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Portugal

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Novo Banco

Voici un nouveau problème urgent du paysage bancaire européen à régler : Novo Banco, une entité portugaise qui a émergé de l’effondrement de la plus grosse banque du pays.

La Banque centrale du Portugal et le gouvernement doivent trouver une solution pour Novo Banco d’ici le mois d’août, date convenue avec les régulateurs européens suite à l’échec de la tentative de récupérer les 4,9 milliards d’euros nécessaires pour sauver la banque.

Le ministre des Finances du Portugal, Mario Centeno, a déclaré à la presse mercredi que « toutes les options sont sur la table », y compris la nationalisation. Plus tôt cette année, le gouvernement avait rejeté les appels de nationalisation de la banque.

Une telle solution pourrait engendrer de nouveaux remous politiques, tout ceci durant une période sensible pour la politique européenne.

« C’est pour la stabilité du gouvernement portugais que je vois un risque, » a déclaré Diego Teixeira dos Santos, CEO d’Optimize Investment Partners.

La nationalisation de la banque serait plus un problème politique qu’économique, a-t-il expliqué. Le Portugal est gouverné par le parti socialiste, qui est en minorité. Il gouverne grâce au support de deux partis de gauche, le bloc de gauche et le parti communiste. Même s’il n’y a pas d’élections générales au programme en 2017, il est clair qu’il existe des divergences de point de vue entre les trois partis de la majorité en ce qui concerne Novo Banco, ce qui pourrait ébranler la stabilité du gouvernement.

Le bloc de gauche a déclaré précédemment que Novo Banco devrait devenir la propriété de l’État, mais le gouvernement continue de privilégier la solution privée, comme l’avait fait le gouvernement italien avec Monte dei Paschi jusqu’à ce que l’instabilité politique impose la solution de l’intervention de l’État.

Plus important encore, les deux partis de gauche souhaitent une solution sans impact pour le contribuable. Le gouvernement a prêté près de 4 milliards d’euros pour sauver la banque, un montant qu’il espère récupérer avec sa cession. Toute perte sur cette vente devrait être payée petit à petit par les autres banques portugaises.

Néanmoins, en ce moment, même la meilleure option privée sur la table « dispose d’un impact potentiel sur les finances publiques, » a déclaré la banque centrale du Portugal ce mercredi. Elle a annoncé que l’offre de Lone Star, un fonds américain, est la mieux placée des négociations en cours.

La Banque centrale portugaise n’a néanmoins pas précisé l’ampleur de cet impact, et elle ne fut pas disponible pour commenter sa déclaration.

« L’intention a toujours été de vendre la banque. La banque du Portugal a commencé à chercher des repreneurs en 2014, mais le projet dut être mis au frigo en septembre 2015 car les trois enchérisseurs ne proposaient pas la somme minimale demandée », a écrit Moody’s en octobre dernier dans une note.

« Novo banco affiche un profil de crédit très médiocre. Il est très peu probable que le fonds de résolution obtienne la somme adéquate pour rembourser les montants qui ont été injectés dans Novo Banco lorsque la banque fut créée, » a ajouté Moody’s.

Plus inquiétant encore, malgré ses efforts pour régler les défis de risque de ses actifs, la troisième banque portugaise a peu de chances de réussir. »

Article de cnbc.com, publié le 6 janvier 2017

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Banif

Après l’Italie qui a déboursé la bagatelle de 3,6 milliards d’euros le mois dernier pour sauver Banca Marche, Banca Etruria, CariChieti et CariFeto de la faillite (source), c’est au tour du Portugal de jouer les Pères Noël afin d’empêcher la faillite désordonnée de Banco Internacional do Funchal, la 7e banque du pays qui sera néanmoins démantelée. Du NY Times :

« Banco Internacional do Funchal sera séparé en deux entités, une banque saine et une « bad bank ». Les actifs sains seront cédés à la Banco Santander, une banque espagnole, dans le cadre du plan de sauvetage de l’État portugais », a déclaré la banque centrale portugaise dimanche.

La nécessité de ce renflouement s’est manifestée après que Banco Internacional do Funchal, mieux connue sous le nom de Banif, se soit montré incapable de rembourser l’injection de 1,1 milliard d’euros du gouvernement portugais datant de 2013. Cette opération avait conduit à la prise de majorité du gouvernement dans la banque.

Il s’agit du second plan de sauvetage d’une banque du Portugal en un an et demi. Le gouvernement était déjà venu à la rescousse de la Banco Espirito Santo en août 2014.

Banif va bénéficier de 2,26 milliards d’injections supplémentaires (1,77 milliard en provenance des caisses de l’État portugais) dans le cadre de ce nouveau plan qui a été approuvé par les autorités européennes ce lundi. Le plan de renflouement d’Espirito Santo s’était quant à lui élevé à 4,9 milliards d’euros. (…)

Le plan d’aide devrait atteindre les 3 milliards d’euros (…) d’après la commission européenne.

« Les banques ne peuvent être maintenues artificiellement en vie avec l’argent du contribuable, » a déclaré Margrethe Vestager, Commissaire à la Concurrence, dans un communiqué suivant l’annonce du renflouement de Banif.

La banque portugaise « a déjà bénéficié d’une aide d’État significative. Malgré cela, elle s’est montrée incapable de retrouver seule le chemin de la profitabilité » a-t-elle ajouté. « La décision approuvée aujourd’hui va permettre à Banif de quitter le marché proprement tout en permettant à une banque robuste de reprendre une partie importante de ses activités au profit des clients. »

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portugal et europe

Suite aux élections portugaises d’octobre, un véritable coup d’état a eu lieu lorsque le président a refusé à la gauche majoritaire (anti austérité et anti OTAN , avec certaines composantes prêtes à abandonner l’euro) le droit de former un gouvernement. Le parti minoritaire de droite de Pedro Passos Coelho n’aura tenu que 11 jours.

Hier, il a été démis par la majorité parlementaire qui a voté contre son programme. Reste à savoir si le président portugais s’entêtera à snober la démocratie en nommant à nouveau Coelho à la tête d’un gouvernement provisoire dans l’attente de nouvelles élections ou si le choix des électeurs sera enfin respecté.

Comme le note John Rubino dans cet article publié sur SafeHaven.com, « le Portugal ressemble de plus en plus à la Grèce d’il y a un an, à la différence que l’économie portugaise est plus importante que celle de sa consœur. Comme la Grèce, la dette du Portugal a augmenté en termes de pourcentage de son PIB :

dette portugal pib

Depuis, l’énorme contraction de son économie enregistrée durant la grande récession, sa croissance est négligeable : sur le graphique ci-dessous, il ne s’agit pas d’une croissance de 4 % mais de 0,4 %. C’est largement insuffisant pour réduire le chômage. Dans l’absence d’une dévaluation massive de l’euro ou d’une augmentation conséquente des dépenses gouvernementales, rien n’est susceptible de changer la situation.

croissance-portugal-2008-2014

L’électorat portugais a voté dans son ensemble pour l’abandon des anciennes politiques, pour un changement susceptible de ramener au moins l’espoir. Néanmoins, pour de nombreux membres de cette coalition de gauche, cet objectif ne sera atteint qu’en quittant la zone euro (et peut-être l’OTAN), en nationalisant certaines grosses sociétés et en « investissant » (augmenter les déficits). Pour y parvenir, le Portugal devrait récupérer son ancienne monnaie, l’escudo, le dévaluer par rapport à l’euro et ce faisant faire un défaut partiel sur sa dette. Autrement dit, le scénario du Grexit mais à plus grande échelle avec toutes les conséquences que l’on peut imaginer sur le vieux continent. (…) »

Pour la première fois dans l’histoire du Portugal, le pays a émis des obligations à 6 mois à taux négatif alors qu’il y a 3 ans encore ses obligations à 10 ans atteignaient les 18 %. Dans un monde financier normal, cela signifierait que le Portugal a réduit sa dette et ses déficits. Pourtant, c’est tout le contraire qui s’est passé durant ce laps de temps.

Cette émission obligataire portugaise arrivera à maturité en novembre 2015. Les porteurs recevront 0,002 % de moins que la somme prêtée au Portugal. Diable, la cure d’austérité lusitanienne aurait-elle fait des miracles ? Pas vraiment car aujourd’hui, vouloir tirer des conclusions sur la santé d’un pays à travers son marché obligataire c’est faire abstraction du faite que ce sont les banques centrales qui décident de la valorisation des actifs.

En 2012, les obligations à 10 ans du Portugal atteignaient 18 %. Aujourd’hui, elle rapporte environ 2,38 %. Le Portugal a-t-il donc réussi à réduire sa dette ? Dégage-t-il des excédents budgétaires ? Pas du tout. Lisbonne enregistre encore un déficit budgétaire annuel de 3 % de son PIB. Lorsque le pays a rejoint la zone euro, la dette des Portugais était en dessous du seuil des 60 % qui avait été défini par le traité de Maastricht. Au début de la crise de 2009, elle avait déjà franchi la barre des 70 % et aujourd’hui, la dette du Portugal est de plus de 130 % de son PIB.

rendemend-obligations-portugal

La baisse de ces taux pourrait l’être expliqué par la déflation ? Non plus, car même si l’inflation est limitée, elle reste légèrement positive à 0,4 % (avril 2014-2015).

La BCE tente d’assoupir les marchés en faisant croire, via la baisse de ces taux, que les choses sont en train de rentrer dans l’ordre. Pourtant, un examen enfantin de la situation suffit à démontrer le subterfuge. À moins de continuer à injecter des liquidités au risque d’obtenir une inflation incontrôlée, le marché obligataire ne pourra continuer d’afficher des rendements aussi faibles alors que leurs débiteurs sont insolvables.

Malheureusement, de nombreux particuliers sont exposés « à l’insu de leur plein gré » à cette folie via leur assurance-vie. Quand ils la découvriront, ce sera lorsqu’ils apprendront que leurs économies ne valent plus rien. L’infime minorité restante se sera retirée avant et aura placé ses économies dans un actif vraiment sûr : l’or.

Source : inspiré de l’article de Michael Pento/KWN