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QE

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bâtiment de la BCE

Article du Wall Street Journal (Mike Bird), publié le 1er septembre 2016, sous-titré :

La BCE fait face a une pénurie de certaines obligations qu’elle doit acheter dans le cadre de son QE

« La BCE s’achète peut-être des obligations alors qu’il n’y a pas suffisamment de titres pour satisfaire les achats prévus dans son QE. Cette affirmation provient d’économistes de Jefferies.

Le programme d’achat d’obligations de la BCE est en cours depuis près de 18 mois ; les investisseurs et les analyses se sont souvent demandés si la banque centrale trouve suffisamment de dette à acheter.

D’après Marchel Alexandrovich et David Owen de Jefferies, la BCE pourrait être en train de s’acheter indirectement des obligations. C’est ce qu’ils ont indiqué dans une note publiée ce jeudi. La BCE n’a pas répondu dans l’immédiat à notre sollicitation pour un commentaire.

Néanmoins, voici comment Jefferies pense que cela fonctionne. Le QE de la BCE est implémenté à travers plusieurs banques centrales nationales, comme la Bundesbank allemande ou la Banco de Espana espagnole. Les banques centrales nationales achètent des obligations en suivant les règles établies par la BCE.

Le problème est que les contraintes fixées limitent les actifs que les banques peuvent acheter. Ces règles empêchent par exemple l’achat d’une quantité trop importante de dette d’un même pays, ou encore l’achat d’obligations présentant un taux négatif trop important. La dette portugaise et irlandaise, par exemple, devient rare aujourd’hui.

Mais les banques centrales nationales vendent également des obligations d’État. Il leur arrive de réduire certains actifs de leur portefeuille dans le cadre de leurs activités de gestion de leurs réserves. Ceci dans le cadre de leur objectif de s’assurer que les banques, les institutions d’État et d’autres organisations « gèrent leurs réserves libellées en euros de façon globale et efficace dans un cadre sûr, confidentiel et fiable ».

Cela signifie, par exemple, que tandis que la Bundesbank achetait pour 209 milliards d’euros d’obligations d’État entre mars et juillet, la banque centrale allemande a également vendu pour 43 milliards de ces actifs, d’après Jefferies.

Ces obligations se retrouvent alors sur le marché, ce qui potentiellement pourrait aider les banques centrales à contourner les restrictions du programme de la BCE.

« Cela suggère que l’une des façons dont le QE a été implémenté, surtout dans les pays où la pénurie peut être un problème, est que les banques centrales nationales s’achètent des obligations ; ou, plus singulièrement encore, à d’autres banques centrales nationales de la zone euro, » a déclaré Alexandrovich.

La prochaine réunion de la BCE du 8 septembre, qui sera suivie par une conférence de presse, sera observée de près afin de savoir si la banque centrale européenne renforcera son QE, peut-être en assouplissant les restrictions qui ont provoqué la pénurie de dette éligible. »

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Banque d'Angleterre

L’une des rares banques centrales du monde développé qui s’était abstenue de baisser ses taux depuis 2009 vient de jeter l’éponge. En plus de réduire son taux directeur, la banque d’Angleterre a également annoncé un nouvel assouplissement quantitatif, isolant toujours plus la Fed dans son intention, qui doit encore être pleinement concrétisée dans les faits, de relever ses taux.

De Reuters :

« La banque d’Angleterre a réduit son taux directeur à presque zéro ce jeudi, tout en ouvrant les vannes pour déverser des milliards de livres sterling de stimulation monétaire afin d’amortir le choc économique découlant du vote en faveur de la sortie de l’Union européenne de la Grande-Bretagne.

Agissant selon le souhait de son économiste en chef d’utiliser « un marteau pour ouvrir une noix », la BoE a réduit son taux directeur de 25 points de base pour atteindre un plus bas record de 0,25 %.

Cette première baisse depuis 2009 est accompagnée d’un engagement sur l’achat de 60 milliards de livres d’obligations gouvernementales avec de l’argent fraîchement créé dans les 6 mois à venir, ainsi que de 2 nouveaux plans de stimulation additionnels. Le premier portera sur l’achat de 10 milliards de livres d’obligations d’entreprises à solvabilité élevée, tandis que le second, dont le coût pourrait s’élever jusqu’à 100 milliards de livres, a pour objectif de s’assurer que les banques transmettent bien, et en intégralité, la baisse des taux aux emprunteurs.

La banque centrale a déclaré que la plupart des décideurs de la BoE s’attendent à ce que le taux directeur soit plus que jamais proche de zéro d’ici la fin de l’année. Elle a également fortement réduit ses perspectives de croissance pour l’année prochaine.

« En agissant rapidement et vigoureusement, la banque peut réduire les incertitudes, doper la confiance, atténuer le ralentissement et soutenir les ajustements nécessaires de l’économie britannique, » a déclaré le gouverneur de la banque centrale, Mark Carney. (…)

Carney a déclaré avoir dévoilé un paquet exceptionnel de mesures en raison des changements importants de perspectives économiques suivant le Brexit. La BoE s’attend à la stagnation de l’économie durant le reste de l’année 2016 ainsi qu’à une faible croissance l’année prochaine.

En baissant son taux directeur à son plus bas de son histoire vieille de 322 ans, la BoE emboîte le pas à la banque du Japon et à la banque centrale australienne, qui ont toutes les 2 dévoilé des plans de stimulation la semaine dernière. (…)

Carney a ajouté que la BoE dispose de la possibilité de faire davantage sous la forme de baisse des taux et d’assouplissement quantitatif, mais a exclu un taux directeur négatif ou le parachutage d’argent sans contrepartie (hélicoptère monétaire). »

Voilà qui devrait enterrer à tout jamais la posture de la Fed sur les taux. Certains analystes mainstream sont d’ailleurs lucides à ce propos : cette décision de la BoE ne fait que confirmer le scénario privilégié par or-argent.eu : nous sommes dans une nouvelle ère de QE permanents. Via CNBC, c’est notamment ce qu’a déclaré Steven Dudash, président d’IHT Wealth Management :

« Je pense que nous sommes désormais dans un QE à l’infini, aujourd’hui ils inventent de nouvelles méthodes d’assouplissement quantitatif car il n’est désormais plus possible de baisser davantage les taux, » a-t-il déclaré, tout en précisant que ce genre de scénario ne favorise pas les banques. »

Toute cette création monétaire, visant à soutenir et à gonfler le prix des actifs financiers, finira tôt ou tard par engendrer un retour de manivelle. D’où l’importance de se protéger avec des métaux précieux.

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QE cumulés des banques centrales du G4 2009-2016

Article de ZeroHedge.com, publié le 26 juillet 2016 :

« Le tabassage monétaire se poursuivra jusqu’à ce que le moral s’améliore. Huit longues années après que les expérimentations en termes de politique monétaire soient devenues extrêmes, Reuters rapporte que les montants injectés dans le système financier mondial via les QE n’ont jamais été aussi élevés… et sont sur le point d’augmenter davantage.

Comme le rapporte Jamie McGeever, la BCE et la banque du Japon achètent en ce moment pour environ 180 milliards de dollars d’actifs par mois, d’après la Deutsche Bank, soit un total mondial supérieur à tout ce que l’on a pu voir depuis 2009, même lorsque le QE de la Fed marchait plein pot.

Et si le consensus devait avoir raison, ce total devrait augmenter de plusieurs milliards supplémentaires alors que l’on s’attend à ce que la BCE, la BoJ et même la banque d’Angleterre en remettent bientôt une couche dans une tentative de soutenir une croissance fragile et de faire grimper une inflation obstinément basse.

Ces injections totales de 180 milliards sont partagées à presque 50/50 par la BCE et la BoJ, d’après Deutsche Bank ; le calcul est effectué sur les 12 derniers mois. Mais par rapport au PIB, le Japon est le grand perdant…

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Voilà qui explique pourquoi les marchés actions des 4 coins du monde ont grimpé depuis février dans un contexte d’effondrement de tous les fondamentaux…

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hélicoptère monétaire

Article de Jeffrey Snider, publié le 19 juillet 2016 sur AlhambraPartners.com et originalement intitulé : « L’hélicoptère a déjà été testé et, sans surprise sauf pour les économistes, il a spectaculairement échoué », évoquant le « bonus fiscal » de plusieurs centaines de dollars accordé par l’administration Bush en 2008 qui fut un échec retentissant :

« Ce qu’on appelle les politiques monétaires modernes ne sont rien de plus qu’une succession de suppositions. Considérés comme parole d’évangile, il est très rare que ces préceptes théoriques résistent ne fut-ce qu’un tout petit peu à la pratique. La dernière politique en date, le parachutage d’argent (helicopter money), est la nouvelle imposture d’une longue lignée d’arnaques initiées par des banques centrales qui savent que tout ce qu’elles ont tenté a échoué.

Le fait de simplement discuter des hélicoptères monétaires devrait instiller un grand scepticisme par réflexe, et non une foi enragée. La façon dont on décrit ce nouveau plan est exactement identique au portrait des QE que l’on dressait il n’y a pas encore si longtemps de cela. Clairement, les attentes les concernant grandissent, comme Bloomberg l’a rapporté aujourd’hui : « environ 1/3 des clients et des salariés de Citigroup pensent que les bien nommés hélicoptère monétaires pourraient bientôt pointer à l’horizon. » 43 % des répondants à la même enquête pensent également que les marchés les attendent.

Pour quels résultats ? C’est la question qui n’est jamais posée car les économistes et les médias partent du principe que le parachutage d’argent, comme les QE, fonctionnera comme anticipé théoriquement même si la dernière décennie montre indubitablement que les choses ne se passent jamais comme prévu. (…)

Les marchés actions sont à de niveaux records, ils les enchaînent depuis le QE3. Pourtant, celui-ci n’a eu aucun impact sur l’économie réelle. L’évaluation la plus charitable consiste à dire que sans QE, les choses auraient pu être pire (il aurait permis de conserver des emplois qui auraient été perdus) si les marchés actions avaient reflété davantage les réalités économiques. Cette supposition est bien entendu douteuse et à l’image du monétarisme, qui consiste en une série de suppositions théoriques. Le concept du QE semblait blindé dans les laboratoires des grandes universités américaines ; mis en pratique, nous avons vu une réalité toute différente.

Parachutage d’argent : un précédent en 2008

Contrairement aux QE, cependant, les hélicoptères monétaires ont déjà été testés, ici même aux États-Unis. Personne ne s’en souvient car ils ont lamentablement échoué. Comme je l’ai écrit ce vendredi dernier :

« Ici aussi, les effets de ce genre de stimulation furent de provoquer l’amnésie. L’ARRA (voir ici) a reçu beaucoup d’attention et de dédain, mais nous oublions qu’il ne s’agit pas de la première tentative de ce genre. L’administration Bush, soutenue de façon enthousiaste par le Congrès, la Fed et les économistes orthodoxes, mit en place un système de bonus fiscal sans conditions durant le premier semestre de 2008. En bref, le gouvernement payait les gens pour être en vie. La seule différence est que l’argent fut distribué non pas sous la forme d’un versement d’argent liquide, mais d’un crédit d’impôt. Les économistes vous diront que ce système n’est pas à proprement parler un hélicoptère monétaire, mais le bon sens dit le contraire.

Cet essai n’est pas resté dans les mémoires en raison de son objectif loupé : empêcher l’économie américaine de tomber en récession en 2008. La tentative a donc été rangée parmi les mesures de détail, occultée par les autres grandes actions entreprises. »

L’Economic Stimulus Act de 2008 est tombé dans les oubliettes de l’histoire car son impact fut tellement minime qu’il ne vaut pas la peine de s’en souvenir (et, comme ce fut le cas de l’ARRA, on aurait pu s’en douter rien que par son nom). Il est intéressant de se pencher dessus à nouveau vu que des économistes, comme l’ancien président de la Fed Bernanke, essaient de convaincre le monde de tenter à nouveau le coup. À travers cette loi, les gens ont reçu de l’argent sans contrepartie, ce qui est l’essence même des hélicoptères monétaires. À l’époque, la mesure avait été financée via le creusement du déficit, et non via la levée de nouveaux impôts. (…)

Mais d’abord, définissons les hélicoptères monétaires, qui sont selon Bloomberg :

« Imaginez vous réveiller un matin en constatant que le solde de votre compte en banque a augmenté via un cadeau de votre banque centrale. Cela peut paraître étrange, certains partisans affirment même qu’une telle éventualité est peu probable. Mais le concept des hélicoptères monétaires est débattu sérieusement par les économistes. Les trillions de dollars, d’euros, de yens et de livres sterling qui ont été injectées dans le système financier depuis 2008 ont échoué à générer de la croissance. Selon la théorie, de l’argent qui serait directement donné aux consommateurs les pousseraient à se précipiter dans les magasins afin de dépenser cet argent tombé du ciel, ce qui doperait la confiance dans l’économie. »

Les hélicoptères monétaires via la déclaration d’impôt

Au printemps 2008, c’est exactement ce qui s’est passé au niveau de l’idée, mais pas des résultats. Après avoir rempli leur déclaration d’impôt, les Américains ont bénéficié d’un bonus de 600 $ pour les personnes seules, de 1200 $ pour les couples mariés ainsi que de 300 $ supplémentaires par enfant (des conditions de revenus s’appliquaient). Cette mesure a permis à certains Américains de recevoir de l’argent de l’État, pour d’autres de faire baisser leurs impôts. Et pourtant, cela n’a pas du tout marché.

Le problème de l’époque est le même qu’aujourd’hui : les économistes n’ont aucune idée de ce qui se passe dans le système monétaire. C’est la même erreur qui a mené à l’implémentation des QE, mais cette fois au niveau supérieur. Les QE ont échoué car les réserves ne sont pas de l’argent ; les activités bancaires et leurs bilans le sont. Les politiques de taux planchers (NIRP) en sont l’aveu : il s’agit d’une tentative d’imposer une pénalité au système bancaire afin de rectifier le gros défaut du QE. Les hélicoptères monétaires sont un effort alternatif s’inscrivant dans le même cadre global et visant à contourner complètement les banques.

De nouveau, la théorie semble bien belle dans le monde confiné de la salle de classe, mais comme 2008 l’a montré il n’y a pas de politique monétaire efficace pour contrer une énorme vague de destruction de monnaie privée. (…)

Le rasoir d’Ockham propose une solution bien plus simple : mettre avant tout un terme à la destruction de la monnaie. Cela imposerait bien entendu le remplacement du système eurodollar, ce qui signifierait que les banques centrales devraient reconnaître leur inutilité. Et lorsque vous reconnaissez que la monnaie n’est pas et n’a jamais été ce que vous pensez qu’elle était, vous vous posez la question de savoir à quoi servent les banquiers centraux. Le globe commence à se poser cette question de toutes façons, surtout suite aux événements de l’été dernier et de cet hiver. (…)

Pour conclure, de la perspective des économistes et des banques centrales, l’option ayant peu de chances de réussir, peu importe l’infimité des chances, est pour eux la seule option (…) En plus d’avoir prouvé que les politiques monétaires ne sont rien de plus que des exercices académiques répétés basés sur des suppositions simplistes et erronées, les économistes ont également démontré durant plus d’une décennie que jamais ils ne concevront un monde qui n’aurait pas besoin d’eux, peu importe combien de fois leurs interventions devaient s’avérer nécessaire.

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C’est Brian Barnier de ValueBridge Advisors qui  l’affirme : 93 % de la hausse des marchés actions depuis 2008 est le résultat des actions de la Fed. Ses analyses montrent également comment l’influence du PIB sur les mouvements boursiers a été remplacée à partir des années 70 par différents instruments de crédit, qui furent à leur tour effacés par les QE de la Fed. C’est ce que nous apprend cet article de Yahoo Finance publié le 11 mars 2016 :

« Le marché haussier vient de célébrer son 7e anniversaire. Mais les hausses de ces dernières années, ainsi que le recul récent, pourraient s’expliquer par un seul facteur : les politiques monétaires. Le graphique ci-dessus permet d’expliquer visuellement les bulles précédentes et actuelles.

Le S&P 500 a doublé entre novembre 2008 et octobre 2014, soit durant une période coïncidant avec les assouplissements quantitatifs de la Fed (achat d’actifs). Après 3 rounds de QE, durant lesquelles la Fed a déversé des milliards de dollars chaque mois sur le marché obligataire, son bilan est passé de 2,1 à 4,5 trillions de dollars.

Il ne s’agit pas d’une corrélation fallacieuse d’après l’économiste Brian Barnier, directeur de ValueBridge Advisors et fondateur de FedDashboard.com. De plus, il affirme que chaque marché haussier qui s’est prolongé durant plusieurs années peut à chaque fois être expliqués par un seul facteur.

Barnier a compilé dans un premier temps la valeur totale des titres cotés en bourse depuis 1950. Il a ensuite divisé cette valeur par d’autres facteurs économiques et mis les résultats en graphique. Si des lignes horizontales apparaissent, cela signifie que le numérateur (la valeur des actions) et le dénominateur (l’autre facteur) évoluent de concert.

« C’est tout l’intérêt de l’analyse visuelle, » a-t-il déclaré. « Nous savons que nous devons trouver des lignes droites, bien stables, pour savoir que nous avons un résultat positif. »

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En ayant joué avec des centaines et des centaines de facteurs, Barnier a fini par éliminer la plupart d’entre eux pour n’en conserver que 4 : les données du PIB pour les 5 années à venir, les dettes des ménages et des associations, les actifs d’open market et les actifs de la Fed. Durant 4 périodes distinctes, chacun de ces paramètres a dicté les mouvements du marché, ce qui est confirmé par des analyses de régression.

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Il a ensuite isolé chacun de ces facteurs, sur un graphique séparé, en les qualifiant d’ « ères » boursières :

  1. Entre la Seconde Guerre mondiale et la moitié des années 70, les perspectives de croissance du PIB expliquaient 90 % des mouvements des marchés actions, d’après l’analyse statistique de Barnier.
  2. L’influence du PIB a commencé à s’éroder au début des années 70 avec la montée en puissance des cartes de crédit et du crédit à la consommation. La dette des ménages s’est d’abord creusée via les cartes, par le crédit hypothécaire ensuite, jusqu’au crash immobilier du début des années 90. L’analyse de Barnier montre que la dette est derrière 95 % de la hausse totale du marché durant cette période.
  3. La période entre la moitié et la fin des années 90 jusque 2000 fut, bien entendu, marquée par la bulle Internet. Si la bourse fit la plupart des grands titres, ce fut également une période d’activité à la hausse pour le marché des billets de trésorerie. Les start-ups et les jeunes sociétés cherchaient à se financer bien au-delà de la valeur stratosphérique de leurs titres pour financer leurs opérations. L’analyse de régression de Barnier montre que la multiplication des billets de trésorerie peut expliquer jusqu’à 97 % de la bulle Internet.
  4. Peu de temps après l’explosion de la bulle Internet, une bulle s’est développée sur le marché immobilier, cette fois-ci dopée par le crédit immobilier et d’autres types de crédit. Ce facteur a engendré 94 % de la hausse des marchés durant les premières années de ce millénaire.
  5. Alors que la crise financière atteignait son paroxysme en 2008, la Fed décida d’inonder de dollars les marchés financiers via l’achat d’obligations. Simultanément, les taux d’intérêt chutèrent, les rendements obligataires évoluant dans le sens opposé du prix des obligations. Barnier estime que la Fed est responsable de 93 % de la hausse des marchés entre le début de son premier QE et aujourd’hui. Jusqu’au premier semestre 2013, la Fed était responsable de l’intégralité de la hausse, d’après lui.

Depuis que la Fed a mis fin à ses achats d’obligations fin 2014, le S&P 500 a reculé d’environ 16 % pour être plus ou moins au même niveau qu’à la fin du QE. D’après Barnier, les investisseurs doivent anticiper le prochain facteur qui déterminera les mouvements des marchés.

« L’assouplissement quantitatif de la Fed a pris fin, mais nous sommes désormais dans l’ère des taux d’intérêt, » a-t-il déclaré. « Cela signifie, pour tout investisseur qui se demande quoi faire aujourd’hui, que la première étape consiste à se doter d’une stratégie macroéconomique. »

Hier Mario Draghi, qui était attendu au tournant par les marchés, a annoncé de nouvelles mesures d’assouplissement monétaire. Il n’aura cependant fallu que quelques heures pour obtenir des effets inverses à ceux attendus, à savoir la hausse de l’euro par rapport au dollar et des marchés en baisse. Voici ce qu’en pense Bill Fleckenstein, interviewé hier par KWN :

eur-usd-draghi-10-mars-2016

« La grande nouvelle du jour, c’est le nouveau tir de bazooka de Draghi, à savoir la baisse des taux de -0,3 à -0,4 %, l’augmentation de 20 milliards de dollars d’EUR par mois (désormais 80 milliards) du QE en cours et la décision d’acheter des obligations d’entreprises. La nouvelle a engendré une hausse de 2 à 3 % sur les marchés européens, de 0,5 % aux États-Unis vers la mi-journée… Cependant, on s’est retrouvé dans le rouge durant l’après-midi. Alors que l’ampleur de la hausse se transformait en baisse, menée par le DAX allemand, les marchés américains ont suivi la tendance.

Outre les actions, la véritable surprise est à chercher du coté du marché des changes. L’euro a terminé en hausse de 2 % par rapport au dollar, une conséquence qui a dû en choquer plus d’un. Il est encore prématuré de dire qu’il s’agit d’une indication claire de la fin du rallye du dollar. Il est cependant intéressant de constater que les rounds récents additionnels de QE de la BoJ et maintenant de la BCE ont provoqué la hausse de leur monnaie et non l’inverse.

En ce qui concerne les autres marchés, le pétrole a baissé de 1 %, les revenus fixes ont baissé (les marchés obligataires européens ont également connu un inversement de tendance après une hausse initiale) tandis que les métaux ont bénéficié d’un coup de fouet, l’argent grimpant de 2 % contre 1,5 % pour l’or, tandis que les actions minières furent également assez soutenues.

Il n’est jamais possible de prédire avec certitude une correction ou encore son ampleur surtout en ce qui concerne les métaux précieux mais je suis surpris du nombre de bulls supposés qui affirment avec certitude que le marché de l’or a besoin d’une correction d’une certaine magnitude. (…) »

Graphiques de l’article de John Rubino sur le même sujet.

Et pour une représentation plus animée de ce qui s’est passé hier :

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hélicoptère monétaire

Article de Jim Rickards, publié le 17 février 2016 sur Daily Reckoning :

« J’estime à 76 % les chances que nous soyons dans la phase préliminaire d’une récession. Tous les signes de l’économie américaine sont négatifs.

Le comportement actuel des marchés actions est également conforme à celui auquel je m’attends durant le début d’une récession. Ils sont l’un des signes avant-coureurs d’une récession : celle-ci démarre souvent après 6 mois de baisse des marchés.

Les économistes mainstream prennent du temps à s’en rendre compte. Dans un an, ils diront que la récession a démarré en janvier ou en février 2016. Une information devenue inutile à ce stade des choses. Il est pourtant possible d’anticiper en regardant là où il faut.

Par exemple, les salaires réels n’évoluent pas. D’autres indicateurs clés, comme le commerce mondial, la baisse de la production industrielle, les ratios inventaires/ventes et les ventes d’automobiles suggèrent également que nous sommes sur le point d’entrer en récession.

Les forces déflationnistes restent fortes, rendant l’objectif de production d’inflation de la Fed encore plus urgent. Chaque trimestre qui passe rapproche les élites mondiales du jour fatidique. Elles ont absolument besoin d’inflation pour se sortir du problème de la dette souveraine.

Pourtant, les banques centrales n’ont toujours pas réussi à générer l’inflation qu’elle pense nécessaire pour restaurer la croissance mondiale. Aux États-Unis, durant ces 7 dernières années et malgré les QE1, QE2 et QE3, la Fed a été incapable d’atteindre ses objectifs d’inflation. Tout comme la BCE ainsi que la Chine.

La question que doivent se poser les élites est : d’où viendra cette inflation ?

Beaucoup de gens pensent qu’il suffit de créer de la monnaie pour générer de l’inflation. C’est ce que Milton Friedman affirmait. Mais c’est faux, cela ne suffit pas. Les gens doivent faire quelque chose de cet argent créé. Il doit être emprunté, dépensé ou investi. Les banques doivent prêter ou investir dans des projets. Cet argent ne peut être inactif.

Pour créer de l’inflation, la création monétaire ne fait que 50 % du travail. L’autre moitié, c’est prêter cet argent… Le dépenser… L’utiliser pour accorder des crédits, etc. Ce qui n’a pas eu lieu.

Cela n’a pas eu lieu car les décideurs des banques et des entreprises pansent toujours leurs plaies de l’effondrement de 2008. Les citoyens lambda se sont attelés à rembourser leurs dettes et à épargner. C’est pourquoi nous sommes toujours dans un cycle de leverage de la dette. C’est aussi pourquoi les assouplissements quantitatifs ont échoué. L’argent n’a pas atteint l’économie réelle, il est resté circoncis dans le secteur bancaire.

Les banques qui disposent de réserves excédentaires à la Fed pourraient les utiliser pour prêter. Elles ne le font pas, donc ça ne peut pas marcher. Ce qu’on appelle le mécanisme de transmission monétaire est cassé. (…)

Comment y remédier ? Avec les hélicoptères monétaires, qui bombarderont d’argent directement le gouvernement pour stimuler l’économie vu que le secteur privé ne le fait pas. (…)

Cette tactique nous ramène à la Grande Dépression et à Keynes. Il disait que les dépenses gouvernementales pouvaient sortir une économie de la dépression. C’est l’ABC du keynésianisme. L’idée est simple : lorsque le gouvernement dépense, c’est toute l’économie qui repart. D’après ce principe, l’objet des dépenses n’a même aucune importance. Les élites dans leur majorité pensent que c’est vrai.

Bien sûr, le gouvernement n’aura aucun problème à dépenser cet argent. Les Démocrates l’utiliseront probablement pour des programmes sociaux tandis que les Républicains augmenteront le budget militaire. Chacun a ses préférences en la matière. (…)

Mais quelle est la différence entre un assouplissement quantitatif et les hélicoptères monétaires ? Dans un QE, la Fed crée l’argent et l’utilise pour acheter des obligations existantes aux banques. Ensuite, l’argent reste souvent parqué dans les banques, j’ai déjà expliqué l’échec de cette politique.

Avec les hélicoptères monétaires, cependant, le Congrès dépense l’argent. Le déficit budgétaire est couvert par les emprunts tandis que la Fed crée l’argent nécessaire pour les couvrir. Simplement dit, il s’agit de monétisation de la dette. Alors qu’avec un QE la création monétaire ne générait pas davantage de dépenses, ce n’est pas le cas avec les hélicoptères monétaires.

En bout de course, cela signifie qu’il s’agit de la recette pour obtenir de l’inflation. Et nous allons y goûter plus vite que vous le pensez…

Jim Rickards »

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Davos

Alors que l’on entend souvent parler de l’indépendance sacrée des banques centrales, Gerald Celente a noté, dans sa dernière interview sur KWN, de curieuses coïncidences entre des décisions importantes prises par les banques centrales et le sommet de Davos, club des élites où se rencontrent politiciens et hommes d’affaires de premier plan :

« (…) Les dés du jeu sont pipés. Rappelez-vous du sommet de Davos de la mi-janvier dernier. Sur KWN, Art Cashin et Ray Dalio, via une citation, affirmaient que nous avions besoin d’un nouveau QE de la part de la Fed. Que se passe-t-il le jour suivant, et qui se trouve à Davos où se réunissent les premiers ministres, les chanceliers, les présidents, etc. ? Draghi annonce le lendemain que la BCE reverra à la hausse son programme de stimulation monétaire durant sa réunion de mars.

Qui d’autre avions-nous à Davos ? Le patron de la banque centrale du Japon. Juste avant d’embarquer pour la Suisse, Kuroda déclare à son parlement que les taux d’intérêt négatifs ne sont pas à l’ordre du jour. Mais alors qu’il quitte Davos, il fait exactement le contraire en instaurant des taux négatifs.

Bien sûr ils pourraient donner un coup de fouet aux marchés, convaincre de nouveaux acteurs de passer à l’achat et se débarrasser de positions short publiques. Mais par la suite, le marché se remettra à baisser. C’est à ce moment-là que le souhait de Ray Dalio de Bridgewater se manifestera. (…) »

egon von greyerz dans le keiser report

Interview d’Egon von Greyerz du 24 janvier 2016 (KWN) :

« L’implosion déflationniste actuelle des marchés et des matières premières va bientôt se transformer en explosion hyperinflationniste. Le chaos auquel on assiste en ce moment ne surprendra pas vos lecteurs.

Le risque augmente

Cette semaine, Draghi a donné un signal clair quant à la nécessité de réviser la politique monétaire de la BCE d’ici sa prochaine réunion, en mars. Comme Draghi l’a déclaré, le « risque que augmente alors que l’inflation est significativement plus basse qu’attendu».

La crise bancaire s’accélère en Europe, mais qui est en difficulté ?

Soyons honnêtes, les banques centrales se plantent toujours dans leurs prévisions. L’économie du sud de l’Europe s’effondre comme son système financier, et en particulier les banques privées d’Italie, de Grèce, du Portugal et d’Espagne. Les crédits non performants représentent 17 % du PIB en Italie. C’est un chiffre énorme qui n’est pas viable.

La Deutsche Bank !

Le système bancaire européen ne s’est jamais relevé de la crise de 2007-2009. La Deutsche Bank, par exemple, est exposée à hauteur de 97 trillions de dollars sur les produits dérivés, soit 20 fois le PIB allemand. Les marchés actions ont baissé de 20 % en Allemagne depuis novembre 2015, nous devons donc garder un œil sur la Deutsche Bank.

Le revers des marchés mondiaux aura un impact majeur sur la confiance alors que la peur fait son grand retour dans l’économie européenne. La tendance va s’accélérer. Je serai surpris si la BCE attend jusqu’à mars pour lancer un nouveau programme d’assouplissement monétaire. La déconnexion des banques centrales avec la réalité est absolument incroyable.

Mais les actions de la Fed prouvent encore mieux que les banques centrales ne saisissent pas ce qui se trame. Le timing de la hausse des taux américains ne pouvait être pire. La Fed aurait dû commencer il y a 2/3 ans afin d’étrangler la ruée sur les marchés. Au lieu de cela, la Fed a attendu que l’économie bascule pour se décider.

Comme je l’avais dit en décembre, juste après la hausse du taux directeur de la Fed, il n’y aura pas d’autres hausses dans les mois à venir. Bien au contraire, elle va à nouveau baisser ses taux très rapidement ainsi que lancer un nouveau QE. La Fed pourrait bien rejoindre la BCE dans les mois qui viennent dans le club des taux d’intérêt négatifs.

Le plus gros QE mondial de l’histoire

Bientôt, la BCE et la Fed rejoindront les banques centrales du Japon et de Chine dans leurs programmes massifs d’assouplissement quantitatif. Ne perdez pas de vue que depuis le début des années 90, la dette mondiale a été multipliée par 10 pour atteindre 230 trillions. Les QE, à partir de 2016 et au-delà, atteindront au moins cette somme tandis que la bulle d’actifs pesant 1,5 quadrillion de dollars explose.

Le problème est que cette fois, les QE n’auront pas d’effet durable. Rajouter quelques centaines de trillions de dette dans un monde incapable de financer ou de rembourser la dette existante ne peut qu’exacerber une implosion inévitable. Mais avant cela, le monde connaîtra son épisode d’hyperinflation le plus incroyable. Il n’aura évidemment rien à voir avec l’offre ou la demande pour les biens et les services : il sera provoqué par l’effondrement des devises.

La semaine dernière, j’ai montré que l’hyperinflation est déjà en marche dans de nombreux pays comme l’Argentine, le Brésil et la Russie. Lorsque le dollar s’effondrera bientôt, des événements similaires auront lieu aux États-Unis ainsi que dans bien d’autres nations. Durant les 5 dernières années, les banques centrales ont multiplié par 10 la taille de leur bilan en créant 20 trillions de dollars. Cependant, dans les années à venir, leur bilan explosera bien plus que ce facteur 10 et le monde coulera sous le poids de sa dette.

La panique arrive, mais il y a pire

La panique n’a pas encore véritablement gagné les marchés, mais cela devrait arriver cette année, dans une version bien pire que celle de 2007/2009. Ce qui est très inquiétant cette fois est que nous avons déjà des troubles sociaux massifs et des guerres civiles dans de nombreux pays.

La plupart des lecteurs savent que l’or et l’argent physique sont l’une des meilleures façons de protéger son patrimoine de la destruction totale. Savoir si l’or a atteint son plus bas ou pas n’a aucune espèce d’importance. Les métaux précieux sont l’assurance la plus cruciale à posséder durant la prochaine crise financière qui commence à se développer. »

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Fed taux

Article de John Rubino, publié le 14 janvier 2016 sur SafeHaven.com :

« Cela n’aura pas pris longtemps. Un mois après la hausse d’un quart de point du taux directeur de la Fed, les marchés vacillent et les présentateurs promettent déjà que Papa prendra soin de tout ce qui contrarie les investisseurs :

« La baisse des perspectives d’inflation pourrait déboucher sur une réévaluation de la politique, d’après Bullard de la Fed » (titre d’un article de Reuters). (…)

En résumé : si les choses restent telles qu’elles sont à travers le monde, les taux d’intérêt resteront proches de zéro mais vu que les choses se sont dégradées malgré des années de taux planchers, ne pas les relever n’est pas une solution pour sortir de l’ornière. Donc lorsque la hausse temporaire des marchés suivant habituellement les propos de Bullard prendra fin et qu’ils reprendront leur descente vers le fond, voici ce qui se passera :

  1. Ils insinueront que le bilan de la Fed s’est suffisamment contracté et qu’il est peut-être temps de le stabiliser (traduction : un nouveau round modeste de QE).
  2. Après son échec, ils promettront d’augmenter la portée du QE existant afin qu’il atteigne un niveau suffisant pour renverser la tendance des marchés.
  3. Après ce nouvel échec, ils débuteront une nouvelle expérience baptisée d’une appellation attrayante telle que « QE pour le peuple », « jubilé de la dette », matérialisant enfin l’hélicoptère déversant de l’argent sur la population que Ben Bernanke avait promis il y a longtemps en cas de déflation sévère. Cette expérience sera accompagnée d’une belle panoplie de contrôles des capitaux afin de tenir en respect les épargnants indisciplinés et autres ennemis de la société.

À ce moment-là, nous serons tellement en terra incognita que vouloir faire des prédictions est futile sauf s’il s’agit de fournir une forme de divertissement. »