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Rapport

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Peter Boehringer

Article publié le 8 octobre 2015 sur BullionStar.com… Peter Boehringer contre-attaque :

« Les personnes qui suivent régulièrement la campagne publique allemande « Rapatriez Notre Or » connaissent nos grandes difficultés rencontrées depuis 2011, et bien avant, avec la Bundesbank afin d’en avoir après que l’or allemand ait été stocké pendant plus de 50 ans à l’étranger, une transparence crédible sur ce dossier. Des progrès ont été obtenus récemment : en 2012, des informations à propos des quantités et de la localisation de l’or ont été publiées ; en 2013 : annonce d’un plan de rapatriement partiel jusqu’à aujourd’hui et la déclaration que 200 tonnes d’or (environ 10 %) des réserves de l’Allemagne stockées à l’étranger ont été rapatriées. On attend toujours des preuves tangibles ainsi qu’une transparence totale de la part de la Bundesbank !

L’une de nos demandes les plus anciennes était (et est toujours) la publication des numéros de série des lingots que possède la BuBa chez ses 4 dépositaires. Des listes qui devraient être statiques (non modifiées) depuis 1968 lorsque l’Allemagne a cessé d’accumuler de l’or. Soit 3 années complètes avant la fin du système sous-jacent de Bretton-Woods.

Hier le 7 octobre 2015, plus de 47 ans plus tard et 5 ans après le début de notre campagne intensive de lobbyisme auprès de la BuBa contre ses « craintes pour la sécurité »,ridicules, concernant la publication des listes : la Bundesbank a finalement et officiellement publié une soi-disant « liste de lingots ». La « liste allant faire taire les théoriciens du complot » a été célébrée aussi bien dans le communiqué de presse de la Buba que dans les médias dominants (naïfs). Voir l’article de Bloomberg intitulé : « la Bundesbank aux sceptiques : voici l’or. Chaque lingot. Sans Exception. » (…)

Pour la énième fois en 47 ans, la BuBa a prétendu hier faire toute la clarté sur l’or de l’Allemagne. Encore une fois, elle a misérablement échoué. C’est pourquoi je lance le défi suivant aussi bien à Messieurs Weidmann et Thiele de la BuBa et à M. Lorcan Roche Kelly de Bloomberg : soit effacer leur message de propagande lourd et partisan qui ne repose sur aucune preuve tangible (« Voici notre or, est-ce que vous nous croyez enfin vous les aficionados givrés de l’or »), soit de prouver leurs assertions jusqu’à présent non prouvées.

1. Aucune liste de numéros de série n’a été publiée par la Bundesbank

Premièrement, je demande aux journalistes et aux lecteurs qui sont intéressés d’ouvrir le rapport long de 2300 pages. Tout le monde peut voir au premier coup d’œil que la toute première colonne des listes de lingots de la page 7 est intitulée « numéro d’inventaire » plutôt que « numéro de série du producteur ». Ce sont pourtant deux choses totalement différentes. Le numéro d’inventaire est un numéro créé artificiellement sur papier ou sur un autocollant par les banques centrales respectives qui n’a rien à voir avec le numéro de série unique qui est estampillé par le raffineur lorsqu’il coule un lingot. La différence est absolument cruciale car seul le numéro de série pourra permettre aux experts de l’or, aux auditeurs indépendants ainsi qu’aux citoyens lambda à qui l’or appartient de vérifier que non seulement tous les lingots existent physiquement mais qu’ils ne sont également pas comptabilisés plusieurs fois sur le bilan d’autres banques centrales ou d’ETF. (…)

Cette liste n’a aucune valeur (…). Nous affirmons que cette approche n’est qu’un écran de fumée délibéré dans le but de semer le doute dans l’esprit du grand public mondial.(…)

2. Pourquoi des numéros de série de lingots après 1968 et combien ?

Deuxièmement, nous mettons au défi la Bundesbank de nous expliquer pourquoi, fait quasi sûr à 100 %, la liste réelle de lingots détaillée dans le point 1. ne comprend pas exclusivement des lingots produits dans les années 50 et 60 (pour se terminer en 1967 ou 1968 au plus tard). Depuis 1968, les réserves d’or de l’Allemagne sont censées n’avoir plus évolué sauf à une ou deux exceptions en raison de prêts de petites quantités d’or qui ont été rapportés par le passé par la Buba. Nous les propriétaires de l’or, exigeons de savoir : pourquoi et combien de lingots allemands (s’ils existent) datent d’avant 1968 dans les coffres de la Buba ou de ses dépositaires ? Comment est-il possible (d’après la liste publiée hier) que quasi tous les lingots soient d’une pureté de 995 ou plus alors qu’avant 1967 cette pureté était plutôt rare surtout aux États-Unis ? Et pourquoi, vu que les standards du LBMA sont satisfaits par quasi tous les lingots de la nouvelle liste, la Bundesbank a encore choisi de fondre les lingots rapatriés des États-Unis entre 2013 et 2014 (en effaçant ainsi à jamais les numéros de série originaux) sans disposer d’une seule photo ou vidéo pour prouver la procédure.

3. Audit de la Fed, de la BuBa, de la Banque de France et de la Bank of England

Lorsque nous aurons obtenu des réponses appuyées par des preuves tangibles et non verbales à nos questions légitimes et justifiées, le véritable travail ne fera alors que commencer : la Fed n’a plus publié d’information concernant un audit véritable de ses coffres (or américain ou étranger) depuis 1953, certains diront même depuis les années 30. C’est la même histoire du côté de la Banque d’Angleterre et de la Banque de France et même à Francfort !

“Holt unser Gold heim” / “Rapatriez Notre Or” continue d’exiger des audits externes physiques des banques centrales par des auditeurs indépendants jurés et la publication totale des résultats. De plus, nous demandons l’accélération de « l’opération de rapatriement » de la Bundesbank annoncée en 2013 et qui est bien trop opaque, lente et dénuée d’ambition (seulement 50 % de l’or allemand à Francfort d’ici la fin 2020). (…) »

Peter Boehringer est le fondateur et le président de la « Société Allemande des Métaux Précieux », une association créée en 2006. Il est également l’un des écrivains les plus lus dans les pays germanophones sur le sujet de l’or, un orateur bien connu des conférences sur les métaux précieux et l’initiateur de la campagne allemande et internationale « Rapatriez Notre Or » qui a inspiré des campagnes publiques similaires dans plus d’une douzaine de pays. Il est l’auteur du livre « Holt unser Gold heim » (rapatriez notre or), publié en allemand en 2015 par l’éditeur renommé Finanzbuchverlag. https://www.facebook.com/Holt.unser.Gold.heim.PeterBoehringer

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Nous avons largement couvert l’opération de rapatriement de l’or de l’Allemagne ainsi que les nombreuses questions posées par les activistes allemands menés par Peter Boehringer quant à l’existence physique du métal que la Bundesbank prétend posséder dans ses coffres ainsi qu’à la Banque de France, à la Bank of England et à la Fed de New York. 

C’est en parcourant le site de Kitco que nous avons pris connaissance de l’existence d’un nouveau rapport de la Bundesbank sur ses réserves d’or, publié le 7 octobre 2015 sur son site officiel, censé faire toute la lumière sur ses réserves. L’article n’y va pas avec le dos de la cuillère dans son introduction : ce rapport va clouer le bec une bonne fois pour toutes à ceux qui affirment qu’une partie de l’or pourrait manquer. Nous citons :

« Les questions concernant les réserves d’or de l’Allemagne et notamment concernant leur existence peuvent être désormais fermées après la publication massive de données par la banque centrale du pays. »

Voilà qui est impressionnant, allons donc de ce pas consulter ce fameux rapport qui met à nu les réserves d’or allemandes. Certes, il est massif : 2307 pages, ce n’est pas rien. Mais quand on l’ouvre, que découvre-t-on ? Une liste interminable de chiffres concernant la pureté, le poids et les « numéros d’inventaire » des lingots qui appartiendraient à l’Allemagne.

En quoi cette succession de chiffres prouve-t-elle que les lingots se trouvent bel et bien chez les dépositaires ? Cela, Kitco ne le précise pas. Nous sommes donc censés croire la Bundesbank, ou plutôt croire la Fed de New York et cie quand elles affirment que ces lingots s’y trouvent toujours. Kitco se contente de citer les chiffres du rapport, l’article est sans intérêt jusqu’à la fin, lorsqu’il affirme « qu’aucun rapport n’est disponible concernant les progrès 2015 du rapatriement de l’or allemand ». Nous présumons que la banque était trop occupée à pondre les 2300 pages de ce rapport aussi long qu’inutile.

Peter Boehringer, interviewé par un Financial Times qui a été beaucoup plus prudent dans son papier, n’est évidemment pas impressionné :

« Mais Peter Boehringer, un activiste qui milite pour le rapatriement intégral de l’or allemand, a déclaré que les données publiées n’incluent pas les noms des producteurs des lingots d’or ainsi que les numéros qui figuraient sur les lingots après leur production.

« Ces données sont importantes alors que nous avons certains doutes quant à l’existence physique de tout le matériel. Certains lingots peuvent exister sur le bilan de plusieurs banques centrales, » a déclaré Boehringer. »

Des doutes d’autant plus légitimes que l’Allemagne a reçu de l’or dont le numéro de série du lingot original a été substitué par un autre. Officiellement pour être aux normes « London good delivery » (source http://www.bloomberg.com/news/features/2015-02-05/germany-s-gold-repatriation-activist-peter-boehringer-gets-results). Ou simplement parce que le lingot original a été prêté ou vendu à une autre banque centrale ou au marché et qu’il a fallu en livrer un autre.

Bref, cette nouvelle tentative de transparence de la part de la Bundesbank quant à ses réserves d’or ne convaincra que ceux qui veulent y croire. Seuls des audits menés par des entités réellement indépendantes permettront d’obtenir une réponse définitive. Des audits refusés bien entendu pour des « raisons de sécurité ».