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Sauvetage

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Monte Paschi

Le sauvetage par l’Italie de la banque en difficulté Monte Paschi coûtera au gouvernement environ 6,6 milliards d’euros, d’après la Banque centrale italienne qui vient de fournir la première estimation officielle du coût du renflouage financé par l’argent public.

Environ 4,5 milliards d’euros sont nécessaires pour couvrir les besoins de recapitalisation de la banque, tandis que 2 milliards supplémentaires seront requis pour compenser les petits porteurs d’obligations de la banque, a déclaré la Banque d’Italie via un communiqué publié tard dans la journée de jeudi dernier. Des coûts additionnels de 2,2 milliards d’euros seront pris en charge par les investisseurs institutionnels, selon la Banque centrale d’Italie. (…)

Le cabinet italien mené par le Premier ministre Paolo Gentiloni s’est mis d’accord la semaine dernière pour injecter jusqu’à 20 milliards d’euros dans Monte Paschi et d’autres banques en difficulté après que cette dernière, la plus vieille banque du monde, ait été incapable de trouver un nouvel investisseur capital qui devait être la clé de voûte de la levée sur les marchés de 5 milliards d’euros. (…)

La Commission européenne a déclaré jeudi qu’elle travaillerait avec l’Italie afin de déterminer si les injections de capitaux envisagées dans Monte Paschi respectent les règles de l’UE concernant le soutien des États aux banques.

Source : Bloomberg

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Monte Paschi

Le gouvernement italien a donné son accord pour le sauvetage de Monte dei Paschi après que la plus vieille banque du monde ait reconnu son échec à trouver 5 milliards d’euros auprès d’investisseurs privés, dernier plan en date pour tenter de sauver la banque.

Paolo Gentiloni, le nouveau Premier ministre italien, a annoncé durant les petites heures de vendredi que son cabinet s’est accordé sur le sauvetage. Il tapera dans le fond de 20 milliards d’euros approuvés plus tôt cette semaine par le Parlement afin de sauver la banque si nécessaire.

Le gouvernement a annoncé que la première étape consistera à renforcer la capacité de la banque à trouver des liquidités. Si nécessaire, la banque pourra émettre des obligations garanties par l’État.

Pier Carlo Padoan, ministre des Finances, n’a pas spécifié combien le plan de sauvetage coûterait à l’État italien, mais il a déclaré que les fonds seraient suffisants pour couvrir les besoins en capitaux de la banque. (…)

Le gouvernement italien a déclaré que les porteurs d’obligations juniors, qui selon les règles européennes doivent être mis à contribution avant toute intervention étatique, seront en mesure de convertir leurs obligations en actions, à leur tour converties en dette senior.

Cette annonce met fin à des mois d’incertitude concernant le futur de Monte dei Paschi après que la banque ait tenté de trouver quelques milliards d’euros sur les marchés privés. (…)

Wolfango Piccoli, analyste de Teneo Intelligence, a déclaré que le plan de sauvetage du gouvernement n’aura pas de conséquences politiques immédiates, en grande partie parce que la population se concentre davantage sur les fêtes de fin d’année. Mais le dossier risque d’être « politiquement toxique » plus tard, lorsque le prix de la facture de l’éventuelle compensation des porteurs d’obligations juniors et le temps qui sera nécessaire pour les indemniser seront connus. Une fois le sauvetage de Monte dei Paschi finalisé, d’autres banques pourraient avoir besoin d’une aide du gouvernement.(…)

Source : The Guardian

déni

La réponse commence à prendre forme. « Il n’y a pas et il n’y aura pas de crise bancaire en Italie, tout comme il n’y aura pas de crise financière européenne à cause de l’Italie. » Voici les mots sentant bon le déni du commissaire européen Pierre Moscovici, prononcés durant ce week-end. « Nous avons la capacité de gérer la situation, et nous la gérerons aussi bien au niveau italien qu’européen », a-t-il déclaré à France Info.

Clairement, les fantasmes idéalistes sont plus que jamais d’actualité tout en haut de la tour d’ivoire arrogante de Bruxelles. À moins que les choses soient si sérieuses qu’il faille mentir, pour paraphraser Jean-Claude Juncker…

Les marchés semblent également être dans un état de complaisance inquiétant. Depuis les rumeurs d’un nouveau plan de sauvetage financé par l’argent public qui ont émergé au début de la semaine dernière, les actions bancaires ont décollé. Pas uniquement en Italie, mais également sur la plupart des marchés européens. Le titre d’UniCredit, « la seule institution financière d’importance systémique » d’Italie, a grimpé de 20 % tandis que la seconde banque de la Botte, Intesa Sanpaolo, a progressé de 10 %.

De nouveau, la moindre suggestion d’une intervention du gouvernement ou de la banque centrale est suffisante pour calmer les nerfs d’investisseurs habitués à être dorlotés. Du moins, pour le moment.

Monte dei Paschi di Siena (MPS), qui a déjà levé des capitaux à 2 reprises, disposera d’une dernière chance cette semaine pour trouver les fonds qui lui manquent auprès des investisseurs privés (au moins 5 milliards). Vu son misérable échec à trouver plus d’un milliard durant les 6 derniers mois, malgré l’assistance de l’une des banques les mieux connectées et puissantes du monde, la JPMorgan, le pari est de taille. Si elle échoue, il ne lui restera plus qu’une dernière chance, le plan Z : un plan de sauvetage bien comme il faut, financé par le contribuable, qui pourrait inclure la contribution des détenteurs d’obligations subordonnées.

L’idée de faire participer les porteurs d’obligations subordonnées est un sujet sensible en Italie, vu qu’ils incluent des milliers de petits investisseurs à qui les banques ont « refourgué » des instruments financiers complexes en tant qu’investissement sûr durant les années difficiles de la crise européenne de la dette souveraine. La dernière fois que ces investisseurs ont été mis à contribution, dans le cadre du sauvetage d’une poignée de banques régionales en toute fin d’année dernière, un retraité s’est suicidé après avoir perdu toutes ses économies. Cependant, comme le rédacteur en chef financier de Reuters George Hay l »a mis en exergue, l’impact politique pourrait avoir été surévalué :

« Plus de 85 % de ces instruments sont détenus par les 10 % des ménages les plus riches d’Italie, d’après le Centre for European Policy Studies (CEPS). Si des obligations ont été vendues de façon douteuse, les investisseurs concernés pourraient recevoir une compensation, comme ça s’est passé dans le cas de la banque espagnole Bankia. »

Cependant, depuis le fonds de sauvetage de Bankia créé en 2012, le gouvernement espagnol, avec l’argent du contribuable, a non seulement remboursé les petits investisseurs de la banque, mais aussi bon nombre de ses actionnaires.

Il faut également prendre en compte la perspective du besoin éventuel de renflouer le secteur bancaire italien dans son ensemble. Une opération qui pourrait coûter, selon des « sources officielles », 15 milliards d’euros. Étant donné que 7 banques italiennes de taille moyenne sont au moins, si ce n’est plus, aussi insolvables que Monte Paschi, d’après le ministre des Finances italien Pier Carlo Padoan, ce scénario est le plus probable.

Cependant, 15 milliards pourraient s’avérer insuffisant. D’après Philippe Bodereau, responsable de la recherche financière de PIMCO, jusqu’à 40 milliards d’euros pourraient être nécessaires. (…) »

Source : WolfStreet.com

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Comparaison Deutsche Bank Lehman

Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, la Deutsche Bank était quelque peu sortie des radars médiatiques en raison des soucis rencontrés par sa concurrente, Commerzbank, qui a fini par confirmer la rumeur d’un plan de licenciement portant sur près de 10.000 postes, soit 20 % de ses effectifs, et la suspension de ses dividendes. Mais le répit fut de courte durée pour DB, qui commence à voir certains de ses clients « hedge funds » retirer leurs billes… Le risque d’assister à un nouveau « Lehman » est plus que jamais d’actualité.

Un plan de sauvetage se profile-t-il ? Peut-être. Dans cet article de Zero Hedge, on apprend que Jeffrey Gundlach se méfie comme de la peste de la Deutsche Bank, un dossier devenu « trop binaire » :

« Les marchés sont paralysés alors que les investisseurs atterrés se rappellent au bon souvenir de la crise de 2008 à cause de Deutsche Bank, un établissement financier dont la taille représente la moitié de son pays d’origine, qui semble être au bord du précipice et qu’Angela Merkel refuse d’aider avant les prochaines élections allemandes. Que faire, faut-il « acheter ce foutu dip » (BTFD) comme ils l’ont toujours fait durant ces 7 dernières années, ou vaut-il mieux attendre plus de clarté de la part des « renfloueurs-en-chef » avant d’allouer du capital à une nouvelle transaction risquée, qui pourrait bien devenir un nouveau Lehman ? Jeffrey Gundlach n’a pas arrangé les choses lorsqu’il a déclaré à Reuters que la prudence doit être de mise avec les titres de la Deutsche Bank vu qu’un plan de sauvetage gouvernemental n’est pas une impossibilité.

« Je préfère m’en tenir éloigné. C’est impossible à analyser, » a déclaré Gundlach à propos des titres Deutsche Bank et de sa dette. « C’est trop binaire. »

Pour ceux qui parient contre l’action Deutsche Bank, leur tentative pourrait être futile, à moins de couvrir leurs positions short (courtes) juste avant le plus bas à venir, une stratégie que le marché cherchera activement à mettre en oeuvre.

« Le marché va pousser à la baisse Deutsche Bank jusqu’à ce que les promesses de support soit faites. En cas de besoin, ils recevront de l’aide. » Et que se passera-t-il ensuite ? « Un jour, le titre Deutsche Bank bondira de 40 %, ce sera le jour du plan de sauvetage du gouvernement. Cette hausse pourrait avoir lieu en l’espace d’une minute, » a déclaré Gundlach. « Il s’agit d’un événement totalement imprévisible. »

À moins que le gouvernement décide de ne pas renflouer DB, comme l’a déclaré Merkel. Ce faisant, elle perd toute marge de manœuvre, pour des conséquences qui ne pourront être que néfastes. (…) »

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retraités italiens

Non seulement les banques italiennes sont sur la corde raide depuis 2007, mais leur faillite ou sauvetage entraînerait avec eux bon nombre de petits investisseurs, lourdement exposés aux obligations bancaires (mais aussi souveraines). Chronique d’un désastre annoncé…  avec cet article de LUCA CASIRAGHI et TOM BEARDSWORTH, publié le 28 juillet 2016 par The Globe ad Mail (via Bloomberg) : 

« Vincenzo Imperatore veut que vous sachiez qu’il ne faisait que suivre les ordres : vendre des obligations risquées à des clients cherchant un investissement sûr pour leur retraite faisait partie de son job. Lorsque les marchés financiers se fermèrent durant la crise financière, les épargnants furent la source la plus fiable de financement des banques italiennes.

« Je recevais 5, 6 appels par jour de mes patrons me mettant la pression pour les vendre, » a déclaré Imperatore, qui a vendu pendant 6 ans des produits à des clients particuliers d’ UniCredit SpA dans la région de Naples et qui a écrit 2 livres révélant son expérience. « Je donnais pour instruction aux conseillers locaux d’en faire de même. »

Les ménages qui ont aidé à soutenir les banques de la nation durant la crise sont à nouveau en première ligne pour aider le système financier italien vacillant. La dette subordonnée qu’ils possèdent pourrait être la première à devoir supporter des pertes dans la recapitalisation orchestrée par le gouvernement des banques, négociée entre Bruxelles et Rome. Il s’agit de l’issue impopulaire que le premier ministre Mathieu Renzi tente d’éviter avant la tenue d’un référendum visant à remanier le système politique- une victoire dans ce scrutin lui étant indispensable pour rester au pouvoir.

Une dette plus risquée

Si la stabilité des banques italiennes fut un problème brûlant pour les politiciens italiens depuis les premiers remous de la crise financière mondiale, le résultat des stress tests de vendredi pourrait déclencher la dernière étape de la résolution. Les petits investisseurs possèdent environ la moitié des actifs les plus vulnérables, héritage de l’habitude des banques d’utiliser leurs clients en tant que source de fonds pour se financer à bon compte.

Vendre de la dette subordonnée aux épargnants fut « la façon dont ils ont recapitalisé le système bancaire », a déclaré Jim Millstein, le technicien du Trésor américain qui a supervisé la restructuration des banques américaines après la crise financière, dans une interview télévisée avec Bloomberg. En imposant des pertes aux porteurs d’obligations, « vous faites du tort à des gens qui auraient pu dépenser leur argent dans votre économie, » a-t-il déclaré.

UniCredit, le plus gros établissement de crédit italien, n’a pas souhaité commenter les souvenirs d’Imperatore. La valeur de ces obligations est restée stable, ce qui signifie que les investisseurs ne s’attendent pas à encaisser des pertes. La banque envisage de lever jusqu’à 5 milliards d’euros auprès de ses actionnaires et de vendre tous ses titres à la banque polonaise Pekao SA afin de lever des capitaux, d’après des personnes proches du dossier.

Au zénith de la crise financière, entre juillet 2007 et juin 2009, 80 % des obligations émises par des banques italiennes ont été vendues à de petits investisseurs , d’après le régulateur Consob. Via les épargnants, les banques se sont financées à des taux similaires à ceux du gouvernement italien alors que les gestionnaires professionnels bénéficiaient d’un rendement supérieur, d’après le rapport de 2010.

Cette pratique a quasiment cessé cette année. En 2016, une seule banque italienne, Mediobanca SpA, a vendu de la dette subordonnée avec un minimum d’entrée prévu pour attirer les petits investisseurs, d’après les données compilées par Bloomberg, vendant pour 200 millions d’euros d’obligations juniors d’une valeur de minimum 1.000 €. (…).

Cependant, les épargnants italiens possèdent encore pour 31 milliards d’euros d’obligations bancaires subordonnées en octobre, soit plus du double de ce qui se trouve dans les mains d’investisseurs étrangers (13 milliards), d’après la banque d’Italie. Cela correspond à environ 1.260 € d’obligations par ménage italien. Banca Monte dei Paschi di Siena SpA, exposée à environ 27 milliards de prêts toxiques et qui doit être recapitalisée, a émis pour environ 5 milliards d’obligations. Une porte-parole de la banque a refusé de commenter la question des porteurs de ces obligations.

Souffrance des ménages

Cela ne serait pas la première fois que les ménages italiens soient les victimes d’un retour de manivelle dans leur recherche de rendement. Environ 450.000 épargnants ont perdu de l’argent suite au défaut de l’Argentine en 2001, et 100.000 2 ans plus tard après l’effondrement de Parmalat.

Les Italiens privilégient les investissements à rendement fixe. Fin 2015, ils détenaient pour environ 430 milliards d’euros d’obligations, soit 2,5 fois plus que les Allemands et 3,5 fois plus que les Britanniques, d’après l’association du secteur de l’investissement Assogestioni. (…) Le drame s’est déjà abattu sur les épargnants alors que 4 petites banques se sont vues imposer des pertes sur leurs obligations subordonnées.

Des accusations de vente malhonnête

Banca Popolare dell’Etruria e del Lazio SC et Banca delle Marche SpA, 2 banques insolvables, ont poussé des clients ayant très peu de connaissances financières à échanger leurs obligations d’État contre des instruments subordonnés à partir de 2007, d’après Floro Bisello, avocat de la petite ville côtière de Pesaro qui représente quelques petits porteurs d’obligations et d’actions des banques en faillite. (…)

Suicide de retraités

Un concierge d’école retraité d’Urbino, dans le centre de l’Italie et qui a souhaité conserver l’anonymat, a vu s’envoler en fumée 112.000 € investis dans des obligations subordonnées de Banca Marche, le plus gros de ses économies de toute une vie. Il a déclaré que sa banque lui avait conseillé d’échanger ses obligations de premier rang contre des obligations subordonnées en 2007. Il a réalisé avoir tout perdu lorsque, alarmé par les nouvelles concernant la faillite imminente de la banque, il a demandé davantage d’informations à son agence locale l’année dernière.

Les pertes des porteurs d’obligations sont devenues un sujet chaud l’année dernière lorsque les médias nationaux ont couvert le suicide d’un retraité vivant près de Rome, acte commis après qu’il ait appris qu’il avait perdu plus de 100.000 € sur ses investissements dans la banque Etruria. (…) »

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Citibank

Traduction de l’article publié sur WallStreetOnParade.com le 14 juillet 2016, montrant qu’après avoir implosé en 2008 à cause de ses produits dérivés, Citigroup est à nouveau la banque américaine la plus exposée :

« D’après la FDIC, au 31 mars 2016 il y avait 6122 institutions financières assurées auprès de ses services. Parmi ces 6122 banques commerciales et caisses d’épargne, 4701 établissements ne possédaient aucuns produits dérivés. Autrement dit, 77 % des banques américaines ne voient aucune raison de s’engager sur le terrain miné des produits dérivés.

Par contre, Citigroup, la banque qui a spectaculairement implosé en raison de son exposition à des produits dérivés toxiques et aux subprimes en 2008 jusqu’à voir le cours de son titre passer en dessous de la barre du dollar pour ensuite bénéficier du plan de sauvetage le plus massif de l’histoire malgré son insolvabilité, détient aujourd’hui davantage de produits dérivés que 4701 banques américaines réunies, toutes ces banques étant garanties par le contribuable.

classement américain des banques exposées aux produits dérivés

D’après les services du Comptroller de la FDIC et son rapport de fin mars, la holding de Citigroup détient un montant notionnel de produits dérivés de 55,6 trillions de dollars (voir ci-dessus). De ce montant, 52 trillions se trouvent dans Citibank, garantie par l’État.

Si vous ajoutez les 4 autres mégabanques de Wall Street que sont la JP Morgan, Goldman Sachs, Bank of America et Morgan Stanley aux produits dérivés de Citigroup, cela représente un total de 231,4 trillions de dollars de produits dérivés, soit 93 % de tous les produits dérivés du microcosme de la FDIC, composé de 6122 banques et caisses d’épargne.

L’administration Obama ne se nous avait-elle pas dit que permettre à ces « Frankenbanks » de continuer à parier sur les produits dérivés tout en mettant l’économie américaine et les contribuables en danger serait de l’histoire ancienne grâce à la réforme financière initiée par la loi Dodd-Frank, ratifiée en 2010 ? Quel genre de réforme de Wall Street permet à Citigroup et à ces 4 autres banques de maintenir un fusil chargé sur la tempe des contribuables ?

D’après la “Push-Out Rule” (article 716 de la loi Dodd-Frank), les banques ne devaient plus être autorisées à détenir de produits dérivés à partir de juillet 2015. Le projet de loi prévoyait que ces produits dérivés devaient être déplacés dans des filiales non-assurées afin de ne pas faire porter le risque sur les contribuables en cas de pertes ou d’implosion. Mais en décembre 2014, Citigroup est parvenue à faire amender le texte de manière à supprimer ce passage critique ; après quoi la loi fut adoptée et signée par Obama.

D’après les données du bureau du Comptroller, avant le plan de sauvetage massif de Citigroup en 2008, la banque possédait pour 41,3 trillions de dollars (valeur notionnelle) de produits dérivés. Le régulateur, au lieu de forcer la banque à réduire la voilure, lui a permis d’augmenter son exposition de 35 % !

Le 28 octobre 2008, Citgroup a reçu 25 milliards dans le cadre du programme TARP (rachat d’actifs pourris). Moins d’un mois plus tard, la Bank vacillait à nouveau et recevait 20 milliards supplémentaires. En raison de soucis de capitalisation, Citi a reçu pour 306 milliards de dollars de garanties sur ses actifs par le gouvernement. Et comme si tous ces flots d’argent n’étaient pas suffisants, la Fed a accordé en douce à Citi des prêts, sur une période de 2 ans, pour un total de 2 trillions de dollars à des taux souvent inférieurs à 1 %. (…) »

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Depuis le tremblement de terre du Brexit, les édifices bancaires marbrés de fissures vacillent plus que jamais sur leur socle. Agent révélateur plutôt que cause des remous financiers que nous connaissons, le Brexit vient de faire sa première victime collatérale du côté des banques italiennes.

Depuis vendredi, les actions bancaires sont malmenées, surtout les européennes. Comme l’écrit Ambrose Evans-Pritchard du Telegraph, le gouvernement italien est en état d’alerte et devrait bientôt intervenir :

« L’Italie est en train de préparer un plan de renflouement de 40 milliards d’euros de son système financier alors que les actions bancaires se sont effondrées à la bourse de Milan suite aux secousses du Brexit qui ont ébranlé les marchés européens.

Un groupe de travail spécial du gouvernement italien suit les événements heure après heure, s’engageant à prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la stabilité des banques. « L’Italie fera tout ce qui est nécessaire pour rassurer les gens, » a déclaré le premier ministre Matteo Renzi.

« Il s’agit du moment de vérité que nous avons longtemps attendu. Nous ignorions juste que ce serait le Brexit qui allait lâcher l’éléphant, » a déclaré un banquier italien de premier plan.

Les actions des banques se sont effondrées pour une seconde session consécutive : Sanpaolo a chuté de 12,5 %, Banka MPS de 12 %, Mediobana de 10,4 % et Unicredit de 8 %. Les organismes de crédit ont perdu un tiers de leur valeur depuis le référendum tenu au Royaume-Uni.

« Lorsque le Royaume-Uni éternue, l’Italie s’enrhume. Il s’agit du maillon faible de la chaîne européenne, » a déclaré Lorenzo Codogno, ancien directeur général du Trésor italien et désormais employé de LC Macro Advisors.

L’Italie est la première victime sérieuse de la contagion du Brexit ainsi qu’un rappel que les destins économiques de la Grande-Bretagne et de l’Europe sont étroitement liés.  Morgan Stanley a averti dans un nouveau rapport que le PIB de la zone euro se contracterait presque autant que celui de la Grande-Bretagne en cas de « scénario à haut stress ».

Les autorités italiennes étudient la recapitalisation directe des banques par l’État, qui serait financée par une émission obligataire spéciale. Elles souhaitent également un moratoire des règles sur le renflouement interne et sur l’annulation des émissions obligataires, ce qui est impossible en vertu de la loi européenne. M. Renzi a soulevé en urgence ce sujet à l’occasion d’une réunion avec la chancelière allemande Angela Merkel et le président français François Hollande au sommet sur le Brexit qui s’est tenu ce lundi à Berlin.

« Il doit y avoir une suspension des règles de renflouement interne (bail-in) et des règles sur les aides d’État au plus haut niveau politique de l’UE, sinon je ne vois pas comment cela pourrait fonctionner, » a déclaré M. Codogno.

Contrairement à la crise de la dette de la zone euro de 2011-2012, il n’y a pas encore de soucis sérieux sur les marchés de la dette souveraine. La BCE plafonne de facto les taux avec son assouplissement quantitatif.

Le niveau de stress de cet épisode se mesure via la santé des banques privées. L’indice des titres bancaires Euro STOXX s’est effondré de moitié, depuis juillet dernier, pour tester désormais des niveaux atteints au pire de la crise de la dette. Les titres des banques britanniques ont également plongé depuis le Brexit sans pour autant atteindre un risque systémique jusqu’à présent. Cette baisse reflète principalement les craintes de récession ainsi que la perte d’accès potentielle au marché européen.

Les banques italiennes, talon d’Achille de la zone euro

Les banques italiennes sont le talon d’Achille du système financier de la zone euro. Les crédits non performants y atteignent 18 % depuis la récession engendrée par la crise de 2008.

La nouvelle réforme concernant le renflouement interne a empiré les choses et pris les autorités européennes par surprise. L’objectif était de protéger les contribuables en s’assurant que les créditeurs supportent en priorité le gros des pertes en cas de problèmes avec une banque, mais la réforme a été mal conçue si bien qu’elle a provoqué un désamour pour les actions bancaires. La banque d’Italie a demandé la refonte complète des règles de bail-in.

Aujourd’hui, il est quasi impossible pour les banques italiennes d’augmenter leur capital. Elles sont prises en étau alors que la BCE demande simultanément de respecter des critères de capitalisation toujours plus sévères, allant jusqu’à demander parfois des injections de capitaux 3 à 4 fois. M. Codogno a déclaré que la BCE déstabilise involontairement les banques européennes dans sa tentative trop zélée de rendre les banques européennes plus sûres.

L’Italie est désormais paralysée par la structure de la zone euro. Les analystes affirment qu’elle a désespérément besoin d’un plan de sauvetage bancaire à l’américaine, comme ce fut fait en 2008 avec le TARP (Troubled Asset Relief Program, programme de rachats des actifs toxiques des banques). C’est cependant interdit dans la zone euro.

Le gouvernement a introduit en début d’année un fonds de sauvetage de 5 milliards d’euros, baptisé Atlante, mais il fut principalement alimenté par les banques et bien insuffisant pour faire face aux événements. (…)

L’étranglement bancaire est devenu politiquement explosif en Italie après que des milliers de petits épargnants furent ruinés par la faillite de 4 banques régionales en fin d’année dernière. Ils furent traités en tant que « porteurs d’obligations juniors », même si la plupart d’entre eux étaient de simples épargnants qui ne comprenaient pas ce que la banque faisait avec leur argent.

Renzi pourrait être forcé de prendre les choses en main pour mettre en place un plan de sauvetage national unilatéral du système bancaire italien en désobéissant ainsi à l’Union européenne, à moins qu’il n’obtienne des concessions de Bruxelles. Ceux qui le connaissent bien affirment qu’il ne descendra pas en enfer au nom de la pureté idéologique européenne. »

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Il y a environ un an, la bad bank HETA, zombie de la banque en faillite Hypo Alpe Adria, assombrissait le paysage bancaire européen lorsqu’on découvrait un nouveau trou financier à combler. Aujourd’hui, le régulateur autrichien vient de décider d’un haircut de 54 % pour les créditeurs seniors. L’Autriche devient ainsi le premier pays européen à appliquer les nouvelles règles de renflouement interne de l’Union, ou bail-in.

Cependant, les créditeurs et la Carinthie n’ont pas encore dit leur dernier mot. S’ils exigeaient d’être remboursés jusqu’au dernier centime, certains acteurs du dossier, comme les assureurs, pourraient désormais tenter d’obtenir un remboursement à 92 % via un accord à l’amiable. D’autres resteraient intransigeants, n’étant prêt qu’à discuter que de l’extension de l’échéance des obligations.

Pour la Carinthie, province autrichienne qui était la propriétaire jusqu’en 2007 de Hypo Alpe Adria, l’enjeu est de taille : les créditeurs pourraient se retourner contre elle en ce qui concerne les obligations émises avant 2007.

Comme le note Zero Hedge, qui rapporte l’information en citant des articles comme celui de Bloomberg, la résolution judiciaire de ce dossier prendra probablement des années. Néanmoins, le précédent existant, HETA pourrait bien avoir ouvert la boîte de Pandore en demandant à ses créditeurs de contribuer à son renflouement. Et si cela ne devait pas avérer suffisant, les épargnants seraient les prochains à être sollicités pour combler les trous.

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Article de Dave Kranzler, publié sur IRD :

« Les contribuables américains ont injecté plus de 200 milliards dans Fannie Mae et Freddie Mac (sociétés publiques de crédit immobilier) après l’effondrement financier de 2008. Tandis que le gouvernement Obama a utilisé des crédits subsidiés pour déplacer une grande quantité de prêts ayant débouché sur des saisies vers de gros fonds d’investissement, Fannie et Freddie étaient occupés à faire gonfler leur portefeuille de crédits hypothécaires, une fois de plus.

Désormais l’inspecteur général de la Federal Housing Finance Agency a lancé un avertissement : une nouvelle opération de renflouement serait déjà presque inévitable pour Fannie et Freddie, ce qui est loin d’être une surprise pour moi :

« La profitabilité future est loin d’être assurée » a déclaré l’inspecteur général dans un rapport, expliquant que les 2 sociétés seraient à nouveau parvenues à enregistrer des pertes sur leur portefeuille de produits dérivés similaires à celle du 4e trimestre. « Cela augmente la probabilité de la nécessité de nouveaux investissements du Trésor » affirme ce même rapport.

Une fois de plus, le gouvernement a fermé les yeux alors que Wall Street vendait à la pelle des produits dérivés à Fannie et Freddie. Un remake de ce qui s’est passé sous l’ancien CEO Franklin Raines qui n’avait aucune idée de la gravité de la situation à l’époque et qui au lieu d’atterrir en prison a reçu en cadeau un chèque de 100 millions pour son licenciement. Une fois de plus, c’est le contribuable qui payera la note.

Il ne s’agit pas d’un avertissement ; en fait, il s’agit de l’avertissement que cela va arriver. La vérité, c’est que la soi-disant profitabilité de Fannie et Freddie tient seulement dans leur comptabilité de type mark to model (note : en mark to model, la valeur de l’actif est déterminée librement par la société au lieu d’utiliser le standard mark to market qui prend en compte la valeur réelle de l’actif sur le marché), soit le même artifice utilisé par les banques depuis 2009 pour générer leurs bénéfices.

Le gouvernement a d’ailleurs utilisé cet artifice comptable pour pomper de l’argent de Fannie et Freddie. La soi-disant amélioration du bilan de ces sociétés leur a permis d’effectuer des émissions obligataires. Grâce à cet argent, elles ont reboosté leur portefeuille de crédits hypothécaires et payé un « dividende » au Trésor américain.

Le CEO de Fannie Mae a averti en février dernier qu’un nouveau renflouement serait peut-être nécessaire après avoir annoncé le plus petit dividende versé au Trésor durant ces 4 dernières années.

Ce n’est pas un avertissement, c’est inévitable : le marché immobilier américain va à nouveau s’effondrer ce qui fera exploser en plein vol Fannie et Freddie… une fois de plus.

PS : le croupier dit au contribuable : ils (Fannie et Freddie) n’ont plus d’argent, donc vous perdez…