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Pimco

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lingot et pièces d'or

Lettre de Douglas Pollitt, publiée le 11 mai 2016 sur gata.org (traduction condensée) :

« Pendant des années, nous n’avons évoqué que de façon timide les dysfonctionnements des banques centrales et l’intérêt du métal jaune dans notre situation, ce qui n’est pas vraiment bon pour les affaires quand on fait la promotion de l’or. Mais voilà que, soudainement, PIMCO nous met vraiment dans l’embarras. Un très bon article de Harley Bassman publié au début de ce mois compare les politiques monétaires actuelles, en termes d’efficacité et de décorum, à un concours de T-shirts mouillés de Daytona. Les injections massives de liquidités dans le marché obligataire, dans les banques et dans les actifs financiers ont pu améliorer l’apparence de certaines choses, mais il s’agit plus d’une illusion qu’autre chose. Il suggère ensuite que la Fed utilise son bilan infini pour acheter de l’or car l’or, c’est la monnaie.

Ok, Bassman n’a pas vraiment utilisé cette métaphore, mais il a vraiment proposé que la Fed achète de l’or. Une telle déclaration débouche sur la normalisation du débat, nous pensons qu’elle est pleine de bon sens et pourrait devenir significative. Comme Keynes l’a dit, l’objectif des marchés est de juger les juges. Dans ce cadre, au moins un juge doit encore sortir du bois…

Pour en revenir à nos moutons, le problème auquel les autorités monétaires occidentales sont confrontées est qu’il y a trop de dette par rapport à la capacité de remboursement de leurs économies. Comme Bassman le dit : « il existe 2 voies pour sortir d’une crise de la dette : le défaut ou la dévaluation de la monnaie. » Frost a dit de son côté que le monde finirait dans les flammes ou dans le gel. Depuis Lehman, même si on aurait pu le deviner avant, nous savons que le monde ne finira pas dans le gel, que nous n’assisterons pas à une faillite dévastatrice. Pour appuyer cette opinion, nous pouvons citer des raisons analytiques (le crédit, par exemple, est comme l’univers : il est par nature en expansion, il n’y a pas de marche arrière), mais c’est un autre débat. Du côté des arguments empiriques, la dévaluation est toujours la méthode favorite pour entuber les créditeurs. Faites bouillir la grenouille lentement ou un peu plus vite, peu importe. En définitive, la grenouille finit toujours à la casserole.

Le Gold Reserve Act de 1934 : une dévaluation déguisée

En 1934, suite à la gueule de bois engendrée par la frénésie de crédit des années 20, Roosevelt a décidé de bouillir rapidement la grenouille avec le Gold Reserve Act (GRA). On ne le mentionne plus jamais ainsi, mais cette loi fut dans les faits une dévaluation, pas différente de celle du baht de 1997 ou du peso argentin de l’année dernière. En dehors de l’axe anglo-américain, cela arrive tout le temps.

Cette dévaluation fut pourtant l’élément le plus important du New Deal. On a aussi oublié que le GRA fut contesté par toute une série de plaintes, dont certaines ont abouti jusqu’à la Cour Suprême. Dans leurs contrats, les créditeurs avaient prévu une clause spéciale leur permettant de recevoir de l’or au lieu de dollars si ces dollars devaient être réévalués. Il est intéressant de noter que la notion de dévaluation était assez présente pour prévoir une telle clause. À l’époque, tout le monde était conscient du risque, comme le sont aujourd’hui les créditeurs d’obligations exotiques. C’est d’ailleurs aussi pourquoi les obligations libellées en dollars existent.

Nous vivons désormais au rythme du standard dollar, une unité de mesure autoréférentielle. Un mètre se définit par la distance parcourue par la lumière sur quelques fractions de seconde (1/299 792 458 de seconde, pour ceux que ca intéressent…). Une calorie représente l’énergie nécessaire pour soulever 1 g d’eau d’un degré. Par contre, un dollar correspond à… un dollar. Certains pourraient se référer au Dollar Index et à son panier de 6 devises en tant que « mesure de la valeur du dollar », mais cela ne fait que bien montrer à quel point la définition de la valeur du dollar est confuse.

Dans un tel contexte, les acteurs des marchés peuvent difficilement concevoir la dévaluation du dollar vu qu’il n’y a pas de contexte permettant de l’acter. Pour dévaluer une devise, il faut pouvoir la dévaluer par rapport à quelque chose. La dissolution des accords de Bretton-Woods en 1971, lorsque Nixon annula la convertibilité du dollar en or, a mené à la dissolution de la référence de notre système monétaire. Là est le problème.

Si la Fed achetait de l’or, comme le suggère Bassman, ce serait très positif pour le cours de l’or, ainsi que pour mes revenus. Mais nous ne sommes pas certains que cela permettrait de régler le problème. Par contre, il serait réglé si la Fed se mettait à acheter ET à vendre de l’or, en créant un marché. Subitement, nous saurions ce qu’un dollar valait.

L’ensemble de l’or qui existe en surface représente le PIB mondial de plusieurs millénaires. Les éléments requis pour la production de l’or : le travail, les matières premières, l’énergie, etc., reflètent globalement les coûts de production tout en prenant en compte les impacts déflationnistes de l’innovation. On peut donc dire que l’or est l’équivalent monétaire de la vitesse de la lumière.

Le 18 février 1935, le Gold Reserve Act fut confirmé par la Cour Suprême. Le blé, le coût du travail, les actions, tout augmenta. Ce ne fut pas une dévaluation dans laquelle les bénéfices d’un pays sont obtenus aux dépens d’un autre. Ce fut l’ensemble de la structure des prix qui fut revu à la hausse. En conséquence, le poids de la dette fut fortement allégé.

L’objectif était d’entuber les créditeurs, comme c’est toujours le cas. L’histoire se répétera. Cependant, il faudra encore patienter un bon bout de temps vu que les autorités monétaires occidentales sont engagées à fond dans la « théorie moderne ». Ce seront probablement les marchés, et notamment des banques centrales « inamicales » (Russie, Chine, etc.) qui leur forceront la main. »

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pièces d'argent

Dans sa dernière interview sur KWN, James Turk a dévoilé que l’argent, massacré durant ces dernières semaines, est en backwardation. Il a également rapidement abordé le cas de Bill Gross, qui a annoncé sa démission-surprise de Pimco (société de gestion qui possède le plus d’obligations au monde).

« Juste avant notre entretien, j’ai examiné les cours de l’argent, et le métal pour livraison en décembre et 2 à 3 centimes moins cher que le spot. D’après les prix que je consulte ici à Londres, l’argent est donc clairement en backwardation ; il s’agit de cours qui se basent sur des transactions réelles, sur le marché de l’argent physique. En fait, cela fait un bon moment que nous assistons une telle situation à Londres, même durant la chute continue du coût de l’argent à laquelle nous avons assisté durant ces dernières semaines.

Je suppose que cela ne vous surprendra pas si je vous dis que je ne regarde même plus le cours des futures du COMEX. Cela fait d’ailleurs un moment que je ne l’ai plus fait, car il ne reflète pas la réalité des marchés.

Tout a été dit et écrit à propos de la nature artificielle des marchés de New York, dont la dynamique est basée sur le papier, il est inutile de revenir là-dessus. Mais il est parfois utile de répéter une évidence, soit qu’une promesse de livrer quelque chose dans le futur est très différent d’une transaction immédiate. Et cette observation est particulièrement vraie dans un monde où, comme le dit Chris Powell de façon incisive, « il n’y a plus de marchés, juste des interventions ».

En ce moment, la différence entre l’argent papier et physique est particulièrement claire. Mais on pourrait dire la même chose à propos du marché de l’or, même si sur celui-ci les choses ne vont pas aussi loin. En bref, il y a un monde de différence entre un actif tangible et la promesse d’un actif tangible.

Cette différence a bien été mise en évidence dans votre interview avec Andrew Maguire. Actuellement, l’argent papier avec livraison en décembre est moins cher que l’argent physique avec livraison immédiate. Cette condition anormale reflète la tension qui règne sur le marché physique de l’argent.

Cependant, je peux vous assurer que lorsque le COMEX publiera ses tarifs plus tard dans la journée, il n’y aura aucun signe de backwardation. Le cours spot du COMEX est aussi artificiel que les taux LIBOR qui étaient publiés par les banques avant qu’émerge le scandale de la manipulation.

Comme avec le scandale du LIBOR, le Comex semble sortir ses chiffres d’un chapeau. Je suppose que le but est que les positions short, des banques de lingots, semblent attractives. Ce n’est d’ailleurs pas une coïncidence si ce sont ces mêmes banques qui publiaient ces faux taux LIBOR, afin de donner l’illusion de la solidité en faisant croire qu’ils peuvent emprunter pour moins cher qu’en réalité.

Malgré les amendes, les licenciements et les mea culpa dans la presse, il semblerait que la culture de ces banques n’ait pas changé. Mais que peut-on faire si les régulateurs ferment les yeux sur des marchés clairement corrompus et entièrement manipulés ?

Ce matin, il y avait un article intéressant dans le Financial Times. Il discutait de la nouvelle étonnante du départ de Bill Gross de Pimco, la société qu’il avait cofondée et fait grandir pendant plus de 4 décennies. L’article concluait en disant qu’il s’agit d’un « symbole puissant d’un monde de l’investissement qui est déformé. »

Le FT a utilisé le terme politiquement correct « déformé » (distorted) plutôt que le mot plus descriptif de « manipulé ». Par contre, plus besoin de lire entre les lignes lorsque le FT écrit que les gouvernements « intimident, ou au moins déstabilisent, les gourous des obligations », ce qui est le point le plus important. Ne vous laissez pas déstabiliser. Ignorez les cours fictifs du COMEX. Restez concentré sur l’essentiel, continuez d’accumuler de l’or et de l’argent physique car la Grande Réinitialisation arrive. »