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Route de la soie

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Article de Jesse Café, publié le 24 novembre 2015 :

« La demande totale des pays de la Route de la Soie, qui inclut l’augmentation officielle des réserves d’or et les importations commerciales, est passée de 1493 tonnes en 2000 à plus de 27.000 tonnes en 2015.

On assiste cependant à une accélération de la tendance depuis la crise financière de 2008, cette augmentation s’étant élevée à 450 % durant ces sept dernières années. (…)

La demande des pays de la Route de la Soie a aisément surpassé la production minière mondiale durant ces deux dernières années. Ce qui signifie qu’il faut trouver de l’or ailleurs que dans les mines. Via le recyclage ou l’achat d’or détenu par d’autres entités.

S’agit-il d’une tendance cantonnée au seul gouvernement chinois ? Cela semble difficile à croire. La demande de la Chine et de la Russie ne représente qu’environ 11,4 % de l’augmentation de la demande d’or parmi les pays de la Route de la Soie :

russie-chine-or-reserves

Il est intéressant de mettre ces faits en perspective avec le déclin continu de la quantité d’or présente dans les coffres occidentaux ainsi que l’augmentation des leviers dans les ETF, ce que certains appellent l’or synthétique un phénomène devenu particulièrement apparent depuis 2013 :

comex-or

Dans le graphique ci-dessous, on peut voir la comparaison entre les livraisons de métal physique à la bourse de Shanghai (rouge) et au Comex de New York (bleu) :

comex-sge-livraisons-or

Mon but n’est pas de convaincre qui que ce soit, de débattre ou encore moins de vendre quelque chose. Ce sont des faits établis, chacun sera libre d’en tirer les conclusions qu’il souhaite. (…)

Les pays de la Route de la Soie ont fait l’acquisition de plus de 25.000 tonnes d’or durant les quinze dernières années. Les mines ne sont pas en position d’augmenter leur production ou de chercher de nouveaux filons. De nombreuses années sont nécessaires pour rendre une mine opérationnelle.

D’après les chiffres de Nick Laird, la production mensuelle mondiale d’or et de 260 tonnes tandis que la demande mondiale et de 357 tonnes. D’où viendra l’or pour satisfaire la demande des pays de la Route de la Soie dans les cinq années à venir alors que la demande continue d’y progresser plus vite que la production ainsi que le recyclage du métal jaune ? »

Alors que nous sommes nombreux à attendre le jour où la Chine divulguera l’état réel de ses réserves d’or, un chiffre dont la dernière mise à jour remonte à 2009 et qui s’élevait à 1000 tonnes soit même moins que la Russie. Pékin poursuit la mise en place d’accords et d’arrangements pour accumuler toujours plus de métal jaune dans les années à venir.

Il y a 2 semaines, l’agence Xinhua rapportait que la China National Gold Group Corporation (le plus gros producteur d’or chinois) avait paraphé un accord avec la société minière russe Polyus Gold (le plus gros producteur russe) afin de renforcer leur collaboration dans l’exploration. (…)

Dans un tel contexte, il n’est pas étonnant que l’on ait de plus en plus parlé durant ces derniers mois de la possibilité que la Chine et la Russie soient en train de préparer une monnaie adossée à l’or pour le jour où l’hégémonie du dollar prendrait fin. Une hégémonie dont la chute s’accélère alors que les demandes de rapatriement  de métal se succèdent (Allemagne, Pays-Bas et maintenant l’Autriche).

Voici une autre preuve : le 23 mai 2015, Xinhua a aussi rapporté qu’un fonds d’or sectoriel impliquant des pays situés le long de l’ancienne route de la soie avait été établi dans la ville du nord-ouest de la Chine, Xi’an City, à l’occasion d’un forum sur les investissements et le commerce qui s’est tenu le week-end. Le fonds mené par le Shanghai Stock Exchange (SGE) devrait lever environ 100 milliards de yuan (16,1 milliards de dollars) en 3 étapes. Ce qui signifie que le capital alloué à rien d’autre qu’à l’achat d’or physique (sans aucun plan d’intermédiation par du papier à la sauce ETF occidentale) sera le plus élevé du monde.

Les milliards de dollars investis dans de l’or alloué proviendront d’une soixantaine de pays qui contribuent au fonds. Celui-ci facilitera l’achat d’or pour les banques centrales des états membres qui souhaitent augmenter leurs réserves, d’après la SGE.

Comme le note Xinhua, la Chine est le plus gros producteur mondial d’or ainsi qu’un importateur et un consommateur majeur. Parmi les 65 pays qui se trouvent sur les itinéraires de la ceinture économique de la route de la soie et la route de la soie maritime du 21e siècle, de nombreux pays asiatiques sont à la fois des bases de réserves et de grands consommateurs d’or.

« La voix de la Chine n’a pas beaucoup de poids en ce qui concerne la valorisation de l’or car elle ne représente qu’une toute petite partie du commerce international (note : d’or en yuan) » a déclaré Tang Xisheng de l’Industrial Fund Management Co. « Le gouvernement chinois souhaite donc augmenter l’influence du yuan sur la détermination du cours de l’or en ouvrant son marché domestique aux investisseurs internationaux. »

En guise de rappel, cet objectif même est la raison pour laquelle la Chine a construit et étendu agressivement le Shanghai Gold Exchange : déplacer l’épicentre du commerce de l’or, de Londres, des aux États-Unis où le métal est désormais synonyme de papier vers son territoire national. La Chine n’a nulle autre ambition que de devenir la nouvelle plaque tournante mondiale du commerce de l’or.

Pour y parvenir, Pékin est déjà en train de mettre en place l’infrastructure régionale nécessaire. D’après Tang, le fonds investira dans des mines d’or situées le long de la route de la soie, ce qui augmentera l’exploration dans des pays comme l’Afghanistan et le Kazakhstan.

Pour la Chine, il y a une bonne nouvelle : vu que la BRI et quasi toutes les banques centrales des pays développés dans le but de maintenir le cours de l’or aussi bas que possible tandis qu’elles dévaluent leur monnaie, poussent le cours à la baisse, cela signifie que les membres de son fonds pourront acheter de l’or à des tarifs très raisonnables jusqu’au jour où la quantité de métal physique ne permettra plus au marché papier de déterminer son prix. »

Source : ZeroHedge.com