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Politiques monétaires

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lingot et pièces d'or

L’or, malgré ses évolutions en dents de scie depuis sa hausse de + ou – 20% en 2016, est sur une voie royale. John Ing nous explique pourquoi, en faisant le point sur les éléments favorables à l’or à court et long terme (source) :

La route vers la prospérité

Pendant près de deux décennies, des entités ont manipulé les taux pour leurs propres bénéfices. Est-ce le dernier hedge fond qui est au cœur de ce scandale ? Non, ce sont les principales banques centrales du monde, y compris la Banque du Japon (BOJ), qui manipulent les taux d’intérêt, et ce après une multitude de phases d’assouplissement quantitatif (QE) à grande échelle. En conséquence, ces banques ont acheté près de la moitié des ETF japonais. Malgré la manipulation de la courbe de rendement et la création d’argent destiné à l’achat d’actifs, comme la dette et les ETF gouvernementaux, on peut légitimement craindre que la limite ait été atteinte par les banques centrales. En amassant des titres, grâce à des programmes d’assouplissement quantitatif, les banques centrales du Japon, des États-Unis et du Royaume-Uni en sont arrivées à représenter bel et bien 40% du PIB mondial. Tout comme Knut le Grand n’a pas su contrôler les mers, la fixation des taux d’intérêt met en relief la limitation des banques centrales. Maintenant, leurs politiques ultra-accomodantes, et leur existence-même, sont attaquées. Le QE à l’infini semble donc avoir pris fin.

Malgré cela, le Japon a souffert de ce processus, pendant non pas une mais deux décennies, et les politiques non conventionnelles sont censées maintenant relancer son économie. Les investisseurs sont de plus en plus sceptiques sur les multiples formes japonaises d’assouplissements, et plutôt que de faire montre d’une baisse, le yen a gagné 20%. Ayant épuisé les autres options politiques, la Banque du Japon a promis de garder les rendements des obligations d’État à zéro, pendant dix ans. Les Japonais ont été parmi les premiers à introduire l’assouplissement quantitatif, avec d’énormes augmentations des achats d’obligations, au travers notamment du bureau de poste. Pendant un certain temps, cela a fonctionné d’une manière ou d’une autre, même si la cible d’inflation de 2% ait été manquée. Par la suite donc, et à chaque fois, une nouvelle cible d’inflation était fixée, et des taux négatifs étaient mis en place pour parvenir à atteindre cette cible. En ce sens, à chaque fois, le gouvernement japonais achetait davantage de papiers, de manière à ce que la courbe de rendement devienne plus plate, indépendamment de l’échéance ou de la solvabilité. L’argent est devenu non seulement trop abondant, mais également sans valeur. Les dépenses de consommation ont chuté et malgré l’abondance, l’économie demeure dans une position très floue. Les investisseurs se sont, quant à eux, habitués à cette politique d’impression et ont commencé à profiter à leur guise des flux d’argent, généré par la politique des banques centrales. En conséquence, la dette du gouvernement japonais a énormément augmenté, s’élevant jusqu’à 248% du produit intérieur brut. Vous ne serez donc certainement pas étonnés d’entendre que la Banque du Japon figure aujourd’hui parmi les plus grands débiteurs du monde.

Banques centrales, faites-moi confiance

Les banques centrales d’Europe et des États-Unis ont également suivi le modèle japonais. La Banque d’Angleterre a réduit son taux à 0,25%, le plus bas en 300 ans d’histoire. Après le Brexit, la livre sterling a perdu 17% de sa valeur. En ciblant les taux à la place de la base monétaire, les banques centrales ont imprimé des milliards de liquidités qui sont censés stimuler la croissance ou même les prix, tout en mettant franchement leur crédibilité en question. Les déficits publics sont devenus chroniques et nulle part les dispositions de renflouement ne prévalent dans le secteur privé. Le Venezuela pourrait être l’une des premières victimes.

Aujourd’hui, près d’un tiers de la dette publique mondiale s’inscrit dans le cadre de taux négatifs. En effet, les marchés ont été faussés au travers d’une forte intervention de nos banques centrales. Notons aussi que les épargnants ont accumulé des actifs depuis des siècles, mais sont maintenant pénalisés, notamment à cause de la dépendance excessive de leurs gouvernements vis-à-vis des taux zéro, voire des taux négatifs. On peut voir la preuve de cela au travers du fait que les engagements de retraite, à la fois du privé et des gouvernements, ont explosé parce que le financement des promesses futures coûte plus cher. En pressant le système de crédit, les modèles d’affaires des sociétés bancaires, de retraite et d’assurance sont mis en danger, de même que le sont leurs prêts. En principe, ces institutions ont l’obligation de rembourser l’argent ultérieurement. Cette promesse de payer est souvent soutenue par des titres de créance, mais lorsque la promesse de récupération est inférieure à ce qui a été emprunté, le modèle devient insoutenable. Les bilans des banques centrales retiennent jusqu’à un tiers de leurs propres obligations d’État. La cinquième banque du Canada, à savoir la Banque Nationale, a récemment emprunté environ 750 millions d’euros (ce qui revient à 1,1 milliard de dollars) avec un coupon de 0,00% à 99,72, ce qui équivaut, en matière d’échéance, à 0,04% sur 7 ans. Le fait que les investisseurs soient prêts à accepter ce retour est tout simplement ahurissant, et cela reflète l’environnement artificiel créé par les banques centrales. Récemment, le gouvernement italien a vendu des obligations au rendement dérisoire de 2,8%, ce qui implique un rendement négatif pour les acheteurs, durant le prochain demi-siècle.

Qui achèterait ces titres ? Les banques centrales, bien évidemment.

Duel de régulateurs

Il y a une réaction politique croissante contre les huit années de politiques monétaires non orthodoxes, dont on estime, dans l’écrasante majorité des cas, qu’elles ont été menées au profit des débiteurs et au détriment des épargnants. Par ricochet, on peut dire que ce processus inflige une croissance lente au secteur bancaire, avec des taux ultra-bas et un malaise plus profond. Avec les bénéfices plafonnés de leurs secteurs bancaires, les régulateurs allemands et italiens ont rechigné lors du récent Comité de Bâle, portant sur le projet de révision des règles de fonds propres des banques, et donc sur le contrôle bancaire, en général. Les problèmes de la Grèce semblent s’être désormais éclipsés, au travers notamment des banques lourdement endettées de l’Italie. Ces dernières soulèvent des préoccupations relatives au système bancaire « malade » de l’UE. Ce qui préoccupe le plus, c’est la possibilité que cette même union et, bien sûr, son système bancaire, commencent à se désagréger. Ironiquement, ce sont les Allemands qui ont poussé l’UE à interdire aux États de « renflouer » les banques, en forçant ainsi la réalisation de prévisions « sous caution », concernant  les dispositions relatives aux engagements des déposants. Alors que les problèmes de la Grèce ont été relégués au bas du tableau, les problèmes financiers de la Deutsche Bank, phare de l’Allemagne, ont éclaté et, force est de le constater, ils ont généré des préoccupations de capital, suite notamment à une menace de 14 milliards de dollars d’amende. Il y a huit ans maintenant, les Lehman Brothers ont fait faillite car bon nombre des investisseurs ont paniqué et ont, par conséquent, retiré leur argent. Aujourd’hui, les fonds de couverture sont pris de panique, après que le département américain de la Justice, dont le capital est inférieur à 70 milliards de dollars contre près de 2 billions de dollars d’actifs, ait demandé une amende de 14 milliards de dollars. Cette amende pourrait facilement déclencher un effondrement financier systémique. Toutefois, étant donné que le gouvernement allemand d’Angela Merkel fait face à une élection l’année prochaine, celle-ci a jusqu’à présent refusé d’utiliser des fonds publics pour renflouer l’unique banque mondiale de l’Allemagne. Bien sûr, les déboires de la Deutsche Bank ne sont pas identiques au problème antérieur des Lehman ; ils ne représentent pas non plus l’échec de Herstatt. Mais force est de constater que l’histoire peut se répéter ; et que les déboires de la Deutsche Bank donnent une impression de « déjà vu ».

Les banques centrales sont devenues les principaux acteurs car leurs gouvernements ont, au fur et à mesure, abandonné les responsabilités fiscales étatiques, laissant ainsi leurs banques centrales mettre en place des politiques sans précédent pour maintenir les économies contemporaines à flot. En créant artificiellement des marchés, les banques en question ont généré d’importantes distorsions ou des bulles. Notons aussi que les critiques à l’égard de ce mouvement ne se sont pas fait attendre. Le premier ministre britannique, Theresa May, a même critiqué les décisions de sa propre banque étatique : la Banque Nationale de l’Angleterre. Elle a affirmé que «… nous devons reconnaître qu’il y a eu certains effets secondaires néfastes. Les gens avec des actifs se sont enrichis, les gens sans en ont souffert. Les personnes liées à des prêts hypothécaires se sont retrouvées face à une dette moins chère. Les personnes liées à l’épargne se sont retrouvées plus pauvres ». « Un changement doit être enclenché », a-t-elle renchéri.

Dysfonctionnement « électile »

Après avoir creusé la dette nationale de 1,4 trillion de dollars, notons que le président Obama va laisser à son successeur une dette nationale brute de 20 trillions de dollars, soit une augmentation de 100% depuis son entrée en fonction. Les déficits et la dette sont en train de monter en flèche, et ce même actuellement, alors que M. Obama est train de quitter ses fonctions. Un élément-clé de l’Affordable Care Act (ACH) de M. Obama, a été l’introduction des échanges d’assurance dans l’exécutif du gouvernement. Mais étant donné que de nombreuses entreprises ont perdu de l’argent à travers ces échanges, beaucoup ont retiré leurs parts, puisque leur seule option était d’augmenter les primes ou de partir. Trois ans plus tard, le nombre de personnes sans assurance-maladie a diminué de 16% à 9% et, sans surprise, l’inflation concernant les dépenses de santé a augmenté. En outre, avec près de 80% des Américains concernés par les échanges actuellement subventionnés, les dépenses de santé sont en réalité plus élevées de 25% par rapport à la période antérieure à la récession, qui a commencé en 2007. Selon l’Institut Aurum, une institution spécialisée dans la recherche en santé, les frais médicaux américains ont fait un bond de 1% en août, ce qui représente la plus forte hausse mensuelle en 32 ans. La marée montante des coûts a entraîné des dépenses de santé atteignant une hausse de 18,2% du PIB : un chiffre tout à fait considérable, d’autant plus si on le compare aux 13,3% antérieurs. De manière significative, les familles de la classe moyenne dépensent environ 25% de plus pour leur santé, en comparaison avec d’autres dépenses comme le transport, le logement, etc. La démographie fait partie de la problématique, et si l’introduction du programme ObamaCare était destinée à l’éventuel élargissement de l’assistance publique, force est de constater que cela s’est fait au détriment d’un nombre très conséquent d’Américains. En ce sens, notons qu’une des préoccupations récurrentes, concerne la volonté générale des Américains de défrayer les coûts de santé : pour ce faire, ils optent pour des franchises plus élevées. Cependant, la flambée des prix des médicaments ne profite clairement pas à ces franchises : les coûts globaux sont bien évidemment en hausse (10 000 dollars pour une crème contre l’acné ?). La hausse des coûts fait donc partie intégrante de la frustration générale, et ni Hillary Clinton, ni Donald Trump n’ont proposé pour le moment un remède crédible.

Sexe, mensonges et politiques

Le troisième des trois débats programmés a déjà eu lieu dans le cadre de la course présidentielle pour la Maison-Blanche. Dommage qu’il doit y avoir un gagnant. Surtout lorsque l’on sait que Mme Clinton est le deuxième candidat américain le plus détesté de l’histoire, après le premier, à savoir Donald Trump. Actuellement, Hillary Clinton a une avance dans les sondages, et le « consensus de la rue » estime qu’elle va gagner. Cela dit, nous pensons – tout comme l’exemple récent de la Grande-Bretagne nous l’a démontré – que l’argent intelligent a été assez stupide pour ne pas anticiper le Brexit, à l’instar d’ailleurs du « consensus de la rue » qui s’attend à ce que Clinton remporte l’élection. À ce propos, notons qu’en Grande-Bretagne, un trop grand nombre de personnes ont sous-estimé la profondeur du mécontentement populiste et la frustration qui a alimenté le Brexit. L’équivalent du Brexit aux États-Unis est, vous vous en doutez, l’éventuelle élection de M. Trump. Cette aliénation profonde a permis à Donald Trump de remporter l’investiture de son parti, et il pourrait à présent en surprendre plus d’un. Après tout, n’oublions pas que Mme Clinton peut perdre cette élection, ne serait-ce qu’en raison du « bagage » qu’elle porte.

Cela étant dit, et pour être honnête, une victoire de Donald Trump choquerait non seulement les médias traditionnels, mais aussi Hillary Clinton ou encore l’establishment de Wall Street ; une telle victoire choquerait même les membres du Parti Républicain de M. Trump. Toutefois, force est également de constater que M. Trump serait un générateur de changement(s). Le commerce, le changement climatique, l’ordre mondial, le Moyen-Orient et la Chine : tous ces segments politiques subiraient des transformations plus ou moins profondes, parfois très profondes. Quant aux dépenses militaires des États-Unis d’Amérique, elles augmenteraient, tout comme ses déficits. Mais ni le monde, ni ses marchés financiers ne sont prêts pour un tel virement de cap.

L’or : une protection contre les caprices

Pendant ce temps, la Fed est dans une impasse, et en omettant de donner suite par des hausses des taux, elle a perdu sa crédibilité, et notamment au fur et à mesure que les fausses menaces se sont présentées. Cela dit, malgré les menaces formulées, la Fed devrait retirer le bol de punch ; mais au lieu de cela, elle continue à le remplir avec de plus en plus de liquidités. Il semble que tout ajout dans le bol de punch, ne fait que stimuler les prix des actifs et encourager la consommation, les rachats d’actions ou les placements de la dette, sans augmentation de l’investissement. L’argent pas cher a stimulé les valorisations, en renforçant ainsi l’illusion artificielle que les marchés sont liquides.

La Fed et ses collègues sont devenus des créateurs d’argent qui dévalorisent celui-ci ; ils ne sont plus les gardiens de notre argent. Nos marchés liquides sont en fait illiquides. Il n’est donc pas étonnant de constater toute la préoccupation dont il a été question ci-dessus. Les banquiers centraux sont tout simplement devenus les servants des hommes et des femmes politiques et, de fait, les banquiers centraux sont devenus des agents renforçant la méfiance vis-à-vis de l’actuel système financier. À ce propos, notons que ce qui affaiblit la confiance en nos propres banques centrales, affaiblit également le fonctionnement économique et politique, à travers le monde entier. Les investisseurs en sont à se demander en qui ils pourraient avoir confiance. Aujourd’hui, les retraités, les épargnants, les fonds de pension et les banques sont défavorisés par les politiques des banques centrales. Ces derniers temps, l’or a connu une hausse. Nous nous attendons à un réalignement majeur entre l’or et le dollar. L’or demeure un investissement de couverture alternatif qui, à notre avis, continuera à surperformer les marchés boursiers, tout comme il l’a fait lors des dix derniers mois.

Le plongeon de la livre sterling, en raison notamment de l’affaire Brexit, est un sujet bien évidemment préoccupant. Supposons qu’un investisseur ait décidé d’abandonner son affaire au Royaume-Uni avant le Brexit et d’investir dans de l’or. Cette personne aurait eu maintenant une médaille d’or, avec une hausse s’élevant à 43%. Il existe deux façons de décrire le mouvement du prix de l’or. On peut dire que la valeur de l’or a augmenté, en termes de livre sterling, ou au contraire, on peut dire que la livre sterling a chuté de 43%, en termes d’or. Quoi qu’il en soit, l’or est une couverture vis-à-vis des monnaies, celles en « papier ».

Dans les 42 années écoulées depuis l’effondrement du système de Bretton Woods, le système monétaire d’après-guerre a été étroitement associé – « ancré » pourrait-on dire – au dollar américain. En 1971, le président Nixon a retiré le dollar de l’étalon-or, notamment afin de mettre fin à une guerre des devises, qui aurait tout simplement détruit le dollar américain. Aujourd’hui, en conséquence de la création de milliers de milliards de liquidités, une nouvelle guerre des devises a émergé. Encore une fois, les monnaies « papier » croulent dans une guerre furtive des devises, qui teste la coriacité du dollar : un artefact du monde de la monnaie fiduciaire, qui remonte à quatre décennies. Le système monétaire flottant d’aujourd’hui est écrasé par le poids de la liquidité de nos banques centrales. Auparavant créancière, l’Arabie Saoudite a besoin maintenant de fonds, étant donné qu’elle affiche un déficit budgétaire de 13,5% de son PIB, cette année. Cependant, le Congrès prévoit de déployer un veto 9/11 sur les risques d’immunité souveraine. La menace saoudienne, relative au déchargement de milliards de dollars en actifs américains, pourrait s’avérer vide de sens, mais cette violation de l’application extraterritoriale des lois américaines met en péril l’hégémonie, une fois de plus, américaine. L’offre de dollars est soutenue par la « bonne foi » aux États-Unis, et nous sommes inondés de dollars. Si cette « bonne foi » venait à être mise à l’épreuve, comme cela a été le cas à deux reprises auparavant, il n’y aurait alors qu’une seule direction de la valeur, et celle-ci serait descendante.

Cela étant dit, n’oublions pas non plus les créanciers qui ont subventionné ou financé l’hégémonie américaine. La dette a été monétisée. À ce propos, notons qu’un accident de train se rapproche lentement. La complaisance est devenue beaucoup trop habituelle. On peut détecter la baisse de la confiance, et ce dans toutes les parties du monde. La dette ascendante des États-Unis, la gouvernance dysfonctionnelle, l’imminente élection et l’impasse politique ont suscité des inquiétudes quant à une baisse imminente du dollar. Dans le sillage de la crise financière mondiale, qui a vu le jour huit ans auparavant, les investisseurs étrangers ont financé une partie importante de la dette des États-Unis, à l’issue notamment de la crise en question. Cependant, il est intéressant de constater que cette année, la Chine, le Japon et la Russie ont réduit leurs participations en termes de bons du Trésor, pendant trois trimestres consécutifs. Toute réduction supplémentaire pourrait faire monter les taux, indépendamment du fait que Yellen se déplace en décembre ou non.

Des perspectives en or

Pendant ce temps, la Chine et la Russie ont bâti des réserves d’or considérables, notamment en raison de leur réticence à garder leurs réserves constituées en grande partie en dollars américains. Pour eux, le métal précieux est une couverture contre la Fed. Selon les « Sept âges de l’or », publiés par l’OMFIF, entre 1870 et 1970, les banques centrales accumulaient le métal jaune, avant de faire une pause de quatre décennies, destinées à expérimenter les monnaies « papier ». Cependant, depuis 2008, les banques centrales ont ajouté plus de 2800 tonnes d’or, en notant que par le passé, chaque période d’accumulation a duré trente ans. Le marché haussier de l’or est donc encore sur ses pieds. Contrairement à l’histoire de la monnaie « papier », l’or peut témoigner d’une stabilité à long terme.

L’une des raisons principales expliquant cette réalité économique est que la Chine a acheté de l’or, en augmentant ainsi ses réserves d’or, de 300 tonnes en 2003, à 1833 tonnes aujourd’hui. De fait, la Chine est devenue le cinquième plus grand détenteur d’or dans le monde entier. Bien que la réserve en question ne représente que 2,3% du total des réserves internationales chinoises, la Chine a persévéré dans ses achats d’or mensuels et aujourd’hui, une quinzaine de banques chinoises détiennent sur leurs livres près de 3200 tonnes d’or. Cela représente la production minière mondiale d’une année, mise à disposition de leurs clients, y compris en ce qui concerne la banque centrale. Au lieu de tenir des bons du Trésor américain, les achats d’or de la Chine s’éloignent du système dollar-centrique, nécessitant ainsi moins de dollars.

Qui plus est, la Chine a réussi sa poussée concernant la volonté de faire du renminbi une monnaie de réserve. En effet, le renminbi a été ajouté aux quatre paniers des devises de sauvegarde des droits de tirage spéciaux du FMI (les DTS). La Chine a également assoupli les restrictions d’investissement, de manière à ce que Shanghai et « Shenzhen Connect » soient en interaction avec des investisseurs extérieurs. Dans le cadre de l’internationalisation du renminbi, il y a maintenant plusieurs hubs de devises, l’or est libellé en renminbi, et le « Shanghai Gold Exchange » (SGE) est devenu, notons-le, le plus grand marché physique dans le monde.

Trump accuse la Fed de la création d’un « faux marché boursier », estimant que les politiques de taux d’intérêt bas, qui ont été générées par la Fed, n’ont pas relancé la croissance réelle mais, au lieu de cela, ont créé une « fausse économie », qui pourrait conduire à la prochaine crise mondiale. Et force est de constater qu’il a raison, cette fois-ci. La position des États-Unis, à savoir le plus grand débiteur du monde, est en réalité aussi son talon d’Achille. En effet, malgré les tentatives des États-Unis de consolider ses pouvoirs financiers hégémoniques, ils doivent compter sur les autres pour financer ses déficits. La dette nationale écrasante des États-Unis a déjà atteint un niveau record, en temps de paix, de manière à ce que la situation devienne réellement inquiétante. Deux fois l’Amérique a perdu sa souveraineté face aux créanciers et aujourd’hui, l’État est encore une fois dépendant des investisseurs étrangers, à commencer par la Chine, en passant par la Russie, pour finir avec l’Arabie Saoudite. Que M. Trump le veuille ou non, la grandeur des États-Unis d’Amérique est déjà entre les mains des prêteurs sur gages.

Ironiquement, notre point de vue est que la présidence de Trump serait probablement en mesure de déclencher un exode massif du billet vert, et ce dans le contexte d’un renversement mondial d’opérations de carry trade de la plus grande envergure, causé par les gestionnaires de fonds qui ont emprunté sans relâche, afin de financer leurs retours sur investissement ; le tout dans le cadre d’un monde dominé par les faibles rendements. Nous croyons qu’une victoire de Donald Trump se traduira probablement par une hausse de 100 dollars l’once, et ce dès la première nuit après l’élection. Il serait donc très utile de posséder de l’or à ce moment-là.

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Banque du Japon à Tokyo

Acheter des obligations, voire même les marchés actions via les ETF c’est bien, mais combien de temps cela pourra-t-il durer jusqu’à ce que les limites des banques centrales soient atteintes ? Ray Dalio, de Bridgewater, a fait le calcul pour nous, comme le rapporte cet article de Zero Hedge.

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Après avoir passé en revue toute une série de graphes de Deutsche Bank qui montrent que les banques centrales sont « au bout du chemin », le papier du média financier iconoclaste américain plonge au cœur du sujet :

« Ok très bien, les banques centrales arrivent « au bout du chemin », mais elles sont également terrifiées à l’idée de retirer le sparadrap. Celui-ci a permis d’installer un équilibre instable dans le système ; d’un côté les banques centrales reconnaissent qu’elles doivent transmettre le témoin de l’impulsion de la croissance aux gouvernements, mais d’un autre côté elles sont terrifiées à l’idée d’apporter toute modification au statu quo vu qu’elles savent pertinemment qu’elles pourraient effacer du jour au lendemain ces 7 années « d’effet de richesse ».

Combien de temps va durer cette comédie ?

Si nombreux sont ceux qui seraient tentés de dire « indéfiniment », ce n’est pas vrai. Car pour toute obligation, part d’ETF ou action acheté par un banquier central, le jour arrivera où soit ils auront acheté l’intégralité du marché, soit ils l’auront tellement acheté qu’ils auront complètement déstabilisé le bon fonctionnement des marchés des capitaux (voir à ce titre les douzaines de hedge funds qui ont mis la clé sous le paillasson ces dernières années).

Heureusement, dans une analyse récente, Ray Dalio de Bridgewater s’est posé cette question précise, et mieux encore, il nous fournit la réponse quant à savoir combien de temps il reste à la BCE et à la BoJ avant d’atteindre les limites de leurs programmes existants.

Comme le montre le graphique ci-dessus, en admettant que les programmes actuels suivent leur cours sans modification, la BCE et la BoJ, à savoir les 2 banques centrales qui monétisent le plus la dette aujourd’hui, pourront poursuivre respectivement pendant 8 et 26 mois leur stratégie avant d’atteindre ses limites.

Cependant, si ces programmes devaient être étendus, par exemple en élargissant l’éventail d’obligations pouvant être achetées ou en achetant les marchés actions encore plus agressivement, ce délai serait allongé. La réponse finale est de 66 mois, soit un peu plus de 5 ans et demi pour la BCE si elle parvenait à balayer l’opposition politique l’empêchant de faire l’acquisition de l’intégralité du marché obligataire européen et de 20 % des marchés actions. Pour la banque du Japon, ce délai passe à 48 mois, soit 4 ans.

Ce qui signifie que les investisseurs, qui se sont déjà arraché tous les cheveux de la tête pour avoir participé à des marchés planifiés centralement qui n’ont plus aucun sens, pourraient devoir prendre leur mal en patience car cette folie pourrait encore durer 4 à 5 années supplémentaires…

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Article de Zero Hedge, publié le 11 octobre 2015 :

« Dans un rapport détaillé du Groupe des Trente, les banquiers centraux avertissent que les taux zéro et la création monétaire n’ont pas été suffisants pour faire repartir la croissance et risquent de devenir des demi-mesures permanentes. Comme le rapporte Reuters, la manne d’argent facile a gonflé les prix des actifs comme les actions et l’immobilier dans de nombreux pays sans être parvenue à stimuler la croissance économique.

Tandis que les prévisions de croissance baissent et que l’argent facile augmente le leverage des sociétés, le spectre du piège de la dette hante désormais les économies développées. « Les actions des banques centrales avaient pour objectif de gagner du temps pour les gouvernements, afin qu’ils travaillent à résoudre la crise… Mais le temps presse. » Autrement dit, le message suivant est envoyé aux gouvernements du monde entier : « maintenant, vous devez vous débrouiller ».

Tiens donc, les banques centrales admettent désormais qu’elles ne sont pas toutes-puissantes ? En tout cas, elles estiment que les gouvernements n’ont pas fait leur part en prenant des mesures « assurant une croissance économique pérenne ». Ce qu’ils pourraient faire exactement dans un contexte hautement déflationniste et de surendettement, on l’ignore. Ça sent le roussi, tout le monde doit se protéger. Ils commencent donc à pointer du doigt l’autre. On peut s’attendre à ce que des hommes politiques commencent eux aussi à remettre en question les politiques monétaires. Au moins, ces premières fissures dans l’entente de façade entre les gouvernements et les banques centrales permettent d’entendre quelques vérités. Comme celle-ci, écrite noir sur blanc dans le rapport :

« Les politiques des banques centrales depuis le début de la crise ont fourni une contribution cruciale à la restauration de l’apparence de la stabilité financière. Néanmoins, pour que cette apparence devienne réalité, les problèmes sous-jacents dus principalement à des niveaux de dette très élevés doivent être résolus si nous voulons restaurer de façon plus durable la croissance mondiale. »

Ou, en lisant entre les lignes, le résumé en une (longue) phrase de ce rapport de 80 pages par Zero Hedge :

« Les banquiers centraux savent que leurs politiques n’ont pas contribué (et ne le feront jamais) à des améliorations économiques réelles, ils mettent la pression sur les gouvernements pour qu’ils agissent même s’ils ne se font pas d’illusions (car les banques centrales répondent toujours présent pour sauver la mise), ils s’attendent à ce que les politiques extrêmes deviennent la norme (malgré l’aveu de leur échec) de peur de voir le prix des actifs baisser et suggèrent que les mesures pourraient devoir être étendues (de telles actions ayant mené à l’hyperinflation dans le passé). »

La bulle immobilière par un exemple extrême mais édifiant

Mais à part ça, Madame la marquise… Tout va très bien ! Et pour rebondir sur le sujet de la bulle immobilière : voici en bonus cette magnifique propriété de San Francisco qui sera à vous moyennant la modique somme de 350.000 $ soit la propriété la moins chère de cette ville où les prix de l’immobilier ont atteint des niveaux insensés. D’après Fortune, les prix de l’immobilier du quartier où se trouve ce taudis ont augmenté de 103 % depuis… 2012.

taudis-san-francisco-bulle

Article de Jim Rickards, publié le 11 août 2015 sur DailyReckoning (titre original : la clé pour comprendre les actions, les devises, les matières premières et le cash) :

« Personne ne conteste le fait que Janet Yellen et ses collègues de la Fed disposent de l’une des plus fortes influences sur l’économie des États-Unis. Pourtant, peu d’analystes réalisent que c’est aussi la Fed qui influence le plus l’économie de la Chine.

Comprendre comment les politiques monétaires des États-Unis et de la Chine sont désormais interdépendantes comme des siamois et ce que cela signifie pour le monde entier est la clé pour comprendre la déprime générale affectant les actions, les devises, les matières premières et même la valeur réelle de l’argent papier.

Cette chaîne de relations comporte de nombreux liens. Explorons-les un à un.

Yellen n’a pas fait de mystère concernant son souhait de remonter les taux d’intérêt américains. Elle en parle à chaque occasion qui se présente, que ce soit un discours, une conférence de presse ou une interview. Les taux sont nuls depuis presque 7 ans et cela fait désormais 9 ans que la Fed ne les a plus remontés.

Cette situation a généré des spéculations sans fin concernant le timing de la remontée des taux. Fin 2014, Wall Street tablait sur mars puis juin et maintenant septembre. Jusqu’à présent, Wall Street s’est trompé à chaque fois.

Nous n’allons pas tenter d’anticiper une date. Nous préférons utiliser des indications spécifiques, des avertissements et des méthodes analytiques ayant fait leurs preuves, celles qui sont utilisées par la communauté du renseignement comme la CIA pour résoudre les problèmes de ce type.

Les indications et les avertissements nous parviennent quotidiennement sous forme de données. Ces données doivent être insérées dans un modèle analytique. La bonne nouvelle, c’est que Janet Yellen nous a fourni le modèle dont nous avons besoin pour interpréter les données. Elle a dévoilé son plan.

Le plan de Yellen fut révélé durant un discours qu’elle a prononcé à Providence (Rhodes Island) le 22 mai 2015. L’information fut rapportée sous le titre « Yellen augmentera les taux cette année ».

Quand Yellen augmentera les taux ?

Ce n’est pourtant pas ce qu’elle a dit. Dans son discours, elle disait 3 choses :

  1. Elle augmentera les taux uniquement si l’économie évolue conformément à ses prévisions.
  2. Ces prévisions sont un taux de chômage de 5 %, une croissance de 2,5 % et une inflation de 2 %.
  3. Elle n’attendra pas d’atteindre ses objectifs. Elle agira un peu plus tôt si les données économiques affichent une tendance convergente.

Concrètement, cela signifie que si nous avons aujourd’hui, admettons, un taux de chômage de 5,2 %, une croissance de 2,3 % et une inflation de 1,8 % dans le cadre d’une tendance évoluant vers le triptyque souhaité alors elle augmentera rapidement les taux. Il s’agit du modèle suivi.

Des indicateurs à l’orange

Mais que disent les statistiques économiques ? Vous avez probablement entendu dire que les chiffres de l’emploi de vendredi furent bons, ce qui signifie qu’une hausse des taux est fort probable en septembre. Ne tombez pas dans le panneau.

Observez le graphique ci-dessous. Il montre que la création d’emplois a atteint un pic l’année dernière. Depuis, la tendance est à la baisse. En juillet, le chômage a atteint 5,3 %, un chiffre peu éloigné de l’objectif de Yellen, mais le chômage était au même niveau en juin, il n’y a donc aucune tendance évoluant vers son objectif.

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En ce qui concerne le chômage, la tendance est au mieux neutre. Si la tendance négative se poursuit, nous pourrions n’avoir que 195.000 postes créées en août. Un tel chiffre tuerait dans l’œuf toute possibilité de hausse des taux en septembre.

Quid de la croissance ? Ici aussi, la tendance évolue dans la mauvaise direction. La croissance du second trimestre fut de 2,3 %, juste en dessous de l’objectif mais elle ne fut que de 0,6 % au premier trimestre. Ce qui correspond à une croissance annualisée de seulement 1,5 % durant le premier semestre.

Pire encore, GDPnow de la Fed d’Atlanta annonce une croissance en temps réel de 1 % pour le T3 (note : au 13 août, cette croissance a même baissé à 0,7 %, il faut lire le texte de la page de GDPnow pour le constater car le graphique n’est pas mis à jour en ce moment). Cet indicateur pourrait encore évoluer, (…) mais rien n’indique que nous pourrions atteindre l’objectif de croissance de 2,5 %.

Le dernier volet du triptyque de Yellen est l’inflation. Pour celle-ci, les données sont limpides, elles évoluent vers l’opposé des souhaits de Yellen. Les derniers chiffres concernant les dépenses de consommation personnelle (l’indicateur préféré de la Fed) affichent une augmentation annuelle de seulement 0,3 %, bien loin de l’objectif de 2 %.

À ce sujet, cela fait 38 mois d’affilée que les objectifs de la Fed n’ont pas été atteints. Les autres indicateurs de l’inflation rapportent la même tendance. Bientôt, la déflation devrait devenir une source de souci bien plus importante que l’inflation.

La Fed est coincée, Bernanke a gaffé

Yellen s’est piégée et n’a aucune issue de secours. Elle évoque sans cesse l’augmentation des taux alors que l’économie américaine faiblit. Ses déclarations ne font que renforcer le dollar, ce qui est déflationniste et ne fait que l’éloigner de ses objectifs d’inflation.

C’était en 2009-2012 qu’il fallait remonter les taux. Bernanke a gaffé en ne le faisant pas. La Fed est passée à côté d’un cycle des taux entier. Si elle les avait augmentés à l’époque elle aurait pu les baisser aujourd’hui.

Pourquoi est-ce que tout ceci affecte la Chine ? Parce que ce pays a pour ambition d’être intégré aux DTS du FMI. Les États-Unis distribuent les billets d’entrée des DTS. C’est pourquoi les États-Unis ont insisté pour que la Chine arrime sa monnaie au dollar, une condition préalable à l’inclusion du yuan.

Le problème c’est que lorsque vous arrimez votre monnaie à une autre, vous dépendez des politiques monétaires de la banque centrale qui émet cette monnaie. Si la Fed donne un tour de vis, ou en parle, la Chine doit faire la même chose pour maintenir la parité.

En bref, Yellen a forcé les États-Unis et la Chine à donner un tour de vis à leur politique monétaire alors que ces deux pays auraient dû être plus accommodants. Les États-Unis et la Chine sont les deux économies mondiales les plus importantes qui produisent environ 30 % du PIB. La Chine a mis fin à son arrimage au dollar cette semaine par désespoir mais les dégâts ont déjà été occasionnés à sa croissance.

La réalisation des prévisions de Yellen n’est pas pour demain et ses déclarations incessantes impactent négativement la croissance mondiale. Même pour une banque centrale, atteindre un tel niveau de folie furieuse n’est pas rien.

Il se peut que Yellen n’ait aucune idée de ce qu’elle fait mais les marchés, eux, comprennent. La dynamique déflationniste engendrée par la Fed est visible dans la chute de 1000 points du Dow Jones de ces trois derniers mois, de la baisse du cours de nombreuses matières premières de 60 % et dans la baisse record de la valeur des devises de multiples marchés émergents, du Brésil à la Malaisie en passant par la Turquie. (…) »