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Robotisation

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Un robot vendeur : l'OSHbot

Article de Gerald Celente, publié le 17 août 2016 sur DailyReckoning.com, qui montre que nous sommes à l’aube d’une 3e révolution, robotique cette fois, après la révolution industrielle et la révolution numérique :

« Lundi, nous avons exploré le futur du secteur de la restauration rapide lorsque la robotisation et l’automatisation seront exploités à leur potentiel maximal. Mais ce secteur n’est qu’une facette d’un monde de la vente qui va être métamorphosé par une nouvelle génération d’intelligence automatisée. Des robots intelligents qui sont capables de travailler de la plateforme de chargement jusqu’au magasin.

Midea, une société d’appareillage chinoise, prédit un avenir radieux pour les robots sur les lignes de production. En juillet, il est devenu le plus gros actionnaire de Kuka, société allemande spécialisée dans la robotique qui produit des systèmes variés pour les lignes de production.

Perry Kramer, vice-président de la société de conseil Boston Retail Partners, voit de lourds investissements être réalisés dans l’automatisation des entrepôts.

Une technologie adaptée au show-room suivra, alors que les clients commencent à s’habituer à des robots qui connaissent leur nom, leurs habitudes d’achat et qui les mènent vers les produits qu’ils achètent habituellement. Le nombre de vendeurs va baisser, d’après Kramer, mais les survivants seront mieux payés car ils devront posséder une expertise technique supérieure afin de permettre la bonne poursuite des opérations.

Conscient de ce futur, Google a acheté durant ces dernières années 7 sociétés de robotique spécialisées dans des domaines comme le levage, la prise d’objets ou encore leur déplacement. Staples, The Gap et d’autres chaînes de magasins s’appuient déjà sur l’intégration de robots sophistiqués dans leurs entrepôts.

Prenons par exemple les centres de distribution d’Amazon. Au lieu d’avoir des humains qui se baladent dans les allées de l’entrepôt pour ajouter aux commandes un livre par ici ou une brosse à dents électrique par là, des robots se chargent du travail de levage et de triage. Ils présentent aux personnes qui se chargent de l’emballage les casiers qui contiennent les produits commandés, d’où ils sont choisis et ajoutés à la commande. Des tâches qui prenaient à une personne des heures sont réalisées désormais en quelques minutes.

Pas encore repu avec son armée de plus de 30.000 robots, Amazon a lancé en 2015 son concours Amazon Picking Challenge. 25.000 $ ont été offerts pour la société qui produirait le robot le plus à même de saisir directement des objets, l’une des dernières tâches effectuées par des humains dans les entrepôts.

Même si les participants ont lamentablement échoué dans leur tentative d’être plus efficace que les humains, les progrès récents de la robotisation ont engendré l’émergence de robots aux doigts agiles de plus en plus proches de la rapidité et de la dextérité humaine.

Les robots vendeurs débarquent

Les robots intelligents font également leur apparition dans les magasins. Les Lowe’s Home Improvement Centers sont passés à la vitesse supérieure en introduisant leur « OSHbot » dans certains de leurs points de vente.

En utilisant un programme de reconnaissance faciale, les OSHbots identifient  les clients, se dirigent vers eux, se présentent et offrent leur aide. Le client pourrait dire : « j’ai besoin d’une ampoule ». L’écran du robot affiche alors toute une série d’options. Il suffit alors au client d’appuyer sur le produit désiré et le robot l’emmène jusqu’à son emplacement. Si vous avez besoin de davantage de clous, il suffit de scanner le produit pour que le robot l’identifie et vous y emmène (photo). Mais ce n’est que le début…

Hointer, magasin de prêt-à-porter de Seattle créé par un ancien d’Amazon, pense bien plus loin. Se basant sur la théorie affirmant que les hommes n’aiment pas faire du shopping, ce magasin utilise l’intelligence artificielle pour accélérer le processus.

Le client télécharge l’application Hointer sur son smartphone. Il lui suffit de choisir les produits qui l’intéressent, en indiquant la taille et le coloris, et le robot lui amène dans sa cabine d’essayage sa sélection en 30 secondes. Tout devient plus simple. Dans un futur proche, vous ne devrez même plus porter vos propres sachets ! Vos achats pourront être acheminés jusqu’à votre coffre grâce au chariot intelligent de Starship Technologies, une société estonienne. Ce chariot de livraison utilise des caméras et un GPS pour vous trouver. Vos achats : vos courses du supermarché, des médicaments, du lait infantile, se trouvent dans un compartiment qui peut être ouvert grâce à un code envoyé sur votre smartphone.

Le chariot de Starship est une espèce d’assistant personnel, le marché de la robotisation qui connaît probablement la plus grosse croissance. Ce système de livraison fera fureur auprès des personnes âgées, et à vrai dire dans toutes les tranches d’âge. »

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robotisation

Si la crise économique est un facteur qui alimente le foyer du chômage, un autre élément pourrait bien dans les années à venir rendre l’humain quasi obsolète en tant que force de travail : la robotisation. Cette révolution risque d’être tellement abrupte qu’elle arrivera à un moment où le socialisme, vertement critiqué (et à raison), deviendra une nécessité.

Qu’on le veuille ou non, la redistribution de la richesse sera le thème politique central des décennies à venir dans un monde où les êtres humains ne joueront plus qu’un rôle de figuration dans l’ensemble de l’activité économique, que ce soit les biens ou les services. Cette révolution est déjà en marche. Bank of America vient de publier un rapport de 300 pages sur le sujet, qui a fait l’objet d’un article du Telegraph :

« Les robots occuperont 45 % de tous les emplois industriels pour faire baisser les coûts salariaux de 9 trillions de dollars d’ici une décennie. Bank of America prédit que les robots et les formes d’intelligence artificielle transformeront le monde d’ici 2025 de façon jamais vue, balayant les anciens business models dans un tsunami d’innovations perturbatrices. (…)

Le rapport affirme que la vitesse de l’évolution de l’innovation technologique perturbatrice est devenue parabolique. Les pays qui ne prendront pas le train de la robotisation chuteront rapidement dans les classements de la compétitivité.

Le salaire des ouvriers chinois a été multiplié par 9 depuis les années 2000, le nombre de travailleurs diminue. La Chine est déjà le plus gros acheteur de robots du monde, représentant 25 % du marché mondial.

Le prix des robots que ce soit pour prendre soin des personnes âgées, pour planter des graines ou cueillir des fruits, des drones commerciaux ou des programmes d’intelligence artificielle (note : il existe déjà, par exemple, un programme qui appelle automatiquement des prospects pour leur vendre une assurance), ont baissé en moyenne de 27 % durant les 10 dernières années, et la tendance devrait se poursuivre. (…)

Le « cobot » standard Baxter, qui travaille côte à côte avec les humains sur les chaînes de montage, par exemple pour visser des boulons, ne coûte que 22.000 $. Nous approchons du moment crucial d’inflexion lorsqu’il sera 15 % moins cher d’utiliser un robot qu’un travailleur.

Ce seuil a déjà été franchi dans le secteur automobile des États-Unis, d’Europe et du Japon, où un robot soudeur coûte 8 $ de l’heure contre 25 $ pour un travailleur. (…) Bank of America estime que 50 % des emplois américains sont menacés. (…) Ceux qui détiennent le capital s’adjugeront un pan encore plus important de la richesse produite pour pousser les inégalités vers de nouveaux extrêmes. (…) »

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La robotisation, comme la révolution industrielle en son temps, est en train de bouleverser les méthodes de production et donc le marché du travail. D’après John Robb ancien pilote de l’US Air force mais également inventeur et auteur, la robotisation va bientôt atteindre des niveaux proches de la science-fiction : 

« Cela fait une décennie qu’une transformation profonde a lieu. Nombreux sont ceux parmi nous qui en ont entendu parler ou l’ont ressenti, celle-ci faisant vaciller les fondations d’un système socio-économique mondial déjà en décrépitude.

Votre opinion sur cette transformation variera en fonction de votre vision du monde. Je la perçois en tant que transformation technologique. Une transformation qui va tout chambouler. (…) Il ne s’agit pas de science-fiction : c’est pour bientôt.

Jusqu’il y a 300 ans le monde dépendait du travail des humains principalement manuel. Les compétences et les méthodes requises pour faire ce travail se trouvaient principalement dans la tête de celui qui l’effectuait. Des structures ont été créées pour rassembler la main-d’œuvre nécessaire pour effectuer des travaux à grande échelle tandis que les guildes sont apparues pour protéger cette connaissance.

Pour dépasser les limitations du travail manuel, nous avons développé quelque chose de neuf : l’automatisation. Le monde a été transformé par l’apparition des machines (physiques ou programmes informatiques) qui font le travail pour nous. L’automatisation se base sur un processus scientifique qui détermine les étapes d’une tâche et qui les transforme en machines qui les effectuent.

Cependant nous n’avons pas atteint les limites de l’automatisation. Pourquoi ? L’automatisation est limitée par la capacité humaine de construire les modèles cognitifs nécessaires à la construction des machines.

Pour dépasser ces limites, nous construisons désormais des machines cognitives capables de construire leur propre modèle du fonctionnement des choses et de la façon d’accomplir des tâches. Contrairement aux machines qui servent à l’automatisation, ces machines ne sont pas construites de façon traditionnelle. Elles sont capables de résoudre des problèmes bien plus complexes que les tâches effectuées par la robotisation.

Le grand changement est que ces machines se « construisent » elle-même. Elles accumulent leurs aptitudes comme le font les humains : via l’apprentissage, la formation et l’expérience. Cependant elles sont capables d’apprendre bien plus vite que nous. Une fois la connaissance acquise, elles peuvent la transmettre à d’autres machines, instantanément, et dans le monde entier (cloud robotique).

Si vous pensez que ceci n’a aucune importance, vous avez tort. Il s’agit du bond technologique le plus important depuis les débuts de l’automatisation, il y a plus de 300 ans, un changement qui va tout bouleverser. Notamment au niveau de l’économie, de la guerre et de la politique, que nous pensions immuables. »

Photo : chaîne de montage Tesla aujourd’hui et chaîne de montage Ford de 1941 (photos originales Flickr : source et source).