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Rouble

Via son journaliste L. Tood Wood, le grand public américain qui lit The Washintgon Times ne pourra pas dire « qu’il ne savait pas ». Dans son dernier article intitulé « la Russie accumule de l’or, vous devriez vous inquiéter », les choses sont dites de façon claire et limpide (même si certains passages sont fortement discutables).

Il reprend certaines idées de Rotislav Ishchenko développées dans cet article très intéressant qui a été traduit par le Comité Valmy, les 2 papiers ayant évidemment un certain biais national (Ishchenko qui voit une bataille Russie-USA sans reconnaître à la Chine le statut qu’elle mérite, Tood Wood voyant toujours en son pays le chevalier blanc de la planète) :

« La banque centrale de la Russie a annoncé cette semaine sur son site que la Russie a acheté environ 30 tonnes d’or en mars portant ainsi ses réserves à 1238 tonnes. La Russie est désormais la 5e nation au classement des plus grosses réserves d’or d’après le FMI. Et il s’agit de l’or que la Russie souhaite exposer au monde ! À l’instar de la Chine, il se peut que la Russie ne rapporte pas l’intégralité de ses réserves au FMI une institution dominée par les États-Unis. L’Occident devrait aussi se faire du mouron à propos des réserves d’or de la Chine mais ce sera le sujet d’un autre article.

En quoi est-ce un problème pour l’Occident ? Cela peut sembler anodin mais ça ne l’est pas au vu des circonstances géopolitiques récentes. L’accumulation de métal de la Russie est un signe de ce qui nous attend. Elle permet de comprendre ce que Poutine anticipe.

Il suffit de contempler la folie fiscale et monétaire de l’administration actuelle pour comprendre que notre énorme dette, nos dépenses prodigieuses et la vulnérabilité lancinante de notre monnaie finiront par nous mener au désastre. Tout observateur objectif peut voir que nos adversaires lorgnent vers le futur et essayent d’exploiter nos faiblesses. Dans le jargon militaire on appelle ça la guerre asymétrique. Je parlerai plutôt de stratégie intelligente à long terme.

La Russie, malgré sa xénophobie et son autoritarisme est dotée d’une qualité cruciale : elle fait ce qui est bon pour le pays. Le Kremlin agit pour augmenter la puissance nationale. Les décisions ne sont pas prises pour satisfaire un agenda politique politiquement correct ou idéaliste. Ils ont déjà donné au temps de l’URSS et cela n’a pas marché. Pourquoi l’Occident n’a pas tiré les leçons de cet échec me dépasse car nous suivons le même chemin.

La Russie n’est pas socialiste ou communiste, elle est nationaliste. D’une certaine façon, on pourrait dire que le capitalisme de type « laissez-faire » y est plus présent qu’en Occident. Il n’y a aucun filet de sécurité, les oligarques dirigent le pays. J’ai toujours dit que la Russie est à de nombreux points de vue, 150 ans en arrière par rapport à l’Occident. Ils sont dans leur phase de bourgeoisie prédatrice (note : l’auteur ignore peut-être que l’écart de revenu entre les plus pauvres et les plus riches est à nouveau à son pic) avec tous les problèmes que cela engendre sur la société.

La Russie accumule de l’or car elle estime que cela augmentera la valeur du rouble et sa stabilité. Comme la Chine, la Russie est engagée dans une stratégie à long terme. Elle contemple le déclin de la puissance économique de l’Occident et se prépare à occuper un siège lorsque la musique s’arrêtera.

À Wall Street, on a coutume de dire que les « taux d’intérêt sont bas jusqu’à ce qu’ils remontent ». Actuellement, le taux directeur russe est supérieur à 10 %. La banque centrale de Russie a augmenté ses taux malgré les conséquences néfastes pour son économie afin de sauver sa monnaie. Cela a marché. Cependant, la Russie a l’avantage de n’avoir quasiment pas de dette. Aux États-Unis, nous ne payons presque pas d’intérêts sur une dette proche des 20 trillions de dollars. La Fed politisée est intervenue pour maintenir les taux à des niveaux artificiellement bas. Même une augmentation de 1 % des taux coûterait aux États-Unis des centaines de milliards en service de la dette, un coût que nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre. C’est à ce moment-là que le rouble adossé à l’or entre en scène.

La Russie le sait. Le monde entier le sait. Couplée à notre manque actuel de leadership cette faiblesse économique s’est muée en faiblesse militaire et géopolitique mondiale. Regardez ce qui se passe. Les « méchants » (sic) n’ont plus peur de la réaction des États-Unis car nous sommes ruinés. Et cela ne fait que commencer. Machiavel a dit qu’il est préférable d’être craint que d’être aimé. J’ai bien peur que dans le cas des États-Unis, ce ne soit ni l’un ni l’autre.

Il y aura des conséquences mortelles à notre irresponsabilité qui est le fruit du manque de discipline fiscale de nos deux partis. Je parle d’une génération perdue, sérieusement, les jeunes générations américaines vont devoir réapprendre quelques dures leçons du passé. Elles pourraient ne pas survivre aux épreuves qui les attendent.

Nous avons offert à nos ennemis économiques et potentiellement militaires une arme économique. Il s’agit d’une bombe à retardement. Tôt ou tard, la Fed perdra le contrôle du marché obligataire. Notre monnaie fiduciaire verra sa valeur tomber au prix du papier sur lequel elle est imprimée. Les grands pays socialistes occidentaux s’effondreront sous le poids de leur lourdeur.

La Russie attend le jour où l’Amérique se réveillera pour réaliser qu’elle possède une monnaie adossée à l’or. Leurs problèmes économiques mis de côté et malgré ce que notre président dit à propos de la maîtrise de la Russie sur l’échiquier géopolitique, ce pays attend d’avoir la main économique pour renverser les États-Unis. Si nous continuons de la sorte, il ne s’agit pas de savoir si cela aura lieu, mais quand. »

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Alors que l’année 2014 allait se terminer sur une étonnante stabilité des marchés, le pétrole puis le rouble ont entamé leur dégringolade. Quelles seront les conséquences sur l’économie en 2015 ? Voici l’opinion de Stephen Leeb :

« En ce moment, je me concentre sur le pétrole, et sur les conséquences négatives de sa chute sur l’or. Mais à terme, les conséquences seront très néfastes pour l’Occident et positives pour l’Orient. Plusieurs sociétés de courtage, dont Goldman Sachs, ont récemment publié des rapports avertissant que si le pétrole devait rester proche de ses niveaux actuels, nous pourrions assister à une réduction mondiale des CAPEX qui pourrait s’élever jusqu’à un trillion de dollars. Ce qui déboucherait probablement sur une baisse de 7 à 8 % de la production mondiale, et donc sur des prix bien plus élevés pour le brut.

Je pense que la baisse du pétrole a été orchestrée par les Saoudiens et les Chinois, et que les Russes ont accepté de prendre les coups en bon soldat. Cependant, la volatilité à laquelle nous allons insister sur le marché du pétrole sera inédite, du jamais vu.

Je pense que l’année prochaine, ainsi que 2016, seront des années critiques pour la civilisation occidentale. À cette date, le dollar ne sera plus tout-puissant. Ce qui signifie que les États-Unis n’auront plus vraiment de contrôle sur la destinée du pays. Je pense également qu’il est trop tard pour les États-Unis de se tourner vers les énergies alternatives. Les Chinois ont pris beaucoup trop d’avance sur ce terrain.

Aux États-Unis, nous avons placé tous nos espoirs dans la fracturation hydraulique. Il est cependant impossible d’utiliser cette technique lorsque le pétrole est aussi bas. Vous devez produire de 4 à 5 barils par baril d’énergie consommée pour les obtenir. Mais avec la fracturation hydraulique, vous pouvez vous estimer heureux si vous en obtenez 3 pour 2 consommés. La fracturation hydraulique mène donc les États-Unis vers un désastre.

Cela dit, les Russes vont vivre une salle année, avec le rouble sous pression, mais je ne pense pas qu’ils se fassent beaucoup de mouron. Je pense qu’ils sont prêts à passer une mauvaise année avec la promesse de connaître quelques-unes des plus belles des années de leur histoire par la suite. Les Russes feront partie des grands gagnants du grand ménage qui va se faire dans le secteur de la fracturation hydraulique. Les Russes disposent de ressources naturelles énormes, qui vont leur rapporter beaucoup d’argent dans les années à venir. (…) »

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Alors que le cours du brut ne cesse de plonger, le rouble tangue. On peut débattre à l’infini sur les raisons de la baisse de la monnaie, mais cela ne change rien au fait que le peuple russe voit son pouvoir d’achat fondre comme neige au soleil… à moins qu’il ait converti ses économies en or. Article de John Rubino :

« C’est mal comprendre les marchés des métaux précieux que d’affirmer qu’ils sont dans une tendance baissière. L’or n’est pas un investissement qui monte et qui descend. C’est une monnaie, dans le sens le plus pur du terme, quelque chose qui permet de conserver sa richesse. La plupart du temps, sa valeur est immuable ; lorsque son cours évolue par rapport à une devise papier, ces mouvements concernent la valeur de l’argent papier, et non du métal.

Mais lorsqu’une devise s’effondre, l’intérêt de l’or éclate au grand jour. Pour en faire la démonstration, il suffit de regarder ce qu’il se passe en ce moment, sous nos yeux, en Russie. Le rouble plonge (et il est inutile d’essayer de comprendre pourquoi ; toutes les monnaies papier finissent de cette façon, c’est tellement inéluctable qu’identifier les raisons n’a quasi aucun intérêt).

Les Russes qui ont fait confiance à leur gouvernement et qui ont conservé leurs économies, disons en devise locale sur un compte en banque, sont en train de perdre leur chemise. Mais ceux qui possèdent cet or « vestige d’un autre âge », « qui ne rapporte pas d’intérêt », « dans un marché baissier » viennent de voir leur patrimoine, exprimé en roubles, s’apprécier d’environ 60 % rien que le mois dernier.

Attention, ils n’ont pas « gagné de l’argent », mais ils ont par contre préservé leur pouvoir d’achat. C’est ce qu’il se passe systématiquement, à n’importe quelle époque et à n’importe quel endroit de la planète, lorsque les gouvernements détruisent leur monnaie. Que ce soit l’Empire romain, la France révolutionnaire, l’Amérique révolutionnaire, la plupart des pays d’Amérique latine durant le XXe siècle, et maintenant la majeure partie du monde développé, les monnaies fiduciaires finissent par s’évaporer tandis que l’or est toujours là, conservant inexorablement son pouvoir d’achat, insensible aux conséquences des petits jeux des gouvernements.

Il ne faudra pas attendre bien longtemps pour que ce graphique puisse s’appliquer à d’autres devises papier. Mais lorsque cela arrivera, il sera trop tard pour la plupart des gens. Il n’y aura plus d’or métal à acheter, et ceux qui auront fait confiance à leurs gouvernements devront s’en remettre à leurs promesses. »

La position du dollar, en tant que devise d’échange des énergies, fournit aux États-Unis de nombreux avantages injustes. Il semblerait que Moscou soit prêt à faire tomber ces avantages.

Oil Pumps

Le pétrodollar est l’un des piliers de l’économie américaine, car son existence entraîne une importante demande internationale pour le billet vert, ce qui permet aux États-Unis d’accumuler une dette énorme. Si une société japonaise veut acheter des barils de pétrole saoudien, elle doit payer en dollars même si aucune entreprise américaine n’est impliquée dans la transaction. Le dollar bénéficie d’une telle position dominante sur ce marché énergétique que même les contrats de gaz naturel de Gazprom en Europe sont libellés et réglés en dollars. Jusqu’il y a peu, une grande partie du commerce entre la Chine et l’Europe se faisait via le billet vert.

Récemment, la Chine a pris la tête des BRICS afin de remettre en question l’hégémonie du dollar, mais la guerre des sanctions entre Washington et Moscou a permis d’accélérer le projet du lancement du « pétrorouble », ayant pour but de s’émanciper du dollar pour toutes les exportations russes de pétrole et de gaz.

Le principal partisan de ce plan est Sergey Glaziev, le conseiller économique du président russe et Igor Sechin, CEO de Rosneft, la plus grosse société pétrolière russe et proche de Poutine. Ces 2 hommes n’ont cessé de prêcher pour un remplacement du dollar par le rouble. Désormais, des membres importants du gouvernement œuvrent à son implémentation.

Cela a commencé avec le ministre de l’Économie, Alexei Ulyakaev, qui a déclaré à la chaîne Russia 24 que les sociétés énergétiques russes devraient se débarrasser du dollar : « elles doivent être plus courageuses en signant des contrats en roubles et dans les devises de ses pays partenaires, » a-t-il déclaré.

Le 2 mars dernier, le CEO de la banque d’État VTB Andrei Kostin, a déclaré à la presse que Gazprom, Rosneft et Rosoboronexport (société spécialisée dans la vente d’armes), peuvent commercer en roubles. « J’ai parlé avec les dirigeants de Gazprom, Rosneft et Rosoboronexport ; ils ne voient aucun inconvénient à utiliser le rouble, ils ont juste besoin d’un mécanisme pour le faire. »