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Pétrodollar

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dollar

Article de Rogue Money, publié le 18 avril 2016 :

« Le règne du pétrodollar vient d’encaisser un nouveau coup ce 17 avril alors que la nation la plus peuplée de l’OPEP a signé un nouvel accord avec la Chine pour augmenter les transactions domestiques et internationales en yuan en lieu et place du dollar.

Dans un accord signé dimanche entre l’Industrial and Commercial Bank of China Ltd et la Banque centrale du Nigéria, les 2 nations se sont entendus sur les termes d’une libre circulation de la devise chinoise dans l’économie nigériane, tandis que la nation africaine productrice de pétrole va inclure le yuan dans ses réserves en devises.

Du China Daily :

« La volonté du Nigéria d’augmenter la disponibilité du yuan a déjà permis au naira de s’apprécier par rapport au dollar, d’après un haut responsable de l’Association des Opérateurs de Bureaux de Change du Nigéria. (…)

L’Industrial and Commercial Bank of China Ltd et la banque centrale du Nigéria ont signé un accord portant sur des transactions en yuan afin de mettre un terme à la baisse de la devise nigériane.

Cet accord prévoit la libre-circulation du yuan entre les banques nigérianes, ainsi que l’inclusion de la devise chinoise dans les réserves du pays. »

Le Nigéria devient ainsi le dernier pays membres de l’OPEP à se distancier officiellement du dollar en commençant à échanger avec d’autres devises que le billet vert. Il y a 2 mois, l’Iran annonçait qu’il ne vendrait plus son pétrole en dollars, au lendemain de la levée des sanctions économiques américaines. Désormais, les ventes de pétrole iranien se feront principalement en euro.

Alors que la Russie et la Chine prennent une place toujours plus importante dans le commerce mondial, les jours du pétrodollar et de l’hégémonie américaine sur le système financier mondial sont comptés. (…) »

Crédit photo : http://taxrebate.org.uk/ via Flickr

pays émergents

Article de Sputniknews.com, publié le 4 février 2016 :

« Les experts condamnent le dollar à terme. La chute des cours du pétrole a accéléré la fin du dollar portant un coup fatal à un système qui a longtemps facilité le statut de monnaie de réserve du dollar.

Les économies émergentes sont en train d’abandonner le dollar en tant que moyen de paiement du pétrole dont les factures sont désormais réglées en monnaie nationale.

Le 5 janvier 2016, l’Indian Express a écrit : « Abandonnant le dollar, l’Iran et l’Inde se sont mis d’accord sur le règlement en roupies des factures de brut en souffrance en guise de préparation aux futurs échanges bilatéraux en devises nationales. L’ardoise en dollars : 6,5 milliards soit 50 % du total de la facture sera déposée sur le compte de la National Iranian Oil Co d’une banque indienne. »

Six mois plus tôt, la société publique russe Gazprom Neft avait annoncé la facturation en yuan de pétrole à la Chine. La stratégie s’est révélée efficace : la Russie est devenue l’exportateur numéro un de pétrole en Chine après avoir supplanté l’Arabie Saoudite.

« Il est intéressant de noter que l’un des facteurs du succès de la Russie en Chine est attribué à son acceptation du yuan en tant que mode de règlement pour son pétrole (et pas, contrairement à ce que certains ont affirmé, en tant que signe d’allégeance à l’amitié sino-russe) » a écrit Elena Holodny dans l’un de ses derniers articles du Business Insider.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, les experts recommandent à l’Arabie Saoudite de suivre l’exemple de la Russie en remplaçant le dollar par le yuan :

« Si l’Arabie Saoudite veut récupérer sa place de numéro un, elle devra accepter le renmibi à la place du dollar » a déclaré Gordon Kwan, responsable régional à Hong Kong de la recherche pétrole et gaz de Nomura Holdings Inc. à l’occasion d’une interview de juin 2015 accordée à Bloomberg.

Quelles sont les implications pour le pétrodollar ?

« Il y a deux ans, d’abord dans le feutré puis de façon plus audible, le monde financier s’est mis à discuter d’un sujet qu’il était préférable de ne pas évoquer en bonne compagnie. Soit la fin du système qui, pour beaucoup, a encadré et facilité le statut de monnaie de réserve du dollar américain : le pétrodollar… » écrivait déjà en 2014 Zero Hedge. Il semble que ce pronostic est en train de se réaliser.

En janvier 2007, le même site financier d’avant-garde rapportait que la chute du pétrodollar est évidente et qu’elle est appuyée par la chute des cours du pétrole. Citant Goldman Sachs, Zero Hedge notait que la nouvelle donne des prix du pétrole pourrait drainer 24 milliards de dollars du système pétrodollar pour atteindre près de 900 milliards d’ici 2018. La fin de la chaîne du recyclage des pétrodollars affectera grandement le monde des affaires.

Simultanément, la Chine poursuit ses plans de Fonds de la Route de la Soie et de la banque asiatique d’investissements. (…)

Manifestement, il est temps de dire au revoir à l’ordre mondial actuel reposant sur le pétrodollar. »

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Poutine est souvent comparé à un joueur d’échecs (qui jouerait contre des joueurs de bilboquet). Mais quelle est la stratégie, au juste ? D’après un article paru sur InvestCafe.ru, la réponse est surprenante : Poutine vend le pétrole russe contre de l’or en attendant la chute du pétrodollar. Voici la traduction française condensée de la traduction anglaise de Gold-Eagle.com de l’article original en russe :

« Très peu de gens comprennent ce que fait Poutine en ce moment. Et ceux qui comprennent ce qu’il va faire à l’avenir sont encore moins nombreux. Aussi bizarre que cela puisse paraître, Poutine vend actuellement le gaz et le pétrole russe contre de l’or.

Évidemment, il ne le crie pas sur tous les toits. Et, bien sûr, il accepte toujours le dollar comme moyen de payement… intermédiaire. Intermédiaire car dès qu’il reçoit ces dollars, il les échange contre de l’or physique.

Pour comprendre ceci, il suffit de regarder la dynamique de la croissance des réserves d’or de la Russie et de comparer ces données avec le produit des ventes à l’étranger du pétrole et du gaz russe sur la même période.

De plus, durant le 3e trimestre 2014, jamais la Russie n’a acheté autant d’or, soit 55 tonnes, une quantité énorme. C’est plus que les achats officiels de toutes les banques centrales du monde réunies ! Au T3 2014, les banques centrales ont acheté 93 tonnes, dont 55 pour la seule Russie.

Récemment, des scientifiques britanniques sont parvenus à la même conclusion qu’une étude américaine d’il y a quelques années affirmant que l’Europe ne pourrait pas survivre sans l’énergie russe. Autrement dit, que le monde ne peut pas se passer de la production de pétrole et de gaz de la Russie.

Donc, le monde occidental, dont l’hégémonie repose sur le pétrodollar, est dans une situation catastrophique. Poutine vend le pétrole et le gaz russe contre de l’or, avec la subtilité que le système fonctionne même si le paiement ne se fait pas directement en or.

Vu que la Russie reçoit constamment des dollars provenant de la vente de son pétrole et de son gaz, elle peut les convertir en or au cours actuel, soit bien en dessous de sa valeur, manipulée à la baisse par l’Occident. (…)La même chose est valable pour l’uranium : 1/6 de l’électricité américaine dépend de l’uranium russe… vendu en dollars, qui sert à quoi ? Vous avez désormais compris.

En ce moment, l’Occident dépense beaucoup d’efforts et de ressources pour faire baisser le cours du pétrole et de l’or. Donc, d’un côté pour altérer la réalité économique actuelle en faveur du dollar, mais aussi pour détruire l’économie russe qui a refusé le rôle de vassal obéissant que l’Occident voulait lui imposer.

Aujourd’hui, des actifs comme l’or et le pétrole ont été affaiblis proportionnellement, et semblent excessivement sous-évalués par rapport au dollar. Il s’agit des conséquences des efforts économiques de l’Occident. (…)

En résumé (commentaire or-argent.eu) : certes, le cours du pétrole est sous-évalué, mais ce facteur est compensé par le fait que la valeur du dollar est, elle, surévaluée. Avec cet actif surévalué, Poutine achète de l’or, qui lui est… sous-évalué. Si la Russie semble perdre à l’instant présent, elle sera gagnante à moyen terme (fin commentaire).

Cette combinaison économique absolument brillante de Poutine met l’Occident, mené par les États-Unis, dans la position d’un serpent qui se mange agressivement la queue.

Cette idée de piège « en or » n’est pas de Poutine, mais probablement de son conseiller économique, le Dr Sergueï Glaziev. Car celui-ci, qui n’est pas un oligarque, fait partie des individus sanctionnés par Washington. L’idée brillante de Glaziev est exécutée de main de maître par Poutine, mais avec le soutien inconditionnel de son collègue chinois, Xi Jinping.

C’est dans ce contexte qu’il faut prendre les déclarations de la présidente de la banque centrale de Russie, qui a déclaré que sa banque pouvait utiliser ses réserves d’or pour payer ses importations en cas de besoin. Il est clair que dans le cadre des sanctions occidentales, cette déclaration est destinée aux BRICS, et plus particulièrement à la Chine. Pour celle-ci, il est très pratique d’être payée en or par les Russes (de l’or occidental, en fait). Voici pourquoi :

La Chine a récemment annoncé qu’elle cessait d’augmenter ses réserves en devises et en or libellées en dollars. Vu le creusement du déficit commercial entre les États-Unis et la Chine en faveur de cette dernière, cette déclaration financière signifie en français clair : « la Chine arrête de vendre ses produits en dollars ». Les médias du monde ont préféré ignorer l’une des nouvelles les plus importantes de l’histoire monétaire récente. Le problème n’est pas que la Chine refuse catégoriquement le dollar comme moyen de payement ; comme pour la Russie, il s’agit d’un moyen de paiement intermédiaire, dont elle se débarrasse immédiatement. Cette déclaration signifie également que la Chine n’achètera plus de Bons du Trésor américain, dans lesquels elle investissait par le passé ses surplus en dollars.

L’alliance de la Chine et de la Russie sera très fructueuse pour ces 2 pays. La Russie achète des biens à la Chine en payant avec de l’or, tandis que la Chine achète son énergie à la Russie également en métal jaune. Dans ce contexte, il n’y a pas de place pour le dollar. (…)

L’Occident peut faire tout ce qui est en son pouvoir pour augmenter artificiellement le pouvoir d’achat du dollar, faire baisser le pétrole et baisser artificiellement le pouvoir d’achat de l’or, il reste un problème insoluble : le stock d’or physique en possession de l’Occident n’est pas illimité. Donc, plus l’Occident dévalue le pétrole et l’or par rapport au dollar, plus il perd rapidement son or physique.

Au rythme où les choses vont, l’Occident n’aura pas le temps de tenter quoi que ce soit contre Poutine, car le monde occidental du pétrodollar se sera écroulé avant. Aux échecs, on dirait que l’Occident est en zeitnot : il ne lui reste plus que quelques minutes pour jouer un grand nombre de coups.

La situation actuelle est inédite : l’URSS avait rapidement vendu son or durant la chute des cours du pétrole, tandis qu’aujourd’hui, la Russie fait le contraire. De ce fait, la Russie pose une menace très concrète au modèle de domination mondiale du pétrodollar américain.

Pour rappel, son principe est de permettre aux pays occidentaux, menés par les États-Unis, de vivre sur le dos des ressources et du travail des autres grâce à la dominance du dollar sur le système monétaire en le rendant obligatoire pour les échanges internationaux. Les BRICS, avec la Chine et la Russie en tête, sont en train de bouleverser le statut et le rôle du dollar dans le système monétaire international. (…) »

En conclusion : lorsque l’Occident n’aura plus d’or à fournir aux Russes et aux Chinois pour qu’ils recyclent leurs dollars, la partie sera terminée. Quand cela aura-t-il lieu, que se passera-t-il exactement ? Échec et mat pour l’Occident et un séisme monétaro-économique dont les conséquences sont difficilement prévisibles, si ce n’est que nous allons en souffrir.

Un nouveau clou planté dans le cercueil du pétrodollar : Gazprom accepte désormais les paiements de ses livraisons de pétrole en roubles et en yuans

(Traduction de l’article de ZeroHedge du 27 août 2014) :

Il y a quelques mois, lorsque la Russie a ont annoncé la signature du fameux contrat énergétique avec la Chine, considérée comme le Saint Graal, certains analystes furent déçus d’apprendre que malgré le fait que cet accord avait pour objectif de libérer le monde du pétrodollar, la Russie et la Chine avait libellé l’accord en dollars. Ce faisant, les deux nations admettaient que malgré leur souhait de se distancier du dollar, aucune alternative n’était encore disponible.

La situation a pourtant changé en juin, lorsque le CFO principal de Gazprom a annoncé que sa société était prête à encaisser les factures chinoises en yuans ou en roubles. Cette annonce avait coïncidé avec la réunion entre un haut responsable de la banque de Chine et de la banque de Russie, durant laquelle ils avaient discuté de la possibilité d’utiliser leur monnaie locale dans leurs échanges bilatéraux. Les sujets de la supervision financière, des cartes bancaires et des assurances avaient également été abordés.

Cependant, malgré que tous les préparatifs soient en place afin de se passer complètement du dollar, on n’en était toujours aux préliminaires, tout en attendant que la première véritable flèche soit décochée en direction du pétrodollar.

Cependant, celle-ci vient d’être lancée.

D’après RIA Novosti, citant le journal Kommersant, Gazprom Neft vient de marquer son accord pour l’exportation de 80.000 t de brut en provenance de l’Arctique, qui seront payées en roubles. Le pétrole transitant par le pipeline ESPO (Sibérie orientale et océan Pacifique) vers la Chine sera quant à lui facturé en yuans. Ce qui signifie que la Russie et exportera du pétrole soit vers l’Europe, soit vers la Chine, et recevra ses payements en roubles ou en yuans. Ce qui signifie se passer totalement du dollar pour la première fois dans des transactions énergétiques majeures, et lancer le train de la dédollarisation de l’économie mondiale. (…)

Du côté de Gazprom, on n’avait de toute façon pas le choix, alors que 90 % de ses clients se sont déjà détournés du dollar (remplacé par l’euro ou le yuan) afin d’échapper aux sanctions américaines (source : http://www.zerohedge.com/news/2014-06-07/90-gazprom-clients-have-de-dollarized-will-transact-euro-renminbi).

Tout ceci ne fait que confirmer l’analyse reproduite sur ces pages depuis quelques mois : le régime des sanctions contre la Russie ne va faire qu’accélérer la chute du dollar. Reste à savoir si c’est le fait de l’incompétence de l’administration américaine, ou de raisons plus obscures.

La position du dollar, en tant que devise d’échange des énergies, fournit aux États-Unis de nombreux avantages injustes. Il semblerait que Moscou soit prêt à faire tomber ces avantages.

Oil Pumps

Le pétrodollar est l’un des piliers de l’économie américaine, car son existence entraîne une importante demande internationale pour le billet vert, ce qui permet aux États-Unis d’accumuler une dette énorme. Si une société japonaise veut acheter des barils de pétrole saoudien, elle doit payer en dollars même si aucune entreprise américaine n’est impliquée dans la transaction. Le dollar bénéficie d’une telle position dominante sur ce marché énergétique que même les contrats de gaz naturel de Gazprom en Europe sont libellés et réglés en dollars. Jusqu’il y a peu, une grande partie du commerce entre la Chine et l’Europe se faisait via le billet vert.

Récemment, la Chine a pris la tête des BRICS afin de remettre en question l’hégémonie du dollar, mais la guerre des sanctions entre Washington et Moscou a permis d’accélérer le projet du lancement du « pétrorouble », ayant pour but de s’émanciper du dollar pour toutes les exportations russes de pétrole et de gaz.

Le principal partisan de ce plan est Sergey Glaziev, le conseiller économique du président russe et Igor Sechin, CEO de Rosneft, la plus grosse société pétrolière russe et proche de Poutine. Ces 2 hommes n’ont cessé de prêcher pour un remplacement du dollar par le rouble. Désormais, des membres importants du gouvernement œuvrent à son implémentation.

Cela a commencé avec le ministre de l’Économie, Alexei Ulyakaev, qui a déclaré à la chaîne Russia 24 que les sociétés énergétiques russes devraient se débarrasser du dollar : « elles doivent être plus courageuses en signant des contrats en roubles et dans les devises de ses pays partenaires, » a-t-il déclaré.

Le 2 mars dernier, le CEO de la banque d’État VTB Andrei Kostin, a déclaré à la presse que Gazprom, Rosneft et Rosoboronexport (société spécialisée dans la vente d’armes), peuvent commercer en roubles. « J’ai parlé avec les dirigeants de Gazprom, Rosneft et Rosoboronexport ; ils ne voient aucun inconvénient à utiliser le rouble, ils ont juste besoin d’un mécanisme pour le faire. »