Cette hausse symbolique a pour but d’occulter ce fait.

Si la Fed avait vraiment confiance en l’économie, elle aurait agi il y a des années déjà mais alors elle aurait fait éclater les bulles plus tôt et nous serions déjà dans la crise financière suivante.

En voilà un point de vue négatif mais cela a du sens.

La plupart des gens s’accorderont pour dire qu’au vu de la situation économique, il n’y a aucune raison de relever les taux sauf s’il y a un risque de bulle.

Ou si vous souhaitez vous garder pour l’avenir une certaine marge de manœuvre…

Je crois que nous sommes d’accord… Ce qui est un peu effrayant.

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Peter Schiff

Article de Peter Schiff, publié le 17 novembre 2015 sur CNBC.com :

« Les statistiques de l’emploi américain de septembre, qui furent publiées au début du mois d’octobre, furent tellement mauvaises qu’elles permirent de convaincre la majorité des investisseurs que la Fed n’augmenterait pas les taux en 2015.

Étant donné que la plupart des investisseurs estiment que l’or grimpe lorsque les taux d’intérêt sont en dessous de l’inflation, c’est sans surprise que dans les deux semaines qui ont suivi la publication des chiffres, l’or a augmenté, passant de 1113 $ le 30 septembre à 1184 $ le 14 octobre, une hausse de 6,4 % mais cela ne dura pas. De nombreuses déclarations de la part d’officiels de la Fed augurant une hausse des taux ainsi que le communiqué supposé ferme de la réunion de la Fed d’octobre et des chiffres de l’emploi meilleurs que prévu en octobre ont convaincu la majorité des investisseurs et des économistes qu’une hausse des taux en décembre était plus que probable. Cela a renvoyé l’or d’où il venait, et même plus à 1075 $ l’once, soit une baisse de plus de 9 % en seulement deux semaines.

Les attaques terroristes tragiques de Paris ont ensuite initié une vague d’achat le lundi matin rappelant que les investisseurs se tournent rapidement vers l’or durant les périodes d’incertitude. Cela ne fut néanmoins pas suffisant pour permettre alors de dépasser les 1100 $ ; les marchés restent pessimistes à propos des perspectives de l’or. De nombreuses personnes affirment maintenant qu’une hausse des taux de 25 points de base en décembre sera le dernier clou dans le cercueil du métal jaune et l’enverra Dieu seul sait où.

Cependant, il y a peu de raisons de croire que l’or tombera encore plus bas même si la Fed baisse ses taux en décembre. Il y a de bonnes raisons d’affirmer que durant ces derniers mois l’or a formé un double plus bas (double bottom) et qu’il s’agit d’un excellent point d’entrée pour les investisseurs à long terme.

Soit la Fed augmentera ses taux de 0,25 % en décembre ou elle ne le fera pas. Ces deux scénarios sont en fait positifs pour l’or.

Le statu quo serait positif pour l’or, pour des raisons évidentes. Si la Fed n’agit pas, après avoir laissé les marchés croient à la hausse, elle perdrait toute crédibilité. Les investisseurs concluraient à raison que la Fed n’a fait que bluffer et que les taux resteront bloqués à zéro pour un bon bout de temps. Cela initierait sans aucun doute une hausse durable de l’or.

Et si la Fed augmente les taux en décembre ?

Mais si elle décide d’appuyer sur la gâchette, la plupart des investisseurs estiment que cela aurait pour conséquence de prolonger la chute de l’or. C’est cependant ignorer le fait que les investisseurs s’attendent à une hausse des taux depuis longtemps désormais et que l’or a déjà baissé de 40 % dans l’anticipation de cette hausse. Le marché de l’or a déjà intégré cette nouvelle et probablement même une hausse de plus de 25 points de base. Je pense que le cours actuel intègre déjà plusieurs centaines de points de base de hausses. Pourtant, tout ce qu’on l’on risque de voir à moyen terme, c’est un relèvement de 0,25 %.

Vu le ton indéniablement prudent de nombreux communiqués de la Fed, la fragilité de l’économie et des marchés ainsi que les élections présidentielles à venir, une éventuelle hausse des taux en décembre serait accompagnée par des communiqués extrêmement accommodants afin de faire passer la pilule. La Fed promettra probablement une grande prudence à propos d’une éventuelle hausse supplémentaire. En fait, il est fort probable que nous soyons confrontés à un langage suggérant un « acte sans lendemain ». Vu que de nombreux investisseurs vendent depuis longtemps en anticipation de cette première hausse depuis 10 ans, cela pourrait provoquer une réaction de type « achat de la rumeur et vente sur le fait accompli » qui provoquerait une hausse plutôt qu’une baisse de l’or.

Toute hausse des taux accélérera la fin du cycle d’expansion économique actuel pour nous rapprocher d’un nouveau cycle plus accommodant qui serait extrêmement positif pour l’or. Vu que les marchés ont tendance à anticiper, la première hausse des taux pourrait en fait pousser les traders à déjà intégrer la première baisse future des taux.

Le dollar lui-même n’a quasi pas cessé de s’apprécier depuis que les marchés ont conclu que la Fed s’oriente vers un serrage de vis monétaire. Il est défendable d’affirmer que le plus gros de la hausse du dollar a déjà eu lieu. Vu que la vigueur du billet vert est l’une des raisons qui expliquent la faiblesse de l’or, peut-être qu’une hausse de 25 points de base des taux américains n’est donc pas un événement aussi important que cela.

Hausse des taux => or en baisse ? Faux !

Mais pour ceux qui croient vraiment que la Fed va prendre le chemin très improbable d’une hausse des taux en série dans le contexte d’une économie qui ralentit durant une année électorale, il est instructif d’examiner comment se comporta l’or durant le dernier événement de ce genre. À partir de juin 2004, Alan Greenspan a relevé les taux de 25 points de base durant dix-sept réunions consécutives. Durant ces deux années, l’or a augmenté de façon presque ininterrompue, de 62 % (passant de 390 à 630 $). La croyance que des taux d’intérêt plus élevés sont mauvais pour l’or est donc un mythe.

Pour obtenir un impact réel sur l’or, nous aurions besoin de taux d’intérêt réels positifs, soit des taux supérieurs à l’inflation. Cela ne risque pas d’arriver de sitôt vu que l’économie américaine est trop endettée pour se permettre une hausse rapide. Les conditions devraient donc être positives pour l’or pendant un bon bout de temps. (…)  La retraite de l’or en dessous des 1100 $ est donc un cadeau inespéré pour ceux qui ont raté le point d’entrée d’il y a 6 semaines. »

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Peter-Schiff-OrSelon l’article de Peter Schiff (source en anglais)

Jusqu’à présent, 2014 a été une année paradoxale pour l’or. De nombreux investisseurs ignorent même que le métal jaune a grimpé de presque 8 % depuis le début de l’année. Lorsque les médias se décident à en parler, c’est pour remettre en perspective la hausse du début d’année avec la baisse importante de l’année dernière. Malgré le sentiment négatif qui règne sur le marché, l’or reste l’un des actifs les plus performants de 2014, pour les raisons suivantes :

La spéculation est inversée

Tant d’investisseurs sont tellement convaincus que l’or est mort l’année dernière qu’ils ne prenne même plus le temps d’examiner les données techniques responsables de la baisse. Cependant, ces données se sont déjà inversées.

L’année dernière, les investisseurs techniques, ainsi que les day traders qui suivent le mouvement, ont influencé plus que quiconque le cours de l’or. Depuis la création des ETF or en 2003, c’est la première fois que ces fonds adossés à l’or ont vu du métal physique quitter leurs stocks. Ce fait a joué un grand rôle dans la baisse du cours, ainsi que sur les attentes des investisseurs pour le métal jaune.

L’année dernière, les ETF ont vendu 881 tonnes d’or, une quantité énorme. Le GLD, le plus important de ces fonds, s’est débarrassé à lui seul de 550 tonnes, notamment en raison des positions bearish prises par les investisseurs sur les marchés future, dont les grosses positions short ont provoqué les chutes du cours de l’or auquel nous avons assisté en 2013. Et comme c’est souvent le cas, le sentiment négatif s’est mué en prophétie auto réalisatrice.

Durant les décennies précédentes et jusqu’à 2013, la demande pour l’or physique a tiré le marché à la hausse. Au fil des ans, les ETF ont accumulé de plus en plus de physique, donc le mouvement inverse de 2013 a entraîné une baisse de l’ordre de 15 %. Mais les ETF sont revenus à l’achat, notamment le GLD en février ; il n’avait plus acheté d’or physique depuis décembre 2012.

Or et actions

Pourquoi les ETF et les traders sur les marchés futures inversent-ils leurs positions ? Les cours de tout ce qui concerne l’or sont à la hausse. Le GLD et le COMEX ont tous les 2 augmenté de plus de 6 % cette année. Le GDX, un index qui mesure la performance des actions minières et l’un des plus complets, a augmenté de plus de 12 %. Même avec la baisse de mars, l’or a progressé de 8 % par rapport au début de l’année.

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Peter-Schiff-Or-1976-New-York-TimesVoici un extrait d’article du New York Times qui montre bien la position de ce journal par rapport à l’or. Comme tous les médias dominants, le NYT n’aime pas trop l’or et le fait savoir :

Il y a 2 ans, les avocats de l’or sont devenus tout fous alors que le cours du métal jaune a été multiplié par 6. Mais depuis son pic d’il y a 2 ans, il a fortement décliné, de près de moitié, créant la panique. Les prévisions les plus récentes d’une société financière importante de Wall Street suggèrent que le cours va continuer de chuter, pour probablement terminer à 40 % en dessous de son niveau actuel.

Cette déroute en dit long sur la confiance des consommateurs en une reprise mondiale. L’inflation qui a énormément diminué, le retour d’investissements plus productifs, comme les actions, immobilier et l’épargne, ont provoqué le déclin de l’or.

Même si l’économie américaine a quelque peu réduit l’allure de son redressement, celui-ci continue de s’améliorer. La peur qui dominait il y a 2 ans s’est largement évaporée, substituée par une amélioration économique qui a transformé les rêves de spéculation sur l’or en cauchemar.

Très typique de la presse mainstream, n’est-ce pas ? Le seul hic, c’est que cet extrait date d’un article paru le 29 août 1976. Justement au moment où l’or allait débuter sa plus folle chevauchée : + 700 % en moins de 3 ans. Est-ce que l’histoire va encore se répéter ? En changeant 2-3 mots, on pourrait le publier sur Bloomberg et cie aujourd’hui.

Lorsque le NYT a publié son papier anti or, l’or venait de chuter à 103 $ l’once, soit presque 50 % de moins par rapport aux 200 $ de fin 1974. Le cours de 200 dollars fut le pic d’un marché haussier de 3 ans, qui avait commencé en 1971 lorsque Nixon avait permis à l’or de fluctuer, alors que le cours était bloqué à 35 $ l’once depuit presque 2 générations. Cette hausse de 450 % avait validé les théories des avocats de l’or, qui avaient prédit une hausse massive du cours en cas de fin du standard or. Seules des voix marginalisées avançaient ce scénario. Du côté de la Fed et du gouvernement, on avançait que cet événement ferait chuter le cours de l’or.

Une fois de plus, les experts se sont royalement plantés. Une fois le standard or abandonné, le cours de celui-ci a explosé, sur fond de problèmes économiques. Mais dans les années 70, on a connu un mieux, ce qui a provoqué une baisse de l’or à partir des années 1975. Lorsque le cours a atteint les 100 $, nos experts ont alors proclamé la fin de l’or.

1976 : les médias dominants se plantent royalement avec leur prévision or

Ce que l’auteur de cet article ne savait pas lorsqu’il l’a rédigé, c’est que le plus bas avait été atteint exactement 4 jours avant la publication de son papier. Peu de gens comprenaient que le plus dur des années 70 était à venir. Lorsque le chômage et l’inflation ont fait leur grand retour, le cours de l’or a explosé de 700 % en 3 ans.

Les médias dominants, en vertu de leur désamour dogmatique des métaux précieux, n’ont jamais prédit un marché haussier. Aujourd’hui, ils ont déclaré la mort de l’or… une fois de plus, entonnant toujours à l’unisson le même refrain. Et comme c’est devenu une tradition, l’avenir prouvera qu’ils ont une nouvelle fois tort.

Source : inspiré de l’article de Peter Schiff publié sur ZeroHedge