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Interview d’Andrew Maguire, publiée le 22 avril 2016 sur KWN :

« Nous assistons aux premiers remous d’une tempête qui se prépare et qui mènera à des cours bien plus élevés pour l’or et l’argent. Tout cela en raison du marché physique qui commence à dicter l’évolution des cours et qui entrave la liberté de manœuvre des acteurs du marché papier.

Penchons-nous sur les éléments qui alimentent cette tempête. Cette semaine nous avons assisté au lancement du très attendu fix or de Shanghai, un événement qui a été délibérément minimisé par les médias dominants. Ensuite, dans la foulée du lancement du fix du SGE, la Banque de Chine et la Banque centrale de Russie ont annoncé plancher sur une plate-forme commune d’échange d’or. Il s’agit d’un acte de guerre contre les planificateurs centraux occidentaux.

Mais je pense qu’il est important de se pencher sur l’histoire de la création de ce fix or et pourquoi il fut tant combattu par les planificateurs centraux occidentaux, vu qu’il attire l’attention sur les implications sous-estimées qu’il aura sur la découverte du prix juste, qui était déterminé jusqu’à présent par les marchés papier.

Plus important encore, cet épisode montre que les planificateurs centraux occidentaux ont perdu la guerre face à la Chine et sa volonté de leur arracher le contrôle du marché de l’or et de le consolider, un marché qui était autrefois sous le contrôle ferme de l’Occident. Cet événement a bien entendu d’énormes conséquences. Vu qu’il y a pour des milliards de dollars de positions sur les produits dérivés qui prennent l’eau et que le prix est de plus en plus défini en dehors du contrôle des acteurs du marché des métaux précieux, la pression pour une réinitialisation du cours de l’or est énorme.

La Chine jouant à long terme, cette bataille est désormais déjà gagnée. Mais sachant que les banques de lingots du LBMA allaient tenter d’éviter le fix du SGE, la Chine les a avertis qu’en cas de non-participation, elles ne seraient plus autorisées à être actives sur les marchés de l’or chinois. De plus, toute tentative de manipulation par les banques de lingots serait gérée à la chinoise, et pas à l’occidentale avec paiement d’une amende. Cela va donc vraiment changer les règles du jeu.

À ces nouvelles positives, on peut ajouter l’aveu de la Deutsche Bank concernant son implication, avec d’autres membres du cartel bancaire, dans la manipulation des cours des métaux précieux. En plus des plaintes privées qui vont s’ensuivre, dont certaines ont déjà été déposées et qui lui coûteront des milliards de dollars, l’élément le plus important de ce dossier est que Deutsche Bank a accepté de fournir les preuves écrites de cette collusion. C’est énorme.

Deutsche Bank essaiera peut-être d’obtenir en échange de l’immunité, mais vu que les banques qu’elle va citer nommément sont au centre des preuves que j’avais fournies aux régulateurs en 2009-2011, ceux-ci seront peut-être contraints de sévir. De toute façon, lorsqu’il sera clair que le véritable cours de l’or doit encore être découvert en raison des milliards de dollars de positions short nues existantes, les requins sentiront le sang et attendez-vous un feu d’artifice à la hausse.

En ce moment les planificateurs centraux occidentaux perdent le contrôle des rênes des marchés des métaux précieux, nous en avons la preuve par les changements distinctifs affichés par ces marchés. Les corrélations historiques disparaissent, nous assistons à une montée en puissance du physique telle que je ne l’ai jamais vue auparavant. (…) »

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or physique

Article de MineWeb.com, publié le 13 avril 2016 :

« La Chine se prépare à étendre son influence sur le marché de l’or avec le lancement attendu d’un fix or en yuan le 19 avril prochain.

« En tant que premier producteur et consommateur mondial d’or, il est logique que la Chine développe sa propre infrastructure pour échanger, déterminer le cours et fournir la liquidité sur un marché de l’or libellé dans sa devise, » a déclaré John Butler, vice-président et responsable de la gestion de GoldMoney.

Seamus Donoghue, CEO de la société basée à Singapour Allocated Bullion Solutions, affirme également que ce fix permettra à la Banque de Chine de contrôler et de stabiliser le cours de l’or.

À l’instar du London Gold Fix, la version chinoise du Shanghai Gold Exchange (SGE) aura lieu 2 fois par jour. Des banques locales et étrangères auront la possibilité de participer. D’après les éléments qui ont transpiré, les banques étrangères pourront échanger des contrats de façon anonyme tandis que les banques locales ne jouiront pas de ce privilège. En Chine, le début de l’enchère débutera par la moyenne arithmétique des prix communiqués par les participants, tandis qu’à Londres le prix de départ est fixé par son président indépendant, d’après Donoghue.

Le SGE, propriété de l’État chinois, est une bourse qui ne gère que des échanges d’or physique. Au London Gold Fix, les contrats papier sont également pris en compte. « Le lien entre le marché papier et le marché physique de l’or est de moins en moins évident. Un beau jour, nous assisterons à des problèmes de livraison. Ce déséquilibre entre le marché papier et physique pourrait réorienter le marché vers son penchant physique, ce qui faciliterait l’augmentation des positions sur les contrats chinois, » a déclaré Butler durant un entretien téléphonique.

La popularité de l’or physique gagne du terrain sur les contrats papier

« Si le fix de Shanghai devait dévier de celui de Londres, des craintes concernant le prix et le règlement des contrats or papier à Londres pourraient s’élever, ce qui pourrait déstabiliser le marché, même si nous pensons qu’il faudra patienter un certain temps avant de voir le fix chinois exercer une influence significative, » a déclaré Donoghue.

Butler s’attend à ce que le fix chinois améliore la transparence du cours de l’or. Il devrait également augmenter la visibilité des possibilités d’arbitrage. (…) Il a également mis en garde contre les théories qui affirment qu’il s’agit d’une tentative de mettre à mal la domination financière de l’Occident. « Affirmer qu’ils essayent de détrôner le dollar via les métaux précieux est un raccourci. Ils sont en train de mettre en place l’infrastructure dotée de ce potentiel, mais je ne pense pas que ce soit le but immédiat recherché. En ce moment, c’est surtout une question de facilité ainsi qu’une action symbolique. La Chine bouge pour mettre en évidence ce que nous savons déjà, à savoir que c’est l’acteur numéro 1 du marché de l’or dans le monde, » a déclaré Butler.

La Hong Kong Exchanges and Clearing (HKEX) envisage également de proposer un cours de l’or, en yuans et en dollars, sur un marché à terme avec livraison du métal physique en raison de la popularité grandissante de l’or et de l’argent tangibles. D’autres bourses pourraient leur emboîter le pas en raison de la demande, a déclaré Donoghue.

Butler a conclu en affirmant que les contrats chinois pourraient grignoter des parts de marché si les stocks limités de métal du COMEX devaient perdurer et si le LBMA ne trouve pas une nouvelle solution concernant son fix. Procédure qui a pourtant été récemment réformée, dans le but d’être plus transparente, pour la première fois depuis 1919. »

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Koos Jansen, qui fut en 2013 le premier à s’intéresser de près aux retraits d’or du Shanghai Stock Exchange et à déterminer qu’ils offrent une estimation fiable de la demande en gros de métal jaune en Chine, vient d’annoncer la nouvelle : ces chiffres ne seront désormais plus accessibles publiquement. Après les chiffres du GOFO du LBMA, la communauté de l’or se retrouve à nouveau orpheline de données intéressantes.

Comme Koos le note en préambule de son article : le dernier élément de transparence du marché de l’or vient de disparaître.

« Mes recherches concernant le marché chinois de l’or remontent à 2013 lorsque j’ai remarqué l’importance de chiffres publiés chaque semaine sur le site du Shanghai Gold Exchange (SGE) concernant les volumes d’or physique retirés de ses coffres. Il m’est apparu que ces chiffres, sur base annuelle, correspondaient exactement à la demande d’or en Chine rapportée par le China Gold Market Report. De ce fait, les retraits hebdomadaires d’or du SGE permettaient donc de jauger la demande pour le métal semaine après semaine. C’est ce qui m’avait poussé à publier chaque semaine les chiffres de retraits d’or du SGE accompagnés d’une analyse du marché chinois révélant graduellement sa véritable importance. Si bien qu’en 2015, tous les médias spécialisés dans l’or se penchaient sur ces chiffres !

De plus, la véritable demande d’or en Chine et bien supérieure aux estimations du World Gold Council dont les rapports concernant la production et la demande d’or sont suivis par la plupart des investisseurs du monde entier. Cet écart m’a poussé à creuser ce dossier. Toutes les preuves que j’ai rassemblées vont dans le même sens : la demande chinoise est environ deux fois supérieure à celle rapportée par le WGC. (…) Tandis que le fruit de mon travail se répandait dans les sphères de l’or, les Chinois commencèrent à brouiller les pistes.

Or : pourquoi les Chinois se comportent comme des joueurs de poker ?

Après la crise de 2008, il devint de plus en plus évident aux échelons supérieurs du Parti Communiste que le système monétaire international n’était pas viable. Le développement du marché chinois de l’or dont les débuts remontent à la fin des années 70 mais qui a véritablement démarré en 2002 avec la création du SGE devait accélérer la protection de l’économie chinoise contre les tempêtes futures. Seconde économie du monde mais avec tant de retard en ce qui concerne les réserves d’or en raison du fonctionnement en autarcie de l’économie chinoise depuis l’arrivée au pouvoir du Parti Communiste en 1949, la Chine a de fortes raisons pour vouloir accumuler de l’or en catimini. Si elle devait acquérir en toute transparence les quantités qu’elle achète le cours de l’or en serait grandement affecté ce qui réduirait le laps de temps disponible pour résorber son retard sur les réserves d’or occidentales.

Les Chinois décidèrent donc d’introduire d’autres mesures pour dissimuler leur appétit insatiable pour l’or. En plus de ne pas dire la vérité sur leurs réserves d’or réelles et de dissimuler des chiffres d’importation dans leurs rapports des douanes, les Chinois décidèrent de mettre un terme à la publication en anglais des China Gold Market Reports et SGE Annual Reports tandis que les rapports de 2014 ont été supprimés du site. Le Gold Yearbook de la China Gold Association n’est plus publié en version électronique, il est uniquement disponible en version papier. Lorsque j’ai demandé l’année dernière à mon contact du SGE si je pouvais acheter un exemplaire du China Gold Market Report, on m’a répondu : « à cause des nouvelles réglementations en vigueur, les rapports ne sont plus disponibles pour le grand public ». Tous ces rapports permettaient de connaître la demande d’or en Chine ainsi que la quantité de métal jaune importée chaque année.

Depuis peu, les retraits du SGE ne sont plus publiés

Dissimuler ces rapports n’était pas suffisant pour les architectes du marché de l’or chinois. Apparemment, il fallait mettre un terme à la publication des chiffres concernant les retraits d’or hebdomadaires du SGE vu qu’ils permettaient de déterminer la véritable place du marché de l’or en Chine et que trop d’esprit curieux s’y intéressaient. Les Market Data Weekly Reports en chinois pour les deux premières semaines de 2016 ne mentionnent pas les retraits d’or. (…)

Lorsque j’ai contacté par téléphone le SGE, on m’a dit que les « volumes déchargés » (retraits) ne seraient plus publiés une déclaration conforme au contenu des nouveaux rapports. C’est un véritable désastre pour la communauté de l’or. Les retraits d’or du SGE fournissaient un indicateur transparent et unique pour jauger la demande d’or en Chine. Désormais, cette statistique n’est plus disponible. Cependant, le fait que les Chinois aient décidés de ne plus publier ces statistiques ne fait que prouver l’importance des chiffres du passé ! Jusqu’en décembre 2015, on a pu connaître avec précision la demande d’or en Chine au niveau des grossistes. Une vérité devenue trop inconfortable pour les autorités chinoises.

Et maintenant, que vais-je faire ? Je suppose que je vais me pencher sur d’autres marchés… »

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Article de Frank Holmes, publié sur MineWeb.com le 26 janvier 2016 :

« Chute du cours du pétrole, volatilité en hausse sur les marchés, augmentation de la dette mondiale… Tout ceci commence à rappeler 2008 à certains investisseurs. Au début de ce mois, le milliardaire George Soros mettait en garde contre le risque d’une crise financière similaire à celle de 2008 qui avait secoué les marchés mondiaux.

La comparaison avec 2008 a contribué aux acquisitions d’or dictées par la peur, de nombreux investisseurs se précipitant sur les valeurs refuges. Jeff Gundlach, le légendaire « roi des obligations », a récemment prédit que l’or pourrait grimper jusqu’à 30 %, soit atteindre 1400 $ l’once.

Se lancer dans de telles prédictions est souvent un jeu hasardeux, mais il est indéniable que la demande pour l’or augmente, aussi bien aux États-Unis qu’à l’étranger. Au 20 janvier, l’or et l’argent ont bien mieux performé, sur les 30 derniers jours, que les marchés actions ainsi que toute une série de matières premières.

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J’ai déjà expliqué qu’historiquement, l’or a une corrélation très faible avec les actions. (…) De nombreux investisseurs ont choisi de convertir une partie de leur portefeuille en métaux précieux.

C’était le conseil de mon ami Marc Faber, qui a récemment mis en garde les lecteurs de son bulletin d’information influent « Gloom, Boom & Doom Report » contre la possibilité d’une baisse de 40 % des marchés actions mondiaux en raison des problèmes grandissants de liquidité et de dette. En cas de crise, Marc Faber estime que l’or, qui a une nouvelle fois montré sa corrélation inverse avec les actions, est une bonne option pour protéger son patrimoine. (…)

Un autre point intéressant à noter, dans le graphique ci-dessus, est l’énorme divergence de performance entre l’or et le pétrole, le brut s’échangeant à des niveaux plus vus depuis longtemps. La baisse du pétrole débouche traditionnellement sur la chute de la valeur des autres matières premières, ce qui rend la résilience de l’or encore plus impressionnante.

La Chine a consommé quasi l’intégralité de la production mondiale d’or en 2015

Les investisseurs en Chine semblent reconnaître l’importance de l’or durant les périodes d’incertitude. Depuis juin 2015, le Shanghai Composite Index a chuté de presque 45 %, poussant un grand nombre d’investisseurs à se tourner vers les valeurs refuges comme l’or. Comme vous pouvez le voir ci-dessous, 2015 fut une année exceptionnelle pour le SGE (Shanghai Gold Exchange), dont les retraits représentent une bonne jauge de la demande d’or en gros en Chine.

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Non seulement les livraisons d’or ont battu tous les records en 2015, mais elles sont également équivalentes à plus de 90 % de la production mondiale annuelle d’or. Le SGE a tout fait pour faciliter la vie des Chinois qui souhaitent investir dans l’or. La bourse de Shanghai a récemment introduit une application mobile, facilitant plus que jamais l’ouverture d’un compte et les transactions.

Les minières or sont les grands gagnants de la guerre des devises

L’or libellé en dollar a peut-être baissé en 2015, mais dans de nombreuses autres régions du monde, les prix furent stables ou en hausse. Pour les acheteurs d’or dans les économies non basées sur le dollar, c’est le prix local qui importe. En Russie, le 3e producteur mondial d’or, le métal jaune a augmenté de 12 % pour s’approcher de sa valorisation record historique. En Afrique du Sud, 6e producteur mondial, le cours de l’or a battu son record. Les investisseurs de ce pays ont obtenu un rendement supérieur à 20 % en 2015. (…) »

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lingot et pièces d'or

Article de MineWeb publié le 10 juillet 2015 :

« La Chine vient d’ouvrir davantage son marché de l’or aux investisseurs de Hong Kong. Il s’agit de la dernière initiative d’une campagne visant à renforcer son influence sur le cours international de l’or ainsi qu’à internationaliser l’utilisation de sa monnaie, le yuan.

Les membres de la bourse Chinese Gold & Silver Exchange Society, basée à Hong Kong, peuvent utiliser des yuan parqués à l’étranger pour acheter et vendre le métal précieux sur le Shanghai Gold Exchange (SGE) depuis vendredi dernier.

Le plus grand consommateur mondial d’or élargit l’accès aux investisseurs en dehors de ses frontières à son marché de l’or afin d’exercer une plus grande influence sur le cours ainsi qu’augmenter l’utilisation du yuan à l’international. L’année dernière, la Chine permettait déjà via la zone franche de Shanghai l’échange limité de contrats or pour les investisseurs étrangers. L’Empire du Milieu prend également des mesures pour être plus impliqué dans le marché de l’or de Londres tout en préparant son propre fixing or en yuan qui devrait être lancé d’ici la fin de l’année.

« La Chine veut attirer davantage d’investisseurs étrangers sur son marché de l’or, mais le yuan n’est pas convertible librement ce qui entrave la libre circulation des capitaux », a déclaré Duan Shihua, partenaire de Shanghai Leading Investment Management Co. « la bourse de Shanghai n’a pas éveillé beaucoup d’intérêt en dehors de la Chine et devra encore grandir pour concurrencer ses concurrents de Londres ou de New York. » (…)

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La Bank of China a beau avoir rejoint le panel des banques qui participent au nouveau fix de Londres, l’Empire du Milieu prend les devants afin de peser davantage sur le marché de l’or en préparant son propre fixing qui sera exprimé en yuan en non en dollars. C’est ce que nous apprend cet article de Reuters publié sur Yahoo Finance : 

« La Chine a pour objectif de lancer un fix or en yuan d’ici la fin 2015 via le Shanghai Gold Exchange (SGE). L’objectif est de donner au pays une plus grande influence sur les cours alors qu’il est à la fois le plus gros producteur et le plus gros consommateur d’or du monde.

En février, Reuters avait déjà lancé l’information en citant des sources au sein même du SGE. Désormais, la confirmation officielle a été faite par un membre de l’institution.

« Nous allons introduire un fix en renminbi au moment opportun, nous espérons pouvoir le faire d’ici la fin de l’année » a déclaré Shen Gang (vice président du SGE) à l’occasion du LBMA Bullion Market Forum qui s’est tenu jeudi à Shanghai.

Shen n’a pas fourni plus d’informations mais des sources proches du dossier affirment que la banque centrale chinoise devrait bientôt donner son accord.

Pan Gongsheng, l’un des sous-gouverneurs de la banque centrale chinoise a déclaré que son institution continuerait de soutenir « la croissance rapide et saine du marché chinois de l’or » ainsi que son internationalisation.

Vu son rôle de premier plan sur le marché de l’or, la Chine estime devoir jouer un rôle majeur dans la détermination des cours. Elle se positionne donc en conséquence alors que des accusations de manipulation planent sur le fix de Londres.

Si le fix en yuan décolle, la Chine pourrait convaincre les acheteurs locaux ainsi que les fournisseurs internationaux de régler les transactions en yuan ce qui limiterait l’influence du fix de Londres sur le marché mondial de l’or.

Cependant vu que le yuan n’est pas totalement convertible, les 2 références pourraient coexister.

La Chine consent également des efforts pour libéraliser le yuan et augmenter son influence sur le marché international de l’or. La Bank of China a récemment rejoint la procédure du Fix de Londres devenant ainsi la première banque chinoise à en faire partie intégrante. L’Industrial and Commercial Bank of China Ltd a également marqué son souhait de la rejoindre. Ces banques pourraient également participer au fix de l’or en yuan.

D’après des sources proches du dossier, les officiels du Shanghai Gold Exchange auraient soumis à la banque centrale de Chine les détails pratiques et les règles de la procédure envisagée.

« Elles peuvent être approuvées à tout moment », a déclaré une source qui a tenu à conserver l’anonymat en raison des règles de communication aux médias.

Les banques étrangères en ligne de mire

Après avoir reçu l’approbation de la PBOC, le SGE tentera de convaincre les banques chinoises et étrangères. Dans un premier temps, on s’attend à ce qu’une quinzaine de banques chinoises participent.

Mais le succès du Fix en yuan dépendra principalement de la participation des banques étrangères qui pourraient être réticentes alors qu’une telle procédure serait fortement surveillée suite aux manipulations avérées des taux interbancaires.

« Il sera difficile de rejoindre le fix (rapidement) car il y a beaucoup de procédures internes de conformité à satisfaire. Cet exercice pourrait prendre des mois » a déclaré un trader d’une grosse banque de lingots. (…)

Le SGE a démarré ses activités internationales en septembre 2014 en permettant aux étrangers d’échanger des contrats or en yuan pour la première fois. Australia and New Zealand Banking Group, Standard Chartered et HSBC font partie des membres de la bourse. »

Alors que nous sommes nombreux à attendre le jour où la Chine divulguera l’état réel de ses réserves d’or, un chiffre dont la dernière mise à jour remonte à 2009 et qui s’élevait à 1000 tonnes soit même moins que la Russie. Pékin poursuit la mise en place d’accords et d’arrangements pour accumuler toujours plus de métal jaune dans les années à venir.

Il y a 2 semaines, l’agence Xinhua rapportait que la China National Gold Group Corporation (le plus gros producteur d’or chinois) avait paraphé un accord avec la société minière russe Polyus Gold (le plus gros producteur russe) afin de renforcer leur collaboration dans l’exploration. (…)

Dans un tel contexte, il n’est pas étonnant que l’on ait de plus en plus parlé durant ces derniers mois de la possibilité que la Chine et la Russie soient en train de préparer une monnaie adossée à l’or pour le jour où l’hégémonie du dollar prendrait fin. Une hégémonie dont la chute s’accélère alors que les demandes de rapatriement  de métal se succèdent (Allemagne, Pays-Bas et maintenant l’Autriche).

Voici une autre preuve : le 23 mai 2015, Xinhua a aussi rapporté qu’un fonds d’or sectoriel impliquant des pays situés le long de l’ancienne route de la soie avait été établi dans la ville du nord-ouest de la Chine, Xi’an City, à l’occasion d’un forum sur les investissements et le commerce qui s’est tenu le week-end. Le fonds mené par le Shanghai Stock Exchange (SGE) devrait lever environ 100 milliards de yuan (16,1 milliards de dollars) en 3 étapes. Ce qui signifie que le capital alloué à rien d’autre qu’à l’achat d’or physique (sans aucun plan d’intermédiation par du papier à la sauce ETF occidentale) sera le plus élevé du monde.

Les milliards de dollars investis dans de l’or alloué proviendront d’une soixantaine de pays qui contribuent au fonds. Celui-ci facilitera l’achat d’or pour les banques centrales des états membres qui souhaitent augmenter leurs réserves, d’après la SGE.

Comme le note Xinhua, la Chine est le plus gros producteur mondial d’or ainsi qu’un importateur et un consommateur majeur. Parmi les 65 pays qui se trouvent sur les itinéraires de la ceinture économique de la route de la soie et la route de la soie maritime du 21e siècle, de nombreux pays asiatiques sont à la fois des bases de réserves et de grands consommateurs d’or.

« La voix de la Chine n’a pas beaucoup de poids en ce qui concerne la valorisation de l’or car elle ne représente qu’une toute petite partie du commerce international (note : d’or en yuan) » a déclaré Tang Xisheng de l’Industrial Fund Management Co. « Le gouvernement chinois souhaite donc augmenter l’influence du yuan sur la détermination du cours de l’or en ouvrant son marché domestique aux investisseurs internationaux. »

En guise de rappel, cet objectif même est la raison pour laquelle la Chine a construit et étendu agressivement le Shanghai Gold Exchange : déplacer l’épicentre du commerce de l’or, de Londres, des aux États-Unis où le métal est désormais synonyme de papier vers son territoire national. La Chine n’a nulle autre ambition que de devenir la nouvelle plaque tournante mondiale du commerce de l’or.

Pour y parvenir, Pékin est déjà en train de mettre en place l’infrastructure régionale nécessaire. D’après Tang, le fonds investira dans des mines d’or situées le long de la route de la soie, ce qui augmentera l’exploration dans des pays comme l’Afghanistan et le Kazakhstan.

Pour la Chine, il y a une bonne nouvelle : vu que la BRI et quasi toutes les banques centrales des pays développés dans le but de maintenir le cours de l’or aussi bas que possible tandis qu’elles dévaluent leur monnaie, poussent le cours à la baisse, cela signifie que les membres de son fonds pourront acheter de l’or à des tarifs très raisonnables jusqu’au jour où la quantité de métal physique ne permettra plus au marché papier de déterminer son prix. »

Source : ZeroHedge.com

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Article de Koos Jansen, publié le 11 avril 2015 sur BullionStar.com :

En septembre 2014, le Shanghai Gold Exchange (SGE) a lancé sa bourse internationale : le Shanghai International Gold Exchange (SGEI). Après de timides débuts, les volumes des contrats physiques SGEI kilobar (iAu99.99) viennent de supplanter tous les autres types de contrats du SGE durant la semaine 15 (du 6 au 10 avril).

Les objectifs principaux du SGEI étaient de faciliter les achats et les ventes d’or en renminbi (yuan), d’améliorer la détermination du cours en renminbi et d’internationaliser la monnaie chinoise. Les Chinois considèrent l’or en tant que composante indispensable de leurs marchés financiers et pour internationaliser le renminbi, le marché de l’or exprimé dans cette devise doit fatalement s’internationaliser. Il se pourrait que le pic d’échanges sur l’iAu99.99 ne soit que passager mais il est également possible que la bourse internationale d’échange chinoise soit entrée dans le stade de l’adolescence. (…)

Sur le graphique ci-dessus, on peut voir les volumes d’échanges des contrats SGE les plus utilisés à savoir Au99.95, Au99.99, Au(T+D) et celui qui est désormais le plus populaire : l’iAu99.99.

L’augmentation des volumes la plus notable a eu lieu le 8 avril lorsque le volume total des échanges sur l’iAu99.99 s’est élevé à 31 tonnes sur la journée (comptage unilatéral). Cela reste bien en dessous des volumes du COMEX sur lequel 382 tonnes ont été échangées le 8 avril sur le marché des futures. Cependant, le COMEX utilise un effet de levier de plus de 20.

Note : les contrats SGE peuvent être échangés par les membres internationaux du SGEI. Les membres domestiques du SGE peuvent également échanger des contrats SGEI. Cependant, un nombre limité de membres du SGE peut échanger des contrats iAu99.99 et a le droit d’importer cette or à partir de la zone de libre-échange vers le territoire national. Aucun membre du SGEI n’est autorisé à exporter l’or du SGE vers l’étranger.

Malheureusement, nous ignorons qui sont exactement les acteurs qui sont actifs sur le marché des contrats iAu99.99 (domestiques ou étrangers). Nous ignorons également si l’or échangé est retiré des coffres du SGE et s’il est retiré, s’il est importé en Chine ou exporté vers la zone de libre-échange de Shanghai. (…) »

En bref : avec l’augmentation des volumes du SGEI cela signifie donc qu’il devient plus difficile d’évaluer la demande d’or chinoise sur la base des retraits de métal physique du SGE.

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statue de Mao en or

Ici et là, on nous annonce une demande en berne pour l’or en Chine. Les retraits de métal physique du SGE indiquent pourtant le contraire. Article de MineWeb paru le 30 mars 2015 :

« Les retraits du Shanghai Gold Exchange (SGE) restent exceptionnellement élevé alors que l’on s’attendait à ce qu’ils diminuent après les vacances du Nouvel An chinois. Durant les 3 semaines qui ont suivi la fin de cet événement les retraits d’or physique ont totalisé 149 tonnes, ce qui semble démentir les rapports qui affirment que la demande baisse en Chine. (…)

Si cela devait se poursuivre à ce rythme, la quantité d’or sortie du SGE durant le premier trimestre 2015 pourrait être de l’ordre de 620 à 630 tonnes soit un nouveau record. Même en prenant l’estimation la plus basse, ce serait une augmentation de 10 % par rapport au T1 record durant lequel 564 tonnes d’or avait quitté les coffres du Shanghai Gold Exchange (ce chiffre a déjà été presque atteint alors que l’on attend encore les données concernant les retraits pour 7 jours ouvrés) il y a un an lorsque les retraits annuels s’étaient élevés à 2102 tonnes d’or. (…)

Si l’augmentation des retraites du SGE devait augurer de la tendance 2015 on pourrait atteindre 2300 tonnes cette année soit 75 % de la production mondiale en provenance des mines, si celle-ci se stabilise cette année, et même que la production pourrait augmenter de 4,6 % d’après CPM en raison de la mise en activité de nouveaux projets ou le développement à la capacité maximale de projets existants. (…) »

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Pierre Lassonde, le célèbre et richissime spécialiste de l’or, a livré à King World News sa vision pour l’avenir du métal jaune dans les mois et les années à venir :

Eric King : nous vivons depuis 4 ans un marché baissier brutal pour l’argent et depuis 3 ans et demi pour l’or. Durant cette période, le nombre d’investisseurs qui ont été dégoûtés est si élevé que ceux qui surferont sur la vague montante seront très peu nombreux. Nous en faisons partie, nous ne vendrons pas. Nous sommes une minorité, il ne reste plus grand monde à qui faire les poches, on est donc en droit de se demander : va-t-on assister à  la fin de ce marché baissier ?

Pierre Lassonde : mon analyse de la situation actuelle c’est que la demande pour l’or physique est assez forte par rapport à celle du marché papier, sur lequel seuls les hedge funds et quelques fonds privés jouent. Plusieurs fois, ils ont tenté de faire baisser le cours de l’or. Et à chaque fois que celui-ci a atteint les 1130-1140 $, le marché physique a ouvert grand ses bras en disant : par ici, j’achète tout.

Tant que ce facteur d’équilibre sera en place, le seuil des 1130 1140 dollars tiendra. Mais à moins d’un changement d’attitude par rapport au dollar américain, le marché de l’or devra assister au retour de l’inflation pour démarrer la prochaine étape de sa hausse.

Les turbulences des années 70

Voilà ce qu’il s’est passé dans les années 70. Durant le marché haussier de 1976 – 1980, durant cette période de l’or et le dollar ont grimpé de concert pour atteindre leur record. Mais à cette époque, l’inflation augmentait de façon mensuelle. Les taux progressaient aussi mensuellement, ce qui est complètement contre-intuitif. Cela signifie donc que si le dollar continue de s’apprécier, l’or pourrait tout de même grimper. C’est déjà arrivé dans le passé. En 1980, l’or est monté jusqu’à 850 $ l’once.

Je pense donc que l’or sera à environ 1250 $ l’once lorsque nous assisterons au déclin du dollar, du haut de son perchoir. Les sociétés minières comme Newmont, Barrick et Goldcorp peuvent très bien se comporter dans cet environnement. (…)

À quand la future phase haussière ?

Le retour en grâce de l’or est encore à venir. Mon sentiment est que le grand retour de la tendance haussière démarrera dans les 12 à 18 mois à venir. Elle devrait débuter en 2016 et durer jusqu’en 2019. Durant cette période, on devrait assister à un véritable rush sur l’or.

Je pense que la Chine sera le catalyseur de ce rush. Le Shanghai Gold Exchange finira peut-être par devenir un véritable casino notamment parce que la Chine est aujourd’hui les plus gros consommateurs d’or du monde. La Chine ne ménage pas ses efforts pour que le SGE devienne la référence mondiale pour les échanges d’or physique.

Et tandis que les rangs des classes moyennes ne cessent de grossir en Chine, la demande pour l’or va poursuivre sa hausse soutenue. La Chine avec l’Inde, est déjà la force dominante du marché. Nous savons tous que les Chinois sont de grands joueurs dans l’âme à un certain moment le Shanghai Gold Exchange deviendra un casino, c’est à ce moment-là que le cours de l’or va vraiment exploser.

Cela ne se passera pas aux États-Unis ou en Europe mais en Chine. Le cours de l’or sera à des niveaux que vous n’auriez jamais imaginés. Aujourd’hui, il y a de grosses opportunités. Durant les 3 derniers mois, j’ai acheté des actions à des prix que je n’avais même pas osé imaginer en rêve. En 30 ans je n’ai jamais vu ça. Même si les 2/3 de mon portefeuille sont composés d’or, je continue d’en acheter parce que les opportunités sont juste incroyables. »