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Le lendemain même de notre article sur les travailleurs de New York qui sont sans abri, c’est au tour de Los Angeles de défrayer la chronique. Si la ville californienne était déjà connue pour ce problème, il semblerait que le souci des SDF ait pris des proportions inquiétantes alors que LA vient de déclarer l’état d’urgence sur cette problématique ! Mais à part ça, l’économie américaine est sur les bons rails… Article publié  sur qz.com le 22 septembre 2015 :

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« Los Angeles, où les SDF étaient principalement concentrés dans la zone de Skid Row du centre-ville, est maintenant tellement inondée de sans-domiciles fixes que des villes de tentes poussent un peu partout dans la ville, parfois sur des lieux très fréquentés. Les bords d’autoroutes, les parcs et les ponts sont tellement envahis par la population de SDF (qui ont augmenté de 12 % rien que durant les 2 dernières années) qu’aujourd’hui, le 22 septembre 2015, Los Angeles a déclaré l’état d’urgence.

L’annonce, faite par le conseil municipal et son maire Eric Garcetti, inclut la promesse d’allouer 100 millions de dollars du budget de Los Angeles à des projets de logement et autres initiatives en faveur des sans-abris. Le conseiller municipal Gilbert Cedillo a déclaré durant une conférence de presse que ce problème, qui s’est étendu à toute la ville, interfère avec d’autres initiatives prioritaires. « Si nous voulons être une grande ville qui accueille les Jeux olympiques et se met en vitrine aux yeux du monde entier, nous ne devrions pas avoir de 25 à 50.000 personnes dormant dans nos rues, » a-t-il déclaré.

Garetti a qualifié le problème des SDF de LA d’un souci « qui a été déplacé d’un quartier à l’autre », et de bureaucratie en bureaucratie pendant trop longtemps. « Tous les jours, lorsque nous venons travailler, nous voyons des gens couchés sur cette pelouse, le symbole de la crise intense que traverse notre ville, » a-t-il déclaré.

Les loyers prohibitifs de Los Angeles et les salaires en baisse, facteurs auxquels il faut ajouter une économie se redressant lentement et un marché immobilier qui se tend, mettent environ 13.000 nouvelles personnes dans les rues chaque mois (estimation). Au début de cette année, un rapport a montré que Los Angeles, qui dispose de la seconde plus grosse population de SDF du pays, et de loin, dépense déjà 100 millions de dollars par an pour combattre les problèmes engendrés par ses nombreux SDF.

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Jusqu’à présent, les efforts n’ont pas porté leurs fruits. Par exemple, la task force spéciale logement, mise sur pied pour combattre le problème des SDF, ne construit qu’une fraction des logements dont elle a besoin, notamment en raison des prix extrêmement élevés de l’immobilier.

Avec cet état d’urgence le conseil municipal espère pouvoir accélérer ses plans de construction de logements et autres initiatives en faveur des SDF.

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Article du New York Post, publié le 21 septembre 2015 (note : non il ne s’agit pas de Pierre Jovanovic sur la photo, que nous saluons au passage, même s’il y a un petit air !) :

« Angelo Torres pointe chaque matin à 5 heures pour ensuite nettoyer pendant 8 heures les débris qui atterrissent sur la plage Midland de Staten Island.

C’est un boulot épuisant, selon cet agent chevronné de l’entretien des Parcs, mais aussi une échappatoire bienvenue face à l’incertitude de vivre dans les rues, à l’instar des plus de 300 fonctionnaires de New York qui sont sans domicile fixe.

« Chaque soir, je pleure en espérant que ce ne soit qu’un mauvais rêve, mais c’est la réalité, » a déclaré Torres, 45 ans, au Post.

Il a lancé un appel au maire de New York, Bill de Blasio : « de grâce, aidez-nous ». Torres gagne 33.662 $ par an mais il affirme que ce n’est pas suffisant pour trouver son chez-lui dans une ville où, d’après StreetEasy, le loyer moyen est de 2.690 $ par mois.

Il a donc vécu durant les 4 derniers mois dans son vieux Chevy Blazer de 2001 à vitres teintées dans lequel 2 sacs à son nom rassemblent ses effets personnels.

« Tout le monde me dit d’aller prendre une douche et de laver mes vêtements. Ils ignorent ma situation. Cela me fait très mal. Je travaille pour la Ville. Je n’ai jamais cru que cela pourrait m’arriver, » a-t-il déclaré.

Ses problèmes démarrèrent il y a 3 ans, lorsque l’ouragan Sandy détruisit son appartement de New Dorp Beach, sur Staten Island. Il vivait à l’époque avec sa petite copine mais ils se séparèrent et la séparation le laissa sans le sou, d’après ses déclarations.

Il a choisi de vivre dans sa voiture car il ne connaissait personne avec qui partager un appartement et en raison de ses craintes de vivre dans un centre d’accueil. Et il n’est pas le seul.

Georgie Grier, 55 ans, agent de contrôle de la propreté, connaît les risques de la vie en abri. Son salaire de 33.600 dollars par an l’a tout de même forcée à devoir déménager en juin 2014 vers l’hôtel Aladdin, un centre pour SDF gangréné par le crime.

« Il y a beaucoup de toxicomanes. C’est très effrayant, j’ai perdu beaucoup de poids, » a-t-elle déclaré. (…)

« Un emploi municipal permettait de se sortir de la pauvreté, » a déclaré Joseph Puelo, président d’une association qui représente 3.000 ouvriers de la ville de New York.

« Vous saviez que vous recevriez une retraite, un bon emploi qui vous évite les soucis, mais c’est désormais de l’histoire ancienne, » a-t-il déclaré. Puelo a également ajouté que la situation des SDF n’avait jamais été aussi mauvaise. Certains travailleurs à temps plein gagnent tout juste 24.000 $ par an.

Dilcy Benn, présidente du syndicat Local 1505, a déclaré que plus de 100 des 1.000 agents d’entretien des parcs qu’elle représente vivent dans des refuges tandis qu’au moins 4, dont Torres, vivent dans les rues de Staten Island et du Bronx. (…)

On ignore combien de ces personnes étaient déjà des sans-domiciles fixes avant de décrocher leur emploi. Le département des SDF de la ville de New York s’est refusé à tout commentaire. »

Conclusion en 3 mots : merci la Fed !