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SEC

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trading à haute fréquence

Alors que l’arnaque pure et simple du trading à haute fréquence est connue, a été disséquée et est documentée par des gens comme Nanex, les entités qui recourent à ces méthodes frauduleuses ne sont pas inquiétées. À vrai dire, ce n’est pas tout à fait vrai. Mais il faut aller jusqu’en Inde pour trouver des régulateurs qui reconnaissent le problème et qui prennent des mesures.

Comme nous l’apprend cet article de Bloomberg :

« Le régulateur indien a décidé d’augmenter les pénalités infligées aux sociétés de trading haute fréquence qui inondent les marchés avec des ordres qui ne se matérialisent en transactions. (…)

En plus d’appliquer des frais de 0,1 roupie sur chaque ordre annulé quand le ratio ordres/transactions passe en dessous d’un certain seuil (…), le SEBI, Securities & Exchange Board of India, envisage de mettre en place un seuil de vitesse, ainsi qu’un certain temps de latence sur chaque ordre afin que tous les participants puissent voir les marchés évoluer à la même vitesse, d’après les déclarations du président du SEBI, U. K. Sinha, faites ce mercredi à Mumbai. »

Aux États-Unis, pour chaque transaction effective il existe 26 ordres annulés. Ce qui signifie qu’environ 96 % de tous les ordres de bourse passés sur les marchés actions américains sont annulés. Dans le jargon technique, cela s’appelle du « quote stuffing », c’est rigoureusement interdit par la SEC, et malgré la statistique que nous venons d’évoquer et qui provient de cette même SEC, rien n’est fait pour punir les contrevenants, sauf s’il s’agit de menu fretin, histoire de sauver les apparences.

En faussant le véritable jeu de l’offre et de la demande, le quote stuffing augmente l’écart entre le prix de l’offre et de la demande d’un actif, aux dépens des investisseurs ordinaires, tandis que les algorithmes utilisent les opportunités d’arbitrage qui découlent d’une telle situation pour engranger des profits.

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Certains trouveront le titre un peu dur. Pourtant, nous étions à 2 doigts de rajouter 3 mots entre « fout » et « du » tellement l’article que nous avons lu sur ZeroHedge nous a fait bondir. Lorsque vous saurez pourquoi, il n’y a aucun doute que vous ne pourrez être que d’accord.

Mary-Jo-White-SEC

En bref, notre chère Mary Jo White, alors qu’elle témoignait sous serment le 29 avril dernier devant le Congrès américain, a juré que « les marchés ne sont pas manipulés », alors qu’on l’interrogeait à propos du livre de Michael Lewis.

Mais qu’apprend-on 2 jours plus tard, soit le 1er mai 2014 ? Que la SEC a condamné le NYSE, la bourse de New York, a payé une amende de 4,5 millions de dollars (soit un Bounty et 2 Mars à notre échelle) pour avoir « permis des manipulations sur les marchés entre 2008 et 2012 ».

Tout ceci se passe dans l’indifférence générale, ce qui montre à quel point le mensonge permanent est intégré dans le mode de gouvernance de nos exemplaires démocraties occidentales : on peut mentir sous serment, devant le Congrès (les « représentants du peuple ») sans que personne ne sourcille alors que l’on apporte les preuves même de son mensonge 2 jours plus tard. Nous laisserons le mot de la fin à ZeroHedge, passé maître dans l’art du sarcasme :

« Autrement dit, la SEC clame haut et fort que pendant 5 ans, le NYSE a favorisé et s’est fait complice des mêmes marchés manipulés dont elle jure qu’ils n’existent pas. » En attendant, l’argent s’est encore fait massacrer hier sans raison valable. Nous ne pouvons plus nous retenir : Mary Jo White se fout vraiment de la gueule du monde.

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L’article de Bloomberg sur les confessions de Maître Kidney, qui travaillait pour la SEC que depuis 1986 et jusqu’à ce qu’il prenne sa retraite ce mois, a été relayé par ZeroHedge. Il dit tout haut ce que tout le monde sait, ou feint d’ignorer : à quel point la SEC est corrompue, criminelle et aveugle.

SEC-Kidney

L’article relaie le discours d’adieu de James Kidney, ainsi qu’une interview avec l’intéressé. Maître Kidney affirme avoir été toujours loyal avec la SEC, qu’il a essayé d’offrir une critique constructive pour aider à faire évoluer l’organisation, et que sa sortie n’est pas le fait de problèmes personnels.

« Je ne pense pas que nous ayons fait un travail assez agressif contre les acteurs majeurs du crash de 2008. » La SEC n’est pas tenue d’apporter des preuves aussi solides que le département de la justice pour poursuivre, elle devrait en profiter selon lui.

Mais apparemment, lorsqu’on tente de faire son travail à la SEC, on se retrouve vite écarté des dossiers chauds. C’est ainsi que James Kidney faisait partie de l’équipe qui travaillât sur le dossier Goldman Sachs. Lorsqu’il a demandé à la division de répression de remonter dans la hiérarchie, on lui a attribué un rôle secondaire, jusqu’à ce qu’il demande à ne plus travailler sur ce dossier. Kidney voulait poursuivre le patron de Tourre, Egol, ainsi que Paulson & Co, ou des cadres supérieurs du hedge funds. En fin de compte, tous ces individus et ces entités de haut vol ne furent pas inquiétés.  Le pauvre Tourre, toujours dans la vingtaine, fut jugé seul et unique responsable, les gros poissons filant entre les mailles du filet de la SEC.

Dans son discours d’adieu, l’avocat désenchanté a avoué avoir été impliqué dans 1 ou 2 dossiers très chauds, mais qu’à chaque fois, sa hiérarchie lui a conseillé de ne pas « prendre trop de risques ».

Il a dit : « j’ai eu des patrons, et des patrons de mes patrons, dont nous connaissons tous les noms, qui n’ont pas fait de mystère quant à la raison de leur présence : gravir les échelons sans faire de vagues. Ils clamaient prendre au sérieux la mission de la commission, mais leurs actions étaient timorées dans de nombreux cas. »