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Risque

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Il y a une semaine, il semblait que le gouvernement américain était destiné à rester fermement et peut-être plus que jamais entre les mains des banques, des syndicats du secteur public et des fournisseurs de la Défense. Trump implosait et les marchés se délectaient de la perspective de liquidités sans fin, avec une Fed revigorée. Les actifs servant de valeur refuge, comme l’or, étaient liquidés au bénéfice d’actions de croissance et autres actifs similaires.

C’est alors qu’ Anthony Weiner est apparu pour remettre en question les résultats à venir. Les écarts des sondages se sont rétrécis, surtout dans les états pivots cruciaux, si bien qu’il est désormais concevable qu’un étranger au sérail prenne le contrôle de la régulation bancaire et des codes nucléaires, avec toutes les incertitudes que cela engendre.

Les marchés d’aujourd’hui, accrocs comme ils le sont d’être choyés par les gouvernements, n’apprécient pas trop l’idée, si bien que les capitaux s’enfuient de peur. Où vont-ils ? Là où ils se rendent toujours durant les périodes d’incertitudes, soit directement vers les métaux précieux (voir graphiques ci-dessus et ci-dessous).

argent-weiner

Cela dit, il est tout à fait plausible, et même probable, que l’establishment conserve le pouvoir le 9 novembre venu, ce qui signifie que la panique retombera et que les capitaux quitteront à nouveau les métaux précieux. Mais si cela devait arriver, cela n’aurait aucune incidence à long terme, et ce pour au moins 2 raisons.

Premièrement, la stabilité financière résultant des achats d’obligations et d’actions par les banques centrales, qui garantissent aussi les positions sur les produits dérivés des banques, est une illusion. Les gouvernements tiennent en respect un tigre par la queue. Tandis que la dette continue de grimper à travers le monde, ce tigre devient de plus en plus agité. Tôt ou tard, il finira par se retourner pour manger les idiots qui pensaient pouvoir le contrôler, ce qui signifie qu’à chaque nouvelle émission obligataire de plusieurs milliards de dollars une crise de la dette de proportions bibliques devient de plus en plus probable. Et lorsque la catastrophe aura lieu, les capitaux paniqués se comporteront de la même façon qu’en 2009, pour se ruer sur des actifs comme l’or, qui ne peuvent être créés en quantité infinie par des gouvernements dénués de gardes-fous.

Deuxièmement, Trump n’était qu’un avertissement. Il a prouvé qu’il existe une niche politique pour toute personne désireuse de dénoncer les failles fatales et les inégalités du système actuel. Les classes sociales abandonnées sont en effet prêtes à suivre en masse une version moins imparfaite que Trump. À la prochaine occasion, une version plus policée du candidat à la présidentielle pourra reprendre le flambeau et gagner haut la main. L’incertitude politique de cette semaine prendra alors sa revanche, pour orienter à nouveau les capitaux vers les valeurs refuge.

3 scénarios sont donc possibles :

  1. Trump gagne et le marché haussier de l’or est alors dopé, avec des hausses de 100 $ l’once d’or durant certaines sessions, qui deviendront la norme.
  2. Clinton gagne et les choses continuent comme avant, jusqu’à ce que le système s’effondre sous le poids de sa propre corruption, déclenchant ainsi une ruée vers les métaux précieux.
  3. L’élection suivante met en scène une version plus policée de Trump, qui est mandaté, aussi bien par l’électorat de droite que celui de gauche, pour casser les banques, auditer ou abolir la Fed et ainsi dissoudre l’empire militaire mondial américain. Les capitaux terrifiés de l’establishment se ruent alors vers l’or.

Peu importe le scénario, toutes les grandes tendances mènent vers le chaos : un environnement qui convient particulièrement bien aux métaux précieux.

Traduction de l’article de John Rubino, publié le 2 novembre 2016 sur SafeHaven.com

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tempête qui approche

Article de Brian Maher, publié le 18 août 2016 sur DailyReckoning.com :

« L’heure de vérité approche… Les investisseurs légendaires comme Carl Icahn sont des aigles, ils ne se rassemblent pas en troupeau. Ils sont isolés de la masse, et voient bien plus loin que les autres.

Ce que le multimillionnaire voit, perché à 3000 m d’altitude, est un marché content de lui qui se laisse porter par les flots, en état de béatitude… jusqu’à la chute d’eau.

« Lorsque tout va bien, le marché semble attractif… Mais c’est à ce moment-là qu’il faut faire un pas en arrière et arrêter d’acheter. »

Or, c’est précisément à ce moment-là que les lemmings baissent leur garde, bien entendu, lorsque tout semble rouler. Mais pas les aigles. Les foules les effraient, surtout lorsque l’autosatisfaction prédomine. À ce titre, Icahn affirme ne jamais avoir adopté tout au long de sa carrière d’investisseurs une position aussi défensive par rapport aux actions qu’aujourd’hui.

Il a raison. L’autosatisfaction règne sur les marchés. Et pourquoi cela ne devrait-il pas être le cas ? À chaque fois que M. Marché baisse, la Fed le saisit par les hanches pour le redresser. Il ne chute jamais. C’est arrivé à de si nombreuses reprises que les investisseurs pensent que cela ne s’arrêtera jamais.

Les marchés ont débuté l’année de la pire façon de leur histoire. Le début de la fin ? Pas vraiment. Pour des raisons connues par Dieu mais aussi tout le monde, les marchés sont repartis à la hausse, en raison de l’anticipation des interventions de la Fed pour sauver la mise. Depuis son plus bas de la mi-février, le Dow Jones a bondi de plus de 3.000 points.

Le Brexit a eu ensuite lieu en juin. Cela devait être le gros coup fatal qui devait mettre au tapis le marché. Bien sûr, cela a été pendant un moment la panique, il a quelque peu vacillé sur ses jambes, mais il est resté debout. Il a ensuite repris du poil de la bête, et après avoir encaissé ce gros uppercut il affichait de nouvelles valorisations records quelques semaines plus tard.

Ce jeudi dernier, le Dow Jones, le S&P et le Nasdaq ont tous affichés des valorisations records pour la première fois depuis 1999. Et ce malgré une croissance quasi à l’arrêt depuis le début de l’année. Malgré un commerce mondial dans les limbes. Malgré les bénéfices des entreprises en baisse depuis 4 trimestres consécutifs. Envers et contre tout.

Le VIX, l’indice de la peur, a plongé à un plus bas de 52 semaines, à un fifrelin de son plus bas record de 1993. L’ambiance semble aussi guillerette que celle d’un mariage au mois de juin. C’est tout le problème. Le marché a-t-il atteint un pic d’autosatisfaction ?

Greg Rutherford, CEO et cofondateur de Cavalier Investments :

« Le VIX est extrêmement bas, mais simultanément il y a beaucoup de choses négatives qui devraient inquiéter les investisseurs et qui semblent être ignorées. »

Conclusion à la Roosevelt : « la seule chose que nous devons craindre, c’est l’absence de crainte. »

Michael Lebowitz, cofondateur du blog financier 720 Global, pense aussi que cette volatilité très basse est un piège aussi tentant que dangereux. Surtout en année électorale mettant en scène un certain Donald Trump :

« Tandis que nous nous rapprochons de l’élection, les marchés évoluent comme si nous étions durant une période estivale calme typique qui ne se soucie de rien. Quel contraste avec les risques que bon nombre d’entre nous anticipent en raison de l’élection à venir. »

Peut-être que la Fed ne sera pas capable de soutenir le marché à sa prochaine baisse. Le prochain choc pourrait être celui qui sera fatal. Quel sera l’élément déclencheur ? Un événement en relation avec Trump, la situation en mer de Chine orientale, la Russie et l’Ukraine, Obama ? Qui peut le dire ? Mais il n’en faudra pas beaucoup.

Le soleil du mois d’août brille de 1000 feux en ce moment. Personne n’a besoin d’un parapluie quand il fait beau. Mais bientôt, de nombreux investisseurs regretteront de ne pas en avoir un. »

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Citibank

Traduction de l’article publié sur WallStreetOnParade.com le 14 juillet 2016, montrant qu’après avoir implosé en 2008 à cause de ses produits dérivés, Citigroup est à nouveau la banque américaine la plus exposée :

« D’après la FDIC, au 31 mars 2016 il y avait 6122 institutions financières assurées auprès de ses services. Parmi ces 6122 banques commerciales et caisses d’épargne, 4701 établissements ne possédaient aucuns produits dérivés. Autrement dit, 77 % des banques américaines ne voient aucune raison de s’engager sur le terrain miné des produits dérivés.

Par contre, Citigroup, la banque qui a spectaculairement implosé en raison de son exposition à des produits dérivés toxiques et aux subprimes en 2008 jusqu’à voir le cours de son titre passer en dessous de la barre du dollar pour ensuite bénéficier du plan de sauvetage le plus massif de l’histoire malgré son insolvabilité, détient aujourd’hui davantage de produits dérivés que 4701 banques américaines réunies, toutes ces banques étant garanties par le contribuable.

classement américain des banques exposées aux produits dérivés

D’après les services du Comptroller de la FDIC et son rapport de fin mars, la holding de Citigroup détient un montant notionnel de produits dérivés de 55,6 trillions de dollars (voir ci-dessus). De ce montant, 52 trillions se trouvent dans Citibank, garantie par l’État.

Si vous ajoutez les 4 autres mégabanques de Wall Street que sont la JP Morgan, Goldman Sachs, Bank of America et Morgan Stanley aux produits dérivés de Citigroup, cela représente un total de 231,4 trillions de dollars de produits dérivés, soit 93 % de tous les produits dérivés du microcosme de la FDIC, composé de 6122 banques et caisses d’épargne.

L’administration Obama ne se nous avait-elle pas dit que permettre à ces « Frankenbanks » de continuer à parier sur les produits dérivés tout en mettant l’économie américaine et les contribuables en danger serait de l’histoire ancienne grâce à la réforme financière initiée par la loi Dodd-Frank, ratifiée en 2010 ? Quel genre de réforme de Wall Street permet à Citigroup et à ces 4 autres banques de maintenir un fusil chargé sur la tempe des contribuables ?

D’après la “Push-Out Rule” (article 716 de la loi Dodd-Frank), les banques ne devaient plus être autorisées à détenir de produits dérivés à partir de juillet 2015. Le projet de loi prévoyait que ces produits dérivés devaient être déplacés dans des filiales non-assurées afin de ne pas faire porter le risque sur les contribuables en cas de pertes ou d’implosion. Mais en décembre 2014, Citigroup est parvenue à faire amender le texte de manière à supprimer ce passage critique ; après quoi la loi fut adoptée et signée par Obama.

D’après les données du bureau du Comptroller, avant le plan de sauvetage massif de Citigroup en 2008, la banque possédait pour 41,3 trillions de dollars (valeur notionnelle) de produits dérivés. Le régulateur, au lieu de forcer la banque à réduire la voilure, lui a permis d’augmenter son exposition de 35 % !

Le 28 octobre 2008, Citgroup a reçu 25 milliards dans le cadre du programme TARP (rachat d’actifs pourris). Moins d’un mois plus tard, la Bank vacillait à nouveau et recevait 20 milliards supplémentaires. En raison de soucis de capitalisation, Citi a reçu pour 306 milliards de dollars de garanties sur ses actifs par le gouvernement. Et comme si tous ces flots d’argent n’étaient pas suffisants, la Fed a accordé en douce à Citi des prêts, sur une période de 2 ans, pour un total de 2 trillions de dollars à des taux souvent inférieurs à 1 %. (…) »

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Article d’IRD.com, publié le 14 juin 2016 :

« Le système financier mondial est sur le point de devenir une supernova. Les titres de Crédit Suisse comme de la Deutsche Bank ont atteint leur plus bas historique. Ils s’effondrent malgré les milliards d’euros de support de la Fed, de la BCE, de la Bundesbank et de la Banque Nationale suisse.

Deutsche Bank propose à ses clients belges une offre promotionnelle : 5 % d’intérêt pendant 90 jours sur tout dépôt d’au moins 50.000 €. N’oubliez pas que les dépôts sont techniquement des prêts octroyés par l’épargnant à une banque. Le client devient un créditeur. Cela signifie que le rendement que la Deutsche Bank doit offrir pour attirer des dépôts correspond à celui d’obligations CCC (même si les obligations à haut risque BB offrent 5,5 %, mais n’oubliez pas que DB offre 5 % sur 3 mois). Il s’agit du signe incontestable d’une société en état de décomposition.

Hier, le titre de la DB a baissé de plus de 3 % à l’occasion d’une session durant laquelle la plupart des banques « Too Big to Fail » étaient en recul de 1 % ou moins. Au moment d’écrire ces lignes, le titre a de nouveau baissé de 3 %, sa valeur passant pour la première fois de son histoire sous la barre des 15 $. Cette banque est clairement en train de s’effondrer. Tout gestionnaire qui détient ce titre au nom de ses clients faillit gravement à sa mission. Deutsche Bank est la version 2016 d’Enron.

Mais il ne s’agira pas d’un « cygne noir ». Les banques centrales savaient que la Deutsche Bank allait s’effondrer lorsqu’Anshu Jain fut démis de ses fonctions en juin 2015, soit seulement 2 semaines après que le Directoire de la banque ait étendu ses pouvoirs sur les opérations de la banque. Les banques centrales disposaient alors d’un an pour créer une digue autour des dommages collatéraux, par exemple le risque de contrepartie sur les produits dérivés, qui découleraient d’un effondrement de la DB.

Les ennuis de Crédit Suisse sont moins visibles, mais le comportement de son action prouve que ses problèmes sont aussi graves que ceux de la Deutsche Bank. J’ignore si ces banques seront renflouées en bout de course par une combinaison d’opérations de recapitalisation financées par les contribuables et de confiscations. Je pense néanmoins que le capital saisissable est très loin d’être suffisant pour couvrir les obligations de Crédit Suisse et de Deutsche Bank en termes de produits dérivés. (…) »

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cds de Deutsche bank

Après un début d’année encourageant ayant fait des métaux précieux les actifs les plus performants de janvier, l’or et l’argent se sont littéralement envolés en raison du regain de faiblesse du dollar dans un premier temps, et, dans un second temps, du grand retour du risque bancaire matérialisé par les soucis de plus en plus inquiétants rencontrés par la Deutsche Bank.

Les difficultés du géant allemand ne datent pas d’hier. Le 11 juin 2015, nous publiions déjà la traduction d’un article de NotQuant.com que nous intitulions « Deutsche Bank : chronologie d’une mort annoncée ? ». Cet article dresse la liste des déboires de la banque, de ses problèmes de liquidités à la démission des 2 CEO de DB de juin 2015 tout en dressant des parallélismes avec la faillite aussi soudaine qu’inattendue de Lehman Brothers en 2008.

Aujourd’hui, les choses ont évolué de mal en pis pour la Deutsche Bank. Comme le rapporte le média financier indépendants Zero Hedge :

« Les échos de Bear (Stern) et Lehman se rapprochent chaque jour qui passe. Quelques heures seulement après l’effondrement du cours de l’action Deutsche Bank de 10 %, portant le titre à une valorisation plus vue depuis la crise financière, le géant allemand aux positions brutes notionnelles de plus de 50 trillions de dollars en produits dérivés se retrouve dans une énième situation de déjà vu, et quelque peu déplaisante, à devoir défendre sa liquidité et plus spécifiquement rassurer les investisseurs quant à sa capacité de rembourser des coupons pour 350 millions d’euros d’émissions de Tier 1 arrivant à échéance en avril. Soit l’une des nombreuses raisons ayant justifié la vaporisation de valeur de plusieurs milliards, en titres ainsi qu’en obligations convertibles qui ressemblent de plus en plus, au fil des jours qui passent, à des capitaux propres. »

De quoi rappeler de mauvais souvenirs à la communauté financière : la dernière fois que de grandes banques des « marchés développés » ont du faire des sorties publiques pour rassurer les investisseurs sur leur liquidité, un énorme plan de renflouement de plusieurs trillions de dollars ne tarda pas à suivre. Cependant, ce n’est probablement pas pour tout de suite, toujours selon Zero Hedge. Si le régulateur allemand interdit de shorter le titre DB, ce sera probablement le signe du début de la fin. En attendant, le risque Deutsche Bank est reflété par ses CDS, dont la courbe a adopté la formation tant redoutée du « Viagra », passant de 100 à 250 points de base en l’espace de quelques semaines.

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Article de Zero Hedge, publié le 8 octobre 2015 :

« Tandis que les rumeurs vont bon train concernant l’exposition de la Deutsche Bank au fiasco Volkswagen, même si aucune preuve n’a été avancé jusqu’à présent, DB vient juste de publier cet préannonce :

  • Deutsche Bank anticipe une perte de 6,2 milliards d’euros au T3
  • Deutsche Bank recommande une diminution du dividende ou son éventuelle annulation

La nouvelle publiée, l’action de Deutsche Bank s’est effondrée de 6 %. »

La banque allemande est régulièrement citée parmi les entités financières susceptibles de devenir le « prochain Lehman » même si Glencore est venu récemment grossir ces rangs. Le 12 juin 2015, nous publions déjà un excellent article de NotQuant.com sur le risque Deutsche Bank que nous reproduisons ci-dessous à l’instar de ce qu’a fait Zero Hedge :

« Avec le recul, l’effondrement de Lehman Brothers en 2008 s’est déroulé à une vitesse surprenante. À la surface, quelques signes annonciateurs se déclarèrent mais la réelle étendue du désastre n’a fini par apparaître que dans les derniers instants lorsqu’il était devenu évident que Lehman était condamné.

Afin de dresser le parallèle avec la Deutsche Bank, récapitulons les événements de 2007 et 2008 :

Malgré le peu d’indicateurs concernant le destin de Lehman, les initiés furent par contre au courant assez tôt : à la fin 2008 Goldman Sachs paria en son nom des montants énormes contre Lehman, une position qui fut appelée en interne « le gros short » (Big Short), un pari qui allait rapporter gros durant la crise.

À l’été 2007, les crédits subprimes commençaient à battre de l’aile sur les marchés. À partir du mois d’août, la liquidité commença à s’évaporer rapidement tandis que les fonds derrière les titres adossés à des créances s’asséchaient. Malgré tout, même jusqu’à la fin 2007, peu de gens suspectaient ce qui allait arriver à Lehman.

La première indication publique date probablement du 9 juin 2008 lorsque Fitch abaissa la note de Lehman à AA- avec perspective négative et ironie du sort à la même date, jour pour jour, ce fut l’abaissement de la note de Deutsche Bank par Standard & Poor’s en 2015, 7 ans plus tard. La « perspective négative » indique qu’une nouvelle baisse de la note est probable. Dans le cas de Lehman, ce fut un euphémisme.

À peine 3 mois plus tard dans le courant d’une seule semaine, Lehman annonçait une énorme perte de 3,9 milliards et déclarait faillite (entre le 10 et le 15 septembre). Le reste, vous le connaissez. (…)

Chronologie des difficultés de la Deutsche Bank

Voyons maintenant ce qu’il s’est passé avec la Deutsche Bank durant les 15 derniers mois :

 

  • En avril 2014 : Deutsche Bank est forcée de lever du capital de tiers 1 pour 1,5 milliard afin de renforcer son bilan. Pourquoi ?
  • Un mois plus tard, en mai 2014 : la recherche effrénée de liquidités continue alors que la DB annonce la vente d’actions pour 8 milliards de dollars, bradées de 30 %. De nouveau, pourquoi ? La nouvelle étonna les médias financiers. L’image de géant tranquille de la Deutsche Bank était écornée par ses efforts pressés pour trouver de l’argent frais. Quelque chose devait se tramer en coulisse.
  • Mars 2015 : la Deutsche Bank ne passe pas les stress tests, on lui demande de renfoncer sur-le-champ sa structure en capital.
  • En avril : la Deutsche Bank confirme son accord de règlement à l’amiable avec les États-Unis et le Royaume-Uni concernant la manipulation du LIBOR. La banque se retrouve avec une amende énorme de 2,1 milliards à payer à la justice américaine.
  • En mai : l’un des CEO de Deutsche Bank, Anshu Jain, reçoit de la part du Directoire de la banque des pouvoirs étendus ce qui ressemble furieusement à une décision de résolution de crise, le pouvoir exécutif étant souvent renforcé durant les périodes difficiles.
  • Le 5 juin 2015 : la Grèce ne rembourse pas le FMI. Le risque du défaut du pays sur sa dette est désormais élevé ce qui aurait d’énormes implications pour la DB.
  • Week-end du 6 et 7 juin : les deux CEO de Deutsche Bank annoncent à la surprise générale leur départ. Soit un mois seulement après que l’un d’entre eux ait reçu des « pouvoirs spéciaux ». Anshu Jain sera le premier à partir à la fin de ce mois de juin tandis que Jürgen Fitschen suivra en mai prochain.
  • 9 juin 2015 : Standard & Poor’s abaisse la note de Deutsche Bank à BBB+ soit seulement 3 crans au-dessus de « junk » (actif pourri). Soit une note inférieure à celle accordée par Fitch à Lehman il y a 7 ans alors que la banque avait mordu la poussière à l’époque dans les 3 mois.

Voici ce que nous savons. Quelle est la gravité de la situation ? Nous l’ignorons car nous n’avons pas le droit de savoir. Mais ces nouvelles n’émanent pas d’une société saine.

Quelle est l’exposition de la Deutsche Bank ?

Le problème de la Deutsche Bank c’est que son secteur bancaire conventionnel (agences) ne génère pas de bénéfice significatif. Pour conserver ses marges, elle a dû prendre plus de risques que ses pairs.

Deutsche Bank repose sur 75 trillions de dollars de paris sur les produits dérivés ce qui représente 20 fois le PIB allemand. La DB fait même mieux de 5 trillions que la JP Morgan.

Avec une telle exposition, des mouvements relativement limités peuvent engendrer des pertes catastrophiques. La Grèce est au bord du défaut, l’annonce de faillites n’est pas de l’ordre de l’impossible. (…) L’histoire ne se répète pas mais elle rime et sur les marchés, cela a tendance à se passer tous les 7 ans. »

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Article de Stefan Gleason, publié le 16 septembre sur SafeHaven.com :

« La plupart des citoyens qui possèdent de l’or sont familiers avec le risque de confiscation gouvernementale de leur or, par la crainte de voir débarquer chez eux les forces spéciales afin de mettre la main sur leur précieux métal.

Le seul précédent historique moderne qui existe est la « confiscation » de 1933 ordonnée par le président Roosevelt aux États-Unis via l’Executive Order 6102 ordonnant aux Américains de « cracher » leur or au beau milieu de la Grande Dépression.

Mais une lecture attentive de l’ordre exécutif de Roosevelt offre une perspective bien différente des idées reçues. Voici quelques faits qui pourraient calmer vos appréhensions :

L’Executive Order 6102 ne fut pas une grande confiscation de type « vol en règle ». Ce fut plutôt une expropriation avec dédommagement financier. En cédant vos pièces Double Eagle à dénomination de 20 $, vous receviez un billet de 20 $. Si l’objectif de Roosevelt était de voler le pouvoir économique de l’or, les citoyens n’ont pas perdu leur pouvoir d’achat après l’échange même si cela a rapidement changé lorsque le dollar fut dévalué par rapport à l’or (note : en janvier 1934, passant de 20 à 35 dollars l’once).

Roosevelt n’a pas interdit la possession d’or. Il a interdit son accumulation. La distinction n’est pas anecdotique. L’objectif de Roosevelt était de détruire l’or en tant que monnaie de tous les jours. Il voulait s’attaquer aux grandes concentrations d’or qui servaient aux transactions commerciales du quotidien. Son objectif n’était pas de mettre des millions d’Américains en prison.

Les citoyens n’ont pas dû remettre tout leur or. Chacun pouvait conserver 100 $ en pièces, donc 5 Double Eagle. En 1933, la population américaine dépassait les 120 millions, ce qui signifie que théoriquement, des centaines de millions de pièces étaient exemptées (soit davantage que les pièces en circulation). (…)

D’autres exemptions étaient prévues, comme pour les bijoutiers, les exportateurs d’or, les pièces rares de collection (sans définir précisément ce qui est considéré comme une pièce rare de collection).

Il était quasi impossible d’imposer dans les faits l’Executive Order, qui fut d’ailleurs largement ignoré. L’économiste Milton Friedman avait découvert qu’un an après la publication de l’ordre exécutif, 78 % de l’or américain se trouvaient toujours dans les mains des particuliers. (…) Ces pièces furent rapidement expédiées vers l’Europe ou l’Amérique du Sud pour être gardées dans un lieu sûr, ou enterrées dans des boîtes métalliques. (…)

Les poursuites furent rarissimes. Le cas le plus connu est celui d’un avocat de New York qui mit publiquement au défi Roosevelt de prendre son or. Il fut poursuivi en vertu de l’ordre exécutif et fut… acquitté !

Au fil des ans, les faits se sont mués en légende urbaine

Si Roosevelt n’a pas su dans les faits confisqués lors des Américains, les dégâts de son ordre exécutif ont été faits. (…)

Ce n’est pas parce que vous possédez de l’or et de l’argent que vous êtes nécessairement une cible. Chaque gouvernement estime pouvoir confisquer à ses citoyens ce qui lui chante, à tout moment et sans compensation.

En 2007, Chris Powell de GATA a publié sa correspondance avec le Département du Trésor de George Bush, qui lui révéla que le gouvernement pouvait réclamer « l’or et l’argent mais aussi toute satanée chose que le gouvernement souhaite confisquer. »

Pour illustrer ce fait par un exemple récent, la Californie a mis la main sur des sources d’eau, annulant sans forme de procès des contrats en bonne et due forme, afin de combattre la sécheresse qui sévit depuis maintenant 4 ans.

Si vous ne payez pas votre taxe foncière, le gouvernement peut saisir votre maison sans compensation. Déposez votre argent à la banque et il peut être confisqué en vertu des règles de bail-in. Depuis 2008, le Congrès lorgne sur les assurances-vie des Américains et leur éventuelle confiscation. (…) »

On avait beau nous dire que le risque grec était déjà intégré dans les valorisations et que ce pays, de par la taille modeste de son économie, ne représentait aucune menace pour le système financier mondial… Depuis que la situation a tourné au vinaigre, cette confiance de façade s’est fissurée si bien que les plus respectables des institutions affichent désormais en public leurs inquiétudes.

Il faut dire que comme nos articles d’hier l’ont démontré, derrière les ennuis financiers de la modeste Grèce se cache la faillite virtuelle de la BCE ce qui n’est pas rien. A côté de cet événement qui semble impensable, le risque de voir la panique s’emparer des marchés est bien plus grand ce qui préoccupe de plus en plus les investisseurs.

On ne compte plus les gestionnaires et spéculateurs respectés qui conseillent de se positionner sur le cash, voire même sur les métaux précieux : Bob ShillerBill Gross, etc. C’est désormais au tour de Mark Carney (gouverneur de la banque d’Angleterre) de partager ses craintes de voir les événements en Grèce déclencher une vague de vente sur les marchés qui pourraient se répandre aux 4 coins du globe à l’occasion de la dernière publication du rapport de stabilité financière de son institution, qui a lieu 2 fois par an :

« Mr Carney a déclaré aux journalistes que l’exposition directe minimale des banques britanniques à la Grèce en termes de dépôts et de crédits ne signifie pas que l’économie britannique soit nécessairement immunisée contre une dégringolade si la Grèce devait quitter la zone euro.

« La situation reste fluide mais il est possible qu’un aggravement de la crise grecque puisse déclencher une vaste réévaluation du risque du côté des marchés financiers » a déclaré Carney. « Cela pourrait en définitive atteindre la confiance des entreprises et des ménages en Grande-Bretagne », a-t-il ajouté.

Bank of England a travaillé main dans la main avec le Trésor britannique et les autorités européennes à la mise en place de plans d’urgence afin de protéger l’économie britannique des dommages collatéraux, a déclaré M. Carney tout en refusant de fournir de plus amples détails. Il a affirmé que les régulateurs avaient été regarder du côté des divisions britanniques de certaines banques grecques.

Mercredi, le patron du trésor britannique George Osborne a déclaré que le la Grande-Bretagne espérait le meilleur tout en se préparant pour le pire.

« Nous sommes prêts à faire tout ce qui sera nécessaire pour protéger notre sécurité économique durant cette période incertaine. »

Source : Zero Hedge

Dans un article précédent, Paul Craig Roberts a dressé l’inventaire des conséquences géopolitiques d’une sortie de la Grèce de l’Europe. Aujourd’hui, Alasdair Macleod se penche sur un autre risque énorme généré par la crise grecque : la solvabilité même de la BCE (source GoldMoney) :

« Soyez-en sûr, la crise grecque est une crise de l’euro qui menace la solvabilité même de la BCE et donc la confiance en l’euro. Avant d’aborder les raisons, plantons le décor avec un petit récapitulatif de la situation grecque…

Le week-end dernier, il est devenu clair que la Grèce se dirigeait tout droit vers le défaut sur sa dette souveraine et le déraillement de son système bancaire. Avec le recul, il semble que le gouvernement grec ne souhaitait pas simuler sa solvabilité en poursuivant le programme de support financier comme si de rien n’était. Tandis que les ministres des Finances de la zone euro et la troïka n’étaient pas prêts à accepter cette réalité.

Expliquer pourquoi n’a plus vraiment d’intérêt immédiat. Ce qui est important désormais ce sont les conséquences économiques et financières, qui sont principalement au nombre de deux :

  1. le système bancaire de la zone euro est très fragile ce qui signifie qu’il ne pourra absorber facilement le choc d’un défaut souverain ;
  2. la BCE elle-même a besoin d’un refinancement.

Commençons par aborder ce second point. La BCE doit faire face à des pertes sur la Grèce qui représentent environ le double de ses fonds propres et de ses réserves. Les liquidités d’urgence fournie par le dispositif ELA qui sont dues à la BCE par la Grèce totalisent 89 milliards d’euros tandis que le solde TARTGET2 que doit la banque centrale grecque aux autres banques centrales européennes s’élève à 100 milliards supplémentaires, solde qui en bout de course est aussi au passif de la BCE.

Le tout représente environ le double des fonds propres et des réserves de la BCE, qui s’élèvent à environ 98 milliards. Vu l’effondrement probable du système bancaire grec et du défaut du pays sur sa dette, nous pouvons en conclure que les garanties avancées pour obtenir ces prêts ainsi que les obligations grecques détenues par la BCE n’ont quasi plus de valeur.

La BCE dispose donc de deux options : soit elle continue de soutenir la Grèce pour ne pas devoir enregistrer ses propres pertes ou elle se recapitalise via ses actionnaires.

La première alternative semble avoir été écartée au vu des événements du week-end dernier. Pour la seconde, elle semble problématique vu que toutes les banques centrales de la zone euro ne sont pas en position de contribuer. Il semble donc probable qu’une sorte d’obligation perpétuelle soit émise pour laquelle des souscripteurs devront se manifester.

Cette gestion sera cruciale car la stabilité du système bancaire européen représente un danger considérable pour la BCE, vulnérable à toute réévaluation du risque du crédit souverain. (…)

En bref, le bilan de la BCE qui dépend lourdement de la stabilité du prix des obligations européennes est très vulnérable aux conséquences des événements en Grèce et lorsque la situation de la BCE deviendra claire pour les marchés financiers, la légitimité de l’euro en tant que monnaie pourrait être questionnée vu qu’il ne s’agit que d’une construction artificielle qui existe depuis seulement 13 ans.

En conclusion, la crise grecque risque de déstabiliser l’euro lui-même qui pourrait basculer en dessous de la parité avec le dollar. (…) »

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Si les actionnaires de Banco Espirito Santo ont perdu toutes leurs billes, les épargnants ont été jusqu’à présent protégés. Pour John Embry (source), cela signifie que les choses sont tellement graves que les autorités n’ont pas osé laisser couler la banque.

 

« Nous traversons la période financière la plus dangereuse de l’histoire. Le système financier utilise des effets de levier monstre. Je ne parle pas uniquement des centaines de trillions de dollars de dette, qui représentent 3 fois le PIB mondial, mais aussi du nombre incalculable des passifs non capitalisés dont personne ne parle.

Sans parler des montants fous des produits dérivés, évoqués hier par Andrew Huszar, qui sont bien supérieurs au quadrillion de dollars en valeur notionnelle. La plupart de ces produits dérivés dépendent des taux d’intérêt. Nous n’avons jamais connu pareille situation.

Ces problèmes sont bien plus importants que ceux de 2007 qui ont provoqué la crise. La plupart des ressources des banques centrales et des gouvernements, au point de vue fiscal et monétaire, ont déjà été déployées pour éviter un effondrement global. Il est donc normal de se demander ce qu’il va se passer lorsque la prochaine crise, inexorable, se déclarera.

L’économie est anémique à cause de la dette excessive qui se trouve dans le système. Les taux d’intérêt maintenus artificiellement à des niveaux extrêmement bas augmentent le risque sur ces produits dérivés.

Pour cacher cette réalité désolante, les politiciens et les banques centrales falsifient les statistiques économiques, sous-estiment grossièrement l’inflation tout en gonflant les chiffres de croissance du PIB et en exagérant les créations d’emplois. Les marchés sont agressivement manipulés, par les ventes à découvert, le trading à haute fréquence, tandis que la presse mainstream applaudit. Plus les choses perdurent en l’état, plus douloureuse sera la chute.

Il est intéressant de noter que Banco Espirito Santo a été renflouée, car pendant un moment on s’attendait à un « bail-in ». Je pense que la situation est tellement précaire que toute faillite sera couverte afin d’éviter un nouveau Lehman, qui a provoqué le début de la crise en 2008.

Dans ce contexte, je persiste à croire que l’or et l’argent sont les seules protections réelles dans un tel scénario. Et leur sous-évaluation durant ces 3 dernières années suite à la manipulation des cours ne fait que renforcer mon opinion. (…) »