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Récession

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Article de Zero Hedge, publié le 17 octobre 2016 :

« Pour le 13e mois de rang, la production industrielle américaine a connu une contraction mensuelle par rapport au même mois de l’année dernière. La dernière baisse annuelle d’un pourcent prolonge la faiblesse de la production industrielle en cours pour en faire la plus longue série de contractions mensuelles de l’histoire américaine en dehors d’une récession.

Aerospace et Home Electronics ont enregistré la plus grosse chute de leur production alors que les véhicules à moteur ont connu une augmentation modérée… Ce n’est probablement rien… »

C’est probablement significatif, mais peut-être aussi pas aussi grave que cela en a l’air. Cela pourrait être, comme Rick Rieder l’affirme sur ce post publié sur le blog de BlackRock, le résultat de ce qu’il appelle « l’économie américaine à 2 vitesses ». Nous avons d’un côté un secteur manufacturier qui est inexorablement en perte de vitesse depuis la fin des années 70, mais un secteur des services qui lui se porte plutôt bien :

« De nombreux observateurs des marchés ont interprété les chiffres de l’emploi américain de septembre avec un brin de déception alors que les créations d’emplois furent inférieures aux attentes. Mais je pense qu’il s’agit d’un rapport décent, assez en phase avec ce que j’attends de l’économie américaine qui est à 2 vitesses.

Qu’est-ce que j’entends par là ? Nous voyons actuellement une économie américaine dont la consommation et l’emploi dans le secteur des services est étonnamment robuste tandis que les dépenses et l’emploi dans les secteurs de la production restent mous. Le rapport de septembre a montré que les tendances lourdes que nous connaissons se poursuivent avec une croissance importante dans le secteur des services, comme la santé (note : Obamacare ?) et l’éducation (note : la bulle des crédits étudiants ?), mais surtout dans les services professionnels aux entreprises (en hausse d’un solide 67.000 unités le mois dernier). Au contraire, le secteur manufacturier a perdu 13.000 emplois supplémentaires, poursuivant les tendances à court et à long terme. En fait, l’emploi industriel a connu son pic en juin 1979, grosso modo il y a 4 décennies, lorsque le secteur employait environ 20 millions d’Américains, soit 1/5 de la population active.

En dépression en 2010, il n’y avait plus que 11,4 millions d’emplois manufacturiers aux États-Unis (soit moins d’un salarié sur 10).

Il y a des explications à la fois démographiques et technologiques à cette économie à 2 vitesses alors que le vieillissement de la population et les innovations technologiques dopent l’emploi dans l’industrie des services, dans laquelle le besoin de main-d’œuvre est plus important.

Le taux de participation à la population active de septembre est un autre signe de cette tendance indiquant la forte demande en capital humain de la nouvelle économie d’aujourd’hui qui renvoie plus de gens dans la population active. En effet, le taux participation a rebondi depuis son plus bas de 2015 pour se situer aujourd’hui autour des 63 %, voir le graphique ci-dessous. Ce rebond est d’autant plus impressionnant vu le contexte de vieillissement de la population qui fait que de plus en plus de gens quittent la population active (prennent leur retraite) par rapport aux décennies précédentes.

rebond population active

L’économie américaine dispose également de 2 voies séparées, mais dans un autre registre. Nous avons connu une forte croissance de l’emploi durant ces dernières années, pour simplement en contrepartie une croissance décente. Certains disent que ces chiffres de l’emploi incroyables sont le reflet d’une économie à la productivité pauvre. Ces arguments suggèrent que nous avons besoin d’engager beaucoup de gens pour produire une quantité relativement peu élevée de biens. (…) Je pense qu’il s’agit d’une erreur d’interprétation du paysage économique en raison du fait que la productivité traditionnelle ne prend pas en compte l’influence à la baisse des nouvelles technologies sur les prix. » (…)

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tempête qui approche

Article de SovereignMan.com, publié le 5 octobre 2016 :

Dans l’histoire contemporaine de l’économie américaine, notamment quand il est question des sept dernières décennies, l’on peut noter que la période la plus longue où le pays n’est pas entré en récession fut de 10 ans.

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, il y a eu 11 récessions aux États-Unis d’Amérique, et le laps de temps en moyenne entre chacune d’elles se trouve être de 6 ans et 5 mois.

La durée moyenne de ces récessions est de 336 jours. La plus longue récession de l’histoire moderne a duré 18 mois, notamment en 2008-2009, tandis que la plus courte a été de 6 mois en 1980.

À chaque fois qu’une récession a frappé, l’omnisciente et la toute-puissante Réserve fédérale a tenté de stimuler l’économie en réduisant les taux d’intérêt, et ce généralement à plusieurs reprises.

La plus petite baisse des taux d’intérêt a été de 2,03 %, au cours de la récession de 1990-1991.

La plus grande baisse des taux d’intérêt au cours d’une récession a été de 9,84 %, au cours de la récession de 1981-1982.

La baisse des taux d’intérêt pendant une récession est en moyenne de 4,03 %, si l’on se base sur les données de la Réserve fédérale qui portent sur les soixante années passées.

En fait, lors de chacune des récessions dans l’histoire américaine moderne, les taux d’intérêt étaient toujours beaucoup plus faibles à la fin de la récession qu’ils ne l’étaient au début.

Ainsi, si l’on considère ces moyennes historiques comme un indicateur fiable, la prochaine récession devrait commencer à un moment donné, situé entre aujourd’hui et le milieu de l’année 2019, avec une baisse des taux d’intérêt de 2 % à 4 %, et ce en supposant qu’il s’agisse d’une récession légère ou moyenne.

Il ne s’agit pas là d’un film de science-fiction.

Même l’Office budgétaire du Congrès américain (Congressional Budget Office) a récemment revu ses prévisions, en admettant que la prodigieuse dette nationale des Etats-Unis s’élevant à 19 trillions de dollars – qui continue d’ailleurs à s’accumuler rapidement –, remet sérieusement en doute la perspective d’une croissance économique significative.

Maintenant, voici le problème :

Les taux d’intérêt sont historiquement bas à l’heure actuelle. Le ratio effectif des fonds fédéraux était, en début de ce mois-ci, de 0,29 %.

Donc, à moins que la Fed ne relève ses taux fortement, et ce très rapidement, il est presque certain que les taux d’intérêt américains seront négatifs lors de la prochaine récession.

Les taux négatifs, bien sûr, sont presque toujours accompagnés de contrôles des capitaux : des restrictions légales de l’épargne dans un système financier en plein échec.

Nous voyons déjà les premiers signes de contrôle des capitaux en Europe et au Japon où les taux d’intérêt sont bel et bien négatifs.

Les déposants européens souffrent des restrictions de retrait des banques. Qui plus est, l’on peut observer une forte dynamique, visant à interdire l’argent physique (le remède naturel des taux d’intérêt négatifs).

Ce n’est que le début. Et tous ceux qui ont vécu sous le contrôle des capitaux peuvent confirmer que celui-ci a des effets néfastes tant sur notre épargne que sur notre niveau de vie, en général.

Malheureusement, les taux d’intérêt négatifs s’avèrent être l’instrument central qui sera, comme d’habitude, probablement mobilisé.

Parce que si la Fed ne démarre pas effectivement le relèvement des taux d’intérêt au-delà de la moyenne de 0,5 %-0,75 % en 2016 ou 2017, ces taux risqueraient de déstabiliser le système entier.

Les taux d’intérêt plus élevés vont engendrer une baisse des prix des actifs, y compris en ce qui concerne l’immobilier, les actions et les obligations.

C’est un énorme problème pour la Fed, qui détient des milliers de milliards de dollars d’obligations et de titres immobiliers.

En outre, notons que le capital de la Fed s’élève à moins de 1 % comparé à son bilan financier total.

Donc, si les prix des actifs baissent de 1% à l’issue d’un relèvement des taux d’intérêt procédé par la Fed, ces derniers deviendraient insolvables.

Il est difficile d’imaginer les retombées et les conséquences si la banque centrale la plus importante du monde venait à faire faillite.

Des taux plus élevés risquent aussi de ruiner le gouvernement fédéral, qui emprunte déjà des quantités record d’argent, juste pour payer l’intérêt relatif à ce qui a déjà été emprunté auparavant.

De plus, des taux plus élevés pourraient également ralentir l’économie américaine, où à la fois la productivité et la croissance du PIB sont au point mort, et ce même maintenant, lorsque les taux d’intérêt se trouvent à des niveaux historiquement bas.

Si la Fed décidait de relever ses taux de manière significative, cela créerait toutes sortes de catastrophes financières, y compris en ce qui concerne sa propre insolvabilité. Cela entraînera effectivement une récession que la Fed essaye d’éviter.

Mais, d’un autre côté, si la Fed ne soulève pas ses taux, alors elle sera obligée de mettre en place des taux d’intérêt négatifs lors de la prochaine récession.

Ce ne sont pas des prédictions farfelues mais, au contraire, une lecture logique des données qui nous sont accessibles ainsi que de l’histoire financière moderne – particulièrement celle des États-Unis.

L’alternative serait de supposer que la Fed possède une baguette magique, capable de tout réparer en un seul instant et sans aucune conséquences…

… Ou qu’il n’y aura plus jamais de récessions dans le cadre de l’histoire de l’humanité.

Cela vous paraît absurde, n’est-ce pas ?

D’autant plus que c’est pourtant assez évident de voir vers où l’on se dirige. Il n’est pas question ici d’un problème politique, mais davantage d’un problème arithmétique. Et le calcul ne tient pas debout.12

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Fed taux

Interview de Michael Belkin, publiée le 22 septembre sur KWN :

« Eric, les réunions de deux banques centrales importantes se sont clôturées aujourd’hui. Cela fait un bon moment que les taux sont négatifs au Japon. La BoJ (Banque du Japon) a décidé de ne rien changer. Là-bas, elle achète des actions.  Elle achète une partie importante du marché, des ETF actions, pourtant le Nikkei est en baisse depuis le début de l’année et il continue de glisser.

Le marché des obligations japonaises vient également de partir à la baisse, ce qui a envoyé une onde de choc sur les marchés obligataires mondiaux. Le marché obligataire mondial, les obligations japonaises, les Bunds, les Treasuries, tous ces actifs sont vendus, ils sont entrés dans une phase de liquidation. Cette dynamique a ensuite provoqué un tremblement de terre sur le marché des obligations à haut risque. Ce type d’actif, qui s’était plutôt bien comporté, est subitement entré en phase de liquidation.

Cela dit, ce qui s’est passé à l’occasion de la réunion de la Fed est très intéressant. Cela fait des lunes qu’ils nous promettent qu’ils vont « bientôt relever leurs taux, bientôt relever leurs taux », mais lorsque la date de la réunion suivante arrive, rien ne se passe. C’est du Yellen tout craché. Le titre de mon rapport cette semaine, à l’attention de mes clients institutionnels, était : « Ils mentent » (rires). Car c’est ce que font les banques centrales,  elles mentent.

Elles n’arrêtent pas de dire que l’économie se porte mieux et qu’elles vont relever les taux. Alors que simultanément, les ventes de voitures neuves sont en baisse de 4 % sur les 12 derniers mois, que la production industrielle est en baisse de 1 % sur les 12 derniers mois, l’indice manufacturier ISM vient de baisser de 3 points pour s’élever à 49,4, soit en dessous de 50, ce qui signale une récession. L’indice des services ISM affiche quant à lui 51,4, soit une baisse de 4 points par rapport au mois dernier. C’est énorme.

La désinformation de la Fed et la copine d’Obama

Nous sommes sur le point de basculer en récession. Lorsque la Fed se décidera enfin à bouger, je m’attends à ce qu’elle opte en fait pour une politique accommodante. Ils attendent simplement la prochaine élection pour bouger tout en faisant de la désinformation pour que les gens aient confiance en l’économie avant l’élection afin que la copine d’Obama soit élue.

Mais une fois l’élection passée, nous allons nous rendre compte que nous sommes déjà en récession, ou sur le point d’en connaître une. C’est très positif pour l’or et mauvais pour le dollar. (…) »

 

 

 

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or physique

Article de Ronald-Peter Stoeferle, publié le 28 août 2016 sur KWN :

« Une nouvelle récession est inévitable. Comme l’a dit von Mises, prédire exactement quand elle aura lieu est impossible. Mais dans la situation actuelle, nous souhaitons néanmoins aborder un scénario économique que nous pensons être une possibilité crédible, à savoir la stagflation.

performance or en période de récession

Ce mot est dérivé des termes stagnation et inflation. Il décrit une situation économique dans laquelle la stagnation économique (par exemple la stagnation ou même la contraction de la production économique) a lieu simultanément avec l’inflation des prix. D’après la doctrine économique officielle (keynésienne), la stagflation est une quasi impossibilité vu qu’elle réfute la courbe de Phillips. Néanmoins, il n’y a selon nous aucune raison d’ignorer ce scénario, bien au contraire.

Les conditions actuelles sont bien sûr différentes de celles des années 70, la dernière période durant laquelle le monde occidental a traversé une période prolongée de stagflation. Cependant, il est selon nous temps de mettre en garde contre la dévaluation considérable des monnaies et les tendances de stagflation qui en résultent.

Vu que la reflation via une nouvelle reprise de l’expansion du crédit devient plus compliquée, les banquiers centraux n’ont d’autre option que d’improviser (par exemple en testant dans la pratique une théorie académique telle que le parachutage d’argent par hélicoptères), ce qui pourrait mener à une perte de confiance dans les monnaies papier. Cela pourrait, comme dans les années 70, se manifester via la dévaluation des monnaies papier via l’appréciation des matières premières.

Les politiques monétaires sont en bout de course

Les politiques monétaires sont en bout de course : aucun instrument dans la boîte à outils conventionnelle et non conventionnelle ayant été utilisé jusqu’à aujourd’hui ne semble marcher. Les taux d’intérêt sont déjà à des niveaux planchers et ne peuvent être abaissés davantage à moins de bannir l’argent physique ; augmenter davantage la taille des bilans des banques centrales devient également de plus en plus dangereux, sans parler du fait que les effets escomptés ne se sont jamais manifestés. Les mesures fiscales stimulantes prises pour contrer la dernière récession ont augmenté la dette des gouvernements à des niveaux si dangereux qu’il est peut-être devenu impossible de relancer l’économie via les dépenses publiques.

Ce fardeau de la dette rend également très improbable la normalisation de ces politiques monétaires extrêmes, vu que cette normalisation engendrerait probablement la faillite de nombreux gouvernements. L’émergence d’une récession ferait de gros dégâts vu que les politiques monétaires ou fiscales ne pourront être utilisées pour la combattre. Seules l’inflation et la croissance économique peuvent régler ce dilemme alors que l’un comme l’autre ne peut dépasser la vitesse d’une tortue. Il faut couper le nœud gordien, mais comment ?

Le parachutage d’argent par hélicoptère pourrait être le lapin sorti du chapeau des banquiers centraux, vu qu’il doperait probablement l’inflation. Déterminer si cette inflation évoluera de façon ordonnée ou incontrôlée est difficile à prédire. Quoi qu’il en soit, cette politique, que ce soit l’objectif ou pas, pourrait sonner le début d’une nouvelle ère du système monétaire, dans lequel différentes monnaies électroniques, dont la confiance serait basée sur leur réputation, entreraient en concurrence.

Un tel contexte signifierait également pour l’or que son heure est arrivée. Si l’argent papier devait vraiment tomber du ciel, les efforts de reflation des banques centrales finiront par être couronnés de succès pour dépasser les objectifs souhaités, soit fournir un environnement dans lequel l’or se comporte bien. Le métal jaune, qui jouit d’une grande confiance depuis des milliers d’années, pourrait de plus jouer un rôle important dans ce nouvel ordre monétaire basé sur la réputation. »

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Le graphique ci-dessus est éloquent, plusieurs constats peuvent être faits. Cela dit, tous mènent à la même conclusion, à savoir le fait que 2016 est une année où les Etats-Unis sont bel et bien en récession économique, et ce malgré les déclarations du gouvernement américain, qui affirme le contraire. Voyons cela en détail (article de David Haggith, publié le 4 août 2016 sur SafeHaven.com).

Les évolutions du PIB américain indiquent, sur base des tendances historiques, que nous sommes déjà en récession

La ligne rouge sur le graphique représente le PIB actuel des Etats-Unis (1,2 %), tel qu’il est estimé par le Bureau of Economic Analysis (BEA). A ce propos, il est intéressant de noter qu’à peu près à chaque fois que le PIB des Etats-Unis a atteint ce niveau durant les soixante-dix dernières années, l’Etat est entré en récession (voir les zones bleues). En effet, lorsque l’Etat nord-américain n’était pas sur le point d’entrer en récession à ce moment précis – c’est-à-dire lorsque le PIB atteignait 1,2 % –, il l’était déjà, et ce à chaque fois à part dans trois cas exceptionnels. Deux de ces cas s’avèrent être des « exceptions qui confirment la règle générale » :

A seulement deux reprises depuis la Grande récession, les Etats-Unis ne sont pas entrés en récession lorsque leur PIB a été aussi bas. La raison à cela est que, dans les deux cas, la Réserve fédérale a immédiatement – et massivement – injecté des « doses » d’assouplissement quantitatif. Cela étant dit, la Réserve fédérale ne fera pas autant cette fois-ci, si l’on en croit à son discours qui tourne autour d’une augmentation des taux d’intérêt. Un assouplissement quantitatif prouverait en effet que le gouvernement fédéral est inapte à augmenter ces mêmes taux d’intérêt.

Qui plus est, le graphique nous rappelle quelque chose dont nous sommes tous conscients : si l’on se fie à la fréquence moyenne entre les récessions, les Etats-Unis sont voués à entrer en récession en 2016.

Une observation encore plus intéressante à noter concerne le déclin général sur le long terme de la croissance économique des Etats-Unis. Soixante-dix années plus tôt, ils sont sortis de la récession avec un taux de 12 % de croissance en termes de PIB. Durant les trente années suivantes, ils sont sortis des récessions avec une croissance qui tourne autour de 8 %. Lors des vingt années après cela, le mieux que les Etats-Unis pouvaient espérer était une croissance autour de 4 %. Enfin, concernant la dernière décennie, les plus hauts pics que l’Etat nord-américain a pu atteindre en termes de croissance économique, furent autour de 3 %.

Le déclin de la croissance du PIB pourrait être expliqué, du moins partie, par le fait qu’il est difficile d’arriver à un pourcentage dont la croissance augmente aussi vite que le PIB en soi. En guise d’exemple, il est plus facile de doubler votre vitesse sur un laps de dix kilomètres par heure que sur un laps de cinquante kilomètres par heure.

Toutefois, en voyant comment la dette nationale américaine s’est accumulée, tout cela reflète aussi comment la capacité des Etats-Unis à générer de la croissance a diminué significativement, en raison notamment de toute la charge économique que l’Etat doit transporter.

L’on pourrait également blâmer les régulations ascendantes, mais il y a une chose particulière que vous ne pourriez pas blâmer… et il s’agit des impôts. Le fait est que nous avons atteint des taux de croissance bien plus élevés par le passé, et ce lorsque les impôts entrants (en particulier les impôts sur les gains en capital) étaient, eux aussi, bien plus élevés (qu’il s’agisse des impôts corporatifs ou individuels). En ce sens, le déclin de la croissance ne peut certainement pas être imputé aux impôts élevés, juste parce qu’ils sont élevés.

Constater que la diminution des taxes et impôts n’a pas fait grand-chose pour booster la croissance des Etats-Unis, c’est certainement quelque chose qui va irriter bon nombre d’entre nous. Cela dit, l’on peut clairement affirmer que diminuer ou tout simplement supprimer les impôts, ne va pas sauver l’économie américaine. Il y a d’autres problèmes sérieux qui ne peuvent pas être résolus avec une simple diminution – ou suppression – des impôts.

L’on ne pourrait pas non plus blâmer le libre-échange pour les problèmes de croissance, car les pires déclins en termes de croissance sont arrivés bien avant l’avènement du libre-échange. Toutefois, en retournant la question, certains pourraient très bien dire que le libre-échange n’a pas réellement boosté le taux de croissance américain, tout comme les impôts bas ne l’ont pas fait non plus.

Tout cela étant dit, la chose la plus cohérente que l’on peut blâmer pour le déclin de la croissance, c’est bel et bien le gouffre de la dette nationale qui a miné l’économie américaine. En effet, l’Etat et les entreprises ont tenté de faire croître la croissance économique sans avoir à payer pour cela. En d’autres termes, ils ont élargi la dette aux mauvais moments pour créer un stimulus de croissance, mais ils n’ont jamais remboursé cette dette aux bons moments.

Indépendamment de la cause de ce déclin, nous sommes arrivés à un moment où la croissance des Etats-Unis est tellement basse, que nous avons besoin d’un stimulus extraordinaire pour garder la tête au-dessus de l’eau. Et même si les Etats-Unis ne sont pas entrés en récession à chaque fois qu’ils ont atteint un niveau du PIB aussi bas (nous avons mentionné les trois exceptions, dans deux d’entre elles la récession ayant été évitée avec des mesures draconiennes), chaque récession des Etats-Unis lors des soixante-dix dernières années a eu lieu au moment – ou juste avant – que son PIB arrive au niveau actuel. Et il est bien question de toutes les récessions !

La récession de 2016 se déploie

Les récessions ne deviennent officielles que lorsqu’elles sont annoncées comme telles, et non pas quand elles commencent. Par définition, une récession ne devient officielle qu’à l’issue de deux trimestres consécutifs de déclin du PIB. Qui plus est, les récessions ne sont habituellement pas déclarées avant que les chiffres ne soient révisés, et, en règle générale, tous les gouvernements semblent optimistes avant cette révision.

Par conséquent, les récessions sont reconnues à peu sept mois après leurs débuts. Souvent même, elles ne sont reconnues qu’un an après ceux-ci. Dans l’imaginaire commun, nous ne sommes pas en récession tant que celle-ci n’a pas été officiellement annoncée.

Néanmoins, l’on peut dire que nous sommes actuellement en récession, et il s’agit d’une grande récession. Et même si le graphique montre clairement que la première période d’assouplissement quantitatif a sorti les Etats-Unis du ventre de la Grande récession, et donc de la ligne rouge de la récession, il montre également que l’Etat nord-américain est retourné en dessous de la ligne rouge dès que le tour d’assouplissement quantitatif (AQ) a pris fin. L’économie américaine a par conséquent besoin d’une autre injection d’assouplissement. En d’autres termes, cette dernière a atteint le niveau critique à chaque fois que le stimulus économique a pris fin. L’on peut dire que sans stimulus, l’économie américaine végète dans un état de perpétuelle récession : elle est, en réalité, un mort-vivant.

Notez comment la ligne de croissance titube vers le haut au cours de la dernière période d’AQ. C’est parce que cette période a été une injection d’argent frais (une nouvelle injection tous les mois pour une période de deux ans).

Remarquez aussi comment les Etats-Unis ont maintenu un mouvement descendant et stable vers la ligne rouge après que le dernier cycle d’assouplissement quantitatif continu (AQ3) ait pris fin à l’automne 2014.

L’économie américaine a été maintenue marginalement en vie seulement grâce à une série de stimulus, dont elle est devenue tout simplement dépendante. Ce graphique le démontre d’ailleurs très bien.

Cette même économie a fait l’objet de doses de stimulus répétées au travers de la plus grande impression d’argent dans l’histoire du monde, et ce aux taux d’intérêt les plus bas jamais connus, applicables et appliqués par les banques centrales à travers le monde entier, juste pour maintenir artificiellement le patient en vie depuis la Grande récession.

Une fois ce traitement fini, nous découvrirons en réalité à quel point le patient est mort, tout en s’enfonçant en direction du ventre de la Grande récession. Ce graphique montre clairement qu’à chaque fois que l’AQ prend fin, nous sombrons aussi vite vers les niveaux de croissance que l’on associe aux récessions. Mais cette fois-ci, il n’y aura pas d’assouplissement quantitatif pour nous sauver.

Cela ne veut pas dire pour autant que, une fois de retour en dessous de la ligne rouge, comme c’est le cas actuellement, la Réserve fédérale ne lancera pas un programme massif de relance, juste pour garder le patient un tant soit peu en vie ; mais il faut dire que la prochaine période d’AQ viendra trop tard et qu’aucun montant ne sera suffisant pour faire le travail.

Les économistes contemporains : les dinosaures les plus bêtes à avoir parcouru la Terre

Les économistes contemporains ne sont pas capables de voir une récession qui arrive, et ce même quand elle leur saute aux yeux.

En effet, ils [on inclut ici les économistes de la Réserve fédérale et du gouvernement, bien évidemment]ont arrêté de croire dans les lois économiques, et ce depuis de longues années. Ils vivent dans des mondes imaginaires et, en ce faisant, ils créent des économies de merveilles qui fonctionnent à l’envers.

Dans l’histoire du monde, il n’y a jamais eu un nombre aussi conséquent de personnes intelligentes, qui restent pourtant constamment muettes dans le domaine de leur propre expertise, et qui sont en plus constamment récompensées pour ce faire.

Ce graphique est une illustration claire de la faillite totale ayant résulté de la croyance économique moderne en une économie basée sur la dette. L’on peut même dire que c’est un témoignage de l’échec ayant résulté de la foi religieuse des économistes de relance en la banque centrale, ainsi que de leur refus de croire en l’ancienne loi éprouvée des rendements décroissants.

La vitesse à laquelle les bénéfices des relances ont diminué au cours des dernières décennies, alors même que l’ampleur du stimulus a augmenté de façon exponentielle, montre clairement que la prochaine injection (d’argent à des taux d’intérêt négatifs) sera en réalité l’injection la plus massive que le monde ait connue. Pourtant, elle ne sera suffisante que pour envoyer le patient dans un état comateux au bord de la ligne rouge. La prochaine dose de stimulus pourrait peut-être remuer brièvement le rythme cardiaque du patient, mais, en réalité, elle le tuera définitivement.

2016, l’année de l’« Apocalypse économique »

Voilà pourquoi nous pouvons appeler 2016 l’année de l’« Apocalypse économique » : cette année où nous sombrerons de nouveau dans le ventre de la Grande dépression. Ce sera l’année où les plus grandes injections de relance ne nous permettront que de garder la tête au-dessus de l’eau, et ce juste le temps de voir les prochaines élections arriver.

Tout le monde au sein du gouvernement (démocrates et républicains … ainsi que le jeton socialiste) fera tout pour « réparer » brièvement l’économie, afin de s’assurer que Donald Trump ne sera pas élu.

Si Trump se fait élire, les sorciers des fausses finances abandonneront la bataille le lendemain de l’élection, et alors tout l’enfer atterrira sur l’économie américaine. Cela dit, ce sera peut-être une bonne chose pour certains de ces économistes, car ils vont essayer d’utiliser Trump comme boucé missaire, afin d’imputer leur échec à la panique que son élection aura causée. Dans le pire des cas, le gouvernement perdra tout contrôle sur l’économie avant même l’élection, car même les pires sorcelleries pourraient ne pas maintenir la marche de l’économie de zombies actuelle.

Au risque de nous répéter, ce graphique est une preuve très cohérente de la baisse des rendements, pourtant dans un contexte d’efforts exceptionnels. Qui plus est, il démontre malheureusement que l’économie américaine se dirige sans relâche vers le ventre du deuxième tour de la Grande récession.

« Le rétablissement » du gouvernement et de la Réserve fédérale est entièrement artificiel et insoutenable. Tout économiste qui manifeste un tel mépris flamboyant pour les vrais économiques (c’est-à-dire tout économiste qui croit en une économie basée sur la dette) a une courge en guise de tête. En effet, ce graphique témoigne clairement de la faillite d’une économie dont les fondations reposent sur la dette. Malheureusement, nombreux sont ceux et celles qui détournent les yeux face à cette réalité.

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james turk

Interview de James Turk, publiée, le 22 juin 2016 sur KWN : 

« Cela commence à vraiment sentir le roussi pour les banques. Les cours de nombreuses actions bancaires sont dans une tendance baissière claire, ce qui est particulièrement le cas pour les banques européennes. Elles sont nombreuses à être embourbées dans des marais de prêts non garantis qui ne seront jamais remboursés et qui devront donc être passés en perte totale.

Le pays le plus mal en point est probablement l’Italie. Les crédits non performants, c’est-à-dire ceux dont les remboursements ne suivent pas les termes définis, représentent des sommes supérieures aux capitaux propres des banques. Pire encore, les crédits non performants des banques italiennes ont à nouveau augmenté sur les 12 derniers mois, passant de 17 à 18 %. Il est difficile d’imaginer que 18 % de tous les crédits émis dans un pays présentent des créances en souffrance. Comme l’indique le taux de chômage italien de 11,7 %, l’économie de la Botte est en difficulté.

L’Espagne, Portugal et d’autres pays ont également ce genre de problème. Nous devons reconnaître le fait que ces créances douteuses sont peut-être insurmontables vu qu’elles sont supérieures au capital des banques. Celles-ci ne peuvent donc les passer en pertes vu que cela engloutirait leurs capitaux propres. Autrement dit, ces banques sont techniquement en faillite vu que la valeur de ces actifs telle que rapportée sur leur bilan moins leur valeur véritable représente un montant supérieur à leurs fonds propres.

Nous ne devons donc pas être bernés par le fait que ces banques sont toujours en activité. Malgré le fait que bon nombre d’entre elles soient insolvables, elles restent liquides en raison des largesses de la BCE, qui préfère les maintenir en vie plutôt que de faire face aux conséquences d’une faillite.

En cas de faillite, soit le gouvernement doit renflouer la banque, soit ce sont les clients ou les investisseurs qui doivent le faire, comme ce fut le cas à Chypre et en Grèce. La situation aux États-Unis n’en est d’autant pas plus reluisante, comme le montre le graphique ci-dessous :

prets-defaut-usa

Il montre les changements annuels des prêts en défaut qui sont dus aux banques américaines. Le graphique vient d’être mis à jour jusqu’au 1er janvier 2016, ce qui signifie qu’il affiche une période de latence de 6 mois et que nous ne pouvons donc connaître la faiblesse actuelle de l’économie, qui je pense indiquera un environnement qui s’est empiré.

Lorsque la courbe passe au-dessus de zéro, il s’agit souvent d’un bon indicateur d’une récession à venir. Ce graphique indique donc que nous serions entrés en récession, scénario qui est corroboré par toute une série d’autres indicateurs économiques. (…) »

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tempête qui approche

Article de Michael Snyder, publié le 15 juin 2016 sur The Economic Collapse Blog : 

« Vous allez voir des preuves irréfutables montrant que l’économie américaine ralentit depuis un certain temps. Il est très important de se concentrer sur les faits au lieu de considérer des opinions, nombreuses sur Internet, qui tentent de brosser le portrait de l’économie  : (…)

  1. La production industrielle est désormais en déclin depuis 9 mois d’affilée. Cet événement ne s’est jamais produit aux États-Unis en dehors d’une récession.
  2. Les faillites augmentent, sur base annuelle, depuis 7 mois d’affilée. Depuis septembre, elles sont en hausse de 51 %.
  3. Le taux d’impayés sur les crédits commerciaux et industriels ne cesse d’augmenter depuis janvier 2015.
  4. Les ventes globales des entreprises américaines (total business sales) baissent continuellement depuis la mi-2014. Non, je n’ai pas dit 2015. Ces ventes baissent depuis presque 2 ans maintenant, et nous venons juste d’apprendre qu’elles ont connu un nouveau déclin de 2,9 %, par rapport au même mois de l’année précédant, pour atteindre les niveaux d’avril 2013.
  5. Les commandes dans l’industrie sont en baisse depuis 18 mois d’affilée.
  6. Le Cass Shipping Index est en baisse, sur base annuelle, depuis 14 mois d’affilée.
  7. La production de charbon américaine a atteint un plus bas de 35 ans.
  8. L’outil maison de Goldman Sachs qui jauge la santé de l’économie américaine a atteint son plus bas niveau depuis la dernière récession.
  9. Les « indicateurs de récession » de la JP Morgan sont à leurs niveaux les plus élevés depuis la dernière récession.
  10. Les rentrées fiscales fédérales et régionales diminuent traditionnellement à l’aube d’une récession, et c’est exactement ce qui a lieu en ce moment.
  11. Le Federal Reserve’s Labor Market Conditions Index est en baisse depuis 5 mois d’affilée (santé du marché du travail).
  12. Les chiffres de l’emploi du mois dernier sont les pires chiffres publiés par le gouvernement américain durant ces 6 dernières années.
  13. D’après Challenger, Gray & Christmas, les annonces de plans de licenciements des grandes entreprises sont en hausse de 24 % par rapport à la même époque de l’année dernière.
  14. Les publications d’offres d’emploi sur LinkedIn ne cessent de baisser depuis février après une augmentation de 73 mois consécutifs.
  15. Le nombre de travailleurs temporaires aux États-Unis a atteint un pic pour ensuite tomber précipitamment avant le début de la récession de 2001. La même chose s’est également passée juste avant le début de la récession de 2008. Serez-vous surpris d’apprendre que le nombre de travailleurs temporaires et d’intérimaires aux États-Unis a atteint un pic en décembre dernier et baisse précipitamment depuis ?

Il y a aussi la nouvelle du plan de licenciement de Bank of America, qui pourrait remercier jusqu’à 8000 travailleurs. (…) Wal-Mart a annoncé qu’il allait licencier dans ses divisions comptables dans environ 500 points de vente. Jour après jour, des nouvelles de ce genre accumulent. Comment est-il possible si l’économie est vraiment en phase de redressement ? (…)

Dans l’une de ses dernières interventions sur les médias américains, Peter Schiff explique pourquoi la Fed a décidé de relever son taux directeur alors que la situation économique plaidait pour le contraire et pour une fois, tout le monde sur le plateau va dans son sens alors que nous sommes chez Fox News...

Transcription :

Peter, commençons par vous. Les marchés célèbrent la nouvelle. Ont-ils raison de le faire ?

Je ne le crois pas. Ce qu’il faut retenir, c’est que normalement, lorsque la Fed commence à remonter ses taux et à démarrer un cycle de serrage de vis monétaire cela se passe tôt durant une reprise économique lorsque la demande est en hausse, lorsqu’un élan positif est en place.

La Fed a attendu tellement longtemps que cette soi-disant reprise économique est en fait terminée. La prochaine récession est sur le point de démarrer, si ce n’est déjà fait.

Vous vous êtes donc étranglé lorsque vous avez appris la nouvelle ? De mon côté j’étais au bureau quand je l’ai appris, j’en suis presque tombé de ma chaise. John Lonski (de Moody’s) ?

Peter a raison. Vous savez, la Fed n’a jamais relevé son taux directeur lorsque l’écart de taux des obligations pourries est supérieur à 700 points de base.

Il s’agit pourtant d’un indicateur qui montre que nous sommes dans les dernières minutes de la partie.

Je dirais donc que le potentiel de hausse pour les taux d’intérêt est plutôt limité, que ce soit pour les taux à court terme ou les obligations à long terme.

Oui. Bien sûr, elle (Yellen) a mentionné la relation avec l’inflation, nous parlons d’un cycle économique au sens large du terme.

En termes de cycle économique, pensez-vous qu’elle a trop attendu ?

Oui, je dirai ceci : il n’y a pas de raison économique, Lou Dobbs a raison sur ce point. Vous savez que nous avons eu une discussion animée plus tôt aujourd’hui.

Les discussions le sont toujours avec vous Charlie Gasparino.

Il a raison. Rien ne justifie une hausse des taux en ce moment. L’inflation est basse, le cycle économique actuel a démarré il y a sept ans, nous sommes probablement à son terme,

la bulle des matières premières a explosé, les obligations pourries se font massacrer, il n’y a donc aucune bonne raison économique de le faire.

À moins, à moins que vous pensiez qu’il y a une bulle sur les marchés et je pense que c’est tout le problème. Vous maintenez les taux aussi bas pendant aussi longtemps…

Je sais que 25 points de base c’est peu mais ça reste le mieux que zéro.  (brouhaha)

Toute cette reprise n’est qu’une bulle. Nous n’avons pas assisté à une reprise économique légitime, nous avons juste gonflé des bulles qui doivent être percées.

Si vous observez tous les indicateurs économiques à terme, ils annoncent tous une récession. La seule exception est le taux de chômage, un indicateur à retardement car les employeurs ne licencient pas le personnel en prévision d’une récession.

Je suis d’accord avec toi mais quid de l’immobilier ?

Il y a toujours une bulle sur le marché de l’immobilier. Les prix sont trop élevés. C’est pourquoi le taux de propriété est à son plus bas depuis 50 ans mais cette fois, c’est différent.

Il s’agit d’une bulle différente. Aujourd’hui, la plupart des gens louent. Les hegde funds et les sociétés financières privées ont utilisé l’accès facile et bon marché au crédit

pour spéculer sur les maisons familiales qu’ils essaient de louer. Lorsque les taux vont grimper, toutes ces bulles vont éclater.

La bulle obligataire aussi, pas seulement les obligations pourries. Il y a une bulle sur le marché du crédit souverain, il y a une bulle sur les Treasuries.

Concentrons-nous sur les fondamentaux, même si on éjecte toutes les sociétés énergétiques du S&P 500 qui se sont fait massacrer au T3, les sociétés restantes affichent une croissance de leurs ventes annuelles inférieures à 1 %.

Croyez-moi, il est impossible que l’on assiste à la poursuite des embauches de ces derniers temps si les ventes…

Ok, voyez-vous des dégâts à venir en raison de ce relèvement des taux décidé dans un contexte qui semble annoncer une récession ?

Je pense que ce que le marché a apprécié, c’est le fait qu’elle a déclaré qu’elle pourrait ne plus jamais relever les taux. En bref, c’est ce qu’elle a dit.

Je pense qu’ils démarreront le QE4 l’année prochaine. C’est ça le problème et pas parce que les QE marchent mais parce que nous sommes pris au piège.

Est-ce que les marchés vont apprécier ce nouveau QE ?

Hmm… Le marché de l’or va apprécier.

Si les marchés grimpent maintenant, c’est parce qu’il semble qu’elle ne relèvera pas davantage les taux ou parce qu’elle ne cesse de marteler qu’elle a confiance en l’économie et dans les marchés ?

Si le marché croit en la Fed, il y a un problème. N’oubliez jamais le problème des subprimes.

Mon ami Lonski, vous dites beaucoup de mal de la Fed. On dirait que vous avez perdu confiance. Et vous ?

La Fed n’a aucune confiance, c’est la raison pour laquelle elle relève ses taux. Elle a peur d’admettre qu’elle n’a pas confiance. Cette hausse symbolique a pour but d’occulter ce fait.

Si la Fed avait vraiment confiance en l’économie, elle aurait agi il y a des années déjà mais alors elle aurait fait éclater les bulles plus tôt et nous serions déjà dans la crise financière suivante.

En voilà un point de vue négatif mais cela a du sens.

La plupart des gens s’accorderont pour dire qu’au vu de la situation économique, il n’y a aucune raison de relever les taux sauf s’il y a un risque de bulle.

Ou si vous souhaitez vous garder pour l’avenir une certaine marge de manœuvre…

Je crois que nous sommes d’accord… Ce qui est un peu effrayant.

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Article de John Rubino, publié le 19 novembre 2015 sur SafeHaven.com :

« En temps normal, les économies majeures de la planète affichent des comportements variés. Certaines ont le vent en poupe, d’autres patinent, certaines régressent tandis que d’autres traversent une crise. Il n’y a que durant les périodes extrêmes d’expansion/récession que tout le monde se retrouve quasi dans le même bateau. Il semblerait que nous soyons en plein dedans et que le bateau est même en train de couler. Le Japon, par exemple, est de nouveau en récession :

recession au japon

…tandis que sa dette continue de progresser.

dette-japon-pib

Depuis avril l’économie brésilienne est en recul tandis que son déclin s’accélère.

L’Europe plonge dans une combinaison de chaos financier et géopolitique qui pourrait non seulement dissoudre la zone euro mais aussi certains pans de l’Union européenne, tout particulièrement la libre circulation des personnes.

La Chine affirme qu’elle connaît toujours la croissance mais plus personne n’y croit alors que son secteur de l’acier plonge dans les abysses.

La guerre civile (sic) au Moyen-Orient a désormais entraîné la France et la Chine aux côtés des États-Unis et de la Russie (note : après Paris et l’assassinat d’un otage chinois par l’EI).

Même aux États-Unis, considérés comme une île de stabilité, l’économie faiblit tandis que la dette augmente. Les mauvaises nouvelles s’accumulent, notamment au niveau de la construction et des ventes de détail.

Seuls les marchés sont la seule éclaircie dans la grisaille, même si la situation s’est détériorée. La plupart des valeurs stagnent ou  baissent (parfois violemment), les index ne doivent leur salut qu’à quelques titres phares.

Pourquoi l’ensemble du monde se trouve-t-il simultanément dans une crise financière et/ou géopolitique ? Car tous les pays de la planète ont commis les mêmes erreurs. Armées de leur planche à billets, la plupart des grandes nations ont opéré avec un sentiment d’omnipotence découlant naturellement du pouvoir de créer l’argent à l’infini.

Les États-Unis ont bâti à crédit un empire militaire pour tyranniser l’ensemble du monde de façon presque aléatoire, déstabilisant le Moyen-Orient et alimentant l’animosité envers eux presque partout. L’Europe a adopté une monnaie commune inadaptée en estimant pouvoir gérer les crises à venir par la création monétaire. La Chine a pensé pouvoir construire à crédit des routes, des aéroports et des villes entières en espérant que ces infrastructures rapportent ensuite par magie d’énormes quantités d’argent. Le Japon a quant à lui oublié d’effectuer les changements structurels nécessaires pour faire face au vieillissement de sa population. Au lieu de cela, ce pays a emprunté et créé les yens nécessaires pour boucler budget après budget.

Autrement dit, tout le monde a oublié le sage conseil suivant : ‘lorsque vous êtes au fond du trou, la première chose à faire est d’arrêter de creuser’. Ce qu’ils n’ont pas fait, croyant que le ‘monétarisme moderne’ serait toujours là pour les sauver.

Mais aujourd’hui, un débat intéressant émerge : les politiques actuelles ont-elles échoué en raison de modèles scabreux et de suppositions erronées ou parce qu’elles n’ont pas été appliquées assez vigoureusement ? Vu que personne n’aime reconnaître ses erreurs ou abandonner le pouvoir, les huiles en charge vont probablement opter pour la 2e explication en en remettant une couche en 2016 : intérêts négatifs, QE dirigé vers l’économie réelle, guerre contre l’argent liquide. Plus fort, plus beau, plus grand. Ajoutez ces ingrédients au mélange actuel et on risque d’obtenir une année 2016 prête à entrer dans les annales de l’histoire. »

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métro de tokyo

Il n’y a pas plus têtu qu’un Keynésien qui campera toujours sur ses positions en allant jusqu’à ignorer les conclusions empiriques : le Japon en est le parfait exemple. La BoJ a beau être engagée dans un programme massif de création monétaire, l’économie japonaise a été en récession durant cinq des sept dernières années. Article du Guardian, publié le 16 novembre 2015 : 

« L’économie japonaise est entrée en récession durant deux trimestres consécutifs pour la 5e fois en sept ans, selon les statistiques, augmentant la pression sur Shinzo Abe.

Le Japon replonge en récession pour la 5e fois en sept ans alors que de grandes incertitudes planent sur l’économie mondiale, ce qui augmente la pression sur les décideurs afin qu’ils déploient de nouvelles mesures de stimulation pour soutenir une reprise fragile.

Durant les mois de juillet à septembre 2015, la 3e économie du monde s’est contractée de 0,8 % soit bien plus que les 0,2 % anticipés par les marchés, d’après les statistiques gouvernementales publiées ce lundi.

Cette contraction suit celle révisée de 0,7 % enregistrée pour le trimestre précédent (T2), ce qui signifie techniquement que le Japon est en récession (on considère qu’un pays est en récession quand il a connu deux trimestres consécutifs de contraction de son PIB). C’est la 5e fois depuis 2008 que le Japon est en récession.

Le Nikkei a plongé fortement lundi à l’ouverture, la déception concernant la croissance s’ajoutant aux attaques terroristes de Paris. A la mi-journée, il limitait les pertes à 1 %, dans l’espoir que la nouvelle force la classe politique à lancer une nouvelle batterie de mesures. (…) »