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Referendum

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Le référendum de ce dimanche en Italie pourrait entraîner une nouvelle crise bancaire en Europe, d’après l’économiste en chef de Manulife Asset Management.

« À mon avis, le plus gros risque est actuellement le secteur bancaire, plus important encore que le risque politique, même s’il en découlerait de l’instabilité », a déclaré à CNBC ce mardi Megan Greene, économiste en chef de Manulife Asset Management.

Les électeurs italiens devront se prononcer sur les réformes proposées de la constitution. Mais la majorité de l’électorat voit plutôt ce référendum comme un vote de confiance envers le Premier ministre et le gouvernement actuel. Le Premier ministre Matteo Renzi a déclaré qu’il démissionnerait si les réformes n’étaient pas validées. On s’attend à ce que le non l’emporte pour ramener l’instabilité politique et financière dans la 3e économie de la zone euro.

« Si une nouvelle crise devait se déclarer dans le secteur bancaire italien, non seulement elle aurait le potentiel de se propager à travers l’Europe mais la solution de Renzi pourrait enfreindre les règles européennes concernant le renflouement des banques. Dans un tel scénario, il saperait énormément l’union bancaire européenne, qui est en fait le seul dossier européen qui a enregistré des progrès depuis le début de la crise, » a ajouté Greene.

Une crise bancaire en Italie est possible si les investisseurs décident de ne plus contribuer à la solution mise en place pour certaines des banques italiennes les plus fragiles. Les gestionnaires de fonds, les assureurs et les banques se sont mis d’accord cette année pour mettre en place un fonds de 5 milliards d’euros destiné à renflouer les banques en difficulté. Ce dispositif a donc apaisé les craintes concernant la stabilité d’un secteur bancaire italien obéré par de nombreux prêts non-productifs (qui présentent des créances en souffrance).

D’après un rapport de ce lundi du Financial Times, qui se base sur des officiels et des banquiers de haut niveau, jusqu’à 8 banques italiennes pourraient être en difficulté en cas de victoire du non au référendum.

Si les sondages devaient s’avérer exacts et que Renzi perd le référendum, les analystes pensent qu’il formera un nouveau gouvernement, des élections anticipées étant peu probables.

« Les investisseurs ne voudront peut-être plus participer (au fonds) en cas d’instabilité politique suite au référendum, » a déclaré Greene à CNBC.

« Ce gouvernement ne pourra rien faire d’autre qu’une réforme électorale, donc l’Italie ne pourra se doter des réformes structurelles dont elle a besoin », a ajouté Greene.

Simultanément, les dirigeants italiens ont minimisé l’impact potentiel du référendum sur les banques et l’Europe. Paolo Gentiloni, ministre italien des Affaires étrangères, a déclaré à CNBC ce lundi que les craintes des marchés concernant un défaut potentiel ne sont pas justifiées.

Gentiloni a déclaré à CNBC que de telles craintes étaient raisonnables en 2011, mais que depuis, la situation s’est améliorée. Il a également ajouté qu’il n’y a aucun risque de contagion à l’Europe. « Nous aurions certainement un pays plus faible et plus instable, mais ce ne serait pas une menace pour l’économie européenne », a-t-il déclaré.

Article de CNBC, publié le 29 novembre 2016

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arroser la démocracie

Jouer les chevaliers blancs de la démocratie à l’étranger et se comporter de façon autoritaire dans son propre jardin : voilà le grand écart, digne de Jean-Claude Van Damme, que les élites européennes sont désormais tenues de faire au quotidien. Le Brexit vient une fois de plus de le démontrer : voici comment les Européistes réagissent lorsque la populace ne vote pas comme attendu.

Il faut revoter

Dans la lignée du célèbre « il faut revoter » de l’inénarrable Daniel Cohn-Bendit après le résultat de la consultation populaire suisse sur les minarets, des voix s’élèvent pour la tenue d’un second référendum. À ce titre, une pétition est d’ailleurs apparue sur Internet… Dont il s’avère que certaines signatures électroniques ont été enregistrées en provenance des îles Caïmans, de Tunisie ou encore d’Islande (la diaspora britannique, nous présumons… source). Donc, en quelque sorte, la démocratie c’est le droit de donner son avis pour autant qu’il soit conforme à la volonté de ceux qui nous dirigent.

Le Brexit sera-t-il actionné ?

La question mérite d’être posée. Après tout, ce ne serait pas le premier référendum qui serait tout simplement snobé par la classe politique, le résultat n’étant pas celui escompté. D’ailleurs, il est important de rappeler que le résultat de ce référendum n’est en aucun cas contraignant. Cet article du Soir, journal belge champion de l’européisme et de la bien-pensance, n’y va pas par 4 chemins : « La question peut paraître étonnante, mais dans certains milieux dirigeants européens, on se la pose déjà : est-ce que le Royaume-Uni respectera la volonté démocratique exprimée lors du référendum, et actionnera le Brexit, c’est-à-dire la sortie de l’Union européenne ? (…) « Les choses ne se passent pas tout à fait comme cela avait été annoncé », explique un diplomate européen généralement bien informé des tendances des réflexions en haut lieu. »

Était-ce une bonne idée ?

Ce même journal, qui multiplie également les articles sur la montée du « populisme », n’a décidément pas froid aux yeux. Interrogeant une volée de cerveaux universitaires, il pose la question : « Un référendum sur le Brexit était-il une bonne idée ? » :

« Pour les politologues, le référendum peut être intéressant à condition d’être bien encadré et ses enjeux correctement expliqués. Car une question simple en apparence, ne l’est pas nécessairement. »

Traduction : la démocratie c’est très bien, mais il ne faudrait quand même pas trop prendre en compte l’avis de la population, qui est bien trop idiote pour donner son avis sur des questions aussi complexes, à moins de lui avoir très bien expliqué ce qu’elle doit voter.

La désinformation continue

Suite à ce vote historique, la campagne de désinformation continue à propos des conséquences du Brexit. Que vont faire les citoyens européens qui travaillent en Grande-Bretagne, comment vont faire les vacanciers britanniques pour voyager dans l’Union sans visa, risque de reprise de la guerre civile en Irlande, etc. On essaie de nous faire croire que sans Union européenne, les états sont dans l’incapacité de négocier des accords bilatéraux que ce soit sur la libre circulation des citoyens, la mise en place de régimes spéciaux pour les séjours de courte durée ou tout autre dossier. Par exemple, vous pouvez aller en vacances en Turquie sans visa ou passeport. En dehors de l’union, la Grande-Bretagne nesera plus contrainte d’appliquer toutes les mesures décidées par les technocrates non élus de Bruxelles… Mais rien ne les empêche d’adopter des dispositions similaires, au cas par cas et en fonction de ses intérêts. Du coup, on se demande bien qui sont les « populistes » : les partisans de la souveraineté ou les Européistes ?

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UK sortie de l'UE

Nous n’y croyions pas du tout, ce fut donc une surprise totale ce matin lorsque nous avons découvert que les partisans de la sortie de l’UE ont fini par émerger dans ce référendum attendu par toute l’Europe et la planète. Après une nuit folle animée par toutes les spéculations, l’issue que tout le monde craignait, ou presque, s’est matérialisée au milieu de la nuit pour être confirmée au petit matin. Les conséquences ne se sont pas fait attendre : effondrement de la livre sterling à son plus bas de 1985, bond de l’or qui a allègrement passé la barre des 1300 $ et marchés qui tanguent.

Au final, c’est donc Jim Rickards qui avait raison. Face à un monde financier trop sûr de lui qui s’était déjà lourdement positionné pour la victoire du « Remain », parier sur la sortie de l’Union en misant par exemple sur l’or ou la baisse de la livre sterling représentait un bon rapport « risque/rendement ». Et avec l’or qui s’est apprécié de presque 5 % en quelques heures, ceux qui ont pris ce risque ont été largement récompensés.

Parmi les européistes, les élites et les financiers, c’est bien entendu la stupéfaction. Dans un premier temps, la victoire du « Remain » fut annoncée à 52 %. Nigel Farage, leader de la campagne en faveur du Brexit, a même été jusqu’à reconnaître la défaite de son camp pour ensuite se raviser un peu plus tard. Petit à petit, la tendance s’est inversée pour finalement consacrer la victoire des partisans de la sortie de l’Union européenne à 52 %.

Tendances régionales fort variables

En gros, l’Angleterre a fortement voté en faveur du Brexit, à l’exception de Londres,  alors que l’Écosse et l’Irlande du Nord ont soutenu le maintien dans l’Union. Ce qui est quelque peu paradoxal, vu que l’entité qui fédère des territoires souhaite s’affranchir de la tutelle qui entrave sa souveraineté, tandis que ces mêmes les entités fédérées ont voté pour maintenir la tutelle d’une autorité supérieure… à l’autorité fédérale! Ce qui signifie qu’outre les risques de désintégration de l’Union européenne, c’est le Royaume-Uni qui pourrait voler en éclats le premier, l’Écosse et l’Irlande du Nord souhaitant globalement être membre de l’Union. Ce sont évidemment les régions laissées pour compte économiquement qui ont largement contribué à cette issue historique.

Brexit : les marchés tanguent

Mais les principales conséquences de ce Brexit sont bien entendu financières et politiques. Les marchés, par les mouvements de la livre, de l’or, des actions, etc., dans les jours qui ont précédé le référendum ont clairement indiqué qu’ils s’attendaient au maintien du statu quo. Ce résultat-surprise a donc provoqué une véritable pagaille sur les marchés, propulsant les métaux précieux à la hausse, faisant chuter la livre sterling de plus de 10 % jusqu’à son plus bas de 1985.

À l’heure d’écrire ces lignes, on attend toujours l’ouverture des bourses européennes (note : Paris vient d’ouvrir en baisse, de plus de 7,5 %) alors que le carnage a déjà débuté en Asie, avec un Nikkei en baisse de près de 8 % au moment d’écrire ces lignes et une bourse de Hong Kong en recul d’environ 4 %. À Londres, on attend une ouverture avec une baisse de 8,8 % du FTSE100. Si la journée devait se finir de cette façon, il s’agirait de la 3e plus grosse baisse de l’histoire du FTSE ! Cette journée s’annonce donc extrêmement mouvementée sur les marchés, qui pourrait se muer en « Vendredi Noir ». Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, les investisseurs qui se sont bien positionnés sur l’or peuvent observer sereinement cette pagaille en grignotant l’un ou l’autre pop-corn.

Cameron devrait démissionner, panique chez les technocrates européens

David Cameron, l’homme qui a au moins eu le courage d’organiser ce référendum dans une Europe où les parlements préfèrent se passer de l’avis des peuples, voire même passer outre lorsque les consultations ne produisent pas les résultats escomptés, devrait démissionner très rapidement. Dans le camp des Travaillistes, c’est même la cacophonie complète alors qu’une certaine frange du parti demande de démarrage dans les meilleurs délais des négociations de sortie via l’activation de l’article 50 devant le conseil européen. Chose qui pourrait avoir lieu dès le futur sommet européen des 28 et 29 juin. Cependant, il faudra attendre de 12 à 24 mois pour que la procédure soit bouclée.

Cette victoire, véritable plébiscite de la souveraineté, représente un énorme coup de boost aux Nigel Farage de France, d’Italie et d’ailleurs qui souhaitent voir un tel référendum être organisé dans leur pays respectif.  Marine Le Pen a notamment twitté « Victoire de la liberté ! Comme je le demande depuis des années, il faut maintenant le même référendum en français dans les pays de l’UE ». Aux Pays-Bas, Geert Wilders n’a rien demandé d’autre : « Le jeudi 23 juin sera inscrit dans l’histoire comme le jour de l’Indépendance. L’élite europhile est vaincue. Le Royaume-Uni indique à l’Europe le chemin vers l’avenir et la libération. Le temps est venu d’un nouveau départ, fondé sur ses propres forces et la souveraineté. Aussi aux Pays-Bas. »

Du côté des technocrates européens, on appelle à resserrer les rangs. Donald Tusk en a notamment appelé à l’unité des 27.

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La saga grecque met en scène toute une série de joueurs de poker dont il est très difficile de cerner les intentions véritables. L’Europe souhaite-t-elle conserver la Grèce en son sein ou l’éjecter ? Que veut vraiment la BCE ? Jusqu’où Syriza est-elle prête à aller ? Il faudra probablement attendre quelques années pour connaître toute la vérité, mais en attendant, voici des hypothèses intéressantes (qu’il considère comme des faits sans vraiment citer ses sources) émises par le journaliste du Telegraph, Ambrose Evans Pritchard :

« Comme une tragédie d’Euripide, la longue lutte entre la Grèce et ses créditeurs est en train d’atteindre une fin cataclysmique que personne n’avait anticipé, à laquelle personne ne semble en mesure d’échapper et qui menace de remettre en question l’ordre européen en constitution.

Le premier ministre grec Alexis Tsipras ne s’attendait pas à gagner le référendum de dimanche sur les termes du plan de sauvetage, et encore moins de prendre la tête d’une révolte nationale contre le contrôle du pays par des puissances étrangères.

Cette consultation populaire surprise avait été annoncée dans la perspective et avec l’intention de la perdre. Ce faisant, il aurait donné l’image d’avoir combattu de façon honorable, aurait admis sa défaite et rendu les clés de la villa Maximos (résidence du premier ministre grec) en laissant à d’autres le soin d’implémenter « l’ultimatum » du 25 juin et de souffrir de l’opprobre.

L’annonce de l’ultimatum eut l’effet d’un choc sur le cabinet grec alors qu’il pensait être sur le point de décrocher un accord, aussi mauvais soit-il. M. Tsipras avait déjà pris la décision d’accepter les demandes d’austérité en reconnaissant que Syriza n’a pas réussi à établir un cartel des pays endettés du Sud tout en ayant très mal jugé l’humeur des membres de la zone euro.

Mais au lieu de cela, le cabinet s’est retrouvé confronté à une version durcie du texte exigeant une augmentation de la TVA sur les hôtels touristiques de 7 à 23 % d’un coup.

Les créditeurs insistaient également sur de nouvelles baisses des pensions à hauteur de 1 % du PIB dès l’année prochaine ainsi que la fin progressive du système d’assistance pour les retraités les plus pauvres alors que les pensions ont déjà été réduites de 44 %.

Ils ont également demandé un serrage de vis fiscal de 2 % du PIB pour une économie en chute libre depuis 6 ans de dépression et d’hystérésis. Aucun effacement partiel de la dette n’était prévu. Les Européens sont intervenus en coulisse pour étouffer un rapport du FMI qui valide l’affirmation grecque que la dette n’est pas remboursable. Selon le FMI, la Grèce aurait besoin d’un effacement de 30 % de sa dette ainsi qu’une injection de 52 milliards d’euros pour sortir de la crise.

Ils ont aussi rejeté la proposition grecque de travailler en partenariat avec l’OCDE sur des réformes et avec l’organisation internationale du travail sur des conventions collectives. Ils s’en sont tenus à leur script, refusant de reconnaître que leur propre prescription Dickensonienne est discréditée par des économistes du monde entier.

« Ils ne voulaient pas d’un accord. Ils avaient déjà décidé de nous jeter dehors, » a déclaré l’ancien ministre des Finances Yanis Varoufakis.

Syriza a donc annoncé le référendum. Mais à leur stupeur, ils ont gagné, démarrant ainsi la révolte grecque de 2015, le moment lorsque le peuple laisse enfin échapper un cri primal, revêt sa tenue de combat et forme sa phalange de hoplites. Tsipras est désormais piégé par son succès. « Le référendum impose sa propre dynamique. Les gens se révolteront s’il revient de Bruxelles avec un mauvais compromis, » a déclaré Costas Lapavitsas, député SYRIZA.

« Tsipras ne veut pas sortir de la zone euro, mais je pense qu’il réalise désormais que c’est ce qui l’attend au bout du chemin, » a-t-il ajouté.

Ce qui aurait dû être une fête dimanche soir s’est mué en veillée funèbre. Tsipras était déprimé, faisant la liste jusqu’au petit matin des erreurs que Syriza a commises depuis son arrivée du pouvoir en janvier.

On aurait donné 2 alternatives au premier ministre : soit profiter du plébiscite du référendum pour déclarer la guerre à l’Eurogroupe, soit céder aux demandes des créditeurs en se débarrassant du lunatique Varoufakis en signe de bonne volonté. »

La suite, nous la connaissons : Tsipras n’a pas eu le courage de nommer un nouveau gouverneur de la banque centrale grecque, émettre une monnaie parallèle pour garder le système bancaire à flot en forçant ainsi l’Europe à provoquer la sortie de la zone euro de la Grèce. Pourtant, c’est peut-être ce qu’il sera forcé de faire bientôt. Même si les Américains s’en sont désormais mêlés, 15 des 18 pays de la zone euro sont derrière l’Allemagne.

Ce dimanche, les Grecs ont rejeté massivement (à 61,31 %, voir ici la carte des résultats) l’austérité voulue par la troïka en votant pour le Non. Un résultat plutôt inattendu alors que l’on donnait le oui et le non au coude à coude.

En se positionnant de la sorte, les Grecs ont été très courageux : malgré la fermeture des banques depuis le début de la semaine, la limitation des retraits à 60 € par jour, l’interdiction d’effectuer des virements internationaux et les nombreuses menaces proférées depuis l’annonce du référendum par les huiles européennes, les Grecs ont décidé de s’opposer frontalement avec l’Europe (et principalement avec les Allemands) quitte à passer un sale quart d’heure.

D’autres raisons permettent d’expliquer ce résultat. D’après KeepTalkingGreece (un site d’information animée par des Grecs du quotidien), tous les partis traditionnels qui ont conduit la Grèce dans sa situation actuelle ont fait campagne pour le oui. Ce fut suffisant pour convaincre de nombreux Grecs qui ne font pas même pas confiance à Tsipras de voter pour le oui, de peur de voir revenir au pouvoir ceux qu’ils considèrent être les fossoyeurs du pays. Il semblerait également que la grande campagne d’intimidation menée par la presse et les créditeurs ait eu l’effet inverse. Si la population grecque est bien consciente que les choses vont être très compliquées dans les semaines et mois à venir, elle a clairement fait le choix de la souveraineté et de la démocratie.

Néanmoins, si la victoire du non est incontestable, la suite des opérations reste très floue. Yanis Varoufakis, qui avait promis de démissionner en cas de victoire du oui, a tout de même remis sa démission ce matin (source). Le ministre des finances grec a expliqué que son « absence » avait été souhaitée par certains membres de l’Eurogroupe et d’autres membre de la Troïka. Tsipras a donc préféré l’écarter pour pouvoir retourner à la table des négociations, ce qui semble montrer que l’Europe n’a pas fermé la porte.

Mais bien avant d’envisager un nouvel accord, la Grèce va devoir régler un problème bien plus urgent, celui de ses banques. Aujourd’hui, la BCE va devoir choisir si elle relève ou non le plafond des liquidités d’urgence disponible pour les Grecs. Cependant, une 3e possibilité n’est pas à exclure, soit l’annulation de ces liquidités d’urgence, ce qui signifierait la faillite du système bancaire et donc sa nationalisation.

La Grèce attend désormais le positionnement de la BCE pour décider de la suite des opérations. Dès hier, des rumeurs affirmaient qu’en cas d’escalade de la BCE, la Grèce pourrait littéralement utiliser ses presses à billets pour émettre en masse des coupures de 20 € afin de ramener la stabilité dans son système financier… (source). Inutile de dire que les jours à venir vont être extrêmement intéressants…

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Tandis que la Grèce s’apprête à voter ce dimanche un référendum qui pourrait bien décider de son avenir dans l’Europe et la zone euro, une pétition en Autriche a rassemblé bien plus que les signatures nécessaires pour forcer un débat au parlement autrichien sur la tenue d’un référendum sur l’appartenance de l’Autriche à l’Union européenne. Article de RT, publié le 2 juillet :

« Plus de 260.000 Autrichiens ont signé la pétition réclamant la sortie du pays de l’Union européenne forçant ainsi le parlement à discuter la tenue d’un référendum sur le sujet.

Les 261.159 signataires représentent 4,12 % de l’électorat. C’est surtout en Basse-Autriche ainsi qu’en Carinthie que la pétition a remporté un succès important, avec la signature de respectivement 5,18 et 4,85 % des électeurs. Le seuil de signature pour obtenir un débat au parlement via une pétition est fixé à 100.000.

La pétition a été lancée par une traductrice à la retraite de 66 ans, Inge Rauscher, qui avait déjà été l’instigatrice de la même initiative en 2000. À l’époque, elle avait rassemblé 3,35 % des signatures de l’ensemble de l’électorat.

Dans un article précédent toujours de RT, elle avait déclaré « vouloir le retour d’une Autriche neutre et pacifique ». Elle avait également déclaré à Sputnik Radio : « Nous ne sommes plus un État souverain au sein de l’Union européenne. Plus de 80 % des lois essentielles sont imposées par Bruxelles, par des commissaires non élus. Nous estimons que l’Europe n’est plus une démocratie. Le parlement européen ne dispose même pas de pouvoir législatif. »

Rauscher a déclaré au The Local que le support pour le référendum était probablement plus élevé aujourd’hui en raison de la crise économique et de la crise grecque. Dans un communiqué de presse, elle a parlé d’un « excellent résultat ».

L’Autriche est l’un des pays les plus prospères de l’Union européenne avec un taux de chômage de seulement 4,3 % en 2012, soit les meilleurs chiffres du bloc. En termes de PIB par habitant, l’Autriche est également l’un des 11 pays les plus riches du monde.

Un référendum similaire est prévu au Royaume-Uni. Il devrait avoir lieu avant 2017 même si la date exacte est encore une inconnue. Le dernier sondage de YouGov indique qu’environ 38 % des Britanniques souhaitent quitter l’Union européenne tandis que 44 % souhaitent y rester.

C’est en 2013 que David Cameron fit pour la première fois la promesse de la tenue d’un référendum, déclenchant une vague de sondages d’opinion sur cette question dans tous les pays européens. Au Danemark, 52 % de la population souhaitaient rester dans l’Union même si 47 % de celle-ci souhaitaient également la réévaluation des termes de son adhésion. En Irlande, 2/3 des répondants avaient déclaré vouloir rester dans l’UE. »

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Comme anticipé dans nos articles précédents, la BCE a fermé le robinet des liquidités aux banques grecques après que le gouvernement ait annoncé son intention de demander par référendum à sa population ce qu’elle souhaite pour son avenir : rester dans la zone euro au prix d’une austérité inacceptable et mortifère ou poursuivre en dehors de la zone euro.

Suite à la décision de la banque centrale européenne de ne pas relever les plafonds des liquidités d’urgence disponibles pour le secteur bancaire grec, le gouvernement a bien entendu été contraint et forcé de décréter un « bank holiday » jusqu’à lundi prochain inclus soit la fermeture totale de toutes les banques grecques. Des mesures de contrôle des capitaux ont également été prises pour la même période : les retraits sont limités à 60 € par compte et par jour tandis que les virements sont limités. Du côté de la bourse, elle sera également fermée toute la semaine (source ; certains vont devoir boire beaucoup d’eau jusque-là…).

Alexis Tsipras a évidemment appelé la population au calme en leur assurant que leur argent était en sécurité (ce qui est évidemment faux). C’est tout le contraire qui s’est passé : les distributeurs de billets ont été littéralement pris d’assaut ainsi que les stations-service et les magasins d’alimentation.

La population grecque va donc devoir prendre ses responsabilités dans ce contexte peu favorable à la prise d’une décision réfléchie en répondant à la question du référendum qui pourrait être résumé ainsi : souhaitez-vous vivre 2-3 années de transition difficile (retour à la drachme, nationalisation des banques, perte d’une partie de vos dépôts en banque, etc.) avec des perspectives à moyen terme ou souhaitez-vous limiter la casse à court terme sans avoir aucun espoir de mettre un terme à la spirale déflationniste qu’engendre l’austérité sans effacement conséquent de la dette ? Il ne faut pas perdre de vue que la Grèce ne s’en sort déjà pas dans un environnement à taux zéro. Il n’y a donc aucune raison que les choses aillent mieux lorsque les taux finiront par remonter du fait des banques centrales ou des marchés et surtout si les mesures de la troïka finissent pas être imposées (notamment baisse des pensions = baisse mécanique de la consommation).

Malheureusement les derniers sondages en la matière, même s’ils datent de quelques semaines, montrent que la population grecque est largement plus attachée à l’euro qu’à la fin de l’austérité. Reste à savoir quelle émotion engendrera ce bank holiday au sein de la population : la colère et l’envie d’envoyer au diable l’Europe ou la peur et l’acceptation de tous les diktats par crainte du lendemain. Nous aurons la réponse dimanche prochain. On peut également s’attendre à une véritable guerre médiatique pour influencer l’opinion jusque-là.

En attendant malgré les déclarations affirmant que la Grèce n’est qu’un problème périphérique, les marchés mondiaux tanguent depuis l’ouverture de ce lundi. Fuseau horaire oblige, ce sont les marchés asiatiques qui ont tangué les premiers (notamment la Chine mais dont le crash concerne plutôt la bulle engendrée par la fièvre de la spéculation qui s’est emparée de nombreux particuliers), les bourses européennes leur emboîtant le pas à leur ouverture. À l’ouverture de l’EURO STOXX  50, les futures étaient en chute libre de 7 %… Et les métaux précieux ? C’est quasi le statu quo.

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Les dés sont jetés… Le gouvernement grec ayant jugé inacceptable la dernière offre de la Troïka, Alexis Tsipras a décidé d’organiser en urgence un référendum pour que le peuple grec décide de l’avenir du pays.

Ekatherimini qui relaie l’information ce samedi matin, écrit que Tsipras a clairement signifié qu’il était contre les termes de la proposition d’accord. Ce samedi, il va demander l’aval du parlement pour organiser un référendum le 5 juillet prochain. Si celui-ci porte sur l’acceptation ou non de l’accord (déblocage d’une aide de 15,5 milliards contre la baisse des pensions l’augmentation des taxes), il s’agit en fait d’un référendum sur l’euro et l’Union Européenne. Tsipras a déclaré :

« Après 5 mois de dures négociations, nos partenaires ont malheureusement eu recours à une proposition assortie d’un ultimatum lancé au peuple grec. Je demande au peuple grec de se prononcer sur cet ultimatum à chantage qui nous demande de nous en tenir à une austérité stricte et humiliante sans aucune perspective d’avenir. »

Nous ignorons si c’est la défense de la démocratie qui a poussé Alexis Tsipras à prendre cette décision. D’un point de vue politicien, le référendum lui permet de dégager sa responsabilité des conséquences néfastes (immédiates en cas de Grexit, à moyen terme en cas d’accord) qui découleront des deux scénarios.

Mais quoi qu’il en soit, il s’agit de la décision la plus sage. S’agissant d’un tournant pour le pays, quoi de plus normal que ce soit le peuple qui se prononce. C’est ça, une véritable démocratie. Cela n’a pas empêché l’opposition de critiquer vertement Tsipras, la palme de l’idiotie revenant au leader du PASOK (socialistes), Fofi Genimmata, qui a déclaré : « vu que M. Tsipras est incapable de prendre des décisions responsables, il devrait démissionner et laisser les citoyens décider de leur futur via des élections. » Selon le PASOK, la démocratie représentative (un oxymore) serait donc plus démocratique de la démocratie directe…

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Nous nous préparions à faire le point sur ce référendum en parcourant la presse suisse de ce vendredi, à la recherche d’un dernier sondage, d’infos… Malheureusement, notre recherche fut tout sauf probante.

A part sur le Temps, après une recherche, nous sommes tombés sur le texte suivant :

« FORUM – Initiative sur l’or: un pari économiquement irrationnel

Il me paraît important de s’engager dans le débat en espérant préserver l’indépendance de la BNS. Une indépendance indispensable, mise en péril par une loi hasardeuse »

dont nous n’avons pas pu prendre connaissance des arguments (réservés aux abonnés). Inutile de préciser que le texte est hostile…

Mais de quoi parlent 24 Heures, Le Matin, Le Temps, La Tribune de Genève et cie ? Quelques titres au hasard :

  • La Suisse a vécu un automne exceptionnellement doux
  • La Confédération va-t-elle exiger un permis pour aquarium ?
  • Dilettante, narcissique, mégalo: qu’il est bon de railler Nicolas Sarkozy

Sans parler de la nouvelle du moment, l’affaire Nabila… On nous présente la Suisse comme la dernière véritable démocratie. Peut-être, mais au niveau de la pluralité de la presse et du débat, on est en droit de rester sur sa faim. Si les conséquences d’un oui étaient si catastrophiques, où est le débat ?

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L’échéance du référendum de l’initiative « Sauvez l’or de la Suisse » qui poursuit plusieurs objectifs, à savoir rapatrier l’or suisse stocké à l’étranger, empêcher toute vente de métal à l’avenir et obliger la BNS à détenir 20 % de ses actifs en or, se rapproche. Le premier sondage concernant les intentions de vote vient d’ailleurs d’être publié. Le oui est en tête !

Contrairement à la fin du fixing de l’argent, ou l’ouverture de la bourse de l’or de Shanghai, des évènements qui ne nous semblaient pas avoir le potentiel nécessaire pour bouleverser le marché, nous sommes convaincus que si l’initiative pour l’or Suisse devait être votée, on assistera à une envolée du cours du métal.

En l’état des réserves de la Banque Nationale suisse actuelles, cela l’obligerait à acheter plus de 1500 tonnes sur le marché, soit un peu moins que la production mondiale annuelle, qu’achète déjà la Chine à elle seule. Les banques centrales occidentales devront déployer des trésors d’ingéniosité pour éviter alors que le Ponzi de l’or papier soit mis à jour, avec les conséquences que vous pouvez imaginer (défaut du COMEX, etc.).

Le vote est prévu pour le 30 novembre 2014, soit dans un peu plus d’un mois. Le premier sondage vient d’être publié, et il est très prometteur : le « oui » tourne autour des 45 %, le non des 39 %, tandis que les 16 % restants rassemblent les personnes indécises. Ces chiffres ont été dévoilés par Egon von Greyerz, qui s’est impliqué dans l’initiative, dans sa dernière interview sur KWN :

« L’initiative Sauvez l’or de la Suisse est privée. Plus de 100.000 personnes ont déjà signé en sa faveur. Si le oui devait l’emporter à ce référendum, cela voudrait dire que ses règles seraient inscrites dans la Constitution suisse. Ce facteur est très important, car cela signifie qu’aucun gouvernement ne pourra contourner ces règles sans passer par un autre vote.

Le journal 20 Minuten vient de publier le premier sondage sur le sujet. Le camp du oui rassemble 45 %, le camp du non 39 %, tandis qu’il y a 16 % d’indécis. Ces résultats sont un véritable choc, parce que la campagne du oui n’a même pas encore commencé !

Elle démarrera ce jeudi avec une conférence de presse. C’est à ce moment-là que les raisons qui rendent nécessaire cette initiative seront expliquées et argumentées. Le gouvernement suisse est contre cette initiative, comme tous les gouvernements, parce que cela leur ôterait toute possibilité de manipuler les marchés des devises et de l’or.

Vous ne devez pas oublier que la Suisse a déjà vendu 50 % de son or lorsque le marché était au plus bas, entre 2000 et 2005. Cela a déjà coûté 29 milliards de francs suisses au gouvernement.

Mais celui-ci continue d’affirmer que l’or n’est pas bon pour le pays. Le ministre des Finances suisse l’a qualifié « d’actif risqué », et que donc la Suisse ne devrait pas en posséder. Il a évidemment tort, car c’est le franc suisse qui est risqué, pas l’or. Par rapport au métal jaune, le franc suisse a déjà perdu 50 % de sa valeur en 15 ans, et même 90 % depuis 1914.

Et cela va continuer car les gouvernements utilisent la planche à billets comme bon leur semble. Toutes proportions gardées, c’est la Suisse qui a créé le plus de masse monétaire depuis 2008. La Suisse a créé 400 milliards de francs suisses afin d’acheter de l’euro (note : pour faire baisser le cours du franc suisse, qui explosait) et d’autres devises risquées.

La Suisse a toujours prospéré dans un environnement de monnaie nationale forte, de basse inflation et d’une économie vigoureuse. Maintenant, la Suisse a arrimé le franc suisse à l’euro, la monnaie d’une zone économique très faible. C’est se tirer une balle dans le pied. Aligner la Suisse avec une expérience politique ratée telle que l’Union européenne ne peut que déboucher sur une catastrophe.

La BNS affirme également qu’elle stocke son or à l’étranger pour pouvoir le vendre facilement. C’est totalement absurde. Tout le monde sait que l’on peut vendre de l’or et l’envoyer où que se trouve l’acheteur. Mais pourquoi même évoquer le fait de le vendre ? Ils ont déjà liquidé la moitié de l’or de la Suisse lorsque le marché était au plus bas.

L’or n’est pas le joujou de la BNS. Il appartient à la nation suisse, ainsi qu’aux cantons. Cet or n’appartient pas à la Banque Nationale suisse, mais au peuple.

Il s’agit d’un grand moment, car une fois de plus, il semblerait que les Suisses, comme à leur habitude, se prononcent en faveur d’une monnaie saine, de principes sains sans interférence du gouvernement. Malgré la propagande du gouvernement suisse et de la BNS, les résultats de ce premier sondage sont très positifs. Ils ont choqué bon nombre de responsables de l’establishment, notamment parce que la campagne pour le oui n’a même pas encore débuté. Malgré cela, le Oui est déjà en tête. On pourrait assister à un événement historique le 30 novembre prochain. »