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Réserves

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lingot et pièces d'or

Article de Kenneth Rogoff, professeur d’économie à Harvard, publié le 3 mai 2016 sur Project-Syndicate.org :

« Les banques centrales des pays émergents possèdent-elles trop de dollars et trop peu d’or ? En période de ralentissement économique, durant laquelle ces pays seront probablement très heureux de posséder de telles réserves, une telle question peut sembler inopportune. Mais il y a pourtant de bonnes raisons de croire que l’accumulation d’or par les émergents pourrait aider le système financier international à mieux fonctionner et ainsi bénéficier à tout le monde.

Pour être clair, je ne fais pas partie de ceux, bien souvent des cinglés américains d’extrême droite (sic), qui sont en faveur du retour du standard or. Après tout, le règne du standard or a pris fin de façon désastreuse dans les années 30 (note : la convertibilité du dollar en or à un taux fixe a été abolie en 1971, mais soit… preuve que notre professeur de Harvard est tout sauf un partisan de l’or !), il n’y pas de raison de croire que les choses se passeraient autrement avec son retour.

Non, je propose simplement que les marchés émergents convertissent une part significative de leurs réserves en dollars (rien que la Chine possède des réserves de 3,3 trillions de dollars) en or. Même convertir ne fut-ce que 10 % de leurs réserves en or ne leur permettrait pas d’atteindre les 60-70 % des réserves officielles en or des pays occidentaux.

Depuis un certain temps, les pays riches affirment qu’il en va de l’intérêt collectif de diaboliser l’or. Bien sûr, nous possédons beaucoup d’or affirment ces pays, mais il s’agit d’un vestige du standard or d’avant la Seconde Guerre mondiale, lorsque les banques centrales se devaient de posséder de grandes quantités de métal.

De fait, en 1999, les banques centrales européennes, ne voyant pas de raisons de conserver autant d’or, ont conclu un pacte pour réduire leurs stocks de façon coordonnée. À l’époque, ces ventes semblaient logiques pour la plupart des pays participants. La garantie de leur dette consistait en la capacité de leur gouvernement à taxer la population, les niveaux élevés de développement des institutions et leur stabilité politique relative. Ce pacte de 1999 a été revu à plusieurs reprises, même si depuis la dernière édition de 2014, la plupart des pays riches ont décidé de faire une longue pause, ce qui signifie qu’ils disposent encore de réserves d’or très importantes.

Les marchés émergents ont poursuivi leurs achats de l’or, mais à un rythme d’escargot par rapport à leur appétit vorace pour les Treasuries et autres obligations de pays riches. En mars 2016, la Chine possédait un peu plus de 2 % de ses réserves en or. Pour l’Inde, ce chiffre s’élève à 5 %. La Russie est le seul pays émergent majeur à acheter de l’or de façon significative, notamment en raison des sanctions occidentales, l’or représentant désormais presque 15 % de ses réserves.

Les marchés émergents constituent des réserves car ils n’ont pas le luxe de pouvoir utiliser la création monétaire pour se sortir de difficultés financières ou d’une crise de la dette. Pour faire simple, ils vivent dans un monde dans lequel une bonne part de la dette internationale, et une part encore plus importante du commerce mondial, est toujours libellé en devises fortes. Ces pays conservent donc des réserves de ces devises en cas de catastrophe fiscale ou financière. En principe, il serait préférable que ces pays mettent en commun leurs ressources, peut-être à travers le FMI. Mais la confiance requise pour un tel arrangement n’existe tout simplement pas.

Pourquoi le système marcherait-il mieux avec davantage de réserves en or ? Le problème de ce statu quo est que les marchés émergents en tant que groupe sont en concurrence pour l’achat des obligations occidentales, concurrence qui fait baisser le rendement de ces obligations qu’ils possèdent. Avec des taux à presque zéro, le prix des obligations des pays riches ne pourra pas baisser beaucoup plus alors que l’offre en obligations de ces pays est limitée en raison de leur capacité taxatoire et de la tolérance au risque qui règne.

L’or, malgré le fait qu’il est disponible en quantité quasi fixe, n’a pas ce problème car il n’y a pas de limites à son prix. De plus, on peut affirmer que l’or est un actif qui présente un profil de risque très bas et dont le rendement réel moyen est comparable à celui de la dette à court terme. Et vu que l’or est aussi un actif très liquide, un critère clé à respecter par tout actif de réserve, les banques centrales peuvent se permettre d’ignorer sa volatilité à court terme pour se concentrer sur son rendement à long terme.

Il est vrai que l’or ne rapporte pas d’intérêt et que le conserver coûte de l’argent. Mais ces coûts peuvent être contrôlés, par exemple en conservant cet or à l’étranger (de nombreux pays stockent leur métal jaune à la Fed de New York). À terme, son prix peut augmenter. Ce qui explique aussi pourquoi le système ne pourra jamais manquer d’or monétaire.

Je ne veux pas créer l’impression qu’en se tournant vers l’or, les marchés émergents seraient gagnants et les pays développés perdants. Après tout, le statu quo est que les banques centrales et les Trésors des pays développés possèdent bien plus d’or que les pays émergents ; un changement systématique de stratégie en faveur de l’or fera grimper son cours. Mais il ne s’agit pas d’un problème systémique. Et, de fait, la hausse du cours de l’or permettrait de réduire l’écart entre la demande, et l’offre d’actifs sûrs, qui a émergé en raison des taux plancher.

À aucun moment  un motif valable n’a été présenté pour convaincre les pays émergents d’accepter la démonétisation totale de l’or. Aussi bien hier qu’aujourd’hui. »

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Suite au courriel d’un lecteur, nous avons pris connaissance de l’article de Jean-Pierre Chevallier intitulé « Monétarisme : tout est simple ! (monnaie, or, dettes, crédits…) ». Faisant partie indirectement des idiots inutiles cités par M. Chevallier mais désireux de voir la lumière, nous souhaitons poser quelques simples questions qui, loin de réfuter par les faits ce que nos petits esprits considèrent comme des sophismes, nous permettront éventuellement de comprendre la simplicité du monétarisme selon M. Chevallier (mis à jour le 24 avril 2016).

« S’endetter, c’est s’enrichir. Les achats d’or de la France ont provoqué la grande dépression. La contrepartie de la monnaie, ce sont les pommes de terre. » Pour le citoyen lambda qui s’intéresse un peu à l’économie et qui lit cet article, il y a de quoi être déstabilisé.

Tout est simple, martèle Jean-Pierre Chevallier. Oui mais voilà, encore faut-il disposer du bagage intellectuel pour comprendre ces concepts simplissimes (ou simplistes ?). Triste constat, nous en sommes dénués. C’est pourquoi nous lançons un grand appel aux monétaristes chevronnés gravitant dans sa sphère : voici les questions que nous nous posons au vu des arguments que vous avancez. Vos réponses nous permettront peut-être de percevoir cette simplicité qui vous saute aux yeux. Merci d’avance.

1. Sur l’or, qui n’est pas la monnaie selon Bernanke

Ben Bernanke aurait donc dit que « pour une banque centrale, l’or n’est qu’un actif… dont il ne faut pas abuser », historiquement présent (à tort) dans les comptes des banques centrales.

Idiots que nous sommes, nous pensions donc que les États-Unis ne possèdent pas d’or. Si, historiquement, les banques centrales ont possédé du métal jaune, les banquiers centraux modernes ont pris les mesures nécessaires pour se débarrasser de cet actif inutile, Ben Bernanke en premier, non ? Voici pourtant ce que nous avons trouvé en ce qui concerne les réserves américaines sur le site même de l’ancien employeur de M. Bernanke :

reserves usa or

Sur 117,218 milliards de dollars de réserves, la Fed déclare posséder pour un peu plus de 11 milliards d’or. L’annotation 1 précise cependant que cet « or est valorisé à 42,22 dollars l’once » et non à sa valeur de marché, disons de 1200 $. Si cet or était valorisé à cette valeur de marché, il représenterait des réserves de plus de 313 milliards de dollars pour totaliser environ 75 % des réserves des États-Unis qui s’élèveraient alors à +- 419 milliards de dollars.

Question d’un idiot inutile : pourquoi Ben Bernanke n’a-t-il pas vendu au moins une partie de cet or comme l’ont fait la Suisse, la France, le Canada, etc., ou n’a pas au moins milité pour convaincre le Trésor de vendre cet or vu que techniquement, le métal lui appartient ?

2. Encore sur l’or, qui n’est pas la monnaie (mais bien des patates ou un essieu de camion)

L’or ne peut être considéré comme la contrepartie de la monnaie. Par contre, selon l’auteur, « La contrepartie de la monnaie, ce sont ici des pommes de terre et non pas de l’or ! », dans le cas d’un paysan qui vend des patates.

Question d’un idiot inutile : si on peut considérer que des patates sont la contrepartie de la monnaie en raison du travail et du capital fournis par le paysan pour les produire, pourquoi l’or ne pourrait pas être aussi la contrepartie de la monnaie en raison du capital et du travail du mineur pour extraire le métal (à un coût moyen d’environ 1200 dollars l’once, cela dit en passant) ?

L’or ne rouille pas, ne pourrit pas ; il est virtuellement indestructible. Il permet donc de stocker la valeur de ce capital et de ce travail (à la base de sa valeur intrinsèque, outre sa rareté) sur des milliers d’années, ce qui en fait une monnaie de premier choix, au contraire des patates ou d’un essieu de camion. Mon esprit défaillant ne viendrait-il pas de démontrer que l’or est la monnaie par défaut dans cet accès de « délire logique » (partagé par le « bon vieux Greenspan ») ?

Autre question : si je stocke des patates pendant 20 ans, leur pouvoir d’achat sera-t-il inchangé d’ici là, ou dans 100 ans ? Ou pourrais-je au moins en faire de la purée ?

3. Sur la dette, facteur de richesse

« En s’endettant, il s’enrichit ! … et plus il s’enrichit, plus il peut s’endetter ! » (Toujours en parlant de notre agriculteur). Donc plus je téléphone à Cofidis, plus je deviens riche, et plus je deviens riche, plus je peux leur téléphoner. Nous allons les appeler très bientôt, nous voudrions juste balayer un doute idiot. Regardez :

dette-PIB

Question d’un idiot inutile : pourquoi les taux de croissance étaient plus élevés lorsque le ratio dette-PIB était plus faible (du temps du standard or de facto, une idiotie qui entravait la croissance mondiale d’après M. Chevallier) ?  Source. Mieux encore, si l’argent est sain aux USA, comment cette hausse du ratio a-t-elle pu être possible vu que sauf mauvais investissements (chose qui n’arrive jamais aux USA, la crise des subprimes a été déclenchée au Turkménistan), le crédit dope selon lui l’activité économique, donc le PIB ?

4. Sur l’argent sain

L’argent sain est le pilier des Reaganomics. L’argent sain serait de l’argent gagné, c’est-à-dire empoché grâce au capital investi et au travail.

Question d’un idiot inutile : si j’achète un produit à une société endettée jusqu’à la garde dont les outils de production font l’objet d’un crédit, dont les travailleurs sont peut-être aussi en partie payé grâce à des lignes de crédit, peut-on vraiment parler d’argent sain vu que la production est en quelque sorte subsidiée par le crédit (bon marché depuis un moment, on attend toujours la normalisation des taux) ?

 

Nous avons bien sûr d’autres questions, mais soucieux de ne pas vous inonder de notre crétinerie, nous y passerons après votre réponse.

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statue de Mao en or

Après un début d’année catastrophique sur ses marchés qui a engendré le premier mini feu d’artifice financier de l’année, la crise s’accentue en Chine notamment au niveau de la dette et de la réduction inquiétante de ses réserves, englouties pour éteindre les débuts d’incendies. Article de John Rubino, publié le 10 janvier 2016 sur SafeHaven.com :

« Alors que les dirigeants de la Chine découvrent qu’arrimer le yuan au dollar tout en quintuplant leur dette en cinq ans était une erreur colossale, il semblerait qu’ils aient conclu qu’une dévaluation brutale est la seule solution.

Les citoyens chinois, simultanément, attendent avec anxiété l’ouverture des marchés en se répétant ces trois phrases :

  1. Heureusement que j’ai acheté de l’or l’année dernière
  2. Si seulement j’en avais acheté plus l’année dernière
  3. Combien vais-je devoir payer mon or la semaine prochaine

or en yuans

Si la Chine s’oriente vers une dévaluation de 15 %, les conséquences risquent d’être amusantes, même si difficiles à prédire, sur la communauté des spéculateurs investisseurs surleveragés. La seule chose que l’on peut anticiper avec une quasi-certitude, c’est que le graphique ci-dessus sera mis à jour avec un axe des ordonnées bien plus élevé. »

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Nous avons largement couvert l’opération de rapatriement de l’or de l’Allemagne ainsi que les nombreuses questions posées par les activistes allemands menés par Peter Boehringer quant à l’existence physique du métal que la Bundesbank prétend posséder dans ses coffres ainsi qu’à la Banque de France, à la Bank of England et à la Fed de New York. 

C’est en parcourant le site de Kitco que nous avons pris connaissance de l’existence d’un nouveau rapport de la Bundesbank sur ses réserves d’or, publié le 7 octobre 2015 sur son site officiel, censé faire toute la lumière sur ses réserves. L’article n’y va pas avec le dos de la cuillère dans son introduction : ce rapport va clouer le bec une bonne fois pour toutes à ceux qui affirment qu’une partie de l’or pourrait manquer. Nous citons :

« Les questions concernant les réserves d’or de l’Allemagne et notamment concernant leur existence peuvent être désormais fermées après la publication massive de données par la banque centrale du pays. »

Voilà qui est impressionnant, allons donc de ce pas consulter ce fameux rapport qui met à nu les réserves d’or allemandes. Certes, il est massif : 2307 pages, ce n’est pas rien. Mais quand on l’ouvre, que découvre-t-on ? Une liste interminable de chiffres concernant la pureté, le poids et les « numéros d’inventaire » des lingots qui appartiendraient à l’Allemagne.

En quoi cette succession de chiffres prouve-t-elle que les lingots se trouvent bel et bien chez les dépositaires ? Cela, Kitco ne le précise pas. Nous sommes donc censés croire la Bundesbank, ou plutôt croire la Fed de New York et cie quand elles affirment que ces lingots s’y trouvent toujours. Kitco se contente de citer les chiffres du rapport, l’article est sans intérêt jusqu’à la fin, lorsqu’il affirme « qu’aucun rapport n’est disponible concernant les progrès 2015 du rapatriement de l’or allemand ». Nous présumons que la banque était trop occupée à pondre les 2300 pages de ce rapport aussi long qu’inutile.

Peter Boehringer, interviewé par un Financial Times qui a été beaucoup plus prudent dans son papier, n’est évidemment pas impressionné :

« Mais Peter Boehringer, un activiste qui milite pour le rapatriement intégral de l’or allemand, a déclaré que les données publiées n’incluent pas les noms des producteurs des lingots d’or ainsi que les numéros qui figuraient sur les lingots après leur production.

« Ces données sont importantes alors que nous avons certains doutes quant à l’existence physique de tout le matériel. Certains lingots peuvent exister sur le bilan de plusieurs banques centrales, » a déclaré Boehringer. »

Des doutes d’autant plus légitimes que l’Allemagne a reçu de l’or dont le numéro de série du lingot original a été substitué par un autre. Officiellement pour être aux normes « London good delivery » (source http://www.bloomberg.com/news/features/2015-02-05/germany-s-gold-repatriation-activist-peter-boehringer-gets-results). Ou simplement parce que le lingot original a été prêté ou vendu à une autre banque centrale ou au marché et qu’il a fallu en livrer un autre.

Bref, cette nouvelle tentative de transparence de la part de la Bundesbank quant à ses réserves d’or ne convaincra que ceux qui veulent y croire. Seuls des audits menés par des entités réellement indépendantes permettront d’obtenir une réponse définitive. Des audits refusés bien entendu pour des « raisons de sécurité ».

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Article de GoldCore, publié le 21 septembre 2015 :

« Les réserves d’or de la banque de Russie ont grimpé à 42,4 millions d’onces au 1er septembre, en hausse par rapport aux 41,4 millions d’onces rapportés précédemment. La banque a annoncé la nouvelle vendredi dernier.

Cette accumulation d’un million d’onces en un mois est l’un des achats mensuels les plus massifs de la Russie. Cela correspond à 31,1 tonnes de lingots acquis rien qu’en août. (…)

La Russie est désormais 7e au classement mondial des entités disposant des réserves d’or les plus importantes derrière les États-Unis, l’Allemagne, le FMI, l’Italie, la France et la grande puissance montante de l’or, la Chine. Depuis 2005, la Russie a plus que triplé ses réserves d’or. (…)

À travers le globe, les nations se sont remises à acheter de l’or durant ces dernières années, un renversement de tendance après 2 décennies de ventes. La Chine, le Kazakhstan, l’Ukraine et la Biélorussie sont quelques-unes de ces nations qui accumulent de l’or.

Le métal jaune reste une partie importante des réserves des banques centrales, des décennies après qu’elles aient décidé de ne plus l’utiliser pour garantir la valeur des monnaies papier et électroniques d’aujourd’hui.

La Russie achète régulièrement des lingots depuis 2007 et les prémices de la crise financière mondiale. Il s’agit donc d’une tendance ayant démarré bien avant les tensions avec l’Occident et les sanctions internationales infligées en raison du conflit ukrainien.

L’or a protégé les réserves russes et a agi en tant que couverture alors que le cours de l’or exprimé en roubles a explosé de 60 % durant les 12 derniers mois. La plongée des cours du brut a contribué à la chute précipitée du rouble.

En juillet 2015, la Russie a acheté 13 tonnes et 24 tonnes en juin. Alors que les tensions avec les États-Unis, la Grande-Bretagne et l’Union européenne s’empirent, la Russie semble vouloir intensifier ses efforts de diversification de ses réserves, actuellement largement en dollars. (…) »

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Cela fait des mois que les meilleurs experts de l’or annoncent une mise à jour des réserves d’or de la Chine. C’est enfin chose faite, même si le chiffre communiqué est bien loin de ce que le pays possède vraisemblablement et que le motif est différent que celui anticipé. Elles s’élèvent désormais à 1658 tonnes soit une augmentation de 57 % par rapport au chiffre précédent (1054 tonnes) qui n’avait plus bougé depuis avril 2009.

C’est ZeroHedge qui a livré l’information en primeur ce 17 juillet en se basant sur une source irréfutable, le site officiel de la banque centrale chinoise qui vient de communiquer les chiffres de juin concernant ses réserves en devises et en or.

La banque centrale de Chine nous demande donc de croire qu’elle a acheté durant le mois de juin 604 tonnes d’or alors que durant cette période, le cours de l’or a reculé de 2 %. Si les manipulations sur les futures permettent de faire des merveilles, un tel miracle aurait été impossible dans un tel contexte. Il s’agit donc bel et bien d’or qui a été accumulé depuis 2009.

Si ZeroHedge est déçu du chiffre annoncé, le site iconoclaste se pose la question de savoir ce qui a motivé la banque centrale car si on s’attendait à cette communication, c’était dans l’objectif de forcer l’inclusion du yuan dans les DTS. Cependant vu que le FMI a depuis repoussé cette éventualité en mai, les droits de tirage spéciaux ne sont pas derrière cette divulgation. Alors pourquoi ?

Tout simplement en raison du crash boursier qui secoue actuellement le pays. De son propre aveu, la banque centrale avait besoin de renforcer la confiance. Elle a donc sorti son bazooka doré pour rassurer les investisseurs sur la stabilité financière du pays après « avoir retrouvé quelques centaines de tonnes » de relique barbare.

Zerohedge s’attend désormais à ce que la Chine annonce régulièrement des mises à jour sur ses réserves (réelles) d’or surtout durant les mois de crash boursier. Ce qui signifie que chaque dégringolade des marchés chinois nous rapprochera un peu plus de la vérité sur les réserves d’or de l’empire du Milieu.

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HSBC

Pendant que la presse fait ses choux gras du scandale Made in USA de la FIFA (drôle d’intérêt pour un pays qui qualifie le foot de sport de filles), les banques enchaînent les aveux de culpabilité dans de nombreux dossiers criminels sans qu’aucun des responsables ne soit condamné à la prison.

Mais il n’y a pas qu’aux États-Unis que les banques se contentent de payer des amendes pour effacer leurs crimes. C’est ainsi que l’on apprend via des agences de presse européenne, comme Belga et Le Soir, que HSBC a déjà trouvé un accord avec la « justice » suisse et qu’elle va bientôt rencontrer son homologue belge pour déterminer le coût de son impunité :

« La filiale suisse de HSBC Private Bank, soupçonnée d’avoir encouragé l’évasion fiscale à grande échelle va négocier avec la justice belge pour tenter de trouver un accord. Le parquet de Bruxelles a prévu une réunion avec les avocats belges de l’institution au cours du mois, rapportent De Tijd et L’Echo.

Il s’agit de définir le montant que cet accord éventuel pourrait rapporter au Trésor belge. Le quotidien flamand parle d’une somme importante.

Le consortium de journalistes ICIJ avait révélé en février dernier l’existence d’un mécanisme de fraude fiscale et de blanchiment à grande échelle mis en place par la filiale suisse de la banque HSBC au profit de dizaines de milliers de clients fortunés dans le monde, dont 3.003 clients en Belgique. Ces derniers possédaient 4.616 comptes bancaires au sein de l’institution, pour un total de 6,26 milliards de dollars (5,54 milliards d’euros).

L’enquête judiciaire ouverte à l’encontre de HSBC constitue un dossier indépendant des poursuites entamées par le fisc contre les Belges ayant éludé l’impôt en Suisse. Depuis les révélations de l’ICIJ, le fisc a déjà réclamé quelque 540 millions d’euros. »

En quelque sorte, nous voilà de retour au Moyen-Âge et au commerce des indulgences. Sauf qu’aujourd’hui, ce n’est plus l’église qui vous absout de tous vos péchés moyennant le paiement d’une somme rondelette mais la justice qui blanchit les criminels en col blanc contre une partie des bénéfices récoltés dans la manœuvre.

Dans un communiqué, HSBC Private Bank indique avoir « pleinement coopéré  » avec le parquet. La banque concède que sa « culture de conformité et ses standards d‘audit n’ont pas toujours été aussi rigoureux qu’aujourd’hui » mais affirme avoir entamé «  une transformation radicale ». Ouf, nous voilà rassurés !

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Article de MineWeb, publié le 27 mai 2015 :

« La Russie continue d’augmenter ses réserves d’or car le métal jaune est un actif de réserve dénué de risques juridiques ou politiques a déclaré mardi un haut responsable de la banque centrale russe.

Ce commentaire qui émane de Dmitry Trulin, responsable des politiques monétaires à la banque centrale russe, est le reflet des craintes de la Russie de voir ses actifs à l’étranger être gelés dans l’éventualité d’un durcissement des sanctions occidentales contre le pays en raison de la crise ukrainienne.

« Comme vous le savez, nous augmentons nos réserves d’or même si cela nous expose à certains risques » a déclaré Tulin devant les parlementaires de la chambre basse.

« Le cours de l’or monte et descend mais il présente l’avantage d’offrir une garantie totale contre les risques juridiques et politiques. »

D’après les statistiques de la banque centrale de Russie, les réserves d’or du pays sont passées de 39,8 millions à 40,1 millions d’onces entre avril et mai.

L’année dernière, la Russie a augmenté ses réserves d’or pendant plusieurs mois d’affilée comme indiqué par les statistiques de sa banque centrale et du FMI.

Les sanctions occidentales imposées à la Russie et sur fond de crise ukrainienne n’ont pas visé les actifs du gouvernement russe à l’étranger mais la Russie à tout de même réduit son exposition à ces actifs comme les obligations américaines, un signe qui montre pour certains que la Russie les associe à un risque.

Un différend de 50 milliards de dollars oppose la Russie à un ancien actionnaire de la société pétrolière Youkos qui vise les actifs russes à l’étranger pour obtenir réparation. (…) »

statue de Mao en or

Article de Jim Rickards, publié le 18 mai 2015 sur Daily Reckoning : 

« L’un des scénarios récurrents présentés sur les sites financiers alternatifs qui anticipent l’effondrement du dollar se déroule comme ceci :

La Chine et de nombreux autres émergents notamment les BRICS cherchent une solution pour contrer le système mondial basé sur l’argent papier, système qui est aujourd’hui dominé par le dollar. Cette domination du billet vert permet aux États-Unis de forcer la main à d’autres nations en termes politiques et économiques (énergie).

Les pays qui refusent de se soumettre à la volonté des États-Unis se retrouvent exclus des systèmes financiers internationaux, leurs banques deviennent dans l’incapacité d’effectuer des transactions en dollars, indispensables pour importer des biens ou être payé pour leurs exportations. La Russie, l’Iran et la Syrie en ont fait récemment les frais.

La Chine n’apprécie pas vraiment ce système pas plus que la Russie ou l’Iran mais elle ne souhaite pas une confrontation directe avec les États-Unis.

La stratégie de l’empire du Milieu consiste donc à accumuler d’énormes quantités d’or et à travailler à la mise en place d’institutions financières alternatives comme la banque de développement AIIB et celles des BRICS, la NDB.

Lorsque le temps sera venu, la Chine annoncera subitement ses véritables réserves d’or et tournera le dos aux institutions de Bretton-Woods comme le FMI et la banque mondiale. La Chine adossera sa monnaie à l’or et utilisera l’AIIB et la NDB pour prendre la tête du nouvel ordre financier mondial.

La Russie et les autres pays seront invités par les Chinois à rejoindre ce nouveau système monétaire international. Il s’en suivrait l’effondrement du dollar, le cours de l’or exploserait et la Chine deviendrait la nouvelle puissance économique mondiale. Ce serait ensuite le bonheur éternel pour les aficionados de l’or.

Seul hic de cette histoire, ses lignes les plus importantes sont tout simplement erronées. Comme d’habitude, la vérité est beaucoup plus subtile que la croyance populaire. Voici ce qu’il en est vraiment.

Comme c’est vrai pour la plupart des mythes, celui-ci a un fond de vérité. La Chine accumule bien secrètement des milliers de tonnes d’or. La Chine met en place de nouvelles institutions financières multilatérales. Il ne fait aucun doute que la Chine communiquera sur ses véritables réserves d’or d’ici l’année prochaine.

Même Bloomberg en a parlé dans un article du 20 avril qui affirme que la Chine pourrait être sur le point de le faire. Mais les raisons de ces achats d’or ainsi que de la mise à jour de ses statistiques au FMI, ne sont pas celles qu’avance la blogosphère. La Chine ne veut pas détruire le club des dominants, elle veut le rejoindre.

La Chine sait pertinemment que malgré sa croissance importante et l’énorme taille de son économie, le yuan n’est pas encore prêt pour devenir une véritable monnaie de réserve et ne le sera pas avant quelques années.

Il est vrai que l’internationalisation du yuan a démarré. Mais aujourd’hui, il ne représente même pas 2 % de l’ensemble des transactions mondiales alors que le dollar en truste 40 %.

Mais l’utilisation d’une monnaie dans les règlements n’est qu’un élément parmi tant d’autres et pas le plus important qui caractérise une monnaie de réserve. Ce sont les investissements en une devise et non les paiements qui comptent. Un marché obligataire important et liquide, libellé dans cette devise, doit exister. Cela permet aux pays qui disposent d’une balance commerciale excédentaire d’investir ce surplus.

Aujourd’hui, si vous encaissez du yuan en commerçant avec la Chine, tout ce que vous pouvez faire avec cet argent, c’est le déposer sur un compte en banque ou le dépenser en Chine.

En plus d’un marché obligataire, vous avez besoin du réseau qui lui permet de fonctionner soit des négociants principaux, des outils de protection (hedging) comme des marchés à terme (futures) et des options, des repo, des produits dérivés, etc. Des choses qui font défaut à la Chine. Le yuan est donc loin d’être prêt pour jouer le rôle de monnaie de réserve principale.

La Chine n’est également pas prête à adosser sa monnaie à l’or. En admettant même qu’elle en possède 10.000 tonnes, cela ne représente que 385 milliards de dollars à sa valorisation actuelle alors que la masse monétaire M1 était d’environ 5,4 trillions de dollars en avril dernier. Autrement dit, même sur une estimation favorable de 10.000 tonnes cela ne représente que 7 % de sa masse monétaire.

Historiquement, les pays qui ont opéré avec succès sur la base d’un standard or possédaient de 20 à 40 % de leur masse monétaire en or. La Chine pourrait réduire sa masse monétaire afin d’atteindre le seuil des 20 % mais ce serait un acte extrêmement déflationniste qui propulserait l’économie chinoise vers une dépression ainsi qu’une situation politique instable, cela ne risque donc pas d’arriver.

Pourquoi le yuan n’est pas prêt à devenir une monnaie de réserve aujourd’hui ?

En bref c’est impossible car la Chine ne dispose ni du marché obligataire, ni du métal nécessaire pour adosser le yuan à l’or. Quelle est donc la stratégie de la Chine ?

Elle veut imiter les États-Unis, soit se baser sur une monnaie papier qui soit assez importante pour lui permettre de jouer un rôle dans la finance mondiale et lui donner un certain pouvoir sur les autres pays. La meilleure façon pour y parvenir consiste à augmenter son droit de vote au FMI et à obtenir l’inclusion de sa monnaie dans les DTS. Pour remplir ces deux objectifs, la Chine aura besoin de l’aval des États-Unis qui dispose d’un droit de veto au FMI. Les USA peuvent donc contrecarrer les ambitions chinoises.

Dans cette négociation, la Chine obtiendra le statut qu’elle désire occuper au FMI mais les États-Unis forceront le pays à contrôler son comportement. Ce qui signifie que la Chine devra continuer à arrimer sa monnaie au dollar. Cela signifie aussi que la Chine est autorisée à accumuler de l’or mais sans pouvoir en parler. Pour pouvoir joindre le club, la Chine devra se plier à ses règles. (…)

Sur les réserves d’or réelles de la Chine

La Chine va probablement annoncer une hausse de ses réserves d’or dès cette année mais ne vous attendez pas à un feu d’artifice. La Chine stocke son or auprès de 3 institutions : la banque centrale chinoise, la SAFE (une institution étatique qui gère les devises étrangères en Chine) et la CIC.

La Chine peut transférer de l’or vers les coffres de la banque centrale chinoise et mettre à jour ses réserves auprès du FMI afin d’obtenir l’inclusion du yuan dans les DTS. Pékin pourrait également décider de continuer à cacher une partie de ces réserves dans les coffres de la SAFE et de la CIC.

La Chine sera probablement admise cette année dans le club des DTS mais loin de lancer sa monnaie adossée à l’or, la Chine ne fera probablement que confirmer que les DTS sont la devise des grandes puissances.

Pourquoi la Chine voudrait-elle abandonner la monnaie papier plus que la Fed ou la BCE ? Toutes les banques centrales préfèrent l’argent papier car contrairement à l’or, celui-ci peut être imprimé à l’envi.

L’or n’en reste pas moins l’actif le plus sûr, tout investisseur devrait en posséder dans son portefeuille. Le cours de l’or va également grimper significativement dans les années à venir mais contrairement à ce qu’écrivent certains blogs, le cours de l’or n’explosera pas suite à la confrontation entre la Chine et les États-Unis ou à l’adossement du yuan à l’or.

Le cours du métal jaune augmentera significativement lorsque toutes les banques centrales y compris celles des États-Unis et de la Chine confrontées à la prochaine crise de liquidités, qui sera pire que celle de 2008, se précipiteront sur l’or en même temps que les citoyens pour préserver la richesse dans un monde qui a perdu toute confiance dans les banques centrales.

Lorsque cela arrivera, il pourrait devenir impossible de se procurer de l’or. C’est donc maintenant qu’il faut constituer vos réserves. »

Plus les années passent et plus Alan Greenspan utilise un langage clair qui fait état de la réalité, soit tout le contraire de son mandat à la tête de la Fed (jamais l’expression « noyer le poisson » n’a été aussi appropriée que dans le cas de Greenspan, célèbre pour sa logorrhée obscure). Après ses confidences sur l’importance de l’or et les bulles dont sont victimes de nombreuses classes d’actifs, Alan Greenspan a tenu un discours qui n’a rien à envier aux visions les plus pessimistes d’analystes comme Gerald Celente ou Egon von Greyerz.

Ses propos, tenus en aparté, ont été rapportés par l’analyste Brien Lundin qui n’est pas un inconnu. Il a eu la chance de discuter en privé avec tonton Greenspan à la New Orleans Investment Conference qui s’est tenue l’année dernière. Lundin dans sa dernière interview a révélé de nouvelles confidences de Greenspan concédées durant leur entretien :

« Greenspan a évoqué des choses qui me semblent importantes… Il était inquiet à propos de l’inflation… Il était particulièrement inquiet à propos des réserves excédentaires qui atteignent presque 3 trillions de dollars, qui dorment en ce moment sur le bilan de la Fed… Ces liquidités représentent en ce moment un énorme ballon qui plane au-dessus de l’économie américaine, un ballon d’eau qui n’attend qu’une épingle pour éclater… En fait, Greenspan a utilisé l’image d’une poudrière d’inflation explosive dans l’attente d’une étincelle. »

Greenspan estime également que le cours de l’or sera « sensiblement plus élevé » d’ici 5 ans en raison des liquidités excédentaires qui finiront par se déverser sur le marché ouvert (le marché des Treasuries à travers lequel la Fed contrôle la masse monétaire) :

« Il (Greenspan) semble croire qu’il est en quelque sorte inévitable que le déblocage de ces réserves créera de l’inflation… La Fed espère juste pouvoir s’en sortir indemne… Des taux d’intérêt normalisés, l’objectif à long terme de la Fed est actuellement impossible fiscalement parlant pour les États-Unis. »

Source : ZeroHedge